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  • Etude : le pancréas artificiel progresse grâce à des algorithmes plus performants (Congrès SFD)

    Plusieurs études* présentées au congrès de la Société Francophone du Diabète (SFD), qui s’est tenu à Nantes du 20 au 23 mars 2018, ont mis en évidence les avancées du pancréas artificiel. Dans des situations compliquées, telles que les repas et l’activité physique, le dispositif a montré sa capacité à limiter les risques d’hypoglycémies grâce notamment à des algorithmes qui se sont affinés.

    Un algorithme qui calcule la quantité d’insuline

    Le pancréas artificiel a déjà démontré qu’il réduisait de manière considérable les risques d’hypoglycémie, notamment nocturne, mais aussi d’hyperglycémie. Par ailleurs, le dispositif améliore la qualité de vie des diabétiques de type 1 qui n’ont pas à se soucier en permanence de leur glycémie. Le pancréas artificiel se compose d’une pompe à insuline, d’un capteur de glucose qui mesure en continu la concentration de glucose et d’un d’un algorithme d’intelligence artificielle connecté à un smartphone. Cet algorithme calcule en temps réel la quantité d’insuline à délivrer en fonction des données issues des mesures de glucose et commande la pompe.

    L’intelligence artificielle au secours des situations délicates

    Cependant, ce dispositif ne donne pas encore de résultats optimaux dans des situations où la glycémie est amenée à varier de manière brutale. C’est le cas notamment lors des repas ou d’activité physique. De nombreuses recherches sont donc en cours pour rendre le pancréas artificiel efficace en toutes circonstances. « L’objectif des travaux est d’affiner ces algorithmes dans ces situations spécifiques, a déclaré le Pr Hélène Hanaire, chef du service de diabétologie au CHU de Toulouse et présidente de la Société Francophone du Diabète.

    Deux études présentées au congrès de la SFD

    Lors de la conférence du congrès de la SFD qui s’est tenu à Nantes du 20 au 23 mars 2018, le Pr Hanaire a précisé que  » les projets de recherche visent à diversifier les explorations dans des catégories de personnes différentes : enfants, femmes enceintes, personnes à haut risque d’hypoglycémie ou encore présentant un diabète particulièrement instable. L’objectif étant, à terme, de mettre au point un outil capable de gommer les variabilités, de s’adapter à des circonstances différentes. »

    Bien accepté chez l’enfant

    Une étude française chez l’enfant pré-pubère diabétique de type 1 a notamment été présentée. Elle visait à évaluer l’efficacité sur le contrôle glycémique et l’acceptation d’une perfusion sous-cutanée d’insuline par pompe asservie à une mesure continue du glucose via un algorithme prédictif de maintien de la glycémie. Ce système en boucle fermée est parvenu à un meilleur contrôle glycémique que le mode STOPHYPO, c’est à dire un arrêt de la pompe pendant 2 heures en cas de non perception de l’alerte hypoglycémique. « La bonne acceptation de l’insulinothérapie à boucle fermée encourage à mener des études plus longues pour confirmer son impact positif attendu chez les enfants DT1 », a indiqué le principal auteur de l’étude, le Pr Eric Renard du CHU de Montpellier.

    Moins d’hypoglycémies chez les sportifs

    Une deuxième étude, américaine cette fois, a évalué le système de pancréas artificiel chez 32 adolescents diabétiques de type 1 pratiquant une activité physique intense. Pendant six jours, incluant 5 journées de ski, les adolescents utilisaient soit un pancréas artificiel (de type UVA_CLC), soit un système de mesure du glucose en continu avec perfusion continue sous-cutanée d’un analogue rapide de l’insuline. Tous les patients étaient par ailleurs suivis 24h/24 par télémédecine. L’étude AP ski menée sur 6 jours, dont 5 jours de ski, a montré que le pancréas artificiel améliorait significativement le temps passé avec une glycémie normale, soit 1h30 de plus par jour. Le temps passé avec hypoglycémie est réduit de moitié. Cette étude, certes sur un nombre réduit de patients, montre que les algorithmes parviennent à répondre de façon appropriée à des situations relativement complexes.

  • Sofinnova Partners lance le fonds Sofinnova Crossover I dédié à la santé

    Sofinnova Partners, société de capital-risque spécialisée dans les sciences de la vie, a annoncé, le 4 avril 2018 par communiqué, le lancement de son premier fonds crossover dédié à la santé en Europe, d’un montant de 275 millions d’euros (340 millions de dollars).

