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  • La société KaHa (Singapour) lance deux dispositifs bien-être basés sur l’IA et le machine learning

    Début janvier 2018, la société singapourienne KaHa a présenté via sa marque Cove plusieurs de ses nouveaux dispositifs portables, dont une plateforme numérique aidant les utilisateurs à mieux gérer leur stress et une application mobile leur permettant d’améliorer la qualité de leur sommeil.

    Les deux outils ont été conçus à partir de technologies basées sur l’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique (machine learning).

    Un système d’exploitation portable novateur

    KaHa a mis au point un système d’exploitation portable intelligent, utilisé pour des dispositifs technologiques dans différentes domaines, dont celui de la santé et du bien-être, du sport et du fitness mais aussi de la sécurité.

    La société a présenté toute une gamme de nouveau outils en ce début d’année. Deux d’entre eux, conçus sous la marque Cove, se démarquent dans le secteur de la health tech.

    Une plateforme pour gérer son stress

    La plateforme numérique élaborée par KaHa apprend les modes de vie et les bio-données de l’utilisateur, tels que son métabolisme, et enregistre une série de paramètres pouvant être suivis par le biais du dispositif portable intelligent.

    Grâce à des algorithmes d’apprentissage automatique et d’appariement profond (deep pattern matching), les informations recueillies sont jumelées à la fonction d’alerte de stress, aidant ainsi l’utilisateur à mieux connaître et gérer son niveau de bien-être, notamment en détectant les périodes de stress accru et en l’aidant à retrouver son sang-froid.

    Une application pour mieux dormir

    En analysant les groupes d’utilisateurs actuels de KaHa avec des algorithmes d’apprentissage en profondeur et d’appariement, l’intelligence artificielle créée par la start-up singapourienne est capable de fournir des données sur la qualité du sommeil de l’usager et lui proposer des suggestions pour l’améliorer.

    Par ailleurs, l’IA en question intègre un mécanisme d’apprentissage automatique pour mesurer l’efficacité des suggestions précédentes afin d’améliorer les suggestions futures.

  • Londres : les cliniques refusent les vérificateurs de symptômes de Babylon Health par crainte d’abus

    L’application élaborée par la société de e-santé anglaise Babylon Health, censée faciliter la vérification des symptômes à domicile pour les patients, ne sera pas adopté dans les cliniques londoniennes. La décision vient des Clinical Commissioning Groups (CCG) – soit des groupes de mise en oeuvre des pratiques cliniques – de Londres, qui craignent que les patients utilisent ce système à mauvais escient, c’est-à-dire pour obtenir plus rapidement des rendez-vous avec des médecins généralistes.

    La nouvelle a été rapportée fin novembre 2017 par le magazine spécialisé Health Service Journal (UK).

    Un test a démontré les failles de l’application conçue par Babylon Health

    Le conseil des clinical commissioning groups a tout d’abord montré un certain intérêt pour la solution conçue par Babylon Health, estimant qu’elle pourrait aider à réduire les files d’attente chez les médecins généralistes en diminuant le nombre de demandes de consultations.

    Les CCGs du nord-ouest de Londres ont travaillé avec des groupes de discussions pour voir si l’application était efficace. Un petit groupe de patients a testé le vérificateur de symptômes en septembre 2017.

    Le dispositif ne réduirait pas vraiment le nombre de demandes de consultations

    Le rôle très important accordé au patient par le biais de l’application a inquiété les experts. Ils ont constaté que les utilisateurs pourraient principalement utiliser le dispositif pour obtenir plus rapidement un rendez-vous avec un généraliste et non pour réellement vérifier leurs symptômes afin de savoir si une consultation s’avère nécessaire.

    Au final, les résultats ont montré que le service de Babylon était peu susceptible de réduire la demande de rendez-vous médicaux. Les CCGs ont donc décidé de ne pas financer le produit pilote, indiquent des notes rédigées par le conseil d’administration du Conseil de collaboration des CCGs du nord-ouest de Londres.

    À la recherche d’une solution alternative

    Des documents issus d’un dossier différent diffusés en novembre indiquent que dix-sept cabinets de médecins généralistes pionniers, le réseau Imperial College Health Partners et l’agence Health Education England (nord-ouest de Londres) réfléchissaient ensemble à la mise en place d’une alternative.

    Les patients veulent un service leur permettant d’obtenir plus rapidement une consultation

    « Nous avons constaté que les patients étaient généralement plus intéressés à utiliser l’application pour accélérer l’obtention d’une consultation avec un médecin généraliste plutôt que pour vérifier leurs symptômes », ont déclaré au Health Service Journal l’Imperial College Health Partners, la division du nord-ouest de Londres de l’agence Health Education England et Babylon Health dans un commentaire commun.

    « En novembre 2017, les omnipraticiens [ont été] invités à donner leur avis sur les prochaines étapes [à mettre en place] et sur la façon dont nous pourrions façonner l’accès numérique à la médecine générale », précise la note officielle.

  • « Financer ses projets innovants en santé », le 14 février 2018, à Paris

    Face à l’ensemble des dispositifs de soutien à l’innovation accessibles aux acteurs de la santé, Medicen Paris Région, Bpifrance et l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) proposent de dresser un panorama de ces aides. Les présentations seront accompagnées d’exemples concrets et expliqueront comment utiliser ces dispositifs.

