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  • « Téléconsultation et déserts médicaux : Une solution et au delà, une révolution » (Jacques Cinqualbre)

    Dans une « Lettre ouverte à ceux qui nous gouvernent », le chirurgien Jacques Cinqualbre, gérant de Hopi Medical, parle de l’intérêt de la télémédecine, qui « gomme les délais insupportables et les déplacements exténuants ».
    Auteur d’un livre paru à l’été 2017 intitulé « Télémédecine, la vraie médecine de proximité » (Ed. Du Signe), il argumente pour le développement de cette offre, trop longtemps estampillée « violon d’ingres de quelques illuminés ».
    HTI publie les grandes lignes de cette tribune.

    La (véritable) téléconsultation – celle qui est complète et qui reste humaine aux deux extrémités de la chaîne – est en passe de gagner l’adhésion des professionnels de santé et des patients. Que ceux que ce scénario laisse dubitatifs se préparent ! A des degrés divers, tous les praticiens l’intégreront dans leur pratique, en complément du mode présentiel classique. Dans les cinq ans.

    L’autre révolution c’est la concentration de toutes les informations du patient dans un dossier médical unique. Comment accepter la parcellisation des données outils à la réflexion du praticien dans des silos isolés ? une véritable perte de chance pour le patient.

    Rapprocher le patient du médecin par la téléconsultation.

    Rapprocher le médecin du patient par le dossier médical unique.

    Parlons de la téléconsultation.

    La téléconsultation, ce qu’elle n’est pas …

    On ne parle pas ici de « téléconseil » abusivement appelé téléconsultation et qui consiste en un entretien par téléphone avec le médecin contacté, via une plateforme ad hoc.

    Utile ? sûrement, pour rassurer la maman sur l’état de santé de son enfant ou, à l’inverse, pour exercer une fonction de triage en invitant à une hospitalisation rapide.

    Définitif ? certainement pas. La délivrance d’une ordonnance au terme d’une simple conversation téléphonique est une hérésie.

    La distinction téléconseil versus téléconsultation doit être établie formellement. On l’attendrait des instances habituellement promptes à relever ce genre d’ambiguïtés, exploitées sans vergogne par des annonceurs peu scrupuleux qui jouent les bonimenteurs sur les ondes et à la télévision.

    Autre forfaiture, les kiosques et autres cabines. Le patient est censé, juché sur un trône, relever lui-même ses paramètres physiologiques (faussés par l’émotion) puis positionner – lui-même et seul – sur et dans son corps des capteurs dont il ne connaît rien. Aberrant. Cela relève de la faute contre l’esprit. Et on ne parle pas des questions d’hygiène. Exit.

    La téléconsultation, ce qu’elle est …

    Une téléconsultation se doit de reprendre, l’ensemble des étapes pertinentes de toute consultation médicale, à savoir la phase conversationnelle (accueillir, écouter, questionner, observer) puis, autant que de besoin, l’une ou plusieurs des quatre étapes de l’examen physique (inspection, palpation, percussion, auscultation). Palpation et percussion seront efficacement supplées par l’échographie, nativement intégrée au dispositif, s’il se veut efficace.

    La (télé)consultation sera – comme il se doit pour toute consultation – complétée des indispensables étapes de prescription, de documentation, d’archivage selon des procédures rigoureuses garantissant sécurité maximale et confidentialité absolue. Le DMP s’avère un allié fort utile. Notamment pour transmettre une ordonnance sécurisée vers toute pharmacie. Et pour tenir informés sans délai les professionnels de santé partenaires, dont le médecin traitant, lorsqu’il existe, évidemment.

    Ainsi conçue, la téléconsultation est une révolution dans l’accès aux soins et dans l’échange d’informations entre professionnels de santé.

    Qu’on en juge :

