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  • US : l’engagement patient, parent pauvre de l’IA hospitalière selon une étude

    Les outils d’IA n’améliorent pas l’adhésion aux soins selon les hôpitaux

    Alors que les investissements dans les technologies d’intelligence artificielle se multiplient dans les hôpitaux (notamment pour les scribes médicaux automatisés), leur usage pour renforcer l’engagement patient reste à la traîne. C’est ce que révèle une étude publiée en décembre 2025 par le cabinet Sage Growth Partners.

    Sur les 75 dirigeants interrogés, seuls 5 % affirment que leurs outils répondent efficacement aux enjeux d’engagement, comme l’adhésion au traitement ou la réduction des rendez-vous manqués. Ces lacunes ont des conséquences cliniques et financières, en raison du coût élevé des soins évitables. Le problème tient au manque de personnalisation réelle dans les approches actuelles. L’usage de champs standards comme le prénom ou l’âge pour segmenter les messages revient à produire des communications génériques. Comme par exemple envoyer le même rappel de dépistage du cancer du sein à toutes les femmes de plus de 40 ans, sans tenir compte de leurs freins individuels à l’action.

    L’IA peut adapter les messages aux freins individuels, mais les hôpitaux peinent à l’exploiter

    Le rapport plaide pour une approche dite « N-of-1 personalization », qui s’appuie sur les motivations, comportements et obstacles spécifiques à chaque patient. L’IA peut aujourd’hui rendre ce niveau de personnalisation grâce aux avancées récentes comme l’IA agentique et l’apprentissage par renforcement. Cette méthode permet de générer des messages qui prennent en compte des contextes variés : charge mentale liée au travail, besoin de garde d’enfants, anxiété liée au dépistage, etc.

    L’IA appliquée à l’engagement patient reste un champ largement sous-exploité, alors même qu’il recèle un potentiel pour améliorer les parcours de soin et la performance des établissements. La condition : dépasser la personnalisation de façade pour cibler les freins réels.

  • Formation des professionnels de santé : Equasens rachète le « pure player » Erevo

    Fondée en 2018 et basée à Marseille, Erevo conçoit, produit et distribue des formations en ligne à destination des infirmiers, des médecins généralistes, des podologues, des kinésithérapeutes et des chirurgiens-dentistes. Cette société de quelque 65 collaborateurs propose essentiellement des vidéos ou des classes virtuelles, éligibles aux dispositifs de financement de l’ANDPC et du FIFPL, les deux principaux organismes financeurs de la formation des professions de santé libéraux Avec plus de 20 000 apprenants formés, Erevo se place dans le Top 5 des organismes financés par ces dispositifs. Erevo devrait réaliser en 2025 un chiffre d’affaires de 7,4 millions d’euros selon Equasens, qui a réalisé 216,8 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024.

    Combinée à nos logiciels métier, à notre cloud souverain et à nos investissements en IA, cette acquisition devrait générer des synergies opérationnelles et commerciales pour l’ensemble des verticales du groupe”, déclare Denis Supplisson, directeur général d’Equasens

    L’opération, dont le montant n’a pas été précisé, porte sur l’acquisition de 80% du capital d’Erevo et a été financée par emprunt bancaire. Le groupe prévoit une option d’achat des 20% restants dont la valeur est corrélée à la performance d’Erevo.

  • Évaluation des ESSMS : la HAS encadre le recours à la cotation « non concerné » pour plus d’homogénéité

    Dans une démarche d’amélioration de la qualité des évaluations menées dans les établissements et services sociaux et médico-sociaux (ESSMS), la Haute Autorité de Santé (HAS) a publié début janvier de nouvelles précisions sur son système de cotation. Ces ajustements interviennent après l’analyse des premiers retours d’expérience liés au déploiement du dispositif national d’évaluation, en vigueur depuis 2022.

    La HAS rappelle que la cotation des critères du référentiel d’évaluation repose sur une analyse croisée des entretiens, des observations sur site et des éléments documentaires. Cette méthode vise à restituer les pratiques professionnelles ainsi que les situations vécues par les personnes accompagnées.

    Le référentiel étant commun à tous les ESSMS, certaines exigences peuvent ne pas s’appliquer à tous les types de structures, selon leur activité, leur organisation ou le public accueilli. Pour répondre à cette hétérogénéité, la HAS précise désormais les conditions d’utilisation de la cotation « non concerné ». Son recours sera encadré pour éviter les interprétations divergentes et garantir une lecture homogène des résultats.