    Programme :

    • 9h : Accueil café
    • 9h30 : Introduction sur l’accompagnement Medicen vers les différents types de financements – Karine Valeille
    • 9h45 : Présentation ANR – Matthieu Levi-Strauss
    • 10h15 : Présentation Bpifrance – Rosalie Maurisse et Aicha Douhou

    Pause café

    • 11h15 : Présentation DGOS
    • 11h45 : Présentation EIT Health – Anaïs Delicourt
    • 12h15 : Présentation AP-HP, Accompagnement des projets de recherche collaborative et de recherche clinique à l’AP-HP – Elisabeth Guillaume

    Participation gratuite, sur inscription via ce lien 

  • Handicap : Lancement du Challenge Santé et Autonomie de la Fondation Hopale dans les Hauts-de-France

    La Fondation Hopale, acteur de la prise en charge du handicap basé dans les Hauts-de-France, a lancé le 25 janvier 2018 un appel à l’innovation, le « Challenge Santé & Autonomie » où tous les acteurs du territoire sont appelés à participer, de la start-up, aux citoyens en passant notamment par les étudiants.

    L’objectif de ce challenge est de faire naître de nouveaux projets pour envisager la santé de demain autour des thématiques suivantes :
    • La mobilité ;
    • Les usages du numérique en rééducation ;
    • Le développement de nouveaux services et modes de prises en charge ;
    • La coordination du parcours patient ;
    • Le re-design de la relation patient et aidant ;
    • Le retour et le maintien dans l’emploi.

    Le challenge est ouvert jusqu’au 28 février 2018 sur la plateforme dédiée (lien ci-contre).

    Les candidats retenus par le jury participeront au Hackathon les 17 et 18 mars 2018 à Berck-sur-Mer.

    Pourquoi un Hackathon Santé & Autonomie ?

    Grâce à son laboratoire d’innovation ouverte et sa politique qualité, la Fondation Hopale souhaite innover dans son offre de services, la qualité de prise en charge, ses produits et équipements, ses processus cliniques, sa culture et son management.

    Depuis 2 ans, la Fondation Hopale accélère le déploiement de nouvelles solutions en santé et autonomie avec son écosystème de partenaires pour améliorer la qualité de vie des patients pendant et au-delà de leur hospitalisation.

    Le format dynamique du Hackathon, auquel participeront les candidats retenus, permettra d’une part, de connecter les énergies, de solliciter l’intelligence collective pour partager les idées innovantes, de faciliter la mise en œuvre rapide des projets et d’autre part, de créer l’opportunité d’un tremplin pour les start-ups et autres candidats.

    Une initiative largement soutenue par les Hauts-de-France

    L’évènement intègre une forte dimension régionale grâce à des partenariats noués avec de nombreux acteurs régionaux – notamment les pôles de compétitivité et d’excellence – et mobilisera un large panel d’écoles et universités des Hauts de France.

    Ce hackathon, financé à 80 % par la région via le dispositif INS’pir et le programme Leader, dispose d’un fort potentiel d’innovations médicales, sociales, territoriales, d’efficacité de développement économique, et de création d’emplois.

    Un challenge ouvert aux starts-ups mais pas seulement

    Le Hackathon Santé et Autonomie est un concours à destination des professionnels de santé, start-ups, particuliers, étudiants, freelances, designers, usagers, informaticiens, ingénieurs…

    A l’issue du challenge, les organisateurs analyseront les candidatures du 1er au 9 mars 2018 pour retenir les 8 candidatures dans la catégorie « start-ups » et les 12 équipes de la catégorie « Candidats libres » qui participeront au hackathon.

    Celui-ci se tiendra à Berck-sur-mer durant 2 jours, pendant lesquels les candidats seront accompagnés et soutenus par l’équipe projet, des experts de la Fondation Hopale et des partenaires afin de développer, finaliser ou adapter leur idée ou solution.

    Les trois projets vainqueurs issus de la catégorie « Candidats libres » se verront remettre des prix sous forme de cadeaux d’une valeur totale de 7 000 €.

    Les 3 lauréats de la catégorie « Start-ups » auront l’opportunité d’accéder aux incubateurs et accélérateurs régionaux (Plaines image, CITC, Eurasanté, Uptex, ClubsterSanté) afin de concrétiser leurs projets et de réussir leur implantation dans le secteur de la santé.

  • Réviser le modèle des CHU pour y encourager la recherche et la formation (Cour des comptes)

    Le 18 janvier 2018, la Cour des Comptes rendait public une enquête finalisée en décembre 2017 consacrée au « rôle des CHU dans l’enseignement supérieur et la recherche médicale », réalisée à la demande de la Commission des affaires sociales du Sénat. 

    Ce rapport constitue le premier volet d’une série de deux études, la première visant à « analyser les conditions dans lesquelles les CHU accomplissent leurs missions d’enseignement supérieur et de recherche médicale au regard des objectifs des politiques publiques correspondantes et des financements qui leur sont attribués ». Le second volet, dont la date de publication est fixée en novembre 2018, examinera « dans quelle mesure les CHU contribuent, dans le contexte de la mise en place des (…) GHT, à une gradation optimale de l’offre de soins au plan territoriale ».

    Institués par une ordonnance du 30 décembre 1958, les centres hospitaliers universitaires (CHU) sont des établissements de santé liés par convention avec une université et investis d’une triple mission de soins, de formation et de recherche scientifique. On dénombre 30 CHU en France, dotés cumulativement de 70 603 lits et accueillant 5,6 millions de séjours et consultations médicales.

    Si l’organisation hospitalo-universitaire « a atteint ses objectifs de soins de haut niveau, de développement de la recherche et de professionnalisation de la formation des médecins », selon la Cour des Comptes, un examen approfondi de cette organisation « montre un essoufflement du modèle » en matière de recherche et de formation, « dans un contexte en forte évolution ». 