    • L’expérience prouve que les médecins téléconsultants établissent avec leurs patients une phase conversationnelle de toute première qualité, dense, profonde, sans déficit d’informations, ce que démontre par exemple l’efficacité de la télépsychiatrie. 
    • Les médecins disposent, pour la phase d’examen physique, d’outils numériques souvent supérieurs aux appareils qu’ils utilis(ai)ent dans leur cabinet, à telle enseigne qu’ils les adoptent pour leur propre usage. Les performances d’un (télé)examen clinique sont surprenantes. Pour un « ventre douloureux » par exemple, une affection ORL, un suivi de grossesse, etc., la téléconsultation apporte la réponse, en toute sécurité. Et permet de documenter avec un archivage facilité.
    • Ils découvrent la pratique de l’échographie qui se doit de faire partie de l’arsenal diagnostique de tout médecin généraliste en 2017 et qui enrichit leur pratique et économise de nombreux transferts. Une formation adaptée, validante, leur est proposée.
    • Dépassant ce que l’on est en mesure de faire dans la « vraie vie », les médecins généralistes peuvent mettre en contact leur patient avec un spécialiste en « direct », sans délais ni déplacements, au cours de la téléconsultation. 
    • Autre révolution : l’infirmière libérale peut appeler le médecin à partir du domicile du patient chez lequel elle se trouve. A partir d’un porte document aisément transportable intégrant tous les outils y compris échographe et lecteurs de cartes vitale et CPS, elle établit une téléconsultation (y compris en l’absence de connexion internet, 4G et même 3G suffisent). Si l’on y réfléchit, cela permet au médecin de faire une visite à domicile sans déplacement, ni pour lui qui reste à son cabinet, ni pour le patient.

    La question du désert médical

    Déjà, il faut s’entendre sur les termes. Il y a le désert rural où le médecin ne réside plus puisque l’évolution sociologique a désertifié la zone. Il y a le désert urbain lorsque, dans un quartier donné en ville, il n’y a pas de successeur au médecin parti en retraite. Parce que les choix d’installation et les modes d’exercice ont profondément évolué. C’est un phénomène incontournable et la pathétique coercition administrative n’y changera rien.

    Le point commun entre ces situations est pour le patient lambda – qui se retrouve sans médecin traitant – la difficulté d’accès aux soins.

    La téléconsultation permet d’y remédier en installant un cabinet médical virtuel : un lieu sobre mais bien équipé avec un(e) infirmier(ière) qui accueille tout patient, lui explique les modalités de la mise en relation avec un médecin distant, inconnu ou connu, et participe avec délicatesse à cette authentique consultation aussi complète qu’une consultation dite présentielle classique, conduite par le télémédecin distant. Ni plus, ni moins. Sans parler de la possibilité incroyable, mentionnée plus haut, de mise en relation avec un spécialiste. Dans la même séance. Et si le patient ne peut se déplacer, il appelle l’équipe et la téléconsultation part du domicile ! Qui peut offrir ça en dehors de la télémédecine ?

    Pour le Maire qui s’agite, à l’occasion du départ du toubib non remplacé, la téléconsultation c’est mieux qu’un expédient : sans médecin sur site, c’est offrir instantanément un recours médical « solide ». Le jour où un médecin vien(drai)t à s’installer, le dispositif devient un soutien pour le nouveau venu qui ne pourra assurer plus que 35 à 70 heures hebdomadaires (10 heures par jour, 7 jours sur sept !) et qui bénéficiera ainsi du soutien de collègues pendant ses absences. Et il leur retournera la politesse, le moment venu. Un réseau de « gardes » multi-sites, non contraignant s’installe et soulage le praticien. C’est aussi la façon de lui permettre de rompre l’isolement dans lequel il se trouve vis-à-vis des spécialistes alentours trop occupés, en « s’ouvrant » un espace sans limites où il trouvera une réponse globale aux questions de dermatologie, de cardiologie, de gynécologie, de gastro-entérologie…d’ophtalmologie, de psychiatrie, etc.

    Monsieur le Maire, Monsieur le conseiller municipal d’un quartier compliqué dans la cité. Vous cherchez à visser la plaque d’un toubib ?! Vous pouvez faire mieux : poser la première pierre d’un hôpital virtuel qui donne accès aux soins primaires et aux spécialistes. Et c’est un argument décisif pour attirer l’oiseau rare, ce médecin, que vous recherchez désespérément.

    Et si, par bonheur, se crée sur votre territoire une maison médicale avec plusieurs médecins généralistes, leur ambition ne sera pas de mutualiser le/la préposé(e) à l’accueil, le parking et l’électricité en se cloisonnant dans des cabinets adjacents et indépendants mais de se lancer dans l’échographie de débrouillage, certaines endoscopies, les clichés radiologiques (haute fréquence) de base, les prélèvements biologiques, les sutures et les plâtres en lien avec des spécialistes distants. D’élargir la palette de leurs services. Et on verra, au delà des mots et des incantations hypocrites, les services d’urgence se désengorger et répondre à leur véritable mission. Si c’est cela que l’on cherche, bien entendu.