    Deux fiches pratiques ont été mises en ligne.

    • La première présente les principes généraux de la cotation.
    • Tandis que la seconde est dédiée spécifiquement à la cotation « non concerné ».

    Ces supports s’adressent aussi bien aux organismes évaluateurs qu’aux ESSMS, avec un objectif de lisibilité et de comparabilité des évaluations. Ces compléments s’intègrent au manuel d’évaluation des ESSMS, qui reste le document de référence pour la mise en œuvre du dispositif.

    https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2024-10/fiche_pratique_-_le_systeme_de_cotation_du_dispositif_devaluation_de_la_qualite_des_essms.pdf

     

  • Accès aux soins, prescriptions, démographie : la Drees publie ses données régionales et départementales pour 2025

    Inégalités territoriales dans l’accès aux endoscopies digestives

    La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) revient dans son premier numéro 2026* du Focus Régions et Départements sur plusieurs études publiées au quatrième trimestre 2025. Parmi les enseignements, le recours aux endoscopies digestives, en particulier à la coloscopie, demeure fortement inégal selon les territoires. En 2023, le taux de recours varie du simple au double selon les départements. Les délais avant la réalisation de ces actes sont également en hausse depuis dix ans, avec de nettes disparités géographiques.

    Suivi des prescriptions d’antibiotiques

    La Drees actualise son outil de datavisualisation portant sur les prescriptions d’antibiotiques en médecine générale. Il repose sur 11 proxy-indicateurs associés à des objectifs cibles et permet désormais des visualisations à l’échelle départementale. Cet outil vise à accompagner les professionnels et autorités locales dans la mise en œuvre d’interventions adaptées au contexte territorial.

    Mise à jour de la statistique annuelle des établissements de santé

    La SAE 2024, source de données sur les établissements publics et privés, a été enrichie d’analyses régionales, notamment sur l’évolution des lits de réanimation néonatale. Les données consolidées de la base statistique pour 2024 sont disponibles et feront l’objet d’un panorama approfondi prévu pour l’été 2026.

    Démographie des élèves en santé et social

    Les données de l’enquête annuelle sur les écoles de formation aux professions sanitaires et sociales ont été publiées. Elles détaillent les effectifs inscrits et diplômés par formation, année et région. Ces chiffres éclairent les dynamiques régionales de formation dans ces secteurs.

    Données sur les solidarités : de nouveaux outils d’analyse

    Vilas : 100 indicateurs sociaux visualisables par département

    L’outil Vilas (développé par la Drees) permet de visualiser plus d’une centaine d’indicateurs liés à l’action sociale à l’échelle départementale, avec des fonctions de comparaison entre territoires.

    Projections sur le vieillissement : près de 23 millions de seniors en 2025

    Selon les projections du modèle LIVIA, 22,9 millions de personnes âgées de 60 ans ou plus vivaient en France en 2025. Ces projections s’étendent jusqu’en 2070, par sexe, tranche d’âge, niveau de perte d’autonomie et lieu de vie, avec une déclinaison régionale et départementale. Une datavisualisation accompagne cette publication. En collaboration avec l’Insee, une autre étude estime à 2,8 millions le nombre de seniors en perte d’autonomie en 2050 selon un scénario médian.

  • Désinformation en santé : un observatoire, un comité citoyen et un dispositif d’infovigilance prévus en 2026

    Une réponse publique

    Le 12 janvier 2026, la ministre de la Santé et de la Famille, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Stéphanie Rist, a annoncé le lancement officiel de la stratégie nationale de lutte contre la désinformation en santé*. Cette initiative vise à répondre aux risques engendrés par la propagation de fausses informations, souvent amplifiées par les réseaux sociaux, qui touchent notamment la vaccination, les traitements médicaux ou encore certaines pratiques de soins non conventionnels.

    Trois experts, le Pr Mathieu Molimard, la Pr Dominique Costagliola et le Dr Hervé Maisonneuve, ont été mandatés pour mener une mission d’analyse préparatoire, avec 156 entretiens réalisés. Le rapport de cette mission, également publié ce jour, sert de socle aux orientations gouvernementales. Quatre axes structurants pour une action coordonnée

    Écoute et participation citoyenne

    Des enquêtes d’opinion, un baromètre national et des communautés citoyennes en ligne permettront de mieux comprendre les mécanismes de diffusion et de réception de la désinformation. Un Comité citoyen sera chargé de formuler des recommandations sur le rôle des pouvoirs publics dans ce domaine.