    « Un modèle en voie d’essoufflement »

    Un exercice inégal des trois missions dévolues au CHU aux dépends de la recherche et de l’enseignement

    La Cour des Comptes constate que la mission de soins l’emporte sur la recherche et l’enseignement. Ce déséquilibre est imputable à plusieurs facteurs : une coordination imparfaite entre les CHU et leurs universités de rattachement, des liens ténus entre partenaires institutionnels (CHU, universités, INSERM, CNRS, groupement inter-régionaux de recherche clinique et d’innovation), des publications scientifiques en nombre croissant mais néanmoins insuffisant, l’absence de poste hospitalo-universitaires titulaires, notamment MCU-PH dans de nombreuses universités de région. Le paysage hospitalier français est marqué par de fortes « disparités » entre CHU. L’AP-HP ou les Hospices Civils de Lyon ne sont par exemple pas affectés par ce défaut de coordination ou cette érosion du nombre de publications scientifiques.

    Un mode de financement de la recherche encore « imparfait »

    Pour exercer leur mission de recherche, les CHU sont essentiellement financés par les crédits MERRI provenant de l’assurance maladie (d’un montant total de recettes MERRI de 3,5 Md d’euros en 2016). Ce mode de financement des activités de recherche est toutefois ouvert à toutes les catégories d’établissement et s’avère désormais « fortement concurrentiel ». D’après la Cour, il présente de nombreux inconvénients : il « entraîne une dispersion des crédits et une érosion régulière du financement des CHU ». Les effets de mise en place d’un nouveau mode de financement de la recherche biomédicale à travers les instituts hospitalo-universitaires (IHU), qui vise à pallier les insuffisances du modèle, s’avèrent insuffisants. La Cour relève en effet que « les six IHU créés depuis 2010 représentent des outils intéressants de dynamisation de la recherche biomédicale (…) mais la création de structures juridiques autonomes a induit une complexité de gouvernance ».

    Les coûts de l’intégration des innovations technologiques à la formation des futurs médecins

    La Cour constate que la mise en place de nouvelles pratiques pédagogiques fondées sur le numérique et la simulation s’est avérée nécessaire mais « coûteuse ». Les nouveaux outils de la pédagogie médicale (dispositifs de simulation, par exemple) représentent des investissements coûteux.

    « Le coût des nouveaux outils d’enseignement, en investissement et en fonctionnement, incite les acteurs de la formation pratique à rechercher des mutualisations (..). Une organisation fondée sur la complémentarité des sites est nécessaire et devrait être vivement encouragée sur une base inter-régionale (…) ».

    Cette mutualisation peut prendre la forme d’un usage partagé en CHU ou de financements communs.

    Recommandations formulées par la Cour des Comptes pour revitaliser le modèle des CHU

    Orientation n° 1 en matière de recherche 

    La Cour des Comptes préconise prioritairement de « concentrer les moyens sur des pôles de recherche à visibilité internationale« .  Il s’agirait, dans le domaine de la recherche biomédicale, de favoriser l’émergence de cinq à dix CHU d’envergure internationale en leur confiant une responsabilité de tête de réseau sans pour autant leur donner le monopole de l’activité de recherche. Cela suppose notamment : 

    • d’accroître la part des recettes MERRI réservée au financement des appels à projets et des structures de recherche ;
    • modifier les modalités d’affectation des recettes MERRI selon des critères redéfinis par la Cour ;
    • déterminer un mode de calcul des surcoûts de recherche et d’enseignement commun à tous les établissements de santé sur la base du temps médical ou de critères prédéfinis.

    Orientation n° 2 en matière de gouvernance nationale

    La Cour recommande d‘améliorer le pilotage national des activités hospitalo-universitaires en mobilisant les leviers suivants : 

    • présenter l’ensemble des crédits budgétaires et extrabudgétaires, des dépenses fiscales et des emplois affectés à la recherche biomédicale et à la formation initiale des médecins dans une annexe commune à la LF et à la LFSS ;
    • redéfinir et inscrire les priorités stratégiques de la recherche biomédicale dans un plan de programmation de la recherche en santé sous l’égide de l’alliance AVIESAN ;
    • rénover le Programme hospitalier de recherche clinique (PHRC) en plaçant l’appel à projets inter-régional (jeunes chercheurs) dans le PHRC national, en confiant à l’ANR la gestion des appels à projet, en demandant au Haut Conseil de la recherche et de l’enseignement supérieur (HCRES) de l’évaluer périodiquement.
    • organiser les parcours de formation à partir des CHU vers la médecine de ville ;
    • renforcer l’évaluation des formations médicales, en y incluant les formations pratiques et des internes.

    Orientation n° 3 : Renforcer la coordination stratégique des acteurs au niveau régional et local

    • définir au niveau régional un cadre de coordination des actions de recherche associé CHU, universités, organismes nationaux de recherche, etc. et renforcer leur coordination ;
    • déterminer des objectifs relatifs à la formation et à la recherche à travers les contrats de pôle hospitalo-universitaire.

    Orientation n°4 : Mettre en place un suivi de l’activité des personnels hospitalo-universitaires

    • définir leurs obligations de service dans un cadre contractuel ;
    • les évaluer périodiquement sur toutes leurs missions, y compris managériales.
  • Big data : la start-up Saagie lève 5 millions d’euros pour se développer à l’international

    Saagie, start-up rouennaise spécialisée dans le big data (analyse de données à large échelle) et l’IA, a annoncé avoir bouclé une levée de fonds le 25 janvier 2018.

    5 millions d’euros ont été levé, principalement apportés par C.Entrepreneurs (fonds de capital-risque de BNP Paribas Cardif géré par Cathay Innovation) et la Caisse d’Épargne.

    La levée de fonds doit permettre à la start-up de développer les services proposés et accélérer son développement à l’international et notamment aux États-Unis. Une deuxième levée de fonds est annoncée courant 2018, mais le montant de celle-ci n’est pas connu.

