Articles

  • Endométriose : un test sanguin fondé sur la qPCR et l’IA pour confirmer le diagnostic

    Un diagnostic encore tardif

    Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’endométriose touche environ 10 % des femmes en âge de procréer, soit près de 190 millions de patientes dans le monde. Cette maladie gynécologique chronique, caractérisée par la présence ectopique de tissu endométrial, est associée à des douleurs pelviennes, des troubles de la fertilité et une altération significative de la qualité de vie. Le diagnostic de référence repose encore sur la laparoscopie, une procédure invasive et coûteuse, dépendante de l’expertise opératoire, et associée à un retard diagnostique moyen de 7 à 10 ans.

    qPCR et apprentissage automatique au cœur du test

    La biotech américaine HerAnova Lifesciences, spécialisée en santé féminine, a développé un test sanguin reposant sur la PCR quantitative (qPCR), associée à des algorithmes propriétaires de machine learning. La technologie combine :

    • Des biomarqueurs d’expression génique.
    • Une analyse automatisée par apprentissage supervisé.
    • Un score algorithmique binaire indiquant une compatibilité ou non avec l’endométriose.

     Une validation clinique en environnement CLIA

    Positionné comme Laboratory Developed Test (LDT), le test a été validé dans un laboratoire certifié Clinical Laboratory Improvement Amendments (CLIA), cadre réglementaire américain applicable aux diagnostics développés et utilisés au sein d’un même laboratoire. Une étude prospective multicentrique a comparé le test sanguin au gold standard (laparoscopie et histologie). Performances rapportées :

    • Spécificité ≥ 90 %
    • Sensibilité ≥ 83 %
    • Exactitude globale ≥ 87 %

    Dénommé HerResolve, le test dispose début 2026 d’une validation CLIA-LDT, avec un dépôt 510(k) auprès de la FDA annoncé. Son déploiement est prévu dans les centres américains de médecine reproductive. Il s’inscrit en complément d’Endotest, test salivaire français fondé sur le séquençage de microARN et l’intelligence artificielle, évalué en 2024 par la Haute Autorité de santé dans le cadre du forfait innovation, illustrant la montée en puissance des diagnostics non invasifs en endométriose.

     

  • Etude : ce que les patients attendent de l’IA médicale (JMIR)

    Jusqu’où l’IA est-elle acceptable en médecine de ville ? Le point de vue des patients

    Ils montrent que si les patients reconnaissent l’utilité de l’IA pour soutenir le travail médical, ils refusent qu’elle prenne seule les décisions médicales et exigent des garanties fortes sur la relation humaine, la gouvernance et la protection des données.

    L’intelligence artificielle s’installe rapidement dans les cabinets de médecine générale. Outils de transcription automatisée, systèmes de triage des demandes, aides au diagnostic ou dispositifs de suivi prédictif promettent de fluidifier l’activité et d’améliorer la qualité des soins. Jusqu’ici, le débat s’est toutefois largement concentré sur les performances des algorithmes, leur capacité à détecter plus tôt une pathologie ou à réduire la charge administrative des praticiens.

    Une question demeure pourtant centrale : à quelles conditions les patients acceptent-ils réellement cette transformation ? Une revue systématique publiée en novembre 2025 dans JMIR AI apporte un éclairage sur ce point. Elle montre que les patients ne rejettent pas l’IA, mais qu’ils en dessinent, souvent de manière implicite, une véritable charte de l’IA acceptable, fondée sur la primauté de la relation humaine, la responsabilité médicale et la souveraineté sur les données de santé.

    Concrètement, les auteurs ont conduit une revue systématique selon un protocole international standardisé, avec une sélection indépendante des études et des critères d’inclusion définis à l’avance, à partir d’une recherche bibliographique menée jusqu’en février 2024 dans cinq grandes bases de données internationales. Sur 1004 publications identifiées, seules six études qualitatives répondaient aux critères d’inclusion.

    Au total, 170 patients, âgés de 13 à 91 ans et issus de trois pays, ont été interrogés dans ces études au moyen d’entretiens individuels et de focus groups. Les données ont ensuite fait l’objet d’une méta-analyse thématique visant à faire émerger les grandes lignes de ce que les patients acceptent — et refusent — dans l’usage de l’IA en médecine de ville.

    Résultats : une source d’espoir et d’anxiété

    Les chercheurs ont identifié trois registres d’attentes :

    1. Comment les patients perçoivent l’IA et ce qu’ils lui reconnaissent
    • Les patients perçoivent l’IA comme potentiellement utile, en particulier pour la documentation, le triage et l’aide au diagnostic.
    • La confiance reste associée à la relation humaine, à l’écoute et à la responsabilité perçue du clinicien.
    • Certains patients voient l’IA comme un espoir dans les situations complexes, d’autres comme une source d’anxiété prédictive.

    2. Les lignes rouges d’une implémentation jugée « responsable »

    Beaucoup craignent une déshumanisation de la consultation, avec une perte d’interactions et de signaux non verbaux.

    • Les biais des données d’entraînement sont perçus comme un risque majeur d’inégalités de soins.
    • La protection des données de santé constitue une ligne rouge, notamment face aux assureurs et acteurs commerciaux.
    • Les patients souhaitent être informés lorsque l’IA intervient dans leur prise en charge.
    • Ils revendiquent explicitement un droit de refus de l’IA dans leur parcours de soins.

    3. Le rôle central du médecin et de la gouvernance

    • Ils refusent toute délégation complète de la décision médicale et exigent que le médecin reste responsable des choix cliniques.
    • Ils demandent une régulation claire, des audits, des certifications et une formation des cliniciens.
    • Aucune des études incluses n’analysait spécifiquement la perception des IA génératives et des LLMs, révélant un angle mort de la recherche.

    Cette revue montre que l’acceptabilité de l’IA en médecine de ville ne dépendra pas seulement de sa précision ou de sa rapidité, mais de la manière dont elle sera intégrée dans la relation de soin. Les patients ne réclament pas une IA toute-puissante, mais une IA « civilisée », placée sous contrôle médical, explicable et respectueuse de leur autonomie. « Les médecins doivent conserver la responsabilité et la supervision de l’usage de l’IA, car c’est cette responsabilité qui fonde la confiance, » préviennent les chercheurs.

    Pour l’écosystème HealthTech, le message est clair : la performance algorithmique ne suffira plus à créer de la valeur. Les solutions qui s’imposeront seront celles capables de démontrer leur traçabilité, leur capacité à être contrôlées, leur conformité au cadre réglementaire européen et leur aptitude à laisser une place réelle au choix du patient. En filigrane, cette étude met donc en lumière un nouvel enjeu : le futur de l’IA médicale se jouera autant sur sa gouvernance que sur son intelligence.

     

    Exploring Primary Care Patients’ Perspectives on Artificial Intelligence: Systematic Literature Review and Qualitative Meta-Synthesis

    Mundzic A, Bogdanffy R, Sundemo D, Sundvall PD, Widén J, Nymberg P, Wikberg C, Moberg A, Gunnarsson R, Entezarjou A

    JMIR AI 2025;4:e72211

    https://ai.jmir.org/2025/1/e72211

     

  • Zerbini à l’ANS, levée de fonds de Nabla, publication de la doctrine du numérique en santé : Retour sur les enseignements de 2025

    📌ANS, AIS, HAS, les directions des grandes institutions publiques renouvelées.

    En 2025‑2026, plusieurs profils à la double compétence médicale et managériale prennent des postes stratégiques dans le système de santé français, de la HAS à la Cnam en passant par l’AIS et l’ANS. Passée par la gestion de crise Covid en Australie et le conseil, Sandrine Desjardins rejoint la HAS comme cheffe de projet scientifique pour le numérique en santé. Spécialiste de l’épidémiologie et des thérapies digitales, Florie Fillol pilote désormais la stratégie nationale d’accélération de l’innovation en prévention à l’AIS. À la tête de l’ANS, Jean‑Christophe Zerbini doit déployer le nouveau Contrat d’Objectifs et de Performance, tandis que Guillaume Couillard, ex‑directeur du GHU Paris, prend en charge la coordination des soins à la Cnam. Enfin, la nomination de la rhumatologue et députée Stéphanie Rist comme ministre de la Santé consacre l’arrivée au pouvoir d’une génération issue du terrain hospitalier et des politiques publiques de long terme.

    👉 Plus de détails sur « 2025 en santé : retour sur cinq nominations clés – Health & tech »

    📌Nabla, Wandercraft, Bioptimus… 240 M€ pour propulser la santé française entre IA, robotique et diagnostic du cancer

    Les cinq champions français de la santé – Wandercraft, Nabla, Bioptimus, Median Technologies et Robeauté – ont levé près de 240 millions d’euros en 2025 pour accélérer leur industrialisation et leur expansion internationale. Wandercraft sécurise 65,5 millions d’euros et multiplie par dix son chiffre d’affaires en trois ans en combinant exosquelettes médicaux Atalante X déployés dans plus de 100 centres de rééducation et robots humanoïdes pour les usines Renault, qui devient son premier client industriel. Nabla, avec 60 millions d’euros de série C et un total de 100 millions levés, traite 20 millions de consultations par an via un assistant médical IA utilisé par plus de 85 000 praticiens dans 55 spécialités, et prépare désormais son offensive européenne après avoir réalisé plus de 95% de son activité aux États-Unis. Bioptimus consolide sa position de leader de l’IA en biologie avec 36 millions d’euros pour ses modèles de fondation multimodaux, tandis que Median Technologies sécurise jusqu’à 61,4 millions d’euros pour le lancement d’eyonis LCS, son logiciel de dépistage précoce du cancer du poumon, en s’appuyant sur 21,8 millions d’euros de revenus iCRO en 2024. Enfin, Robeauté lève 27 millions d’euros pour industrialiser ses microrobots cérébraux miniaturisés, protégés par plus de 50 brevets, et vise une première mise sur le marché en 2028 après des essais cliniques prévus en 2026.

    👉 Plus de détails sur « Nabla, Wandercraft, Bioptimus, retour sur les 5 levées de fonds à retenir en 2025 – Health & tech »

    📌2025 : SNDS renforcé, télésurveillance industrialisée et cybersécurité conditionnant les financements

    En 2025, une vague de décrets et d’arrêtés reconfigure l’usage des données de santé, avec un SNDS renforcé par le décret du 29 décembre 2025 et l’adossement d’un registre national des cancers, afin d’industrialiser les usages pour la décision publique, la recherche et la santé publique. L’Espace numérique de santé s’affirme comme guichet citoyen unique, tandis que la télésurveillance bascule d’un modèle expérimental à un régime de droit commun, avec l’inscription progressive de nouveaux dispositifs médicaux numériques remboursés pour les pathologies chroniques. En parallèle, un programme de financement encadré par l’arrêté du 22 janvier 2025 et la Doctrine du numérique en santé 2025 durcit les exigences d’interopérabilité, de sécurité et de conformité, conditionnant désormais le référencement et les financements à la cybersécurité et au respect des référentiels nationaux. Enfin, la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 fait de ces orientations numériques un levier budgétaire structurant : généralisation des services socles, intégration des DMN et de la télésurveillance dans le droit commun, et pilotage resserré des priorités pour les établissements de santé.

    👉 Plus de détails sur « Une année 2025 de structuration réglementaire pour les usages numériques en santé – Health & tech »

    📌IA en santé : cinq études pour mesurer le réel tournant 2025‑2026

    En 2025, une vague de décrets et d’arrêtés reconfigure l’usage des données de santé, avec un SNDS renforcé par le décret du 29 décembre 2025 et l’adossement d’un registre national des cancers, afin d’industrialiser les usages pour la décision publique, la recherche et la santé publique. L’Espace numérique de santé s’affirme comme guichet citoyen unique, tandis que la télésurveillance bascule d’un modèle expérimental à un régime de droit commun, avec l’inscription progressive de nouveaux dispositifs médicaux numériques remboursés pour les pathologies chroniques. En parallèle, un programme de financement encadré par l’arrêté du 22 janvier 2025 et la Doctrine du numérique en santé 2025 durcit les exigences d’interopérabilité, de sécurité et de conformité, conditionnant désormais le référencement et les financements à la cybersécurité et au respect des référentiels nationaux. Enfin, la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 fait de ces orientations numériques un levier budgétaire structurant : généralisation des services socles, intégration des DMN et de la télésurveillance dans le droit commun, et pilotage resserré des priorités pour les établissements de santé.