    Création d’un Observatoire de la désinformation en santé

    Cette nouvelle instance assurera une veille continue, produira des données de suivi et coordonnera des groupes de travail thématiques. Elle devra documenter les phénomènes de désinformation et accompagner les professionnels de santé et de l’information.

    Déploiement d’un dispositif d’infovigilance

    Opérationnel dès la fin janvier 2026, ce dispositif visera à détecter précocement les fausses informations en santé, à en analyser les ressorts et à diffuser des réponses validées et pédagogiques, notamment via le site Santé.fr et des formats adaptés aux réseaux sociaux. Il reposera sur un réseau d’experts, journalistes, institutions et créateurs de contenus.

    Renforcement du socle de confiance à long terme

    Enfin, la stratégie prévoit également des actions : intégration de l’éducation critique à la santé dans les parcours scolaires, responsabilisation accrue des plateformes numériques et inscription de la désinformation en santé dans les priorités de recherche.

    *Stratégie nationale de lutte contre la désinformation en santé : une priorité du ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées

     

  • Anthropic lance Claude for Healthcare

    Un outil d’abord dédié aux professionnels

    Alors que ChatGPT Santé s’adresse en priorité aux patients, Anthropic détaille les services que pourra rendre Claude for Healthcare aux utilisateurs professionnels.

    Le groupe estime qu’il pourra notamment accélérer les demandes d’autorisation préalable, aider à la coordination des soins aux patients afin de gagner du temps médical, et faciliter les demandes d’autorisation.  Claude for Healthcare bénéficiera pour ce faire des améliorations apportées au modèle d’IA d’Anthropic dans sa dernière version Opus 4.5. Grâce à de nouveaux connecteurs, Claude peut désormais se brancher à la base de données des Centers for Medicare & Medicaid Services (CMS) portant sur la couverture des patients, ce qui lui permettra de faciliter les contrôles d’autorisation préalable ainsi que les réclamations.

    Connecté à la Classification internationale des maladies, Claude peut désormais trouver à la fois les codes de diagnostic et les codes de procédure et ainsi faciliter le codage médical, améliorant la précision de la facturation et la gestion des demandes de remboursement. Un connecteur avec le registre national des identifiants des professionnels de santé permettra à Claude d’aider à la vérification des soignants, à l’accréditation et à la validation des demandes de remboursement.

    Un accès à PubMed connectera les utilisateurs à plus de 35 millions d’articles médicaux et de faire rapidement ressortir les dernières recherches pour produire des revues de littérature à jour. Claude for Healthcare inclut en outre un nouveau “skill” dédié à  FHIR, la norme pour l’échange de données entre les établissements de santé, avec l’objectif d’améliorer l’interopérabilité en permettant aux développeurs de les connecter plus rapidement et avec moins d’erreurs.

    Un outil de gestion de la santé des patients

    Si les professionnels semblent être la cible principale de Claude for Healthcare, les patients ne sont pas pour autant oubliés.

    Aux États-Unis, les abonnés à Claude pourront lui donner un accès sécurisé à leurs résultats d’analyses et à leurs dossiers médicaux, grâce à de nouveaux connecteurs HealthEx et Function déjà disponibles en version bêta, puis aux intégrations Apple Health et Android Health Connect attendues en version bêta cette semaine via les applications Claude iOS et Android.

    Claude pourra résumer les antécédents médicaux des utilisateurs, formuler les résultats des tests dans un langage simple, détecter des tendances dans les indicateurs de bien-être et de santé, et préparer des questions pour les consultations. Comme OpenAI, Anthropic souligne qu’il n’entraînera pas ses modèles avec les données de santé des utilisateurs.

     

  • Prévention : des bénéfices cognitifs sur 3 ans grâce à un outil numérique

    L’étude*, publiée dans une revue à comité de lecture, et coordonnée par des chercheurs de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud, a comparé deux groupes :

    • L’un bénéficiant d’un accompagnement personnalisé via un coaching en ligne sur deux à quatre modules (activité physique, nutrition, activité cognitive, gestion de la dépression ou de l’anxiété).
    • L’autre recevant uniquement des informations générales sur ces thématiques.