    Elle développe des applications dans différents domaines dont la santé.

    3 ans d’existence et 9,2 millions levés

    La start-up a été créé en 2013 sous le nom de Creative Data. Accélérée par Bpifrance, ce sont d’abord les CapHorn Invest, BNP Paribas Développement et Matmut, aux côté des business angels à l’instar d’Eric Boustouller et Bertrand Cariou, qui ont investi et soutenue la levée de fonds opérée par la start-up fin 2016.

    Saagie dispose d’une équipe de 60 employés met en place des solutions personnalisées aux entreprises issues de différents secteurs.

    Solution reposant sur le deep learning ou apprentissage profond

    Saagie propose aux entreprises d’externaliser leur analyse de données. Elle se charge de les collecter et de les analyser grâce à un traitement par algorithmes avant de restituer les résultats aux clients.

    Le processus se déroule sur une plateforme big data Saagie disponible sur le cloud ou sur les serveurs des clients. Elle utilise également des applications métiers spécifiques rendant l’analyse personnalisée.

    Saagie collabore déjà avec des clients du secteur de la bancassurance en proposant notamment de la « customer intelligence » contribuant à la création d’offres adaptées à chaque client. À noter qu’en juin 2017, Saagie a remporté le hackathon organisé par une filiale de BNP Paribas, Bank of the West, sur la thématique de l’ouverture d’un compte et du parcours client.

    Saagie propose des services de smart city également avec ses prestations d’analyse automatique en temps réel et de classement d’images – elle collabore avec la Mairie de Paris sur un projet de maintenance prédictive de l’éclairage public afin de prédire la probabilité de panne d’un composant électrique à une date donnée.

    La start-up a également des projets dans le secteur de la défense, mais propose aussi de l’analyse automatique dans le secteur de la santé par le biais de l’analyse d’images de scanner.

    Ambitions

    Saagie, avec à sa tête, Arnaud Muller, PDG-fondateur, a quatre axes de développement :

    • agrandir l’équipe en doublant les effectifs actuels d’ici fin 2018 ;
    • renforcer son offre : le directeur général de Saagie, Jérôme Trédan, ancien directeur des ventes du marketing PME de Microsoft France souhaite intégrer la solution cloud de l’offre de Saagie disponible sur un cloud souverain de la start-up aux plateformes cloud d’Amazon, d’Azure et de Google ;
    • accélérer son développement à l’international : la start-up dispose déjà d’un bureau San Francisco et vise une implantation à New-York ainsi que la création de deux filiales en Europe dont une au Royaume Uni ;
    • une troisième levée de fonds est prévue courant 2018.

  • Le CNNum sera relancé fin février 2018 selon le secrétaire d’État chargé du numérique

    Le Conseil national du numérique (CNNum) serait une priorité pour Mounir Mahjoubi, le secrétaire d’État chargé du numérique, selon des paroles rapportées par le Journal du Dimanche dans le cadre d’une interview du 28 janvier 2018.

    Le secrétaire d’État chargé du numérique se donnerait un mois pour constituer une nouvelle équipe qui sera composée de représentants des quartiers populaires, de la ruralité et d’experts du numérique. Les membres devraient être de toutes origines et indépendants.

    La nouvelle équipe devrait être annoncée fin février 2018.

  • Les « Chiffres clés de l’offre de soins » (DGOS) montrent la progression du recours à la télémédecine

    La Direction générale de l’offre de soins (DGOS) a publié, mardi 23 janvier 2018, l’édition 2018 des « Chiffres clés de l’offre de soins en France », des professionnels de santé, de ses composantes hospitalières et ambulatoires, de son financement et de sa modernisation. 

    Ce panorama comporte plusieurs axes consacrés au secteur hospitalier, à l’activité hospitalière, au secteur de ville, aux professionnels de santé, au financement des établissements de santé, à l’accès aux soins, à la modernisation du système de santé, et aux innovations médicales. Il montre notamment la progression du recours à la télémédecine et aux outils digitaux dans le secteur sanitaire.

    L’innovation technologique et la modernisation du système de santé

    Un recours croissant à la télémédecine 

    Selon l’étude, 2,5 millions de patients ont été pris en charge en télémédecine en 2017. A cela s’ajoutent 195 projets de télémédecine financés par les Agences régionales de santé, dont 80% impliquent au moins un établissement de santé et 42% la médecine de ville. 

    S’agissant de la recherche, la somme de 1,6 milliard d’euros a été allouée au financement des activités de recherche, d’enseignement et d’innovation répartie sur 117 établissements de santé en 2017. On dénombre par ailleurs 228 structures d’appui à la recherche dans plus de 75 établissements. 

    Enfin, 319 projets ont été sélectionnés dans le cadre du programme hospitalier de recherche clinique et 4 autres programmes PRT, PRME, PREPS, PHRIP, pour un montant total de 135 millions d’euros.

    La transformation numérique de l’offre de soins

    En ce qui concerne l’équipement numérique des hôpitaux, 41% des établissements de santé ont des prescriptions informatisées de médicaments, de biologie, d’imagerie et d’actes infirmiers tandis que 90% des établissements hospitaliers utilisent un dossier patient électronique.

    On recense enfin 5 projets pilotes pour le programme Territoires de Soins Numériques (TSN) représentant 80 millions d’euros entre 2014 et 2017.

    Recomposition du paysage sanitaire français

    Un paysage hospitalier marqué par le déploiement des GHT

    On dénombre aujourd’hui 3 089 établissements hospitaliers en France, dont 1 389 établissements publics, (soit 45% de l’offre hospitalière), 1 009 hôpitaux privés à but lucratif (33%) et 691 établissement privés d’intérêt collectif ou ESPIC (22%), totalisant 408 245 lits dont 253 364 dans le secteur public.