    Bpifrance et CNP Assurances sont co-sponsors du fonds.

    Avec ce nouveau fonds, Sofinnova Partners va étendre son champ d’intervention dans les différents segments de l’investissement dans les sciences de la vie, grâce à des équipes dédiées.

    80 % du fonds sera investi en Europe

    Sofinnova Crossover I investira dans la biopharmacie et l’instrumentation médicale. Il ciblera en priorité des technologies de rupture permettant des innovations thérapeutiques portées par des équipes managériales expérimentées.

    Sofinnova Partners investira comme chef de fil ou investisseur de référence dans une quinzaine d’entreprises privées ou cotées. Environ 80% du fonds seront investis en Europe, et les 20% restants ailleurs, principalement en Amérique du Nord. 

    La majorité des fonds levés viennent d’Europe, en particulier de France, d’Italie, du Danemark, d’Irlande et de Suisse, mais aussi d’Asie avec des investisseurs originaires de Chine et de Singapour. En plus de BPIfrance et de CNP Assurances, une société pharmaceutique chinoise, le fonds public d’investissement danois, et des family offices tels que Fidim et KCK représentant de grandes familles industrielles d’Europe et d’Asie figurent parmi les investisseurs du nouveau fonds.

  • La CNIL a multiplié les interventions dans le secteur de santé en 2017 (Bilan d’activité annuel)

    La Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL) a rend public son rapport annuel mardi 10 avril 2018.

    Il ressort de son bilan d’activité qu’une part croissante des plaintes enregistrées par l’institution en 2017 concerne le secteur de la santé ; que la CNIL poursuit son rôle de conseil et d’accompagnement des acteurs publics dans le champ de la santé ; que son activité répressive s’est déployée dans le champ assurantiel et médico-social ; et qu’elle a fait porter son travail d’animation du débat public sur le secteur de la santé.

    • 8% des plaintes enregistrées concernent le secteur socio-sanitaire, et notamment les objets connectés

    En 2017, la CNIL enregistre « un nombre record de plaintes » ; 8% des 8360 plaintes reçues concernent le secteur de la santé et du médico-social. Ces plaintes résultent principalement de difficultés d’accès au dossier médical ou social et à Pôle emploi. Les plaintes reçues par la CNIL permettent d’identifier des tendances émergentes : la CNIL constate que les « objets connectés soulèvent des enjeux croissants ». Les autres plaintes concernent le secteur marketing et commercial (25%), les ressources humaines (16%) et le secteur de la banque et du crédit (12%).

    • La CNIL a conseillé les pouvoirs publics dans le champ de la santé 

    En 2017, la CNIL a rendu 4 124 décisions et délibérations dont 177 avis portant sur différents champs d’activité, dont la santé et plus particulièrement, le décret encadrant l’évolution de la procédure d’agrément des hébergeurs de données de santé au profit d’un dispositif de certification. La régulation du numérique est également concernée. La CNIL a rendu un avis sur le projet de loi relatif à la protection des données personnelles, dans lequel elle insiste sur la nécessité de renforcer la lisibilité d’un texte « qui constitue une étape majeure pour la protection des données personnelles des citoyens et la sécurité juridique des acteurs économiques ». La sécurité, la régulation du numérique et la fiscalité constituent les autres champs d’intervention de la CNIL.

    • La CNIL accompagne les professionnels de santé dans la transition au RGPD

    Les professionnels de santé (et issus d’autre secteurs économiques) peuvent d’ores et déjà s’appuyer sur les outils élaborés par la CNIL en vue de se préparer et de se mettre en conformité avec le RGPD, dont l’entrée en vigueur est prévue en mai 2018. Parmi ces outils : une méthode en 6 étapes, un modèle de registre, des lignes directrices, des foires aux questions, des outils pratiques comme le logiciel PIA, des outils de Privacy Impact Assessment adaptés au RGPD et aux objets connectés, des outils à destination des start-ups et des TPE-PME, et un formulaire de désignation du délégué à la protection des données.