  • SUD

    Substance use disorder null

  • Etude : les ophtalmologistes estiment que les EHR ont fait baisser leur productivité (Jama)

    Une majorité d’ophtalmologistes a adopté le dossier patient électronique (EHR). Pourtant, si 72% de ces spécialistes ont abandonné le papier, ils jugent sévèrement l’arrivée de cette nouvelle technologie. D’après une étude publiée le 28 décembre dans le Jama Ophthalmology, 75% estiment que les EHR ont fait grimper leurs charges et diminuer leur productivité.

    Le dossier électronique devenu majoritaire

    En 2006, une première étude sur le dossier patient électronique (EHR, Electronic Health Records) avait révélé que seulement 19% des ophtalmologistes américains avaient adopté cet outil. Le taux de satisfaction chez ces pionniers était en revanche élevé : 69% d’entre eux se disaient satisfaits des EHR. La mise en place d’incitation à l’adoption du dossier médical électronique s’est révélée efficace puisqu’en 2011, 47% des ophtalmologistes étaient passé aux EHR. En revanche, le taux de satisfaction avait commencé à baisser.

    Des opinions très mitigées

    Une nouvelle étude a été menée chez les spécialistes de la vue afin de suivre le taux d’adoption de la technique mais aussi, en parallèle, le ressenti des médecins concernant son impact sur la productivité. Quelque 2000 membres de l’American Academy of Ophthalmology ont reçu un questionnaire par mail entre 2015 et 2016; 348 (soit 17,4%) ont répondu.

    Résultats

    • 72,1% des ophtalmologistes utilisaient un système de dossier patient électronique
    • 2/3 avaient recours aux EHR dans un but clinique (e-prescription, gestion des images, documentation clinique…) En 2011, l’utilisation des EHR était surtout administrative.
    • 52% stockaient leurs données localement, 34% sur un serveur externe et 10% ne savaient où étaient stockées leur data

    Une baisse de la productivité ressentie

    Les ophtalmologistes ont également été interrogés sur leur niveau de satisfaction concernant leur système d’electronic health records :

    • 49% se sont déclarés satisfaits de leur système de gestion d’image et 50% de documentation clinique
    • 41% des ophtalmologistes interrogés estiment que leurs revenus ont baissé suite à l’adoption du dossier électronique, 35% estiment qu’ils sont restés stables, et 9% qu’ils ont augmenté
    • 76% estiment que l’attitude des patients vis à vis des EHR est positive
    • 35% déclarent que les EHR ont affecté négativement la qualité des soins, 25% que cette technologie a eu un effet positif et 36% qu’elle n’a pas eu de conséquence

    L’impossible retour au papier

    Malgré ces sentiments mitigés, plus de la moitié des ophtalmologistes (52%) recommanderaient à leurs confrères de passer au dossier électronique et ils ne sont « que » 36% à se dire prêts à retourner au papier. Et en la matière, les jeunes et les seniors partagent le même retour d’expérience. Pourtant, 60% de l’ensemble des spécialistes déclarent que des « erreurs » interviennent quelquefois, voire souvent, avec les EHR.

    Par ailleurs, le sentiment de baisse des revenus n’est pas corroboré par des chiffres. Trois larges études ont, au contraire, montré qu’il n’y avait eu aucune diminution du nombre de patients par spécialiste avec l’arrivée du dossier patient électronique. Les auteurs de l’étude avancent l’hypothèse que les ophtalmologistes qui ont répondu sont peut-être ceux qui étaient le plus mécontents. Ce qui pourrait constituer un biais.

    Vers des EHR plus conviviaux

    « Les sondages révèlent une insatisfaction croissante dans l’utilisation des EHR », déclare cependant l’un des auteurs de l’étude. Dans un monde parfait, ces systèmes devraient aider les fournisseurs à prodiguer des soins efficaces aux patients et incluraient une interface positive et conviviale, a-t-il ajouté. Selon lui,  » nous finirons avec de tels systèmes si les intervenants, y compris les professionnels de la santé qui utilisent le dossier électronique, et ceux qui les conçoivent travaillent ensemble. »

  • NHS England : le Centre national de cybersécurité a renforcé la sécurité du système de santé (bilan)

    Le National Cyber Security Center (NCSC), une agence appartenant au service de renseignements électroniques du gouvernement britannique (GCHQ), a publié début décembre un rapport synthétisant le travail accompli par l’organisation depuis sa création en octobre 2016.

    Ce premier bilan est plutôt positif. Le NCSC a réussi à renforcer la sécurité numérique du système de santé britannique en gérant avec efficacité plus de 1 000 rapports d’incidents et en contrant des dizaines de milliers d’attaques dites « de phishing » au cours de l’année.

