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  • Donnés de santé : Orpea se dote de la solution BlueFiles pour sécuriser la gestion de ses données

    Orpea, groupe spécialisé dans la gestion de la dépendance en Ehpad, cliniques ou à domicile, pour répondre aux enjeux posés par la gestion de données de santé, donc sensibles, et sécuriser leur transfert, a opté pour la solution BlueFiles de Forecomm, comme dévoilé dans un communiqué de presse du 6 février 2018.

    Une solution sur mesure répondant aux exigences du RGPD, fruit d’une démarche collaborative entamée en juillet 2017, a été développée et mise en œuvre.

    Objectifs de la collaboration placée sous le signe de la co-construction

    Face à la numérisation accrue des processus de soins, les objectifs d’Orpea auxquels ce partenariat devait répondre sont les suivants :

    • fournir une protection contre les ransomwares, qui peuvent rendre indisponibles des données médicales par la possible contamination de la messagerie ;
    • fournir une protection des données personnelles de santé pour répondre à l’exigence de la mise en conformité avec le RGPD applicable à partir du 25 mai 2018 ;
    • la protection des données médicales lors d’envois à des tierces personnes, notamment de la part de personnels habilités.

    Une solution adaptée au quotidien des professionnels de santé

    La préoccupation principale ayant marqué le processus d’élaboration de la solution, en sus de sa fiabilité et de son niveau de sécurisation garantissant un haut niveau de cybersécurité, est son adaptation aux usages par deux types d »utilisateurs notamment :

    • les médecins et les personnels soignants équipés en tablette ou autre type d’appareil susceptibles de faire du transfert de données ;
    • les managers d’Orpea gérant d’autres types de données confidentielles qui doivent les transférer à des partenaires externes (finances, achats, juridiques, ect.).

    La mise au point de la solution de gestion de données a été pilotée par le département d’information médicale (DIM) d’Orpea.

    La solution élaborée est dotée d’une interface simple d’utilisation et permet l’échange de données et de fichiers via la plateforme associée, ce qui procure à l’utilisateur une meilleure maîtrise de la chaîne de l’émetteur jusqu’au destinataire et les processus associés (authentification des destinataires, accès révocable, etc.). Par ailleurs, la solution permet de répondre à l’exigence de la transparence de la localisation géographique des données.

  • Schoolab présente le jeu Hippopocrate lors du premier Live d’Innolab d’Elsan (Pierre de Milly)

    Lors d’un grand rendez-vous réunissant une centaine de participants le mardi 30 janvier 2018 à Paris, Elsan a partagé un premier bilan des innovations au service des patients lancées à travers son incubateur Innolab. Né il y a deux ans, cet incubateur de projets a permis à Elsan de nouer des partenariats avec dix start-ups (sur 200 projets reçus) pour le développement de nouveaux produits et services.

    A l’occasion de son premier événement « Live d’Innolab », le groupe a souhaité faire témoigner quatre de ses partenaires sur leur collaboration et les solutions innovantes qui ont pu émerger.

    Après Bepatient lundi 5 février 2018, H&TI donne la parole à Pierre de Milly, Projects Acceleration programm Director de Schoolab, lundi 12 février 2018.

    Qu’est-ce-que Schoolab ?

    Schoolab, telle qu’elle existe aujourd’hui sous la forme d’un Innovation studio existe depuis 4 ans, mais le projet pré-existait sous une autre forme depuis une douzaine d’années. C’était à l’origine un programme académique. Nos trois fondateurs – Jean-Claude Charlet, Julien Fayet et Olivier Cotinat – avaient observé les difficultés des entreprises françaises à innover quand le projet ne concernait pas leur cœur de métier. D’après son expérience, cette difficulté vient des lacunes du système scolaire, qui sépare trop tôt les disciplines. Aussi, il a lancé des programmes avec l’ESSEC, STRATE et Centrale Paris, qui consistaient à rassembler 6 mois par an des étudiants des trois écoles pour travailler sur des projets d’innovation au profit de grandes entreprises françaises, en suivant une méthodologie de travail dénommée Design thinking.

    Ce programme s’appelle aujourd’hui CPI et perdure au sein de Schoolab. Près de dix ans après son lancement, nous nous sommes rendus compte que la communauté d’anciens occupaient désormais des postes dans de grandes entreprises ou bien avaient monté des start-ups et demandaient à CPI de les aider à innover. Nous avons donc créé un espace de travail au centre de Paris, où sont accueillis tant des PME, des start-ups que des grandes entreprises et des étudiants, qui collaborent dans un certain nombre de programme d’incubation ou d’accélération. Nous mettons à disposition des coachs et un écosystème qui les poussent à avancer plus vite.

    C’est ainsi qu’a commencé votre collaboration avec Elsan ?

    Tout à fait. Nous travaillons avec le groupe Elsan depuis octobre 2017 sur le programme LEAN Factory. L’objectif de ce programme est de traiter des sujets d’innovation de grandes entreprises sur 2-4 mois et de délivrer des premières versions d’un produit ou d’un service sur des besoins ou usages réels.

    En quoi consiste votre solution ? Quels sont les enjeux sur le marché de l’hospitalisation privée ?

