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  • La Commission européenne veut harmoniser l’évaluation des technologies de santé

    La Commission européenne présente une proposition de règlement visant à renforcer la coopération des organes d’évaluation des technologies de santé à l’échelle européenne. On en dénombre actuellement une cinquantaine en Europe.

    L’évaluation technico-économique des technologies médicales permet de mesurer la valeur ajoutée de nouvelles technologies médicales, qu’il s’agisse de produits, d’équipements ou de méthodes de traitement de diagnostic, par rapport aux solutions existantes.

    Le texte de la Commission européenne prévoit notamment la mise en place d’évaluations cliniques et de consultations scientifiques communes, l’identification des technologies de santé émergentes et la poursuite d’actions de coopérations volontaires dans d’autres domaines. S’il est adopté par le Parlement, il sera effectif dans les trois ans qui suivent son adoption.

    Cette initiative vise notamment à renforcer l’information des patients sur la valeur ajoutée des technologies médicales. Elle doit également permettre aux États de fonder leurs politiques de santé publique sur des données harmonisées. Enfin, les industriels en santé ne seront plus contraints de s’adapter à différentes procédures nationales d’évaluation des technologies en santé.

    État du droit européen en matière d’évaluation des technologies de santé

    Au cours des vingts dernières années, les États membres ont coopéré dans ce domaine sur la base du volontariat. La Directive 2011/21/UE sur les soins de santé transfrontaliers a crée en 2013 un réseau européen volontaire d’évaluation des technologies de la santé (ETS) composé d’agences et d’organismes ETS nationaux, auquel il revient d’infléchir la stratégie et la politique de l’UE en matière de coopération scientifique et technique. Les travaux produits par ce réseau européen, auxquels se sont ajoutées trois actions communes engagées par l’Union européenne, lui ont permis de se doter d’un socle de connaissances méthodologiques solides et d’échanger des informations entre États. L’Union souhaite désormais institutionnaliser ce partage d’information et uniformiser les procédés d’évaluation. Le renforcement de la coopération sanitaire en matière d’évaluation s’avère aujourd’hui nécessaire, d’après M. Katainen, vice-président de la Commission européenne.

    « Renforcer la coopération sanitaire en matière d’évaluation des technologies de la santé à l’échelon de l’Union favorise l’innovation et améliore la compétitivité de l’industrie médicale. Le secteur des soins de santé est une composante essentielle de notre économie : il représente environ 10% du PIB de l’Union européenne. Nous proposons un cadre règlementaire qui aura des effets bénéfiques sur les patients partout en Europe, encouragera l’innovation, favorisera le recours aux innovations médico-technologiques de qualité et améliorera la viabilité des systèmes de santé dans l’ensemble de l’Union, M. Katainen. »

    La proposition de règlement se décline en quatre volets

    La proposition de règlement sur l’évaluation des technologies de la santé (ETS) vise à « jeter les bases d’une coopération européenne permanente et viable en matière d’évaluation clinique commune de nouveaux médicaments et de certains nouveaux dispositifs médicaux ».

    Les États membres de l’Union européenne seront en mesure d’utiliser des méthodes, procédures et des outils communs d’évaluation dans l’ensemble de l’Union. Ils collaboreront principalement dans quatre domaines : 

    • mutualisation des évaluations cliniques, qui porteront prioritairement sur les technologies les plus innovantes et présentant un fort potentiel de répercussions sur les patients ;
    • mutualisation des consultations scientifiques, qui permettront aux concepteurs de technologies de demander l’avis des autorités responsables de l’ETS ;
    • identification des technologies de santé émergentes et « prometteuses » ;
    • renforcement de la coopération volontaire entre états membres dans d’autres domaines. 

    La proposition de règlement va être examinée par le Parlement européen et le Conseil. S’il est adopté, il sera applicable trois ans plus tard. Les États membres disposeront de trois ans supplémentaires pour s’adapter aux nouveaux dispositifs.

