France Biotech, l’association des entrepreneurs en sciences de la vie a présenté à Lyon Biopôle le 15 mars 2018 la 15e édition de son Panorama France HealthTech (medtech/biotech).
Premier enseignement : la France est le 3e pays au niveau européen en nombre de sociétés de biotech (720 entreprises, 11 000 salariés) après l’Allemagne (1 042 entreprises, 37 000 salariés) et le Royaume Uni (979 entreprises, 30 000 salariés).
Elle compte aussi 160 medtech (40 000 salariés).
On dénombre 386 biomédicaments en développement dans les entreprises de l’échantillon et 105 dispositifs médicaux en cours d’élaboration.
302 entreprises participant à l’étude
France Biotech réalise chaque année le Panorama de l’Industrie des Sciences en France, étude réalisée sur la base d’un questionnaire dédié et des publications des sociétés. Il n’a pas vocation à être exhaustif. Les informations ont été collectées jusqu’au 29 septembre 2017. Les entreprises incluses dans l’étude répondaient aux critères suivants :
- exercer une activité dans le secteur des sciences de la vie en France ;
- réaliser des dépenses de recherche et développement représentant au moins 15% de leurs charges totales ;
- avoir un effectif de moins de 250 salariés.
Pour cette édition du panorama, 302 entreprises ont participé à l’étude conduite par KPMG (contre 2016 en 2016). L’échantillon comprend 49 % de biotech, 19% de medtech, 14 % d’entreprises au modèle mixte (service + produit), 7 % de sociétés spécialisées dans le diagnostic et 5 % d’entreprises du secteur de la e-santé.
Les biotech au niveau européen
Avec plus de 3 000 entreprises de biotechnologie et 25 000 entreprises de technologies médicales, l’Europe est bien positionnée sur la scène internationale. De plus, le marché pharmaceutique et biopharmaceutique européen se situe au 2e rang mondial après les Etats-Unis tout comme le marché des technologies médicales.
La France : de nombreux atouts mais des barrières à lever
La France est le 3e pays européen en nombre de sociétés de biotech après l’Allemagne et le Royaume-Uni. Elle est deuxième en nombre de produits de biotechnologie en développement.
Les trois aires thérapeutiques les plus investiguées par les sociétés de biotechnologie françaises sont l’oncologie (1/3 des programmes soit 110 produits), les maladies infectieuses avec 59 produits en développement et le système nerveux central avec 44 produits.
Les dispositifs médicaux développés par les sociétés de medtech et de diagnostic de l’échantillon couvrent un large champ de technologies et d’applications. Trois catégories représentent les 2/3 des produits en développement : les dispositifs médicaux de diagnostic in vitro (26% des DM), les dispositifs de classe II b (23%) et les dispositifs de classe III (19,5%). Les aires thérapeutiques les plus investiguées sont la chirurgie orthopédique (17% des produits), la cardiologie et le vasculaire (12%) et l’imagerie (10%).
Le pays bénéficie d’une place boursière dynamique : Euronext est le premier marché européen pour les sciences de la vie, selon France Biotech. 86 sociétés sont cotées (49 biotechs, 37 medtechs), qui totalisent une capitalisation boursière de près de 22 Mds€ sur les marchés Euronext (Paris, Bruxelles et Amsterdam)
Cependant, plusieurs barrières restent à lever :
- une difficulté de croissance pour les entreprises : le nombre d’employés par société est faible comparé aux autres pays européens ;
- un retard important quant au nombre d’essais cliniques : certains freins, tels que les délais d’approbation nuisent à la compétitivité du pays ;
- La France est en 3e position pour les financements par le capital-risque. Les tickets moyens obtenus sont les plus bas d’Europe (7,1 M€ en 2016 en France comparé à 20 M€ au Royaume-Uni et 33 M€ en Suisse)
Levées de fonds
Sur les 245 M€ alloués aux domaines pharma-bioindustrie/cosméto/technologies médicales par Bpifrance en 2016, 171 M€ ont été consacrés aux aides à l’innovation et 74 M€ à des investissements en fonds propres.
Les entreprises françaises de biotech/medtech ont levé près de 800 M€ en 2016, atteignant ainsi la deuxième place du classement après le Royaume-Uni (1,3 Mds€).
Au moment de l’étude, à l’automne 2017, 5 biotech françaises avaient été nouvellement introduites en Bourse en 2017, levant au total près de 139 M€.
Focus sur les sociétés de la e-santé
L’étude montre que la France propose pour le secteur de la e-santé spécifiquement, des produits matures et majoritairement orientés vers les objets connectés (27 %), le télémonitoring (20 %), le diagnostic assisté par ordinateur (16%) et le big data/analyse de données (8%).
« Avec plus d’un tiers des produits commercialisés, les sociétés bénéficient de temps de développement et d’un accès au marché plus rapide que les sociétés de biotechnologies ou de technologies médicales« , pointe l’étude France Biotech.
Concevoir les solutions médicales de demain
« Ce Panorama 2017 témoigne d’une autre tendance de fond : l’innovation est désormais multi-technologique. Les projets sur lesquels travaillent les PME et les start-ups innovantes combinent de plus en plus souvent biologie, Internet des objets, big data, 3D, etc… C’est en mixant tous ces outils et ces technologies que nous concevrons les solutions médicales de demain et que la médecine deviendra plus efficace, personnalisée et préventive », conclut Maryvonne Hiance, présidente de France Biotech.
L’intégralité de l’étude est disponible via ce lien.