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  • Études de faisabilité précoce pour les DM : quels défis pour les autorités européennes?

    L’étude signée en premier auteur par Majella Geraghty (Trinity College Dublin) signale un degré “variable”  de documentation des phases d’investigation clinique et des pratiques d’évaluation. Les lacunes dans les ressources des autorités nationales compétentes (ANC)  étaient “notables” dans les technologies de santé numériques (DHT), les dispositifs médicaux basés sur l’intelligence artificielle (AIeMD) et les statistiques. Les mécanismes de dialogue prévus par 63 % des ANC sont associés à une amélioration de la qualité des résultats. Les auteurs ont constaté que la formation était fragmentée et le recours à des experts externes limité. Les ANC ont souligné auprès d’eux l’impact de la pression réglementaire due à une complexité croissante.

    L’étude conclut à une “grande variabilité” des qualifications et des pratiques des évaluateurs, soulignant que ces différences “limitent la cohérence de la surveillance réglementaire” dans le cadre du règlement sur les dispositifs médicaux (MDR). Ils prônent notamment la mise en place de programmes de formation structurés et de mécanismes harmonisés de dialogue avec les promoteurs, jugeant qu’elle  sera “essentielle” pour la réglementation, son degré de préparation et sa cohérence.

    Normes minimales et lignes directrices

    Cette étude qui se présente comme “la première analyse publiée à l’échelle européenne sur la manière dont les autorités nationales compétentes (ANC) sont organisées pour évaluer les dispositifs médicaux, en particulier les dispositifs médicaux implantables actives (EFS) dans le cadre du règlement MDR” cite parmi les principaux défis à  relever “le manque d’uniformité dans la classification des études, l’intégration limitée du point de vue des patients et un accès inégal  au dialogue structuré avec les promoteurs”.

    Les auteurs recommandent d’établir des normes minimales à l’échelle de l’UE pour “les qualifications, la vérification des compétences et la formation des évaluateurs”.

    Ils demandent de créer des programmes d’études structurés et une formation continue adaptés aux technologies émergentes.

    Ils proposent de créer des mécanismes de dialogue standardisés entre les ANC avant la soumission des demandes.

    Ils demandent la préparation de lignes directrices harmonisées pour l’évaluation des technologies médicales innovantes et à haut risque.

    Ils proposent de valoriser le vivier d’experts qualifiés issus des organismes notifiés et des groupes d’experts pour épauler les ANC, en particulier dans les domaines les plus spécialisés ou à forte demande, dans lesquels les capacités internes sont limitées.

    Selon l’étude, des réseaux européens de régulateurs spécialisés ayant une expérience clinique, soutenus par des experts scientifiques et technologiques (y compris des experts en IAeMD), devraient être mis en place afin de renforcer la collaboration avec les développeurs et les promoteurs

     

     

  • Data : de nouveaux indicateurs en open data pour mieux cibler les actions locales

    Des données territorialisées pour objectiver les constats de terrain

    Face à des inégalités en santé périnatale, l’outil Open Data Périnat IDF s’enrichit de nouveaux indicateurs afin de soutenir les professionnels. Mis à jour début 2026, il propose désormais un accès à des données détaillées sur :

    • le parcours pré- et post-natal,
    • le dépistage de la surdité,
    • le programme régional de suivi des enfants vulnérables (SEV),
    • ainsi que des possibilités de tris croisés entre indicateurs.

    L’échelle géographique est également affinée, avec des données accessibles à l’échelon de l’arrondissement INSEE, soit un niveau infra-départemental, permettant une lecture plus fine des dynamiques locales. Dans le département du Val-d’Oise par exemple, les données révèlent une situation plus dégradée qu’en moyenne régionale. Le taux de mortalité infantile y atteignait 4,6 ‰ en 2024, contre 4,3 ‰ en Île-de-France.

    Un appui pour la coordination et les politiques publiques

    En centralisant les données, l’outil facilite le pilotage des actions. Les indicateurs sont utilisés pour comparer la situation locale à celle des autres territoires, appuyer les échanges avec les maternités, les équipes de PMI, les femmes enceintes, et mobiliser les partenaires institutionnels.

