Carole Delarbre, responsable marketing Santé d’Alcatel-Lucent Enterprise (ALE), a participé avec 22 collaborateurs de l’entreprise au Hacking Health Camp Strasbourg, du 23 au 25 mars 2018.
Le but de l’événement est de soutenir les projets de la santé de demain.
H&TI a interviewé Carole Delarbre : elle explique comment les solutions Cloud et sans-fil d’ALE ont permis aux projets en lice dans ce grand hackathon d’avancer et l’intérêt de participer à un tél événement.
Par quel biais des salariés d’ALE se sont retrouvés à participer au Hacking Health Camp ?
Le Hacking Health Camp est un événement qui se tient depuis huit ans et qui a permis de voir éclore de beaux projets comme MedPics de MedSpher’ ou KeyDiag, système d’information d’aide à la génération de compte-rendus de radiologie. C’est la troisième année qu’ALE s’y associe. En 2016, 6 employés ont pris part au développement des projets. C’était une première approche pour voir si cela correspondait à l’esprit d’open innovation que l’on développe dans l’entreprise. Nous voulions nous projeter dans un événement favorisant l’entrepreneurship et nous avons trouvé qu’un hackathon donnait une véritable impulsion et permet de faire se rencontrer des acteurs de santé, des industriels, des développeurs, et de leur mettre le pied à l’étrier. En 2017, ALE a envoyé 14 salariés et a participé au sponsoring de l’événement. Et cette année, 23 employés de l’entreprise s’y sont rendus et ALE était Gold Partner.
Pourquoi spécifiquement un hackathon sur la santé ? Chez Alcatel-Lucent Enterprise, nous concentrons nos efforts sur cinq marchés verticaux : « Gouvernement », l’hôtellerie, les transports, l’éducation et la santé. Pour chacun de ces marchés, on dispose d’une équipe dédiée, avec des forces de vente et de marketing spécifiques, auxquels s’ajoutent un accompagnement technique et une personnalisation de nos solutions.
Lors de cette édition, ALE a fourni des outils pour les participants ?
En effet, c’était la grande nouveauté. Nous avons proposé aux organisateurs d’utiliser la plateforme de collaboration Alcatel-Lucent Rainbow comme outil de collaboration entre les participants. Via cette plateforme, chacun pouvait échanger des messages instantanés, lancer des communications téléphoniques ou vidéos, etc.
La deuxième innovation, c’est que nous avons mis à disposition des développeurs l’API Rainbow et l’API OmniAccess Stellar LBS (Location-based services), qui leur permettaient, s’ils le souhaitaient d’intégrer du chatbot et des services de localisation dans leurs applications.
Les API étaient disponibles sur la plateforme du Hacking Health Camp et des experts des API d’ALE ont coaché en amont, le 13 mars 2018, des volontaires qui avaient envie de connaître ces API.
Et au-delà des API, nous avons « fourni » le savoir-faire de 23 personnes : des développeurs, un designer d’interface graphique, des chefs de projet, des chefs produits et du personnel des ventes et du marketing. Des profils variés car chacun apporte son ouverture d’esprit et son expérience.
Comment cela se passe-t-il concrètement une fois que le chronomètre est lancé ?
On travaille par équipe dans des salles autour de tables. Les coachs du hackathon viennent nous challenger. Il y a des business angels, des coachs juridiques, des coachs médecins, pharmaciens, sur lesquels les équipes peuvent s’appuyer. Les développeurs développent, le business plan est imaginé, etc. On se rend compte des obstacles éventuels et le projet est amené à « pivoter » plusieurs fois lors du week-end.
Vous avez personnellement participé à cette aventure ? Qu’en avez-vous retiré ?
C’est en effet la deuxième année que je participe à ce week-end intense de brainstorming. C’est une expérience enrichissante : je viens en tant que salariée qui peut partager ses compétences – marketing et communication pour ma part – mais l’enjeu est d’envergure pour les porteurs de projet : certains portent leur idée depuis des années, ont l’intention de monter une start-up, de changer de métier. Donc quand ils participent à ce marathon de 50 heures, c’est avec l’envie de gagner. Et, du coup, on a envie de s’investir autour de ces gens qui portent une idée forte.