    La DGOS recense 135 groupements hospitaliers de territoires (GHT) regroupant en leur sein 891 établissements de santé et 684 groupements de coopération sanitaire (GCS). 

    Montée en puissance de la chirurgie en ambulatoire

    La prise en charge des patients en ambulatoire poursuit sa progression depuis 2014 où 50% des patients admis en vue d’une chirurgie quittaient l’hôpital moins de 12 heures après leur admission. Les taux de recours en chirurgie ambulatoire s’établissent à 52% en 2015 et 54% en 2016.

    Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la Santé, a fixé à 70% le nouvel objectif de taux de recours en chirurgie ambulatoire pour 2022.

    Garantir l’accès aux soins sur l’ensemble du territoire

    Montée en charge des structures assurant la coordination entre secteurs de soins

    Aujourd’hui, rappelle la DGOS, « la prise en charge passe par la détermination de parcours de soins associant étroitement les trois secteurs, hospitalier, de ville et médico-social ». Des structures spécifiques ont vu le jour au cours des dernières années pour assurer leur coordination.

    En 2017, on dénombre ainsi 910 maisons pluridisciplinaires de santé, 1 933 centres de santé dont 350 pluri-professionnels, 565 réseaux de santé (en 2015), 30 plateformes territoriales d’appuis et 65 communautés professionnelles territoriales de santé. La France compte 223 571 médecins en 2017, toute spécialité confondue.

    Déploiement des dispositifs de lutte contre les déserts médicaux 

    Depuis la création du dispositif de lutte contre les déserts médicaux en 2013, les jeunes médecins ont signé 2281 contrats d’engagement de service public (CESP), soit près de 500 médecins de plus qu’en 2016.

    Par ailleurs, près de 800 contrats de praticiens territoriaux de médecine générale (PTMG) ont été signés. Ce dispositif vise à apporter une garantie de revenus pendant deux ans à de jeunes médecins généralistes, en cas d’installation dans une zone dite « fragile » en offre médicale (soit 6 900 euros bruts par mois).

  • Etude : les rappels téléphoniques automatisés améliorent le taux de vaccination (Cochrane)

    Rappeler aux personnes qu’elles doivent se faire vacciner a prouvé son efficacité. Une revue Cochrane résumant les résultats de 75 études, publiée le 18 janvier 2018, a permis d’établir le fait que des rappels par téléphone, SMS ou même par cartes postales augmente le taux d’immunisation. Les auteurs de ces travaux estiment que nous disposons aujourd’hui des outils technologiques pour intégrer des rappels automatisés dans les soins primaires.

    La technologie au service de la vaccination

    Le passage de 3 à 11 vaccins au 1er janvier 2018 vise évidemment à augmenter le taux d’immunisation de la population française. Bien que ce taux, et notamment celui des enfants, s’améliore, la sous-vaccination est toujours responsable de décès et de maladies évitables. En Europe, 11 316 cas de rougeole ont été rapportés pendant l’année 2012 et on estime que 4 à 50 millions de cas de grippe symptomatiques surviennent chaque année.

    Largement débattu, le renforcement de l’obligation vaccinale instauré en France ne pourra de toute façon porter ses fruits que si les parents n’oublient pas les six rendez-vous chez le médecin. Or, la non vaccination n’est pas due majoritairement à un refus idéologique. Les oublis de rendez-vous et la méconnaissance du calendrier vaccinal sont aussi pointés du doigt.

    75 études passées au crible

    De nombreuses stratégies ont été mises en œuvre pour augmenter les vaccinations. L’une d’elles consiste à rappeler aux patients qu’ils doivent se faire vacciner. Afin d’évaluer son efficacité, des chercheurs américains de la revue indépendante Cochrane ont actualisé une revue systématique* sur le sujet. Ils ont synthétisé pas moins de 75 études menées dans 10 pays, portant sur 138 625 enfants, adolescents mais aussi adultes. Ces stratégies de rappel portaient sur différentes vaccinations selon les études : ROR, polio, grippe, tétanos, hépatite B…

    Les stratégies étudiées pour rappeler à chacun ses échéances vaccinales (obligatoires ou pas) étaient variées :

    • appels téléphoniques ;
    • appels par boite vocale ;
    • SMS ;
    • lettres et cartes postales.

    Résultats

    • 8% de personnes en plus se sont fait vacciner grâce aux rappels ;
    • tous les moyens de rappel ont fait grimper le taux d’immunisation ;
    • le rappel par téléphone était légèrement plus efficace mais il est aussi plus onéreux.

    Le SMS automatisé, efficace et peu coûteux

    Pour l’auteur principale de cette revue systématique, Julie Jacobson Vann de l’école de soins infirmiers de Chapel Hill (Université de Caroline du Nord), « tous les types de rappels et d’avis aux patients ont des chances d’être efficaces. Même modeste, les rappels pourraient avoir un effet très bénéfique sur la santé publique à l’échelle d’une population entière. »

    Afin de minimiser les coûts de tels programmes et de toucher le plus grand nombre de personnes possible, cette dernière estime qu’il faut jouer la carte des nouvelles technologies. « Nous disposons de la technologie pour intégrer les rappels aux patients dans les soins primaires de routine. Suivant l’évolution des technologies, nous devons déterminer comment améliorer les interventions de rappel. Par exemple, nous devons en savoir davantage à propos des caractéristiques qui déterminent les interventions centralisées et par SMS les plus efficaces. »

  • « Il faut utiliser les nouvelles technologies pour remodeler l’offre de soins » (Alexis Normand)

    Alexis Normand est directeur du développement des objets connectés pour la santé pour la branche santé digitale de Nokia. Auparavant, il occupait des fonctions dans le conseil en politique publique sur des réformes de santé. Son livre La révolution de la e-santé (Ed. Eyrolles, 2017) propose un panorama de la révolution numérique en santé et s’attache  à en analyser les implications sociétales, économiques, politiques et éthiques.

