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  • Etude : un outil web aide les femmes à choisir leur reconstruction mammaire après un cancer

    Moins de décision conflictuelle, une plus grande satisfaction et un coût très modéré, tel est le résultat de l’utilisation d’un outil d’aide à la décision sur le web pour les femmes ayant subi une mastectomie après un cancer. Cet outil, nommé BRECONDA, a pour but de les aider à choisir la technique de reconstruction qui leur conviendra le mieux. Les résultats de l’étude* menée auprès de plus de 200 femmes et publiés le 5 avril 2018 dans la revue Psycho-Oncology, montrent qu’un tel outil web est coût-efficace.

    L’accès à l’information : un enjeu majeur dans le cancer

    Après un diagnostic de cancer du sein, une femme doit fait face à plusieurs étapes douloureuses. Celles des traitements, parfois de la mastectomie (ablation d’un ou deux seins) mais aussi de la reconstruction. Plusieurs décisions délicates s’imposent : opter pour une reconstruction ou pas, et si oui, quelles techniques.

    En France, seulement 35% des femmes ayant souffert d’un cancer du sein bénéficient d’une reconstruction. Certaines ne la souhaitent pas et d’autres n’ont pas les moyens de payer cette intervention chirurgicale. Par ailleurs, un nombre non négligeable de femmes n’était pas satisfaites de cette reconstruction. Une étude australienne a montré que 20 à 30% des femmes exprimaient des regrets après l’opération.

    Un outil d’aide à la décision sur le web

    Aider les femmes à prendre la bonne décision pour elle s’avère donc crucial. Le temps peut s’avérer parfois nécessaire pour faire le deuil de son sein. C’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle la reconstruction mammaire immédiate reste marginale en France : de l’ordre de 18% des femmes contre 40% aux Etats-Unis. Cependant, le temps n’est pas le seul élément clé. L’accès à une information claire, non culpabilisante, est aussi cruciale.

    C’est la raison pour laquelle des chercheurs, des oncologues et des chirurgiens australiens ont élaboré un outil d’aide à la décision accessible sur le web. BRECONDA, acronyme de Breast Reconstruction Decision Aid, pose une série de questions aux femmes pour les aider à cheminer dans leur réflexion. L’outil internet évite le jargon médical et est accessible à tout moment, en tout lieu, à l’abri des regards, quand la femme le souhaite.

    BRECONDA vient évidemment en complément des éléments d’aide à la décision fournis en consultation. Grâce à des textes, des vidéos, des schémas, des questions à choix multiple, l’outil a pour mission d’aider les femmes à :

    • choisir ou pas la reconstruction mammaire
    • découvrir les différentes techniques de reconstruction
    • soupeser les avantages et les inconvénients de chaque technique

    Les chercheurs australiens ont donc mené une étude randomisée et contrôlée pour évaluer la pertinence médico-économique de cet outil d’aide à la décision en ligne. Quelque 106 femmes ont eu accès à BRECONDA pendant 6 mois et 116 autres ont constitué le groupe contrôle. Les résultats de ces travaux ont été publiés le 5 avril 2018 dans la revue Pycho-Oncology.

    Résultats

    • Les conflits décisionnels ont été moins fréquents chez les femmes qui ont bénéficié de l’outil web d’aide à la décision ;
    • le taux de satisfaction par rapport à l’information fournie était aussi meilleur que dans le groupe contrôle ;
    • le coût de cet outil web a été évalué à 6,2 euros / patiente ,
    • l’utilisation de BRECONDA a entraîné une baisse globale des coûts de santé de 468 euros ;
    • cette forme d’aide à la décision a une probabilité de 87% d’être rentable pou un coût annuel de 37 600 euros.

    Une aide pour les médecins

    En outre, les auteurs de l’étude ont précisé que les chirurgiens ont accueilli favorablement l’outil dans la mesure où il complétait les informations données lors des consultations. En fait, « BRECONDA offre aux femmes qui envisagent une reconstruction mammaire un soutien indispensable dans cette prise de décision importante, qui fournit des informations complètes et fiables et aide les femmes à naviguer dans le labyrinthe des options de reconstruction mammaire», a déclaré le professeur Kerry Sherman, de l’Université Macquarie de Sidney, co-auteur de l’étude.

  • Le laboratoire BioMérieux acquiert la biotech américaine Astute Medical pour 77 M€

    BioMérieux annonce, par communiqué daté du 4 avril 2018, l’acquisition d’Astute Medical, une société qui se consacre à l’amélioration du diagnostic des patients qui présentent une défaillance d’une fonction vitale, ou qui sont à risque de développer une complication sévère.

    Astute a notamment développé le test Nephrocheck, accrédité par la Food and Drug Administration pour l’évaluation précoce du risque d’insuffisance rénale aiguë, qui repose sur le dosage de deux biomarqueurs. BioMérieux distribue depuis 2017, ce test sur le dispositif médical Astute140 Meter aux États-Unis. BioMérieux a convenu d’acquérir la totalité du capital pour environ 90 millions de dollars (77 millions d’euros).

  • « Domotique en soins palliatifs », 1 des 4 projets Innovation&fin de vie primé par la Fondation Adréa

    La Fondation d’entreprise Adréa, créée par Adréa Mutuelle, a dévoilé, le 3 avril 2018, les 4 lauréats soutenus par la Fondation dans le cadre de son appel à projets sur le thème « Favoriser le confort et le mieux-être des personnes en fin de vie par le biais des nouvelles technologies« .

    Les 4 lauréats – l’Hôpital Sainte-Périne (AP-HP), l’hôpital de Saulieu (Côte d’Or), le centre hospitalier de Falaise (Clavados) et l’Ehpad Notre-Dame à Briouze (Orne) – seront accompagnés pendant un an par la fondation d’entreprise, qui leur apporte un soutien financier – pour un total de 124 438 euros – et un soutien humain.

    La Fondation d’entreprise Adréa lance par la même occasion son nouvel appel à projets 2018 sur le thème « Soutenir des projets innovants permettant d’accompagner dignement et sereinement la fin de chaque vie ». Le dépôt des candidatures doit se faire avant le 8 juin 2018 uniquement en ligne via le lien ci-contre.