    Open Data en Périnat IDF : mise à disposition de nouveaux indicateurs pour agir sur les enjeux de santé périnatale

  • Shanghai : l’IA multimodale accélère le dépistage de l’anxiété et de la dépression

    Une IA clinique multimodale pour soutenir le diagnostic

    La Chine fait face à une charge élevée de troubles anxieux et dépressifs, liée au stress professionnel et urbain :

    Les diagnostics classiques restent longs et subjectifs, et l’accès aux soins spécialisés est limité dans les zones rurales, qui regroupent près de 60 % de la population. Le Centre de santé mentale de Shanghai, en collaboration avec l’Institut Tianqiao & Chrissy Chen, a développé un modèle d’IA conversationnel d’aide clinique. Entraîné sur plus de 5 000 dialogues psychiatriques anonymisés, le système Lingxi facilite le repérage des symptômes, soutient le diagnostic clinique des professionnels de santé et optimise l’évaluation clinique. Le dispositif repose sur :

    • un système EEG non invasif
    • des algorithmes générant un score de risque objectif en moins de deux minutes

    Un potentiel de réduction des biais humains dans le dépistage

    Bien que les études cliniques sur le modèle développé à Shanghai soient encore en cours et que les métriques exactes restent à documenter, une revue systématique avec méta-analyses publiée dans npj Digital Medicine en août 2025 sur des technologies similaires met en évidence le potentiel des systèmes multimodaux :

    • AUC proches de 0,95, rivalisant avec les échelles cliniques standard
    • Réduction des biais d’interprétation grâce à la multimodalité
    • Fiabilité diagnostique accrue, confirmée par plusieurs études prospectives
    • Performances comparables aux échelles cliniques classiques, avec forte corrélation aux scores validés

    Une technologie appelée à se diffuser en Asie

    En standardisant l’analyse des dialogues cliniques et en intégrant des marqueurs EEG moins sensibles aux variations individuelles d’expression, cette approche est jugée prometteuse. Le Centre de santé mentale de Shanghai, l’un des principaux pôles psychiatriques chinois, pourrait voir cette technologie s’étendre dans plusieurs pays asiatiques :

    • Japon : dispose d’une forte infrastructure de santé numérique
    • Corée du Sud : adopte rapidement les technologies d’IA en santé
    • Taïwan et Singapour : déploient des systèmes de santé avancés intégrant l’IA
    • Hong Kong et autres grandes villes asiatiques : développement de solutions de santé numérique métropolitaines
  • Étude : une IA cartographie les facteurs clés de la survie au cancer pour guider les politiques

    Résultat : la couverture santé universelle, l’accès à la radiothérapie et la richesse nationale apparaissent comme les leviers les plus déterminants.

    Depuis vingt ans, les politiques publiques de lutte contre le cancer reposent sur une accumulation d’indicateurs : dépenses de santé, nombre de lits, effectifs médicaux, densité hospitalière, équipements lourds. Des tableaux de bord utiles, mais qui indiquent peu où investir en priorité pour faire réellement baisser la mortalité. À dépense égale, certains pays obtiennent de meilleurs résultats que d’autres. Jusqu’ici, faute d’outils capables de croiser massivement données épidémiologiques et organisation des soins, il était difficile d’identifier ce qui, concrètement, faisait la différence.

    Une IA analyse les données de 185 pays

    Pour répondre à cette question, une équipe de l’University of Texas et du Memorial Sloan Kettering Cancer Center a développé un modèle d’apprentissage automatique et l’a appliqué à 185 pays. L’étude, publiée en janvier 2026 dans Annals of Oncology, vise à décomposer, pays par pays, les facteurs dans les systèmes de santé les plus étroitement associés à la survie au cancer afin d’orienter les politiques publiques.

    Concrètement, les chercheurs ont analysé les données d’incidence et de mortalité du cancer issues de la base GLOBOCAN 2022 pour 185 pays. Ces données ont été croisées avec des indicateurs décrivant les systèmes de santé nationaux, provenant de l’Organisation mondiale de la santé, de la Banque mondiale, des Nations unies et d’un répertoire mondial des centres de radiothérapie.

    L’objectif était d’expliquer les écarts de performance entre pays à partir d’un indicateur synthétique : le ratio mortalité/incidence (MIR), utilisé comme mesure de l’efficacité des soins contre le cancer. Pour cela, les auteurs ont entraîné un modèle d’apprentissage automatique capable de prédire le MIR de chaque pays, puis utilisé une méthode d’interprétation afin de quantifier, pour chaque variable, sa contribution aux résultats observés.