  • Partenariat Gan Eurocourtage – Medaviz : un service de téléconseil et de téléconsultation

    Un nouveau service allant du téléconseil par téléphone à la téléconsultation médicale est proposé par Gan Eurocourtage – telle est l’annonce faite sur le site de Gan Eurocourtage, expert en assurances collectives du groupe Groupama distribuant ses solutions de protection sociale exclusivement par le biais de ses courtiers partenaires le 2 février 2018.

    Selon la source, ce nouveau service est fruit de la collaboration avec plusieurs partenaires spécialisés dans le téléconseil et la téléconsultation, dont notamment Medaviz.

    Il s’agit d’une expérimentation afin de valider l’offre avant de décider de son extension potentielle à l’ensemble du portefeuille de clients incluant 12 000 sociétés et 300 000 assurés.

    La pertinence d’une offre exclusive à confirmer par une phase pilote

    Gan Eurocourtage est la marque dédiée à la distribution de l’assurance collective via le courtage du groupe Groupama. Depuis le 1er février 2018, un service de téléconseil et de téléconsultation est disponible pour les salariés bénéficiant d’un contrat sur-mesure dans le cadre d’une offre de couverture par Gan Eucourtage.

    Ce sont quelques 17 000 assurés qui pourront bénéficier de ce service afin d’en valider l’efficacité dans le cadre d’une approche de garantie d’accès aux soins.

    Un partenariat multiple

    Afin de proposer l’éventail de services le plus large, Gan Eurocourtage a conclu des partenariats avec plusieurs opérateurs spécialistes du téléconseil et de la téléconsultation dont les noms n’ont pas été dévoilés.

    Un réseau de professionnels de santé composé de généralistes ainsi que de spécialistes, inscrits à l’Ordre des médecins et formés à la téléconsultation en visioconférence, est mis à la dispositions des assurés 24h/24 et 7j/7.

    Ces derniers pourront y faire appel aussi bien pour le premier recours pour obtenir un diagnostique et une ordonnance si besoin est, que pour avoir un deuxième avis.

  • Télémédecine et dématérialisation : axes structurants du 4e rapport de l’INCa sur le Plan Cancer

    Responsable du pilotage du Plan Cancer 2014-2019 pour le compte des Ministères chargés de la santé et de la recherche, l’Institut national du Cancer (INCa) a remis au Président de la République son quatrième rapport d’évaluation du plan cancer le 5 février 2018.

    Le rapport évoque notamment l’importance de la télémédecine en matière de prise en charge et de suivi des patients atteints de cancer et la progression de la dématérialisation des outils de partage des données entre professionnels de ville et hospitaliers.

    « Les dossiers médicaux électroniques des patients sont mieux partagés »

    Le déploiement du dossier communicant en cancérologie se poursuit, selon l’INCa

    Le dossier communicant de cancérologie (DCC) est un outil numérique crée en décembre 2009 par l’INCa en partenariat avec l’Agence des systèmes d’information partagés en santé (ASIP santé). Le Plan Cancer 2014-2019 réaffirme son importance (axe 2 du plan) et œuvre à sa généralisation. 

    Le DCC permet l’échange de documents supports de la coordination des soins entre la ville et l’hôpital. Selon les auteurs du rapport, 79% des patients atteints de cancer ont un DCC en 2016, ce qui représente 15% d’augmentation par rapport au début du 3e plan cancer. Parmi ces documents supports, on trouve la fiche de synthèse de la réunion de concertation pluridisciplinaire qui « permet d’établir la proposition thérapeutique » et qui est dématérialisée dans 96% des cas.

    Par ailleurs, le dossier médical partagé « se déploie de façon significative », avec près de 1 000 000 de dossiers créés à la fin de l’année 2017. Enfin, le partage d’informations médicales entre les professionnels de santé nécessite l’utilisation de messageries sécurisées. À cet égard, l’équipement des professionnels est en augmentation, puisque près de 40 000 professionnels libéraux sont équipés d’une boîte mail sécurisée en 2017, ce qui représente une hausse de 60% en six mois. 