    👉 Plus de détails sur « IA : cinq études de référence pour repenser diagnostic, biomarqueurs et régulation en 2025 – Health & tech »

    📌Numérique en santé : 2025 consacre une infrastructure critique centrée sur l’expérience patient et la prévention

    En 2025, le numérique devient une infrastructure critique du système de santé, avec une doctrine renforcée qui conditionne les financements au respect de socles nationaux (Mon espace santé, appli carte Vitale, ordonnance numérique, référentiels d’interopérabilité). La stratégie nationale IA et données de santé s’appuie sur le Health Data Hub, les entrepôts hospitaliers et plus de 120 projets lauréats pour faire passer l’IA d’une promesse à un levier opérationnel en imagerie, triage et santé publique. Parallèlement, la HAS recentre la qualité sur les résultats et l’expérience patient, en généralisant PROMS et PREMS comme outils de pilotage, tandis que le programme ESMS numérique vise l’équipement de 36 000 ESSMS en DUI interopérable d’ici fin 2025 grâce à plus de 600 millions d’euros. Ce tournant se déploie toutefois dans un système sous tension, marqué par de fortes contraintes RH et financières, où la gouvernance de l’IA, la prévention et la réduction des inégalités deviennent des conditions de soutenabilité.

    👉 Plus de détails sur « 2025, l’année où le numérique devient une infrastructure critique – Health & tech »

    📌Santé en France : dépenses record, prévention en retrait et fractures sociales qui se creusent

    En 2024, la dépense courante de santé atteint 333 milliards d’euros (11,4% du PIB) et 7 367 euros par habitant, tandis que la prévention ne représente que 2,3% des dépenses, en dessous de la moyenne OCDE. Si 90% des Français ont déjà utilisé un service numérique de santé, les inégalités d’accès persistent : 4,1% déclarent des besoins médicaux non satisfaits, 16% ont connu un épisode dépressif en 2024 et plus de la moitié n’ont pas consulté. Les capacités hospitalières reculent (45 500 lits supprimés depuis 2013) mais l’hospitalisation partielle progresse, alors que les urgences restent très sollicitées (20,9 millions de passages en 2023). Parallèlement, les données de santé se structurent et s’ouvrent avec plus de 300 extractions via le Health Data Hub et le lancement du portail Odissé, qui doit soutenir une meilleure connaissance des besoins et des risques à l’échelle des territoires.

    👉 Plus de détails sur «Dépenses, accès, prévention : En France, la santé peine à compenser les inégalités d’accès (bilan 2025) – Health & tech»

    📌2026 : plus de 150 rendez-vous santé, une année charnière pour l’IA, le numérique et la régulation

    En 2026, plus de 150 événements santé sont programmés en France, avec une place croissante pour l’IA, le numérique et les données de santé dans les congrès et salons. SANTEXPO attend plus de 30 000 visiteurs et plusieurs centaines d’exposants, tandis qu’EuroPCR rassemble plus de 12 000 spécialistes de la cardiologie interventionnelle autour de dispositifs médicaux et d’outils numériques avancés. De la médecine générale (WONCA Europe) à la radiologie (JFR), la plupart des grandes spécialités intègrent désormais l’IA clinique et l’organisation des parcours de soins au cœur de leurs programmes. En parallèle, les grands rendez-vous internationaux (HIMSS, HLTH Europe, ICT&health) façonnent les feuilles de route en matière de gouvernance des données, d’interopérabilité et de cybersécurité, alors que l’AI Act deviendra pleinement applicable le 2 août 2026 pour les systèmes d’IA à haut risque.

    👉 Plus de détails sur « 150 événements santé en France en 2026 : IA, numérique et grands congrès au rendez-vous – Health & tech »

     

  • 150 événements santé en France en 2026 : IA, numérique et grands congrès au rendez-vous

    2026, une densité événementielle sans précédent dans la santé

    L’année 2026 se distingue par une concentration exceptionnelle d’événements santé, en particulier en France, qui accueille plusieurs rendez-vous européens et mondiaux majeurs. Des congrès médicaux historiques aux salons de la e-santé, en passant par les grandes journées de santé publique, le calendrier reflète l’accélération des transformations du système de soins, sous l’effet combiné de l’innovation technologique, de la pression démographique et des évolutions réglementaires. Selon les données consolidées issues des agendas professionnels et institutionnels, plus de 150 événements santé sont programmés en France en 2026, dont une part croissante intègre des dimensions numériques, d’intelligence artificielle, de données de santé ou d’organisation des parcours de soins.

    La santé numérique s’installe au cœur des grands salons français

    SANTEXPO 2026 : plus de 30 000 visiteurs attendus

    Du 19 au 21 mai 2026, SANTEXPO, organisé par la Fédération Hospitalière de France, demeure le principal carrefour français de l’innovation hospitalière, avec 650 exposants et plus de 30 000 visiteurs attendus.
    Les thématiques numériques — systèmes d’information hospitaliers, interopérabilité, cybersécurité, IA clinique — y occupent une place centrale.

    Tech 4 Health et MedInTechs : vitrines de l’innovation technologique

    Les salons Tech 4 Health (25-26 mars, Paris Expo Porte de Versailles) et MedInTechs (9-10 mars 2026) confirment la structuration d’un écosystème français dédié aux technologies de santé, réunissant startups, industriels, établissements de soins et investisseurs.

    Les congrès médicaux intègrent massivement l’IA et le numérique

    JFHOD 2026 : l’intelligence artificielle au cœur de l’hépato-gastroentérologie

    Les Journées Francophones d’Hépato-gastroentérologie et d’Oncologie Digestive (19-22 mars 2026, Paris) placent explicitement l’intelligence artificielle au centre de leur édition 2026.
    Ce positionnement illustre l’intégration croissante des outils d’aide à la décision clinique et d’analyse d’imagerie dans les spécialités médicales.

    JFR 2026 : radiologie, données et alliance patient-médecin

    Les Journées Françaises de Radiologie (8-11 octobre 2026) abordent la relation entre radiologues, patients et technologies autour du thème : « Patient & Radiologue : une alliance clé – Diagnostic, Traitement, Prévention ». La radiologie reste l’un des champs médicaux les plus avancés en matière d’IA clinique.

    La France, hôte de grands rendez-vous européens et mondiaux

    WONCA Europe 2026 : la médecine générale à l’échelle européenne

    Du 30 juin au 3 juillet 2026, Paris accueille la 30ᵉ conférence WONCA Europe, couplée au 18ᵉ Congrès de Médecine Générale France. Cet événement bilingue rassemble médecins généralistes, chercheurs et décideurs autour des enjeux d’équité, d’accès aux soins et d’innovation organisationnelle.

    EuroPCR 2026 : plus de 12 000 participants en cardiologie interventionnelle

    Organisé à Paris du 19 au 22 mai 2026, EuroPCR reste un référentiel mondial en cardiologie interventionnelle, intégrant des démonstrations de dispositifs médicaux, d’imagerie avancée et d’outils numériques d’aide à la procédure.

    Les grands événements internationaux qui structurent l’agenda français

    Même lorsqu’ils se tiennent hors de France, certains événements internationaux jouent un rôle clé pour les acteurs français.

    • HIMSS Global Health Conference (9-12 mars 2026, Las Vegas)
    • HLTH Europe 2026 (15-18 juin, Amsterdam)
    • ICT&health World Conference (27-29 janvier, Maastricht)

    Ces rendez-vous structurent les feuilles de route en matière de gouvernance des données, interopérabilité, cybersécurité et IA en santé, avec une forte participation d’acteurs européens et français.

    Journées mondiales et campagnes nationales : un calendrier de santé publique dense

    Au-delà des congrès professionnels, 2026 est rythmée par de nombreuses journées et mois de sensibilisation, largement relayés par les acteurs institutionnels, associatifs et les établissements de santé.

    Parmi les temps forts :

    • Mars Bleu : dépistage du cancer colorectal
    • Journée mondiale du rein
    • Journée mondiale de la santé mentale (10 octobre)
    • Octobre Rose
    • Novembre Bleu – cancers masculins
    • Journée mondiale du diabète (14 novembre)

    Ces campagnes structurent les actions de prévention, de communication et de mobilisation territoriale, souvent appuyées par des outils numériques de suivi et de sensibilisation.

    2026, une année charnière sur le plan réglementaire

    2 août 2026 : entrée en vigueur de l’AI Act européen

    Un jalon majeur impacte directement les solutions de santé numérique : l’entrée en vigueur du règlement européen sur l’intelligence artificielle (AI Act) le 2 août 2026.
    Ce cadre réglementaire impose des exigences renforcées pour les systèmes d’IA à haut risque, dont font partie de nombreuses applications médicales.

  • Une année 2025 de structuration réglementaire pour les usages numériques en santé

    SNDS un nouveau cadre juridique pour industrialiser les usages des données de santé en 2025

    En 2025, une série de textes reconfigurent l’usage des données de santé, l’organisation des plateformes numériques et l’industrialisation de la télésurveillance médicale, dans un contexte de forte pression sur la cybersécurité des établissements. La fin d’année est marquée par un renforcement notable du cadre juridique du Système national des données de santé (SNDS). Le décret n° 2025‑1384 du 29 décembre 2025 élargit les possibilités de traitements, de rapprochements et d’appariements, en modifiant le vieux décret n° 82‑103 du 22 janvier 1982, avec l’objectif d’outiller la décision publique, la recherche et l’évaluation des politiques de santé. Ce texte confirme la montée en puissance du SNDS.

    Dans le même mouvement, la création d’un « registre national des cancers », via un décret de décembre 2025 adossant explicitement ce registre au SNDS, illustre la spécialisation  des usages des données de santé pour des pathologies à forte incidence. En structurant à l’échelle nationale la collecte, le chaînage et l’exploitation des données oncologiques, ce registre ouvre des perspectives en matière d’épidémiologie, de suivi des parcours, mais aussi de pilotage des autorisations et de l’offre de soins.Enfin, un décret du 10 décembre 2025 crée un système d’information contribuant directement au SNDS, avec une finalité d’alimentation et de réutilisation des données pour la recherche et la santé publique. Les grands systèmes métiers, au‑delà des seuls entrepôts hospitaliers, doivent s’inscrire dans un écosystème national de données unifié, avec des passerelles juridiques et techniques clairement définies.

    FranceSport  : un décret encadre la collecte de données de santé dans un cadre médico sportif

    Parmi les décrets figure également le décret n° 2025‑407 du 7 mai 2025, relatif à la plateforme France.Sport. Derrière un intitulé sportif, ce texte installe un traitement massif de données – y compris de santé – des sportifs de haut niveau et espoirs, au service de l’optimisation de la performance, de la prévention et de l’accompagnement médico‑sportif.Le décret consacre un régime de « mission d’intérêt public » et de « motifs d’intérêt public important », aligné sur le RGPD, pour justifier la collecte et le partage de données très sensibles, de l’imagerie aux paramètres biologiques, en passant par la charge d’entraînement.