    S’il admet que la santé numérique peut être utilisée pour le meilleur (éradiquer les maux dont souffrent les plus démunis) comme pour le pire (au profit d’idéologies totalitaires), l’auteur appelle à une éthique de la modération, une voie médiane à définir dans l’action.

    Ce livre est « un appel à l’aventure scientifique, à l’expérimentation audacieuse des possibilités ouvertes par l’innovation, écrit-il. C’est une ode à la transformation. Nous ne domestiquerons les monstres technologiques qu’en avançant avec vigilance. Le débat public est l’instrument nécessaire de cette vigilance, à condition de permettre cette exploration collective. »

    Enfin, l’une des craintes d’Alexis Normand est de voir la France, pionnière des nouvelles technologies, rater sa révolution sanitaire par conservatisme ou excès de prudence.

    Pour en savoir plus sur cet ouvrage et sur les idées d’Alexis Normand, H&Ti est allé à sa rencontre.

    Vous travaillez dans le secteur des objets connectés. Pourquoi avoir eu envie d’écrire ce livre  ?

    C’est en voulant écrire un livre sur l’impact sociétal du vieillissement que je me suis intéressé aux technologies qui allaient permettre de vivre plus longtemps. C’est comme ça que j’ai rencontré les fondateurs de Withings (devenue Nokia Health). Ils m’ont offert la possibilité de sortir de la théorie et de travailler effectivement à l’intégration des objets connectés dans le système de santé, pour permettre d’être prévenu à l’avance d’un éventuel événement de santé. En interagissant avec les professionnels de santé et les régulateurs, j’ai été frappé du poids des débats éthiques, et de la nécessité d’expliquer le cadre pour permettre une réelle adoption. Ce livre a été écrit pour tenter de sortir des postures caricaturales et donner les clés du débat au grand public comme aux acteurs du système de santé. En apportant un éclairage sur les nouveaux modèles de e-santé de chaque côté de l’Atlantique, j’ai voulu contribuer à une prise de conscience. Je l’ai écrit, enfin, par crainte de voir la France, pionnière des nouvelles technologies, rater sa révolution sanitaire par conservatisme ou excès de prudence.

    Le sous-titre est « Prévenir plutôt que guérir ». Vous pensez que le grand public n’est pas encore assez préparé à ce changement de paradigme ? Mal préparés, à quoi s’expose-t-on ?

    Le public est plus que prêt, et la reprise d’une expression familière illustre au contraire l’acceptation très large du principe de la prévention. En revanche, la médecine et le système de santé, eux, ne sont pas prêts à basculer rapidement d’un modèle « à retardement », où l’on vous traite toujours au moment d’une crise, où l’on finance en fonction de la quantité d’actes, à un modèle de détection précoce et de financement sur résultats. D’une certaine manière, les technologies sont en avance sur les modèles de financement, qui peuvent être complexes à mettre en oeuvre à l’échelle d’un pays. Mais le coût des technologies, jusqu’ici, empêchait une adoption large. Or, l’ubiquité des smartphones et la baisse du prix des capteurs permets d’envisager un déploiement plus large, car le coût d’implémentation devient plus faible que les bénéfices médico-économique attendus pour certaines pathologies. Le régulateur français l’a compris, par exemple avec la généralisation d’une expérimentation visant à financer le suivi à distance, avec des balances connectées, de patients souffrant d’insuffisance cardiaque. 

    Si on ne se prépare pas, le risque est double. C’est une perte de chance pour des patients qui auraient pu être traités plus vite avec moins de conséquences irréparables. C’est aussi un risque industriel, si la France n’avance pas plus vite et laisse d’autres pays développer ces nouvelles technologies et mûrir des modèles sur leurs marchés nationaux pour ensuite nous les imposer.

    Il y a un enjeu de souveraineté à contrôler une technologie critique pour la santé d’une population, qui plus est, productrice de données sensibles.

    Certaines phrases de votre livre sont terrifiantes : « Si la e-santé laisse espérer l’avènement d’une nouvelle ère de la prévention, elle nous menace aussi de servitude face aux maîtres de la donnée numérique ». Faut-il avoir peur ?

    La peur n’est utile que si elle pousse à agir dans le bon sens. Il ne faut pas avoir peur, car la France et l’Europe se sont dotés d’un cadre juridique très protecteur sur les données personnelles, et particulièrement pour la santé. Le RGPD, qui entre en vigueur en mai 2018, impose de nouvelles obligations aux plateformes.

    J’ai plus peur de la marginalisation économique de l’Europe, qui serait empêchée d’innover, que de l’abus des plateformes. Les principes de protection des données doivent être clairs et fermes, mais le régulateur doit se montrer pragmatique pour permettre à des champions d’émerger sans incertitude juridique. A trop vouloir se protéger des GAFA, on risque d’handicaper le tissu numérique européen.

    Pourquoi changer de modèle ? L’actuel, et notamment le modèle Français, ne convient-il/ ne suffit-il pas ?

    La perception générale selon laquelle les Français jouissent d’un des meilleurs systèmes de santé au monde rend aveugle à ses insuffisances en matière de prévention. Certes, l’espérance de vie est parmi les plus élevées du monde, à 82,3 ans contre une moyenne de 80,5 ans pour l’OCDE. Le satisfecit est trompeur, car l’espérance de vie en bonne santé « sans incapacité » stagne en France à un niveau médiocre depuis 2010, à 63,5 ans pour les femmes et à 61,9 ans pour les hommes. C’est un écart de presque dix ans avec la Suède ! L’accès relativement égalitaire aux soins n’excuse pas le fait qu’on vive en France presque 20 ans avec une incapacité importante.