    Plus de 79 000 attaques de phishing potentielles empêchées

    Au cours de ses douze premiers mois d’activité, le National Cyber Security Center a reçu 1 131 rapports d’incidents, dont 590 qui ont été classés comme « importants », indique le rapport de l’agence.

    Il déclare par ailleurs avoir empêché plus de 79 000 attaques de phishing* potentielles en bloquant les courriels malveillants portant un suffixe « @gov.uk ». Le document révèle également que l’organisation est parvenue à réduire à seulement une heure, contre 27 heures auparavant, la durée d’existence en ligne d’un site de phishing.

    Parmi les plus grandes opérations menées cette année par le NCSC figure la résolution de l’incident causé par le logiciel malveillant WannaCry, qui a perturbé plus d’un tiers des trusts du NHS England.

    * Le phishing est une forme de cyberattaque. Les victimes reçoivent un e-mail contenant un lien vers un site pirate sur lequel le(s) hacker(s) peuvent récupérer leurs données personnelles.

    « Le NCSC est en 1ère ligne pour protéger le RU contre [les] cyberattaques »

    « Le NCSC a réuni des compétences, des capacités et des partenariats sans pareil et, au cours de sa première année, a fait d’énormes progrès pour accroître et améliorer nos capacités cybernétiques, félicite Jeremy Fleming (source : Digitalhealth.net), directeur du Government Communications Headquarters (GCHQ). Il est en première ligne pour protéger le Royaume-Uni contre un nombre croissant de cyberattaques. »

    Cybersécurité et santé : les initiatives se multiplient au Royaume-Uni

    Des alertes SMS pour améliorer la communication en cas de cyberattaques

    NHS Digital a récemment mis en place un système permettant d’envoyer aux différents professionnels du NHS des mises à jour sur l’état du système de sécurité de l’établissement ciblé en cas d’incident de sécurité majeur. Il a été mis au point par la CareCERT, une équipe d’intervention dédiée à la gestion des urgences informatiques formée par NHS Digital à la demande du ministère de la Santé.

    Lors d’une cyberattaque, les alertes et mises à jour de la CareCERT sont envoyées à l’ensemble des cliniciens et à tout le personnel hospitalier. Les professionnels du NHS peuvent également avoir accès aux informations fournies par la CareCERT sur le site web de NHS Digital.

    Par ailleurs, l’agence travaille actuellement avec le National Cyber Security Center pour « établir un réseau de professionnels de l’informatique et de la sécurité dans les domaines de la santé et des soins », capable de fournir une assistance aux établissements et au personnel médical en cas d’attaques.

    Pays de Galles : un programme d’accélération pour les start-up IoT

    Un nouveau programme d’accélération de douze semaines vient d’être lancé au Pays de Galles. Il vise à apporter un soutien financier et stratégique aux start-ups du secteur de l’IoT spécialisées dans la cybersécurité, les services de soins et d’autres domaines clés de l’industrie.

    Dix participants seront sélectionnés pour rejoindre le programme. Ils recevront chacun un investissement de 50 000 livres sterling (56 600 €) et une formation supplémentaire d’une valeur de 70 000 GBP (79 200 €), en échange d’une participation de 10 % dans l’entreprise.

    Les start-up retenues auront également accès à des installations et à des locaux gratuits pour les aider à développer leurs activités.

    Le projet a été mis en place par Innovation Point, The Accelerator Network, Barclays Eagle Labs, Inspire Wales et la Development Bank of Wales.

  • Pear Therapeutics lève 41,5M d’euros pour développer le traitement informatisé des addictions

    L’entreprise américaine Pear Therapeutics, qui a conçu l’application « reSET@ » permettant de traiter les addictions, a annoncé une levée de fonds de $50 millions financée par Temasek le 2 janvier 2018.

    Pear Therapeutics a reçu, le 14 septembre 2017, l’autorisation de la Food and Drug Administration pour commercialiser son application qui peut être prescrite sur ordonnance.

    Ce financement permettra à l’entreprise de développer et commercialiser ses programmes en phase de conception, comme le traitement de l’insomnie fondé sur l’usage d’une application mobile.

    ReSET consiste en un programme de douze semaines traitant les troubles addictifs associés aux différentes substances :

    • le cannabis ;
    • l’alcool ;
    • la cocaïne.

    Elle propose différentes actions et évaluations pour suivre le patient pendant les différentes étapes du programme.

