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  • Canada : l’Ontario incite à l’innovation dans le secteur de la e-santé

    William Charnetski, stratège en chef de l’innovation en santé au sein du gouvernement de l’Ontario (OCHIS), a déclaré qu’il ferait de l’encouragement à l’innovation dans le système des soins une de ses priorités.

    Le 13 décembre 2017, il a annoncé le lancement du Value-Based Innovation Program (VBIP), dont l’objectif est d’augmenter la capacité d’innovation des fournisseurs de services de soins afin de mieux soutenir le développement des nouvelles technologies dans le système de santé de la province canadienne.

    Vers une modernisation du système de santé de l’Ontario

    L’Ontario est la province canadienne qui comptabilise le nombre le plus important de start-ups de santé numérique au sein du pays.

    L’Office of the Chief Health Innovation Strategist (OCHIS) s’est engagé à favoriser le passage à un système de santé axé sur la valeur des soins. En clair, il invite les start-ups de l’industrie à développer des solutions novatrices dans l’optique :

    • d’améliorer les résultats pour les patients ;
    • d’optimiser l’impact de l’investissement dans l’innovation en santé ;
    • de permettre aux entreprises d’innovation en santé d’être à la pointe des nouvelles tendances technologiques.

    Un programme pour accélérer l’adoption de nouvelles technologies en santé

    « Dans ce cadre, je suis heureux d’annoncer officiellement le [VBIP], a déclaré M. Charnetski dans un communiqué publié le 13 décembre 2017. En tant que programme phare [de notre bureau], le VBIP associera des pratiques d’approvisionnement modernes, telles que l’approvisionnement fondé sur la valeur et l’approvisionnement fondé sur les résultats, avec [le déploiement de nouveaux] modèles de financement du système de santé. S’appuyant sur le travail de création d’un écosystème axé sur la demande, le VBIP augmentera la capacité d’innovation des fournisseurs de services de soins afin d’accélérer l’adoption et la diffusion de nouvelles technologies et de nouveaux processus de santé dans le système de santé de l’Ontario. »

    2 projets en cours

    L’OCHIS est en train de tester différents projets de validation et prévoit d’ouvrir le programme à de nouvelles applications au printemps 2018.

    • Le premier projet, qui est une première pour l’Ontario, consiste à approvisionner tous les centres cardiaques de la province de défibrillateurs automatiques implantables, permettant aux médecins de détecter et de traiter les troubles du rythme ventriculaire.
    • Le deuxième projet mettra à l’essai un modèle d’approvisionnement afin de trouver de nouvelles solutions pour réduire le nombre d’infections post-chirurgicales.

    Une nouvelle approche qui renforcera l’efficacité des services de santé

    Cette nouvelle approche améliorera les résultats de traitement et l’efficacité des services de santé :

    • en tirant parti du système de santé de l’Ontario en tant que moteur de la demande de solutions novatrices qui répondent à certains des défis les plus pressants de l’industrie ;
    • en utilisant des techniques d’approvisionnement modernes qui prennent réellement en compte les besoins des patients, des soignants et des fournisseurs de services de santé ;
    • en s’alliant avec les leaders de l’industrie de la santé et en encourageant ouvertement le déploiement de solutions permettant de résoudre les problèmes de santé complexes ;
    • en supprimant les freins à la prestation des soins tout au long du parcours du patient à travers la réforme du financement du système de la santé ;
    • en partageant les risques et les avantages que représentent les nouvelles technologies et les nouveaux modèles de soins avec l’industrie et les fournisseurs de services de santé et en cherchant de nouvelles approches pour financer l’innovation.
  • Silver éco : Kiwatch, acteur du marché de la vidéosurveillance lève 3 millions d’euros

    Kiwatch, start-up nantaise qui propose des solutions de vidéobienveillance et vidéosurveillance à destination des particuliers et des professionnels, a annoncé le 5 janvier 2018 avoir bouclé une levée de fonds de 3 millions d’euros. Ce sont Entrepreneur Venture, Pays de la Loire Participations, Fairwest et des investisseurs individuels qui ont mené la levée de fonds.

    Cette levée de fonds doit permettre à Kiwatch de poursuivre et d’accélérer en priorité son développement en France, de consolider son avancée technologique, puis enfin de préparer son implantation sur d’autres marchés européens.