    Le rapport précise que « le programme personnalisé de soins (PSS) remis au patient, sera également mis à la disposition des acteurs de manière dématérialisée ».

    Les actions en régions se précisent en matière de télémédecine « préventive »

    La télémédecine « préventive » vient en soutient à l’organisation des soins 

    Le développement de la télémédecine, relèvent les auteurs du rapport, peut contribuer à réduire les pertes de chance en matière de détection et de prise en charge des cancers. Dans plusieurs régions, des appels à projets de soutien au développement de la télémédecine ont été lancés.

    Plusieurs Agences régionales de santé soutiennent des projets de télé-expertise, notamment en dermatologie. Ainsi, il est possible en Ile-de-France et en Nouvelle-Aquitaine de recueillir un avis spécialisé via la plateforme régionale en télé-dermatologie. L’ARS Océan Indien définit actuellement des protocoles de télémédecine entre Mayotte et la Réunion, dont la mise en œuvre est prévue en 2018.

    L’ARS Normandie a pour sa part lancé un appel à projet « Télémédecine en EHPAD ». L’activité de télésurveillance permet encore d’améliorer le suivi des patients à leur retour à domicile en Occitanie, dans le cadre du projet Santinel.

    La dématérialisation des mammographies fait l’objet d’expérimentations

    En matière de prévention, l’INCa est à l’origine d’une dynamique d’expérimentation de dématérialisation des mammographies de dépistage du cancer du sein.

    Lancée en 2016, un premier appel à projets a permis de retenir deux projets en Alsace et en Ile-de-France (départements 93, 94, 78). Sélectionnées en 2017, la Normandie et la Réunion participeront également à l’expérimentation à compter de 2018.

  • Priorités des protocoles de coopération du ministère : diabète, pathologies respiratoires et cancer

    La prévention et le suivi des pathologies cardio-neurovasculaires et du diabète, des pathologies respiratoires et des cancers constituent les trois premières priorités du ministère des Solidarités et de la Santé dans le cadre des priorités nationales en matière de protocoles de coopération, telles que fixées par l’Arrêté ministériel publié au Journal officiel du 3 février 2018.

    Le dispositif des protocoles de coopération

    Inscrit dans le Code la santé publique, les protocoles de coopération entre professionnels de santé permettent d’étendre le périmètre des activités médicales. L’objet (les disciplines ou les pathologies), la nature de la coopération, le lieu et le champ d’intervention des professionnels de santé concernés doivent répondre à un besoin régional spécifique, sous réserve d’être approuvés par la HAS et l’agence régionale de santé.

    L’arrêté du 3 février 2018 fixe 9 domaines prioritaires en tout et il faut ajouter les suivants aux trois premiers :

    • prévention de l’hospitalisation et maintien à domicile des patients âgés ;
    • prévention et suivi des pathologies ophtalmologiques ;
    • prévention et suivi des pathologies gynécologiques et obstétricales ;
    • prévention et suivi des pathologies bucco-dentaires ;
    • prévention des pathologies et suivi du développement des enfants ;
    • prévention et suivi des pathologies en santé mentale.
  • La FDA (USA) dévoile sa feuille de route pour 2018 et fait de la santé numérique une priorité

    En janvier 2018, Scott Gottlieb, directeur général de la Food and Drug Administration (Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux), a présenté la feuille de route de l’agence pour l’année 2018, intitulée « Health Innovation, Safer Families : FDA’s 2018 Strategic Policy Roadmap ».

    La santé numérique constitue l’un des axes prioritaires de la feuille de route, aux côtés de l’amélioration de l’innovation en santé, l’élaboration de nouveaux outils de santé à destination des consommateurs, la lutte contre les addictions, l’augmentation de ses effectifs et le renouvellement de ses méthodes d’évaluation des dispositifs médicaux.

