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  • Lifen rachète Curecall pour compléter sa gamme

    Lifen complète sa suite e-santé avec Curecall, spécialisée dans le suivi automatisé par SMS

    Selon le communiqué daté du 5 janvier, Lifen étend ainsi son activité à la communication avec les patients, avec l’objectif “personnaliser leur accompagnement médical, en amont et en aval de leur épisode de soin”. Créée en 2015 et comptant plus de 160 salariés, Lifen affirme que son “système d’interopérabilité” est déjà déployé dans plus de 800 établissements. Fondée en 2020, Curecall revendique 30 établissements de santé utilisateurs de sa ” plateforme conversationnelle” pour le suivi d’un million de patients. Le montant de l’opération n’a pas été rendu public.

    Les méthodes d’interaction avec les patients “sont largement artisanales, chronophages et énergivores pour les équipes de soins”, explique Lifen. L’objectif de la solution de Curecall est de faire gagner du temps aux équipes et de faciliter le suivi, grâce à la communication par SMS: “informer le patient, le préparer avant et pendant son séjour, le convoquer à la bonne heure, assurer son suivi post-opératoire ou favoriser son observance thérapeutique”.

    Curecall vient compléter la gamme de solutions de Lifen, qui propose déjà le partage sécurisé de documents (Lifen Documents) et l’intégration automatisée dans le Dossier Patient Informatisé (Lifen Intégration). L’ambition commune est désormais de construire, grâce à l’ IA, une plateforme “de référence” en matière de communication-patient–soignant. ” Avec Curecall, nous complétons donc le chemin de la donnée en amont et en aval du parcours de soins”, résume Franck Le Ouay, CEO et cofondateur de Lifen. Mohammed El Bojaddaini, CEO de Curecall souligne pour sa part que ce rachat dotera sa solution “d’une capacité d’opérer à grande échelle”.

  • Transition écologique, virage domiciliaire, prise en charge de la douleur : les tendances 2024–2025 (études)

    Transition écologique des établissements de santé, virage domiciliaire, refonte de la prise en charge de la douleur chronique, découvrez nos trois études portant sur l’impact environnemental des établissements hospitaliers et les leviers numériques de sobriété, l’essor de l’hospitalisation à domicile comme réponse aux tensions hospitalières, ou encore, l’évolution des politiques publiques et des filières numériques sur la prise en charge de la douleur chronique.

    Consommation doublée, 700 000 t de déchets : le fardeau écologique des hôpitaux

    Quel est le véritable coût environnemental des hôpitaux, et comment y remédier ? Représentant à eux seuls 38 % des émissions du secteur de la santé en France, soit l’équivalent de secteurs comme l’agriculture, les établissements hospitaliers, fonctionnant en continu, consomment deux fois plus d’énergie qu’un bâtiment tertiaire et génèrent 700 000 tonnes de déchets chaque année. Face à ce constat, un cadre réglementaire contraignant se met en place : feuille de route de décarbonation du système de santé, Décret Tertiaire imposant (40 % de consommation énergétique d’ici 2030, et obligations de reporting extra-financier via la directive CSRD). Pour accompagner cette transformation, des solutions numériques émergent. L’intelligence artificielle optimise les systèmes CVC, anticipe les pannes d’équipements lourds, réduit le gaspillage médicamenteux et permet des économies d’énergie allant jusqu’à 30 %, comme l’a démontré l’AP-HP avec Ubigreen. D’autres outils, comme Carebone ou les plateformes Metron et Deepki, participent à une gestion plus sobre et pilotée des ressources. En repensant l’hôpital dès sa conception avec des approches intégrées comme « Blue Hospitals », le secteur amorce une transition où durabilité et qualité des soins doivent désormais avancer de concert.

    E-santé, IA, coordination : l’hospitalisation à domicile accélère sa transformation

    Comment répondre à la hausse des besoins en soins tout en allégeant la pression sur l’hôpital ? En 2023, l’hospitalisation à domicile (HAD) a progressé de 8,4 %, avec 297 700 séjours réalisés pour 168 000 patients, principalement âgés, et pris en charge pour des soins complexes comme les pansements, la douleur ou les soins palliatifs. Les services de soins infirmiers à domicile (SSIAD) ont également poursuivi leur développement, soutenus par le vieillissement démographique et le virage ambulatoire, avec 3,3 milliards d’euros dépensés (+3,8 %). Si 93 % des patients se déclarent satisfaits, un quart rencontrent encore des difficultés d’accès aux professionnels, et 11 % ont dû renoncer à des soins. Portée par une feuille de route 2021-2026 structurée en sept axes (intégration territoriale, e-santé, qualité, etc.), la transformation de l’HAD s’appuie aussi sur l’intelligence artificielle, qui permet de prévenir les hospitalisations, sécuriser les traitements et optimiser les tournées. Ce modèle, appuyé par des expérimentations et une meilleure coordination des acteurs, devient un levier face aux tensions hospitalières.