    Solutions actuelles et perfectionnement des spécificités techniques envisagé

    Ses services permettent de veiller sur une personne âgée ou dépendante dans le cadre d’un maintien à domicile, mais également de protéger son domicile ou de sécuriser le site d’une entreprise.

    La solution de surveillance repose sur une caméra de haute définition 120°. Elle permet notamment la détection de mouvement, la détection d’absence de mouvement, la détection d’aboiement, la détection d’émission de CO2, etc.

    Avec cette levée de fonds, Kiwatch va intensifier les travaux de recherche et de développement en réinvestissant 24% de son chiffre d’affaires pour, entre autres, améliorer l’intelligence vidéo de son service avec :

    • la distinction fine d’individus, d’animaux ou de véhicules ;
    • le contrôle par la voix ;
    • la reconnaissance de chutes ;
    • la reconnaissance faciale ;
    • l’analyse des comportements pour le maintien à domicile ;
    • le pilotage de la solution par la voix ;
    • la détection de chutes dans le cadre du maintien à domicile.

    Modèle économique

    L’abonnement est à 9,90 euros (14,90 HT pour les entreprises) par mois. La première caméra d’intérieur est à 29 euros et à 59 euros pour un modèle extérieur. Les suivantes sont à 139 et 159 euros. Elles sont dotées de fonctions micro et haut-parleur, permet de voir, d’entendre et de parler de jour comme de nuit, grâce à une vision infra-rouge.

    Grâce à une connexion en Wifi, elle diffuse des images en HD (720p) 24H/24, et est capable d’envoyer des alertes par mail, SMS ou des appels vocaux en cas d’incident détecté. L’ensemble des données est crypté.

    Kiwatch a également développé une application dédiée, via laquelle il est possible de prévenir les secours en un clic, ou tout simplement d’interagir avec ses proches.

    Une option à 5 euros est disponible permettant d’envoyer un vigile sur place en cas de besoin.

    Ambitions de développement

    Actuellement, Kitwatch revendique 7 000 utilisateurs au compteur, avec 11 200 caméras connectées, un million d’alertes événements envoyées et 2 376 000 connexions à l’application enregistrées en 2016.

    Si la start-up souhaite dans un premier temps faire fructifier les fonds qui ont été versés pour assurer le développement de Kiwatch au niveau national, elle envisage une quatrième levée de fonds potentielle en vue de son développement à l’international.

  • Télémédecine : un outil consacré au suivi du syndrome d’apnées du sommeil lancé en Côte d’Or

    Le Centre Hospitalier Universitaire de Dijon Bourgogne et le Groupement de Santé de l’Auxois Sud (GPSAS) ont signé, le 9 janvier 2018, une convention afin de déployer un outil de télémédecine consacré au suivi du syndrome d’apnées du sommeil.

    Le GPSAS a travaillé deux ans à l’aboutissement de ce projet innovant, après avoir lancé avec succès un service de télémédecine en cardiologie dès 2011.

    Il réunit les médecins généralistes du territoire le 31 janvier 2018 afin de leur détailler le projet et son protocole.

    Pour rappel, 5 à 10 % de la population française serait porteuse d’un syndrome d’apnées du sommeil, c’est-à-dire que pendant leur sommeil, les personnes ont du mal à respirer à cause des voix aériennes supérieures qui limitent le flux d’air. Cette pathologie engendre une multitude de micro-éveils qui créent une fatigue chronique et augmentent le risque cardiovasculaire du patient.

    Désengorger les services de pneumologie

    « Tout a commencé par la cardiologie. En 2011, pour réduire les temps d’attente de rendez-vous et soulager les cardiologues, le GPSAS a mis à disposition des médecins un holter pour enregistrer l’électrocardiogramme de leur patient via la télémédecine. Les patients se sont montrés satisfaits et les médecins ont trouvé l’outil efficace », explique le dr Katia Mazalovic, présidente du GPSAS. « On s’est dit qu’une autre pathologie fréquente avait tendance à engorger les services de pneumologie pour des examens plutôt simples comme la polygraphie, qui permet de détecter l’apnée du sommeil. C’est comme ça que l’idée à germer, alors qu’à ma connaissance cela ne se pratique pas ailleurs en France ».

    Adapter techniquement la plateforme de télémédecine

    Le projet a néanmoins pris du temps à être finalisé, « car il fallait d’abord négocier avec l’ARS Bourgogne Franche Comté – particulièrement ouverte à la télémédecine – la Caisse de Sécurité Sociale et l’Ordre des médecins, pointe Katia Mazalovic. Puis il a fallu adapter techniquement la plateforme de télémédécine ».

