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  • Réduire les inégalités de santé grâce à l’innovation : 6 mesures du Think Tank Économie-Santé

    Le Think Tank Economie-Santé, développé par Les Echos Events et dirigé par le dr Philippe Leduc, publie chaque année une recommandation issue de ses travaux.

    La publication du 4 avril 2018 montre que le système de santé français est confronté à une double problématique :
    • il est inadapté face aux évolutions de la démographie (vieillissement de la population) et de l’épidémiologie (forte croissance des pathologies chroniques) et doit renouveler son modèle ;
    • une vague d’innovations reposant tant sur des progrès technologiques (génomique, biotechnologie, numérique, télémédecine, etc.) qu’organisationnels ouvre de nouvelles perspectives prometteuses. Celle-ci doit pouvoir servir à transformer le système de santé afin qu’il maintienne et augmente la qualité des soins et la prévention pour tous, assure sa soutenabilité financière et améliore les conditions de travail des professionnels de santé.

    La recommandation 2018 du Think Tank propose notamment de :
    • inscrire la lutte contre les inégalités de santé dans toutes les politiques publiques d’innovation en santé ;
    • renforcer dans chaque territoire la lutte contre les inégalités de santé grâce aux innovations ;
    • accompagner grâce au NTIC les personnes les plus éloignées de la prévention.

    Le Think Tank Économie Santé propose des mesures pour mobiliser l’innovation afin de réduire les inégalités de santé 

    « Ne pas profiter de la transformation actuelle du système de santé pour réduire les inégalités en santé serait pire qu’une erreur : ce serait une faute, il faut bien en prendre conscience. Il convient de faire en sorte que les innovations, à chaque fois que cela est possible, soient un puissant levier pour réduire les inégalités de santé », pointe Séverine Perriot, Responsable marketing Les Echos Events.

    Pour sa recommandation 2018, le Think Tank s’est basé sur de nombreux rapports, tels « Innovation et système de santé »,  du  Haut  Conseil  pour l’avenir de l’assurance maladie (Hcaam), « Accès aux soins : Promouvoir l’innovation en santé dans  les  territoires  » de la Mission d’évaluation et de contrôle de la sécurité sociale du Sénat, « Les nouvelles technologies de santé. Concilier accès, valeur et viabilité », de l’OCDE et sur les expériences de professionnels de santé, d’industriels, de start-ups, des GAFA, de sociétés de conseil, des pouvoirs publics, etc. 

    Les 6 mesures préconisées sont :

    Impliquer tous les acteurs de santé

    • Demander à tout porteur d’un projet d’innovation, s’il souhaite s’inscrire dans une démarche publique vis-à-vis des institutions ou des autorités nationales, d’inclure dans son cahier des charges la question des inégalités de santé sur le mode déclaratif.
    • Rappeler que la réduction des inégalités de santé est l’une des quatre priorités de la Stratégie nationale de santé – que la démarche des porteurs de projet d’innovation en santé soit publique ou privée. Du côté du secteur privé, l’engagement de réduire les inégalités en matière de santé, surtout grâce aux innovations, devrait également devenir un axe essentiel de la politique de responsabilité sociétale des entreprises (RSE), en particulier pour les entreprises de santé.

    Inscrire la lutte contre les inégalités de santé dans toutes les politiques publiques d’innovation en santé

    • Le ministère des Solidarités et de la Santé doit enrichir sa feuille de route sur l’importance des innovations pour réduire les inégalités de santé. Plus particulièrement, la Délégation à l’innovation en santé doit davantage guider les innovateurs et coordonner les actions des autres ministères. La DIeS doit surtout s’attacher à faire évoluer le cadre pour permettre aux innovations les plus prometteuses d’accéder au marché dans de bonnes conditions le plus rapidement possible, en veillant à ce que celles-ci réduisent les inégalités de santé ou, à tout le moins, ne les aggravent pas.
    • La HAS doit intervenir de manière beaucoup plus marquée en ce domaine. Le Think Tank a recensé un faible nombre d’actions de l’autorité en ce sens ; en 2015, en publiant des recommandations pour réduire les inégalités d’accès pour la greffe rénale ; en 2010, en affirmant que le renforcement de la prévention de la carie implique de réduire les inégalités en santé ; ou encore, en 2017, en soulignant l’intérêt de s’appuyer sur des médiateurs et interprètes pour améliorer l’accès aux soins des personnes vulnérables et éloignées du système de santé.
    • Les pouvoirs publics, d’une manière générale, doivent davantage accompagner les professionnels pour faciliter et repérer les innovations, en simplifiant le financement, l’expérimentation et l’évaluation.
    • Un guide (papier et/ou électronique) pour les porteurs de projet doit être réalisé. Celui-ci devrait lister toutes les instances et institutions qui peuvent les aider, en insistant sur le levier qu’est la réduction des inégalités de santé.