    • L’activité répressive : vérifier la conformité pour sécuriser les données de santé des assurés

    En 2017, la CNIL a réalisé 341 contrôles sur de nombreuses thématiques, et plus particulièrement sur la confidentialité des données de santé traitées par des sociétés d’assurance, conformément aux orientations de son programme annuel. D’après le rapport annuel de la CNIL, « il ressort des premiers éléments constatés que les organismes d’assurance, conscients de la sensibilité des données qu’ils traitent, ont mis en place certaines mesures de nature à préserver la confidentialité et la sécurité de telles données ». 

    Si « dans l’immense majorité des cas, la simple intervention de la CNIL se traduit par une mise en conformité de l’organisme », celle-ci a prononcé en 2017 79 mises en demeure, 14 sanctions, dont une sanction pécuniaire à l’encontre de la société Facebook et deux mise en demeure publique contre WhatsApp. 

    • L’animation d’un débat public sur les enjeux éthiques des algorithmes

    Chargée par la loi pour une République numérique de mener une réflexion sur les questions éthiques et de société posées par les nouvelles technologies, la CNIL choisi en 2017 le thème des algorithmes à l’heure de l’intelligence artificielle. Elle a publié le 15 décembre 2017, le rapport de synthèse résultant de plusieurs débats et concertations décentralisées. 

    Le rapport annuel est téléchargeable sur le site internet de l’institution.

  • Appel à projet : création d’outils numériques pour le maintien à domicile de personnes fragilisées

    La région Centre-Val de Loire, avec le Fonds Européen de Développement Régional, lance un appel à projet « e-santé 2 2017-2018 » : « Expérimentations liées au maintien à domicile des personnes fragilisées ».

    Il vise à soutenir :
    • des expérimentations d’outils numériques facilitant le maintien à domicile des personnes fragilisées (maladies chroniques, personnes âgées, personnes handicapées) ;
    • la création d’outils numériques régionaux mutualisés au service de la communauté de santé et de la formation à distance en santé ;
    • l’animation des acteurs à l’échelle régionale pour garantir la cohérence de l’action publique en e-santé.

    Date limite dépôt des dossiers : lundi 30 avril 2018 auprès de maria.marques@regioncentre.fr

    L’appel à projets poursuit les objectifs stratégiques suivants :

    • expérimenter des solutions matérielles et logicielles permettant le maintien à domicile des patients affectés par la perte d’autonomie (maladies chroniques, personnes âgées, personnes handicapées);
    • impliquer des professionnels de santé à travers des solutions innovantes de maintien à domicile ;
    • garantir une offre de service en tout point du territoire, notamment dans les territoires ruraux.

    Dans cette perspective, les projets soutenus porteront notamment sur les thématiques suivantes :

    • rupture de l’isolement et sa prévention dans un objectif de renforcement du lien social ;
    • aménagement de l’habitat pour un maintien à domicile optimisé;
    • e-autonomie (prévention primaire et secondaire) ;
    • bien-être et confort des aidants et des professionnels intervenant au domicile de personnes en perte d’autonomie ;
    • coordination des aidants et des professionnels de santé, notamment sur les territoires touchés par la désertification médicale.

    Son notamment concernés les collectivités et leurs groupements, les établissements ou structures de santé, les GCS, le GIP, les établissements de formation, les professionnels de santé, les associations, les TPE-PME, etc.

    Évaluation des projets

    Les projets seront évalués sur leur impact en termes de reproductibilité et de potentiel de diffusion, leur aspect novateur, le degré de mobilisation des acteurs de santé et la qualité/complétude des partenariats. Les aspects organisationnels garantissant la qualité du pilotage, de la mise en oeuvre et du suivi du projet constitueront également des critères importants. La Région sera particulièrement attentive aux collaborations, cotraitances ou partenariats développés.

    Les projets reçus seront analysés par la région Centre-Val de Loire, l’Etat (Direccte, secrétaire général pour les affaires régionales, ARS), et le GIP Recia.

    Les demandes d’aide doivent être déposées avant le 30 avril 2018. Le comité de sélection se réunira entre mai et octobre 2018.

    Le budget total alloué pour cet appel à projets est de 1 200 000 €.

  • La Wilco Academy récompense Iconeus dans la catégorie Healthcare

    Le mardi 3 avril 2018, l’accélérateur Wilco a organisé sa Wilco Academy à la Bibliothèque Nationale de France avec le soutien de la Caisse d’Épargne Ile-de-France afin de récompenser 6 start-ups les plus prometteuses et emblématiques ayant été accélérées en 2017.