    Scott Gottlieb, directeur général de la Food and Drug Administration, a précisé les orientations stratégiques de l’agence pour l’année 2018. Son activité couvrira les champs suivants :

    • fournir aux consommateurs de nouveaux outils pour leur permettre d’améliorer leur régime alimentaire et leur état de santé ;
    • encourager l’innovation et la compétition en santé ; 
    • poursuivre la lutte contre les addictions pour enrayer la crise des opioïdes ; 
    • recruter du personnel pour augmenter la force de travail de la FDA et sa capacité d’évaluation.

    Les deux premiers axes de la feuille de route s’inscrivent dans une démarche de promotion des innovations en santé, que l’Agence décline déjà à travers son « Digital Health Innovation Action Plan » et semble vouloir conforter au seuil de cette année 2018.

    Axe III : encourager la production et l’utilisation des outils digitaux en santé

    Favoriser l’utilisation des technologies digitales

    La FDA constate que les patients sont en mesure de contrôler leur données personnelles et que les professionnels peuvent délivrer des soins de meilleure qualité grâce à l’utilisation d’objets connectés et d’applications mobiles. Cet usage s’avère particulièrement pertinent dans le cadre du suivi des pathologies chroniques, souligne la FDA. Ainsi, « des technologies digitales bien évaluées permettent d’atteindre des objectifs » de responsabilisation des patients et d’accompagnement des professionnels de santé.

    Poursuivre le programme de pré-certification des innovations digitales

    La FDA, en charge d’évaluer les technologies innovantes en santé et d’en réguler la production et commercialisation, annonce vouloir adapter ses méthodes d’évaluation pour « relever les défis soulevés par de nouveaux secteurs technologiques » et répondre aux besoins des consommateurs. La FDA entend ainsi poursuivre son programme pilot de pre-certification des innovations numériques, lancé en juillet 2017 dans le but « d’encourager les innovations numériques en santé ».

    La FDA annonce également la publication d’un guide à destination des concepteurs et industriels, qui permettra de différencier les technologies numériques conformes à la règlementation de la FDA de celles qui ne le sont pas encore. Érigée en priorité par la FDA, la santé numérique fera l’objet de mesures dont le contenu sera progressivement dévoilé par ses administrateurs dans le courant de l’année.

    La feuille de route est consultable en ligne.

  • A&E

    Accident and Emergencynull

  • Etude : impact positif d’un programme en ligne sur la qualité de vie des malades du cancer (JCO)

    Un programme internet de gestion du stress a montré sa pertinence auprès d’une population de malades du cancer. Après huit semaines d’exercices en ligne, les malades témoignaient d’une meilleure qualité de vie, mais aussi d’une diminution des sensations de fatigue chronique et de détresse.

    Les résultats de cette étude* menée par des chercheurs de l’université de Bâle (Suisse) ont été publiés le 31 janvier 2018 dans le Journal of Clinical Oncology.

    Soutenir les malades du cancer à distance

    Un diagnostic de cancer provoque un stress psychologique intense chez la majorité des patients. Ce boulversement a bien évidemment un impact négatif sur la qualité de vie, sur l’acceptation des traitements et par conséquent sur l’efficacité de la prise en charge thérapeutique. Les soins de support, et notamment l’accompagnement psychologique, ont démontré qu’ils pouvaient alléger ces souffrances, mais tous les patients n’en bénéficient pas.

    L’accès à ces soins via Internet est une piste qui est explorée depuis plusieurs années. Quelques études randomisées et contrôlées se sont révélées encourageantes. Des effets positifs significatifs ont été enregistrés dans plusieurs domaines : la détresse psychologique, les relations sexuelles, les stratégies pour faire face au cancer appelées le « coping ».

    STREAM : un e-programme de gestion du stress 

    Des chercheurs suisses de l’université et de l’hôpital universitaire de Bâle ont donc développé un programme de soins de support sur internet : STREAM (Stress-Aktiv-Mindern). En s’appuyant sur des thérapies de gestion du stress en face à face déjà validées, ils ont mis au point 8 modules hebdomadaires de également des exercices et des programmes audio pour faire de la relaxation.