    Introduire dans les systèmes d’information la mesure de l’impact sur les inégalités de santé des innovations entreprises

    En France, on dispose de beaucoup de données de santé, mais de peu d’informations, les systèmes n’étant ni réellement paramétrés ni interopérables pour cela. Sur l’item des inégalités de santé, il faut favoriser ce développement, en particulier dans le recueil des données de santé en vie réelle. De même, les big data devront être utilisés en ce sens.

    Réduire les hétérogénéités de pratique et les écarts de prise en charge entre les « informés » et les « non informés »

    L’information des patients et le développement et le contrôle (par un engagement ferme des pairs) des référentiels métiers et des procédures en établissement comme en ville doit reposer sur :

    • des aides informatives simples, claires, fiables et lisibles sur les pathologies et les traitements (risques/bénéfices) en s’inspirant, par exemple, du travail du groupe Cochrane ;

    • une transparence totale et assumée des données de santé, en particulier de morbidité et mortalité, des différentes structures. Ceci nécessite un traitement plus performant de ces différentes données de santé (Sniiram, PMSI, celles générées par les équipes de soins, etc.). Une stratégie nationale des données de santé doit être affirmée pour en faire un outil utile.

    Renforcer dans chaque territoire la lutte contre les inégalités de santé grâce aux innovations

    Sur un territoire, certains publics ont des difficultés pour accéder à des soins de qualité : il faut donc veiller à ce que soit proposée (en préservant la liberté individuelle) une aide adaptée à ces personnes par un recensement et un suivi électronique, associé ou non à un coordonnateur santé. Ce qui implique la « modernisation » des contrats locaux de santé (CLS), justement créés pour réduire les inégalités sociales et territoriales de santé, mais qui sont à la peine.

    Accompagner les personnes les plus éloignées de la prévention

    • En particulier en ce qui concerne le tabac, l’alcool, la sédentarité et l’alimentation, en utilisant davantage les nouvelles technologies de l’information et de la communication et les réseaux sociaux. En ce domaine, tester, expérimenter, évaluer et recommencer, avec vigueur et ténacité.
    • Accélérer franchement la réduction de la fracture numérique.

    Le Think Tank Economie-Santé a listé une série d’exemples d’innovations prenant en compte les inégalités de santé. Pour télécharger le document complet de la recommandation 2018, suivre ce lien.

    Un blog est disponible pour échanger ou débattre avec la vingtaine d’experts du Think Tank.

  • Pharnext lève 16M€ pour développer des traitements basés sur l’IA pour la maladie de Charcot

    La société biopharmaceutique française Pharnext, qui développe des traitements pour des maladies neurodégénératives basée sur les Big Data génomiques et l’intelligence artificielle, a annoncé le 11 avril 2018 par communiqué avoir finalisé une levée de fonds de 16 millions d’euros auprès de deux de ses actionnaires, afin de poursuivre son développement.

    Cette levée de fonds fournira à la société les moyens supplémentaires pour financer sa stratégie et poursuivre son développement dans la perspective des résultats de la phase 3 de sa PLEODRUG la plus avancée, PXT3003 dans le traitement de la maladie de Charcot-Marie-Tooth de Type 1A.

  • Il est impératif d’améliorer l’analyse de données sur la santé des jeunes travailleurs (rapport OIT)

    L’Organisation Internationale du Travail (OIT) publie, à l’occasion de la journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail (28 avril 2018), un rapport intitulé « Améliorer la Sécurité et la Santé des jeunes travailleurs ». Elle recommande notamment d’améliorer l’analyse et la collecte des données sur la santé des jeunes travailleurs, en vue d’améliorer leurs conditions de travail, qui demeurent difficiles et sous-évaluées dans de nombreux pays.

    Les jeunes travailleurs, une population vulnérable 

    Selon des estimations de l’OIT, 2,78 millions de travailleurs meurent chaque année dans le monde des suite d’accidents et de maladies liés à leur profession. Les jeunes travailleurs « sont nettement plus touchés par les lésions professionnelles que les travailleurs adultes ». A titre d’exemple, le risque de lésion professionnelle non mortelle aux Etats-Unis est deux fois plus élevé chez les travailleurs de 15-24 ans que parmi ceux de 25 ans ou plus, d’après des chiffres du Centers for Disease Control and Prevention (CDC) datant de 2010.