    Sur un ensemble de 15 start-ups à haute composante technologique, dans la catégorie Wilco Healthcare, c’est la start-up Iconeus qui a été récompensée. Cette start-up, parrainée par WeHealth By Servier, propose une solution d’imagerie neurofonctionnelle en temps réel. Elle était en compétition avec TheraPanacea et Sancare.

    Wilco Academy, la grande finale des start-ups de la promotion 2017 de l’accélérateur

    La Wilco Academy, finale des meilleures start-ups 2017, mettait à l’honneur 15 start-ups accélérées par Wilco en 2017 sur un ensemble de plus de 150.

    Il s’agit d’une sélection de trois start-ups finalistes par accélérateurs (Healthcare, Retail, Industry, Digital et BtoC) établie par les mentors, jurés et partenaires de Wilco.

    L’objectif est de leur permettre de pitcher pendant 1 minute 30 pour leur laisser la possibilité de remporter le Grand Prix de leur catégorie et devenir des Wilco Stars.

    Par ailleurs, chaque start-up est parrainée par un partenaire de Wilco qui disposait dans le cadre de la soirée d’une intervention d’une minute pour promouvoir le projet porté par la start-up.

    Prix exceptionnel Charlotte Meaud décerné à PandaGuide

    L’ouverture de la soirée a été consacrée à la remise de prix Charlotte Meaud remis chaque année à une start-up dont la solution ou le produit se distingue par son engagement social et sociétal.

    Il s’agit d’un prix associé à une dotation de 10 000 euros et qui a été décerné à Arnaud Lenglet, CEO de PandaGuide. La start-up propose une application qui permet d’adapter l’environnement de ceux qui le perçoivent différemment, afin de permettre à leurs utilisateurs de reconquérir leur autonomie.

    Les start-ups issues du secteur de la santé : Iconeus, Therapanacea et Sancare

    Iconeus améliore la recherche en exploitant le big data

    Dans la catégorie Wilco Healthcare, Iconeus la start-up qui rend possible l’imagerie neuro-fonctionnelle en temps réel, s’est vu remettre le prix par Virginie Couriol, Responsable Innovation de la Caisse d’Epargne Ile-de-France. 

    La start-up était représentée par Ludovic Lecointre, son CEO, et parrainée par Véronique Frechin, Responsable de l’innovation chez WeHealth By Servier et qui est partenaire de l’accélérateur Healthcare.

    Sa solution fournit une neuroimagerie fonctionnelle par ultrasons pour la surveillance de l’activité cérébrale basée sur l’imagerie du flux sanguin. Ses scientifiques travaillent pour analyser le cerveau et le système nerveux central, et comprendre les pathologies associées pour trouver des traitements efficaces. Iconeus a développé des outils dotés de technologies de pointe pour les mettre à disposition des chercheurs afin de démultiplier leurs capacités de recherche.

    Pour y arriver, Iconeus code de puissants algorithmes analysant des données massives donnant lieu à des données riches de sens pour orienter la recherche menée dans les laboratoires.

    Therapanacea et Sancare

    Therapanacea et Sancare sont les deux autres start-ups du trio Healthcare qui étaient en compétition pour remporter le prix de la catégorie Healthcare.

    Therapanacea met l’intelligence artificielle au service du traitement du cancer par radiothérapie, alors que Sancare facilite le travail des acteurs de soin en automatisant leurs démarches administratives grâce au machine learning.

  • General Electric Healthcare cède son activité IT à Veritas Capital pour 848M€

    General Electric Healthcare a négocié un accord avec le fonds new-yorkais Veritas Capital dans l’optique de lui céder son activité IT, selon un communiqué de Reuters en date du 2 avril 2018.

    La transaction, qui sera finalisée au troisième trimestre 2018, valorise à hauteur de 848 millions d’euros (1,05 milliards de dollars) cet ensemble. Elle concerne la fourniture aux établissements hospitaliers de solutions d’optimisation financière et de gestion du personnel, mais aussi d’une suite logicielle utilisée pour la médecine ambulatoire.

    La transaction donnera à GE Healtcare l’opportunité d’amorcer son recentrage sur l’imagerie médicale et sur le « smart diagnostic ».