    Le projet sur lequel nous travaillons avec Elsan tourne autour de la prévention et de l’amélioration du niveau de service dans les salles d’attente du groupe. Le besoin était de rentrer dans une relation plus directe avec les patients et pouvoir leur proposer un parcours de santé en dehors d’un épisode de soins nécessaire. Cela devait passer par le digital.

    Nous avons donc accueilli Ségolène Perin, responsable Innovation d’Elsan, à Schoolab une demi-journée par semaine pendant 2 mois. Elle a travaillé main dans la main avec un jeune entrepreneur, une jeune designer et un jeune développeur informatique. Ils ont été accompagnés par une de nos coachs, experte en design référentiel et espace – cette spécialiste de l’aménagement d’espaces a notamment  travaillé sur des espaces d’innovations à KPMG et l’ESSEC. 

    Cette équipe a passé 3 semaines en immersion, pour rencontrer les utilisateurs. Ils se sont mis dans la peau de patients qui viennent en consultation et attendent en salle commune. Ils ont longuement observé l’arrivée, l’accueil, la sortie… Tous les détails de l’expérience client hors-consultation. 

    Au final, ils ont observé beaucoup d’ennui, davantage que de stress. Notre solution collaborative a ainsi émergé : le jeu « Hippopocrate, Viens jouer à ta santé ». Il s’agit d’un mini-jeu et de quizz ludiques, qui font office de sensibilisation et d’éducation à des pathologies traitées dans les hôpitaux du groupe. Délibérément décalé et drôle, le jeu consiste pour les joueurs à assister Hippopocrate, un médecin à la tête d’hippopotame, et de passer une série de consultations. Le jeu sera disponible sur une borne dans les salles d’attente des établissements du groupe, mais aussi sur le téléphone via une Appli téléchargeable. 

    Où en est le projet ?

    Une première version du jeu sur tablette et smartphone, qui inclut deux pathologies – la cataracte et le cancer du sein – a été testé sur une cinquantaine de personnes et nous avons des retours très positifs.

    Hippopocrate, ce sont des parties très courtes pour pouvoir s’adapter aux temps d’attente variables. L’objectif est que les clients découvrent le jeu sur place et continuent à jouer plus tard.

    En février 2018 démarre une nouvelle phase de développement en situation réelle avec une première clinique. Grâce aux feedbacks, on a déjà fait évoluer le niveau de difficulté.

    Qu’attendiez-vous de ce premier live et qu’en avez-vous retiré ?

    Au live d’Innolab, nous n’avons pas trop dévoilé le jeu. Nous avons seulement présenté son nom et son univers graphique. J’ai surtout voulu parler de la démarche d’Open innovation avec les participants car c’est vraiment ce que Schoolab porte : nous avons démontré que nous pouvions produire dans des temps courts des solutions qui sortent complètement de l’ordinaire.

    Concernant le projet Hippopocrate, les réactions très positives d’un public expert dans l’innovation dans la santé et les nombreuses questions suite à la présentation nous ont conforté dans l’idée que ce projet aurait un fort impact sur la prévention en France.

    Nous enverrons à tous les participants le jeu dès qu’il sera prêt, sans doute à l’été 2018

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  • 69 % des Français ouverts à la création de leur DMP en ligne (Sondage BVA/Contrepoints de santé)

    Confiance en baisse sur la politique de santé du gouvernement et inquiétude sur le système de santé, d’une part, et accueil positif, avec une note de vigilance, des nouvelles technologies, d’autre part, tels sont les principaux résultats du sondage réalisé auprès du grand public pour Les Contrepoints de la Santé-BVA, paru jeudi 8 février 2018.

    Le sondage montre notamment que les Français sont partagés sur l’impact de l’IA pour améliorer le système de santé : si un tiers d’entre eux est convaincu par la transformation numérique, un tiers est réfractaire et le dernier tiers est attentiste et ne sait comment se positionner.

    Il montre aussi que, même s’ils jugent le DMP peut être utile pour améliorer le système de santé, 27 % se dit absolument prêt à en ouvrir un.

    1 041 Français âgés de 18 ans et plus ont été interrogés par Internet le 1er février 2018. 

    Une meilleure organisation des professionnels serait source d’amélioration du système de santé

    Concernant l’action du gouvernement en matière de santé, seuls 39 % des Français estiment que celle-ci « va dans le bon sens ».

    Quels seraient les vecteurs d’amélioration du système de santé ?

    • Une réduction des inégalités de santé, sociales et territoriales pour 49 % des personnes interrogées
    • Une meilleure organisation des professionnels entre eux pour 35 %
    • La réorganisation des hôpitaux pour mutualiser les plateaux techniques, avec des services numériques pour prendre en charge l’administratif pour 27 %
    • Les innovations scientifiques, les nouveaux médicaments pour vaincre les maladies pour 25%
    • La télémédecine 13 % et le DMP accessible sur le smartphone 14 %

    Quelles sont vos préoccupations en matière de santé ?