    Les accidents et maladies professionnels représentent une perte annuelle estimée par l’OIT (2017) ) 3,94 % du PIB mondial. Le coût social des jeunes travailleurs victimes de lésions graves, souffrant par la suite de manière durable, « peut être plus élevé que celui induit par des travailleurs adultes présentant des lésions similaires ».

    Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail 2018

    La note de l’OIT s’inscrit dans le cadre de la préparation de la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail 2018, qui entend faire advenir « une génération en sécurité et en bonne santé ». Le document analyse les risques qui pèsent actuellement sur la santé des jeunes travailleurs », examine les facteurs d’augmentation des risques liés au travail, et formule des recommendations, en matière notamment de collecte et d’analyse des données disponibles au sein des systèmes nationaux.

    Améliorer la collecte et l’analyse des données sur la santé des jeunes travailleurs

    L’OIT préconise « d’améliorer la collecte et l’analyse de données et d’informations sur la sécurité et la santé au travail et sur les jeunes travailleurs ». L’analyse « efficace » des données est essentielle à l’identification des menaces sur le lieu de travail, des secteurs dangereux et des groupes de travailleurs vulnérables. Ce travail permet également de définir et de mettre en oeuvre des mesures de prévention « pertinentes », selon le rapport.

    En 2007, à l’occasion de la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, l’OIT avait constitué une « boîte à outils » rassemblant des ressources et informations utiles à la constitution de systèmes nationaux de données de santé et sécurité au travail (SST). L’OIT rappelle à ce titre : 

    • qu’il incombe aux gouvernements de constituer un système national pour la déclaration et l’enregistrement des accidents du travail et des maladies professionnelles, capable de fournir en temps réel des données fiables sur l’incidence des accidents du travail indépendamment du statut du travailleur (salarié ou indépendant). L’OIT rappelle à ce titre que « les jeunes travailleurs occupent souvent un emploi informel ou un emploi temporaire, deux catégories rarement prises en compte par les systèmes nationaux de déclaration et d’enregistrement. Sont également exclus, dans de nombreux pays, des secteurs comme le service domestique et l’agriculture, qui emploient beaucoup de jeunes travailleurs ».
    • qu’il appartient aux employeurs d’enregistrer les accidents du travail et maladies professionnelles, au risque de faire l’objet de sanctions.
    • qu’il revient aux jeunes travailleurs, enfin, de fournir des informations sur leur état de santé et celui de leurs collègues, sans craindre de s’exposer à des mesures disciplinaires.

    L’OIT recommande à ce titre aux gouvernements de : publier régulièrement des statistiques nationales ventilées par âge, sexe, statut migratoire et secteur ; d’élaborer des stratégies et des mesures de prévention en matière de sécurité et de santé au travail ; de concevoir des régimes d’indemnisation des travailleurs appropriés et efficace.

    L’OIT a conçu une méthode en deux étapes

    La première étape consiste à évaluer toutes les données de SST pertinentes, stockées dans les référentiels de divers organismes nationaux de SST, de santé et de sécurité sociale. 

    La seconde consiste à définir et mettre en place des procédures spécifiques pour la déclaration des accidents du travail et des maladies professionnelles par les employeurs, les organismes d’assurance, les services de santé au travail, les hôpitaux, d’autres prestataires de soins de santé et d’autres entités qui collectent ces données. 

  • Rétinopathie diabétique : la FDA autorise la commercialisation d’un dispositif de diagnostic IA

    La Food and Drug Administration américaine a autorisé le 11 avril 2018 la commercialisation du premier dispositif médical fondé sur l’intelligence artificielle permettant de détecter la rétinopathie diabétique. Le logiciel peut identifier le trouble oculaire de manière autonome, sur le seul fondement d’une photographie de l’œil (sous réserve de la qualité du document). Ce dispositif pourra équiper les cabinets de médecins généralistes (GPs), qui pourront dès lors orienter leurs patients diabétiques vers des spécialistes en cas de suspicion avérée d’une rétinopathie.

    Commercialisation du premier dispositif de détection de la rétinopathie diabétique fondé sur l’IA

    La rétinopathie diabétique (atteinte des yeux : œil et rétine) est une grave complication du diabète qui affecte près de 50% des patients diabétiques de type 2. Les yeux sont particulièrement sensibles à l’atteinte des petits vaisseaux. En France, la rétinopathie diabétique est la première cause de cécité avant 65 ans. Aux Etats-Unis, elle est également la première cause de cécité des personnes « en âge de travailler ». 