    Ce financement permettra à l’entreprise de développer et commercialiser ses programmes en phase de conception, dont principalement des traitements informatisés :

    • de la schizophrénie (THRIVE) ;
    • des stress post traumatiques (RECALL) ;
    • du trouble de l’angoisse généralisée (reVIVE) ;
    • la douleur, le trouble dépressif majeur et l’insomnie.
  • Une puce expérimentale permet de modéliser et de mieux comprendre la maladie de Huntington

    L’équipe de Frédéric Saudou, Directeur de Grenoble Institut des Neurosciences (GIN-Inserm/UGA) et responsable de l’équipe « Dynamiques intracellulaire et neurodégénérescence » et Benoît Chadot, de l’Institut d’électronique des systèmes (CNRS/Université de Montpellier), ont reconstitué sur une puce le circuit neuronal des patients atteints de la maladie de Huntington.

    Les résultats de leur étude ont été publiés dans la revue Cell Reports, le 2 janvier 2018. Ils mettent en évidence le rôle du cortex cérébral dans le déclenchement de la maladie.
    L’étude permettra de développer des stratégies thérapeutiques davantage adaptées aux patients et représente une nouvelle approche pour tester et valider des molécules à intérêt thérapeutiques.

    Une maladie caractérisée par un dysfonctionnement du circuit corticostriatal

    La maladie de Hungtinton est une maladie génétique qui affecte environ 6 000 Français. Elle se caractérise par des troubles cognitifs, psychiatriques et des mouvements incontrôlés. Elle est liée au gène HTT, qui synthétise une protéine, la hungtingtine. A l’état normal, cette protéine contient des répétitions d’un acide aminé, la glutamine. Au delà de 36 glutamines, la protéine est mutante et induit la maladie.

    Cette pathologie est caractérisée par un dysfonctionnement du circuit corticostriatal, qui connecte deux régions distinctes du cerveau, le cortex et le striatum. Ces dernières sont le lieu d’expression de la protéine hungtingtine. Dans la maladie de Hungtinton, la protéine mutante induit la dégénérescence de ces deux régions en altérant le circuit qui les relie l’une à l’autre. Cette altération était jusqu’à présent mal comprise par les chercheurs. 

    Simulation des dysfonctionnement à l’origine de la maladie de Hungtington sur une puce expérimentale

    L’équipe de Frédéric Saudou, Directeur de Grenoble Institut des Neurosciences (GIN-Inserm/UGA) et responsable de l’équipe « Dynamiques intracellulaire et neurodégénérescence » et Benoît Chadot, de l’Institut d’électronique des systèmes (CNRS/Université de Montpellier), ont reconstitué sur une puce le circuit neuronal endommagé chez les patients. 

    Le protocole expérimental suivi est ainsi décrit par l’Inserm, dans un communiqué de presse publié le 22 décembre 2017 : « Grâce à l’approche microfluidique qui consiste à fabriquer dans un matériau biocompatible et transparent des chambres de culture et des canaux à l’échelle des cellules, les chercheurs ont pu contrôler la pousse et l’orientation des axones dans des canaux micrométriques pouvant atteindre jusqu’à 500 microns de longueur afin de reconstituer le circuit corticostriatal ».

    L’usage d’une puce a permis de mettre en évidence le rôle du cortex cérébral dans la maladie

    Cette étude a montré le rôle fondamental du cortex dans la genèse des dysfonctionnements au niveau du circuit entier. L’équipe a ainsi démontré que des neurones de cortex malade sont suffisants pour induire les dysfonctions du circuit alors même que les neurones du striatum sont sains. À l’inverse, des neurones corticaux sains sont capables de sauver les neurones du striatum malade.

    Ces travaux scientifiques, fondés sur l’usage d’une puce, permettront de développer des stratégies thérapeutiques davantage adaptées aux patients et représente une nouvelle approche pour tester et valider des molécules à intérêt thérapeutiques.

     

  • La place du numérique dans la coordination des soins, colloque TIC Santé, 7-8 février 2018 à Paris

    Au cours de deux journées de débat, le colloque TIC Santé 2018 permettra aux participants de bénéficier de l’éclairage d’experts, de témoins et de professionnels qui travaillent sur des applications et des projets qui contribuent à l’amélioration des parcours de santé et à la démocratie sanitaire.