    Accès à l’étude : Soins à domicile : refonder l’HAD pour changer d’échelle et renforcer un modèle déjà bien plébiscité

    Douleurs chroniques : 23 millions de Français concernés, un virage stratégique engagé

  • L’Andalousie modernise ses services de santé avec 35 M€ d’investissements numériques ciblés

    Hypertension, BPCO, vieillissement : Comorbidité en hausse de 9,48 %

    La région andalouse fait face à une série de défis : vieillissement rapide de la population, répartition territoriale inégale et prévalence croissante des maladies chroniques.

    • En 2023, la population de plus de 64 ans est deux fois plus nombreuse que celle de moins de 16 ans.
    • La prévalence de l’hypertension a atteint 20,81 %, et celle de la BPCO, 5,5 %, des taux supérieurs à la moyenne nationale.
    • La comorbidité a progressé de 9,48 % entre 2019 et 2023.

    Ces évolutions accroissent la demande de soins et complexifient la prise en charge

    À cela s’ajoute une maturité numérique inégale : bien que 63,8 % des Andalous de 16 à 74 ans disposent de compétences numériques de base, les usages liés à la santé en ligne restent modestes, en particulier l’accès aux données de santé personnelles et la prise de rendez-vous par voie numérique.

    Adoptée en décembre par le Conseil de Gouvernement de la Junta de Andalucía, l’Estrategia de Salud Digital de Andalucía 2030 (ESDA) s’appuie sur un processus participatif de grande ampleur. Plus de 1 000 personnes issues de la citoyenneté, du secteur public, des universités, entreprises technologiques et centres de recherche ont contribué à sa conception. Cette gouvernance collaborative s’est articulée autour de consultations publiques, questionnaires, interviews, journées de co-création et groupes de travail impliquant 15 plateformes, fédérations et associations nationales et régionales.

    35 M€ alloués à la santé numérique

    Pour répondre à ces tensions, la région accompagne cette transformation par une hausse de son budget santé, qui atteint 13,89 milliards € en 2024. Sur le volet numérique, les investissements récents ont permis le renouvellement de milliers d’équipements, l’amélioration des systèmes de virtualisation, ainsi que l’extension de l’usage d’applications comme Salud Andalucía ou ClicSalud+

    • 7,7 M€ en 2018 pour le renouvellement de plus de 11 500 équipements.
    • 26,5 M€ en 2020 pour la digitalisation et l’équipement des établissements.
    • 1,2 M€ en 2023 pour améliorer l’accès aux données cliniques en soins à domicile.

    IA, cloud, IoT, données… L’ESDA mise sur 7 piliers

    • Intelligence artificielle pour l’aide à la décision clinique, la détection d’anomalies et la gestion des données.
    • Espaces de données en santé et analytique avancée.
    • Internet des objets pour la télésurveillance.
    • Services en cloud pour l’interopérabilité.
    • Réalité virtuelle et augmentée pour la formation et les soins.
    • Automatisation des processus.
    • Renforcement des compétences numériques des professionnels et citoyens.

    La région andalouse dispose déjà d’une base numérique, avec plusieurs services déployés à grande échelle. Le dossier médical électronique unique Diraya permet la centralisation des données de santé au sein du système public. Côté citoyen, les applications mobiles Salud Andalucía (plus de 7,5 millions de téléchargements) et ClicSalud+ (18 millions d’accès en six mois) facilitent la gestion des rendez-vous, le suivi médical et l’accès aux documents de santé. L’Andalousie est également connectée à l’espace européen de santé numérique grâce à l’EU-Patient Summary, qui permet le partage d’informations cliniques entre pays, et à la Receta Electrónica Europea, qui autorise la dispensation de médicaments dans d’autres États membres.

  • Etude : l’association entre l’IA et l’expertise humaine améliore la qualité des données (Annals of oncology)

    Publiée en décembre 2025 dans Annals of Oncology, l’étude* montre que l’IA réduit les erreurs par rapport aux méthodes manuelles, et que son association à une relecture humaine ciblée améliore encore la fiabilité des données tout en accélérant leur collecte.

    Extraction des données : l’enjeu de l’automatisation

    La recherche clinique en oncologie repose sur l’exploitation de volumes croissants de données issues de dossiers médicaux hétérogènes, majoritairement non structurés. Leur extraction reste grandement manuelle et mobilise fortement les équipes de recherche clinique, avec des pratiques variables selon les centres. Dans une interview précédente à HTI, le Pr Fabrice André, directeur de la recherche à l’IGR, soulignait que la complexification des essais cliniques, marquée par une inflation des procédures et des tâches de recueil, fragilise leur faisabilité et leur équité. Il plaidait pour une automatisation ciblée de l’opérationnel afin de simplifier les processus sans compromettre la qualité scientifique. L’étude publiée dans Annals of Oncology s’inscrit dans cette logique, en comparant de manière structurée différentes méthodes d’extraction de données cliniques.