    « Un diagnostic précoce de la rétinopathie est une composante essentielle du suivi des millions de patients diabétiques, alors que nombre d’entre eux ne sont pas examinés de manière adéquate pour cette affection et que 50% d’entre eux ne consultent pas leur ophtalmologue tous les ans », rappelle le Dr. Malvina Eydelman, directrice du département des dispositifs ophtalmologiques et oto-rhino-laryngologique au sein du Center for Devices and Radiological Health de la FDA. 

    Généraliser l’utilisation d’outils de diagnostic fondés sur l’IA chez les médecins généralistes

    Au docteur Eydelman de poursuivre : « Notre décision permettra de commercialiser une nouvelle technologie médicale basée sur l’intelligence artificielle, qui peut être utilisée au sein d’un cabinet de médecine généraliste. La FDA entend faciliter l’accès et l’usage de dispositifs médicaux connectés susceptibles de renforcer l’accès aux soins nécessaires dans le traitement d’une pathologie précise ».

    Le dispositif, intitulé IDx-DR est un logiciel informatique qui s’appuie sur des algorithmes IA pour analyser des images des yeux prises à l’aide d’une caméra rétinienne appelée Topcon NW400. Le médecin généraliste télécharge les images sur un serveur cloud équipé du logiciel IDx-DR. Ce dernier peut formuler deux propositions : 

    • « more than mild diabetic retinopathy detected : refer to an eye care professional »
    • « negative for more than mild diabetic retinopathy; rescreen in 12 months ».

    En cas de diagnostic positif, le patient est dirigé vers un spécialiste capable de confirmer ce diagnostic. Ce dispositif médical est le premier du genre à analyser des images et proposer un diagnostic de manière autonome, sans l’aide d’un professionnel de santé spécialiste. 

    Des essais concluants menés par la FDA pour tester la fiabilité du dispositif

    Pour tester la fiabilité de IDx-DR, la FDA a recueilli les images de 900 patients diabétiques et a comparé les résultats  obtenus pas des professionnels de santé et par le dispositif. Il ressort de cette étude que IDx-DR est capable d’identifier correctement les rétinopathies diabétiques dans 87,4% des cas et l’absence de troubles oculaires sévères dans 89,5% des cas.

  • Publication du guide « The Law of Digital Health » à l’usage des industriels de santé américains

    « The Law of Digital Health », tel est l’intitulé du guide juridique publié le 9 avril 2018 par le cabinet d’avocats McDermott Will & Emery à l’attention des industriels et professionnels de santé. Co-dirigé par Bernadette M. Broccolo et Lisa Schmitz Mazur, avocates spécialisées en droit de la santé, ce guide se propose d’aider les leaders de la santé numérique, les responsables politiques et usagers du système de santé à comprendre la législation américaine actuelle, dans un contexte marqué par une évolution rapide des lois encadrant l’usage des technologies de santé aux Etats-Unis. 

    Publié par l’American Health Lawyers Association, ce livre présente l’écosystème de la santé numérique américain, son encadrement juridique et règlementaire mouvant. D’après l’une de ses auteurs, Lisa Schmitz Mazur, « Our hope is that the book will be an essential guide for digital health innovation – a tool for leaders across industry sectors and in both established and emerging companies – as they continue innovating and creating solutions for the future ».

    Le guide est consultable et disponible au téléchargement sur le site internet du cabinet McDermott Will & Emery.

  • Digitaliser le secteur de la santé d’ici 2030 est impératif pour en assurer la continuité (Aruba)

    Automatisation, robotique et l’auto-diagnostic prendront une place de plus en plus importante dans le système de soins futur, selon le rapport Building the Hospital of 2030 d’Aruba, société de Hewlett Packard, dont les conclusions ont été dévoilées le 7 avril 2018.

    Un recours accru aux objets connectés (IoT), tels qu’aux outils portatifs et applications numériques, à l’IA et au big data dans le cadre d’examens médicaux ainsi que dans l’organisation-même des organismes de santé est ce que prédit le rapport.

    Selon le rapport, améliorer les soins, en transformer l’expérience du patient et le travail des professionnels de santé sont des possibilités qu’offre l’intégration de technologies mobiles, du cloud et des IoT, à condition de leur associer des mesures de sécurité adéquates.

    IoT, IA, données numériques, hôpital automatisé et plus de temps consacré aux soins

    Lorsqu’une trentaine de hauts responsables du secteur de la santé et de futurologues sont interrogés, dans le cadre de l’élaboration du rapport par Aruba, pour construire l’hôpital de 2030, ce sont les objets connectés, l’auto-mesure et l’exploitation des données qui ont la part belle au sein des établissements de santé.