    Les chercheurs ont choisi d’évaluer leur programme en ligne sur des patients diagnostiqués récemment parce que c’est une période particulièrement stressante, mais aussi parce que le soutien psychologique précoce est un facteur non négligeable dans l’évolution de la maladie : commencer des soins de support peu de temps après l’annonce de la maladie peut modifier le cours de celle-ci. Par conséquent, l’accès à des soins par Internet peut se révéler une vraie plus-value.

    Un support psychologique dès l’annonce du diagnostic

    Au total, 129 patients ont donc été randomisés en deux groupes. Un premier groupe a commencé le programme STREAM tout de suite alors que les patients appartenant au groupe contrôle n’y ont eu accès qu’après avoir patienté pendant 8 semaines, la durée du programme. Des thérapeutes assuraient un suivi en envoyant des commentaires via une adresse mail sécurisée.

    L’évaluation du programme a été effectuée en ligne à la fin des 8 semaines du programme ou après avoir patienté en liste d’attente pendant ces mêmes 8 semaines, puis également deux mois plus tard. Les résultats de cette étude, présentées dans un premier temps au congrès de l’Esmo (European Society for Medical Oncology) en juin 2017 ont été publiés le 31 janvier 2018 dans le Journal of Clinical Oncology.

    Un programme Internet améliore la qualité de vie

    • Le programme n’a pas été complété en 8 semaines mais en 11 ;
    • 75% des patients sont arrivés au bout des 8 modules ;
    • 90% des malades ont jugé le programme facile d’utilisation ;
    • la qualité de vie des patients ayant bénéficié du programme en ligne étaient significativement meilleure que dans le groupe contrôle ;
    • le sentiment de bien-être et de réduction de la fatigue chronique étaient particulièrement sensibles ;
    • le sentiment de détresse et de souffrance était lui aussi moins important dans le groupe STREAM ;
    • les scores d’anxiété et de dépression n’étaient pas significativement différents entre les deux groupes.

    En outre, pendant les deux mois après la fin du programme en ligne, les scores de qualité de vie, de souffrance et d’humeur n’ont guère bougé. Quant aux malades inclus dans le groupe contrôle, l’accès au programme en ligne s’est également traduit par une amélioration des différents items. Le suivi insuffisant des patients dans le temps ne permet de dire si l’intervention précoce est plus efficace ou pas.

    Le cancer touche les digital natives

    « Les résultats montrent que l’auto-assistance sur Internet associée à un contact régulier avec un psychologue peut potentiellement aider les patients nouvellement diagnostiqués et ainsi améliorer de manière décisive les soins du cancer », a indiqué Viviane Hess, professeur d’oncologie médicale à Bâle. Elle fait par ailleurs le pari que « les soins intégrant une approche via Internet vont continuer à prendre de l’importance car les « digital natives » vont atteindre l’âge auquel les risques de cancer augmente. »

  • Bepatient présente sa solution lors de la 1ère édition du Live d’Innolab d’Elsan (F. Durand-Salmon)

    Lors d’un grand rendez-vous réunissant une centaine de participants le mardi 30 janvier 2018 à Paris, Elsan a partagé un premier bilan des innovations au service des patients lancées à travers son incubateur Innolab.

    Né il y a deux ans, cet incubateur de projets a permis à Elsan de nouer des partenariats avec dix start-ups (sur 200 projets reçus) pour le développement de nouveaux produits et services. A l’occasion de son premier événement « Live d’Innolab », le groupe a souhaité faire témoigner quatre de ses partenaires sur leur collaboration et les solutions innovantes qui ont pu émerger.

    Cet événement a également été l’occasion pour Elsan de revenir sur sa stratégie d’open innovation et la diversité des thématiques sur lesquelles le groupe travaille à travers Innolab.

    Thierry Chiche, président exécutif d’Elsan, a affirmé : « Notre culture entrepreneuriale et notre taille de leader – 123 établissements, 2 millions de patients par an  – nous permettent d’être un terrain d’expérimentation idéal pour développer des produits et des services les plus adaptés et les plus performants possibles ». L’intérêt de l’Innolab est que ses participants se réunissent une fois par mois pour prendre des décisions rapides. 

