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  • Troubles bipolaires : résultats encourageants pour l’expérimentation Passport BP avec Semeia

    L’évaluation indépendante de ce dispositif, réalisée à la demande du Ministère de la Santé et de l’Assurance Maladie par ACE Santé et Heva sous le pilotage de la cellule d’évaluation Article 51, met en évidence une réduction de moitié des tentatives de suicide  (7,6 % avant inclusion contre 3,9 % après inclusion), alors que le risque suicidaire reste l’un des enjeux les plus critiques dans cette pathologie.

    On observe également une diminution de près de moitié du taux d’hospitalisations à temps plein en psychiatrie ( 42,5 % avant inclusion contre 24,8 % après), ainsi qu’une amélioration marquée des scores cliniques (dépression, manie, fonctionnement global) dès les premiers mois du suivi et une amélioration de la prise en charge des maladies cardiovasculaires, avec une augmentation du nombre moyen de traitements (2,2 avant contre 2,8 traitements après par patient)

    Trois plateformes numériques mobilisées

    Ces résultats ont été obtenus grâce à trois plateformes. La première,  MentalWise de Semeia, est un dispositif médical numérique conçu pour le télésuivi des troubles bipolaires et de la dépression :elle recueille quotidiennement des données cliniques et physiologiques ainsi que des informations issues du smartphone du patient, et offre aux équipes une vision en temps réel de son état psychique et physique grâce au croisement de données. Il livre des alertes personnalisées pour permettre une intervention précoce en cas de de besoin.

    La seconde, Happyneuron propose un parcours adaptatif de remédiation cognitive, avec une vingtaine d’exercices ciblant les principales fonctions cognitives, altérées chez près de la moitié (49%) des patients bipolaires.

    La troisième, SIMPLe, est une application de psychoéducation développée par le CHU de Clermont-Ferrand avec l’Institut de Neurosciences de Barcelone. Elle aide les patients à mieux connaitre leur maladie, à suivre leurs symptômes au quotidien et à repérer plus tôt les signes annonciateurs de rechute grâce à des messages individualisés.

  • Bacs à sable IA : le projet de règlement européen critiqué

    Ce texte vient en application de l’article 58, paragraphe 1, du règlement (UE) 2024/1689  (Ai Act) pour définir les règles pour la création, le développement, la mise en œuvre, l’exploitation et la supervision des bacs à sable d’IA.

    Ces dispositifs visent à offrir un cadre règlementaire spécifique, sous la supervision des autorités compétentes, pour “développer, entraîner, valider et tester des systèmes d’IA innovants, y compris en conditions réelles, pendant une durée limitée avant leur mise sur le marché”.

    L’objectif est de renforcer la sécurité juridique pour les innovateurs, tout en assurant la conformité au règlement IA et aux autres textes de l’UE (RGPD, règlement général sur la sécurité des produits), tout en favorisant une innovation responsable, ainsi que la compétitivité et l’accès rapide au marché, notamment pour les PME et les start-ups.

    Chaque État membre de l’UE devra disposer d’un bac à sable règlementaire à portée nationale comme prévu par l’IA Act, d’ici le 2 aout 2026. Le texte prévoit également l’établissement de bacs à sable locaux, régionaux ou européens, ainsi que sectoriels.  Le Contrôleur européen de la protection des données pourra également lancer son propre bac à sable pour les systèmes d’IA des institutions et agences de l’UE.

    Les États sont encouragés par le projet de règlement à créer des bacs à sable conjoints transfrontaliers, éventuellement formalisés par des accords-cadres ou mémorandums, et à développer des bacs à sable sectoriels dans des domaines stratégiques.

    La participation des PME, et notamment des start-up, doit être gratuite sauf coûts exceptionnels ; pour les autres acteurs, les frais doivent rester équitables, transparents et proportionnés, et être communiqués le plus tôt possible

    Quand le système d’IA testé implique des données personnelles, une autorité de protection des données devra être associée au fonctionnement du bac à sable.

    Le texte insiste toutefois sur le fait que la participation à un bac à sable ne vaudra ni certification ni présomption de conformité à l’AI Act, et ne remplacera pas les procédures classiques d’évaluation et de mise sur le marché. Un dialogue parallèle avec des organismes notifiés est encouragé

    Un texte jugé “insuffisant en tant qu’outil d’accélération”

    L’expert Dmitry Etin a publié sur Linkedin une analyse de ce projet de règlement. Il juge ce texte “cohérent en tant qu’instrument de gouvernance” mais “insuffisant en tant qu’outil d’accélération”. Il préconise notamment des améliorations sur la réutilisation des preuves, et une gouvernance des données qui fonctionne réellement dans la pratique.

    “Si les preuves écrites et les rapports de sortie ne sont pas structurés de manière à pouvoir être réutilisés, ils ne seront que des documents supplémentaires dans une pile”, estime-t-il.

    Pour les DM dotés d’IA, la voie à suivre est le règlement MDR: si les résultats du bac à sable ne correspondent pas parfaitement au dossier MDR, le bac à sable deviendra une activité secondaire, or la correspondance n’est pas assurée pour l’instant.

    “La gouvernance des données est un obstacle caché” ajoute le consultant, soulignant que si les hôpitaux constituent l’infrastructure physique des flux de données, ils sont aussi les contrôleurs de données, les propriétaires des workflows et la limite de capacité. Il souligne que ls « coûts exceptionnels » en santé sont souvent liés à l’intégration, à la gouvernance et au temps médical.

    Le recours à l’EHDS (Espace européen des données de santé) va dans le bon sens pour l’utilisation secondaire, mais la question du séquençage n’est pas abordée, ajoute-t-il: si l’accès aux données prend des mois, se posera la question des limites temporelles des bacs à sable.

    Dmitry Etin demande un “package” de preuves standard réutilisable dans tous les secteurs (MDR et au-delà) et un modèle opérationnel plus clair pour la participation des infrastructures physiques (hôpitaux) et le traitement des coûts, “afin que l’accès aux données et les tests en conditions réelles soient prévisibles”.

     

  • Obésité : Mieux repérer et orienter les personnes à risques en France (nouvelle feuille de route 2026-2030)

    Mieux repérer et orienter les personnes à risques

    Alors que près d’un adulte français sur cinq est en situation d’obésité en Frannce, le ministère de la Santé lance une nouvelle feuille de route pour 2026-2030. Conçue pour répondre à l’augmentation des formes sévères et complexes de la maladie, elle s’inscrit dans la continuité des plans précédents tout en corrigeant les fragilités identifiées par les bilans récents et les recommandations de la HAS ou du rapport Laville. L’obésité, maladie chronique multifactorielle, reste marquée par des inégalités sociales et territoriales fortes. Sa prévalence est plus élevée en outre-mer (22,4 %) qu’en métropole (17,9 %), et touche davantage les femmes, en particulier à Mayotte où plus de 50 % des femmes de plus de 45 ans sont concernées. La feuille de route fixe quatre cibles prioritaires :

    • Réduire la progression de l’obésité et améliorer la santé des personnes concernées.
    • Elargir l’accès à des soins de proximité, personnalisés et continus.
    • Accroître le nombre de professionnels formés à la prise en charge.
    • Renforcer l’exploitation des parcours et dispositifs innovants à tous les niveaux de soins.

    Trois axes et 22 actions 

    Le cadre s’organise autour de trois grands axes, traduits en huit mesures et 22 actions :

    Orientation précoce et amélioration des données : 

    • Détection dès la petite enfance via les PMI, le milieu scolaire, les examens de santé et la médecine du travail.
    • Renforcement du recueil de données, notamment épidémiologiques, sur les formes sévères et l’hyperphagie boulimique.

    Renforcement des filières territoriales de prise en charge

    • Accompagnement de l’extension des filières Obésité régionales grâce aux CSO.
    • Intégration de nouveaux traitements, encadrement du parcours bariatrique, amélioration de l’accès au transport adapté et à l’expertise médico-sociale à domicile.