    • Le manque de médecins pour 61 % des Français
    • La dégradation de l’environnement et des conditions de vie pour 37 % d’entre eux
    • Le mauvais état des hôpitaux pour 36 %
    • Le risque de divulgation des données santé des patients à des fins commerciale pour 5 %

    Si vous pouviez créer votre dossier médical partagé sur Internet, tablette ou smartphone et qu’il pourrait être alimenté par les données de l’Assurance maladie, vos médecins, vos laboratoires d’analyse, le feriez-vous ?

    • 69 % répondent à l’affirmative (27% Oui, absolument et 42% Oui, peut-être)

    Les données de santé, le big data, les algorithmes, l’IA : une population partagée

    • Ils vont transformer le système de santé en France dans les cinq prochaines années pour 84 % des personnes interrogées

    • Ils sont un atout pour moderniser et améliorer le système de santé pour 58 % d’entre elles
    • Ils représentent un risque pour la qualité des soins et les relations patient-médecin pour 54 %.

  • Programme de travail de la Haute Autorité de Santé de 2018 : e-santé et chirurgie ambulatoire

    Le collège de la Haute Autorité de Santé a adopté le programme de travail de la HAS dans une décision datée du 31 janvier 2018. Il a été mis en ligne le 8 février 2018.

    Parmi les thématiques qui trouvent habituellement leur place dans le programme, des travaux en cours ou de nouveaux travaux concernant la e-santé et la chirurgie ambulatoire ont été répertoriés.

    e-Santé

    Des guides relatifs à la téléconsultation et à la télé-expertise

    De nouveaux travaux ont été ajoutés à la demande du ministère des Solidarités et de la Santé.

    L’élaboration de documents suivants doit être lancée au 1er trimestre de 2018, période lors de laquelle le premier doit être livré, alors que le second est attendu pour le 4e trimestre de 2018 :

    • Définition des situations cliniques, champs et publics pour lesquels les actes de TLC (téléconsultation) et de TLE (télé-expertise) devraient être exclus ;
    • Guide sur le bon usage et la qualité des pratiques de téléconsultation et de télé-expertise.

    Les deux documents suivants sont commandés, mais les dates de lancement et de livraison restent indéfinies à ce jour:

    • Guide sur les spécificités méthodologiques de l’évaluation clinique des dispositifs de télésurveillance et dispositifs médicaux connectés ;
    • Identification des situations cliniques pour lesquelles un déploiement de la télésurveillance permettrait d’améliorer l’efficience, la qualité et la sécurité des prises en charge.

    La préparation des guides et référentiels suivants est en cours et leur livraison est prévue à partir du second semestre de 2018 :

    • Certification des logiciels médicaux: élaboration d’un référentiel de certification des logiciels d’aide à la dispensation (LAD) de pharmacies à usage intérieur (PUI) ;
    • Actualisation du référentiel d’agrément des bases de données sur les médicaments (Version 3) ;
    • Applications et objets connectés – Document patient ;
    • Applications et objets connectés – Document professionnel de santé.

    Chirurgie ambulatoire

    Plusieurs travaux sont en cours sur le thème de la chirurgie ambulatoire et ils reposent sur la campagne nationale de recueil des indicateurs IQSS des établissements. Ils doivent tous être livrés au cours du quatrième trimestre de 2018 :

    • Thème qualité de la prise en charge en chirurgie ambulatoire : taux de réhospitalisations à 3 jours après CA ;
    • Thème qualité de la prise en charge en chirurgie ambulatoire (indicateurs de processus ;
    • E-satis en chirurgie ambulatoire (plateforme de l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation recueillant la satisfaction des patients au minimum deux semaines après leur sortie de l’établissement).

    La HAS publiera par ailleurs :

    • un guide intitulé « Guides méthodologiques : actes et techologies de santé » dans le cadre d’une auto-saisine, débuté au second semestre de 2017 et qui doit être livré au cours du premier semestre de 2018 ;
    • un rapport intitulé « Analyse prospective annuelle du système de santé » institué par l’Ordonnance n°2017-84 du 26 janvier 2017 relative à la Haute Autorité de santé, et qui doit paraître en juin 2018.

  • Santé numérique : la Cour des Comptes recommande à l’État d’intensifier son action

    La Cour des comptes publiait le mercredi 7 janvier son rapport public annuel, dont le chapitre 4 est consacré aux « Services publics numériques en santé ». Dans un premier article, H&TI revenait sur les évaluations réalisées par le Cours des Comptes de plusieurs outils numériques (ameli.fr, dossier médical personnel, etc.).

    Ce second article recense et synthétise l’ensemble des recommandations formulées par la Cour en matière de santé numérique.

    Partant du constat que les services publics numériques en santé ne jouent pas le rôle majeur qu’ils sont appelés à assumer dans la transformation du système de santé, la Cour des Comptes considère qu’une « stratégie d’ensemble, claire et structurante, de modernisation numérique du système de santé est (…) à définir ».

    Des préalables doivent ainsi être « réglés » en matière de garantie de sécurité, d’interopérabilité, d’identification unique du patient dans le système de soins. Par ailleurs l’obligation d’un accord préalable du patient pour la création d’un DMP et la possibilité qui lui est offerte de limiter sa complétude, « mériteraient d’être réexaminées ».