    Une enquête montre l’intérêt des nouvelles technologies en fin de vie

    En octobre 2017, la Fondation Adréa a dévoilé les résultats d’une enquête réalisée par l’IFOP sur la question des solutions et pistes d’avenir permettant d’améliorer l’accompagnement des personnes en fin de vie en France.  Celle-ci a mis en exergue la place que peuvent prendre les nouvelles technologies dans l’amélioration du confort et du mieux-être des patients. Ainsi, près de 7 Français sur 10 (69%) estiment important, voire primordial, de garantir un accès au WiFi dans tous les lieux accueillant des personnes en fin de vie. Selon la fondation, si les nouvelles technologies ne peuvent pas remplacer l’aide humaine, elles ont un rôle complémentaire à jouer, qui s’articule autour de celui des médecins, des soignants, des aidants et des bénévoles. Elles peuvent, par exemple, offrir aux personnes en fin de vie un environnement mieux adapté à leurs besoins ou encore leur permettre de communiquer davantage avec leur entourage proche, médical ou familial, mais aussi avec le « monde extérieur » (amis, anciens collègues…).

    C’est pourquoi elle a lancé l’appel à projets, en novembre 2018 sur ce thème.

    4 projets d’intérêt général dans le domaine de la santé et du médico-social

    « Les dossiers retenus vont dans le sens d’une plus grande autonomie des patients mais aussi d’un meilleur confort en exploitant les possibilités offertes par les nouvelles technologies », explique Christiane Hubert, présidente de la Fondation d’entreprise Adréa.

    Projet « Du numérique en soins palliatifs à l’hôpital : pouvoir communiquer, maîtriser et se distraire » de l’hôpital Sainte-Périne (AP-HP)

    L’hôpital va équiper les 10 chambres de l’Unité de Soins Palliatifs (USP), accueillant environ 250 patients par an, ainsi que la salle de bains thérapeutique du service, le salon aménagé pour les familles et les rééducateurs, de tablettes numériques connectées. Ces dernières permettront de :

    • favoriser la communication du patient avec ses proches et ses soignants ;
    • garantir, par le biais de commandes domotiques, son autonomie et le contrôle sur son environnement ;
    • lui donner les moyens de se distraire, grâce à du contenu dédié et gratuit (musique, télévision, radio, etc.).

    Projet « Création d’une chambre connectée en médecine » à l’hôpital de Saulieu (Côte d’Or)

    Installer dans le service de médecine polyvalente, qui compte 25 lits, le projet est une chambre connectée, afin d’améliorer l’autonomie et la communication des patients, mais aussi d’optimiser leur surveillance médicale. Parmi les dispositifs envisagés : lit connecté, banquette murale télécommandée, plinthes lumineuses pour faciliter les déplacements, capteurs (fréquence cardiaque, température, etc.) dissimulés sous le matelas pour limiter les manipulations du patient, pupillomètre pour évaluer la douleur en cas de non-réactivité ou encore éclairage avec allumage progressif pour respecter son rythme de sommeil.

    Projet « Domotisation d’une chambre de l’unité de soins palliatifs et en hospitalisation à domicile » du CH de Falaise (Calvados)

    Le projet est de domotiser l’une des 10 chambres de l’USP et mettre à la disposition du service d’hospitalisation à domicile du matériel rendant possible le contrôle de l’environnement du patient. L’objectif est de maintenir chez les patients bénéficiaires le plus d’autonomie possible, afin d’améliorer leur confort et leur bien-être, via la mise en place de commandes domotiques pour le lit, l’éclairage, les volets, l’utilisation du téléphone et les applis multimédia (Internet, radio, télévision, etc.). Ce projet s’appuie sur l’utilisation de téléthèses, des interfaces adaptées permettant aux personnes en situation de handicap moteur d’interagir avec leur environnement.

    Projet « Les nouvelles technologies au service de la mobilité des personnes âgées » de la maison de retaite Notre-dame de Briouze (Orne)

    S’inscrire dans une perspective d’ouverture sur l’extérieur, de dynamisation de l’établissement et de modernité, en s’appuyant sur des technologies innovantes et adaptées aux besoins des personnes accompagnées, tel est le projet de l’Ehpad, qui repose sur l’acquisition de 3 dispositifs :

    • le Robot Zora, qui permet de rompre l’isolement des personnes âgées et de favoriser le lien social ;
    • le Bike Labyrint Motomed, un vélo adapté permettant aux personnes âgées de pratiquer une activité physique favorisant leur bien-être, tout en leur offrant la possibilité de s’évader, en visitant virtuellement plusieurs villes ;
    • 2 vélos d’extérieur pour fauteuils roulants, qui permettront aux résidents de partager des moments de convivialité, de détente et de liberté avec leurs proches ou les soignants.

    Un nouvel appel à projets à destination des organisations à but non lucratif 

    La Fondation d’entreprise Adréa cherche à soutenir des projets innovants qui s’attachent à améliorer l’accompagnement des personnes en fin de vie sans privilégier, à travers un appel à projets plus problématisé. L’objectif général est donc de contribuer à améliorer significativement l’accompagnement des personnes en fin de vie, en France, en soutenant des projets innovants qui correspondent à une ou plusieurs des pistes d’amélioration suivantes :

    • faciliter l’ « accès aux petits bonheurs » en fin de vie ;

    • donner la possibilité aux personnes en fin de vie de profiter de la nature ;

    • permettre aux personnes en fin de vie de choisir leur rythme au quotidien ;

    • développer les solutions de répit, pour les personnes en fin de vie et/ou pour leurs aidants ;

    • proposer des médecines alternatives ;

    • proposer un accompagnement psychologique sur mesure aux personnes en fin de vie.

    Seront privilégiés les projets innovants (dans le service, dans la technologie, dans le processus, dans l’organisation, dans l’usage, ou dans le caractère social) d’envergure nationale.

    La dotation pour cet appel à projets est de 130 000 euros. Entre un et trois projets seront soutenus.

    Le cahier des charges complet est disponible via ce lien.

    La date limite de dépôt des dossiers est fixée au 8 juin 2018 et la remise des prix se fera le 4 octobre 2018.

  • « Le Hacking Health Camp est un rassemblement d’intelligences surprenant » (C. Delarbre, ALE)

    Carole Delarbre, responsable marketing Santé d’Alcatel-Lucent Enterprise (ALE), a participé avec 22 collaborateurs de l’entreprise au Hacking Health Camp Strasbourg, du 23 au 25 mars 2018.