    Une étude française pilotée par l’IGR

    L’étude rétrospective a été conduite dans le cadre de la cohorte LUCC (Large & Unified Cancer Cohort), consacrée au cancer du poumon. Parmi les 10 000 patients de la cohorte, 311 issus de 10 centres publics et privés ont été sélectionnés aléatoirement. Les chercheurs ont analysé 31 variables cliniques, incluant des données démographiques, des facteurs de risque, des biomarqueurs génomiques et les traitements. Trois approches ont été comparées à partir des mêmes comptes rendus médicaux pseudonymisés : une extraction manuelle réalisée par des attachés de recherche clinique expérimentés, une extraction automatisée par intelligence artificielle et une approche hybride combinant extraction par IA et relecture humaine ciblée. Pour chaque variable, les valeurs extraites ont été comparées. En cas de divergence, un professionnel senior de la recherche clinique, supervisé par des oncologues et aveugle à la méthode utilisée, a établi la valeur de référence.

    Résultats : Deux fois moins d’erreurs grâce à l’IA

    • Taux d’erreur global : 14,2 % pour l’extraction manuelle, contre 7,0 % pour l’IA seule, soit deux fois moins d’erreurs.
    • Approche hybride : le taux d’erreur descend à 4,4 % lorsque l’IA est associée à une relecture humaine ciblée, après révision d’environ 30 % des cas jugés incertains.
    • Efficacité opérationnelle : l’approche hybride permet un traitement des données quatre fois plus rapide que l’extraction strictement manuelle.
    • Homogénéité multicentrique : l’IA réduit la variabilité des données extraites entre centres, par rapport à la saisie manuelle.
    • Variables complexes, notamment génomiques : l’IA extrait ces données avec une fiabilité supérieure à la saisie manuelle, avec un taux de concordance atteignant 0,97, contre 0,86 pour l’extraction réalisée par des professionnels.
    • Analyses de survie : les analyses de survie globale et sans progression réalisées à partir des données extraites par IA sont proches de la valeur de référence définie par expertise humaine.

    Les auteurs indiquent que l’extraction automatisée par intelligence artificielle présente donc une précision plus élevée et une variabilité inter-centres plus faible que l’extraction manuelle, et que l’approche hybride permet d’atteindre le meilleur compromis entre qualité des données et efficacité opérationnelle. Selon eux, ce mode d’organisation, dans lequel l’IA réalise l’extraction initiale et oriente l’intervention humaine vers les cas les plus complexes, pourrait faciliter la constitution de cohortes multicentriques de grande taille et élargir la participation de centres disposant de ressources limitées. Dans une interview précédente à HTI, le Pr Fabrice André rappelait que « si l’on n’a pas l’infrastructure pour délivrer, on ne peut rien faire ». Pour les auteurs, les résultats de l’étude suggèrent que la performance des essais cliniques dépend par conséquent aussi de la manière dont les données sont produites et structurées en amont, et pas uniquement des analyses réalisées a posteriori.

    * Next-Generation Multicenter Studies: Using Artificial Intelligence to Automatically Process Unstructured Health Records of Patients with Lung Cancer across Multiple Institutions

    M. Aldea, L. Zullo, V. Levrat, J. Bennouna, S. Schneider, O. Mercier, E. Mougenot, E. Bergot, C. Dujon, N. Cloarec, C.Audigier Valette, A. Nuccio, M. Deloger, C. Helissey, S. Simon, A. Carpentier, A. Djarallah, P. Rolland, J.C. Louis, L. Ancillon, B. Vignal, F. Rambaud, P. Tessier, L. Chuttoo, K. Siby, A. Poplu, K. Zarca, S. Michiels, F. Barlesi, F. Le Ouay, B. Besse

    Annals of Oncology, publication en ligne le 15 décembre 2025

    https://www.annalsofoncology.org/article/S0923-7534(25)06320-3/abstract

     

  • Usage de la téléconsultation : les pays européens avancent à plusieurs vitesses

    jusqu’à 35 % des consultations à distance, mais seulement 1 % en Allemagne

    Une adoption contrastée selon les pays européens

    La téléconsultation, bien adoptée durant la pandémie de COVID-19, s’est depuis stabilisée à des niveaux élevés dans plusieurs pays européens. En Estonie, elle représente désormais plus d’une consultation sur trois. Le Portugal, la Suède et le Danemark suivent de près, avec environ 25 % des consultations médicales réalisées à distance. L’Espagne atteint également un taux significatif, avec un peu plus de 20 %. Elle reste une partie intégrante et régulière des systèmes de soins.