    C’est le CHU de Dijon Bourgogne qui a subventionné l’achat du polygraphe (7 000 €).

    Concrètement, quand un patient est suspecté d’apnées du sommeil par son médecin traitant, il lui fait passer une oxymétrie – examen sur la nuit pour enregistrer la saturation du patient. Selon l’index de désaturation, le praticien décide si le patient est éligible à une prise en charge en ambulatoire. Si celui-ci entre dans le protocole, il peut venir récupérer le polygraphe et rentrer chez lui avec l’appareil, qui enregistre l’activité physiologique au cours du sommeil. Les éléments sont transmis directement au CHU de Dijon Bourgogne via des canaux sécurisés.

  • Une ordonnance définit l’accès aux soins et la prise en charge comme priorités des centres de santé

    Un accès aux soins renforcé et une prise en charge sécurisée sont les priorités fixées par l’Ordonnance n° 2018-17 du 12 janvier 2018 relative aux conditions de création et de fonctionnement des centres de santé, parue au Journal officiel du 13 janvier 2018.

    Cette ordonnance est le fruit de concertations menées par la Direction générale de l’offre de soins (DGOS), alors que les ARS sont chargées de la bonne application de ces mesures en lien avec l’assurance maladie, dans le contexte de déploiement du plan territorial d’accès aux soins.

    Le document est disponible via le lien ci-contre.

    Le document, qui sera suivi d’un décret et d’un arrêté d’application, redéfinit le statut des centres de santé autour de deux axes majeurs :

    • renforcer l’accès aux soins en encourageant et simplifiant la création des centres tout en réduisant leurs contraintes de fonctionnement :
      • les obligations fondamentales sont rappelées – ouverture à tous les publics, pratique du tiers-payant et de tarifs de secteur 1 ;
      • les conditions de création sont facilitées d’autant plus que les mesures de l’ordonnance visent à favoriser l’implantation de lieux de soins, y compris de dimensions modestes ;
      • l’exigence des critères de fonctionnement est revue à la baisse afin de mieux coller à la réalité du terrain.
    • sécuriser les prises en charge des patients en encadrant davantage l’activité et l’engagement des centres :
      • les gestionnaires seront tenus à un engagement de conformité ainsi qu’à la définition d’un projet de santé répondant aux besoins de la population ;
      • une gestion non lucrative est imposée et l’information sur le lieu de soins doit être dépouillée de tout caractère publicitaire ;
      • le centre doit proposer à titre principal des actes remboursables par l’assurance maladie ;
      • le centre ne pourra plus pratiquer uniquement des actes non nomenclaturés ;
      • le centre doit fournir une information aux patients sur les tarifs des structures vers lesquelles ils sont orientés ;
      • afin de garantir une meilleure connaissance de l’offre de soins, les gestionnaires sont tenus de renseigner l’observatoire national des centres de santé.

  • Bioéthique : Jean-François Mattei met en garde contre la médecine des algorithmes

    A la veille du lancement des Etats généraux de la bioéthique par le gouvernement et à l’occasion d’un petit-déjeuner organisé par le cabinet Nile le 17 janvier 2018, Jean-François Mattei, pédiatre, généticien et ancien ministre de la Santé, a présenté son dernier ouvrage paru en octobre 2017 : « Questions de Conscience : De la Génétique au post-humanisme ».  

    J-F. Mattei y a évoqué de nombreux sujets en lien avec la bioéthique, notamment :
    – les potentialités offertes par l’intelligence artificielle dans le champ médical et les difficultés pratiques et philosophiques qu’elle soulève ;
    – la place des algorithmes dans l’exercice de la médecine ;
    – l’évolution « nécessaire » des études médicales pour y intégrer les nouvelles technologies et réaffirmer l’importance des sciences sociales aujourd’hui reléguées aux marges des facultés de médecine ;
    – l’impact des nouvelles technologies sur la relation patients – médecins.

    M. Mattei invite ses auditeurs à la prudence. Son livre se veut le catalyseur d’une réflexion sur les lois de bioéthiques, qui seront vraisemblablement révisées au cours de l’année 2018. Il convient à son sens de bien mesurer les enjeux et les implications d’un éventuel assouplissement de la législation bioéthique.