    Le but de l’événement est de soutenir les projets de la santé de demain.

    H&TI a interviewé Carole Delarbre : elle explique comment les solutions Cloud et sans-fil d’ALE ont permis aux projets en lice dans ce grand hackathon d’avancer et l’intérêt de participer à un tél événement.

    Par quel biais des salariés d’ALE se sont retrouvés à participer au Hacking Health Camp ?

    Le Hacking Health Camp est un événement qui se tient depuis huit ans et qui a permis de voir éclore de beaux projets comme MedPics de MedSpher’ ou KeyDiag, système d’information d’aide à la génération de compte-rendus de radiologie. C’est la troisième année qu’ALE s’y associe. En 2016, 6 employés ont pris part au développement des projets. C’était une première approche pour voir si cela correspondait à l’esprit d’open innovation que l’on développe dans l’entreprise. Nous voulions nous projeter dans un événement favorisant l’entrepreneurship et nous avons trouvé qu’un hackathon donnait une véritable impulsion et permet de faire se rencontrer des acteurs de santé, des industriels, des développeurs, et de leur mettre le pied à l’étrier. En 2017, ALE a envoyé 14 salariés et a participé au sponsoring de l’événement. Et cette année, 23 employés de l’entreprise s’y sont rendus et ALE était Gold Partner.

    Pourquoi spécifiquement un hackathon sur la santé ? Chez Alcatel-Lucent Enterprise, nous concentrons nos efforts sur cinq marchés verticaux : « Gouvernement », l’hôtellerie, les transports, l’éducation et la santé. Pour chacun de ces marchés, on dispose d’une équipe dédiée, avec des forces de vente et de marketing spécifiques, auxquels s’ajoutent un accompagnement technique et une personnalisation de nos solutions.

    Lors de cette édition, ALE a fourni des outils pour les participants ?

    En effet, c’était la grande nouveauté. Nous avons proposé aux organisateurs d’utiliser la plateforme de collaboration Alcatel-Lucent Rainbow comme outil de collaboration entre les participants. Via cette plateforme, chacun pouvait échanger des messages instantanés, lancer des communications téléphoniques ou vidéos, etc.

    La deuxième innovation, c’est que nous avons mis à disposition des développeurs l’API Rainbow et l’API OmniAccess Stellar LBS (Location-based services), qui leur permettaient, s’ils le souhaitaient d’intégrer du chatbot et des services de localisation dans leurs applications.

    Les API étaient disponibles sur la plateforme du Hacking Health Camp et des experts des API d’ALE ont coaché en amont, le 13 mars 2018, des volontaires qui avaient envie de connaître ces API.

    Et au-delà des API, nous avons « fourni » le savoir-faire de 23 personnes : des développeurs, un designer d’interface graphique, des chefs de projet, des chefs produits et du personnel des ventes et du marketing. Des profils variés car chacun apporte son ouverture d’esprit et son expérience.

    Comment cela se passe-t-il concrètement une fois que le chronomètre est lancé ?

    On travaille par équipe dans des salles autour de tables. Les coachs du hackathon viennent nous challenger. Il y a des business angels, des coachs juridiques, des coachs médecins, pharmaciens, sur lesquels les équipes peuvent s’appuyer. Les développeurs développent, le business plan est imaginé, etc. On se rend compte des obstacles éventuels et le projet est amené à « pivoter » plusieurs fois lors du week-end.

    Vous avez personnellement participé à cette aventure ? Qu’en avez-vous retiré ?

    C’est en effet la deuxième année que je participe à ce week-end intense de brainstorming. C’est une expérience enrichissante : je viens en tant que salariée qui peut partager ses compétences – marketing et communication pour ma part – mais l’enjeu est d’envergure pour les porteurs de projet : certains portent leur idée depuis des années, ont l’intention de monter une start-up, de changer de métier. Donc quand ils participent à ce marathon de 50 heures, c’est avec l’envie de gagner. Et, du coup, on a envie de s’investir autour de ces gens qui portent une idée forte.

    En pitchant leurs idées devant les 350 participants le vendredi soir, ils espèrent rassembler les meilleures ressources. Ça n’a pas été facile pour les salariés d’ALE de choisir parmi tous les beaux projets. Nous ressentions pour chacun d’entre eux un intérêt pour les patients et pour la santé du futur.

    56 projets ont été pitché et 26 projets ont passé le cap de la constitution d’équipes. J’ai hésité entre deux pitchs, pour finalement opter pour Survite, porté par les salariés de la mutuelle VyV, car le projet me touchait personnellement. Il s’agit d’une application pour alerter les sauveteurs secouristes du travail (SST) dans les entreprises. Il se trouve, de plus, que j’ai déjà travaillé il y a deux ans sur une telle application au sein de mon entreprise. Nous ne l’avions pas lancé mais nous étions allés jusqu’au stade du prototype.

    Pour le Hacking Health Camp, l’équipe de Survite m’a acceptée pour mes compétences marketing et j’ai pu aider sur le pitch, sur la monétisation et le business plan du projet. Nous étions une petite équipe de 5 personnes. 

    Survite a remporté le Prix Alcatel-Lucent Enterprise au hackathon.

    Oui. Le projet Survite a été choisi parce qu’il concerne toutes les entreprises et qu’ALE est fournisseur de solutions de connectivité pour les entreprises. Survite a, selon moi, de grandes qualités et potentialités : tout le monde est concerné par les accidents au travail. En cas de crise cardiaque par exemple, il faut pouvoir agir vite, donc en mobilisant les SST identifiés dans l’entreprise. L’application SurVite, qui doit être installée sur le smartphone des salariés, doit permettre de contacter le SST le plus proche.

    Dans son concept originel, Survite n’avait pas de service de localisation. La personne accidentée devait enregistrer sur son portable son message vocal et indiquer où elle se trouvait. Selon moi, il s’agissait d’un obstacle technique. Alcatel-Lucent Enterprise a des API de localisation qui permettent d’afficher un plan du bâtiment sur le smartphone et le Wayfinding de Stellar LBS d’afficher un parcours pour rejoindre le lieu de l’alerte. Mes conseils ont permis de faire pivoter le projet et d’intégrer ce LBS.