    Espace numérique de santé : un socle consolidé, en attente de décrets complémentaires

    L’espace numérique de santé se déploie aussi sur la base du décret n° 2024‑468, toujours en vigueur, qui cadre la création du compte, l’identifiant, les modalités d’alimentation et les accès. Cet ENS, articulé au dossier médical partagé et aux services numériques tiers, s’impose comme la porte d’entrée citoyenne vers les données de santé, avec des conséquences directes sur les SI hospitaliers (interopérabilité, identitovigilance, gestion des consentements).Le Code de la santé publique prévoit par ailleurs la publication de décrets complémentaires pour préciser certaines conditions de fonctionnement de l’ENS. Même si ces textes sont encore à consolider dans la pratique, la Doctrine du numérique en santé 2025, publiée au printemps, clarifie la feuille de route : sécurité, interopérabilité, référencement dans le catalogue de services, et articulation avec les grands règlements européens (RGPD, NIS2, eIDAS, espace européen des données de santé).

    Une série d’arrêtés structure la télésurveillance en 2025

    En matière de télésurveillance, l’année 2025 n’est pas celle d’un nouveau décret fondateur, mais celle d’une série de textes d’application qui industrialisent le modèle construit depuis le décret n° 2022‑1767 du 30 décembre 2022 et l’arrêté du 24 novembre 2023. Ces textes n° 2022‑1767 et l’arrêté de 2023 définissaient le cadre général de la prise en charge des activités de télésurveillance médicale et les grandes lignes tarifaires et organisationnelles.

    En 2025, plusieurs arrêtés viennent inscrire de nouveaux dispositifs médicaux numériques (DMN) sur la liste de l’article L.162‑52 du Code de la sécurité sociale, comme Cureety Techcare, ou Satelia cardio fin mars également, ou encore Carelink en juillet. Pour les établissements, cela signifie une montée en charge de la télésurveillance pour les pathologies chroniques (cardiologie, oncologie, etc.), avec un élargissement du panel d’éditeurs, des flux à intégrer dans les DPI, et de nouvelles responsabilités en matière de sécurité et de continuité de service.Au‑delà de la technique, cette série d’inscriptions acte le passage d’un modèle expérimental (programme ETAPES) à un modèle de droit commun, structuré, négocié et piloté par les caisses. Les directions d’hôpitaux doivent désormais arbitrer entre solutions, organiser les équipes médicales et paramédicales autour du télé‑suivi, et intégrer ces trajectoires numériques dans les projets médicaux de territoire.

    Consolidation des infrastructures et gestion des risques numériques

    En arrière‑plan de ces évolutions, la cybersécurité. Un arrêté du 22 janvier 2025 vient ajuster un programme de financement destiné à renforcer la sécurité des établissements, prolongeant la logique des plans précédents : audits, segmentation, gestion des accès distants, PRA/PCA, sécurisation des postes et des applications critiques. L’enjeu n’est pas uniquement de financer de nouveaux usages, mais de consolider les infrastructures existantes pour limiter l’exposition aux rançongiciels qui ont durement frappé les hôpitaux ces dernières années.Dans le même esprit, un arrêté du 19 juin 2025 modifie les critères de référencement des services et outils numériques au catalogue national, durcissant les exigences en interopérabilité, sécurité, qualité et conformité aux référentiels officiels. Pour les éditeurs comme pour les établissements, le signal est : sans conformité aux référentiels de la Doctrine 2025, pas de référencement, donc pas de financement fléché ni de déploiement à grande échelle.

    Loi de financement 2026

    Enfin, la publication au Journal officiel du 31 décembre 2025 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, issue du PLFSS adopté le 16 décembre, clôt l’année réglementaire. Ce texte fixe l’ONDAM et encadre les ressources et dépenses du système de protection sociale pour l’année à venir. Il devient également le support budgétaire et juridique des orientations numériques portées par les décrets publiés en 2025 : déploiement généralisé des services socles (ENS, DMP, téléservices), conditionnement de financements à la conformité aux référentiels, intégration progressive des dispositifs médicaux numériques et de la télésurveillance dans le droit commun.

    Ces décrets et arrêtés, mis bout à bout, dessinent une régulation de plus en plus systémique : un SNDS renforcé et diversifié, des plateformes sectorielles qui préfigurent de nouveaux usages de données sensibles, un ENS qui s’impose comme guichet unique citoyen, une télésurveillance qui s’industrialise, et une cybersécurité qui devient condition de survie autant que d’éligibilité au financement.​  Pour les directeurs d’hôpitaux, ce paysage impose de revoir la hiérarchie des priorités : intégrer les projets de télésurveillance dans la stratégie médicale et financière, investir dans la gouvernance de la donnée et les DPO, renforcer les équipes SSI, et anticiper l’impact des futurs textes européens sur l’espace européen des données de santé.

     

  • Dépenses, accès, prévention : En France, la santé peine à compenser les inégalités d’accès (bilan 2025)

    Bien que la France investisse davantage que la moyenne OCDE en santé (11,5 % du PIB), elle consacre moins à la prévention (2,3 % des dépenses), et peine à répondre à certains besoins en soins non satisfaits.

    Etat de santé des Français : des résultats globalement meilleurs que la moyenne OCDE

    L’édition 2025 du Panorama de la santé de l’OCDE positionne la France au-dessus de la moyenne sur 6 des 10 indicateurs clés liés à l’état de santé et aux facteurs de risque. L’espérance de vie atteint 83 ans, soit 1,9 an de plus que la moyenne OCDE. Les mortalités évitables (114 pour 100 000) et par traitement (48 pour 100 000) y sont également inférieures à la moyenne. En revanche, certains indicateurs sont moins favorables : le taux de suicide s’élève à 13 pour 100 000 habitants (contre 11 en moyenne OCDE) et près de 10 % des Français estiment être en mauvaise ou très mauvaise santé (contre 8 % dans l’OCDE).

    La France affiche une prévalence du tabagisme de 23,1 %, nettement supérieure à la moyenne OCDE de 14,8 %. La consommation d’alcool y est également plus élevée (10,4 litres/hab. vs 8,5). En revanche, la part d’adultes physiquement inactifs (27 %) et l’obésité autodéclarée (14 %) restent inférieures à la moyenne.

    Des marges d’amélioration dans l’accès et la qualité des soins

    Le pays se distingue par une couverture universelle des soins de base, alors que la moyenne OCDE est de 98 %. Elle dépasse également la moyenne pour la part des dépenses couvertes par le prépaiement obligatoire (84 % contre 75 %). Cependant, 4,1 % des Français déclarent des besoins médicaux non satisfaits, au-dessus de la moyenne OCDE (3,4 %). De plus, seulement 60 % des Français se disent satisfaits de la disponibilité des soins de qualité (contre 64 % en moyenne). En matière de qualité des soins, les résultats sont contrastés : la vaccination DTC des enfants atteint 96 % (au-dessus de la moyenne), mais le dépistage du cancer du sein concerne seulement 47 % des femmes (contre 55 %). La prescription d’antibiotiques reste élevée.

    11,5 % du PIB pour la santé, un investissement important, une prévention encore marginale

    Avec 7 367 euros par habitant, la France figure parmi les pays les plus dépensiers en santé (OCDE : 5 967 euros ). Cette dépense représente 11,5 % du PIB, soit plus de deux points au-dessus de la moyenne. Malgré cet effort, la part consacrée à la prévention reste modeste (2,3 % des dépenses de santé, contre 3,4 % dans l’OCDE). La France dispose d’un nombre moyen de médecins (3,9 pour 1 000 habitants), mais moins d’infirmiers (8,8 pour 1 000 contre 9,2) et surtout de personnel en soins de longue durée pour les plus de 65 ans (2,8 pour 100 personnes âgées contre 5 dans l’OCDE).

    Plus de lits, mais moins de dispositifs d’imagerie

    Le pays dispose de 5,4 lits d’hôpital pour 1 000 habitants, au-dessus de la moyenne OCDE (4,2). Toutefois, avec 44 équipements d’IRM, TDM ou TEP par million d’habitants, la France reste en deçà des 51 appareils en moyenne dans les pays de l’OCDE. Autre indicateur en retrait : la part des médicaments génériques dans le marché pharmaceutique est de 42 %, contre 56 % dans l’OCDE.

    Un adulte sur cinq dort moins de 6 heures par nuit, un tiers souffre d’insomnie

    L’édition 2024 du Baromètre de Santé publique France met en évidence des usages encore éloignés des recommandations de santé, et des disparités marquées selon les profils sociaux et économiques. Un peu plus d’un adulte sur cinq (22 %) déclare avoir dépassé, au cours des 7 derniers jours, les repères de consommation à moindre risque définis par Santé publique France. Le tabagisme quotidien concerne 17 % des adultes. La prévalence varie fortement selon l’âge : elle culmine à 22 % entre 40 et 59 ans, puis diminue chez les plus âgés. Les hommes (20 %) fument davantage que les femmes (15 %). Le temps de sommeil moyen est de 7h32 par 24h (siestes comprises), stable quel que soit le sexe. Cependant, 33 % des personnes se plaignent d’insomnie (difficultés d’endormissement ou réveils nocturnes), et 21,5 % sont considérées comme des « courts dormeurs » (≤ 6 h/nuit). Un peu plus d’un quart des adultes (28 %) déclarent passer plus de 7 heures par jour en position assise, en dehors du sommeil. Les étudiants sont les plus concernés (53,5 %), suivis des cadres (48,5 %).

    Ce comportement sédentaire est plus fréquent parmi les personnes diplômées du supérieur (43 %), et celles déclarant une situation financière aisée (39 %), ce qui traduit une sédentarité davantage liée aux modes de vie professionnels et sociaux favorisés. Quatre adultes sur dix déclarent pratiquer régulièrement une activité physique de loisir. Les hommes (42 %) sont légèrement plus actifs que les femmes (39 %), avec un pic chez les 18-29 ans (44 %) et une baisse progressive avec l’âge. L’adhésion globale à la vaccination reste élevée (80 %), en progression par rapport à 2005 (61 %). Toutefois, 37 % des répondants expriment une opposition à certaines vaccinations. La Covid-19 concentre le plus de réticences (25 %), suivie de la grippe (7 %) et des hépatites (2 %). Plus d’un quart (28 %) des personnes interrogées déclarent avoir été exposées à au moins un événement climatique extrême au cours des deux dernières années (canicule, tempête, feu de forêt, inondation, sécheresse). Parmi elles, 37 % rapportent en avoir souffert physiquement (fatigue, maux de tête, vertiges), et 25,5 % psychologiquement. 71 % des personnes anticipent une nouvelle exposition d’ici deux ans, dont la majorité redoute des impacts sur leur santé mentale ou physique.

    Santé mentale : 16 % des adultes ont connu un épisode dépressif en 2024, plus de la moitié sans recours aux soins

    Selon les résultats du Baromètre 2024 de Santé publique France, 16 % des adultes âgés de 18 à 79 ans ont connu un épisode dépressif caractérisé (EDC) au cours des douze derniers mois. Le phénomène touche particulièrement les jeunes adultes (22 % des 18-29 ans), les femmes (18 % contre 13 % des hommes), les personnes en situation de précarité financière (28 % contre 9 % chez celles à l’aise financièrement), ainsi que les chômeurs (25 %), les inactifs (24 %) et les étudiants (22 %). Malgré cette prévalence, 56 % des personnes concernées n’ont pas consulté de professionnel de santé ou de santé mentale. Les principaux freins identifiés sont le coût des consultations, la crainte de la stigmatisation, ainsi que le manque d’information sur les ressources existantes, comme le révèle également une enquête CoviPrev. Aussi, les données de l’enquête EpiCov, met en évidence une augmentation des pensées suicidaires dans la population entre 2020 et 2022.

    Sur la même période, les recours aux spécialistes progressent : 6 % des adultes ont consulté un psychologue (+2 points) et 3 % un psychiatre (+1 point), tandis que les consultations de médecine générale pour motif psychologique reculent (5 %, -2 points). Les psychologues deviennent le principal recours en santé mentale. Au total, 11,4 % de la population ont eu recours à un professionnel de santé pour un motif psychologique entre l’été 2021 et l’automne 2022.