  • Assurtech : Alan lève 23 millions d’euros pour accélérer sa croissance

    Alan, assureur indépendant en santé pour les personnes et les entreprises, annonce ce 10 avril 2018 une levée de fonds de 23 millions d’euros de série A, dont les principaux porteurs sont le fonds de capital risque Index Ventures et Xavier Niel, aux côtés des investisseurs historiques par Open CNP, Partech Ventures et p3VC.

    Les objectifs de cette levée de fonds consistent à :
    • tripler le nombre d’assurés courant 2018 et d’ici 3 ans atteindre 100 000 personnes couvertes ;
    • agrandir l’équipe à 80 personnes dans les 12 prochains mois en intégrant des talents nationaux et internationaux ;
    • développer de nouveaux services dans l’optique de simplification de services de santé.

    Depuis sa création en 2016, Alan couvre à ce jour plus de 7 000 personnes et 850 entreprises.

    Confiance renouvelée d’Open CNP

    Hélène Falchier, directrice générale d’Open CNP et responsable des investissements en private equity de CNP Assurances justifie ainsi le soutien renouvelé d’Open CNP : « Après avoir soutenu le lancement d’Alan en 2016, nous sommes heureux de participer, dans le cadre de notre programme Open CNP, à cette nouvelle levée de fonds et de continuer ainsi à accompagner sa croissance. Investisseur et partenaire, CNP Assurances a été aux côtés d’Alan en qualité de principal réassureur et pour co-construire une couverture prévoyance pour les entreprises, complémentaire de son offre santé ».

    Alan bénéficie également du soutien de BpiFrance en tant que lauréat du Concours mondial de l’innovation 2017.

    37 millions levés

    La mutuelle, dont le siège est basé à Paris, totalise 37 millions d’euros de levés depuis sa création en 2016, sachant que le premier tour mené en 2016 lui a permis de lever un montant de 12 millions d’euros.

  • Quels dispositifs d’aide aux patients asthmatiques en cas de crise aiguë et quel suivi ?

    A quelques semaines de la Journée mondiale de l’asthme (1er mai 2018), les principaux acteurs de la communauté des pneumologues (Société de Pneumologie de langue française (SPLF), la Fédération française de Pneumologie, la Fondation du souffle), les urgentistes (représentés à travers la Société Française de Médecine d’Urgence) et l’Association Asthme Allergies organisaient une conférence de presse le mardi 10 avril 2018 à la Maison du Poumon (Paris) pour sensibiliser le grand public, les professionnels de santé et les patients aux enjeux de la prise en charge de l’asthme aux urgences et en urgence.

    La conférence de presse réunissait DrPatrick Plaisance, Chef du Service Accueil et Traitement des Urgences -SATU- à l’Hôpital Lariboisière ; Laurence Meyer, Maman de David, décédé à la suite d’une crise d’asthme et Présidente de l’association Dove, qui a notamment présenté une nouvelle application lancée à l’occasion de la Journée mondiale de l’asthme permettant de géolocaliser tous les services d’Urgences à travers toute le France pour prendre en charge les crises d’asthme ; Pr Nicolas Roche, Président de la Société de Pneumologie de Langue Française, Service de Pneumologie et Soins intensifs Respiratoires à l’Hôpital Cochin, AP-HP ;  et Dr. Gilles Mangiapan, pneumologue au CHI de Créteil et auteur d’un rapport SPLF sur Asthme et Urgences.

    Les intervenants ont évoqué les symptômes d’une crise d’asthme aiguë, les modes de prise en charge de l’asthme aux urgences en France, les études publiées sur le sujet et les plateformes et technologies innovantes développées pour éduquer les patients et sensibiliser les professionnels de santé aux enjeux d’une prise en charge optimale de la maladie.

    La crise d’asthme aiguë, une urgence vitale

    L’asthme est une maladie respiratoire chronique due à une inflammation permanente des bronches, qui se manifeste par des crises. Elle concerne 4 millions de personnes en France. L’asthme aigu grave est une crise inhabituellement intense susceptible de mettre la vie du malade en danger. Tous les asthmatiques, quelque soit le degré de sévérité de leur asthme, y sont confrontés à un moment de leur vie. « La crisme d’asthme aiguë est une urgence vitale. Tout retard de traitement majore le risque de décès de minutes en minutes« , rappelle Laurence Meyer, dont le fils, David est décédé des suites d’une crise aiguë à l’âge de 27 ans.