    L’objectif de la journée du 7 février 2018 est de cerner le défi organisationnel la place pour le numérique dans la coordination des soins :
    • appréhender les enjeux du numérique pour la coordination des parcours de soins et de santé ;
    • débattre autour des questions techniques, organisationnelles soulevées par la coordination des activités au sein des territoires de santé.

    L’objectif de la journée du 8 février 2018 est de savoir comment le numérique impacte la formation des acteurs de santé :
    • identifier l’impact de la transformation numérique sur les dispositifs de formation des acteurs de santé;
    • partager et échanger des pratiques de formation et de coordination innovantes entre professionnels et structures de formation.

    Les grandes lignes du programme

    Mercredi 7 février 2018

    • 9h15-10h15 Conférence inaugurale

    Actualités institutionnelles de la e-santé – Représentant du Ministère des solidarités et de la santé (à confirmer)

    La transformation numérique des organisations et l’évolution des modes de management

    Pr Etienne Minvielle – Titulaire Chaire Management des organisations de santé à l’EHESP

    • 11h-12h15  Table ronde : La transformation numérique des rapports au temps et à l’espace au sein des GHT et dans les liens ville hôpital
    • 14h-15h15  Table ronde : Le numérique pour accompagner le parcours de vie et enrichir les relations soignants-soignés
    • 15h30-16h45 Table ronde : Le numérique catalyseur des coordinations et de l’inter-professionnalité

    Jeudi 8 février 2018

    • 9h-10h Conférence : « Pourquoi et comment la transformation digitale impacte la formation des acteurs de santé ? » Christophe Jeunesse – Directeur du Département de Sciences de l’Éducation à l’Université Paris Ouest Nanterre 
    • 10h à 11 h 15 – Session 1 : Quel rôle pour les usagers et patients engagés dans des dispositifs de formations numériques ?
    • 11h45-13h – Session 2 : Quels nouveaux modèles de formation intégrés à l’activité ?
    • 14h45-16h – Session 3 : Expériences de mutualisation et de coopération en formation initiale et continue des professionnels de santé
  • Hub France IA : lancement d’une association pour favoriser l’émergence d’une filière de l’IA

    L’association Hub France IA dont l’objet est de promouvoir l’IA et ses usages, de consolider l’écosystème de l’IA en France et le représenter significativement sur la scène internationale a été inaugurée lors d’une conférence de presse le 20 décembre 2017 à Paris.

    • Mettre en réseau des acteurs de l’Intelligence Artificielle en France ;
    • accroître la compétitivité des entreprises françaises par l’intégration et le développement des technologies et usages de l’IA ;
    • consolider le marché intérieur français en créant des alliances pré-compétitives ;
    • assurer la communication et la visibilité de la France comme acteur de l’IA dans les événements nationaux et internationaux pour renforcer son attractivité ;
    • publier un baromètre de l’IA ;
    • impulser une Alliance Européenne de l’IA, tels sont les objectifs formulés par Hub France IA.

    Sept grands groupes ont déjà adhéré à l’association. De nombreux acteurs ont exprimé leur intérêt d’adhérer et une centaine de dirigeants de sociétés sont membres fondateurs.

    Gouvernance et organisation

    Patrick Albert, chercheur en IA, préside l’association, et Nathanael Ackerman, conseiller à l’innovation de l’ancienne secrétaire d’État au Numérique, Axelle Lemaire, en est le directeur général.

    Un comité d’orientation et un comité international

    Un comité d’orientation se chargera de formuler des propositions pour le développement de la filière et comprend une trentaine de membres reconnus pour leur expertise et leur expérience business (Grégory Renard, Prof. Nicolas Vayatis, Prof. Laurence Devillers, Patrick Albert, Jean-Louis Fréchin, Benoit Bergeret, Prof. Brigitte Plateau, Alexandre Cadain, Prof. Raja Chatila, Prof. Jean-Gabriel Ganascia, Dr. Yves Caseau, Anne-Valérie Bach, Prof. Amal El Fallah).

    Un comité international existe et intégrera des personnalités françaises ayant des expériences à l’étranger d’une part et des représentants des groupes internationaux actifs en IA d’autre part.

    15 groupes de travail thématiques

    Quinze groupes business seront le moteur de la création de nouveaux produits et services basés sur l’IA et seront chargés d’identifier de nouveaux business cases, de réaliser des preuves de concept et organiser des challenges industriels. 

    Les thématiques sont portées par deux ou trois chefs de file et les start-ups et laboratoires de recherche concernés y sont associées : la santé et le bien-être, la robotique, l’IA pour tous, la mobilité, la ville intelligente, la sécurité, la transformation numérique de l’État, la finance et les assurances, l’énergie, les ressources humaines, l’expérience client étendue, le design, les médias, les industries créatives, les télécoms.