    Le président exécutif a également annoncé qu’Innolab, organisation agile chapeautée par Ségolène Perin, responsable Innovation, recherche de nouveaux partenaires – pour des partenariats aussi bien structurels que capitalistiques – avec une réelle expertise technique pour faire émerger ces innovations, en particulier dans les services à domicile, les parcours de soins, les dispositifs innovants comme les traitements non-invasifs et l’IoT.  

    Quatre projets vecteurs de la transformation de la relation avec les patients ont été présentés. Chaque lundi pendant un mois, H&TI vous présentera chacune de ces start-ups.
    Lundi 5 février 2018, il s’agit de Frédéric Durand-Salmon, président de Bepatient.

    Quelle est l’origine du projet du parcours de soins de Bepatient ?

    Bepatient développe et commercialise depuis plus de 6 ans une plateforme de e-santé, flexible, modulable et disponible en plusieurs langues. La société, qui compte 40 salariés, positionne le patient au centre du dispositif, l’implique opérationnellement, renforce ses connaissances, et améliore la coordination des acteurs présents dans son parcours de soins, en assurant la continuité de son suivi entre son domicile, l’hôpital et ses professionnels de santé en ville. Parmi nos produits, figure la solution d’accompagnement et de télésurveillance Cardio+, que nous avons utilisée avec l’Innolab d’Elsan, pour construire l’offre CardioDom, et qui a été présentée au live.

    En quoi consiste cette solution ?

    CardioDom est un service rendu par l’équipe soignante et médicale d’une clinique Elsan avec l’appui de notre plateforme Cardio +. Dans le cadre de l’insuffisance cardiaque, la solution se compose d’une tablette tactile, d’une balance connectée, d’une application mobile dédiée pour le patient, et d’une console pro pour l’équipe médicale en charge de son accompagnement. Le kit est pré-configuré et il est envoyé au domicile des patients, prêt à l’emploi. Pour la télésurveillance, les patients doivent se peser et répondre à 5 questions simples sur leur état de santé tous les jours. Les données sont transmises à l’équipe de soins en charge du suivi du patient, qui analyse les alertes et rappelle les patients en cas de problème. CardioDom ne constitue pas un dispositif d’urgence. En cas de doute ou de probable poussée d’insuffisance cardiaque, les patients sont invités à consulter leur cardiologue ou leur médecin traitant selon la sévérité. En complément, les patients peuvent accéder à des conseils, à des modules d’éducation et à des informations pratiques pour optimiser la gestion de leur maladie. Les équipes soignantes Elsan délivrent des séances d’éducation thérapeutique pour accompagner le patient, par téléphone ou en face à face.

    Quels sont les enjeux sur les marchés que vous adressez aujourd’hui ?

    L’insuffisance cardiaque, qui touche environ 870 000 personnes en France dont 148 000 personnes sont hospitalisées chaque année, est une incapacité du cœur à fournir un débit sanguin adapté aux besoins de l’organisme. Ce dysfonctionnement peut entraîner un essoufflement, des œdèmes aux jambes et une forte fatigue. Ces symptômes s’aggravent lors de « poussées », qui peuvent nécessiter une prise en charge médicale urgente et une ré-hospitalisation. CardioDom entend répondre à cet enjeu de prévention secondaire, en proposant aux patients un accompagnement personnalisé à la fois digital et humain.

    Pouvez-vous nous parler de votre partenariat avec Elsan et de votre place à Innolab ?

    Le produit Cardio+ a été conçu pour être utilisé par une équipe médicale, et non pas en autonomie par le patient. Innolab a permis la mise en place d’une organisation des services de cardiologie permettant d’offrir ce service complet au patient. En complémentarité avec la solution digitale intégrée que nous proposons, l’éducation thérapeutique prodiguée par les infirmières d’Elsan via le dispositif a pour but de sensibiliser les patients à la gestion de leur pathologie : compréhension de la maladie, connaissance des signes de décompensation, conduites à tenir en cas d’urgence ou conseils relatifs à l’hygiène de vie.