    Vivre plus longtemps mais malade finit  par avoir un coût, qu’il faut contenir sans sacrifier la qualité des soins. Le régime des ALD représente 60% des dépenses de l’Assurance Maladie. Il s’étend plus rapidement que la prévalence des maladies chroniques qu’il est censé rembourser. On peut s’attaquer au problème de façon comptable. On peut aussi utiliser les nouvelles technologies pour remodeler l’offre de soins. Cela impliquera de faire du médecin le pilote du parcours de soins, en acceptant le transfert des tâches vers d’autres acteurs : assistants médicaux, infirmiers et pharmaciens, et patient.

    Vous écrivez que la plupart des adeptes de la santé connectée sont aujourd’hui des personnes en bonne santé, avec des usages sportifs et récréatifs qui prédominent. Quand pensez-vous que les « seniors malades » se les accapareront ?

    Les seniors s’accaparent déjà ces technologies, mais comme ils en sont plus éloignés, il est nécessaire d’avoir un encouragement, voire une prescription médicale pour faciliter l’adoption. Pour réduire les inégalités de santé, qui sont bien sûr générationnelles, il est également nécessaire d’envisager une prise en charge par la collectivités des solutions qui ont fait leur preuve.

    La santé connectée vise à faire gagner du temps, réduire les erreurs ou les oublis de dosages, et éviter une visite ou un déplacement qui n’est pas pratique, l’adoption sera là.

    Selon vous, en plus des objets permettant le suivi du diabète, de la tension artérielle ou de la fréquence cardiaque, il est  possible désormais de diagnostiquer une otite ou un début de glaucome ! Du coup, estimez-vous que l’on entre dans une ère d’extinction programmée de la médecine et des médecins ?

    Il ne peut pas y avoir d’extinction du médecin, car on ne soigne pas seulement une maladie d’un point de vue mécaniste, comme un moteur cassé, mais surtout la personne qui souffre. Ce qui est vrai, en revanche, c’est qu’avec Internet, les smartphones et les objets connectés, les professionnels perdent leur monopole sur l’information de santé. Les plateformes libèrent des coûts transactionnels, l’information imparfaite et la distance géographique, grâce à leur maîtrise des bases de données, des moteurs de recherche et leur connaissance des usagers. Elles facilitent les prises en charge distance, notamment pour le suivi des maladies chroniques dont les traitements sont standardisés. Elles permettent une délégation de tâches du médecin vers d’autres acteurs ; pharmaciens, paramédicaux… Le patient est promu expert de sa santé. Mais le médecins va garder son rôle d’expert, d’ingénieurs, et de thérapeute.

    La e-santé telle qu’elle se préfigure, s’agit-il réellement de médecine ?

    Pas forcément. C’est beaucoup plus large, car de nouveaux territoires s’ouvrent hors de la médecine. Le numérique offre la possibilité de déployer à faible coût des plateformes numériques de dépistage, qui agissent comme tiers de confiance, et permettent aux usagers d’identifier leurs risques. Elles récompensent les bonnes pratiques, notamment en intégrant les données d’objets connectés, vecteur d’engagement effectif. Ces plateformes ouvrent de nouveaux territoires de santé, notamment dans les entreprises, amenées à faire de la prévention et de la santé publique. C’est le marché du corporate wellness, déjà mature aux Etats-Unis, où les entreprises investissent pour réduire les coûts de santé avec des retours sur investissement à court terme (absentéisme, productivité…).

    Vous consacrez un chapitre à des comparaisons entre ce qui se passe en Europe et aux États-Unis en matière de e-santé, de partage des données, etc. Pouvez-vous synthétiser votre pensée ?

    Les Etats-Unis et l’Europe ont une conception très différente du statut de la donnée de santé. Pour les Américains, toute personne est libre de disposer de ses données, et peut entrer dans une relation contractuelle avec une institution (un organisme de santé, un assureur) qui disposera comme il veut de ces données pourvu que le contrat est respecté. A l’inverse, l’Europe impose des limites au consentement en raison de principes d’ordre public. L’arsenal juridique européen – et c’est particulièrement le cas en droit Français – tend à considérer que l’individu n’est pas suffisamment autonome pour disposer librement de ses données, parce qu’il ne connaît pas parfaitement son intérêt. C’est la conception défendue par la CNIL, qui s’estime en droit d’interdire à quelqu’un l’usage de ses propres données. Elle prend cette décision en restreignant la portée de certains services, qui traiteraient des données que leurs utilisateurs accepteraient pourtant de partager. La CNIL, avant d’autoriser un tel service, va examiner si l’usage des données n’est pas superfétatoire au regard de ce qui est nécessaire pour assurer la finalité du service. La différence de sensibilité entre les Etats-Unis et l’Europe se mue en affrontement économique. D’un côté, le Vieux Continent s’avère incapable de faire croître des champions numériques. Faute de savoir monétiser les données à la source, nos gouvernants imposent des règles légitimes, très protectrices, mais qui représentent également une sorte de «  taxe » sur le numérique ciblant en priorité les GAFA. Les Etats-Unis, eux, s’avèrent incapables d’éviter les abus de confiance.

    Pouvez-vous nous parler de Google X/Verily qui ambitionne de « révolutionner la médecine » ? Il semble que son objectif est de mettre au point des logiciels ou des IA qui dicteraient les prescriptions ? C’est-à-dire ?