    Formation et outils pour les professionnels

    • Refonte des formations médicales avec l’augmentation des flux en EDN et l’introduction de modules spécifiques dans d’autres spécialités.
    • Déploiement de formations transversales pour les soignants, patients experts et diététiciens.

    Un déploiement amorcé dès 2025

    Trois actions ont préparé le terrain :

    • Extension du maillage territorial : cinq nouveaux CSO ont été créés, portant leur nombre à 42 et couvrant désormais l’ensemble des régions, y compris la Corse, la Guyane et l’outre-mer.
    • Encadrement des prescriptions médicamenteuses : une position nationale pilotée par le GCC-CSO, endossée par 11 sociétés savantes, encadre l’usage des traitements contre l’obésité pour prévenir les mésusages.
    • Généralisation d’un Parcours Coordonné Renforcé (PCR) : un dispositif intégrant soins médicaux et non médicaux pour les adultes en situation complexe sera déployé en 2026. Des parcours dédiés aux enfants et à la chirurgie bariatrique sont en préparation.

    Cette feuille de route est conçue comme un cadre évolutif, co-construit avec les acteurs de terrain, les patients et les professionnels. Elle articule prévention secondaire et tertiaire avec le futur PNNS5 (prévention primaire) pour garantir une continuité d’action. Les agences régionales de santé joueront un rôle dans la déclinaison territoriale. Objectif  : faire de la prise en charge de l’obésité une offre de soins accessible, équitable, coordonnée et durable, à la hauteur des besoins des populations concernées.

    Lancement de la feuille de route 2026-2030 pour la prise en charge des personnes en situation d’obésité – Ministère de la Santé, de la Famille, de l’Autonomie et des Personnes handicapées

  • L’ePA (dossier patient électronique allemand) a un an : cybersécurité, ergonomie et accès, sont les freins qui ralentissent son adoption

    900 000 utilisateurs actifs, mais seulement 3,6% d’engagement réel

    Jens Baas, président du directoire de la TK (Techniker Krankenkasse), la plus importante caisse d’assurance-maladie du pays, dresse un bilan positif de l’outil : il a enregistré 560 000 connexions de patients pour le mois de décembre et estime à 900 000 le nombre d’assurés qui utilisent déjà activement l’ePA. Selon la Gematik, l’agence allemande de santé numérique, plus de 80% des cabinets médicaux ont déjà consulté ces dossiers. L’agence comptait fin octobre 37 millions de documents versés dans des ePA, et 2,6 millions de plus chaque semaine.

    L’engagement des patients en faveur de ce nouvel outil reste cependant encore modeste : selon une enquête réalisée auprès des caisses et publiée au début du mois par le réseau de médias régionaux RND (Redaktionsnetzwerks Deutschland), seuls 3,6% des titulaires de dossiers créés sont actifs. L’Allemagne a opté pour une création automatique du dossier patient pour chaque assuré, sauf opposition explicite.

    Protection des données, parcours d’inscription, les obstacles de l’ePA

    La TK explique que pour de nombreux patients, le processus d’inscription en plusieurs étapes, rendu nécessaire pour la protection des données de santé, constitue un obstacle. La caisse souligne à cet égard un “avantage décisif “du dossier patient électronique, à savoir qu’il est utile même si son titulaire n’est pas actif. Les résultats d’examens, résultats de laboratoire et ordonnances étant automatiquement intégrées, elles permettront une meilleure vision d’ensemble de la santé du patient et un meilleur ciblage des traitements. Les premiers bénéficiaires seront alors ceux qui souffrent de pathologies multiples, prennent de nombreux médicaments et ceux dont la mobilité est réduite.

    La sécurité des données est un autre obstacle sur le chemin de l’adoption. La spécialiste de cybersécurité Bianca Kastl a pointé des failles dans le système lors d’une présentation faite fin décembre au Chaos Computer Club de Hambourg : comme les terminaux des médecins ne vérifient pas la signature cryptographique, une carte falsifiée permettrait d’accéder aux dossiers. Selon elle, des cybercriminels pourraient obtenir les informations nécessaires pour reproduire la clé des ePA grâce à des fuites de données ou à la complicité d’employés des caisses, et voler des données de santé sensibles. Elle préconise une mise à jour du système de gestion des données des assurés (VSDM), qui vérifie et met à jour les données des assurés sur la carte électronique à chaque visite chez le médecin, un service qui date de 2012.

  • 2025 : malgré l’essor de l’IA, les start-ups à la peine pour lever des fonds

    📌Levées T4 2024 : 60 M€ concentrés sur trois acteurs

    Au 4ᵉ trimestre 2024, les start-up françaises du numérique en santé ne lèvent que 60 M€, soit leur plus bas niveau trimestriel depuis 2017 et une baisse de 31% par rapport au trimestre précédent. Près des deux tiers de ce montant sont captés par trois entreprises seulement : Hublo (20 M€), SimCure (10 M€) et Lucis (8,5 M€). Pour la première fois de l’année, l’IA repasse sous les 50% des montants levés, au profit de technologies de plateformes, comme Hypreview et Annette. Sur 12 opérations, trois concernent la thématique de l’AVC avec Karavela (2 M€), Ai-Stroke (4 M€) et SimCure.

    👉 Plus de détails sur « Levées de fonds en e-santé : un plus bas depuis 2017 – Health & tech»

    📌2025 : –42% de financements mais l’IA reste dominante

    En 2025, les entreprises françaises du numérique en santé lèvent 317 M€ de moins qu’en 2024, soit une chute de 42% qui ramène les montants à leur plus bas niveau depuis 2017. Malgré ce recul, l’IA concentre toujours plusieurs centaines de millions d’euros et capte les plus gros tickets, devant la robotique tirée par les 65 M€ levés par Wandercraft. Les fonds se concentrent sur un petit nombre d’acteurs, chaque trimestre voyant 3 ou 4 start-up absorber la majorité des montants. Les principaux secteurs financés sont la rééducation (Wandercraft), l’efficience opérationnelle hospitalière (Nabla 60 M€, Vocca 4,7 M€, Parallel 3,2 M€) et l’oncologie (Apmonia 24 M€, Median 24 M€, One Bioscience 15 M€).

    👉 Plus de détails sur « Numérique en santé : l’IA progresse, mais les financements ralentissent – Health & tech »

    📌Nabla, Wandercraft, Bioptimus… 240 M€ pour propulser la santé française entre IA, robotique et diagnostic du cancer

    Les cinq champions français de la santé – Wandercraft, Nabla, Bioptimus, Median Technologies et Robeauté – ont levé près de 240 millions d’euros en 2025 pour accélérer leur industrialisation et leur expansion internationale. Wandercraft sécurise 65,5 millions d’euros et multiplie par dix son chiffre d’affaires en trois ans en combinant exosquelettes médicaux Atalante X déployés dans plus de 100 centres de rééducation et robots humanoïdes pour les usines Renault, qui devient son premier client industriel. Nabla, avec 60 millions d’euros de série C et un total de 100 millions levés, traite 20 millions de consultations par an via un assistant médical IA utilisé par plus de 85 000 praticiens dans 55 spécialités, et prépare désormais son offensive européenne après avoir réalisé plus de 95% de son activité aux États-Unis. Bioptimus consolide sa position de leader de l’IA en biologie avec 36 millions d’euros pour ses modèles de fondation multimodaux, tandis que Median Technologies sécurise jusqu’à 61,4 millions d’euros pour le lancement d’eyonis LCS, son logiciel de dépistage précoce du cancer du poumon, en s’appuyant sur 21,8 millions d’euros de revenus iCRO en 2024. Enfin, Robeauté lève 27 millions d’euros pour industrialiser ses microrobots cérébraux miniaturisés, protégés par plus de 50 brevets, et vise une première mise sur le marché en 2028 après des essais cliniques prévus en 2026.