    Nous partageons avec Elsan les mêmes objectifs : placer le patient au cœur des dispositifs, développer des applications de suivi intégré dans les parcours de soins et ainsi faire du domicile une véritable étape de ces parcours. Ce projet s’inscrit dans le cadre d’une expérimentation nationale financée par la Caisse nationale d’Assurance Maladie, qui sera évaluée au terme d’une phase de test de 24 mois. Les équipes de cardiologie de trois établissements du groupe Elsan testent depuis le mois de février 2018 en avant première la mise en place de l’organisation de l’offre CardioDom, avec l’appui de la plateforme digitale Cardio+, avant qu’elle ne soit déployée plus largement au niveau des établissements du groupe. Les trois premiers établissements qui vont lancer cette expérimentation sont la clinique Ambroise Paré à Nancy, la clinique du Pont de Chaume à Montauban et la Polyclinique Notre Dame à Draguignan. 10 patients devraient être « screenés » pour ce test.

    Nous sommes prêts à continuer à travailler sur d’autres projets avec Elsan.

    Qu’attendez-vous de ce premier live et qu’en avez vous retiré ?

    Cet événement nous aura permis de présenter rapidement notre solution innovante en avant-première, au public qualifié d’InnoLab, ainsi que l’accord qui lie Elsan et Bepatient. Nous avons également pu opérer de nombreuses présentations et démonstrations sur le corner CardioDom. C’est une très belle opportunité pour donner de la visibilité au projet et lancer officiellement cette expérimentation à fort potentiel, au service des patients et des soignants.

  • CHU de La Réunion : décision favorable du Copermo pour le plan de retour à l’équilibre

    Le Comité interministériel de performance et de la modernisation de l’offre de soins hospitaliers (Copermo) a validé mercredi 31 janvier 2018, les propositions formulées par la direction du Centre Hospitalier Universitaire de la Réunion. Un soutien financier a été obtenu et les contreparties actées.

    Pour rappel, Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la Santé, qui s’était rendue au CHU de l’île début octobre 2017 avait annoncé une aide de 50 millions d’euros à la structure qui accusait, en 2016, un déficit de 35 millions d’euros.

    Il s’agissait, selon elle, d’une « aide transitoire » répartie sur quatre ans, dont 14 millions dès 2017.

    En contrepartie, la direction du CHU a proposé des mesures d’économie, ce qui a suscité une grève du personnel mardi 30 janvier 2018. A l’appel de la CFDT, une partie du personnel a cessé le travail et 34 médecins ont proposé leur démission. Ils protestaient contre le manque de concertation dans l’élaboration du plan de retour à l’équilibre.

    Que prévoit le plan de retour à l’équilibre ?

    Concernant le plan de retour à l’équilibre, Lionel Calenge, le directeur du CHU de La Réunion, s’est engagé à réaliser 30 millions d’euros d’économies sur 5 ans. 11 millions concerneraient la masse salariale. 155 postes devraient ainsi être supprimés, parmi lesquels 6 médicaux, mais aussi des soignants, comme des infirmiers, des aides-soignants et des agents des services hospitaliers.

    L’accord du Copermo… vers un redressement de la situation ?

    Le Copermo a rendu une décision favorable pour le soutien au financement du bâtiment central du site de Saint-Pierre et pour le plan de retour à l’équilibre, présenté par la direction de l’établissement.

     « Cette validation est un signal de confiance et de crédibilité adressé par le gouvernement au dossier du CHU, et une première étape importante dans son redressement », écrit l’ARS Océan Indien dans un communiqué du 2 février 2018. L’agence poursuivra l’accompagnement attentif du CHU dans son engagement à dépasser ses difficultés financières et mener sa modernisation au bénéfice des patients. Un point mensuel sera assuré par ses services.