    L’État doit intensifier son action en matière de santé numérique, d’après la Cour. Cette intensification doit porter sur plusieurs chantiers.

    Renforcer la sécurité des services publics numériques

    La Cour des Comptes juge indispensable de sécuriser les systèmes d’information en santé et d’assurer la confidentialité, l’intégrité, la disponibilité et la traçabilité des données dématérialisées. A ce titre, la Cour préconise de : 

    • préciser les modalités de mise en œuvre du suivi national des incidents graves de sécurité instauré par la loi du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé ;
    • intégrer de manière prioritaire l’enjeu de sécurité dans tous les chantiers numériques ;
    • dégager de nouvelles ressources financières pour sécuriser le SNIIRAM : dans une communication remise à l’Assemblée nationale sur le système national d’information inter-régimes d’assurance maladie (SNIIRAM).

    Rendre opposables les normes d’interopérabilité 

    La Cour constate que « le corpus des normes d’interopérabilité reste (…) encore pour partie lacunaire ». Elle rappelle également que depuis la loi du 26 janvier 2016, les normes d’interopérabilités peuvent être rendues opposables par arrêté ministériel, ce qui les rend applicables à l’ensemble des acteurs. Ceci n’a pas été fait à ce jour. La Cour recommande ainsi de : 

    • rendre opposables les normes d’interopérabilité ;
    • établir un calendrier d’opposabilité permettant aux éditeurs de logiciels et hébergeurs de données de santé d’anticiper les évolutions à venir dans ce domaine, ce calendrier apparaissant comme « une responsabilité que les pouvoirs publics ne sauraient plus longtemps éluder ».

    Acter et entériner l’unification de l’identité numérique des patients

    La Cour rappelle l’existence de nombreux numéros d’identification des usagers du systèmes de santé : le patient est identifié à partir du numéro d’inscription au répertoire national des personnes physiques (NIR) pour la facturation des soins, à partir d’un identifiant spécifique créé pour les patients des établissements de santé, par un décret du 27 avril 2016, et à partir d’un identifiant national mis en place par l’Asip Santé pour permettre une identification commune à l’échelle nationale.

    La Cour considère qu’il résulte de cette pluralité d’identifiants nationaux « des incohérences coûteuses en temps et en ressources ». Pour rendre effective l’utilisation du NIR comme identifiant national de santé unique à l’horizon 2020, (comme le prévoit la loi du 26 janvier 2016), il faudra « une forte impulsion et une vigilance attentive pour pouvoir tenir ces délais dans de bonnes conditions ».

    « Intégrer pleinement le numérique dans une nouvelle stratégie de santé »

    Faire émerger de nouveaux services

    La Cour des Comptes préconise de généraliser l’utilisation de logiciels d’aide à la prescription et à la décision, sans que ces derniers ne se substituent aux médecins.

    « Enrichir l’usage de données de santé » et réexaminer les conditions associées à l’ouverture du DMP

    Les bases de données de santé sont insuffisamment médicalisées et exploitées à des fins de politiques publiques, souligne la Cour, qui rappelle l’importance des « enjeux de complétude et de médicalisation des données de santé ». La Cour recommande à ce titre de : 

    • accélérer la médicalisation des bases de données ;
    • réexaminer les « restrictions à l’ouverture et à la complétude des dossiers », à l’aune « des résultats effectifs du déploiement en cours ».

    « Coordonner les efforts publics »

    La Cour des Comptes salue enfin la création en janvier 2017 d’un Conseil stratégique du numérique en santé (CSNS). Elle regrette toutefois que cette instance demeure à ce jour « incomplète : à l’exception de la CNAMTS, elle ne comprend aucun des opérateurs de l’assurance maladie ». 

    Ainsi, conclut-elle, « une instance stratégique restreinte à vocation décisionnelle gagnerait à voir le jour, à même d’arbitrer les choix structurants pour les services publics numériques en santé et d’anticiper les questions posées par l’accélération de leur développement (…). »

  • Télémédecine : la 1ère consultation physique doit être le socle de la prise en charge (Nicolas Revel)

    La télémédecine, le dossier médical partagé et autres innovations sont-elles vraiment un opportunité pour le système de santé ? Jeudi 8 février 2018, à Paris, Nicolas Revel, directeur général de l’Assurance maladie et Frédéric Pierru, chercheur en sciences politiques et sociales au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) ont dialogué autour de ces sujets lors des Contrepoints de la santé.

    L’occasion pour Nicolas Revel d’annoncer une généralisation du DMP pour octobre 2018 et d’encourager les médecins à se lancer dans la télé-expertise, « dans le respect du parcours de soin ».

    La télémédecine, créatrice de temps médical supplémentaire ?

    Nicolas Revel s’est notamment exprimé sur le sujet de la télémédecine. Selon lui, le retard pris pour son déploiement est trop important. « Les expérimentations ont trop duré, c’est pourquoi l’Assurance maladie a ouvert la négociation avec les médecins puis les autres professionnels de santé concernés ».

