Bpifrance et le Leem organisaient pour la 3e année consécutives les Rencontres Internationales de Biotechnologies (RIB) ce 7 février 2018 sur le thème des innovations en immuno-oncologie. Ce sont les traitements anticancereux biotechnologiques qui sont à l’honneur des RIB 2018.
Les représentants de ces deux structures organisatrices, respectivement Nicolas Dufourcq et Philippe Lamoureux, ont accueilli les participants et fait un bref bilan de l’année 2017 et des éditions précédentes avant d’évoquer les stratégies futures.
Les objectifs de ces rencontres qui sont le fruit du partenariat entre la Bpifrance et le Leem, consistent à favoriser la rencontre entre la recherche et les groupes pharmaceutiques français ou internationaux et les acteurs se félicitent du succès grandissant de l’événement.
La matinée était consacrée à la présentation de start-ups de biotechnologies face à 18 grands groupes pharmaceutiques ainsi que des sociétés de capital-risque susceptibles d’investir dans les projets présentés, alors qu’au cours de l’après-midi les rencontres face-à-face avaient lieu.
Les RIB réunissent des acteurs divers de l’écosystème
Parti d’une manifestation expérimentale, les RIB sont en phase de devenir un événement d’envergure internationale. Après les maladies rares en 2015, les maladies neurologiques en 2016, l’édition 2018 a réuni :
- les partenaires dans l’organisation des RIB : Medicen Paris, Eurobiomed, Cancéropole Clara, Cancéropole Grand Ouest, France Biotech, Genopole, Gustave Roussy, Mabdesign et Matwin ;
- les laboratoires pharmaceutiques : Abbvie, Astra Zeneca, Biomérieux, Boehringer Ingelheim, BMS, GSK, Ipsen, Janssen, Merck, MSD, Novartis, Pfizer, Pierre Fabre, Roche, Sanofi, Servier, Takeda, Transgene, UCB ;
- 14 start-ups présentant leur projets et solutions de lutte contre le cancer ;
- 6 autres entreprises de biotechnologies présentes aux rencontres de face à face de l’après-midi : AltevAx (Paris/Londres), CarThera (Paris), ElsaLys Biotech (Lyon), Medsenic (Strasbourg), Oregon Therapeutics (Paris), Vaxeal (Evry).
Bilan 2017 de Bpifrance : 200 millions d’euros investis et 500 projets soutenus
Le directeur général de Bpifrance se félicitait du soutien apporté à l’écosystème des innovations qui se traduit par un support financier, amis également des campagnes de communication et il citait à titre d’exemple la conférence JP Morgan de 2018.
Il regrette néanmoins que les projets soutenus et amorcés en France glissent rapidement de l’autre côté de l’Atlantique pour y être développés et exploités par les grands groupes américains dont le modèle de « brain drain » fonctionne toujours, selon lui.
Il appelle par conséquent à un soutien des pépites françaises par les grands groupes français et européens.
Selon Nicolas Dufourcq, le continuum de l’accompagnement est à ce jour assuré par le biais de dispositifs mis en place à cet effet, mais ce qui manque c’est le le maillon précédant – celui du chercheur qui passe à la création de son entreprise et devient entrepreneur. Il a annoncé que l’une des priorités de Bpifrance cette année allait être le transfert de technologie pour éviter que les innovations développées en France soient raflées par les sociétés américaines qui les exploitent sous forme de licence.
Le Leem : les perspectives de développement de l’écosystème à définir lors du Conseil stratégique des industries de santé 2018
Le directeur générale du Leem soulignait l’association de 9 nouveaux partenaires soutenant les RIB et désireux de soutenir la recherche sur le cancer.
Il soulignait l’importance de comprendre que les start-ups et les grandes entreprises font partie d’un même écosystème et qu’en tant que tels ils sont interdépendants. De ce fait, un soutien des pouvoirs publics doit viser les uns comme les autres afin de ne pas déséquilibrer l’écosystème et en tirer le plein potentiel.
Il déplorait le problème de l’accès au marché pour les produits innovants et y voit un point clé à traiter par les institutionnels responsables du secteur. Le problème principal que partagent les petites et les grandes structures est celui de l’accès au marché.
Quant aux perspectives de développement et de structuration de l’écosystème, le Directeur général du Leem soulignait l’importance de la réouverture d’un grand chantier qu’est celui du Conseil stratégique des industries de santé (CSIS) se préparant pour le premier semestre de 2018.
Cet événement est l’espoir d’une meilleure visibilité et prévisibilité au service d’une meilleure compétitivité des entreprises. Il espère qu’à cette occasion, une définition de la ligne stratégique de l’État va émerger, car les laboratoires ont du mal à percevoir la stratégie de l’État pour l’avenir du médicament.
La sélection de start-ups
Les critères au cours de la sélection de start-ups à mettre en avant relevaient de leur thématique de recherche, de l’excellence de leur projet et de leur volonté de nouer des alliances avec des entreprises pharmaceutiques.
L’ensemble des intervenants soulignait l’importance d’une collaboration étroite entre les grands groupes et les start-ups qui est la garantie d’une efficacité sur le marché. Ces collaborations sont l’occasion de mettre en commun les compétences et les capacités de développement pour aboutir même à des produits co-développés, soulignait Philippe Lamoureux.
Un jury de 17 personnalités, investisseurs, industriels et chercheurs académiques confondus, présidé par Christian Deleuze (Président de Sanofi Genzyme France et administrateur du Leem) a procédé à la sélection de 14 start-ups à qui l’on a concédé le droit de pitcher devant les investisseurs et grands laboratoires français.