    👉 Plus de détails sur « Nabla, Wandercraft, Bioptimus, retour sur les 5 levées de fonds à retenir en 2025 – Health & tech »

    📌2025 : acquisitions IA et faillites sous tension de remboursement

    En 2025, Gleamer rachète Pixyl et Caerus Medical pour devenir un fournisseur unifié d’IA couvrant quatre modalités d’imagerie (radiographie, mammographie, scanner, IRM) et renforcer sa R&D avec plus de 100 collaborateurs dans sept pays. Softway Medical ouvre son capital à Bain Capital Europe, après plusieurs recompositions depuis 2009, pour accélérer son expansion européenne sur les DPI et la gestion administrative des patients. Poppins lève 5 M€ (20 M€ cumulés) pour sa solution de rééducation de la dyslexie utilisée par plus de 15 000 familles, mais reste exposée aux incertitudes de remboursement. À l’inverse, Butterfly Therapeutics est liquidée malgré près de 100 000 actes avec son casque VR Bliss DTx non remboursé en propre, Ludocare se voit refuser le PECAN pour son robot JOE et Carmat est liquidée puis reprise via une nouvelle structure Carmat SAS avec 39 suppressions de postes sur 127.

    👉 Plus de détails sur « Gleamer, Softway, Carmat : tour d’horizon des fusions-acquisitions et des faillites en 2025 – Health & tech»

    📌2025 : tours ciblés pour industrialiser IA clinique et robotique

    En 2025, une cohorte de scale‑ups et deeptech françaises lève des tours souvent supérieurs à 10 M€ pour consolider des positions déjà établies plutôt que financer de la croissance opportuniste. Nabla conduit la vague avec 70 M€ en série C (120 M€ cumulés) pour ses agents IA cliniques déployés auprès de 85 000 cliniciens dans 130 organisations, tandis que Wandercraft porte à 75 M€ son financement total pour faire de l’exosquelette Atalante X une plateforme robotique multisegments. Bioptimus sécurise 41 M€ en série A (76 M€ cumulés) pour ses modèles génératifs multichelles en biologie, Hublo 20 M€ (55 M€ cumulés) pour une plateforme RH utilisée par 5 600 établissements et plus de 1,2 M de professionnels. SimCure (10 M€), Rofim (10 M€), Juisci (5,5 M€), Lucis (10 M€), RDS (14 M€), Apmonia et Median complètent un paysage où l’industrialisation de l’IA clinique, des jumeaux numériques et de la télémédecine se heurte à la contrainte budgétaire hospitalière et aux exigences réglementaires.

    👉 Plus de détails sur « Healthtech : en 2025, des levées ciblées pour industrialiser l’IA clinique et la robotique médicale – Health & tech»

  • Numérique en santé : l’IA progresse, mais les financements ralentissent

    Une baisse de 58% du montant total levée en 2024 par rapport à 2025

    Les entreprises françaises du numérique en santé ont levé 317 millions de moins en 2025 qu’en 2024, soit une baisse de 42%, au plus bas depuis 2017. La taille de l’échantillon (une année complète), et l’importance de la baisse, permette d’affirmer qu’on assiste à une véritable tendance baissière des capacités de financements des entreprises françaises du numérique en santé. Rajoutons à cela qu’une majorité des montants sont levés par un petit nombre d’acteurs, chaque trimestre la majorité des fonds étaient levés par moins du tiers ou du quart du nombre total de start-up.

    Technologie : l’IA majoritaire, suivie par la robotique

    La majorité des fonds se sont dirigés vers des technologies d’IA. On remarque également que si l’IA est majoritaire en montant, elle ne l’est pas tout à fait en nombre d’opérations. Cela révèle d’une part l’émergence de cette technologie, mais aussi le besoin de fonds plus important pour ce type de solutions. En effet, l’IA nécessite beaucoup de données de qualités, et des compétences très recherchée, cela a un coût non négligeable. En seconde position en terme de technologie, c’est la robotique qui a levé le plus de fonds, cependant il est important de signaler que plus de la moitié du montant vient d’une seule opération, les 65 millions d’euros levés par Wandercraft, l’entreprise créatrice de l’exosquelette de rééducation Atalante X.

    Secteur : oncologie, rééducation et efficience opérationnelle en tête

    Le secteur ayant le plus levé est la rééducation, ce chiffre est à nuancé pour la même raison que celui sur la robotique. Vient ensuite l’efficience opérationnelle, notamment avec Nabla (60 millions), Vocca (4,7 millions ) et Parallel (3,2millions), puis en quatrième position  l’oncologie avec Apmonia Therapeutics (24), Median technologie (24) et One Bioscience (15).

     

    Liste des start-up du numérique en santé ayant levées des fonds en 2025

    Startup Montant levé en 2025 Secteur Type de technologie
    lyv 2,6 Femtech Thérapie digitale
    Faks 6,0 Pharmacie Platforme
    DrugOptimal 2,9 Pharmacie IA
    Fizimed 4,0 Femtech Thérapie digitale
    MSInsight 1,6 Oncologie IA
    Hopia 3,5 RH IA
    Monka NC Autonomie Thérapie digitale
    Bioptimus 36,0 Drug discovery IA
    Reev 8,8 Réeducation Robotique
    Robeauté 27,0 Neurologie Robotique
    Carmat 9,7 Cardiologie Robotique
    Parralel 3,2 Efficience opérationelle IA
    Okeiro 10,0 Greffe IA
    Sim&Cure 3,1 Neurologie IA et jumeau numérique
    Klaimy 1,2 Assurance IA
    Diagnoly 5,5 Femtech IA
    H’Ability 1,2 Réeducation VR
    Clikodoc 1,1 RDV médicaux Plateforme Saas
    Little John 0,8 Assurance Plateforme Saas
    Brink Therapeutics 3,5 Thérapie génique IA
    Poppins 5,0 Pédiatrie Application smartphone
    Wandercraft 65,5 Réeducation Robotique
    Nabla 60,0 Compte-rendu médicaux IA
    GeodAIsics 5,0 Jumeau numérique IA
    DESKi 6,0 Cardiologie IA
    Apmonia Therapeutics 20,0 Oncologie IA
    Codoc x Données de santé Data
    Median Technologies 24,0 oncologie Imagerie et IA
    One Bioscience 15,0 Oncologie IA
    RDS 14,0 Parcours patient Télésurveillance
    Rofim 10,0 Coordination numérique des soins Plateforme
    ArcaScience 7,0 Drug discovery IA
    JUISCI 5,5 Documentation scientifique IA
    Vocca 4,7 Assistant vocal IA
    Sonomind 3,0 Psychiatrie Ultrason
    Rainpath 2,5 Biopsies IA
    Austral DX 2,5 Diagnostics pulmonaires et cardiaques IA
    MovaLife 1,6 Femtech Robotique
    Solence 1,6 Femtech Thérapies digitales
    VitaDX 1,5 oncologie IA
    Klodios 1,2 Documentation IA
    Lucis 10,0 Prévention IA
    Sim&Cure 10,0 AVC Jumeaux numériques et IA
    LaFraise 3,2 Dentiste IA
    CardiaMetrics 2,0 Cardiovasculaire Télésurveillance
    Ai-Stroke 4,0 AVC IA
    Hyprview 1,4 Oncologie Plateforme
    Touwi 0,7 Prévention IA
    Hublo 20,0 RH à l’hôpital IA
    Karavela 2,0 Neurologie IA
    Ad scientam 5,0 Maladies chroniques Télésurveillance
    Annette 2,0 Alimentation Plateforme
  • Le Royaume-Uni 4x la France en healthtech : quand l’infrastructure NHS dope les valorisations

    Le Royaume-Uni a levé 2,5 milliards de livres en healthtech pure en 2025 contre 693 millions de dollars pour la France, un écart de 4:1 qui ne sanctionne pas l’innovation mais récompense des choix d’infrastructure radicalement différents.

    Cera : 150 millions prouvent la rentabilité systémique

    Cera a levé 150 millions de dollars en janvier 2025, atteignant le statut de licorne avec une valorisation supérieure à 1 milliard de dollars. Cette levée récompense un modèle économique démontré : les analyses indépendantes confirment que Cera génère 1 million de livres d’économies quotidiennes pour le NHS, réduisant les hospitalisations de 70% grâce à 60 000 visites à domicile IA-guidées chaque jour.