    11 groupes transversaux

    Le Hub coordonne également 11 groupes transversaux : formation, juridique, éthique appliquée, design, compétences et recrutements, inclusion et transformation des métiers, baromètre IA et veille,  institutions et Projets EU, US-CANADA, Ecosystème, Asie.

    Les services et ambitions internationales de Hub France IA 

    Le Hub France IA se fixe pour objectif d’instiguer une filière française de l’IA en mobilisant l’écosystème constitué des grands groupes, start-ups, acteurs du monde académique et de recherche, pôles de compétitivité, etc., et de développer une alliance européenne de l’IA.

    Les services que l’association compte proposer sont les suivants :

    • animation et sensibilisation, réflexion prospective, formation, appui juridique et un programme de conférences en mobilisant l’écosystème de l’IA national, européen et global ;
    • publication régulière d’un tableau de bord international de l’IA ;
    • réflexion éthique et animation d’un groupe éthique sur la base de cas industriels qui vise à placer l’humain au centre des problématiques soulevées ;
    • réflexion sur les questions d’inclusion et de transformation des métiers et l’avenir des formations à l’heure de l’IA.

    Les premiers travaux

    Voici les sujets des premiers travaux du comité d’orientation du Hub France IA:

    • mise en place de plateformes de données mutualisées et de plateformes de tests ;
    • mise en place d’une feuille de route de développement industriel ;
    • mise en place d’une feuille de route européenne. 

    Point de vue des acteurs : s’inscrire dans une démarche éthique, investir, rassurer, sécuriser

    Plusieurs intervenants ont souligné l’importance de s’inscrire dans un démarche éthique et de démontrer que l’objectif est de construire des outils utiles pour l’avenir.

    Laurence Devillers, responsable du groupe éthique industrielle annonce un mouvement de régulation dans l’entreprise et souligne la nécessite de construire un environnement de confiance.

    Anne-Valérie Bach, partner chez Serena Capital, a souligné l’intérêt des investisseurs pour les nouvelles technologies, les données et l’IA en rappelant :

    • l’organisation d’un événement mensuel, Data Driven Paris, qui réunit chaque mois un grand groupe, une start-up et un académique sur le thème de l’IA et de la data ;
    • le lancement en janvier 2017 de Serena Data Ventures, un fonds qui finance des start-ups de la DATA et de l’intelligence artificielle.

    Elle a également mis l’emphase sur le caractère crucial du renforcement de l’écosystème européen pour faire face à la compétition internationale.

    Acteurs de l’écosystème à bord

    Grands groupes français au nombre de 7, 30 potentiels

    SNCF, La Banque Postale, La Société Générale, Leonard-Vinci, Air Liquide, Air France et France Télévisions sont les sept grands groupes ont déjà adhéré à l’association en tant que membres fondateurs.

    Trente groupes ont manifesté leur intérêt à l’adhésion.

    L’association des IRT FIT : 100 millions d’euros et l’initiative EngageAI

    L’Institut de recherche technologique SystemX, représenté par Eric Perrin-Pelletier, son directeur général, également secrétaire général de de l’association des IRT FIT (French Institues of Technology), est pionner dans l’adhésion au Hub France IA, mais a été rejoint par l’ensemble des 8 IRT de l’association des IRT FIT afin de dynamiser l’engagement de l’industrie dans l’IA et accélérer sa compétitivité.

    Eric Perrin-Pelletier a souligné l’existence de projets de recherche multipartenaires qui font appel à la technologie de l’Intelligence Artificielle et la mobilisation de 100 millions d’euros dans de nouveaux projets.

    Les 8 IRT français sont également à l’origine du programme d’accompagnement sur 4 ans, EngageAI, afin d’aider près de 500 entreprises à intégrer l’IA dans leurs produits et services.

    Start-ups, PME et ETI

    Selon Hub France IA, une cinquantaine d’entreprises ont signifié leur volonté d’adhérer, dont SNIPS, Partnering Robotics, Hease Robotics, Fabernovel, Angus.ai, Anima, GEO4Cast, Decision Brain, IT Trust, DreamQuark, Linagora, etc.