    L’étude souligne la persistance et l’amplification d’inégalités face à la santé mentale. Elle alerte sur la concentration de facteurs de risque chez certaines populations, notamment les jeunes femmes, et appelle à renforcer les actions de prévention ciblées et les réponses adaptées dans le système de soins.

    Ce changement a eu un effet sur les délais d’accès : le pilotage des projets est désormais plus fluide, avec une visibilité sur les temps de traitement. Des indicateurs ont été mis en place pour affiner le suivi, selon la typologie des projets. Le concentrateur, accessible via un portail web, permet également aux établissements de santé de gérer des projets multicentriques et de suivre l’avancement des traitements de leurs données. L’usage du concentrateur s’inscrit dans un travail d’industrialisation des processus du HDH, mené avec la CNAM et le ministère de la Santé. L’objectif est de simplifier les démarches administratives et de clarifier les procédures d’accès et de réutilisation. Dans ce cadre, le HDH contribue également à l’analyse d’impact du règlement européen EHDS sur les fonctions des organismes d’accès aux données de santé (HDABs).

    Outre la base principale, le HDH poursuit l’enrichissement du catalogue du SNDS, qui comptera 22 bases début 2025. Parmi elles, 12 nouvelles sources ont été validées par la CNIL en février 2025, dont P4DP (entrepôt de médecine de ville), EPICOV, ESME ou BNDMR. Le Hub travaille également à l’intégration des métadonnées selon le standard européen HealthDCAT-AP et au format OMOP-CDM pour améliorer l’interopérabilité à l’échelle européenne.

    Capacités hospitalières : 45 500 lits supprimés depuis 2013 mais un repli compensé par l’essor de l’hospitalisation partielle

    En 2024, 2 965 entités géographiques disposaient de capacités d’accueil en France, regroupant 367 300 lits en hospitalisation complète et 91 200 places en hospitalisation partielle. Le nombre d’établissements de santé reste stable : 1 330 hôpitaux publics, 655 établissements privés à but non lucratif, et 980 cliniques privées. Les établissements publics concentrent 61 % des lits et 51 % des places. La baisse du nombre d’entités observée depuis 2013 (-5 %) s’explique principalement par les réorganisations dans le secteur public (-6,3 %).

    La diminution des lits en 2024 est principalement portée par les hôpitaux publics (-1 100 lits) et les cliniques privées (-1 000), tandis que les établissements privés à but non lucratif en gagnent 100. Cette contraction s’explique par les évolutions organisationnelles et les tensions en personnel. Depuis 2013, 45 500 lits ont été supprimés (-11 %). En parallèle, le nombre de places en hospitalisation partielle continue d’augmenter (+3,1 % en 2024, après +4 % en 2023), tiré notamment par les hôpitaux publics en MCO (+5,6 %) et les cliniques privées en moyen séjour (+8,4 %).

    237 200 médecins en activité, un exercice de plus en plus mixte

    La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques recense 237 200 médecins en activité au 1er janvier 2025, soit une hausse de 1,6 % par rapport à l’année précédente. Cette progression s’inscrit dans une tendance longue : +9,9 % depuis 2012, en partie grâce à l’augmentation du numerus clausus entre 2000 et 2020 et à la montée en charge des médecins diplômés à l’étranger, désormais 11 % contre 7 % en 2012. Après six années de baisse continue, le nombre de médecins généralistes repart à la hausse : +1 % en un an, avec 100 000 praticiens recensés début 2025. Ce retournement est à mettre en perspective avec les effets de la création de nouvelles spécialités comme la médecine d’urgence ou l’allergologie en 2017, qui avaient contribué à reclasser une partie des généralistes. Les médecins de spécialités hors médecine générale sont désormais 137 200. Les psychiatres forment le premier contingent (16 000), suivis des chirurgiens (14 300), des anesthésistes-réanimateurs (13 500) et des spécialistes médico-techniques (13 200).

    Mon espace santé : 17 millions d’activations en trois ans, mais les associations appellent à accélérer

    Trois ans après son lancement, Mon espace santé compte 17 millions de comptes activés, soit plus d’un Français sur quatre. L’année marque une accélération : 6,5 millions de nouveaux utilisateurs, 2,5 millions de connexions mensuelles et 5 millions de téléchargements de l’application mobile, dont la moitié des usagers sont actifs d’un mois sur l’autre. Ce dynamisme s’explique par la généralisation du dépôt automatisé des documents médicaux : 300 millions de fichiers ont été intégrés à la plateforme, et 12 millions de personnes en ont consulté au moins un sur l’année. Chacun peut visualiser l’historique des accès, gérer les autorisations et consulter ses documents.

    France Assos Santé, qui salue les avancées de l’année écoulée, appelle néanmoins à un renforcement rapide du service. La fédération pointe les freins techniques, mais surtout le manque d’appropriation par les professionnels de santé, dont les usages restent limités par des contraintes organisationnelles.

    L’association relaie plusieurs recommandations issues du Comité citoyen de la Délégation ministérielle du numérique en santé, notamment :

    • Permettre la délégation d’accès à un aidant de manière encadrée.
    • Enrichir les contenus de prévention ciblée.
    • Rendre l’espace unifié de gestion des droits sur les données plus lisibles, notamment pour la recherche.
    • Clarifier les rubriques dédiées aux directives anticipées et à la désignation d’une personne de confiance.

    Santé publique France ouvre Odissé, un portail open data pour accéder à plus de 90 indicateurs de santé

    Le 2 décembre 2025, Santé publique France a mis en ligne Odissé, son nouveau portail open data. Il regroupe l’ensemble des indicateurs produits par l’agence à partir de plus de 70 systèmes de surveillance, d’enquêtes, et de son expertise scientifique. Conçu comme un outil de diffusion, Odissé permet d’explorer des données couvrant environ 90 pathologies ou déterminants de santé, en France métropolitaine comme dans les territoires ultramarins. Ces indicateurs concernent des thématiques variées : maladies chroniques ou infectieuses, santé environnementale, santé au travail ou encore comportements à risque (tabac, alcool, etc.). Certains sont accessibles jusqu’au niveau intercommunal (EPCI), permettant des analyses territorialisées fines.

    Odissé se veut accessible à une grande diversité d’utilisateurs : professionnels de santé publique, chercheurs, décideurs, collectivités, journalistes ou citoyens. Il remplace Géodes, lancé en 2019, en proposant une ergonomie améliorée, un moteur de recherche enrichi par intelligence artificielle et des outils d’export avancés. Santé publique France accompagne ce lancement de deux tutoriels vidéo pour faciliter la prise en main selon les profils d’usage. L’ouil intègre une API facilitant l’extraction et l’intégration des données dans des projets de recherche ou d’analyse indépendants. L’objectif : encourager la réutilisation massive et structurée de données actualisées, fiables et documentées.

  • 2025 en santé : retour sur cinq nominations clés

    4 mars : Sandrine Desjardins nommée cheffe de projet scientifique à la mission du numérique en santé de la HAS

    Diplômée d’un doctorat en chirurgie dentaire de l’Université Paris Cité en 2010, complété par un diplôme universitaire en dermatologie buccale et plusieurs certifications en gestion de projet et en stratégie d’entreprise (HEC Paris, Centrale Lille), Sandrine Desjardins a débuté sa carrière en tant que chirurgien-dentiste, avant d’élargir progressivement son champ d’expertise vers la gestion de projets en santé publique et l’innovation numérique.

    Après plusieurs années d’exercice en tant que praticienne dans divers centres de santé et cabinets dentaires, elle rejoint l’Agence régionale de santé d’Île-de-France en 2016 comme experte en odontologie. Dans ce rôle, elle joue un rôle clé dans l’évaluation des demandes d’ouverture de centres de santé et la mise en place de programmes visant à améliorer les soins bucco-dentaires pour les personnes en situation de handicap. En 2020, en pleine crise sanitaire, elle s’engage en Australie au sein du département de la santé de l’État de Victoria. Elle y occupe des postes de responsabilité croissante, passant de team leader de la Covid Coordination Unit à operations manager en seulement quelques mois. À ce dernier poste, elle encadre une équipe de 150 personnes et assure la coordination des stratégies sanitaires locales pour faire face à la pandémie. Forte de cette expérience internationale en gestion de crise, elle rejoint BearingPoint en octobre 2023 en tant que consultante dans le secteur public. Elle y pilote des projets de conduite du changement, notamment pour la formation de milliers d’agents municipaux, et participe à la rédaction de recommandations stratégiques en lien avec les politiques publiques de santé.

    En mars 2025, Sandrine Desjardins franchit une nouvelle étape en intégrant la HAS en tant que cheffe de projet scientifique pour la mission du numérique en santé.

    11 mars 2025 : Florie Fillol devient coordinatrice de la stratégie d’accélération innovation en prévention à l’Agence de l’Innovation en Santé

    Diplômée d’un doctorat en biologie-santé et épidémiologie de l’Université de Montpellier, complété par des formations en biostatistique, intelligence artificielle et management de projets innovants, Florie Fillol entame sa carrière en 2009 à l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) en tant que responsable de projet scientifique. Elle y analyse les facteurs de risque d’obésité chez l’adulte et contribue à des études sur les régimes amaigrissants. Elle rejoint ensuite Sanofi Pasteur MSD en 2010 en tant qu’épidémiologiste responsable des vaccins pédiatriques, où elle suit des études épidémiologiques européennes et rédige des dossiers réglementaires pour les autorités de santé. En 2011, elle poursuit son expertise en épidémiologie en devenant consultante indépendante chez Epi-advice, où elle travaille sur la recherche et l’analyse de données pour des soumissions à l’Agence européenne des médicaments (EMA).

    En 2012, elle rejoint Biomouv en tant que directrice scientifique. Elle joue un rôle clé dans la conception et l’évaluation clinique des thérapies digitales (DTx) en prévention, en rédigeant des protocoles d’études et en mettant en place des collaborations avec des laboratoires pharmaceutiques. Elle est également à l’initiative de la mise en conformité des projets avec le RGPD et pilote une thèse CIFRE sur l’impact des DTx dans les parcours de soins.

    Après cette immersion dans le secteur des dispositifs numériques de prévention, elle rejoint l’Institut national du cancer (INCa) en 2020 comme responsable de projets en innovation, évaluation et dépistage. Pendant plus de trois ans, elle pilote des initiatives visant à intégrer de nouvelles technologies et méthodes d’évaluation dans les stratégies de prévention et de dépistage du cancer. Elle élargit ensuite son champ d’action en intégrant l’Agence de l’innovation en santé (AIS) en 2023, où elle devient responsable des projets prévention et accompagnement des innovations. À ce poste, elle participe activement à la structuration de la stratégie nationale de prévention et d’évaluation des innovations en santé. En mars 2025, Florie Fillol est promue coordinatrice de la stratégie d’accélération innovation en prévention à l’AIS. Dans ce rôle, elle est chargée de définir et de piloter la feuille de route nationale pour l’innovation en prévention, en articulant les stratégies publiques et les initiatives privées.

    13 octobre : Stéphanie Rist nommée ministre de la Santé, de l’Autonomie et des Personnes handicapées

    Députée du Loiret depuis 2017 et médecin rhumatologue au CHU d’Orléans, Stéphanie Rist a été nommée ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées le 13 octobre.

    Diplômée en médecine à l’Université Paris Cité et titulaire d’un DES de rhumatologie obtenu au CHRU de Tours, Stéphanie Rist a débuté sa carrière à l’AP-HP, en tant que cheffe de clinique en médecine interne à l’hôpital Louis-Mourier. Elle rejoint ensuite le CHR d’Orléans, où elle exerce comme praticienne hospitalière puis cheffe du service de rhumatologie, avant de devenir vice-présidente de la commission médicale d’établissement (CME). Engagée dans la gouvernance hospitalière, elle complète son parcours par un master en gestion et politiques de santé à Sciences Po (2015), avant de se lancer en politique.