    ALE a également présenté des projets. Ont-ils abouti ?

    Sur les 4 projets présentés, un seul a réussi à constituer une équipe. Il s’agit de Win Win Consult, un projet de salle d’attente virtuelle, qui est d’ailleurs reparti avec le prix Mylan. 

    Que remportent les gagnants ?

    Les projets primés gagnent des accompagnements de la part d’incubateurs de start-ups ou d’industriels. Ceux qui ne gagnent pas ne doivent en aucun cas se décourager. La plupart vont tenter d’autres hackathons. Dans tous les cas, la participation est enrichissante car elle permet de mettre à plat son projet. L’implication de l’intelligence collective, qui se consacre à 100% à ce projet pendant un weekend, permet forcement de progresser, d’autant que comme cela se déroulait dans les hôpitaux de Strasbourg, il était possible de poser directement des questions aux médecins voire aux patients. Cela fait même gagner beaucoup de temps puisque le hackathon permet  de creuser son business canvas. Et puis d’être confronté à la vision des autres sur un projet sur lequel on travaille parfois seul permet de le confronter aux besoins du marché. 

    Quel est le bilan de cet événement pour ALE ?

    Quand on est sponsor, qu’on envoie 23 personnes de l’entreprise à Strasbourg, cela représente un investissement et donc l’objectif est aussi de valoriser nos technologies et d’obtenir de la visibilité. En mettant des ressources à disposition, nos API et nos experts techniques (4 coachs techniques sur nos solutions sur place), nous espérons que nos solutions seront intégrées dans les applications en santé de demain.

    Il se trouve que parmi les 13 lauréats, il y a 3 projets dans lesquels nos technologies sont impliquées.

    Nous sommes déjà motivés pour participer au prochain Hacking Health Camp de Strasbourg ! Et forts de cette expérience, nous réfléchissons à organiser nous-mêmes des hackathons, centrés sur nos produits. On se dit qu’on a la légitimité car nos produits ont de la valeur pour les développeurs en santé mais aussi dans d’autres domaines. 

    Enfin, en ce qui concerne Survite (portée par des salariés du groupe VyV qui avaient eux-mêmes concouru en interne à un challenge d’innovations), des contacts ont été pris entre les deux directions, ALE et VyV. A suivre.

  • Journée de réflexion sur la valeur ajoutée de la RV dans les formations en santé, 13/06/18-Station F

    Pour la 5e édition de sa conférence annuelle, SimforHealth organise, le 13 juin 2018 à la Station F, une matinée d’information et de réflexion sur l’utilisation de la simulation numérique pour la formation et l’accompagnement des professionnels de santé.

    Rythmée par une conférence de 2h regroupant des experts du secteur académique, professionnels de santé, associations de patients et de l’industrie de la santé, la matinée se poursuivra de deux ateliers spécialisés, organisés en parallèle, afin de répondre au mieux aux questions et besoins de chacun.

    Participation gratuite, sur inscription uniquement, via le lien ci-contre.

    Au programme

    9h

    • INTRODUCTION DE LA CONFÉRENCE & PRÉSENTATION DE SIMFORHEALTH
      • Jérôme LELEU, Président de Interaction Healthcare, en charge du développement stratégique de SimforHealth
    • PRÉSENTATION DE STATION F ET DE SON ÉCOSYSTÈME E-SANTÉ
      • Vincent GALAND, Directeur des Partenariats – Ad Scientiam

    9h25 : Keynote

    L’INTÉRÊT DES OUTILS NUMÉRIQUES DANS LA FORMATION DES PROFESSIONNELS DE SANTÉ

    Dr. Thomas Grégory, Chef du service de chirurgie orthopédique à l’hôpital Avicenne de Bobigny – Expert international en réalité virtuelle & Augmentée en santé.

    9h35 : Table-ronde

    COMMENT LA SIMULATION NUMÉRIQUE S’IMPLANTE-T-ELLE DANS LA FORMATION ET L’ACCOMPAGNEMENT DES PROFESSIONNELS DE SANTÉ

    – Michèle LENOIR-SALFATI, Directrice générale Agence Nationale du Développement Professionnel Continu

    – Marcel AFFERGAN,Co-fondateur, Orion Santé

    – Pr. Patrick DEHAIL, Vice-Doyen de l’UFR des Sciences Médicales de l’Université de Bordeaux

    – Jean-Michel DECRET, Chargé des Relations Publiques de France AVC (Association d’aide aux patients et aux familles de patients victimes d’AVC)

    10h05 : Keynote

    VALEUR AJOUTÉE DE LA RÉALITÉ VIRTUELLE POUR LES SOINS INFIRMIERS. DÉMONSTRATION LIVE DE LA RÉFECTION D’UN PANSEMENT DE PICC LINE

    Catie KINDEL, Ingénieure pédagogique, Orion Santé

    10h15 : 2e table-ronde

    – Isabelle VITALI, Innovation & Business Excellence Director, Sanofi Aventis France

    – Stéphane EIFLER, International Medical Affairs Director Biocodex

    – Dr. Julien PICARD, Anesthésiste-réanimateur Centre de Simulation de Grenoble (CESAR)

    11h Café et visite du showroom

  • La HAS élargit son spectre de compétences en intégrant les missions de l’Anesm

    La loi de financement de la sécurité sociale pour 2018 a confié à la Haute Autorité de Santé, à partir du 1er avril 2018, les missions de l’Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (Anesm).

    En plus de son rôle central dans le champ sanitaire, la HAS intervient désormais aussi dans les champs social et médico-social : évaluation des établissements, élaboration de recommandations pour l’inclusion sociale, la protection de l’enfance, l’accompagnement des personnes handicapées et des personnes âgées.

    L’objectif est de favoriser des parcours de santé complets et de qualité, coordonnés et transversaux, répondant aux besoins de soins et aux situations de vie de chaque personne. 

    Pour intégrer ces nouvelles fonctions, une direction spécifique au champ social et médico-social est créée au sein de la HAS, la Direction de la qualité de l’accompagnement social et médico-social (DiQASM).

    « L’intégration des missions de l’Anesm à la HAS répond à l’impératif d’envisager la santé dans sa globalité, sans se limiter aux soins médicaux mais en y intégrant tous les aspects de la vie des personnes, en améliorant les pratiques de l’ensemble des professionnels et établissements impliqués », explique la HAS dans un communiqué du 5 avril 2018 diffusé sur son site web.