    Résultats : l’augmentation des dépenses ne change pas toujours la donne

    • Trois leviers dominent globalement sont plus fortement associés à une meilleure survie au cancer :
      • Couverture santé universelle.
      • Densité de centres de radiothérapie.
      • PIB par habitant.
    • L’augmentation des dépenses globales de santé n’est pas systématiquement associée à une amélioration du MIR.
    • Au Brésil, la couverture santé universelle est le facteur qui a le plus fort impact positif sur le MIR, alors que les services de pathologie et le nombre d’infirmières par 1000 habitants ont un effet moins prononcé.
    • En Pologne, la densité des services de radiothérapie, le PIB par habitant et l’indice de couverture santé universelle sont les facteurs qui expliquent le mieux les résultats en matière de cancer.
    • Dans des pays comme le Japon, les États-Unis et le Royaume-Uni, tous les aspects des systèmes de santé sont liés à de meilleurs résultats, mais la densité des centres de radiothérapie au Japon et le PIB par habitant aux États-Unis et au Royaume-Uni se détachent comme les plus influents.
    • En Chine, les plus grands facteurs associés à de meilleurs résultats sont le PIB par habitant, la couverture santé universelle et la densité de centres de radiothérapie, tandis que les dépenses directes des patients, la main-d’œuvre chirurgicale par 1000 habitants et les dépenses de santé en pourcentage du PIB contribuent moins aux différences actuelles.

    Cette étude marque un changement de paradigme dans le pilotage des politiques de lutte contre le cancer. Elle montre que le niveau global de dépense ne suffit plus à expliquer les écarts de mortalité. « Ce ne sont pas les ressources globales, mais leur configuration et leur accessibilité qui expliquent le mieux les différences de résultats, » écrivent les auteurs de l’étude.

    Appliquée à la France, cette grille de lecture est également éclairante. Le pays dispose déjà de la plupart des déterminants structurels identifiés par le modèle — couverture santé universelle, offre hospitalière dense, accès large à la radiothérapie. Dans ce contexte, les marges de progrès se situent donc moins dans l’extension du système que dans l’accès réel aux soins et la fluidité des parcours. Surtout dans les territoires sous-dotés et pour les cancers de mauvais pronostic.

    « Rendre possible une santé publique de précision »

    Ce type de modèle ouvre la voie à une nouvelle génération d’outils de pilotage des plans cancer. Il permet de hiérarchiser les priorités, d’objectiver les choix d’investissement et de déplacer les ressources vers les points où l’impact sur la survie est maximal. Les auteurs font donc le pari qu’« à mesure que le fardeau mondial du cancer augmente, ce modèle aidera les pays à maximiser l’impact avec des ressources limitées. Il transformera des données complexes en conseils compréhensibles et exploitables pour les décideurs, rendant possible une santé publique de précision. »

    * Machine learning reveals country-specific drivers of global cancer outcomes

    Patel, M.S. et al.

    Annals of Oncology, Published online January 13, 2026

    https://www.annalsofoncology.org/article/S0923-7534(25)06275-1/abstract

     

  • La FDA et l’EMA publient « 10 principes de bonnes pratiques » pour l’IA

    La Food and Drug Administration et l’Agence européenne des médicaments ont publié un ensemble de 10 principes directeurs pour l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le développement de médicaments et de produits biologiques. Cette initiative marque une étape dans l’encadrement de technologies dont l’usage s’intensifie dans la recherche et la régulation pharmaceutiques. Les principes publiés sont conçus pour s’appliquer à l’ensemble du cycle de vie du médicament, depuis la phase de recherche jusqu’à la surveillance post-commercialisation. L’objectif est double : tirer parti des capacités de l’IA tout en garantissant la sécurité des patients et la fiabilité des données générées.

    Parmi les 10 principes, on retrouve notamment :

    • La conception centrée sur l’humain.
    • Une approche fondée sur les risques.
    • L’adhésion aux standards reconnus.
    • La définition claire du contexte d’usage.
    • Le recours à une expertise multidisciplinaire.
    • Une gouvernance des données rigoureuse.
    • La documentation des modèles.
    • L’évaluation des performances selon les risques.
    • Une gestion sur l’ensemble du cycle de vie.
    • La transparence des informations essentielles.