    Ces pays partagent plusieurs éléments structurels favorables :

    • des systèmes de santé disposant d’infrastructures numériques solides,
    • un remboursement encadré et incitatif,
    • et une intégration de la téléconsultation dans l’organisation habituelle des soins.

    Une utilisation marginale en France et en Allemagne

    À l’inverse, d’autres pays, pourtant dotés de systèmes de santé développés, peinent à maintenir un usage aussi fort de la téléconsultation. En France, seulement 4 % des consultations sont réalisées à distance. En Allemagne, ce chiffre tombe à 1 %, traduisant un recours quasi résiduel.

    Plusieurs facteurs expliquent ces niveaux.

    • L’attachement historique aux consultations en présentiel.
    • Une régulation plus stricte
    • Et une confiance moindre dans les outils numériques (par exemple en  Allemagne).

    Les déterminants structurels de l’implantation durable

    L’essor de la téléconsultation repose sur des choix structurels. Son maintien dans les systèmes de santé dépend des décisions politiques, des capacités technologiques disponibles et de l’adhésion des professionnels de santé. Les pays ayant développé des dossiers médicaux électroniques, des plateformes interopérables et des mécanismes de financement stables sont ceux où la pratique s’est le plus consolidée.

  • « On a reproduit ce qui avait bien fonctionné dans la vague une du Ségur » : Comment Hopital Manager (le DPI de Softway Medical) a-t-il fait la différence ?

    Hopital Manager devient le premier DPI référencé

    L’Agence du Numérique en Santé (ANS) a officiellement référencé Hopital Manager, le dossier patient informatisé (DPI) édité par Softway Medical, comme premier logiciel conforme à la vague 2 du Ségur numérique. Avec 1 300 établissements équipés (CHU, GHT, ESPIC et cliniques privées), l’éditeur digitalise aujourd’hui près de 30 % des parcours de soins hospitaliers en France.

    Ségur du numérique : un passage pour accéder aux financements publics pour les éditeurs

    Lancé en 2021 avec 2 milliards d’euros d’investissement, le Ségur du numérique vise à fluidifier le partage des données de santé entre professionnels et usagers. Pour les entreprises du numérique en santé, le Ségur offre l’opportunité de faire référencer leurs logiciels par l’ANS, condition pour bénéficier des financements SONS de l’Etat. Le référencement ouvre aussi l’accès à d’autres dispositifs (forfait structure, exigences COFRAC, etc). La vague 2, en cours, complète la première en renforçant l’intégration des documents reçus via MSSanté et la consultation du DMP, et en étendant le périmètre à de nouveaux professionnels et logiciels.

    Un DPI modulaire, conçu avec les établissements pour répondre aux besoins du terrain

    Hopital Manager est un système d’information, conçu pour accompagner les établissements de santé dans la gestion numérique du parcours de soins. La solution intègre des fonctions comme la gestion des admissions, la prescription, en passant par le pilotage des activités médicales et la facturation. “On gère la totalité du spectre d’un système d’information hospitalier […] dans tous les rouages et dans tous les services, que ce soit administratifs, médicaux ou médico-techniques” déclare Carmen Giannucci. Multi-établissement et multi-entités juridiques, sa conception modulaire permet de s’adapter aux structures de tailles et de natures variées : CHU, clinique privée, groupements hospitaliers, etc. Le référencement Ségur V2 atteste donc de la compatibilité avec les services socles (INS, DMP, MMSanté, Pro Santé Connect).

    Hopital Manager dispose d’autre fonctionnalités, développées avec les établissements partenaires et utilisateurs sur le terrain.

    No-code (pour la personnalisation) et IA générative (pour les CR) ouvrent de nouveaux usages

    Hôpital Manager a été conçue dès l’origine pour répondre à la complexité des organisations hospitalières. Déployé dans les secteurs public et privé, il prend en charge aussi bien les activités MCO que la santé mentale, le SMR ou encore les lits d’EHPAD. Sotfway Medical insiste sur un développement centré sur les usages, construit en lien avec les utilisateurs métiers.

    L’entreprise met, par exemple, à disposition des DSI une plateforme de développement de type « no-code », qui permet aux établissements de santé de modifier ou d’enrichir les fonctionnalités du DPI Hôpital Manager sans recourir à des développeurs. Ce dispositif renforce l’autonomie technique des structures, et répond à une demande de personnalisation des outils numériques. Les établissements peuvent donc ajuster leurs environnements logiciels au terrain, tout en gardant un socle standard.