    Ces crises représentent 200 000 passages aux urgences et sont responsables d’au moins 100 000 hospitalisations, dont 35 000 concernent des enfants. En 2018, 900 personnes ont succombé à une crise d’asthme aiguë. Les facteurs explicatifs de ce taux anormalement élevé sont de plusieurs ordres : 

    Avant l’admission aux urgences : banalisation et minoration des symptômes ; sous-diagnostic de la part du médecin consulté ; retard au traitement et de réaction et inobservance (50% des malades sont inobservants), tentative de se rendre aux urgences personnellement, « constituent les principaux facteurs déclenchants d’un engrenage dont l’issue peut être fatale » rappellent les intervenants.

    Pendant la prise en charge aux urgences : le patient doit recevoir un traitement adapté et repartir avec un traitement de « fond » (pour prévenir les risques de récidive) et des corticoïdes oraux, « une prescription qui fait souvent défaut », selon le Dr. Gilles Mangiapan, pneumologue au CHI de Créteil.

    Après la sortie des urgences : les patients ne sont pas toujours orientés vers une consultation spécialisée. « Des dispositifs de suivi existent déjà dans de nombreux centres hospitaliers mais beaucoup restent à améliorer ».

    ERASME : Mobiliser les expertises des urgentistes et des pneumologues pour le bénéfice des patients

    • Erasme – Une étude proposant des solutions concrètes de suivi entre les services d’Urgences, les pneumologues et les professionnels de santé

    Les auteurs : la Société française de médecine d’urgence, en liaison avec la Société de pneumologie de langue française et la Fédération française de pneumologie, s’est mobilisée autour du projet ERASME. Cette étude multicentrique nationale a suivi 320 patients, sur une période de 10 mois, allant de septembre 2016 à juin 2017, dans 28 centres en France (CHU-CHR).

    Le principe : dans les services d’urgence, des patients préalablement identifiés ont renseigné un questionnaire détaillé pour vérifier la manière dont ils géraient – ou pas – leur asthme. Ils se sont vus proposer un suivi téléphonique de 6 mois. Les appels étaient initiés par des infirmières formées, qui délivraient aux patients des conseils de gestion de leur maladie, 15 jours, 1 mois, 3 mois et 6 mois après leur sortie d’hospitalisation.

    Les résultats (à paraître prochainement) : le taux de re-consultation aux Urgences des patients asthmatiques est inférieur à 10% en six mois. Ils consultent à nouveau leur généraliste ou leur pneumologue dans 75% des cas. Ils se sont dits satisfaits des conseils prodigués par téléphone. 

    • Quels enseignements tirer de l’étude ERASME ?

    La mise en place d’une consultation spécialisée : à l’issue de l’hospitalisation, le patient doit se voir proposer un rendez-vous avec un pneumologue pour l’intégrer dans un circuit pneumologique. Si le principe existe dans certains hôpitaux, il convient de le mettre en place dans les autres.

    L’éducation thérapeutique : le malade asthmatique est souvent inobservant. L’éducation thérapeutique doit permettre d’acquérir ou de maintenir les compétences lui permettant de vivre avec sa maladie chronique et de reconnaître les signes de gravité d’une crise et à la gérer dans l’attente des secours.

    La mise en oeuvre d’un dispositif opérationnel : l’objectif à terme est « de mettre en place un véritable réseau de professionnels – médecins généralistes, urgentistes, pneumologues, personnels d’éducation thérapeutique – et de sensibiliser les patients à ces nouvelles possibilités de prise en charge pérenne ».

    • L’exemple du CHU de Tours – « Pionnier dans la mise en oeuvre de passerelles pour le suivi des patients asthmatiques dans le cadre d’un projet d’éducation thérapeutique »

    Les services d’Urgences et de pneumologie du CHU de Tours entretiennent des liens étroits. Le CHU applique les principes édictés par le projet Erasme : 

    – Entretien d’une heure avec le patient avant sa sortie des Urgences, via un questionnaire ad hoc ;
    – A l’issue de cet échange, le patient est suivi et orienté vers l’Ecole de l’asthme où il bénéficiera de plusieurs séances d’éducation thérapeutique, en vue de lui permettre d’être « autonome » ;

    Des dispositifs d’éducation thérapeutique des professionnels de santé et patients

    Plus de 50% des patients commettent au moins une erreur d’utilisation de leur inhalateur et 10%, une « erreur grave », qui peuvent compromettre l’efficace de leur traitement ; 25% des patients ne sont pas formés à l’usage des inhalateurs.