    Selon les agences, ces principes devraient permettre à l’IA d’accélérer le développement des traitements, réduire les délais de mise sur le marché, renforcer la pharmacovigilance et limiter le recours aux tests sur les animaux grâce à de meilleures capacités prédictives. Ils posent aussi les bases d’une harmonisation internationale des pratiques et pourraient servir de point d’appui à des collaborations futures entre régulateurs, organismes de normalisation et autres acteurs impliqués.

  • Un programme de suivi virtuel des patients atteints de cancer aux USA

    Un nouveau modèle pour répondre aux tensions sur les soins en oncologie

    95 % des préoccupations des patients sont résolues à distance

    Face à l’augmentation de la demande en cancérologie et à la pénurie de personnel médical, Tampa General Hospital (en Floride) expérimente un programme de suivi à distance des patients en traitement du cancer. Ce dispositif s’appuie sur les services de Reimagine Care, une startup fondée en 2020, spécialisée dans le suivi virtuel personnalisé. La plateforme permet un accompagnement à domicile, en dehors des consultations, en combinant IA et intervention humaine. L’assistant virtuel « Remi » assure la gestion initiale des demandes, tandis que des infirmières et praticiens formés en oncologie prennent le relais pour la coordination clinique, la réponse aux symptômes et, si besoin, l’orientation vers le médecin référent.

    Reimagine agit comme une extension du centre de cancérologie, en assurant le tri et la réponse aux symptômes 24/7. Environ 95 % des préoccupations des patients sont résolues à distance. Toutes les interactions sont intégrées dans le dossier médical électronique du partenaire hospitalier. La responsabilité du plan de soins reste à la charge de l’hôpital, tandis que Reimagine prend en main les aspects opérationnels du suivi.

    Indicateurs de suivi et perspectives d’extension

    L’hôpital mesurera l’impact du programme à travers plusieurs indicateurs :

    • Diminution des passages aux urgences et des hospitalisations non planifiées,
    • Satisfaction et expérience des patients,
    • Engagement avec les outils numériques (messagerie, télésoins),
    • Délais de réponse à la symptomatologie,
    • Et réduction du « pajama time » des oncologues (temps de coordination en dehors des heures de travail).

  • Psoriasis : Takeda vise jusqu’à 6 milliards de dollars avec une pilule développée par IA

    Une alternative orale aux biothérapies injectables

    Le laboratoire japonais Takeda annonce des résultats positifs pour le zasocitinib, un traitement oral contre le psoriasis en plaques découvert à l’aide de l’IA. Dans deux essais cliniques de phase III, la molécule a atteint ses objectifs, avec plus de 50 % des patients ayant obtenu une peau nette ou quasi nette après 16 semaines de prise quotidienne. Le groupe prévoit de déposer des demandes d’autorisation aux États-Unis et dans d’autres régions en 2026.

    Alors que le marché du psoriasis est dominé par des traitements injectables comme Tremfya de Johnson & Johnson, Skyrizi d’AbbVie ou Cosentyx de Novartis, Takeda mise sur une voie orale avec le zasocitinib. Ce positionnement l’aligne avec d’autres alternatives orales telles que Sotyktu de Bristol Myers et Otezla d’Amgen. Le laboratoire met en avant la simplicité d’une prise quotidienne en comprimé, une demande pour des traitements moins contraignants que les injections.

    Une molécule conçue par IA, acquise pour un montant pouvant atteindre 6 milliards

    Le zasocitinib a été découvert par la biotech américaine Nimbus Therapeutics en utilisant des technologies d’intelligence artificielle. Takeda a acquis les droits du traitement en 2022 dans le cadre d’un accord estimé jusqu’à 6 milliards de dollars. Le groupe fait de l’IA un axe stratégique, intégrant ces outils dans l’ensemble de ses processus de R&D.