    Aussi, le groupe intègre les technologies d’IA générative. Basées sur des modèles de langage (LLM), les premières applications permettent de générer automatiquement des résumés cliniques (CR de consultations médicales ou de passages aux urgences) à partir des données du DMP. Ce travail de synthèse automatique allège la charge documentaire des médecins.

    Une task force dédiée, composée de 200 experts

    Dès le lancement du Ségur du numérique en santé, Softway Medical a mis en place une organisation spécifique (calquer sur les modèles industriels) pour répondre aux exigences du programme. “On a reproduit ce qui avait très bien fonctionné dans la vague une du Ségur” affirme Carmen Giannucci. Pour une meilleure exécution, le groupe a constitué une task force structurée par domaines — développement, sécurité, juridique-financier, déploiement. Cette organisation transversale, coordonnée par la responsable, a permis d’anticiper les contraintes du calendrier réglementaire et de respecter les délais. Ce modèle, reproduit pour la vague 2, a permis à l’entreprise de travailler simultanément sur plusieurs couloirs, dont celui de l’hôpital, et de mutualiser les outils et les méthodes.

    Un hébergeur aguerri aux exigences de sécurité

    La vague 2 du Ségur marque une transition vers un usage plus ergonomique et opérationnel du DMP, avec un accent mis sur la consultation (en plus de l’alimentation). Carmen Giannucci indique avoir anticipé cette évolution en initiant, il y a deux ans, des travaux sur la visualisation des documents externes. Hébergeur de données de santé certifié depuis 2011, l’éditeur maîtrisait déjà les exigences de sécurité attendues pour cette seconde vague. Les tests d’intrusion et contrôles associés n’ont donc pas constitué de difficultés.

    Résultats : un calendrier maitrisé de bout en bout, sans demande de report

    L’une des principales difficultés évoquées n’a pas été technique, mais liée au cadre spécifique du Ségur, à savoir que les éditeurs ne sont pas seuls décideurs du calendrier. L’avancement est conditionné par des arrêtés réglementaires et un contrôle strict des livrables par des auditeurs externes. Dans ce contexte, la qualité du dialogue entre éditeurs et autorités a été essentielle. Bien que l’absence de contact direct avec les auditeurs, lors des phases de dépôt de preuves, ait parfois allongé les délais de validation, la tenue de sessions d’échange bimensuelles entre les instances et les éditeurs a contribué à fluidifier le processus.

    Nexus/France rejoint la liste avec sa solution Emed

    Il y a quelques jours, c’était au tour de la société Nexus/France d’être référencé Ségur V2. Nous apprenions via une publication LinkedIn que la solution Emed est désormais le deuxième DPI officiellement référencé dans le cadre de la deuxième Vague du Ségur. Rappelant, via Jean Christophe Turbatte (directeur du programme Ségur à l’ANS), que “les dépôts de preuves s’accélèrent” et que “plus de la moitié des solutions candidates ont désormais franchi le seuil des 80 % d’avancement”.

    Le calendrier fixait au 15 décembre 2025 la 1er date limite de dépôt des dossiers de référencement des DPI. La 2ème date limite de dépôt de dossier est fixée au 31 mars 2026 (arrêté du 9 décembre 2025), marquant ainsi la fin du Ségur numérique pour les éditeurs concernés.

  • Cancers : le registre national est lancé

    Ce décret vient en application de la loi du 30 juin 2025 “visant à mettre en place un registre national des cancers”, issue d’une proposition de loi déposée en avril 2023. Le député Yannick Neuder salue sur X la mise en œuvre d’un projet qu’il a porté en tant que ministre de la Santé, “créant enfin un outil national structurant au service des patients, de la recherche et des politiques publiques”. Circonspecte dans sa délibération datée du 11 décembre, la Cnil a obtenu plusieurs modifications du texte.

    Un outil de centralisation des données

    Le registre a pour objet de “centraliser les données populationnelles relatives à l’épidémiologie et aux soins dans le domaine de la cancérologie et qui concernent les personnes entrant dans un dispositif de prévention ou de dépistage d’un cancer, suspectées d’être atteintes d’un cancer, bénéficiant de soins relatifs au cancer ou étant ou ayant été atteintes d’un cancer”.

    Il s’agira de “recueillir au moins annuellement et systématiquement les données populationnelles” en question, de les “rassembler, apparier et pseudonymiser” dans une base de données, de permettre à l’Institut national du cancer de conduire des études “dans le cadre de ses missions d’observation et d’évaluation du dispositif de lutte contre le cancer”. L’outil pourra ainsi contribuer “à la recherche, aux études, à l’évaluation et à l’innovation dans le domaine de la cancérologie”, ainsi qu’à “la surveillance de l’état de santé des populations”, et à “la conception, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques publiques relatives à la lutte contre le cancer”.