    Il rappelle qu’il faut distinguer les actes de téléconsultation des actes de télé-expertise. « La téléconsultation va rendre fondamentalement service à un patient qui n’aura plus besoin de se déplacer pour voir son médecin, mais cela ne va pas créer du temps médical supplémentaire. La télé-expertise va venir valoriser une expertise sur un cas patient où un médecin généraliste va requérir l’expertise d’un médecin spécialiste en second recours. Cela me semble être une contribution forte à l’accès du soin, puisque l’on va pouvoir basculer ce qui aurait été une consultation en télé-expertise.

    Le directeur général de l’Assurance maladie propose que des praticiens consacrent une heure de leur journée de travail à faire des télé-expertises. « Ils peuvent traiter davantage de situations médicales qu’ils ne le feraient en une heure de consultation. Ainsi, on créé de la ressource médicale supplémentaire. » 

    Frédéric Pierru ne voit pas la télémédecine comme « une solution rapide au problème des déserts médicaux ». Il la compare plutôt à une « uberisation de la médecine. » « Les patients, qui plus est les patients âgés, sont attachés à la consultation physique, à l’examen clinique, aux échanges. Quant aux médecins, ils redoutent un appauvrissement de la qualité de leur examen clinique. »

    Selon lui, la télémédecine et la télé-expertise peuvent être utiles en dermatologie où la visualisation joue un rôle important, « mais ce n’est pas vrai pour toutes les spécialités ».

    La télémédecine ne doit pas être une voie de contournement

    Nicolas Revel renchérit : « Nous nous sommes réunis avec les syndicats de médecins et sommes tombés d’accord : le déploiement de la télémédecine doit passer par des éléments d’organisation des soins et de qualité des soins. Il y a un consensus sur le fait que le recours à un médecin spécialiste doit se faire dans le respect du parcours. La télémédecine ne doit pas être une voie de contournement. Le médecin traitant s’occupe du patient durablement à l’année et ne doit pas être court-circuité dans cette action.

    Par ailleurs, rappelle-t-il, si on a recours à un spécialiste par télé-expertise, ce médecin doit avoir déjà vu le patient. La première consultation physique est le socle de la prise en charge. « L’assurance maladie va être très attentive à cela. C’est une demande à la fois des médecins et des patients qui n’ont pas envie de se retrouver face à des professionnels de santé qui changent d’une consultation à une autre. »

    Le DMP généralisé en octobre 2018

    Le DMP a été testé dans 9 caisses en 2017 et sa généralisation France entière est prévue en octobre 2018. « Seuls 500 000 DMP ont été ouverts en 10 ans. Cela va prendre du temps d’en ouvrir massivement, mais nous devons nous appuyer sur trois leviers clés pour que cela marche », pointe Nicolas Revel :

    • les assurés sociaux doivent pouvoir ouvrir eux-mêmes leur DMP en ligne (L’assurance maladie leur transmettra les codes de sécurisation qui le permette) ;
    • les DMP doivent être source d’information : « Nous injectons dès l’ouverture des DMP les deux dernières années de consommation en soins ainsi que les informations hospitalières, dont les volets de synthèses médicales ;
    • l’Assurance maladie lance une Appli mobile, qui fonctionnera dès octobre 2018, pour que les patients consultent et alimentent leur DMP ».

    « Mais le DMP n’a pas vocation à être le système unique de partage d’information médicale, ce serait une illusion, pointe Nicolas Revel. Doivent se créer dans les GHT, dans les territoires de ville, des systèmes de portée plus locale. Le DMP sera cette surcouche qui va accueillir toute l’information disponible sur toute la population ».

    À la question du coût de ce déploiement, le DG de l’Assurance maladie répond : « Les dépenses sont derrière nous et je n’ai pas prévu de réinvestir. Ce que nous finançons aujourd’hui ce sont plutôt les outils du développement ».

    Vers une révolution du système de santé ?

    Pour Frédéric Pierru : « Il n’y a jamais eu et il n’y aura pas révolution en matière de santé et ce ne sont pas les technologies et les innovations qui vont y arriver. Les systèmes de santé changent très lentement, de manière incrémentale, progressivement, avec des chocs parfois exogènes comme la croissance économique et les tensions budgétaires, mais aussi des évolutions endogènes comme la transformation de la démographie des professionnels de santé. Mais tout cela prend 25 à 30 ans en moyenne ».

  • L’édition 2018 de PharmagoraPlus propose un village e-santé, à Paris Expo les 7 et 8 avril 2018

    Le salon national PharmagoraPlus est le rendez-vous annuel réunissant pharmaciens et l’ensemble de l’écosystème (confrères, professionnels de santé, associations de patients, institutionnels, politiques, partenaires et prestataires).

    Son ambition est de définir les nouvelles perspectives d’une profession en pleine mutation, et d’accompagner les pharmaciens grâce à des solutions pratiques.

    Outre de nombreuses conférences, un village e-santé permettra de découvrir les innovations digitales qui peuvent aider au quotidien dans la gestion des officines et dans l’accompagnement des patients.

    Les innovations présentées sur le Village e-santé

    • Solutions pour mieux accompagner les patients comme les applications et les plateformes de suivi entre professionnels et patients, les chatbots, les objets connectés, les outils d’observance, la télémédecine, l’auto surveillance, les outils d’aide aux aidants, etc.
    • Innovations concernant le back-office et la gestion de l’officine comme les nouveaux dispositifs de livraison, les sites d’emploi et de transaction en ligne, etc.