  • La situation financière des ESMS sur le portail de la CNSA

    Une exploitation statistique facilitée pour tous les ESSMS sur Data Autonomie

    Les résultats sont agrégés et présentés sans données individuelles, par territoire (France, régions, départements), par catégorie d’établissement et par statut juridique (public, privé sans but lucratif, privé commercial). La base comporte les données des trois derniers exercices comptables achevés : 2022, 2023 et 2024. Elle est présentée sous trois approches :

    • Ensemble : avec une catégorisation par type d’établissement ;
    • La base établissement : par type de public (PA, PH, PA/PH), par catégorie d’ESMS et par région ;
    • La base dossier : par région ou statut juridique, tous publics et types d’établissements confondus.

    Les données de la base sont exploitées au travers d’une dizaine d’indicateurs financiers, en particulier :

    • Le taux de CAF : capacité d’autofinancement / total des recettes ;
    • Le taux de MBE : excédent brut d’exploitation (EBE) / total des recettes ;
    • Le taux de résultat net : résultat net / total des recettes.

    La restitution s’effectue par tableau statistique et par histogramme. Les résultats statistiques sont présentés autour de la médiane, du premier et du dernier déciles (D1 et D9), du premier quartile Q1 (valeur en-dessous de laquelle se situent 25% des établissements ayant les indicateurs financiers les plus faibles) et du 3ème quartile Q3 (valeur au-dessus de laquelle se situent 25% des établissements ayant les indicateurs les plus élevés).

    Zoom sur la situation financière des Ehpad

    Les statistiques concernant les Ehpad sont présentées plusieurs angles :

    Des situations financières selon le caractère lucratif ou non des Ehpad

    Le taux de MBE qui mesure la marge financière dégagée par l’activité diffère selon le statut juridique : l’extraction de données correspondante qui figure dans le tableau ci-dessous établit un taux d’EBE médian pour tous les Ehpad de 2,4% en 2024, mais  il est supérieur (4,3%) pour le privé commercial, et seulement de 1,9% pour le privé non lucratif et de 1,8% pour le public.

    Ehpad : taux de MBE selon le statut juridique

    Base établissement / Statut juridique
    Année : 2023
    Indicateur : Taux de marge brute d’exploitation
    Type de public : PA
    Statut juridique Nb D1 Q1 Médiane Q3 D9
    Total – Périmètre sélectionné 6548 -8.2 % -2.7 % 2.4 % 6.9 % 11.1 %
    France – Privé commercial 1688 -11.5 % -2.1 % 4.3 % 9.4 % 13.6 %
    France – Privé non lucratif 2217 -7.5 % -2.7 % 1.9 % 6.3 % 10.2 %
    France – Public 2643 -7.5 % -2.8 % 1.8 % 5.8 % 9.7 %
    Privé commercial 1688 -11.5 % -2.1 % 4.3 % 9.4 % 13.6 %
    Privé non lucratif 2217 -7.5 % -2.7 % 1.9 % 6.3 % 10.2 %
    Public 2643 -7.5 % -2.8 % 1.8 % 5.8 % 9.7 %

    Des disparités régionales

    Le même ratio financier de taux de marge brute d’exploitation selon les régions fait ressortir une médiane assez uniforme autour de la valeur moyenne de 3,4% ; la dispersion des résultats permet de discerner les situations particulières, comme en Corse, en Guadeloupe et en Ile-de France.