En pitchant leurs idées devant les 350 participants le vendredi soir, ils espèrent rassembler les meilleures ressources. Ça n’a pas été facile pour les salariés d’ALE de choisir parmi tous les beaux projets. Nous ressentions pour chacun d’entre eux un intérêt pour les patients et pour la santé du futur.
56 projets ont été pitché et 26 projets ont passé le cap de la constitution d’équipes. J’ai hésité entre deux pitchs, pour finalement opter pour Survite, porté par les salariés de la mutuelle VyV, car le projet me touchait personnellement. Il s’agit d’une application pour alerter les sauveteurs secouristes du travail (SST) dans les entreprises. Il se trouve, de plus, que j’ai déjà travaillé il y a deux ans sur une telle application au sein de mon entreprise. Nous ne l’avions pas lancé mais nous étions allés jusqu’au stade du prototype.
Pour le Hacking Health Camp, l’équipe de Survite m’a acceptée pour mes compétences marketing et j’ai pu aider sur le pitch, sur la monétisation et le business plan du projet. Nous étions une petite équipe de 5 personnes.
Survite a remporté le Prix Alcatel-Lucent Enterprise au hackathon.
Oui. Le projet Survite a été choisi parce qu’il concerne toutes les entreprises et qu’ALE est fournisseur de solutions de connectivité pour les entreprises. Survite a, selon moi, de grandes qualités et potentialités : tout le monde est concerné par les accidents au travail. En cas de crise cardiaque par exemple, il faut pouvoir agir vite, donc en mobilisant les SST identifiés dans l’entreprise. L’application SurVite, qui doit être installée sur le smartphone des salariés, doit permettre de contacter le SST le plus proche.
Dans son concept originel, Survite n’avait pas de service de localisation. La personne accidentée devait enregistrer sur son portable son message vocal et indiquer où elle se trouvait. Selon moi, il s’agissait d’un obstacle technique. Alcatel-Lucent Enterprise a des API de localisation qui permettent d’afficher un plan du bâtiment sur le smartphone et le Wayfinding de Stellar LBS d’afficher un parcours pour rejoindre le lieu de l’alerte. Mes conseils ont permis de faire pivoter le projet et d’intégrer ce LBS.
ALE a également présenté des projets. Ont-ils abouti ?
Sur les 4 projets présentés, un seul a réussi à constituer une équipe. Il s’agit de Win Win Consult, un projet de salle d’attente virtuelle, qui est d’ailleurs reparti avec le prix Mylan.
Que remportent les gagnants ?
Les projets primés gagnent des accompagnements de la part d’incubateurs de start-ups ou d’industriels. Ceux qui ne gagnent pas ne doivent en aucun cas se décourager. La plupart vont tenter d’autres hackathons. Dans tous les cas, la participation est enrichissante car elle permet de mettre à plat son projet. L’implication de l’intelligence collective, qui se consacre à 100% à ce projet pendant un weekend, permet forcement de progresser, d’autant que comme cela se déroulait dans les hôpitaux de Strasbourg, il était possible de poser directement des questions aux médecins voire aux patients. Cela fait même gagner beaucoup de temps puisque le hackathon permet de creuser son business canvas. Et puis d’être confronté à la vision des autres sur un projet sur lequel on travaille parfois seul permet de le confronter aux besoins du marché.
Quel est le bilan de cet événement pour ALE ?
Quand on est sponsor, qu’on envoie 23 personnes de l’entreprise à Strasbourg, cela représente un investissement et donc l’objectif est aussi de valoriser nos technologies et d’obtenir de la visibilité. En mettant des ressources à disposition, nos API et nos experts techniques (4 coachs techniques sur nos solutions sur place), nous espérons que nos solutions seront intégrées dans les applications en santé de demain.
Il se trouve que parmi les 13 lauréats, il y a 3 projets dans lesquels nos technologies sont impliquées.
Nous sommes déjà motivés pour participer au prochain Hacking Health Camp de Strasbourg ! Et forts de cette expérience, nous réfléchissons à organiser nous-mêmes des hackathons, centrés sur nos produits. On se dit qu’on a la légitimité car nos produits ont de la valeur pour les développeurs en santé mais aussi dans d’autres domaines.
Enfin, en ce qui concerne Survite (portée par des salariés du groupe VyV qui avaient eux-mêmes concouru en interne à un challenge d’innovations), des contacts ont été pris entre les deux directions, ALE et VyV. A suivre.