    Ce succès illustre la logique britannique : la healthtech doit prouver sa rentabilité systémique avant valorisation. Collaborant avec 150 gouvernements locaux et deux tiers des systèmes NHS intégrés, Cera démontre comment l’intégration dans un système de santé public massif crée un chemin de liquidité prévisible. La France, sans équivalent du NHS, peine à répliquer cette dynamique systémique où l’adoption institutionnelle précède et justifie les mégadeals.

    67% des financements UK en phase scale : maturité prouvée

    67% des levées britanniques au troisième trimestre 2025 concernaient les phases B et C, traduisant une maturité d’écosystème où les investisseurs privilégient les scale-ups avec traction prouvée. Cette focalisation s’explique par le mandat NHS d’adoption des systèmes EPR et du triage IA, qui transforme le principal goulot d’étranglement : les startups doivent désormais prouver leur interopérabilité avant toute expansion.

    Huma (80 millions en série D) et Lindus Health (55 millions en série B) exemplifient cette logique. Huma déploie sa plateforme dans 3 000 hôpitaux de 70 pays avec 1,8 million d’utilisateurs actifs, tandis que Lindus Health, “l’anti-CRO”, accélère les essais cliniques trois fois plus rapidement grâce à l’IA. Le Royaume-Uni excelle dans la transformation d’infrastructures cliniques en SaaS B2B scalables, créant des entreprises prêtes pour l’acquisition par les grands acteurs hospitaliers mondiaux.

    Ultromics-Cyted : 87 millions pour conquérir FDA avant Europe

    Ultromics (55 millions) et Cyted Health (32,5 millions de livres) illustrent la maîtrise britannique des approbations réglementaires transatlantiques. EchoGO® d’Ultromics est la première IA approuvée FDA pour détecter l’HFpEF et l’amylose cardiaque, deux formes d’insuffisance cardiaque sous-diagnostiquées. Cyted complète avec EndoSign®, approuvé FDA 510(k) pour la détection précancéreuse œsophagienne via biopsie virtuelle.

    Cette stratégie réglementaire crée un avantage concurrentiel majeur : les investisseurs britanniques rémunèrent la conquête FDA comme préalable au scale européen. Les startups UK évitent ainsi la fragmentation MDR européenne pour viser directement le plus grand marché de santé numérique mondial. La France, orientée vers des déploiements hospitaliers précoces (CHU, cliniques privées), accumule traction clinique européenne mais manque ces sceaux réglementaires de premier rang.

    SheMed-Numan : 95 millions D2C en 18 mois, l’agilité britannique

    SheMed (50 millions) et Numan (45 millions de livres) démontrent comment le Royaume-Uni transforme les niches de santé numérique en licornes express. Fondée en avril 2024, SheMed servait déjà 60 000 membres en octobre 2025 via sa plateforme GLP-1 D2C supervisée médicalement, publiant la première étude clinique centrée femmes. Numan double ses revenus vers 150% de croissance 2025 dans la santé masculine numérique.

    Cette vélocité s’explique par l’absence de régulation pharmaceutique lourde : les plateformes numériques contournent le NHS saturé en proposant des services premium personnalisés. Le Royaume-Uni excelle dans la conversion rapide d’insights comportementaux en capital, créant des licornes D2C en moins de deux ans là où la France peine encore à structurer ses 170 startups femtech.

    Nabla domine : 70 millions sans équivalent hexagonal

    Nabla (70 millions en série C) représente l’exception française, déployant des agents IA conversationnels pour professionnels de santé dans 140 pays. Utilisée dans les hôpitaux les plus avancés d’Europe et des États-Unis, la plateforme illustre la capacité française à produire des outils IA horizontaux de classe mondiale.

    Pourtant, aucune autre startup hexagonale n’atteint cette échelle VC. SeqOne (22,6 millions d’euros) excelle en séquençage génomique IA pour 140 laboratoires cliniques, mais les valorisations restent sages. La France produit des technologies de haute qualité sans chemin d’intégration systémique comparable au NHS, limitant mécaniquement les tickets investisseurs et les multiples de sortie.

    Moodwork : 3,1 millions ciblent le burnout entreprise

    Moodwork (3,1 millions d’euros) révèle la spécificité française : plateforme IA contre stress et burnout professionnels, validée par une baisse de 13% du risque de burnout après six mois d’usage. Positionnée B2B entreprise dans le cadre de la Grande Cause Nationale 2025 santé mentale, elle répond à une problématique RH plus qu’hospitalière.

    Cette orientation distingue radicalement les priorités nationales : la healthtech française cible le bien-être professionnel quand le Royaume-Uni priorise l’intégration hospitalière et diagnostique. Résultat : des revenus récurrents stables mais des valorisations bien plus basses, traduisant un positionnement défensif plutôt qu’offensif.

    France 2030 compense : 900 millions publics vs VC privé britannique

    Le plan France 2030 injecte 650 millions d’euros en santé numérique (dont 400 millions pour dispositifs médicaux), complété par 250 millions du plan “Osez l’IA” visant à former 500 000 soignants. Structurellement, 2/3 des healthtech françaises dépendent de financements non-dilutifs Bpifrance/Europe, rendant le CIR (utilisé par 87% des entreprises) essentiel.

    Ce modèle public compense l’écart VC mais crée un paradoxe temporel : les subventions françaises suivent l’innovation quand les mégadeals britanniques la précèdent. Les startups hexagonales mûrissent sur capitaux publics avant confrontation au VC privé international, créant des entreprises résilientes mais retardant mécaniquement les exits à valorisation élevée.

    107 M&A UK consolident vs tension française

    107 transactions M&A au premier semestre 2025 au Royaume-Uni (vs 121 sur l’année 2024 complète) signalent une consolidation massive. Les healthtech achètent 63% des deals, créant des champions européens consolidés par leurs pairs (Sword Health rachète Surgery Hero).

    La France souffre d’un manque criant de liquidité domestique : sans acquéreurs stratégiques de taille intermédiaire, les entrepreneurs français patientent ou exportent à valorisation dépressive. Cette discipline forge néanmoins des business models robustes : Nabla atteint 70 millions sans acquisition intermédiaire, prouvant sa viabilité indépendante.

    Femtech France structure enfin ses 170 acteurs

    170 startups femtech françaises ont vu 39% doubler leur chiffre d’affaires entre 2023-2024, mais le premier fonds dédié n’émerge qu’en juin 2025 (Île-de-France, 5 millions d’euros). 50% prévoient des levées pour 90 millions d’euros au total, structurant enfin un secteur historiquement sous-financé.

    Face à SheMed (licorne express), ce timing français retarde la maturité VC mais prépare une échelle institutionnelle durable. La France transforme enfin la demande femtech en infrastructure de capital, évitant la bulle spéculative britannique.

    L’IA européenne à 65% converge vers complémentarité

    L’IA représente 65% du financement healthtech européen 2025, France et Royaume-Uni convergeant sur cette priorité absolue. Pourtant les vocations divergent : le Royaume-Uni bâtit des plateformes verticales scalables (Cera, Huma, Ultromics) tandis que la France produit des outils horizontaux universels (Nabla agents IA, SeqOne génomique).

    À horizon 2027, cette complémentarité devient symbiotique : les plateformes britanniques auront besoin des outils IA français pour scale interopérable, tandis que les solutions hexagonales nécessiteront les infrastructures d’intégration UK. L’Europe healthtech se structure alors en écosystème paneuropéen cohérent.

    Infrastructure bat l’innovation : leçon 2025

    L’écart 4:1 britannique récompense moins l’innovation que l’infrastructure. Le mandat NHS crée une demande systémique prévisible, les VC américains reconnaissent la densité académique du Triangle d’Or, les 107 M&A structurent des exits liquides.