    Favoriser des parcours de santé de qualité

    L’intégration des missions de l’Anesm va permettre à la HAS de renforcer sa mission première : améliorer les pratiques de soins et de santé pour tous. Les deux principaux objectifs seront notamment de :

    • favoriser des parcours de santé complets, transversaux et lisibles pour tous.

    Le cloisonnement entre les champs sanitaire, social et médico-social a des effets délétères : errance des personnes, ruptures dans les parcours, non-recours à des soins ou des accompagnements. Les missions élargies de la HAS devront permettre une meilleure articulation et collaboration des différents acteurs sur le terrain, en se recentrant sur les besoins des personnes.

    • élaborer des travaux transversaux en profitant des expertises des différents champs.

    L’intégration des missions de l’Anesm et de ses équipes va favoriser le partage des approches qualité et des méthodologies, ce qui permettra d’enrichir les évaluations d’établissements ainsi que l’élaboration de recommandations de bonnes pratiques. Si le sujet s’y prête, ces recommandations aborderont d’ailleurs systématiquement les aspects sanitaires, sociaux comme médico-sociaux. 

    Une direction et des instances dédiées aux champs social et médico-social

    La Direction de la qualité de l’accompagnement social et médico-social (DiQASM) est créée au sein de la HAS. Celle-ci intègre les personnels de l’Anesm et est dirigée par Véronique Ghadi.

    Elle aura la charge d’élaborer les recommandations de bonnes pratiques relatives à l’inclusion sociale, la protection de l’enfance, l’accompagnement des personnes handicapées, des personnes âgées mais aussi de fixer le cadre d’évaluation des quelques 30 000 établissements et services sociaux et médico-sociaux.

    Pour fixer les orientations et valider les travaux de cette direction, une commission réglementée va également être constituée, disposant du même statut que les commissions d’évaluation des médicaments, des dispositifs médicaux ou d’évaluation médico-économique déjà existantes à la HAS. Ses membres seront nommés prochainement par le Collège de la HAS.

    En complément de cette commission réglementée, la HAS constituera courant mai 2018 un comité de concertation rassemblant les parties prenantes des champs social et médico-social afin d’instaurer un espace d’échange régulier et de recueil de leurs avis et attentes.

    Des travaux déjà programmés : élaboration d’un référentiel commun, recueil de la satisfaction des personnes

    L’un des premiers chantiers concernera l’élaboration d’un référentiel commun pour l’évaluation des établissements et services sociaux et médico-sociaux.

    En complément de ce socle commun, la HAS produira des volets spécifiques selon le type d’établissement et d’activité, en concertation avec les professionnels du secteur. De la même façon qu’elle l’a systématisé pour les hôpitaux et cliniques, la HAS va également développer des indicateurs pour recueillir la satisfaction des personnes âgées et handicapées accueillies dans les établissements sociaux et médico-sociaux. Enfin, dans le cadre de l’élaboration de recommandations de bonnes pratiques, des articulations seront construites ou renforcées entre certains travaux prévus aux programmes de travail respectifs de la HAS et de l’Anesm.

     

  • Un arrêté modifie la composition du Conseil stratégique de l’innovation en santé

    Un arrêté ministériel publié le 4 avril 2018 au Journal officiel amende la composition du Conseil stratégique de l’innovation en santé, fixée à l’origine par un arrêté du 28 février 2018.

    Pour rappel, Dominique Polton, actuelle présidente de l’Institut des Données de Santé, en avait été nommée vice-présidente par arrêté du 28 février 2018. Par la même occasion Natacha Lemaire, avait été nommée rapporteur général du comité technique et du Conseil stratégique de l’innovation en santé, alors que Dominique Bureau et Lise Rochaix, avaient été nommées membres en qualité de personnalités qualifiées.

    L’amendement élargit la composition du Conseil avec des membres supplémentaires dans la catégorie agences nationales intervenant dans le secteur sanitaire et professionnels de santé.

    Une composition critiquée

    La composition du Conseil stratégique de l’innovation en santé avait été critiqué par Olivier Mariotte, président de Nile, Benoît Péricard, directeur santé KPMG et Guy Vallancien, membre de l’Académie de médecine, qui regrettaient le caractère « institutionnel et national » de la composition qui laissait peu de place à un mode de réflexion innovant.

    Institut national du cancer et professionnels de santé (re)représentés

    À l’origine, dans la composition du Conseil rentraient cinq représentants d’agences nationales intervenant dans le secteur sanitaire. Avec cet amendement, un membre supplémentaire s’ajoute à cette sélection avec l’intégration d’un représentant de l’Institut national du cancer.

    Par ailleurs, la catégorie des représentants de professionnels de santé, du champ sanitaire et médico-social ou de l’aide à domicile totalise 18 représentants au lieu de 14 à l’origine avec de nouveaux membres comme suit :

    • 10 représentants de professionnels de santé (contre 8 au départ) sont requis, avec l’exigence supplémentaire d’avoir « au moins trois représentants des syndicats de médecins libéraux » ;
    • un représentant du Comité de liaison des institutions ordinales ; 
    • un représentant du Conseil national de l’ordre des médecins.
  • Les données des CHU au service de la recherche sur la pollution de l’air (Colloque mairie de Paris)

    Anne Hidalgo réunissait le jeudi 5 avril 2018 des chercheurs, scientifiques et médecins à l’occasion d’un colloque dédié aux conséquences sanitaires de la pollution de l’air. Organisé en partenariat avec l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris dans le cadre des « Semaines parisiennes de la santé », et en écho à l’appel à des expérimentations « Qualité de l’air » lancé par Urban Lab de Paris&Co, cet événement visait à proposer un état des lieux des connaissances dans ce domaine et de débattre des solutions à mettre en oeuvre au sein de la métropole parisienne.

    Chercheurs, médecins et acteurs publics se sont succédés pour évoquer les résultats des études menées dans la métropole parisienne sur la qualité de l’air et ses impacts sur la santé, au cours des vingt dernières années.