    • Zéphir, un outil pour l’éducation thérapeutique à destination des professionnels de santé

    Le guide Zéphir est un outil d’éducation thérapeutique à destination des professionnels de santé. Il s’agit d’un annuaire qui recense les différents types de dispositifs thérapeutiques classés par indications, classes thérapeutiques, DCI. Le guide est enrichi de vidéos de démonstration de l’utilisation des traitements inhalés de l’asthme, réalisées sous l’égide de la Société de Pneumologie de Langue Française (SPLF).

    • Forminhal, un outil pour l’éducation thérapeutique à destination des patients

    A l’initiative du Professeur Mathieu Molimard (service de pharmacologie Médicale du CHU de Bordeaux – Université de Bordeaux – Inserm CR12219), le site internet Forminhal propose des vidéos de « formation aux bons usages des inhalateurs » à destination des patients asthmatiques et de leurs proches et des vidéos à l’usage des professionnels de santé pour « détecter les erreurs d’inhalation des patients ».

    • Des écoles d’asthme proposent des formations de groupe ou individuelles

    Les écoles d’asthme ont été créées par l’Association Asthme & Allergies pour aider les malades via l’éducation thérapeutique. Elles ont obtenu l’agrément des agences régionales de santé (ARS). On dénombre aujourd’hui 98 écoles d’asthme réparties sur l’ensemble du territoire français. Dans chacune d’elles, des outils d’éducation permettent à des éducateurs – infimiers(ères), psychologues, kinésithérapeutes – de proposer des approches pédagogiques adaptées à des modules en groupes ou à des séances individuelles. 

    Informer, conseiller, orienter le patient asthmatique 

    • Sophia, le service d’accompagnement des maladies chroniques à l’Assurance Maladie

    Le service Sophia de l’Assurance Maladie aide les patients asthmatiques à mieux connaître leur maladie et adapter leurs habitudes dans le but d’améliorer leurs conditions de vie et prévenir les risques de complication. Sans se substituer aux recommendations des médecins, Sophia propose un soutien, des informations et des conseils personnalisés. Le service permet également le partage d’expérience des patients et des professionnels de santé. La seule inscription, sur le site de l’assurance maladie (www.ameli.fr) permet de bénéficier de l’accompagnement spécialisé (également accessible aux patients diabétiques).

    • Une application mobile : Asthme Agir

    Pour rappeler aux asthmatiques les mesures à engager en cas d’urgence et les cinq règles à suivre, Laurence Meyer à développé une carte et une application mobile, « Asthme agir ». Cette dernière recense les règles à suivre en cas de crise d’asthme et va prochainement s’enrichir du référencement et de la géolocalisation des centres d’Urgences sur le territoire. Cet outil s’adresse à tous types de patients asthmatique et notamment aux adolescents, qui utilisent les applications mais sont souvent inobservants, ce qui les classe dans les populations à risque. L’application est téléchargeable sur l’Appstore et Googleplay.

    • Dove United, une association pour aider la recherche médicale

    Laurence Meyer a par ailleurs créé l’association DOVE United, une association de type loi 1901 de bénévoles à but non lucratif, qui vise à lever des fonds pour financer des projets dans la recherche médicale. L’association recherche actuellement des bénévoles. 

  • Insuffisance cardiaque : un nouveau parcours de prise en charge aux hôpitaux Henri-Mondor (AP-HP)

    La Cellule de coordination de l’insuffisance cardiaque et des cardiomyopathies (CCICC) des Hôpitaux universitaires Henri Mondor (Assistance Publique – Hôpitaux de Paris) a été créée pour améliorer la prise en charge des patients atteints d’insuffisance cardiaque.

    Selon un communiqué de l’AP-HP, elle propose depuis le 5 avril 2018 un parcours de soin innovant, qui permet d’améliorer leur qualité de vie et leur pronostic, en combinant plusieurs leviers : l’innovation technologique, de nouvelles compétences paramédicales afin de lutter contre la désertification médicale, et le maintien d’un contact humain indispensable pour améliorer le suivi des patients et leur observance des traitements.