    La France possède un avantage différé stratégique : outils IA universels + 900 millions publics préparent une échelle post-consolidation. À 2027, les plateformes britanniques acquerront les briques technologiques françaises pour intégration complète, transformant la complémentarité actuelle en leadership européen mutualisé

  • Gleamer, Softway, Carmat : tour d’horizon des fusions-acquisitions et des faillites en 2025

    Gleamer acquiert Pixyl et Caerus Medical pour élargir son offre IA à l’IRM

    La société française Gleamer, spécialisée dans l’intelligence artificielle appliquée à l’imagerie médicale, a annoncé l’acquisition de deux startups : Pixyl, reconnue pour ses applications d’IRM cérébrale, et Caerus Medical, développeur d’outils pour l’IRM du rachis lombaire. Ces opérations positionnent Gleamer comme fournisseur de quatre modalités d’imagerie : radiographie, mammographie, scanner et IRM.

    Pixyl, dont le produit phare Pixyl.Neuro est homologué FDA et CE, propose une analyse IRM pour la détection précoce de pathologies neurodégénératives, notamment la maladie d’Alzheimer. Ses outils sont appelés à bénéficier prochainement de modalités de remboursement aux États-Unis, ce qui pourrait accélérer leur adoption. Caerus Medical est spécialisé dans l’analyse automatisée des IRM lombaires, avec une approche axée sur la détection de pathologies telles que les hernies discales, les sténoses ou le spondylolisthésis. L’intégration à Gleamer va permettre d’accélérer le déploiement de sa solution dans le champ musculo-squelettique.

    Ces acquisitions s’inscrivent dans la stratégie de Gleamer de proposer une solution unifiée d’IA pour l’ensemble du parcours en imagerie médicale. L’entreprise compte désormais plus de 100 collaborateurs répartis dans sept pays. L’intégration des deux nouvelles entités au sein de l’IA Factory de Gleamer vise à renforcer la R&D et accélérer la mise sur le marché de nouvelles applications.

    Softway Medical accueille Bain Capital Europe

    Le Groupe Softway Medical, acteur des systèmes d’information en santé, annonce l’entrée de Bain Capital Europe à son capital. Les investisseurs actuels, Five Arrows et Naxicap Partners, resteront engagés dans le nouveau tour de table. Le montant de la transaction n’a pas été dévoilé. Il s’agit de la quatrième réorganisation de la structure capitalistique du groupe depuis 2009. Déployé en France, au Canada, en Belgique et ailleurs en Europe, Softway Medical conçoit et intègre des solutions cloud-native pour les établissements de santé publics et privés : Dossiers Patients Informatisés (DPI), systèmes de Gestion Administrative des Patients (GAP) et logiciels de gestion.

    Softway Medical ambitionne désormais d’accélérer son développement en Europe, en s’appuyant sur sa plateforme web et sur l’expertise sectorielle de Bain Capital Europe. Le fonds d’investissement possède une expérience dans les logiciels verticaux et les technologies de santé et entend accompagner le groupe dans sa stratégie d’innovation ainsi que dans l’exploitation des données de santé. L’arrivée de Bain Capital marque une nouvelle phase d’expansion, orientée vers l’internationalisation et l’approfondissement technologique.

    Levée de fonds réussie pour Poppins, mais incertitudes sur le remboursement

    La start-up Poppins, anciennement Mila, a levé 5 millions d’euros en avril 2025, totalisant 20 millions d’euros depuis sa création. Son application destinée à la rééducation de la dyslexie chez les enfants de 7 à 11 ans s’appuie sur des exercices de lecture, de phonologie et de musique interactive. La solution, utilisée par plus de 15 000 familles, est proposée en vente directe, via des complémentaires santé ou en accès solidaire. Une étude publiée en janvier 2024 a révélé des progrès importants, notamment chez les enfants souffrant de TDAH.

    Butterfly Therapeutics liquidée, Poppins et Ludocare en quête de remboursement

    Un modèle économique fragile sans remboursement dédié

    Butterfly Therapeutics, (ex-L’Effet papillon) a été placée en liquidation judiciaire en mars 2025. Basée à Laval, l’entreprise développait des dispositifs médicaux non pharmacologiques pour la gestion de la douleur, dont Bliss DTx, un casque de réalité virtuelle de classe I visant à réduire la douleur via une sédation numérique. Bien que près de 100 000 actes médicaux aient été réalisés avec ce dispositif, et qu’un essai clinique randomisé ait démontré une bonne tolérance et une forte satisfaction des praticiens par rapport au MEOPA, le produit n’a jamais obtenu de remboursement individuel. Il était intégré dans les prestations hospitalières sous le régime Intra-GHS, sans modèle de revenus pérenne identifié.

    Ludocare recalée du PECAN, vise un remboursement classique

    Ludocare, qui développe JOE, un robot compagnon pour l’observance des traitements chez les enfants asthmatiques, s’est vu refuser en janvier 2025 l’accès au PECAN. Le dispositif de classe I aide les enfants de 3 à 11 ans à mieux gérer leur traitement, avec un suivi en temps réel via application. La HAS a estimé que les données soumises par l’entreprise (issues d’échantillons réduits et d’études à court terme) ne permettaient pas de présumer d’un bénéfice clinique suffisant, notamment pour les cas d’asthme sévère. Toutefois, la HAS a reconnu la pertinence d’une étude en cours qui pourrait aboutir à une prise en charge au titre de la LPPR. Ludocare prévoit de déposer un dossier. En parallèle, un partenariat avec le laboratoire Viatris a permis à 700 familles d’accéder gratuitement à JOE, sans chiffre d’affaires généré à ce jour. Financée par une levée de fonds de 4,2 millions d’euros en 2022, la start-up cherche à sécuriser sa pérennité.

    Carmat liquidée, ses activités reprises par une nouvelle structure privée

    L’entreprise Carmat, spécialisée dans les cœurs artificiels, a été officiellement liquidée mais ses activités se poursuivent. Le Tribunal des affaires économiques de Versailles a validé fin décembre le plan de reprise présenté par Pierre Bastid, président du conseil d’administration, en partenariat avec la holding Santé Holding de la famille Ligresti, également actionnaire historique. Le plan prévoit le transfert des opérations vers une nouvelle structure juridique : Carmat SAS. Cette transition s’accompagne de la suppression de 39 postes sur les 127 que comptait l’entreprise. L’administrateur judiciaire demandera prochainement la radiation des actions de Carmat SA sur Euronext Growth. La cotation reste suspendue et ne reprendra pas.

    Fondée en 2008, Carmat développe un cœur artificiel complet, combinant biomécanique et biocompatibilité. Après une première implantation réussie en 2013, il a fallu attendre décembre 2020 pour que le cœur Carmat obtienne le marquage CE pour les patients en insuffisance cardiaque terminale, ouvrant la voie à sa commercialisation. La première vente est intervenue en juillet 2021, en Italie. Le développement clinique a été marqué par plusieurs incidents. Le décès prématuré d’un patient en 2016 a entraîné une suspension temporaire des essais. Deux autres décès liés à des dysfonctionnements ont conduit à une interruption volontaire des implantations entre fin 2021 et octobre 2022.

    Entre faillites, refus de remboursement et financements alternatifs, les entreprises de la santé numérique doivent composer avec un environnement réglementaire complexe. Le dispositif PECAN, pensé comme un accélérateur, peine encore à remplir son rôle. La mise en place d’un écosystème favorable (avec financement, évaluation et distribution) reste une condition nécessaire pour que ces technologies s’intègrent durablement dans les parcours de soins.

  • Healthtech : en 2025, des levées ciblées pour industrialiser l’IA clinique et la robotique médicale

    Bullet points de synthèse

    • En 2025, plusieurs acteurs français de santé numérique lèvent des montants supérieurs à 10 M€ pour industrialiser l’IA et la robotique ;
    • ces tours financent principalement des plateformes déjà en production, déployées dans des centaines d’établissements ou auprès de dizaines de milliers de cliniciens ;
    • la plupart des modèles restent exposés aux contraintes budgétaires des hôpitaux, aux cadres réglementaires et à la concurrence internationale sur l’IA médicale ;
    • les trajectoires deeptech en biologie et oncologie reposent sur des horizons longs, des validations scientifiques exigeantes et des montages financiers hybrides ;
    • pour les établissements français, l’enjeu est de concilier adoption de ces solutions et soutenabilité économique dans un contexte de tension durable.