    Députée depuis plus de 8 ans, Stéphanie Rist s’est imposée comme l’une des voix fortes du groupe présidentiel sur les sujets de santé. Rapporteur générale de la commission des affaires sociales, elle a notamment porté la loi du 19 mai 2023 visant à améliorer l’accès aux soins par la confiance aux professionnels de santé, texte structurant dans la redéfinition des pratiques avancées et de la coopération interprofessionnelle.

    À la tête du ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Stéphanie Rist hérite d’un périmètre large et sensible : poursuite du Ségur de la santé et du pacte de refondation de l’hôpital, pilotage de la réforme des ARS et de la territorialisation des politiques de santé, consolidation de la stratégie nationale de prévention et du soutien aux aidants, articulation avec les politiques du grand âge et du handicap.

    8 décembre : Jean-Christophe Zerbini nommé directeur général de l’Agence du Numérique en Santé

    Jean-Christophe Zerbini est directeur de l’ANS depuis le 8 décembre 2025, avec pour mission de piloter la nouvelle feuille de route stratégique de l’agence. Ingénieur diplômé de l’IMAC en réseaux et télécoms, il a débuté sa carrière dans les années 1990 en tant qu’administrateur système et chef de projet en architecture réseau et cybersécurité, avant d’évoluer vers des postes de conseil et de direction informatique, en métropole comme en outre-mer. Il rejoint le secteur hospitalier en 2011, d’abord au centre hospitalier d’Annecy, puis à celui d’Auch, où il prend la responsabilité des systèmes d’information, de la logistique et des achats. En 2018, il prend la direction du GIP e-santé Occitanie, où il structure une offre régionale de services numériques et renforce la coopération entre les acteurs publics et privés. Il préside le Collège national des Groupements régionaux d’appui au développement de la e-santé (GRADeS) et siège au conseil d’administration de l’ANS, contribuant activement à ses orientations stratégiques. En 2023, il fonde une start-up centrée sur la télésurveillance des patients atteints de pathologies chroniques cardiaques et respiratoires, témoignant de son engagement pour une e-santé proche du terrain et ancrée dans les usages.

    En tant que directeur général de l’ANS, Jean-Christophe Zerbini sera chargé de piloter la mise en œuvre du Contrat d’Objectifs et de Performance (COP) de l’agence, qui visera à renforcer l’usage des services numériques, améliorer la lisibilité des actions et anticiper les évolutions réglementaires nationales et européennes.

    18 décembre : Guillaume Couillard nommé directeur délégué à la gestion et à l’organisation des soins de la Cnam

    Diplômé de l’École polytechnique et de l’École des Ponts et Chaussées, titulaire d’un DEA « Décisions publiques, institutions et organisations/économie publique », Guillaume Couillard débute sa carrière à la direction de la Sécurité sociale, où il supervise la transformation de la branche accidents du travail et maladies professionnelles. Il rejoint ensuite la Direction générale de la modernisation de l’État, suivant pour les ministères sociaux les dossiers de performance hospitalière, notamment dans les CHU. En 2010, il devient adjoint du sous-directeur de l’Assurance-maladie. De 2013 à 2017, il exerce les fonctions de directeur adjoint des Hospices civils de Lyon. Il y pilote notamment les affaires financières, les ressources matérielles, les plateaux techniques et les systèmes d’information.

    En 2017, il rejoint le cabinet du Premier ministre Édouard Philippe en qualité de conseiller technique pour la santé, le grand âge et le handicap. Il contribue à la mise en œuvre de la stratégie nationale « Ma Santé 2022 », au suivi du financement du système de santé et à la gestion gouvernementale de la crise sanitaire liée à la Covid-19. Depuis septembre 2020, Guillaume Couillard dirige le GHU Paris psychiatrie et neurosciences, établissement public de santé mentale et de recherche en neurosciences. En parallèle de ses fonctions de direction, il est co-auteur de l’ouvrage L’hôpital apprenant, l’amélioration continue au service du soin (Eyrolles, 2024), aux côtés de Michael Ballé et Anne Lise Seltzer, et membre du Cercle Asclépios présidé par Franck von Lennep.

    En tant que directeur délégué à la gestion et à l’organisation des soins de la Cnam, il est chargé de conduire la politique de coordination des soins entre les acteurs de santé, de renforcer la performance du service public de l’Assurance-maladie et de poursuivre la modernisation des dispositifs d’appui aux professionnels.

     

  • IA : cinq études de référence pour repenser diagnostic, biomarqueurs et régulation en 2025

    Eléments clés :

    • Cinq études de npj Digital Medicine clarifient les usages et limites de l’IA en santé ;
    • exactitude diagnostique globale de 52,1% pour l’IA générative, inférieure aux experts mais proche des non‑experts ;
    • imagerie de fond d’œil et machine learning atteignant des AUROC jusqu’à 96,9% pour le dépistage du TDAH ;
    • plateforme NetraAI permettant des gains d’AUC jusqu’à +0,32 et une exactitude jusqu’à 100% sur des sous‑groupes ciblés ;
    • introduction d’un « label » IA en amont dans la filière AVC, avec reconfiguration des parcours et des responsabilités ;
    • proposition de loi américaine ouvrant à une IA prescriptrice, dans un contexte de fragilisation des capacités de supervision de la FDA.

    En 2025, plusieurs travaux publiés dans npj Digital Medicine ont marqué une inflexion importante dans la compréhension des usages et limites de l’intelligence artificielle (IA) en santé, tant sur le plan clinique que sur les plans organisationnel, réglementaire et méthodologique.

    L’article de Takita et al., issu de l’Osaka Metropolitan University et de plusieurs institutions japonaises, propose une méta‑analyse systématique comparant la performance diagnostique des modèles d’IA générative aux médecins dans de multiples spécialités.

    Geraci et al., au sein de NetraMark Corp. (Canada) et du National Institute of Mental Health (États‑Unis), démontrent l’usage d’une plateforme d’IA explicable, NetraAI, pour l’enrichissement de protocoles d’essais cliniques de phase II en psychiatrie.

    Choi et al., de l’Université Yonsei (Corée du Sud), explorent la photographie de fond d’œil comme biomarqueur non invasif du trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) via des modèles de machine learning (ML).

    En parallèle, D’Adderio et Bates (Université d’Édimbourg et Harvard) analysent la transformation des pratiques de diagnostic sous l’effet de l’IA, en particulier dans la prise en charge hyperaiguë de l’AVC.

    Enfin, Gilbert, Dai et Mathias (TU Dresden, Johns Hopkins) discutent les implications de la proposition de loi américaine ouvrant la voie à une IA prescriptrice autonome dans un contexte de fragilisation de la capacité de supervision de la FDA.

    L’objectif de cet article est d’analyser de manière intégrée ces cinq contributions, sélectionnées pour la force de leurs métriques et de leur impact conceptuel, afin d’identifier les principaux enseignements pour les acteurs de la santé numérique en matière de diagnostic assisté ou automatisé, de conception de biomarqueurs, de méthodologies d’essais cliniques, de transformation organisationnelle et de cadres réglementaires. L’enjeu central est de comprendre comment ces résultats, parfois contrastés, doivent orienter les stratégies d’investissement, de conception de produits et de gouvernance de l’IA en santé.

    Performance diagnostique de l’IA générative : promesses et limites

    L’étude de Takita et al. constitue à ce jour la synthèse la plus exhaustive de la performance diagnostique des grands modèles génératifs en comparaison des médecins, couvrant 83 études publiées entre juin 2018 et juin 2024 dans de nombreuses spécialités. Les auteurs rapportent une exactitude diagnostique globale de 52,1% pour les modèles d’IA générative (IC 95 % 47,0–57,1), sans différence significative avec les médecins dans l’ensemble, mais avec des écarts importants selon le niveau d’expertise. La précision des médecins était en moyenne supérieure de 9,9 points (IC 95 % 2,3 à 22,0 ; p = 0,10) et de 0,6 point pour les médecins non experts (IC 95% −14,5 à 15,7 ; p = 0,93), alors que les IA étaient significativement inférieures aux experts (différence de 15,8 points ; IC 95 % 4,4–27,1 ; p = 0,007).

    Sur 18 371 publications identifiées, seules 83 ont été incluses, illustrant le degré de sélection nécessaire pour disposer de jeux de données réellement exploitables et évalués. Les modèles les plus évalués sont GPT‑4 (54 articles) et GPT‑3.5 (40 articles), tandis que GPT‑4V, PaLM 2, Llama 2, Llama 3, Claude 3, Gemini 1.5 Pro et Perplexity ne sont présents que dans un nombre plus limité d’études. La majorité des travaux présente un risque de biais jugé élevé par PROBAST (76 études sur 83), principalement du fait de petites tailles d’échantillon et de l’absence de transparence sur les données d’entraînement. Cette hétérogénéité méthodologique rend les résultats prometteurs mais non encore généralisables pour des décisions cliniques à haut risque.

    Dans les comparaisons directes, certains modèles (GPT‑4, GPT‑4o, Llama 3 70B, Gemini 1.0 Pro, Gemini 1.5 Pro, Claude 3 Sonnet, Claude 3 Opus, Perplexity) atteignent des performances proches de médecins non experts dans certains contextes, sans différence significative. En revanche, GPT‑3.5, GPT‑4, Llama 2, PaLM 2, Mistral 7B, Mixtral et Med‑42 restent significativement en dessous des experts pour l’exactitude diagnostique. Les analyses par spécialité montrent peu de différences entre médecine générale et la plupart des domaines, à l’exception notable de l’urologie et de la dermatologie, où les écarts sont significatifs (p < 0,001). En dermatologie, cette meilleure performance relative est interprétée comme le reflet de la force des modèles sur des tâches de reconnaissance de patterns visuels, mais les auteurs soulignent que la discipline exige une intégration de facteurs cliniques complexes dépassant la seule analyse d’images.

    Pour les décideurs, ces résultats impliquent que l’IA générative peut tendre vers une performance de niveau « junior » ou « non expert » dans de nombreuses situations, tout en restant systématiquement inférieure aux experts, en particulier dans les scénarios complexes utilisant des données issues de dossiers médicaux électroniques détaillés. L’étude cite des travaux montrant que la performance peut se dégrader dans ces contextes riches, ce qui appelle à une prudence particulière pour les cas à forte complexité et à forte conséquence clinique. La principale valeur ajoutée à court terme apparaît dans des contextes d’augmentation de compétences (augmenter la performance de non‑experts, triage, formation) plutôt que dans une perspective de substitution des experts.

    Biomarqueurs et screening : l’exemple du TDAH par imagerie rétinienne

    Choi et al. démontrent le potentiel d’un biomarqueur purement numérique fondé sur imagerie rétinienne pour le screening du TDAH et la stratification de certaines dimensions de fonctions exécutives. L’étude inclut 646 participants de moins de 19 ans (323 TDAH, 323 témoins à développement typique) dans deux hôpitaux tertiaires Coréens, avec au total 1108 photographies de fond d’œil après exclusion des images de mauvaise qualité via la pipeline AutoMorph. Les modèles ML (Random Forest, XGBoost, Extra Trees, régression logistique) atteignent des AUROC comprises entre 95,5% et 96,9% pour discriminer TDAH et témoins, avec le meilleur modèle (XGBoost) affichant une sensibilité de 91,6% (IC 95 % 89,7–93,7) et une spécificité de 92,0% (IC 95 % 90,1–93,9).