    Ehpad : taux de MBE par région

    Base établissement / Région
    Année : 2024
    Indicateur : Taux de marge brute d’exploitation
    Type de public : PA
    Région Nb D1 Q1 Médiane Q3 D9
    France 6144 -7.3 % -1.3 % 3.4 % 8.0 % 11.8 %
    Total – Périmètre sélectionné 6144 -7.3 % -1.3 % 3.4 % 8.0 % 11.8 %
    Auvergne-Rhône-Alpes 819 -7.7 % -1.7 % 2.8 % 7.0 % 10.7 %
    Bourgogne-Franche-Comté 317 -9.3 % -2.1 % 2.9 % 7.1 % 11.5 %
    Bretagne 389 -4.9 % -1.0 % 2.3 % 6.2 % 9.5 %
    Centre-Val-de-Loire 226 -5.5 % 0.1 % 5.9 % 10.6 % 14.8 %
    Collectivité de Corse 27 -25.5 % -6.2 % 2.1 % 5.4 % 13.4 %
    Collectivités d’Outre-Mer 1 NC NC NC NC NC
    Grand-Est 473 -5.9 % -1.2 % 3.8 % 8.1 % 11.6 %
    Guadeloupe 15 -13.6 % -5.0 % 2.8 % 8.9 % 11.3 %
    Hauts-de-France 459 -7.5 % -1.6 % 3.1 % 7.4 % 11.2 %
    Île-de-France 643 -10.8 % -2.3 % 3.9 % 8.8 % 13.0 %
    La Réunion 15 -3.1 % 0.2 % 4.4 % 9.7 % 11.8 %
    Martinique 8 -6.4 % 2.0 % 4.3 % 5.9 % 7.3 %
    Normandie 312 -5.6 % -0.8 % 3.1 % 7.7 % 11.0 %
    Nouvelle-Aquitaine 773 -7.2 % -1.4 % 3.4 % 7.9 % 11.4 %
    Occitanie 683 -4.0 % 0.5 % 4.8 % 8.6 % 11.9 %
    Pays-de-la-Loire 460 -5.8 % -0.1 % 4.3 % 9.1 % 12.3 %
    Provence-Alpes-Côte d’Azur 524 -11.3 % -3.2 % 3.1 % 8.1 % 12.1 %

    30% Ehpad en difficulté

    Les établissements dont le taux de déficit net est supérieur à 3% des recettes sont considérés par la CNSA comme étant en difficultés. En 2024, 30% des Ehpad étaient dans cette situation, en amélioration par rapport à 2023 (33%). Cela apparaît clairement dans le tableau à la lecture du premier quartile, dans lequel 25% des établissements avaient en moyenne un déficit d’au moins 4,6% et 10% d’au moins 10,2% de leurs recettes.

    Ehpad : taux de résultat net 2024

    Base établissement / Région
    Année : 2024
    Indicateur : Taux de résultat net
    Type de public : PA
    Région Nb D1 Q1 Médiane Q3 D9
    France 6144 -10.2 % -4.6 % -0.2 % 3.0 % 7.0 %
    Total – Périmètre sélectionné 6144 -10.2 % -4.6 % -0.2 % 3.0 % 7.0 %
    Auvergne-Rhône-Alpes 819 -9.9 % -4.9 % -0.7 % 2.4 % 6.7 %
    Bourgogne-Franche-Comté 317 -13.2 % -5.8 % -1.4 % 2.0 % 6.7 %
    Bretagne 389 -6.3 % -3.5 % -0.3 % 2.5 % 5.6 %
    Centre-Val-de-Loire 226 -8.3 % -3.4 % 0.0 % 4.4 % 8.2 %
    Collectivité de Corse 27 -23.3 % -9.9 % 0.2 % 4.0 % 8.9 %
    Collectivités d’Outre-Mer 1 NC NC NC NC NC
    Grand-Est 473 -8.4 % -4.7 % -0.3 % 2.9 % 6.0 %
    Guadeloupe 15 -4.6 % -2.2 % 0.1 % 1.9 % 6.4 %
    Hauts-de-France 459 -10.4 % -4.9 % -0.7 % 3.5 % 7.5 %
    Île-de-France 643 -14.6 % -6.2 % -0.3 % 3.4 % 8.3 %
    La Réunion 15 -8.0 % -4.9 % -0.4 % 2.9 % 4.8 %
    Martinique 8 -0.8 % 0.5 % 1.5 % 3.3 % 4.9 %
    Normandie 312 -8.7 % -4.6 % -0.7 % 2.8 % 8.2 %
    Nouvelle-Aquitaine 773 -9.9 % -4.2 % -0.4 % 2.8 % 6.6 %
    Occitanie 683 -7.3 % -2.8 % 0.2 % 3.3 % 6.7 %
    Pays-de-la-Loire 460 -7.8 % -3.8 % 0.0 % 2.3 % 5.5 %
    Provence-Alpes-Côte d’Azur 524 -14.4 % -5.5 % 0.2 % 3.8 % 8.3 %

    L’ANAP lance le programme Perf Ehpad pour accompagner les Ehpad fragilisés

    L’outil Perf Ehpad a été lancé en 2025 par l’Agence nationale d’appui à la performance (Anap), à la demande des pouvoirs publics, après avoir été testé sur 30 établissements.