    Ces levées 2025 montrent un paysage healthtech français qui se reconfigure autour de quelques axes structurants : industrialisation de l’IA clinique (Nabla, Median Technologies, Juisci, Klodios), robotique médicale et jumeaux numériques (Wandercraft, Sim&Cure), coordination et télémédecine hospitalière (Hublo, Rofim, RDS) et deeptech de R&D biomédicale (Bioptimus, Apmonia). Pour les décideurs hospitaliers comme pour les investisseurs, la question ne porte plus sur l’émergence de ces technologies, mais sur le rythme d’adoption, le niveau de preuves d’impact clinique et économique requis et la capacité des établissements français à en capter le potentiel dans un cadre budgétaire contraint.

    Panorama 2025 des levées en santé numérique

    En 2025, une cohorte de scale‑ups et de deeptech françaises en santé numérique profite d’un rebond ciblé des financements, utilisés pour consolider des positions déjà établies plutôt que pour acheter de la croissance à tout prix. Ces tours, souvent supérieurs à 10 M€, servent à accélérer des plateformes en production (Nabla, Hublo, Rofim, Sim&Cure, Juisci) et à sécuriser des trajectoires deeptech plus longues (Bioptimus, Apmonia, Median), dans un environnement hospitalier contraint mais demandeur d’IA utile et intégrable. Un an plus tard, l’enjeu n’est plus la seule preuve de concept technologique, mais la capacité à industrialiser les usages, tenir les promesses réglementaires et trouver des modèles soutenables côté établissements.

    Acteur Montant / stade 2025 Segment / usage principal Maturité marché & traction clés Exposition budgets hôpitaux Horizon de ROI et remarques
    Nabla 70 M$ série C (≈120 M$ cumulés) IA clinique (AI scribe, agents de documentation et codage) >130 organisations, ≈85 000 cliniciens, focus US, intégration EHR majeurs Forte (temps médical, codage, documentation) ROI court terme si gains temps/recettes démontrés, mais dépendance au marché US et concurrence Big Tech.
    Wandercraft Série D, 75 M$ sécurisés au total Robotique médicale (exosquelettes), mobilité personnelle, robotique industrielle Atalante X en >100 établissements, lancement Eve (domicile) et robots Calvin en industrie Moyenne (capex DM lourds, budgets d’investissement) ROI plus long, capitalistique, volumes d’abord sur marchés plus dotés (US, Allemagne).
    Bioptimus 41 M$ série A (≈76 M$ cumulés) Deeptech IA multi‑échelle pour biologie et pharma Modèles génératifs biologie‑native, partenariats pharmas en co‑développement Indirecte (via pharma / essais cliniques) Horizon long (R&D, validation), création de valeur surtout via réduction coûts/délais développement médicaments.
    Hublo ≈20 M€ Bpifrance, LBO mi‑2025, ≈55 M€ cumulés Plateforme RH hôpital / médico‑social (SaaS B2B) >5 600 établissements clients, >1,2 M pros de santé, rentabilité ou proche, ARR visé >30 M€ Forte (abonnements SaaS RH, SIH élargi) ROI plutôt court/moyen terme, gains organisationnels et continuité de service dans un contexte de pénurie de soignants.
    Median Tech. Jusqu’à 37,5 M€ BEI + 10 M€ obligations IRIS IA d’imagerie oncologique, activité iCRO et plateforme iBiopsy Acteur coté, pipeline IA en oncologie, nécessité de financer R&D, validation clinique et commercialisation Moyenne (essais, imagerie, projets structurants) ROI lié à succès réglementaire/clinique ; forte sensibilité aux marchés financiers et à la trésorerie.
    Apmonia Crowd equity jusqu’à 4 M€ (≈11 M€ déjà levés) Biotech oncologie ciblant la matrice extracellulaire des tumeurs Préparation essais de première intention, financements hybrides (EIC, France 2030, VC) Indirecte (via essais / partenariats) Horizon très long, risque scientifique élevé, modèle intéressant de diversification des sources de financement.
    Sim&Cure ≈10 M€ extension série A Jumeaux numériques neurovasculaires pour planification endovasculaire Sim&Size utilisé dans >45 pays, >700 pros, >35 000 procédures planifiées, intégrations Siemens/Philips Moyenne (logiciel lié à imagerie et DM) ROI moyen terme, dépendant des partenariats industriels et de l’intégration dans les workflows interventionnels.
    Rofim 10 M€ tour 2025 oeil-esante+3​ Télémédecine hospitalière, téléexpertise, e‑RCP, coordination ville‑hôpital 1 700 établissements, 70 000 pros, présence dans ≥12 pays, modules multiples (téléexpertise, e‑RCP, DCC…) Très forte (flux télémédecine, coordination) ROI court/moyen terme si financements télésanté stables ; enjeu d’ergonomie et d’alignement avec politiques publiques.
    Juisci 5,5 M€ seed IA documentaire scientifique pour cliniciens et industriels >200 000 utilisateurs dans 60 pays, clients grands comptes (pharma, cosmétique), app en dix langues Faible à moyenne (usage individuel, licences B2B) ROI potentiellement rapide sur les usages B2B, mais modèle économique encore à stabiliser (freemium / licences / services).
    Klodios ≈1,2 M€ early‑stage IA de documentation médicale et administrative Positionnement sur un segment très concurrentiel (scribes, automatisation docs), peu de métriques publiques Forte (documentation, facturation) ROI conditionné à intégration SIH et conformité réglementaire européenne, risque de commoditisation par grands acteurs IA.
    Lucis 10 M€ tour 2025 Prévention augmentée par IA (algorithmes prédictifs de risque) Cas d’usage encore fragmentés, forte dépendance à régulation et remboursement pour la prévention Moyenne (parcours de prévention, programmes publics) ROI dépendant des incitations financières à la prévention ; trajectoire 3–5 ans pour déploiements significatifs.
    RDS ≈14 M€ tour 2025 Télésurveillance et organisation de soins à distance Segment très exposé aux avenants conventionnels, tarifs de télésurveillance et partage de valeur avec établissements Très forte (tarifs télésurveillance, forfaits) ROI lié à la stabilité des modèles de remboursement et à la capacité d’industrialiser la prise en charge à distance.
    4 axes de structurants

    Nabla : de l’AI scribe aux agents cliniques

    En juin 2025, Nabla lève 70 M$ en série C pour accélérer le passage de l’« AI scribe » à une plateforme agentique capable d’orchestrer la documentation, le codage et certaines actions dans le dossier patient informatisé (DPI). Ce tour, mené notamment par HV Capital et soutenu par DST Global et Highland Europe, porte le financement cumulé à environ 120 M$ et intervient alors que la solution est déployée dans plus de 130 organisations de soins, auprès d’environ 85 000 cliniciens, principalement aux États‑Unis.

    Depuis cette levée, Nabla pousse trois chantiers structurants :

    • étendre la capture de données (écoute ambiante, dictée, commandes) vers un codage automatisé ICD‑10/HCC/MCC et l’assistance E/M, avec des mécanismes de conformité intégrés ;
    • développer des agents contextuels exploitant l’historique patient pour préremplir les notes, synthétiser le dossier et initier des actions dans les principaux electronic health records (EHR) américains ;
    • se positionner comme plateforme de référence sur le segment des AI scribes, via des pilotes comparatifs face aux grands concurrents généralistes et un positionnement assumé d’acteur d’ingénierie logicielle.

    Les signaux de traction reposent sur une base installée significative, un positionnement précoce sur les agents et l’intérêt des systèmes de soins américains pour ces outils de documentation. Les principaux risques concernent le modèle (concurrence des grands acteurs de l’IA générative, intégrés aux EHR, et questions de responsabilité médico‑légale en cas d’erreur de documentation) et l’exécution (dépendance au marché américain, exigences croissantes en matière de sécurité et d’auditabilité).