    11 catégories de données concernées

    Le décret liste 11 catégories de données susceptibles d’être traitées dans le registre, des données d’identification, mais aussi les résultats d’examens et d’analyses, les caractéristiques des tumeurs, les caractéristiques “sanitaires, médico-sociales et financières de la prise en charge des soins et prestations” servies par les organismes d’assurance maladie obligatoire, ainsi que des informations liées aux expositions et aux maladies professionnelles ou “relatives aux déterminants sociaux et environnementaux”.

    Les données concernées seront issues de neuf catégories de sources, la base principale du SNDS mais aussi les registres locaux des cancers et leur base de données commune “dont l’Institut national du cancer assure l’hébergement et la responsabilité de traitement”. Seront également mis à contribution les entrepôts de données de santé à des fins de recherche, de cohortes ou de registres mis en œuvre par “un ou plusieurs établissements de santé publics ou privés, ou tout organisme collectant des données intéressant pour tout ou partie le domaine de la cancérologie” et les bases de données “constituées dans le cadre de projets de recherche, d’essais cliniques, d’études, d’évaluations”.

    Les données seront conservées pendant une durée maximale de 24 mois s’agissant des données “directement identifiantes”, “vingt ans à compter de la dernière inclusion des données concernant une même personne s’agissant des autres données”. Dans le projet de décret transmis à la Cnil.

    Création d’un “comité scientifique et éthique”

    Le décret précise qu’un “comité scientifique et éthique du registre national des cancers” est mis en place par l’Institut national du cancer avec pour missions de “veiller à la cohérence de la stratégie scientifique” portée dans le cadre du registre , de “rendre un avis sur un rapport scientifique annuel” du registre “avant sa présentation au conseil d’administration” de l’Inca, et enfin d’”évaluer et rendre des avis sur les protocoles qui lui sont soumis préalablement à l’accès aux données du registre national des cancers pour mettre en œuvre une recherche, étude ou évaluation dans le domaine de la cancérologie”.

    La Cnil obtient plusieurs avancées en matière de protection des données

    La Cnil estimait dans sa délibération datée du 11 décembre que “la nécessité et la proportionnalité de collecter certaines données dans le registre national n’ont pas été suffisamment justifiées”. Soulignant que les traitements induits “conduiront à la collecte et au traitement de données particulièrement sensibles”, elle demandait notamment que “trois garanties” soient être ajoutées dans le décret, “applicables à l’ensemble des traitements envisagés” , à savoir “l’hébergement des données sur le territoire de l’Union européenne”, “l’interdiction de transferts en dehors de l’UE, sauf accès ponctuel”, et la nécessité de sélectionner des prestataires “présentant des garanties à l’encontre de tout accès par des autorités publiques d’État tiers non autorisées”. Elle n’a obtenu que la première garantie.

    Si le ministère s’est engagé à ce que l’hébergement des registres soit réalisé par des prestataires certifiés « hébergeur de données de santé », la Commission rappelle, que les critères de certification “ne comportent pas de garanties similaires à celles prévues par la certification ‘SecNumCloud’” de l’Anssi.

    La Cnil juge par ailleurs que n’est “pas suffisamment justifiée” la nécessité de collecter la date de naissance complète des patients, l’adresse de résidence précise, les données identifiantes des professionnels de santé ayant pris en charge des patients, l’identifiant permanent du patient (IPP) ou l’identifiant de l’épisode de soin (IEP). Elle a obtenu que les “données directement identifiantes” soient traitées “exclusivement à des fins de recueil exhaustif des cas de cancers et d’appariement en l’absence du numéro d’inscription au répertoire d’identification des personnes physiques”.

    La Cnil a également obtenu que l’INCa soit chargé de réaliser l’appariement, après pseudonymisation des données “dans un environnement d’intégration spécifique comprenant des mesures de sécurité techniques et organisationnelles renforcées afin de garantir un cloisonnement par rapport à l’entrepôt de données de santé”. S’étonnant d’une durée maximale de conservation des données de “cinquante ans à compter de la dernière inclusion de donnée relative à une personne”, la Cnil l’a jugée “particulièrement longue” et obtenu qu’elle soit ramenée à vingt ans.

    Décret: https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000053177576

    Délibération Cnil: https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000053178125

    Loi: https://www.legifrance.gouv.fr/dossierlegislatif/JORFDOLE000047691860/

     

  • Le CNOM lance un livre blanc pour refonder le système de santé à l’horizon 2027

    Le Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom) a réuni à deux reprises les élus syndicaux et professionnels représentatifs de la médecine (libéraux, hospitaliers, salariés, universitaires, jeunes médecins et étudiants) pour initier une démarche unitaire. Cette mobilisation se veut une réponse aux mutations du système de santé, jugées insuffisamment anticipées par les politiques publiques, et à une gestion perçue comme guidée par des logiques “comptables” et “court-termistes”. Le Cnom défend l’élaboration d’une vision commune de la santé, articulée autour des principes déontologiques : liberté d’exercice, indépendance professionnelle et qualité des soins pour tous.