    Une agora vouée aux échanges entre start-ups et équipes officinales

    Le programme sera organisé en grandes sessions thématiques autour notamment des innovations au service de la gestion de l’officine, de la prévention ou encore du parcours de soins.

    Chaque session sera introduite par une brève présentation des start-ups, puis un échange aura lieu entre la salle et des grands témoins (spécialistes de l’innovation, associations de patients, professionnels de santé, institutionnels, etc.) autour des bénéfices apportés par ces innovations.

    Le programme complet est disponible via ce lien.

  • « Favoriser l’accès à l’innovation est crucial pour favoriser la recherche » (C. Durand, Alexion)

    Le groupe américain Alexion a annoncé le 29 janvier 2018 à la Maison de la recherche à Paris la mise à disposition de Strensiq®, un produit d’enzymothérapie substitutive visant à traiter l’hypophosphatasie (défaut de minéralisation osseuses) qui est une maladie ultra-rare, héréditaire, systémique et progressive.

    À cette occasion, Christophe Durand, le président-directeur général d’Alexion France a accordé une interview à Health&Tech Intelligence dans laquelle il aborde :
    • les difficultés d’un groupe pharmaceutique spécialisé dans les produits visant les maladies ultra-rares ;
    • l’excellence de la recherche française ;
    • la façon dont un groupe biopharmaceutique innove ;
    • les partenariats innovants qui lui permettent d’avancer, notamment avec l’Institut Imagine ;
    • les engagements publics qui pourraient soutenir les acteurs de la santé ;
    • la façon dont les outils numériques influent sur la recherche.

    Alexion prévoit de déménager son siège social vers Boston au cours de 2018 afin d’être au plus près de la dynamique d’innovation qui caractérise cette ville des États-Unis.

    Quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez en tant que laboratoire spécialisé dans les produits visant les maladies ultra-rares ?

    Pour traiter les maladies rares ou ultra-rares, il nous faut d’abord comprendre les mécanismes biologiques complexes impliqués dans ces maladies, alors qu’en général peu de données sont disponibles. Cette recherche fondamentale est longue, difficile et incertaine. Au cours du développement clinique, nous sommes confrontés également à la difficulté du diagnostic et à la taille souvent très limitée des populations cibles. Le modèle économique de ces produits doit s’adapter à tous ces critères très particuliers. Depuis sa création, Alexion s’est donné comme mission, malgré tous ces obstacles, de mettre à disposition des patients en impasse thérapeutique, des traitements innovants et hautement transformatifs.

    Quel regard portez-vous sur l’état de la recherche médicale en France ?

    L’excellence de la recherche médicale en France est reconnue au niveau international. Notamment dans le domaine des maladies rares, la France est un leader mondial avec une organisation spécifique pour le diagnostic, l’accès aux soins, ou encore la recherche. Nous avons des collaborations importantes avec des équipes académiques et des équipes hospitalières en France. Nous avons déjà des projets de recherche ambitieux avec l’Institut Imagine et nous sommes le premier industriel à avoir signé une collaboration avec Necker et l’Institut Imagine en 2015.

    Est-il facile d’innover au sein d’un laboratoire pharmaceutique aujourd’hui ? De quelle façon innove-t-on ?

    Alexion investit plus de 20% de son chiffre d’affaires en R&D. Ce simple chiffre souligne l’importance de la recherche au sein de notre laboratoire, et donc des efforts consentis pour innover. D’autre part, nous sommes en recherche permanente de partenaires stratégiques pour renforcer notre offre thérapeutique. Notre siège social sera transféré dans les prochains mois de New Haven à Boston, capitale mondiale des biotechnologies.

    En France, nous avons une équipe au sein de l’IHU Imagine, lieu qui rassemble cliniciens, chercheurs et équipes industrielles pour explorer de nouvelles pistes diagnostiques et thérapeutiques innovantes en lien avec les maladies rares. L’innovation peut repousser les limites des connaissances scientifiques actuelles pour comprendre les pathologies complexes et trouver des moyens de changer le cours des maladies. Cela ne peut réussir qu’au travers d’une collaboration entre le monde universitaire, l’industriel et les cliniciens. Nos investissements en R&D couplés à cette recherche ouverte, et à notre expertise de pointe dans certains domaines, comme celui de la biologie du complément, sont des atouts qui doivent permettre à Alexion d’être un acteur clé dans les maladies rares.

    Dans un contexte de plus en plus globalisé, que manque-t-il pour faire avancer la recherche plus facilement et rapidement ? Quelles recommandations feriez-vous aux pouvoirs publics ou d’autres acteurs de l’écosystème pour mieux soutenir la recherche ?

    La France joue un rôle pionnier dans le domaine des maladies rares : elle est le premier pays en Europe à avoir élaboré et mis en œuvre un plan national (PNMR). La structuration de l’offre de soins autour des centres de référence maladies rares et des centres de compétence est un élément indéniablement positif pour le développement clinique.