    Wandercraft : l’exosquelette devient plateforme robotique

    Wandercraft annonce en 2025 un tour de série D qui porte à 75 M$ le financement total sécurisé, combinant capital‑innovation et dette, pour passer d’un statut de pionnier des exosquelettes d’équilibre à celui d’acteur multi‑segments (rééducation, mobilité personnelle, robotique industrielle). Ce tour prolonge un prêt de 25 M€ de la Banque européenne d’investissement (BEI) obtenu en 2024 et un tour de 45 M$ en série C en 2022, qui avaient soutenu le déploiement d’Atalante X aux États‑Unis et l’obtention d’autorisations réglementaires.

    La feuille de route vise à :

    • commercialiser « Eve », premier exosquelette personnel auto‑équilibré pour un usage à domicile et en extérieur, en ciblant patients chroniques et grand public à l’horizon 2026 ;
    • étendre le parc clinique Atalante X, déjà déployé dans plus de 100 établissements, en capitalisant sur des gains mesurables en rééducation neuromusculaire et une stabilité dynamique différenciante ;
    • lancer la ligne « Calvin‑40 » et la famille de robots humanoïdes Calvin en environnement industriel, dans un contexte d’automatisation croissante.

    Les signaux positifs portent sur la profondeur de la propriété intellectuelle, la traction clinique existante et la diversification des sources de revenus entre rééducation, mobilité et industrie. Les principaux risques tiennent à l’intensité capitalistique, à la complexité réglementaire multi‑pays et aux délais d’adoption dans les hôpitaux français, alors que les volumes à court terme pourraient provenir surtout de marchés mieux dotés comme les États‑Unis ou l’Allemagne.

    Bioptimus : l’IA de biologie entre dans sa phase produit

    Bioptimus boucle début 2025 une série A de 41 M$, un an après un tour d’amorçage (seed) de 35 M$, pour un total cumulé d’environ 76 M$ dédié à des modèles génératifs multi‑échelles appliqués à la biologie. Le tour est mené par Cathay Innovation, avec la participation de Bpifrance Large Venture, Sofinnova Partners, Hitachi Ventures et plusieurs fonds transatlantiques, confirmant un positionnement de deeptech à ambition mondiale.

    En 2025‑2026, l’entreprise annonce :

    • le déploiement d’un premier modèle multimodal et multi‑échelle capable de relier imagerie cellulaire et code génétique pour simuler des processus biologiques complexes, au‑delà du modèle H‑Optimus‑0 présenté en 2024 ;
    • un focus sur des cas d’usage pharmaceutiques : priorisation de cibles, prédiction de réponse thérapeutique et optimisation préclinique, avec des partenariats en co‑développement plutôt qu’une plateforme business‑to‑consumer (B2C).

    La traction repose sur un pipeline de R&D reconnu, une équipe issue d’Owkin et de l’écosystème Google/DeepMind, et un positionnement aligné avec la demande croissante des laboratoires pour des modèles « biologie‑native ». Le risque central est celui de toute deeptech biomédicale : horizon de création de valeur plus long, dépendance à des validations scientifiques et réglementaires et nécessité de démontrer un impact mesurable sur les coûts et délais de développement des médicaments.

    Hublo : la consolidation RH hospitalière à l’échelle européenne

    En 2025, Hublo, spécialiste des plateformes de ressources humaines pour établissements sanitaires et médico‑sociaux, accueille Bpifrance à son capital via un investissement d’environ 20 M€ faisant suite à un leveraged buy‑out (LBO) avec Five Arrows réalisé en juin 2025. Ce tour porte les montants levés à environ 55 M€ depuis la création et s’inscrit dans une logique de scale‑up, avec une valorisation estimée entre 200 et 300 M€.

    Les annonces 2025‑2026 mettent en avant :

    • un maillage de plus de 5 600 établissements clients en France, du sanitaire au médico‑social, et une stratégie d’acquisitions pour étendre l’offre et la présence européenne ;
    • une volonté explicite des investisseurs de soutenir la modernisation d’un service considéré comme essentiel dans un contexte de pénurie de soignants et de besoin d’optimiser remplacements et plannings.

    Hublo illustre un modèle business‑to‑business (B2B) hospitalier déjà rentable ou proche de l’équilibre, qui utilise la levée pour consolider une position de leader plutôt que financer une preuve de concept. Les risques sont surtout macroéconomiques : tension budgétaire hospitalière, concurrence d’acteurs horizontaux de gestion RH et complexité d’intégration aux autres briques du système d’information hospitalier (SIH), dans un environnement réglementaire français évolutif.

    Median Technologies : trésorerie sécurisée pour l’IA d’imagerie oncologique

    Median Technologies, cotée sur Euronext, met en place en 2025 un dispositif hybride pour sécuriser sa trésorerie et financer sa feuille de route d’IA d’imagerie oncologique. La société annonce un nouvel accord de financement avec la BEI pouvant atteindre 37,5 M€, et confirme la mise à disposition d’un premier tirage de 19 M€ en octobre 2025, assorti de bons de souscription d’actions.

    Ces financements s’ajoutent à un accord d’obligations remboursables en actions avec Iris pour un montant maximal de 10 M€, dont une première tranche de 4 M€ en 2025, en contrepartie d’engagements de renforcement de fonds propres d’au moins 16 M€. L’objectif est de financer la montée en puissance des activités d’imaging contract research organization (iCRO) et de la plateforme iBiopsy d’imagerie oncologique, tout en remboursant un ancien prêt BEI de 20,7 M€ arrivé à échéance en 2025.

    Median illustre la situation d’un acteur coté de l’IA médicale qui doit composer avec des marchés financiers volatils tout en poursuivant une trajectoire réglementaire et clinique exigeante. Le risque est que la contrainte de trésorerie limite la possibilité d’investir simultanément dans le développement produit, la validation clinique et l’effort commercial, dans un contexte de concurrence internationale accrue.

    Apmonia Therapeutics : financement participatif pour un programme oncologique

    Apmonia Therapeutics, biotech rémoise spécialisée dans le ciblage de la matrice extracellulaire des tumeurs, ouvre en 2025 une campagne de financement participatif en crowd equity visant jusqu’à 4 M€, en complément de tours institutionnels déjà engagés. La société cumule plus de 11 M€ de financements antérieurs, incluant subventions et equity via l’EIC Accelerator, aides non dilutives France 2030 et apports de fonds de capital‑risque et fondations.

    À l’été 2025, la campagne Capital Cell dépasse 3,8 M€, soit environ 96 % de l’objectif, et s’adresse à des investisseurs individuels à partir de 1 000 €, avec des incitations fiscales pour les résidents français. Cette structuration permet de finaliser la préparation des essais cliniques de première intention pour un actif ciblant des cancers résistants et de diversifier les sources de financement face aux contraintes du capital‑risque biotech.

    Le modèle ouvre la voie à d’autres biotechs cherchant à impliquer directement des investisseurs individuels, mais comporte un risque de gouvernance lié à la multiplicité des petits actionnaires. Il reste par ailleurs soumis au risque scientifique et clinique élevé propre au développement de nouveaux traitements anticancéreux.

    Sim&Cure : les jumeaux numériques neurovasculaires changent d’échelle

    Fin 2025, Sim&Cure annonce un tour d’environ 10 M€ pour accélérer la diffusion internationale de sa technologie de jumeau numérique appliquée aux anévrismes cérébraux. La société développe Sim&Size, solution de planification personnalisée des procédures endovasculaires, utilisée dans plus de 45 pays par plus de 700 professionnels, avec plus de 35 000 procédures planifiées.

    Ce financement, présenté comme une extension de série A, vise à :

    • renforcer la présence en Asie, en particulier en Chine et en région Asie‑Pacifique (APAC), tout en consolidant l’empreinte européenne et nord‑américaine ;
    • étendre la suite produit vers Sim&Train (simulation pour la formation) et Sim&Predict (prédiction de résultats) et approfondir les intégrations avec les écosystèmes d’imagerie Siemens Healthineers, Philips et autres.