    Le Conseil souligne que l’indépendance médicale n’est pas un privilège, mais une condition essentielle à des décisions prises dans l’intérêt exclusif des patients, à l’abri de toute pression externe, qu’elle soit administrative, économique ou organisationnelle.

    Une feuille de route jusqu’à 2027

    Dans la perspective des échéances électorales de 2027, le Cnom souhaite faire émerger des propositions de réforme de long terme. L’objectif est de poser les bases d’un nouveau pacte de santé. Un livre blanc, rédigé par les médecins, étudiants et internes, sera publié à l’automne 2026. Il visera à formaliser une plateforme de propositions à soumettre aux décideurs politiques. Sa préparation sera jalonnée de plusieurs temps forts dès le premier semestre 2026 :

    • Organisation de 103 forums départementaux pour recueillir les réflexions locales ;
    • Réunions régionales autour de l’organisation des soins et de la prise en charge des patients ;
    • Assises nationales de la représentation médicale ;
    • Enquête nationale auprès des 330 000 médecins ;
    • Séminaire des élus ordinaux, enrichi par les contributions d’un groupe d’experts ;
    • Création d’un think tank, qui mènera des auditions régulières d’acteurs du système de santé.

    Par cette initiative, le Conseil ambitionne de redonner sens à l’action médicale dans une logique d’intérêt général.

  • Les outils d’ALOGIA pour les diagnostics territoriaux adoptés par la CDC

    La stratégie du groupe CDC pour la santé et le grand âge

    La Caisse des dépôts et consignations (CDC) a présenté récemment la stratégie du groupe pour accompagner le vieillissement de la population, financer les innovations en santé et développer des acteurs de taille critique dans ce secteur en croissance.

    Le plan de la CDC mobilise 25 Md€ sur 5 ans et s’articule autour de 4 axes :

    • Financement de l’offre de soins pour la santé et le grand âge ;
    • Soutien aux innovations pour la santé de demain et le bien vieillir ;
    • Structuration, avec le développement d’acteurs de taille critique du parcours de santé et du bien-vieillir ;
    • Solvabilisation de la perte d’autonomie (assurances).

    Plusieurs entités du groupe sont impliquées dans l’implémentation de cet axe stratégique en faveur de la santé et du grand âge. Historiquement la préservation de la santé et la prévention de la perte d’autonomie font partie des intérêts du groupe, soit en tant que prêteur ou assureur (Banque postale, banque des territoires, CNP assurances), investisseur (BPI France, Banque des territoires, CNP assurances) ou même opérateur avec les Ehpad du groupe Emeis, les logements de CDC Habitat ou encore les prestations à domicile de La Poste Santé & Autonomie.

    Le rôle d’ALOGIA dans la mise en œuvre du plan de la CDC

    La CDC s’appuie sur la solution RevealCare développée par ALOGIA pour orienter l’application de son plan stratégique sur tous les territoires. RevealCare est un logiciel d’aide à la décision dédié à l’exploitation de l’ensemble des données disponibles en open source ayant un lien utile avec le vieillissement.

    Les algorithmes de RevealCare permettent une exploitation de l’ensemble des données sur les individus, les structures sanitaires et médicosociales, les habitats, etc. La version dédiée à la Banque des territoires de cet outil est destinée à l’élaboration d’une stratégie territoriale de prise en compte du vieillissement. Un diagnostic territorial de la question du vieillissement peut être réalisé à toutes les échelles de collectivités, en se référant à plusieurs thématiques comme la démographie, la santé, l’habitat, le climat ou la sécurité.

    Les algorithmes de croisements de données thématiques de RevealCare permettent d’élaborer une vision précise sur des thèmes tels que :

    • La croissance de la population âgée et ses implications en termes de dépendance ;
    • Les déserts médicaux et les inégalités d’accès aux soins ;
    • Les besoins en logements adaptés pour les seniors ;
    • Le maillage médicosocial et les dispositifs existants.

    L’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) par RevealCare permet en plus d’élaborer des inférences relatives à l’évolution de situations locales.

    ALOGIA, partenaire des bailleurs sociaux avec RevealCare

    Selon l’Agence nationale de contrôle du logement social (Ancols), seulement 10% des logements sociaux sont adaptés à la perte d’autonomie, alors que 30% des locataires ont 60 ans ou plus.

    Un partenariat a été mis en place entre de nombreux bailleurs sociaux et ALOGIA. Par sa puissance d’analyse des données des locataires et du parc social et avec l’apport de l’IA, RevealCare fournit aux bailleurs sociaux un outil d’aide à la décision stratégique, pour répondre aux besoins du parc immobilier et de leurs locataires.