    Un point semestriel sur l’état de mise en œuvre du plan d’action et ses effets sur le suivi de la situation financière du CHU sera assuré à cet effet au niveau national. Ce suivi renforcé permettra notamment au Copermo de piloter le versement des aides nationales en fonctionnement consenties en contrepartie de l’effort de redressement accompli par le CHU lui-même.

  • Plan stratégique AP-HP 2017-2022  : inscrire la télémédecine dans les pratiques quotidiennes

    L’AP-HP vise en 2020 un objectif de 150 000 patients pris en charge via un dispositif de télémédecine, téléconsultation, télé-expertise et télésurveillance confondues – c’est ce qui ressort de la réunion de la Commission médicale d’établissement de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) du 9 janvier 2018 lors de laquelle elle a approuvé le Plan stratégique 2017-2022 de l’AP-HP pour la télémédecine.

    C’est l’occasion de faire un focus sur les projets de développements en cours et à horizon 2022 ainsi que sur un bilan des activités de télémédecine en 2016 lorsque 46 000 patients ont bénéficié d’un service de ces trois catégories dans le cadre de leur prise en charge médicale.

    Le document de travail de l’AP-HP est téléchargeable via le lien ci-contre.

    Principaux objectifs du plan approuvé

    Il vise à améliorer le parcours de soins des patients avec comme objectifs principaux:

    • faire de la télémédecine un mode d’exercice quotidien ;
    • développer une offre de télémédecine régionale avec notamment la télé-expertise de recours pour les groupements hospitaliers de territoire (GHT);
    • ouvrir la télé-expertise à la médecine de ville;
    • développer la  téléconsultation « directe » (sans intervention d’un professionnel de santé auprès du patient) pour les personnes déjà suivies à l’AP-HP (consultations récurrentes pour les maladies chroniques, suivi des porteurs de dispositifs médicaux implantables…).

    Les axes d’inflexion définis pour les ARS :

    • parcours de soin ;
    • appui sur terr-esanté ;
    • prise en charge à domicile via SIAD afin de limiter les déplacements des généralistes ;
    • ouverture à l’intégration de coopération entre personnel de santé.

    Perspectives de développement d’ici 2022 : télésurveillance et 150 000 téléconsultations en 2022

    En 2018 et 2019, la priorité vise le développement de la télésurveillance dans le cadre de l’expérimentation ETAPES en cardiologie et en diabétologie.

    Parmi les projets de télé-expertise visant à aboutir à une offre institutionnelle :

    • télé-dentisterie (TLE) pour le médico-social en déploiement à Henri Mondor et Louis Mourier ;
    • radiothérapie dans les hôpitaux Bicêtre, Trousseau et Robert Debré ;
    • médecine fœtale à Trousseau.

    Voici quelques objectifs chiffrés d’ici 2020 et 2022 respectivement :

    • 50 000 de téléconsultations en 2020, soit 1% des consultation à l’échelle de l’AP-HP et 150 000 en 2022;
    • 50 000 actes de télé-expertise, puis 70 000 en 2022 ;
    • 30 000 actes de télésurveillance en 2020, puis 60 000.

    Bilan des activités en télémédecine 2016

    Actuellement, un certain nombre d’activités informelles reste toujours non recensé et d’autres ne sont pas complètement abouties.

    En 2016, l’AP-HP a recensé, 39 activités de télémédecine réparties dans 73 centres experts, ainsi qu’une vingtaine de projets en cours de développement. 

    Voici des exemples des activités déployées à l’AP-HP :

    • en télé-expertise :  le télé-dépistage de la rétinopathie diabétique (OPHDIAT) qui a permis de prendre en charge 17 000 patients en 2016 ; la télé-expertise en dermatologie (pour les services d’urgences ou d’application carcérale, etc.) par échange de photographies des lésions dans un contexte sécurisé ;
    • en téléconsultation : dans le domaine de la neuropédiatrie pour le suivi d’enfants polyhandicapés ou de la gériatrie pour des personnes âgées résidant en EHPAD ;
    • en télésurveillance : dans les services de cardiologie pour suivre des patients ayant des dispositifs médicaux implantables (ex : défibrillateur implantable).