    Le CCICC poursuit un triple objectif

    Soutenu par l’Agence régionale de santé d’Île-de-France, le CCICC est dispositif innovant tant dans la conception du parcours que dans les compétences médicales et paramédicales mobilisées, et repose sur deux infirmiers. Il poursuit un triple objectif :

    • améliorer le parcours intra-hospitalier et la sortie d’hospitalisation des patients en insuffisance cardiaque : réalisation d’une consultation d’annonce et organisation d’ateliers d’éducation thérapeutique, mise en place d’outils connectés et coordination du retour au domicile en lien avec les professionnels de ville ;
    • optimiser le traitement de fond de l’insuffisance cardiaque après la sortie des patients : réalisation de consultations de titration rapprochées (de quatre à dix). À terme, ces consultations pourront être réalisées par les équipes paramédicales seules (coopération, transfert de compétence) ;
    • télé-surveiller les symptômes et le poids par des outils connectés afin d’intervenir rapidement au domicile des patients si besoin. Cette télésurveillance permet de suivre au quotidien leur prise de poids (via une balance connectée) et d’évaluer leurs symptômes (via un boîtier proposant un questionnaire).

    En fonction des données recueillies, plusieurs options sont envisageables : majoration du traitement diurétique, prise de rendez-vous avec leur médecin de ville ou organisation d’une consultation urgente réalisée par la CCICC afin de décider de leur retour au domicile, ou de leur hospitalisation, ou de leur prise en charge à domicile par perfusion de diurétique (HAD).

    Cette consultation doit permettre d’éviter les nombreux passages aux urgences non coordonnés de ces patients qui peuvent se retrouver bloqués aux urgences ou hospitalisés dans des unités non spécialisées.

  • Diagnostic précoce du cancer de la vessie par imagerie de fluorescence et analyse IA avec VisioCyt

    L’entreprise VitaDX espère accélérer le diagnostic du cancer de la vessie à l’aide de l’imagerie de fluorescence et l’analyse par intelligence artificielle à travers son dispositif VisioCyt.

    Ce dispositif de cytologie digitale est actuellement testé dans plus d’une dizaine d’établissements hospitaliers et l’extension de son utilisation est prévue au cours de l’année 2018.

    Détecter précocement les cancers de la vessie grâce à la fluorescence et l’IA

    Fondée en 2015, VitaDX International développe des solutions de diagnostics précoces du cancer de la vessie fondées sur l’imagerie de fluorescence et l’analyse par intelligence artificielle. VitaDX a travaillé en partenariat avec les chercheurs de l’Institut des sciences moléculaires d’Orsay et les praticiens hospitaliers du CHU Bicêtre (AP-HP) pour élaborer le logiciel VisioCyt, qui permet d’analyser les cellules par le biais de la fluorescence.

    Le dispositif VisioCyt permet d’automatiser un processus initialement manuel. Le logiciel est capable de détecter des cellules tumorales à un stade précoce. « Détecté précocement, le taux de survie avoisine les 95%, alors qu’en cas de cancers avancés, ce même taux chute à 5% » d’après VitaDX.

    Numérisation des échantillons par fluorescence et analyse des échantillons via un algorithme de Deep Learning

    Cette méthode permet de déceler une anomalie potentielle d’un point de vue métabolique, avant même que la morphologie cellulaire ne soit altérée par la maladie. Le diagnostic, qui consiste à « regarde(r) l’intérieur de la cellule avant que l’extérieur se modifie », s’effectue en deux étapes : 

    • numérisation des échantillons : cette première étape permet de rendre les cellules lisibles par le logiciel VisioCyt. Cette technique de numérisation s’appuie sur la fluorescence, qui permet de distinguer les cellules saines des cellules tumorales. 
    • analyse des échantillons via un algorithme de Deep Learning : l’algorithme utilisé fonctionne sur le traitement d’images. Le logiciel utilise la lumière blanche pour aider le médecins à établir son diagnostic et définir le bon traitement. 

    La solution est actuellement testée dans une quinzaine d’établissements hospitaliers français. VitaDx entend intégrer le dispositif VisioCyt au réseau local de laboratoires, avant d’envisager sa généralisation.

    Actuellement, la cytologie digitale n’est pas développée dans les laboratoires, ce qui constitue le principal frein à la diffusion de cette technique d’analyse.