    RevealCare permet également, dans le respect du RGPD, d’identifier les locataires, présentant le plus de risque de perte d’autonomie. ALOGIA propose ensuite des actions de prévention pour prévenir cette perte d’autonomie.

     

  • Accès aux soins, santé publique, pratiques professionnelles : quelles réformes en vigueur depuis le 1er janvier ?

    Soins sans prescription, prévention renforcée, taxation modulée

    Une nouvelle taxe sur les édulcorants

    Depuis le 1er janvier 2026, la taxe sur les boissons édulcorées a été réformée dans le cadre de la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) 2025. Elle repose sur un barème progressif calculé selon la teneur en édulcorants de synthèse : 4,5 €/hectolitre pour les boissons contenant jusqu’à 120 mg/l, et 6 €/hectolitre au-delà. Ce dispositif vise à limiter l’usage des édulcorants en substitution du sucre.

    Infirmiers : extension du rôle et consultations élargies

    Le décret du 24 décembre 2025 modifie le rôle des infirmiers. Ils peuvent désormais initier certains soins relevant de leur rôle propre sans prescription, réaliser des consultations incluant bilan clinique et diagnostic infirmier, prescrire certains produits de santé et examens complémentaires, et assurer la prise en charge autonome des plaies simples. Ces mesures renforcent leur implication dans la coordination des parcours, la prévention, l’éducation à la santé et la vaccination.

    Une nouvelle version du carnet de maternité en mars

    Un arrêté publié le 24 décembre 2025 annonce une nouvelle version du carnet de maternité à partir du 1er mars 2026, conforme aux recommandations du Haut Conseil de la santé publique. Cet outil de prévention intègre des informations médicales partagées et des ressources pour le suivi de la grossesse et du post-partum.

    Déploiement du registre national des cancers et nouvelles garanties pour les usagers de santé

    Détection de la soumission chimique : expérimentation en quatre régions

    Un décret du 1er janvier 2026 lance une expérimentation de trois ans dans les régions Hauts-de-France, Île-de-France, Pays de la Loire et Guadeloupe pour le remboursement des examens de biologie médicale destinés à détecter une soumission chimique, sans nécessité de dépôt de plainte. Ce dispositif, s’appuyant sur le Centre de référence sur les agressions facilitées par les substances (CRAFS), permet aux personnes munies d’une ordonnance d’effectuer ces analyses en laboratoire.

    Remboursement élargi des prothèses capillaires

    Dans le cadre du dispositif « 100 % santé », une nouvelle nomenclature des prothèses capillaires entre en vigueur. Classées en quatre catégories selon leur qualité et composition, les classes I et II sont désormais intégralement prises en charge, tandis que les classes III et IV bénéficient d’un meilleur remboursement, réduisant le reste à charge.

    Eau potable : renforcement du contrôle sanitaire

    Le contrôle sanitaire de l’eau potable, assuré par les ARS, est renforcé à partir de 2026. Le programme d’analyses, ses modalités d’adaptation et la fréquence des prélèvements sont révisés pour se conformer aux normes européennes. La liste des paramètres analysés s’élargit, avec l’intégration de nouveaux contaminants comme les PFAS ou les acides haloacétiques.

    Registre national des cancers

    Instauré par la loi du 30 juin 2025, un registre national des cancers est mis en place le 1er janvier 2026. Piloté par l’Institut national du cancer, il centralise les données issues des registres existants, des soins, du dépistage et des analyses biologiques. Les données, strictement sécurisées, serviront à suivre les parcours des patients, détecter les inégalités territoriales, améliorer les politiques de dépistage et soutenir la recherche.

    Revalorisation des actes médicaux et forfaits

    La convention médicale de 2024 prévoit plusieurs revalorisations à partir du 1er janvier 2026, ciblant notamment les spécialités de pédiatrie, gériatrie, psychiatrie, gynécologie médicale, dermatologie et les urgences. Des majorations spécifiques concernent les consultations longues des patients de plus de 80 ans ou les visites à domicile dans le cadre du service d’accès aux soins (SAS). Un nouveau forfait unique est introduit pour les médecins généralistes, ajusté selon la taille et les caractéristiques de leur patientèle. L’ensemble de ces mesures représente une dépense annuelle supplémentaire de 350 M€, prévue dans le PLFSS 2026. Par ailleurs, l’avenant 21 pour les orthophonistes libéraux permet la généralisation de la plateforme « Prévention et soins en orthophonie ». Côté chirurgie dentaire, des mesures de la convention de 2023 entrent en vigueur pour renforcer la prévention et l’accès aux soins bucco-dentaires.