  • Projets Silver tech : la Fondation Médéric Alzheimer promeut l’innovation avec le Prix Silvestre

    Améliorer l’accompagnement des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et de leurs aidants grâce aux technologies adaptées : tel est l’objectif de l’appel à projets de la Fondation Médéric Alzheimer.
    La première édition du prix Silvestre, menée avec le soutien de René Silvestre, président de Pépinière 27 (qui réunit un écosystème de 100 start-ups tous secteurs confondus, à Paris), s’adresse aux start-ups qui développent une technologie ou un service innovant permettant de garder un lien, d’assister dans les tâches de la vie quotidienne, d’assurer des conditions de vie à domicile plus sûres et/ou d’aider à retarder la perte d’autonomie des personnes âgées ayant des troubles cognitifs.

    L’appel à projets est doté de 3 prix :
    • Un grand prix de 20 000 € ;
    • 2 prix de 10 000 €.

    Les solutions primées seront soumises à l’avis de groupes de personnes malades expertes et, si possible, expérimentées au sein du living lab de la Fondation, afin d’évaluer l’adéquation aux besoins, aux usages, leur impact social et leur reproductibilité.

    Date limite de dépôt des dossiers : mercredi 31 janvier 2018.

    Veiller à adapter les technologies aux besoins des personnes âgées

    Certaines technologies, numériques ou autres, peuvent constituer une rupture générationnelle pour les personnes âgées – notamment celles qui nécessitent des maniements complexes et des abonnements multiples – et renforcer l’isolement de la personne âgée dépendante, comme de son aidant. Mais lorsqu’elles sont adaptées aux besoins de ces personnes, les technologies peuvent apporter un réel soutien et favoriser le maintien de l’autonomie. Forte de son expérience, la Fondation Médéric Alzheimer est convaincue qu’il est possible de retarder la perte d’autonomie des personnes atteintes de troubles cognitifs:

    • en agissant sur l’environnement physique et humain de la personne malade ;
    • en misant sur les réserves cognitives restantes, quel que soit le stade de la maladie, pour les stimuler ;
    • en développant les liens sociaux et en reconnectant le couple aidant/aidé à son environnement familial, amical, à son voisinage.

    Les projets recherchés concernent donc ces axes.

    L’impact social et la reproductibilité parmi les critères de sélection

    Les modalités de sélection du Prix Silvestre sont :

    • Des services ou des technologies existantes ou en cours de développement qui proposent un réel bénéfice pour améliorer la qualité de vie des personnes malades et de leurs aidants ;
    • des projets destinés de manière explicite aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée et à leurs aidants ;
    • des dossiers émanant de start-up situées en France ;
    • l’impact social et la reproductibilité de la solution mise en œuvre.

    Le dossier de participation est disponible ci-contre.

    Plus d’informations auprès de prixsilvestre@med-alz.org

  • IA, valeur du soin et données : congrès HIMSS Europe du 27 au 29 mai 2018 à Sitges en Espagne

    Le Congrès HIMSS a lieu du 27 au 29 mai 2018 dans la ville côtière de Sitges, en Espagne, au sud-ouest de Barcelone.

    Il réunira des acteurs clés du secteur de la e-santé : des directeurs d’hôpitaux, des médecins et personnel soignants, des dirigeants de start-ups et de PME et des responsables marketing de grands groupes.

    Les principaux thèmes des conférences sont la transformation numérique, la cybersécurité, l’interopérabilité, l’intelligence artificielle, la data, la télémédecine, la génomique.

    Les orateurs principaux sont :
    • Erik Gerritsen, Secrétaire Général au Ministère de la Santé, Pays-Bas
    • Indu Subaiya, Vice Presidente Executive de HIMSS/HEALTH 2.0, USA
    • Eugene Borukhovich, PDG Digital Health Incubation & Innovation BAYER, Allemagne
    • Jorge Gonzalez, Managing Director de TICBioMed, Espagne
    • Harold Wolf, president HIMSS, USA
    • Rachel Dunscombe, Chief Information Officer de la Salford Royal NHS Foundation Trust, Royaume-Uni.

    Le congrès met l’accent sur les questions suivantes :

    • comprendre la lenteur de l’évolution du secteur de la santé : comment sortir des pilotes, l’avancement lent de l’interopérabilité, l’accélération de la transformation numérique, etc ;
    • comment transformer les données en valeur : déverrouiller le pouvoir de l’IA, utiliser la technologie blockchain de façon personnalisée, la valeur du soin, le soin centré sur la patient, les technologies de médecine de précision et la promotion de la libre-circulation des données.

    Le détail du programme est disponible via ce lien.

    L’inscription, (payante) peut s’effectuer via ce lien.