    Les explications par SHAP mettent en évidence l’importance de la densité vasculaire rétinienne, de la largeur moyenne des vaisseaux et de paramètres du disque optique. Les enfants avec TDAH présentent en moyenne une vascularisation plus dense et des vaisseaux plus épais, avec toutefois des artères plus fines dans la zone péripapillaire (zone B), ainsi que des disques optiques et cupules de plus petite taille. Ces altérations sont discutées à la lumière du rôle de la dopamine dans le développement rétinien, les processus synaptiques et la régulation de la perfusion vasculaire. L’article rappelle les données d’électrorétinogramme (ERG) montrant un « bruit de fond » accru, une diminution de l’onde a chez les filles et une augmentation de l’onde b dans le TDAH, suggérant un impact fonctionnel de ces altérations structurales.

    S’agissant de la stratification des fonctions exécutives, les performances sont plus contrastées. Les modèles atteignent des AUROC jusqu’à 87,3% pour la visual selective attention (VSA) et 85,8% pour le sustained attention response task (SART), avec 14 modèles sur 15 dépassant 0,7 dans le domaine VSA et la totalité dans le SART. En revanche, les performances sont nettement plus faibles en attention auditive (ASA), avec seulement une minorité de modèles dépassant 0,8, et les modèles de stratification de la sévérité clinique (K‑ARS) restent globalement autour de 0,6 d’AUROC. La capacité à distinguer TDAH et autisme à partir des seules images rétiniennes est également limitée (AUROC maximale 63%), suggérant que ce biomarqueur n’est pas spécifique d’un trouble du neurodéveloppement particulier.

    Pour les acteurs industriels et les systèmes de soins, cette étude illustre trois enseignements. D’abord, un biomarqueur numérique très focalisé (fond d’œil) peut atteindre une performance de screening comparable ou supérieure aux tests comportementaux standard tout en restant non invasif et scalable. Ensuite, la valeur de ces biomarqueurs semble plus forte pour des dimensions spécifiques (attention visuelle) que pour la sévérité globale des symptômes, ce qui plaide pour des cas d’usage centrés sur le triage et la stratification fonctionnelle plutôt que sur le diagnostic différentiel. Enfin, la généralisation sera conditionnée par la validation externe, la diversité des populations (l’étude étant limitée à deux centres sud‑coréens) et l’intégration dans des parcours où les comorbidités fréquentes du TDAH sont la norme plutôt que l’exception.

    IA explicable et essais cliniques de précision : l’apport de NetraAI

    Geraci et al. présentent NetraAI, une plateforme d’IA explicable conçue pour résoudre le problème du « small n, large p » caractéristique des essais de phase II, en identifiant des sous‑populations de patients très répondeurs à partir de données cliniques et d’imagerie multi‑dimensionnelles. L’exemple empirique est un essai de phase II sur la kétamine dans la dépression résistante (n = 63), dans lequel NetraAI analyse 175 variables cliniques et 185 caractéristiques IRM par patient afin de dériver des « personas » de patients à forte probabilité de réponse.

    Sur les données d’échelles psychiatriques, la comparaison entre pipeline ML conventionnel (Naive Bayes, Random Forest, Gradient Boosting, réseau de neurones profond) et pipeline « relabeling » guidé par NetraAI montre des gains substantiels. Les modèles classiques, entraînés sur l’ensemble des 175 variables, affichent des AUC‑ROC comprises entre 0,27 et 0,62, avec des exactitudes entre 44,5% et 60,3%, reflétant une forte hétérogénéité et un surapprentissage probable. Après sélection par NetraAI d’un bundle de 10 variables issues essentiellement des échelles CADSS et BDI définissant un sous‑ensemble de 26 patients (dont 81% de vrais répondeurs dans la classe PNRTR), les mêmes modèles atteignent des AUC‑ROC de 0,82 à 0,87, des exactitudes d’environ 84,2% et des F1‑scores supérieurs à 80% pour les meilleurs algorithmes.

    Les résultats sont encore plus marqués sur les données IRM. En se limitant aux 15 variables les mieux classées par ANOVA, les modèles conventionnels obtiennent des AUC‑ROC de 0,34 à 0,60, des exactitudes autour de 44–64% et des spécificités particulièrement faibles, illustrant la difficulté de généraliser à partir d’un petit échantillon. En revanche, NetraAI identifie un sous‑groupe de 15 patients caractérisés par un pattern volumétrique spécifique sur huit régions (notamment hippocampe droit, cortex cingulaire postérieur droit, cortex orbitofrontal médian droit, régions temporales) avec 80% de vrais répondeurs. En restreignant l’entraînement à ces huit variables, Gradient Boosting atteint 100% d’exactitude, de sensibilité et de spécificité (AUC‑ROC 1,0), et les autres modèles approchent ou dépassent 90% de performance sur tous les indicateurs.

    Les auteurs insistent sur le caractère hypothèse‑générateur de ces résultats, compte tenu de la taille de l’échantillon et du risque de sur‑spécialisation à une cohorte unique. Cependant, ils montrent que NetraAI permet de réduire drastiquement la dimensionnalité tout en préservant la majeure partie de l’information prédictive : sur un jeu de données synthétique à 500 variables, un ensemble réduit à 4 variables conserve une performance quasi identique en AUC, ce qui est corroboré par une analyse en composantes principales montrant que ces variables expliquent l’essentiel de la variance.

    D’un point de vue stratégique, NetraAI illustre une évolution vers des plateformes d’IA « thermo‑régulées », capables de produire des signatures de sous‑population interprétables (2 à 4 variables) qui peuvent être intégrées dans les critères d’inclusion/exclusion, les plans d’adaptation de protocoles et la communication réglementaire. L’intégration d’un LLM biomédical en aval permet de transformer ces personas en langage opérationnel (critères, rationales mécanistiques, alignement réglementaire), tout en gardant une supervision humaine et en limitant les risques d’hallucinations. Pour les industriels, le message est que la valeur ne réside pas seulement dans la prédiction brute de réponse, mais dans la capacité à générer des règles de stratification suffisamment simples pour être utilisées à grande échelle et auditées.

    Transformations organisationnelles : diagnostic augmenté plutôt que remplacé

    Le commentaire de D’Adderio et Bates s’appuie sur une étude qualitative de cinq ans dans trois centres de référence AVC au Royaume‑Uni pour analyser les effets pratiques de l’introduction d’outils d’IA dans la filière « door‑to‑treatment ». Les auteurs décrivent un renversement de la temporalité diagnostique : alors que, traditionnellement, le diagnostic formel était l’aboutissement d’un processus itératif d’examen, d’intégration et de validation des informations, l’IA introduit désormais un « label » initial, issu du traitement automatique des imageries, accessible quasi instantanément à l’ensemble de l’équipe via une application centralisée.

    Dans les cas de suspicion d’occlusion de gros vaisseau, l’IA génère des cartes de perfusion et d’angiographie CT (AI‑CTP, AI‑CTA) indiquant la présence d’une occlusion et la proportion de tissu cérébral potentiellement sauvable, ce qui déclenche immédiatement l’activation du parcours de thrombectomie et l’alerte du neuroradiologue interventionnel. Le travail clinique consiste alors à vérifier ou infirmer cette proposition en la confrontant aux données du patient, aux examens complémentaires et aux interprétations des radiologues, ce qui revient à déplacer le rôle de l’IA d’un support de raisonnement à un point de départ de la démarche diagnostique.

    Cette reconfiguration soulève plusieurs questions critiques pour les organisations de soins. En premier lieu, l’impact sur la précision et la rapidité reste à documenter dans des conditions réelles, les études d’impact initiales étant encore rares et centrées sur des comparaisons techniques. La littérature citée montre que certains outils de détection des occlusions permettent de réduire les délais de traitement dans des essais randomisés en grappes, mais le gain réel doit être mis en balance avec les temps de vérification et les pratiques de double lecture qui peuvent ajouter des frictions. En second lieu, la redistribution des compétences inter‑professionnelles (neurologues, radiologues, interventionnels) pourrait engendrer des tensions de juridiction, notamment si les médecins d’organe développent une expertise d’interprétation d’imagerie se rapprochant de celle des radiologues.

    Les auteurs attirent également l’attention sur le risque d’« automation bias » chez les cliniciens les moins expérimentés ou les plus chargés, susceptibles de suivre l’IA sans esprit critique, alors même que la promesse d’objectivité des algorithmes peut masquer de nouvelles sources de biais liées aux données d’entraînement. Enfin, l’omniprésence du flux d’images et de résultats IA sur mobile peut renforçer une prise de décision à distance, où la confrontation directe au patient est reléguée après la première décision de parcours, ce qui reconfigure la place de l’examen clinique dans la hiérarchie des preuves.

    Pour les hôpitaux et industriels, ces observations indiquent que la valeur de l’IA ne se joue plus seulement au niveau du modèle mais au niveau de l’architecture socio‑technique : gouvernance des alertes, protocoles de vérification, gestion des conflits d’interprétation, formation à la critique des systèmes d’IA et définition de nouveaux rôles dédiés à la surveillance des performances en vie réelle.

    Gouvernance et régulation : IA autonome et fragilisation du régulateur

    L’article de Gilbert, Dai et Mathias analyse la proposition de loi « Healthy Technology Act of 2025 » introduite au Congrès américain, visant à amender le Federal Food, Drug, and Cosmetic Act pour inclure explicitement l’IA et le ML dans la définition du « praticien habilité à prescrire ». Le texte, d’environ 330 caractères, élargirait la catégorie des prescripteurs potentiels, sous réserve de l’autorisation par les États et de l’agrément par la FDA. Les auteurs soulignent que cette proposition, pionnière au niveau mondial, intervient paradoxalement au moment où la FDA subit des coupes budgétaires et des licenciements importants, touchant particulièrement les équipes impliquées dans la régulation de l’IA au Center for Devices and Radiological Health.

    Sur le plan conceptuel, les auteurs défendent l’idée que l’IA prescriptrice n’est pas intrinsèquement plus problématique que des systèmes diagnostiques autonomes déjà autorisés, comme IDx‑DR/LumineticsCore pour la rétinopathie diabétique ou DERM en Europe pour la détection autonome de cancers cutanés, qui prennent déjà des décisions potentiellement vitales dans des domaines bien circonscrits. Ils rappellent que le taux d’erreurs de prescription chez les humains est estimé entre 5 et 9%, avec des conséquences parfois graves, et que des phénomènes systémiques comme la sur‑prescription d’antibiotiques ou la crise des opioïdes montrent les limites d’un modèle purement humain. Dans ce contexte, une IA correctement conçue, monitorée et soumise à des garde‑fous réglementaires pourrait contribuer à réduire certains types d’erreurs et de dérives.

    Toutefois, l’argument central est que la faisabilité éthique et sécuritaire d’une telle évolution dépend de l’existence d’un régulateur robuste, doté des ressources et compétences nécessaires pour encadrer ces systèmes, définir des politiques de surveillance continue et imposer des mécanismes de feedback ouverts. Or, les licenciements qualifiés de « haphazard » par d’anciens responsables de la FDA, accompagnés de lettres de rupture dénigrant les performances des équipes, laissent craindre un affaiblissement durable de cette capacité de supervision. Même si certains employés ont été réintégrés, les auteurs soulignent qu’un vide réglementaire temporaire peut suffire à laisser se diffuser des systèmes hautement risqués sans contre‑pouvoir suffisant.

    Pour les décideurs publics et les industriels, cet article souligne l’importance de l’alignement entre innovation législative et capacité opérationnelle de régulation. Une stratégie cohérente d’IA en santé suppose de coupler toute extension du champ de l’IA autonome (diagnostic, prescription, triage) à un renforcement des outils de monitoring (registre de performance, auditabilité, publication de cartes de modèles, etc.) et des ressources humaines du régulateur.