    Dans le cadre du 3ème PNMR qui est en cours d’élaboration il pourrait être intéressant de poser la question de la mutualisation des efforts entre La banque Nationale de Données Maladies Rares et les études post inscriptions exigées par les autorités auprès des industriels afin d’améliorer les connaissances cliniques et la compréhension des maladies rares en conditions réelles et donc d’améliorer la prise en charge des patients et la planification des soins.

    Par ailleurs, une meilleure prédictibilité des politiques de santé permettrait aux industriels d’avoir une plus grande visibilité et d’arbitrer les investissements en faveur de la France. Enfin une  prise en compte plus importante des projets R&D locaux dans les décisions de prix et remboursement pourrait inciter des acteurs internationaux comme le nôtre à accélérer les investissements sur le territoire français. 

    Quelles sont les initiatives qui existent et qui facilitent la recherche en France et que vous appréciez ?

    Favoriser l’accès à l’innovation est un élément clé pour favoriser également la recherche.  La France est un leader mondial sur le plan des politiques publiques en faveur des maladies rares pour assurer aux patients un accès à des soins, à des centres de références pour le diagnostic et la prise en charge et enfin l’accès aux thérapeutiques innovantes. Les patients français bénéficient également d’un système d’accès précoce aux innovations grâce au mécanisme de l’Autorisation Temporaire d’Utilisation (ATU) qui permet un accès rapide dans un cadre contrôlé. Les plans maladies rares et les ATU sont deux éléments clés qui favorisent le développement de projets de recherche en France.

    Sous l’égide de l’Agence Nationale pour la Recherche (ANR), les programmes d’investissement d’avenir ont permis de proposer plusieurs appels à candidature aux plans RHU « Recherche Hospitalo‐Universitaire en santé » (RHU). Ces initiatives RHU permettent de fédérer des équipes de recherche du secteur académique, médical et industriel, et d’atteindre ainsi les investissements critiques nécessaires pour l’exploration de projets de recherche ambitieux. Cette structuration est clé dans le domaine des maladies rares.

    Dans ce cadre, Alexion RD France est un partenaire clé du projet C’IL-LICO qui vise l’identification de thérapies innovantes dans le domaine de maladies rénales pédiatriques rares et sévères. Ce partenariat a commencé en décembre 2017, et réunit des équipes de recherche de l’Hôpital Necker Enfants Malades, de l’Université Paris Descartes, de l’AP-HP, de l’École Polytechnique, de l’Université de Strasbourg, de l’Institut Imagine et du centre de recherche Alexion RD France situé dans les locaux d’Imagine à Paris.

    L’avènement d’outils numériques dans la santé impacte-t-il la recherche et la commercialisation de vos produits ?

    Les outils numériques s’intègrent à de très nombreuses étapes de la R&D (analyse de données, modélisation du mécanisme d’action, etc.) jusqu’aux applications ou outils créés pour développer le bon usage de nos médicaments auprès des professionnels de santé, ou pour faciliter l’observance des patients. Le numérique et l’analyse des données font partie du quotidien de nos activités, comme pour les autres acteurs de santé. Dans ce domaine, l’avènement de l’intelligence artificielle et les nouveaux algorithmes d’analyse des données génétiques et médicales permettront d’identifier plus encore de patients pouvant bénéficier des dernières thérapies innovantes. Le plan RHU CIL’LICO pour lequel Alexion participe en collaboration avec l’Institut Imagine s’inscrit d’ailleurs dans ces nouvelles perspectives.

  • La Cour des Comptes évalue les services publics numériques en santé (rapport public)

    La Cour des Comptes a rendu public son rapport annuel dont le chapitre 4 traite des « Services publics numériques en santé », le mercredi 7 février 2018.

    Le développement des services publics numériques en santé apporte, d’après la Cour, une contribution réelle mais inégale à l’efficience de gestion: si certains outils dématérialisés comme la feuille de soins, les arrêts de travail et portails internet comme ameli.fr, ont permis de dégager des économies significatives, d’infléchir les pratiques des professionnels dans le sens d’un recours accru aux services numériques et d’améliorer le suivi des patients, les médecins peinent à s’approprier certains outils comme le dossier médical personnel (DMP), ou la messagerie sécurisé de santé (MSSanté).

    Les recommandations formulées par la Cour pour optimiser l’usage et la diffusion des services publics numériques seront évoquéés dans un second article d’H&TI.

    Les téléservices en santé au cœur des préoccupations de la Cour des Comptes depuis 2013

    Le chapitre 4 du rapport public annuel de la Cour des Comptes porte sur les « services publics numériques », définis comme « un ensemble composé principalement de services de santé en ligne – ou téléservices, permettant aux usagers de réaliser une ou plusieurs démarches de manière dématérialisée – et des outils numériques de coordination des soins et d’échange ou de partage principalement destinés aux professionnels de santé ».

    Dans son rapport annuel 2013, dont le titre II portait sur « Les téléservices publics de santé : un pilotage toujours insuffisant », la Cour des comptes constatait déjà la progression du recours aux téléservices en santé, qui ne permettaient toutefois pas d’attendre les résultats escomptés : « une plus grande efficacité, une meilleure qualité de la prise en charge et une optimisation du parcours de soins ».