    Dans la santé, Google X a lancé en 2015 le « Baseline Project », qu’on pourrait traduire littéralement par « projet de référence ». Cette entreprise, lancé en partenariat avec l’Université de Duke et l’Université dite de la Singularité, vise à numériser entièrement le corps d’individus sains, afin que des supercalculateurs puissent modéliser le vivant dans son fonctionnement « normal ». Cette modélisation de la bonne santé elle-même, qui se veut aussi exhaustive que possible doit servir à une meilleure compréhension de la maladie, en vue d’améliorer la portée des traitements par un retour à l’équilibre. C’est l’alliance du Big Data, c’est-à-dire la capacité à traiter des méga-données en laissant les machines elles-mêmes formuler des hypothèses, et de la médecine intégrative, qui consiste à adopter une approche globale de la maladie, par opposition ciblé sur un organe ou une pathologie. Porté par des penseurs transhumanistes comme Ray Kurzweil, qui dirige cette branche de la R&D de Google, l’ambition du projet est immense ; percer les secrets de la maladie et œuvrer à l’immortalité du corps, augmenter l’humain pour maximiser son potentiel.

    L’un de vos chapitres s’intitule « Réinventer l’hôpital numérique ». A quoi faites-vous allusion ?

    Les outils digitaux peuvent aider les hôpitaux à repousser le traitement d’urgences hors les murs, pour mieux répondre aux attentes, trier et optimiser les soins. Cette évolution vers plus de suivi à distance, de soins à domicile et de chirurgie ambulatoire pourrait s’opérer en deux phases à partir de la situation actuelle, qui est celle d’une hypercentralisation : toutes les tâches médicales sont concentrées au sein d’une structure, du traitement d’urgence, jusqu’aux diagnostics et prises en charge les plus spécialisées par départements. Dans une première phase de transformation, un principe de subsidiarité doit conduire l’hôpital à coordonner un ensemble de services décentralisés et spécialisés, notamment sur la prise en charge préventive des maladies chroniques et des soins aux personnes âgées. La spécialisation fera croître la productivité et l’efficacité médicale. Enfin une phase d’extensions des soins à domicile et d’ambulatoire, transformerait l’hôpital en hub de coordination, gardant en son sein les interventions d’urgence, en fonction de la remontée des données, et la médecine interne pour les interventions spécialisées, et la recherche.

    Dans cette vision, la veille sanitaire et la coordination du parcours de soins seraient assurées en grande partie par l’hôpital, qui devra créer en son sein des cellules de veille numérique peuplée de biostatisticiens. A mesure que le suivi des patients se digitalise, une nouvelle catégorie de professionnels de santé va monter en puissance, voire une nouvelle spécialité médicale, celle des scientifiques de la donnée, « data scientists » ou biostatisticiens, capables d’identifier dans les grandes séries longitudinales, non seulement les facteurs de risques, mais aussi les cibles prioritaires d’interventions préventives.

    Vous écrivez, enfin, que le Big data ouvre de nouveaux champs à l’épidémiologie. En quoi ?

    La digitalisation a crée d’immenses bases de donnée en santé. La France a des atouts considérables dans ce domaine  ; 90% des données de santé y sont numérisées par l’Assurance Maladie au sein du Sniiram. L’analyse de ces données permettrait de mesurer concrètement la réalité des soins sur le territoire, et avec elle, les disparités de santé, les usages et les corrélations entre morbidités, associés ou non à la délivrance de tel ou tel traitement. Les perspectives de santé publique sont vertigineuses. On estime par exemple que le scandale du Médiator aurait pu être évité si des analyses préventives avaient été mises en œuvre. 

    La santé connectée peut-elle réellement apporter une optimisation médico-économique ? Ne risque-t-on pas, avec l’informatisation de la santé, de voir augmenter les dépenses au lieu de dégager des gains de productivité en soignant mieux et à moindre coût ?

    C’est un risque. C’est un nouveau paradoxe de Solow, appliqué au secteur de la santé. Ce paradoxe est formulé par le prix Nobel d’économie du même nom. Il écrivait en 1987 : On voit des ordinateurs partout, sauf dans les statistiques de productivité. Il soulignait le fait que malgré la promesse d’efficacité accrue, les nouvelles technologies de l’information et de la communication n’auraient pas eu autant d’impact sur l’ensemble de l’économie que les précédentes révolutions industrielles, qui, elles ont dégagé d’importants gisements de productivité, eux-mêmes à l’origine de cycles longs de croissance. 

    On peut prédire un phénomène semblable dans le secteur de la santé, avec, dans un premier temps, des investissements lourds pour les structures hospitalières les plus agiles. Les cliniques privées déjà spécialisées dans des actes médicaux répétitifs seront vraisemblablement pionnières. A l’inverse, les structures hospitalières généralistes auront beau introduire ces nouvelles technologies, elles n’en tireront qu’une faible optimisation médico-économique si cela n’induit pas une réorganisation des ressources humaines.

    On mesurera donc le coût de ces effets avant de voir effets sur la productivité. La rigidité des organisations hospitalières, souvent régies par les réglementations, peut faire durer cette transition plus longtemps encore que l’acquisition d’outils informatiques par les entreprises à partir des années 1980. En France, la tendance à la centralisation administrative de l’hôpital, gérée par décret sous la tutelle des ARS, laisse prévoir une période longue d’acquisition des technologies numériques.  

    En attendant, les acteurs de la santé américains investissent dans de nouvelles solutions. Il se construit aux Etats-Unis une industrie puissante de plus en plus intégrée. Pour la France, l’enjeu n’est plus seulement l’amélioration de la qualité des soins, mais l’émergence d’une filière technologique d’excellence. Cela devient même une question de souveraineté, car déléguer l’innovation technologique conduirait inévitablement à la gestion de l’ensemble des données par des acteurs américains, comme c’est largement le cas pour l’Internet.