    Les modules du programme s’appuient sur les axes reconnus de la prévention comportementale : activité physique, nutrition, santé mentale et stimulation cognitive. Cette approche multidimensionnelle, à distance et adaptable, renforce la faisabilité d’un déploiement à grande échelle, y compris dans une logique de santé publique populationnelle. Les participants ont été répartis de façon équitable entre un groupe bénéficiant du programme en ligne et un groupe témoin. Les femmes représentaient 64 % des personnes suivies. Le critère principal de l’étude était l’évolution des performances cognitives globales. Après trois ans, celles-ci se sont améliorées en moyenne près de trois fois plus dans le groupe ayant reçu l’intervention. L’écart observé entre les deux groupes est jugé statistiquement significatif.

    Une intervention peu risquée et potentiellement généralisable

    Les événements indésirables liés à l’étude sont restés rares : 19 dans le groupe intervention (0,60 %) contre un seul dans le groupe témoin (0,03 %). Le caractère numérique, individualisé et à distance de l’intervention ouvre la voie à une généralisation à grande échelle. Le protocole de l’étude est enregistré sous ACTRN12618000851268 sur le registre australien et néo-zélandais des essais cliniques. Plusieurs institutions académiques et hospitalières ont contribué à ce travail, parmi lesquelles Neuroscience Research Australia, l’Université de Melbourne, le Royal Melbourne Hospital, Monash University, Flinders University, l’Université de Sydney et l’Université de Bristol.

  • Cardiologie : Fineheart lève 83 millions d’euros

    Il s’agit pour la société d’”accélérer l’industrialisation et le développement clinique” de son dispositif  FlowMaker, pour in fine devenir le  leader européen des Dispositifs Médicaux Implantables Actifs (DMIA) en cardiologie. FlowMaker est présenté comme  le premier accélérateur de débit cardiaque totalement implantable, à ce jour, destiné au traitement de l’insuffisance cardiaque sévère, qui “fournit un soutien physiologique synchronisé avec les contractions naturelles du cœur, respecte le flux sanguin naturel et ne nécessite pas de pontage aortique”.

    Fineheart accueille de nouveaux investisseurs, dont le fonds de l’European Innovation Council (EIC), ainsi que Groupe Pasteur Mutualité et Groupe Etchart, tandis que ses partenaires historiques, la holding FH Founders , le Family Office Lurra, IRDI, NACO et Groupe Doliam renouvellent leur engagement en faveur de la société.

    FineHeart bénéficie parallèlement de 48 millions d’euros de financements publics, versés en plusieurs tranches, dans le cadre du PIIEC Tech4Cure, au titre de son rôle de chef de file du programme dédié à la structuration de la filière européenne des DMIA. La société précise que les travaux porteront notamment sur des “verrous technologiques inhérents” aux DMIA, à savoir la miniaturisation des systèmes d’alimentation électrique, la réduction drastique des besoins énergétiques, la fiabilité et durabilité à long terme des systèmes implantables, des innovations qui “constituent le socle technologique” du FlowMaker.

     

  • IA obstétricale : l’Asie du Sud modernise la surveillance fœtale à grande échelle

    Les limites de la surveillance fœtale

    Selon l’OMS, la région d’Asie du Sud représentait en 2023 environ 17 % des décès maternels mondiaux, et, avec l’Afrique subsaharienne, concentrait près de 87 % des décès maternels globaux. Les décès néonatals y représentent 37–38 % du total mondial, en raison d’un accès limité aux soins obstétricaux.

    La surveillance fœtale est freinée par le coût des équipements, la pénurie de professionnels et l’accès limité aux structures :

    • Faux positifs du CTG intrapartum (pendant le travail) : 50–60 %.
    • Variabilité interobservateurs : coefficient kappa 0,2–0,4 (faible accord entre cliniciens).
    • Implantation parcellaire : CTG disponibles <30 % en zones rurales.

    30 secondes pour interpréter : architecture technologique

    Des équipes en Inde, Bangladesh, Pakistan, Népal et Sri Lanka ont développé :

    • Dopplers de poche (~30 $) et CTG portables (~400 $).
    • Algorithmes deep learning entraînés sur 12 000 tracés CTG (CNN-CTG = réseau de neurones analysant automatiquement les tracés).
    • Plateforme cloud délivrant une interprétation automatisée en <30 s, avec télé-expertise mobile.