    Dans une enquête récente sur la télémédecine intégrée au rapport sur l’application des lois de financement de la sécurité sociale pour 2017, la Cour des Comptes invitait l’État à mettre en œuvre une « stratégie plus cohérente » afin d’exploiter au mieux les perspectives « prometteuses » ouvertes par le développement des échanges numériques en santé.

    Dans le prolongement de ces enquêtes et d’une communication plus large en 2016 remise au Comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques de l’Assemblée nationale, sur la généralisation des services publics numériques au sein de l’État, la Cour des comptes « a cherché à mesurer les évolutions intervenues au cours des années récentes en matière de services publics numériques en santé ».

    La Cour des Comptes constate en ce domaine « des progrès réels mais inégaux, porteurs de résultats d’ores et déjà appréciables ». Elle nuance toutefois son propos, en précisant que « faire pleinement des services numériques le levier de modernisation en profondeur du système de soins qu’ils doivent être exige de lever différents obstacles et d’inscrire ces services dans un cadre plus cohérent ».

    La Cour relève des « progrès réels mais inégaux » en matière de services publics numériques en santé

    Augmenter le nombre d’inscrits sur ameli.fr et en faire un point d’entrée pour des actions de prévention et de suivi

    Les téléservices de l’assurance maladie ont connu un développement continu, se félicite la Cour des Comptes. Le site ameli.fr constitue le premier site internet public de santé à destination des assurés et des professionnels, avec près de 25,3 millions de comptes créés en 2017 contre 10 millions en 2012, soit une augmentation du nombre d’inscrits de plus de 3 millions par an.

    Si les usages du site « sont en fort développement » et si la CNAMTS a développé une politique volontariste de communication, pour augmenter le nombre d’inscrits, la Cour relève « qu’une proportion importante d’assurés n’y recourt pas encore », d’où la recommandation d’accroître l’usage du portail améli en tant que point d’entrée pour des actions de prévention et de suivi.

    Poursuivre la mise en place du portail sante.fr

    La Cour constate que la « diffusion sous une forme numérique d’une information publique fiable et objective devient un enjeu central« . Dans ce contexte, il conviendrait de lever rapidement les difficultés techniques de mise en place du portail sante.fr, service public d’information en santé créé par la loi du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé, portail dont « seul le pilote francilien » est en service en septembre 2017.

    La Cour des Comptes déplore la « diffusion lente » des outils de coordination des soins comme la MMSanté et le DMP

    « La messagerie sécurisée de santé » (MSSanté) est encore trop peu utilisée

    La MSSanté élaborée par l’Asip Santé en 2013, pour un montant total de 11,4 M€ (2016), dans le but de garantir la sécurité des échanges de données, revendique 53 000 boîtes aux lettres et 900 établissements de santé en avril 2017. L’objectif de généralisation des dispositifs de messagerie, souligne la Cour des comptes, initialement proposé pour 2017, n’est donc pas atteint. Leur diffusion doit être érigée en « priorité » par les pouvoirs publics et l’assurance maladie, conclut-elle, en ce que ces dispositifs « constituent l’environnement indispensable au développement des parcours de soins coordonnées, et au delà, à l’essor de la télémédecine ».

    Le dossier médical personnel (DMP) doit être relancé et sa diffusion élargie

    Créé par la loi du 13 août 2004 relative à l’assurance maladie, après une « longue phase de recherches et d’expérimentations », le DMP est déployé à échelle nationale en 2011. Dans une enquête réalisée par la Cour des Comptes en 2012, celle-ci constate qu’en juillet 2012, « seuls 158 000 DMP avaient été créés en un an et demi, de manière dispersée et sans stratégie claire de déploiement, une grande partie (89 500) restant au demeurant vide ». 

    Le déploiement du DMP a été suspendu à l’automne 2012, pour faire place à une période « d’attentisme coûteux de la part des pouvoirs publics ». La Cour des comptes salut les efforts fournis par la CNAMTS pour développer des outils tendant à la diffusion du DMP, comme la rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP) qui inclut un critère lié à l’usage d’un logiciel compatible avec le DMP.

    La Cour des Comptes identifie des gains d’efficacité liés à l’usage de certains outils dématérialisés

    • Progression de la dématérialisation des feuilles de soins : on dénombrait 79% feuilles de soins électroniques en 2005 contre 86% en 2009 et 95% aujourd’hui, « soit 1,4 milliard de FSE par an ». Le passage à 100% de dématérialisation n’a pas encore été atteint mais les pouvoirs publics excluent pour l’heure les sanctions financières.
    • Progression des avis d’arrêt de travail dématérialisés : ils sont passés de 7,89% à 22,69% du total des Arrêts de travail, entre 2012 et 2016. Chaque point supplémentaire permet de dégager une économie de 9M€ par an.
    • Progression de la dématérialisation de l’accord préalable du contrôle médical : elle permis une économie de 80M€ sur la seule année 2016, d’après la Cour.

    Les recommandations formulées par la Cour afin de « mettre le numérique au service de la transformation du système de soins » seront évoquées dans un second article de H&TI.