    Introduction par Anne Hidalgo, Maire de Paris : « nourrir le débat public de rationalités scientifiques »

    Cet évènement organisé par la mairie de Paris vise selon Anne Hidalgo à « nourrir le débat public (sur la pollution et les moyens de s’en prémunir) de rationalités scientifiques ». La pollution de l’air est « un scandale de santé publique », d’après la maire de Paris qui l’a placée au coeur de son mandat. « La pollution aux particules tue et l’on ne peut rester inactif (…) Nous devons agir maintenant, l’heure est grave tant les conséquences sur la santé des populations sont importantes ».

    Introduction par Martin Hirsch, Directeur général de l’AP-HP

    La prévention est reléguée aux marges du système hospitalier, selon Martin Hirsch. Ce dernier doit changer de paradigme pour passer d’une approche curative à une approche hybride marquée par la prévention et le soin. La définition des centres hospitalo-universitaires, consacrée par le code de la santé publique, précise qu’il incombe aux CHU de mener des actions de recherche et de prévention. Si cette démarche existe dans la loi, elle est encore peu effective dans les faits, d’après le directeur général de l’AP-HP. Les études présentées lors du colloque ont été réalisées au sein d’établissements de l’AP-HP, et visent à éclairer l’opinion publique.

    « Nous pouvons aujourd’hui nous appuyer sur les données des habitants de Paris, agrégées et traitées au fil des années, que nous récoltons lorsqu’ils sont admis à l’AP-HP. Les établissements de l’AP-HP sont interconnectés et alimentent un entrepôt de données, qui sont dès lors analysées, croisées, pour mettre en évidence des liens de causalité entre comportements, environnements et état de santé des populations ». M. Hirsch

    Etats des lieux des expérimentations parisiennes

    Point global de Santé publique France par Alain Le Tertre, responsable de l’unité Evaluation des risques et impacts sanitaires liés aux milieux (Santé Publique France)

    Des études réalisées à l’échelle de plusieurs années ont montré que l’augmentation des taux de pollution est corrélée à l’augmentation des taux de mortalité en Ile-de-France. Santé publique France dirige un programme de surveillance de la qualité de l’air depuis plus de vingts ans. Une étude publiée en 1996 a évalué le nombre de décès imputables à la pollution de l’air. Dans le monde, on estime que 4 millions de décès sont attribuables chaque années à l’inhalation de particules fines ; 400 000 décès leur sont attribuables en Europe, 40 000 en France.

    • Quels liens entre la pollution et la santé ?

    Les particules fines ont des effets sur l’ensemble de l’appareil respiratoire. Elles peuvent être à l’origine de cancers du poumon et de bronchites chroniques et induire des AVC ou maladies cardio-vasculaires. Elles peuvent aggraver le diabète de type 2 et jouer un rôle dans l’apparition de certains types de démence ou dans les cas de naissances prématurés. D’après les études réalisées par Santé publique France à l’aide de biomarqueurs, les particules sont visibles dans les macrophages des enfants. 

    • Différents niveau d’exposition et de susceptibilité des personnes à la PA

    Les individus sont inégaux face à la pollution. Les degrés d’exposition et de vulnérabilité varient d’une personne à l’autre, d’après Alain Le Tertre. Les femmes enceintes, jeunes enfants, fumeurs, malades chroniques, personnes âgées et sportifs sont particulièrement sensibles aux effets de la pollution. Les mesures de réduction de la pollution permettent de dégager des gains d’espérance de vie de 6 mois à Paris. Les mesures de lutte contre la pollution de l’air et de mise en conformité aux normes européennes permettraient d’économiser 11 milliards d’euros chaque année (d’après un rapport sénatorial de 2015).

    • Les pics de pollution sont-ils réellement dangereux ?

    Les effets cumulés des pics de pollution au cours d’une année « ne représentent qu’une infinie part » des effets globaux de la pollution sur la santé des populations, rappelle Alain Le Tertre. S’il est à ce titre nécessaire « d’agir lors des pics de pollution », il faut également agir sur les « déterminants de fonds de la pollution » et ainsi l’ériger en priorités des politiques publiques.

    Présentation de l’Etude POLLUX sur la relation entre la pollution de l’air extérieur et la survenue de crise d’asthme chez l’enfant ayant consulté aux urgences, par Jean-Marc Treluyer, médecin AP-HP

    Cette étude se propose de répondre à la question suivante : à partir de quel degré de pollution les crises d’asthme chez les enfants se multiplient-elles et se font-elles plus violentes ? Rappel sur la prévalence de l’asthme : 8,3% des enfants âgés de 11 à 14 ans en sont atteints. L’étude s’appuie sur l’entrepôt de données de l’AP-HP, qui agrège les données des patients admis aux urgences pour asthme entre 2012 et 2015 et sur les données de AirParif. 

    • Corrélation entre les taux d’admissions en urgence pour ashtme et la concentration de particules fines

    L’étude POLLUX montre que le passage aux urgences pour asthme augmente quand les concentrations en particules fines présentes dans l’air augmentent. Le docteur J-M Treluyer montre notamment qu’il n’y a pas d’effet « seuil ». En 2016, 100% de la population francilienne est exposée à des niveaux de particules fines supérieures aux normes européennes. 

    L’étude met en évidence d’autres conséquences sanitaires de la pollution : prématurité et retard de croissance des nourrissons, notamment. La pollution favorise les infections pulmonaires, les allergies, les capacités respiratoires, et peut avoir des effets sur les troubles neuro-comportementaux, les capacités cognitives des enfants, les pathologies cardio-vasculaires, etc. Une étude de l’AP-HP montre une hausse de 80% des AVC pendant le pic de pollution de fin 2016. Ce dernier a induit une augmentation significative du nombre d’enfants admis aux urgences à cette époque. Une étude américaine a également montré que le risque de démence s’accroît à mesure que l’exposition à la pollution augmente.

    Etude de la Cohorte Paris sur les relations entre la santé respiratoire, les allergies au cours des premiers mois et des premières années de vie et le mode et le cadre de vie des jeunes enfants, par Isabelle Momas, professeur à la faculté de pharmacie Paris Descartes

    Il y a près de quinze ans, l’Université Paris-Descartes et la mairie de Paris ont constitué une cohorte des naissances. Ils ont recruté des nouveaux-nés, pour étudier la survenue de problèmes respiratoires et allergiques et examiner les liens éventuels avec l’évolution des modes de vie, et notamment, leur exposition aux pollutions atmosphériques liés au trafic routier, à l’intérieur et à l’extérieur des locaux.