    L’intelligence artificielle est moins puissante qu’il n’y paraît

    Selon Jean-François Mattei, l’intelligence artificielle se heurte à plusieurs limites qui permettent d’en relativiser « l’apparent succès ».

    • Pour M. Mattei, l’IA est certes en mesure d’égaler, voire de surpasser l’intelligence humaine lorsqu’il s’agit d’accomplir des tâches spécialisées, relevant d’une intelligence « logique ».
    • Elle ne dispose pas en revanche d’une intelligence totalisante : l’IA est strictement « logique » quand bien même l’intelligence humaine est polymorphe (intelligence émotionnelle et sociale).
    • Elle est capable d’apprentissage, mais ce qu’elle apprend ne résulte pas de sa propre création. Elle dépend ainsi de l’intervention de l’homme pour mener à bien ce pour quoi elle a été programmée.
    • Elle repose sur des matériaux imparfaits qui ont conduit à chercher de nouveaux supports, comme le graphène.

    La médecine devient-elle « une affaire d’algorithmes » ?

    Comment envisager l’évolution de la profession médicale ? 

    • M. Mattei souligne que l’acte médical est une « communication de conscience entre deux êtres » qu’il faut préserver ; une « relation intangible » qu’il convient de protéger.
    • Les médecins aujourd’hui se fondent sur l’usage d’imageries 3D, de vidéocapsules, etc; qui révolutionnent la pratique médicale et infléchissent la relation des professionnels de santé à leurs patients ;
    • L’Académie de médecine a fait des « algorithmes » l’un de ses axes de réflexion prioritaires. Pour autant, les algorithmes sont une aide à la décision du médecin, mais ne peuvent en aucun cas s’y substituer. Le médecin doit rester maître des machines et des outils qu’il mobilise à l’appuis de ses décisions.
    • Les outils connectés doivent permettre aux médecins de consacrer davantage de temps à leur patient et non l’inverse. La technologie doit in fine favoriser la relation médecins-patients.

    Faire évoluer les études médicales pour y intégrer les sciences sociales et les nouvelles technologies

    Pour une meilleure maîtrise des sciences sociales, nécessaires au bon exercice de la médecine et à la préservation du lien social

    • J-F. Mattei a été co-rapporteur en 1996 d’un rapport parlementaire d’analyse de la formation initiale des médecins : il préconisait notamment d’y intégrer les sciences humaines. Son avis sur la question n’a pas changé. Il réaffirme l’importance fondamentale des sciences humaines et sociales.
    • Etre investi d’une mission curative, consistant à soigner des hommes et des femmes, suppose selon M. Mattei de maîtriser les fondements des sciences sociales et d’apprendre à préserver le lien social.
    • Il faut former les étudiants en médecine à l’usage des nouvelles technologies médicales pour en assurer un usage éthique.

    Les dérives eugénistes d’une société où les technologies prennent le pas sur la relation patient-médecin

    L’ancien ministre a invoqué plusieurs exemples pour mettre en garde ses auditeurs contre les dérives eugénistes d’une société où les individus ont accès à des technologies médicales de plus en plus sophistiquées et à usage strictement individuel : 

    • J-F Mattei invoque l’exemple du séquençage à haut débit  : en matière de procréation, il est désormais possible de réaliser avec l’ADN foetal présent dans le sang de la mère des diagnostics génétiques avant la dixième semaine de gestation. Le femmes peuvent choisir de mettre un terme à leur grossesse sans avoir rencontré de généticien ni reçu d’avis médical.
    • Des patients peuvent faire appel aux médecins pour bénéficier d’implants décuplant leur capacité physique ou intellectuelle : l’homme augmenté, souligne-t-il, est l’une des dérives les plus préoccupantes auxquelles la société se devra de répondre, précise l’ancien ministre.
  • Etude : les capteurs portables n’améliorent pas la santé des patients suivis à distance (Nature)

    Une méta-analyse* publiée dans la nouvelle revue Nature’s Digital Medicine montre que le suivi à distance des patients grâce à des biocapteurs portables n’a pas d’impact significatif sur leur santé.

    Néanmoins, dans certaines pathologies, telles que le Parkinson ou l’hypertension, ces dispositifs donnent des résultats prometteurs.

    Les espoirs de la télésurveillance des malades

    Les biocapteurs portables sont populaires. La facilité avec laquelle des données de santé peuvent être recueillies, transmises, traitées, stockées expliquent en partie l’explosion des ventes de ces dispositifs. Ces montres, bracelets, patchs, ou même ces textiles intelligents prétendent favoriser l’autogestion des maladies chroniques par les patients.