    Tableau de synthèse : principaux apports pour les acteurs de la santé numérique

    Article (npj Digital Medicine, 2025) Objet principal Indicateurs clés Enseignements pour la santé numérique
    Takita et al. « A systematic review and meta-analysis of diagnostic performance comparison between generative AI and physicians » Performance diagnostique de l’IA générative vs médecins, multi‑spécialités Exactitude globale IA 52,1% (IC 95 % 47,0–57,1) ; écart vs médecins non significatif globalement, mais −15,8 points vs experts (p = 0,007). L’IA générative peut atteindre un niveau « non expert » dans de nombreux contextes, utile pour l’augmentation et la formation, mais ne remplace pas l’expertise clinique, surtout en scénarios complexes.
    Choi et al. « Retinal fundus imaging as biomarker for ADHD » Screening TDAH et stratification des fonctions exécutives par photos de fond d’œil AUROC 95,5–96,9% pour le diagnostic TDAH ; AUROC jusqu’à 87,3% pour l’attention visuelle ; performance limitée pour la sévérité et la différenciation TDAH vs TSA. Les biomarqueurs numériques basés sur imagerie simple peuvent fournir des outils de triage robustes et scalables, mais nécessitent une validation externe et doivent être positionnés comme compléments aux outils cliniques.
    Geraci et al. « Explainable AI-driven precision clinical trial enrichment (NetraAI) » Enrichissement d’essais cliniques et découverte de sous‑populations répondeuses via IA explicable Gain d’AUC jusqu’à +0,32 et d’exactitude >20 points après sélection de 10 variables cliniques ; modèles IRM atteignant 100% d’exactitude et AUC 1,0 sur un sous‑groupe défini par 8 variables. Les plateformes d’IA explicable focalisées sur la découverte de personas permettent de transformer de petits essais hétérogènes en outils de stratification interprétables et opérationnels pour la médecine de précision.
    D’Adderio & Bates « Transforming diagnosis through artificial intelligence » Impact organisationnel des outils d’IA dans la filière AVC Inversion du flux diagnostique (label IA en amont) ; déclenchement anticipé des parcours de thrombectomie ; nécessité de nouvelles pratiques de vérification et de gouvernance. L’IA modifie la séquence et la distribution du pouvoir diagnostique, exigeant de nouvelles routines cliniques, des dispositifs de gestion des biais d’automatisation et de nouveaux rôles de surveillance.
    Gilbert, Dai & Mathias « Consternation as Congress proposal for autonomous prescribing AI… » IA prescriptrice autonome et fragilisation de la FDA Taux d’erreurs de prescription humaine 5–9% ; proposition d’inclure l’IA comme « praticien » prescripteur ; licenciements massifs au CDRH impactant l’expertise IA. Toute extension du rôle autonome de l’IA (diagnostic, prescription) doit être conditionnée à des garde‑fous réglementaires robustes et à une capacité de monitoring continue du régulateur.

    Discussion : implications stratégiques pour les acteurs de la santé numérique

    Pris ensemble, ces travaux dessinent un paysage dans lequel l’IA n’est ni un substitut immédiat au médecin, ni un outil marginal, mais un catalyseur de reconfiguration des pratiques, des méthodologies de recherche et des cadres de régulation. Pour les industriels développant des solutions diagnostiques, la méta‑analyse de Takita et al. impose une stratégie de positionnement réaliste, centrée sur l’augmentation des compétences de non‑experts, le triage et la formation, plutôt que sur la promesse d’un diagnostic autonome généralisable. Les métriques agrégées de 52,1% d’exactitude globale rendent difficile la revendication d’un bénéfice clinique sans démonstration spécifique par spécialité et par contexte d’usage.

    Les résultats de Choi et al. montrent que, dans des niches pathologiques ciblées, la combinaison d’un biomarqueur simple (fond d’œil) et de modèles ML bien calibrés peut produire des performances très élevées au prix d’investissements raisonnables en infrastructure, ce qui est particulièrement pertinent pour des usages de dépistage populationnel. Toutefois, l’absence de spécificité vis‑à‑vis d’autres troubles du neurodéveloppement et la dépendance à un contexte géographique et ethnique particulier imposent des programmes de validation multi‑sites et multi‑ethniques avant un déploiement international.

    Pour les promoteurs d’essais et les biotechs, l’approche NetraAI souligne que la principale rupture ne réside pas seulement dans l’augmentation de puissance statistique, mais dans la capacité à transformer l’architecture même des essais en identifiant des sous‑populations mécaniquement plausibles et auditables. La traduction de personas en critères de sélection et en rationales cliniques par un LLM spécialisé, soumis à validation humaine, ouvre une voie concrète vers des essais adaptatifs et enrichis, potentiellement plus efficaces et plus acceptables par les régulateurs.

    Sur le plan organisationnel, l’analyse de D’Adderio et Bates invite les établissements à anticiper les effets systémiques d’un passage à des parcours « AI‑first » dans lesquels le flux d’information est initié par l’algorithme plutôt que par le clinicien. Cela suppose des investissements non seulement technologiques mais aussi en change management, en mise à jour des responsabilités médico‑légales et en formation à la critique des sorties IA. Enfin, le commentaire de Gilbert et al. rappelle que les innovations les plus ambitieuses (IA prescriptrice autonome) ne peuvent être dissociées de la trajectoire des institutions de régulation, et que la soutenabilité d’un écosystème de santé numérique dépend autant de la solidité des garde‑fous réglementaires que de la qualité des modèles.

    Bibliographie

    Choi, H., Hong, J., Kang, H. G., Park, M.-H., Ha, S., Lee, J., Yoon, S., Kim, D., Park, Y. R., & Cheon, K.-A. (2025). Retinal fundus imaging as biomarker for ADHD using machine learning for screening and visual attention stratification. npj Digital Medicine, 8, 164. https://doi.org/10.1038/s41746-025-01547-9

    D’Adderio, L., & Bates, D. W. (2025). Transforming diagnosis through artificial intelligence. npj Digital Medicine, 8, 54. https://doi.org/10.1038/s41746-025-01460-1

    Geraci, J., Qorri, B., Tsay, M., Cumbaa, C., Leonczyk, P., Alphs, L., Ballard, E. D., Zarate, C. A., & Pani, L. (2025). Explainable AI-driven precision clinical trial enrichment: Demonstration of the NetraAI platform with a phase II depression trial. npj Digital Medicine, 8, 749. https://doi.org/10.1038/s41746-025-02143-7

    Gilbert, S., Dai, T., & Mathias, R. (2025). Consternation as Congress proposal for autonomous prescribing AI coincides with the haphazard cuts at the FDA. npj Digital Medicine, 8, 165. https://doi.org/10.1038/s41746-025-01540-2

    Takita, H., Kabata, D., Walston, S. L., Tatekawa, H., Saito, K., Tsujimoto, Y., Miki, Y., & Ueda, D. (2025). A systematic review and meta-analysis of diagnostic performance comparison between generative AI and physicians. npj Digital Medicine, 8, 175. https://doi.org/10.1038/s41746-025-01543-z

  • Nabla, Wandercraft, Bioptimus, retour sur les 5 levées de fonds à retenir en 2025

    Wandercraft : 65,5 millions d’euros pour une robotique diversifiée

    Wandercraft a finalisé en juin 2025 une série D de 65,5 millions d’euros. Cette opération a été menée avec la participation du fonds PSIM géré par Bpifrance dans le cadre de France 2030, la Banque européenne d’investissement, Teampact Ventures et Quadrant Management. L’entreprise est aujourd’hui connue pour ses exosquelettes médicaux avec Atalante X, désormais déployé dans plus de 100 centres de rééducation sur quatre continents, l’arrivée de Renault au capital marque la diversification de l’entreprise. Le partenariat avec le constructeur automobile, qui prend une participation minoritaire et devient le premier client industriel, vise le déploiement de Calvin-40, un robot humanoïde développé en 40 jours et conçu pour effectuer des tâches pénibles dans les usines Renault dans un délai de 40 semaines.

    Nabla : 60 millions d’euros pour s’internationaliser

    En juin 2025, Nabla a bouclé une série C de 60 millions d’euros, menée par HV Capital avec la participation de Highland Europe, DST Global, Cathay Innovation et Tony Fadell via Build Collective. Cette levée porte le financement total de l’entreprise créée en 2018 à 100 millions d’euros et intervient après une phase d’hypercroissance sur le marché américain. Fondée par Alexandre Lebrun, récemment embauché dans l’entreprise de Yann Le Cun. La startup a développé un assistant médical basé sur l’IA générative qui génère automatiquement des comptes rendus de consultations, réduisant de moitié le temps administratif des soignants. Avec plus de 85 000 praticiens utilisateurs répartis dans 130 établissements et couvrant 55 spécialités médicales, Nabla traite environ 20 millions de consultations par an. Après avoir sécurisé une position dominante aux États-Unis où elle réalise plus de 95% de son activité, l’entreprise réoriente désormais ses investissements vers l’Europe, un marché réglementé mais à fort potentiel. Les fonds levés serviront principalement à développer les équipes tech à Paris pour enrichir la plateforme avec des capacités agentiques avancées (codification médicale automatique, intégrations système), transformant progressivement l’assistant de documentation en infrastructure clinique complète. Cette approche par paliers, qui consiste à créer d’abord de la dépendance sur un cas d’usage simple (génération de comptes rendus) avant d’étendre l’offre vers des fonctionnalités à plus forte valeur ajoutée, constitue un modèle de land-and-expand classique. L’intégration native avec les principaux logiciels hospitaliers américains (Epic, Cerner) et français (Weda) crée un effet de verrouillage technique qui renforce la rétention client.

    Bioptimus : 36 millions d’euros pour construire le modèle de fondation universel en biologie

    Créée en 2024 et incubée par la licorne Owkin a été cofondée par d’anciens chercheurs de Google DeepMind et d’Owkin, dont Jean-Philippe Vert (CEO), Rodolphe Jenatton, Zelda Mariet et Felipe Llinares. L’entreprise développe des modèles de fondation d’intelligence artificielle. Un« modèle de fondation » en intelligence artificielle est un très grand modèle déjà préentraîné sur d’énormes quantités de données variées, textes, images, code, etc, que l’on réutilise ensuite pour plein de tâches différentes (chatbot, résumé, traduction, génération d’images, etc.) appliqués aux sciences biomédicales. L’ambition est de créer le premier modèle multimodal et multi-échelle capable d’intégrer des données biologiques allant des protéines et gènes jusqu’aux tissus et organismes entiers. En juillet 2024, Bioptimus a lancé H-Optimus-0, le plus grand modèle open source au monde dédié à l’histopathologie, avec 1,1 milliard de paramètres entraîné sur plus de 500 000 lames provenant de 4 000 cabinets cliniques, puis en avril 2025 H-Optimus-1, une version améliorée démontrant des performances avancées sur plusieurs tâches diagnostiques. Plutôt que de cibler directement le marché clinique (marquage CE, remboursement), l’entreprise mise sur un modèle B2B2C en s’adressant aux laboratoires pharmaceutiques et biotechnologiques pour accélérer la R&D de nouveaux médicaments. Cette approche réduit considérablement le time-to-market et les contraintes réglementaires tout en visant des clients à fort pouvoir d’achat. La stratégie open source de H-Optimus-0 sert de vitrine technologique et crée un effet de réseau scientifique : avec près de 1 million de téléchargements cumulés et environ 100 publications scientifiques annuelles utilisant leurs modèles, Bioptimus construit une légitimité académique qui facilite les partenariats industriels. Les fonds levés serviront à développer un modèle multi-échelle intégrant génomique, protéomique et imagerie spatiale, créant ainsi une infrastructure de données unique difficile à répliquer.

