Hopital Manager devient le premier DPI référencé
L’Agence du Numérique en Santé (ANS) a officiellement référencé Hopital Manager, le dossier patient informatisé (DPI) édité par Softway Medical, comme premier logiciel conforme à la vague 2 du Ségur numérique. Avec 1 300 établissements équipés (CHU, GHT, ESPIC et cliniques privées), l’éditeur digitalise aujourd’hui près de 30 % des parcours de soins hospitaliers en France.
Ségur du numérique : un passage pour accéder aux financements publics pour les éditeurs
Lancé en 2021 avec 2 milliards d’euros d’investissement, le Ségur du numérique vise à fluidifier le partage des données de santé entre professionnels et usagers. Pour les entreprises du numérique en santé, le Ségur offre l’opportunité de faire référencer leurs logiciels par l’ANS, condition pour bénéficier des financements SONS de l’Etat. Le référencement ouvre aussi l’accès à d’autres dispositifs (forfait structure, exigences COFRAC, etc). La vague 2, en cours, complète la première en renforçant l’intégration des documents reçus via MSSanté et la consultation du DMP, et en étendant le périmètre à de nouveaux professionnels et logiciels.
Un DPI modulaire, conçu avec les établissements pour répondre aux besoins du terrain
Hopital Manager est un système d’information, conçu pour accompagner les établissements de santé dans la gestion numérique du parcours de soins. La solution intègre des fonctions comme la gestion des admissions, la prescription, en passant par le pilotage des activités médicales et la facturation. “On gère la totalité du spectre d’un système d’information hospitalier […] dans tous les rouages et dans tous les services, que ce soit administratifs, médicaux ou médico-techniques” déclare Carmen Giannucci. Multi-établissement et multi-entités juridiques, sa conception modulaire permet de s’adapter aux structures de tailles et de natures variées : CHU, clinique privée, groupements hospitaliers, etc. Le référencement Ségur V2 atteste donc de la compatibilité avec les services socles (INS, DMP, MMSanté, Pro Santé Connect).
Hopital Manager dispose d’autre fonctionnalités, développées avec les établissements partenaires et utilisateurs sur le terrain.
No-code (pour la personnalisation) et IA générative (pour les CR) ouvrent de nouveaux usages
Hôpital Manager a été conçue dès l’origine pour répondre à la complexité des organisations hospitalières. Déployé dans les secteurs public et privé, il prend en charge aussi bien les activités MCO que la santé mentale, le SMR ou encore les lits d’EHPAD. Sotfway Medical insiste sur un développement centré sur les usages, construit en lien avec les utilisateurs métiers.
L’entreprise met, par exemple, à disposition des DSI une plateforme de développement de type « no-code », qui permet aux établissements de santé de modifier ou d’enrichir les fonctionnalités du DPI Hôpital Manager sans recourir à des développeurs. Ce dispositif renforce l’autonomie technique des structures, et répond à une demande de personnalisation des outils numériques. Les établissements peuvent donc ajuster leurs environnements logiciels au terrain, tout en gardant un socle standard.
Aussi, le groupe intègre les technologies d’IA générative. Basées sur des modèles de langage (LLM), les premières applications permettent de générer automatiquement des résumés cliniques (CR de consultations médicales ou de passages aux urgences) à partir des données du DMP. Ce travail de synthèse automatique allège la charge documentaire des médecins.
Une task force dédiée, composée de 200 experts
Dès le lancement du Ségur du numérique en santé, Softway Medical a mis en place une organisation spécifique (calquer sur les modèles industriels) pour répondre aux exigences du programme. “On a reproduit ce qui avait très bien fonctionné dans la vague une du Ségur” affirme Carmen Giannucci. Pour une meilleure exécution, le groupe a constitué une task force structurée par domaines — développement, sécurité, juridique-financier, déploiement. Cette organisation transversale, coordonnée par la responsable, a permis d’anticiper les contraintes du calendrier réglementaire et de respecter les délais. Ce modèle, reproduit pour la vague 2, a permis à l’entreprise de travailler simultanément sur plusieurs couloirs, dont celui de l’hôpital, et de mutualiser les outils et les méthodes.
Un hébergeur aguerri aux exigences de sécurité
La vague 2 du Ségur marque une transition vers un usage plus ergonomique et opérationnel du DMP, avec un accent mis sur la consultation (en plus de l’alimentation). Carmen Giannucci indique avoir anticipé cette évolution en initiant, il y a deux ans, des travaux sur la visualisation des documents externes. Hébergeur de données de santé certifié depuis 2011, l’éditeur maîtrisait déjà les exigences de sécurité attendues pour cette seconde vague. Les tests d’intrusion et contrôles associés n’ont donc pas constitué de difficultés.
Résultats : un calendrier maitrisé de bout en bout, sans demande de report
L’une des principales difficultés évoquées n’a pas été technique, mais liée au cadre spécifique du Ségur, à savoir que les éditeurs ne sont pas seuls décideurs du calendrier. L’avancement est conditionné par des arrêtés réglementaires et un contrôle strict des livrables par des auditeurs externes. Dans ce contexte, la qualité du dialogue entre éditeurs et autorités a été essentielle. Bien que l’absence de contact direct avec les auditeurs, lors des phases de dépôt de preuves, ait parfois allongé les délais de validation, la tenue de sessions d’échange bimensuelles entre les instances et les éditeurs a contribué à fluidifier le processus.
Nexus/France rejoint la liste avec sa solution Emed
Il y a quelques jours, c’était au tour de la société Nexus/France d’être référencé Ségur V2. Nous apprenions via une publication LinkedIn que la solution Emed est désormais le deuxième DPI officiellement référencé dans le cadre de la deuxième Vague du Ségur. Rappelant, via Jean Christophe Turbatte (directeur du programme Ségur à l’ANS), que “les dépôts de preuves s’accélèrent” et que “plus de la moitié des solutions candidates ont désormais franchi le seuil des 80 % d’avancement”.
Le calendrier fixait au 15 décembre 2025 la 1er date limite de dépôt des dossiers de référencement des DPI. La 2ème date limite de dépôt de dossier est fixée au 31 mars 2026 (arrêté du 9 décembre 2025), marquant ainsi la fin du Ségur numérique pour les éditeurs concernés.