    92 % de précision : preuves cliniques

    Les études observationnelles indiennes et sri-lankaises portant su 1 245 patiente et  publiées dans Artificial Intelligence in Medicine et Computers in Biology and Medicine rapportent :

    • 92 % précision, 89 % sensibilité, 94 % spécificité (CNN-CTG).
    •  87 % exactitude prédictive de la détresse fœtale (application mobile).
    • AUC 0,91 (« aire courbe ») pour le risque de césarienne, mesurant la performance prédictive du modèle.

    Du pilote au système de santé

    Étapes suivantes : essais randomisés, intégration aux programmes nationaux et certification IA. Usages cibles :

    • Dépistage rapproché des grossesses à risque en milieu rural.
    • Surveillance à domicile supervisée à distance.
    • Suivi personnalisé des grossesses grâce à la connexion des CTG au dossier médical électronique (DME) et à l’analyse automatisée des risques, permettant au médecin de prendre rapidement des décisions adaptées à chaque patiente, en cohérence avec les recommandations de l’OMS.

     

  • Chine : un plan de 2 à 3 milliards de dollars pour généraliser l’IA dans les soins primaires d’ici 2030

    Réduire les erreurs de diagnostic

    Pékin vient d’annoncer un plan stratégique national qui vise à faire de l’IA un outil systématique du diagnostic médical primaire. Doté d’un budget de 15 à 20 milliards de yuans, soit 2 à 3 milliards de dollars sur cinq ans, ce programme cible les 900 millions de citoyens chinois vivant en dehors des grands centres urbains. Le plan prévoit ;

    • une première phase pilote en 2026, impliquant 50 hôpitaux et 500 cliniques rurales ;
    • avant un déploiement progressif à l’échelle nationale ;
    • en 2027, un socle numérique unifié connectera tous les niveaux de soins ;
    • L’objectif est d’arriver, en 2030, à une généralisation du diagnostic assisté par IA dans tous les établissements de soins primaires du pays.

    Le projet vise une réduction drastique du taux d’erreurs de diagnostic en soins primaires, qui oscille actuellement entre 40 et 50 %, pour le ramener à un niveau estimé entre 15 et 20 %. Dans le domaine de l’imagerie médicale, les outils d’IA devront atteindre un taux de précision de 95 %. Cette approche est pensée pour réduire les inégalités d’accès à une expertise médicale entre zones urbaines et rurales.

    Trois domaines cliniques prioritaires

    Les applications de l’IA médicale se concentreront sur trois axes :

    • Imagerie médicale : intégration d’outils d’analyse IA dans tous les grands hôpitaux, avec une capacité à détecter plusieurs pathologies à partir d’un seul examen.
    • Soins primaires : outils de triage, préconsultation, orientation intelligente et aide à la décision déployés au niveau des cliniques de proximité.
    • Médecine traditionnelle chinoise (MTC) : développement de systèmes d’IA pour soutenir le diagnostic et la planification thérapeutique, avec une volonté de formaliser les savoirs empiriques.

    La Chine mise sur une approche “infrastructure-first”. Le plan prévoit la construction préalable d’une plateforme nationale de données de santé, connectée grâce à l’identifiant de santé unique de chaque citoyen, avant tout déploiement à grande échelle d’outils d’IA. Cette stratégie vise une mise à l’échelle rapide et coordonnée, rendue possible par la maîtrise des “rails” de données. Elle diffère avec l’Europe, en débat autour de l’Espace européen des données de santé, ou les États-Unis, fragmentés par des dizaines de systèmes de dossiers patients électroniques.

    La Chine mise sur une stratégie centralisée et encadrée par des zones pilotes

    La majorité des logiciels d’IA médicale seront classés en tant que dispositifs médicaux de classe III. Des approbations conditionnelles seront possibles via des “regulatory sandboxes”, notamment à Shanghai, Pékin et dans les zones franches de Hainan. La gouvernance des données sera encadrée par la loi PIPL (Personal Information Protection Law), impose le consentement explicite, la localisation des données et des restrictions aux transferts transfrontaliers.

    La Chine s’écarte du modèle “outil par outil” en faveur d’une stratégie centralisée fondée sur l’infrastructure et les données. Une méthode qui, selon ses promoteurs, permettrait de déployer l’IA à une échelle impossible à atteindre avec les approches actuelles en Europe ou aux États-Unis.