    Les indicateurs d’usage confirment une adoption réelle dans un segment où l’IA et la simulation numérique sont directement reliées à la sécurité des interventions. Les principaux risques concernent la dépendance à l’équipement en imagerie avancée, l’intégration au flux de travail des neuro‑interventionnels et l’hétérogénéité des cadres réglementaires sur les logiciels de dispositif médical selon les régions.

    Rofim : consolider la télémédecine hospitalière et la coordination

    En 2025, Rofim lève 10 M€ pour consolider sa position de plateforme de télémédecine hospitalière et accélérer son développement international, tout en investissant dans ses briques d’IA. La plateforme, structurée autour de modules de téléexpertise, téléconsultation, réunions de concertation pluridisciplinaire (e‑RCP), dossier communicant de cancérologie (DCC) et autres usages collaboratifs, revendique 1 700 établissements déployés et 70 000 professionnels de santé utilisateurs, avec une présence marquée en Outre‑mer.

    La levée finance trois axes :

    • renforcer la couverture fonctionnelle pour répondre à des besoins hétérogènes (patients complexes, e‑RCP, téléassistance chirurgicale, contextes de crise) ;
    • structurer le développement international, la société étant déjà présente dans plus de 12 pays au moment de la levée ;
    • accélérer l’intégration de l’IA sémantique dans les différents modules, dans la continuité d’un premier moteur déployé dès 2021.

    Rofim se situe au cœur des enjeux de coordination ville‑hôpital, d’e‑RCP oncologiques et de prise en charge des territoires sous‑denses. Le défi consiste à maintenir un rythme d’innovation, notamment en IA, tout en préservant une ergonomie acceptable pour des cliniciens fortement sollicités et en s’inscrivant dans les politiques publiques de télésanté qui structurent les flux financiers.

    Juisci : l’IA documentaire scientifique au service des soignants

    Fondée en 2021, Juisci boucle en 2025 un tour seed de 5,5 M€ pour développer une IA spécialisée sur les publications scientifiques et l’accès à la littérature médicale. Le tour est mené par Ring Capital et Big Pi Ventures, avec la participation de Bpifrance et de plusieurs business angels sectoriels.

    La société revendique plus de 200 000 utilisateurs dans 60 pays, une application disponible en dix langues et une trentaine de clients institutionnels et industriels (Sanofi, Takeda, L’Oréal, Royal Canin, sociétés savantes), avec un positionnement orienté vers la transformation de la littérature en savoir actionnable pour cliniciens, hôpitaux et industriels. L’outil propose résumés, infographies, podcasts et vidéos, et indique pouvoir faire gagner plusieurs heures par semaine aux professionnels de santé tout en augmentant la production de contenus scientifiques pour ses clients.

    Les signaux de traction sont importants pour un tour seed : base utilisateur large, premiers grands comptes, différenciation nette par rapport aux modèles de langage généralistes. Les principaux enjeux sont la démonstration de la pérennité du modèle économique (entre licences B2B, offres freemium et services de knowledge management), la conformité réglementaire en cas d’usages cliniques et la capacité à rester à jour dans un volume de publications en croissance rapide.

    Klodios, Lucis, RDS : IA clinique et prévention en phase d’amorçage

    Trois acteurs complètent le panorama de l’IA clinique et de la prévention augmentée. Klodios lève environ 1,2 M€ en 2025 à un stade d’early‑stage et se positionne sur l’IA de documentation médicale et administrative, dans un espace de plus en plus concurrentiel où la différenciation passera par l’intégration aux systèmes hospitaliers et la conformité aux cadres européens. Lucis lève 10 M€ autour de la prévention augmentée par IA et doit démontrer sa capacité à insérer des algorithmes prédictifs dans des parcours de prévention fragmentés et fortement dépendants de la régulation et du remboursement.

    RDS réalise un tour d’environ 14 M€ en 2025 dans la télésurveillance et l’organisation de soins à distance, dans un paysage où la soutenabilité des modèles dépend des avenants conventionnels, des tarifs et du partage de valeur entre industriels et établissements. Pour ces trois dossiers, les informations publiques sont plus limitées que pour Nabla, Wandercraft ou Hublo, et l’analyse repose davantage sur la cohérence de leur positionnement avec les grandes tendances du marché que sur des métriques de traction publiées.

    Sources et bibliographie

    1. Communiqués de presse des sociétés Nabla, Wandercraft, Bioptimus, Hublo, Median Technologies, Apmonia Therapeutics, Sim&Cure, Rofim, Juisci, Klodios, Lucis, RDS, 2024‑2025.
    2. Données financières publiques Euronext, rapports annuels et communiqués investisseurs, 2024‑2025.
    3. Dossiers de presse Bpifrance, BEI, EIC Accelerator, France 2030, 2023‑2025.

     

  • Levées de fonds en e-santé : un plus bas depuis 2017

    60 millions d’euros levés au dernier trimestre : au plus bas depuis 2017

    Ce trimestre marque une baisse de 31% par rapport au trimestre précédent, cependant il est important de prendre en compte que le dernier trimestre de l’année est généralement sous la moyenne annuelle des levées de fonds.

    Autre fait important à souligner : près des deux tiers des fonds levés l’ont été par 3 des 12 entreprises : Hublo, plateforme RH destinée aux personnels des établissement de santé a levé 20 millions, Sim&Cure, une application de jumeaux numériques pour optimiser le choix des instruments chirurgicaux 10 millions, et Lucis, une offre d’analyse sanguine semestrielle par IA dans un objectif de prévention, 8,5 millions d’euros.

     

    L’IA, moins de 50% des levées pour la première fois de l’année

    Exceptionnellement ce semestre, les technologies d’IA ont moins levées que les technologies de type plateforme. Dans cette catégorie, en plus de Hublo, Hyprview qui propose une plateforme d’imagerie en oncologie, et Annette à l’origine d’une plateforme de coordination des soins, ont levé respectivement 1,4 et 2 millions d’euros.
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    Le cerveau aire médicale à l’honneur ce trimestre

    Sur les 12 levées de fonds, 3 concerne des solutions en lien avec le cerveau, Karavela, fondée en 2025, veut développer un modèle cérébral basé sur l’IA pour mieux comprendre le cerveau et ses maladies, a levé 2 millions d’euros, Ai-Stroke qui repère les AVC dès les premiers signes, 4 millions, et SIM&Cure, mentionné précédemment, 10 millions.

    Liste complète des 12 opération du trimestre :

    Nom de l’entreprise Montant en M€ Thématique Technologie Investisseurs Date de levée
    Klodios 1,2 Documentation IA Normandie Business Angels, Normandie Participations, Bpifrance, Caisse d’Epargne Normandie et CIC. 15/10/2025
    Lucis 8,5 Prévention IA Y Combinator, Kima Ventures, Motier Ventures, 199 Ventures, Source Ventures et Stake Capital, 16/12/2025
    Sim&Cure 10,0 AVC Jumeaux numériques et IA Elaia, IT Translation, Irdi 22/12/2025
    LaFraise 3,2 Dentisterie IA 20VC, Wise et UiPath 17/11/2025
    CardiaMetrics 2,0 Cardiovasculaire Télésurveillance Bpifrance, Crédit Mutuel et le Réseau Entreprendre Isère. 26/11/2025
    Ai-Stroke 4,0 AVC IA  – 19/11/2025
    Hyprview 1,4 Oncologie Plateforme Bpifrance 23/12/2025
    Touwi 0,7 Prévention IA Credit Agricole 01/12/2025
    Hublo 20,0 RH à l’hôpital Plateforme Bpifrance 25/10/2025
    Karavela 2,0 Neurologie IA HCVC, Daphni, First Momentum, 23/11/2025
    Ad scientam 5,0 Maladies chroniques Télésurveillance TechLife Capital 05/11/2025
    Annette 2,0 Alimentation Plateforme Redstone, Ring Capital et AFI Ventures 05/12/2025