    Median Technologies : 23,9 et 37,5 millions d’euros pour le lancement commercial d’eyonis LCS

    Median Technologies a sécurisé jusqu’à 61,4 millions d’euros en 2025 à travers deux opérations complémentaires : une augmentation de capital en ABSA (actions à bons de souscription d’actions) de 23,9 millions d’euros finalisée en août, et une nouvelle ligne de financement de la Banque européenne d’investissement pouvant atteindre 37,5 millions d’euros signée en juillet. Cette société cotée sur Euronext Growth, fondée par Fredrik Brag, développe eyonis, une suite de logiciels dispositifs médicaux basés sur l’IA pour le diagnostic précoce des cancers, tout en opérant une activité iCRO (Imaging Contract Research Organization) qui fournit des services d’analyse d’images pour les essais cliniques en oncologie. En mai 2025, Median Technologies a déposé une demande d’autorisation 510(k) auprès de la FDA pour eyonis LCS (Lung Cancer Screening), son logiciel d’aide au dépistage du cancer du poumon, avec une décision attendue initialement au T3 2025 puis repoussée à début 2026. Une demande de marquage CE a également été soumise en juin 2025. Median Technologies présente un modèle hybride particulièrement intéressant : l’activité iCRO génère des revenus récurrents (21,8 millions d’euros en 2024, en croissance de 10% au second semestre) qui financent partiellement le développement d’eyonis LCS, réduisant ainsi la dépendance aux levées de fonds. La stratégie de ciblage des grands groupes pharmaceutiques (Median est désormais fournisseur privilégié de deux des trois plus grandes entreprises pharmaceutiques mondiales en oncologie) et des CRO globaux crée des revenus prévisibles et une clientèle captive. Avec un marché adressable annuel de plus de 10 milliards de dollars pour le seul dépistage du cancer du poumon aux États-Unis et des partenariats de distribution déjà signés avec un leader américain de la santé pour la commercialisation d’eyonis LCS, Median se positionne comme un pure player de l’IA médicale à forte visibilité réglementaire. Le tirage imminent de la première tranche BEI de 19 millions d’euros et l’horizon de trésorerie étendu au-delà du T4 2026 offrent la latitude financière nécessaire pour négocier les meilleures conditions commerciales lors du lancement produit.

    Robeauté : 27 millions d’euros pour la neurochirurgie par microrobotique

    Robeauté a finalisé en janvier 2025 une série A de 27 millions d’euros menée par Plural, Cherry Ventures et Kindred Ventures, avec la participation de LocalGlobe, Think.Health, APEX Ventures et Brainlab. Cette levée, amorcée en avril 2024 et bouclée en décembre, porte le financement total de la medtech française à 32 millions d’euros depuis sa création. Fondée par Bertrand Duplat (ancien de l’Agence spatiale européenne et créateur de Virtools racheté par Dassault Systèmes) et Joana Cartocci, l’entreprise développe des microrobots de la taille d’un grain de riz capables de naviguer dans le cerveau en suivant des trajectoires courbes pour diagnostiquer, traiter et surveiller les pathologies cérébrales. Ces dispositifs modulaires peuvent délivrer des molécules thérapeutiques, implanter des électrodes ou collecter des données biologiques in situ grâce à des capteurs intégrés. En huit ans, Robeauté a déposé plus de 50 brevets couvrant les micromoteurs, propulseurs et systèmes de guidage miniaturisés, constituant une barrière technologique significative. La stratégie business de Robeauté repose sur une approche par étapes calibrée pour le secteur medtech : la première application commerciale visera les biopsies cérébrales avancées, avec des essais cliniques prévus en 2026 et une commercialisation envisagée en 2028, avant d’étendre progressivement les indications vers les traitements des tumeurs et des maladies neurodégénératives. Le partenariat stratégique avec Brainlab, leader mondial des solutions de chirurgie guidée par image, offre non seulement une validation technique mais également un canal de distribution potentiel auprès des neurochirurgiens. L’ouverture d’une filiale aux États-Unis vise à obtenir l’agrément FDA, indispensable pour accéder au plus grand marché mondial de dispositifs médicaux, tout en maintenant le développement en Europe. Robeauté exploite un double positionnement : le marché thérapeutique (intervention mini-invasive) et le marché pharmaceutique (plateforme de collecte de données cérébrales in vivo pour le développement de médicaments), ce dernier segment pouvant générer des revenus récurrents par partenariats de recherche avant même la commercialisation des dispositifs. Cette double valorisation explique l’intérêt des investisseurs malgré un horizon de commercialisation relativement lointain.

  • Numérique, IA, qualité : les trois axes qui redessinent le système de santé en 2025

    La doctrine du numérique en santé 2025 fait du numérique une véritable infrastructure critique du système de santé, en fixant un cadre plus contraignant aux Entreprises du Numérique en Santé sur la sécurité, l’interopérabilité, l’éthique et l’usage des référentiels nationaux. Elle clarifie l’urbanisation du système d’information de santé autour de services socles (identité nationale de santé, Pro Santé Connect, référentiels d’interopérabilité, messageries sécurisées, Mon espace santé, etc.) et conditionne les financements publics au respect de ces exigences.​

    Concrètement, 2025 voit la généralisation de l’appli carte Vitale, l’accélération de l’ordonnance numérique et la montée en charge de Mon espace santé comme point d’entrée unique pour les documents, examens et messageries patients, ce qui structure les parcours au‑delà des seuls établissements. L’écosystème est incité à se « brancher » sur ces socles via des API standardisées, ce qui met sous pression les éditeurs et start‑up qui doivent se conformer à ces règles de sécurité et d’interopérabilité s’ils veulent rester dans le jeu des financements Ségur et des appels à projets publics.​

    IA et données de santé : une stratégie nationale outillée

    Le deuxième volet de la stratégie nationale « IA et données de santé » publié en 2025 affirme la volonté de faire de la France un acteur de référence en matière d’IA appliquée au soin, à la recherche et à la santé publique. Cette stratégie organise la gouvernance autour d’instances partagées, consolide le rôle du Health Data Hub et des entrepôts de données hospitaliers, et cible des cas d’usage prioritaires (imagerie, triage, prédiction de complications, optimisation des parcours, etc.).​

    La Journée nationale de l’innovation en santé numérique 2025 consacre ce virage en mettant en avant un portefeuille de projets IA et data de plus en plus matures, nourris par plus de 120 projets lauréats et un accompagnement de centaines de milliers d’innovateurs au fil des dernières années. Santé publique France, de son côté, annonce l’utilisation de l’IA générative et de capacités de calcul haute performance pour accélérer l’analyse des signaux sanitaires, la détection d’épidémies et la production de connaissances, ce qui marque le passage à un usage opérationnel de l’IA en santé publique.​

    Qualité des soins : l’expérience patient devient un résultat à piloter

    La HAS consolide en 2024‑2025 un mouvement de fond : passer d’une logique de conformité des moyens à une logique de résultats et d’expérience vécue par les patients. Les indicateurs de qualité et de sécurité des soins sont enrichis, la collecte d’indicateurs de résultats à partir des bases médico‑administratives est rendue plus systématique, et le référentiel de certification 2025‑2030 consacre un objectif entier à la place du patient et de son expérience.​

    En pratique, cela se traduit par la montée en puissance des PROMS et PREMS (mesures rapportées par les patients) comme outils d’évaluation de la pertinence et du succès des prises en charge, au‑delà des simples indicateurs de processus. L’expérience patient devient un levier d’amélioration continue : implication dans les démarches qualité, participation aux comités, co‑construction des parcours, intégration des retours dans les plans d’actions, ce qui déplace progressivement la culture qualité vers une culture de partenariat patient‑soignant.​

    Santé publique : priorité prévention, menaces et inégalités

    Le programme de travail 2025 de Santé publique France s’inscrit dans le contrat d’objectifs 2024‑2028 et structure son action autour de grands enjeux : anticipation des menaces sanitaires, santé environnementale, maladies chroniques, santé mentale, santé maternelle et infantile, et réduction des inégalités de santé. L’établissement réaffirme l’importance de la surveillance épidémiologique et du recours aux données massives, tout en développant des démarches de prévention ciblées vers les populations les plus exposées, notamment dans les territoires défavorisés.​

    Santé publique France investit dans des infrastructures numériques permettant la collecte, le traitement et la visualisation de données multi‑sources, avec l’appui d’outils d’IA pour accélérer la production de signaux utiles à la décision. Cette stratégie traduit un basculement du système vers une logique de santé publique proactive : repérer tôt, prévenir, orienter et adapter les réponses aux besoins des populations plutôt que se limiter à la gestion des crises.​

    Médico‑social et ESMS : numériser les parcours de vie

    Le programme ESMS numérique, piloté par la CNSA en lien avec la DNS, l’ANS et l’ANAP, porte l’ambition d’équiper l’ensemble des établissements et services sociaux et médico‑sociaux d’un dossier usager informatisé (DUI) interopérable d’ici fin 2025. Doté de plus de 600 millions d’euros sur 2021‑2025, dont 450 millions dédiés au soutien direct des projets, il vise à embarquer environ 36 000 ESSMS à travers quelque 1 400 projets territoriaux.​

    Le DUI est pensé comme le cœur du système d’information médico‑social, permettant de documenter les besoins, les plans personnalisés d’accompagnement et les interventions au fil du temps, puis de partager ces informations avec les professionnels sanitaires via l’interopérabilité avec le DMP, la messagerie sécurisée et Mon espace santé. Le programme repose sur trois leviers : soutien méthodologique et financier aux ESSMS, pilotage régional renforcé via les ARS et les GRADeS, et accélération de l’offre logicielle conforme aux exigences nationales (interopérabilité, sécurité, ergonomie, référencement Ségur).​

    IA en santé : promesse clinique et enjeux de gouvernance

    Le livret de la FHF « L’IA en santé – qui est le maître ? » met en lumière en 2025 la tension centrale entre l’apport clinique des algorithmes et le risque de perte de contrôle par les professionnels et les patients sur les décisions de santé. Les établissements publics y voient à la fois un levier pour améliorer le diagnostic, optimiser les flux et soutenir les équipes épuisées, et un terrain de vigilance sur les biais, l’explicabilité, la transparence et la responsabilité médico‑légale.​

    Les retours d’expériences montrent que l’IA est mieux acceptée lorsqu’elle est intégrée comme outil d’aide à la décision, dans des organisations accompagnées, formées et dotées de gouvernances éthiques et de comités de suivi. En 2025, la question n’est plus tant « faut‑il faire de l’IA ? » que « comment la gouverner, la financer et la déployer à l’échelle tout en gardant le contrôle clinique et éthique ? ».​

    Un système sous tension : finances, RH et attractivité

    Malgré ces dynamiques, 2025 reste une année de fortes tensions sur la soutenabilité du système de santé, avec des signaux d’alerte récurrents sur les conditions de travail, le recrutement et la fidélisation des professionnels. Les analyses économiques soulignent le risque d’une double peine : des établissements contraints de faire toujours plus de transformation (virage ambulatoire, territorialisation, numérique) dans un contexte de marges financières limitées, au risque d’accentuer la fatigue organisationnelle.​

    Les travaux prospectifs sur l’avenir du système recommandent de combiner transformation numérique, refonte des organisations de soins primaires et renforcement du collectif de travail, plutôt que d’empiler les dispositifs. Territoires de santé, communautés professionnelles, GHT et coopérations médico‑sociales sont identifiés comme les bons niveaux pour articuler stratégie numérique, projets IA, amélioration de la qualité et prévention, à condition d’y associer étroitement les usagers.​

    Enseignements structurants pour 2025

    Trois enseignements se dégagent pour le secteur de la santé :

    • Le numérique en santé sort de la phase expérimentale et devient un socle structurant, avec une doctrine renforcée, des financements ciblés et des exigences élevées envers les industriels.​
    • La qualité se redéfinit autour des résultats et de l’expérience patient, avec des indicateurs orientés vers ce que vivent les patients, à l’hôpital comme en ville et dans le médico‑social.​
    • L’IA et les données de santé passent du statut de promesse à celui de levier opérationnel, à condition de s’inscrire dans une gouvernance robuste, d’être reliées à la prévention et de ne pas ignorer les tensions humaines et financières qui traversent le système.