    • Mesure de l’exposition chronique et de l’exposition actuelle à la pollution 

    Le suivi porte donc sur l’évolution de l’état de santé des enfants, de leur mode de vie, à l’aide de questionnaires renseignés à intervalles réguliers et des bilans biologiques réalisés à l’AP-HP et CPAM de Paris. Le défi, pour les chercheurs, consistait à évaluer correctement ces expositions au cours de plusieurs années, en tenant compte des fenêtre d’exposition pertinentes (exposition en début de vie, exposition cumulée, etc.).

    L’étude montre une diminution en l’espace de sept ans des niveaux d’exposition à la pollution des enfants, imputables aux politiques publiques mises en places au cours des 15 dernières années. Comment mesurer l’exposition actuelle ? Les chercheurs ont isolé un échantillon de la cohorte et ont équipé les enfants de sacs à dos munis de capteurs permettant de mesurer deux polluants (carbone suie, particules ultra-fines, lesquelles pénètrent dans les alvéoles pulmonaires et passent dans la circulation sanguine).

    Cette mesure intégrée montre que les enfants ne sont pas exposés aux mêmes niveaux de pollution tout au long de la journée. Leur niveau d’exposition fluctue également selon leur lieu de vie. Les pics d’exposition concordent avec l’utilisation des transports en commun, les plages de cours (les écoles sont souvent à proximité de rues empruntées par de nombreuses voitures), la préparation des repas (la cuisson génère des particules fines). 

    • Quels impacts sur la santé des enfants ?

    Plus les enfants sont exposés à un niveau élevé de pollution au cours de leur première année de vie, plus la probabilité de développer un asthme ou des sifflements persistants est élevée. Chez des enfants vulnérables, qui ont des antécédents familiaux d’allergie (notamment maternels), et chez des enfants qui ont vécu des évènements anxiogènes au cours de leurs premières années de vie, on relève une augmentation de la fréquence des syndromes respiratoires persistants à mesure que le degrés d’exposition augmente, ce qui n’est pas le cas pour les autres enfants. Ainsi, la pollution agit en synergie avec le terrain allergique et les conditions familiales de l’enfant.

    • Qu’en est-il de l’exposition à court terme des enfants à la pollution ?

    Après avoir porté 24h les capteurs, les enfants ont subi des examens fonctionnels respiratoires, qui ont montré que les débits et volumes pulmonaires diminuaient avec l’augmentation du carbone suie. En revanche, s’agissant des particles ultra-fines, les niveaux d’exposition n’influent pas sur les débits et volumes pulmonaires. Toutefois, plus les enfants ont été exposés précocement aux particules ultra-fines, plus les niveaux d’inflammation sont élevés : les particules influent donc sur les niveaux d’inflammation.

    L’expérimentation POLLUTRACK sur flotte mobile de capteurs de pollution dans Paris, par Bruno Housset, pneumologue, chef de service de pneumologie au centre hospitalier intercommunal de Créteil et président de la Fondation du souffle

    Les auteurs de POLLUTRACK ont équipé des voitures non polluantes de capteurs à particules ultra-fines. Cette étude permet d’établir une carte en temps réel de la pollution dans Paris, à trois mètres près et révèle les « hot spots de la pollution », a expliqué Bruno Housset. Quelles en sont les applications de cette étude pour le grand public ? Elle permet de savoir à quoi les Parisiens s’exposent, Air Parif fournit de nombreuses applications permettant d’éviter les fortes concentrations de pollution, disposer de nombreuses données, juger de l’efficacité des mesures prises par la municipalité parisienne.

    Focus européen, par Frank Kelly, professeur de santé environnementale au King’s College, sur les mesures mises en place dans la ville de Londres pour réduire la pollution de l’air

    La municipalité de Londres a pris des mesures drastiques de réduction des taux de pollution, incluant notamment : instauration de taxes à l’entrée de la ville, pénalisation des véhicules les plus polluants, ; remplacement de sa flotte de bus rouges et taxis noires avec des véhicules électriques ou hybrides ; signalements en temps réel à la population de Londres le dépassement des seuils normatifs de pollution.

    Conclusions d’Anne Hidalgo, Maire de Paris

    La maire de Paris rappelle les mesures prises par la ville pour réduire les taux de pollution, dont – parmi les plus emblématiques – : 

    • L’interdiction, d’ici 2024, des véhicules diésel ; et des véhicules essence d’ici 2030 ;
    • La poursuite de la constructions de pistes cyclables bi-directionnelles et sécurisées ;
    • La piétonnisation des voies sur berge.

  • Unicancer et MSD France partenaires pour améliorer la prise en charge des patients à partir des DVR

    Unicancer, qui réunit l’ensemble des Centres de lutte contre le cancer (CLCC), et le laboratoire pharmaceutique MSD France, annoncent dans un communiqué du 5 avril 2018 un partenariat d’une durée de cinq ans pour faire avancer la recherche sur le cancer du sein métastatique et le cancer du poumon.

    Unicancer mettra à disposition de MSD France sa plateforme ESMÉ « Épidémio-Stratégie Médico-Economique », programme européen visant à améliorer la prise en charge des patients à partir des données de vie réelle en cancérologie.

    Une meilleure connaissance de la prise en charge des patients en vie réelle

    « Les autorités de santé demandent de plus en plus aux laboratoires pharmaceutiques des études afin notamment d’observer le bénéfice clinique et le profil de tolérance des traitements en conditions réelles d’utilisation. Ainsi, grâce aux données d’ESMÉ, nous pourrons avoir une meilleure connaissance de la prise en charge des patients en vie réelle et ces données seront complémentaires à celles issues de nos études cliniques », précise le Docteur Ouzna Morsli, directrice médicale Oncologie chez MSD France.

    L’entreprise a soumis à Unicancer un premier protocole de recherche portant sur la prise en charge de patientes atteintes d’un cancer du sein métastatique. D’autres protocoles de recherche sont en cours de développement en ce qui concerne la population de patients atteints d’un cancer du poumon avancé. ESMÉ va permettre d’obtenir des données observationnelles de qualité permettant une meilleure connaissance des patients atteints de cancers et une analyse de la valeur des nouvelles stratégies thérapeutiques innovantes dans le parcours de soins des patients.