    Il a pour objectif de renforcer le pilotage budgétaire des Ehpad les plus fragilisés, afin d’améliorer leur situation financière et leur performance globale. L’objectif est de soutenir 1800 Ehpad d’ici 2027 par un accompagnement sur une durée de 4 mois  afin qu’ils retrouvent des marges de manœuvre financières.

    Les établissements sont identifiés comme étant le plus en difficulté sur leur territoire par les agences régionales de santé (ARS) et les conseils départementaux. La priorité est donnée aux établissements qui ont reçu des aides financières les années précédentes. En 2025 600 Ehpad ont bénéficié de ce dispositif et les premiers retours sont positifs.

    Sur la situation financière des Ehpad

     

  • Virome sanguin : un biomarqueur circulant émergent de la maladie de Crohn

    Une maladie inflammatoire chronique à diagnostic tardif

    La maladie de Crohn touche environ 0,4 % de la population européenne. 10 millions de personnes dans le monde vivent avec une maladie inflammatoire de l’intestin (MICI) selon World IBD. Son diagnostic repose encore sur l’endoscopie, l’imagerie et des biomarqueurs inflammatoires peu spécifiques, souvent réalisés après un retard moyen de 6 à 24 mois, contribuant à une morbidité élevée et à une altération durable de la qualité de vie.

    Une approche métagénomique et computationnelle du sang

    Les équipes de l’Université Paris-Saclay, de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE), de Sorbonne Université et de l’AP-HP ont exploré le virome sanguin comme reflet indirect de la dysbiose et de la perméabilité intestinale. Leur stratégie repose sur :

    • Un séquençage haut débit sans à priori,
    • Une analyse bio-informatique de 17 454 vOTUs (viral Operational Taxonomic Units), unités regroupant des génomes viraux selon leur similarité,
    • Une approche non invasive compatible avec les exigences du diagnostic in vitro.

    Une étude observationnelle discriminante

    L’étude observationnelle, publiée dans Gastroenterology, compare 15 patients atteints de Crohn à 14 témoins sains, avec analyses parallèles sang/fèces. Les résultats montrent une discrimination significative uniquement dans le sang, reposant sur :

    • Une beta-diversité Bray-Curtis = 0,001, indiquant une différence statistiquement robuste de composition du virome entre groupes,
    • 46 vOTUs différentiellement abondants dans le sang,
    • Une charge moyenne de 10⁵ particules virales par millilitre de sang.

    Perspectives cliniques

    Moins variable que le virome fécal, le virome sanguin apparaît comme un biomarqueur circulant prometteur pour le diagnostic précoce, le suivi longitudinal et la stratification des patients. Des cohortes de validation élargies et des développements industriels seront nécessaires avant toute application clinique.

     

  • Corilus et Sofia fusionnent pour créer un spécialiste européen des logiciels de santé ambulatoire

    Basée à Ensisheim (Haut-Rhin), Sofia développe des solutions logicielles et de services verticaux destinés aux professionnels de santé indépendants, avec plus de 38 000 soignants utilisateurs, infirmiers, kinésithérapeutes et orthophonistes. Basé à Gembloux près de Namur en Wallonie, Corilus développe des solutions logicielles basées sur le cloud pour médecins généralistes, pharmaciens, dentistes, sages-femmes, spécialistes, ophtalmologues, opticiens, infirmières, kinésithérapeutes et maisons de retraite. Le groupe belge revendique 40 000 professionnels de santé utilisateurs en Belgique et en France, avec quelque 400 collaborateurs en Belgique et en France.

    Corilus affiche un chiffre d’affaires annuel de plus de 55 millions d’euros, contre 34 millions d’euros pour Sofia Développement.

    Le nouvel ensemble combinera l’expérience de Corilus dans le déploiement de solutions SaaS pour de multiples professions, avec le réseau étendu de Sofia sur le marché français des soins ambulatoires. Il prévoit d’accélérer sa feuille de route produit, avec notamment l’intégration de solutions d’intelligence artificielle générative et de télésanté, comme l’assistant Harry AI de Sofia et la solution Helena (Pro) de Corilus, avec également des modules de gestion comptable et de facturation.​

    PSG Equity et Rivean resteront les actionnaires majoritaires conjoints du groupe. Le montant de l’opération n’a pas été dévoilé.