    Les espoirs sont multiples. Ces biocapteurs non-invasifs peuvent potentiellement améliorer l’état de santé des patients, mais aussi réduire les coûts, fournir des données abondantes pour la recherche, etc. Pourtant, les preuves scientifiques manquent encore pour affirmer que ces traqueurs d’activité et autres outils permettant un suivi à distance présentent un bénéfice réel.

    Moins de 1% des études inclus dans la méta-analyse

    Des chercheurs américains du Cedars-Sinaï hospital ont donc mené une méta-analyse sur le sujet. Ils ont identifié 4 348 études et n’en ont gardé que 27 au final, toutes publiées dans des revues à comité de lecture.

    En moyenne, ces essais portaient chacun sur une durée de presque 8 mois et incluaient 239 patients. Ils analysaient les bénéfices potentiels des biocapteurs portables dans différentes situations : les maladies cardiovasculaires ou pulmonaires, le surpoids et l’obésité, la douleur chronique, l’AVC, le Parkinson, mais aussi la pratique d’une activité physique dans le but de perdre du poids.

    Plusieurs types de biocapteurs portables ont fait l’objet d’une analyse :

    • des tensiomètres ;
    • des électrocardiogrammes ambulatoires ;
    • des enregistreurs d’événements cardiaques ;
    • des appareils à pression positive continue ;
    • des balances électroniques ;
    • des traqueurs d’activité physique ;
    • des accéléromètres ;
    • des spiromètres ;
    • des oxymètres de pouls.

    Dans les groupes contrôles de la majorité des études, les participants bénéficiaient d’une prise en charge classique avec de l’éducation thérapeutique.

    Par ailleurs, dans 22 études, le suivi à distance comprenait l’intervention d’un soignant qui analysait les données et modifiait si nécessaire la prise en charge.

    Des résultats décevants

    • Les patients en situation pathologique aiguë – notamment ceux souffrant de BPCO- témoignaient d’une meilleure auto-gestion de leur maladie, mais aucun impact positif n’a pu être mesuré. Des réductions de durée d’hospitalisation ont parfois été enregistrées mais elles n’étaient pas significatives.
    • Pour le suivi des maladies chroniques telles que l’hypertension, les études ne montrent pas non plus un réel bénéfice du suivi à distance. Seuls les patients de plus de 55 ans enregistraient une meilleure tension artérielle systolique que ceux du groupe contrôle. Cependant, les messages d’alerte reçus sur le smartphone aggravaient parfois les scores de dépression.
    • La télésurveillance des patients en rééducation suite à un AVC, une maladie de Parkinson ou une douleur au dos n’a pas fait la preuve de son efficacité. Le port d’accéléromètres à la cheville ne s’est pas traduit par une augmentation du temps de marche. En revanche, une amélioration de la vitesse de marche a été enregistrée chez des parkinsoniens.
    • Les traqueurs d’activité associés à des conseils personnalisés par SMS ou à des incitations financières ont eu un effet positif : un léger surcroît d’activité physique grâce à l’envoi de messages, une perte de poids au bout de 9 mois chez des patients obèses ou en surpoids, porteurs d’un biocapteur.
    • Globalement, aucune différence significative entre les patients suivis à distance et les patients appartenant au groupe contrôle n’a été enregistrée concernant l’IMC, le poids, le tour de taille, le pourcentage de graisse et la pression artérielle.

    Un éditorial optimiste

    Les résultats ne sont donc pas, pour le moment, à la hauteur des espérances. Néanmoins,  » les interventions basées sur des modèles de comportement de santé et le coaching personnalisé ont été les plus réussis », notent les auteurs de cette méta-analyse.

    Ils soulignent malgré tout que les études sont très hétérogènes et le nombre d’essais contrôlés randomisés reste encore très faible. Ces résultats très modestes n’empêchent pas le rédacteur en chef de Nature’s Digital Médicine, dans un éditorial, de faire le pari qu’un jour « on ne parlera plus de médecine numérique, parce qu’elle sera devenue de la médecine tout court ».

  • AI

    Artificial intelligencenull

  • HFPC

    National Health and Family Planning Commissionnull

  • UCLA

    University of California, Los Angelesnull

  • TDM

    Tomodensitométrie ou scannernull