    ESMÉ : un projet pilote déclinable pour d’autres pathologies cancéreuses

    « Le programme ESMÉ est un outil d’aide à la décision en santé qui complète utilement les données des essais cliniques randomisés. Il va permettre par exemple de mesurer l’apport réel de traitements innovants, telles que les immunothérapies, qui améliorent dans certains cas, beaucoup, le pronostic du patient. Les données sont contrôlées rigoureusement par des experts et la gestion des résultats est totalement indépendante » indique Christian Cailliot, directeur de la R&D d’Unicancer.

    Le laboratoire MSD France est le cinquième partenaire industriel pour le projet ESMÉ cancer du sein, après Roche, Pierre Fabre, Pfizer et AstraZeneca, et le deuxième dans le projet cancer du poumon après AstraZeneca.

    Unicancer espère décliner d’autres partenariats sur d’autres pathologies, notamment le cancer de l’ovaire pour lequel a également été créé une plateforme ESMÉ.

    « Un jour, peut-être, tous les patients qui entreront dans un Centre Unicancer feront l’objet systématiquement d’un suivi en données de vraie vie ? », fait valoir Mathieu Robain, en charge du département ESMÉ au sein de la R&D d’Unicancer.

  • Etude : un inhalateur connecté diminue les symptômes de l’asthme (Health Affairs)

    L’une des plus grandes études* sur l’asthme, nommée AIR Louisville, qui consistait à équiper des malades d’inhalateurs connectés, vient de révéler ses résultats. Publiés le 2 avril 2018 dans la revue Health Affairs, ils mettent en évidence une réduction de l’utilisation des inhalateurs et une amélioration des symptômes de l’asthme.

    Les données recueillies ont aussi permis à la commune de Louisville (Kentucky, USA) de prendre des mesures d’aménagement urbain favorables à la santé publique.

    Des inhalateurs intelligents pour traiter l’asthme

    L’inhalateur est le principal traitement pour les 235 millions d’asthmatiques dans le monde. Cet outil, bien qu’efficace, n’est pas toujours correctement utilisé. Le taux d’observance chez les asthmatiques ne dépasse pas les 50%. Pour l’améliorer, plusieurs projets d’inhalateurs intelligents ont vu le jour. Ces objets connectés peuvent améliorer l’administration des médicaments en géolocalisant les malades, informer le médecin sur la prise du traitement, informer sur les risques de pollutionn etc. Ce genre de dispositif délivrant des données en temps réel pourrait aider les patients à observer leur traitement et diminuer leur crise en prévenant notamment les symptômes.

    Un test grandeur nature à Louisville

    C’est le pari de Propeller, un inhalateur connecté, développé par l’entreprise américaine Propeller Heath. Cette dernière, en partenariat avec la ville de Louisville et une organisation à but non lucratif sur la santé respiratoire et numérique, ont mené une grande étude menée en vie réelle. Plus de 25 organisations publiques et privées ont collaboré à AIR Louisville. L’objectif était d’équiper des asthmatiques d’inhalateurs connectées afin de savoir à quelle fréquence ils étaient utilisés, dans quelles zones de la ville et d’aider les patients à gérer leurs symptômes. La ville du Kentucky a été choisie pour l’expérimentation car elle fait partie du « Top 20 » des « Most challenging cities » selon la fondation américaine sur l’asthme et l’allergie. Elle a même été classée n°1 des « Spring allergy capital » aux Etats-Unis en 2014.

    Concrètement, en 2015, quelque 1147 citoyens de Louisville ont été recrutés pour participer à l’étude AIR Louisville. Le programme a déployé des capteurs d’inhalation et une plateforme de santé numérique pour surveiller où et quand les résidents locaux utilisaient leurs médicaments inhalés pour l’asthme, évaluer les conditions environnementales qui pourraient avoir influencé les symptômes d’asthme et partager ces résultats avec les participants et les décideurs.

    Plus d’un million de data collectées

    Les capteurs de Propeller ont recueilli 1,2 million de données, dont plus de 251 000 correspondaient à des inhalations de médicaments. Ces données ont ensuite été associées avec plus de 5,4 millions de points de données environnementales pour aider Louisville à comprendre les causes des symptômes de l’asthme et de la BPCO (broncho-pneumopathie chronique obstructive) chez les citoyens de Louisville. Après deux ans et demi de suivi, les auteurs de l’étude ont publié les résultats dans l’édition d’avril 2018 de la revue Health Affairs.

    Résultats

    Les chercheurs ont constaté que la fréquence des événements nécessitant un dosage de bêta-agonistes à courte durée d’action (SABA) diminuait significativement au cours de la période d’étude.

    • l’utilisation des inhalateurs a été réduite de 78% ;
    • le nombre de jours sans symptôme d’asthme a augmenté de 48% ;
    • 80% des participants se sont déclarés satisfaits de l’inhalateur connecté (résultats sur un sous-groupe de 57 participants) ;
    • 86% ont déclaré qu’ils comprenaient mieux leur pathologie ;
    • 81% ont déclaré qu’ils avaient davantage confiance dans leur capacité à éviter les crises d’asthme sévères.

    Un outil connecté pour changer la ville…

    Par ailleurs, l’étude AIR Louisville a également abouti à l’élaboration de recommandations concernant l’aménagement urbain. Ces préconisations concernaient une diminution de la coupe des arbres, l’amélioration de la canopée dans les zones à risque élevé d’asthme, la création d’itinéraires recommandés pour les poids lourds, la distribution d’une carte de prévision de l’asthme à tous les habitants et une modification des politiques de zonage urbain afin de limiter les effets sur la santé des pollutions automobile et industrielle. Une partie de ces recommandations ont été suivies par la ville.

    … et mener une vie plus saine

    « AIR Louisville a démontré la valeur des données de santé participatives, ayant un impact positif au niveau individuel mais aussi niveau décisionnel« , a déclaré Meredith Barrett, vice-présidente de la recherche chez Propeller Health et co-auteur de l’article. «Nous pensons que le potentiel de cette approche collaborative est énorme et Propeller s’engage à utiliser les données collectées auprès de milliers de patients pour mieux comprendre où, quand et pourquoi les symptômes respiratoires se produisent afin d’aider les gens à mener une vie plus saine. »