    L’IoT permettra l’auto-diagnostic par les patients, l’automatisation de l’hôpital et libérera du temps aux professionnels de santé

    Selon le rapport, les dispositifs connectés portatif, les applications numériques, les capteurs et autres technologies offriront des possibilités de « s’autodiagnostiquer » en tant que patient et d’automatiser les examens cliniques à l’hôpital :

    • surveiller l’état de santé des patients à distance, notamment dans le cadre de pathologies chroniques telles que le diabète qui nécessitent des prélèvements réguliers ;
    • faire son propre diagnostic en demeurant à son domicile ;
    • faire du triage automatique aux admissions à l’hôpital, grâce à une « technologie d’imagerie » capable d’établir un bilan de santé fondé sur les constantes vitales sans assistance humaine (fréquence cardiaque, fréquence respiratoire, température), et aux capteurs mesurant la tension artérielle et pouvant générer un électrocardiogramme en « moins de 10 secondes ».

    Le recours aux technologies en amont de l’intervention du professionnel de santé doit permettre du libérer du temps à ce dernier afin qu’il puisse pleinement se consacrer à prodiguer des soins. Le rapport souligne que les praticiens et le personnel infirmier sont gênés par des tâches administratives qui occupent actuellement 70% de leur temps et que la digitalisation de leur activité leur permettra de :

    • analyser rapidement les résultats ;
    • consulter les dossiers des patients depuis leur appareil mobile ;
    • croiser les données disponibles et celles prélevées en temps réelles pour améliorer la prise en charge et renforcer la pertinence des soins.

    L’IA comme remède contre l’effondrement des systèmes de santé

    Selon le Dr Hugh Montgomery, professeur à l’University College de Londres, l’IA va non seulement rendre possible un diagnostic considérablement plus rapide, démultiplier les capacités d’analyses, rendre les soins personnalisables, mais également offrir une possibilité de sauver les systèmes de santé qui supportent une pression actuelle qui n’est pas soutenable.

    Néanmoins, il est, selon les auteurs du rapport, indispensable de mettre en œuvre des mesures qui contribueront à l’acceptation de l’IA et préconisent à cet effet :

    • la mise en emphase des avantages que le recours à l’IA dans le cadre de diagnostics et de traitements ;
    • l’exigence du consentement exprès du patient.

    Numérisation rime avec risque accru

    Si selon le rapport des établissements de santé affichent une politique volontariste et les deux tiers ont déjà entamé la digitalisation de leurs processus en connectant à leur réseau les moniteurs de surveillance et en procédant à la mise en réseau des appareils d’imagerie ou de radiographie, des problèmes de sécurité associés doivent être résolus.

    89% des organismes de santé ayant adopté une stratégie IoT ont connu une violation de données liée à l’introduction des IoT dans leurs processus, selon le rapport Aruba. En cela, la sécurité des réseaux constitue le défi majeur de la pénétration du secteur de la santé par les IoT.

  • Un groupe de santé indien s’unit à une société japonaise pour booster la health tech dans les 2 pays

    CHD Group, une organisation de santé publique indienne, a signé fin mars 2018 à Mangaluru (Inde) un protocole d’accord avec Global Digital Mojo Japan Corporation, la filiale japonaise d’un groupe basé à Hong Kong.

    Les deux sociétés coopéreront dans le domaine de la health tech pour renforcer les relations entre l’Inde et le Japon dans le secteur. Elles travailleront avec différents partenaires locaux et gouvernements pour assurer une croissance partagée entre les deux pays.

    Digital Mojo Japan : le nouvel atout technologique de CDH

    Le même accord a été signé à Tokyo par le Dr. Edmond Fernandes, P.-D.G. de CHD Group, et Kayoko Tsuchiya, P.-D.G. de Digital Mojo Japan Corporation.

    Digital Mojo Japan va devenir la branche technologique de CHD au Japon et CHD poursuivra de son côté son objectif visant à introduire les innovations technologiques japonaises sur les marchés indiens de la santé et à favoriser les relations indo-japonaises dans le domaine de la health tech.

    Un partage des expertises pour lancer de nouvelles solutions de santé

    Parmi les projets annoncés :

    • l’organisation de session de brainstorming entre les deux organisations sur des thématiques précises afin de faire émerger des solutions innovantes visant à faire face aux principaux défis de santé rencontrés par les deux pays ;
    • la mise en place de sessions d’entrepreneuriat social ;
    • l’organisation d’hackathons ;
    • la mise en œuvre de projet de recherche sur le plan académique.
  • Roche Diabetes Care France soutient Pharmacorp dans l’éducation thérapeutique des diabétiques

    Roche Diabetes Care France, la filiale de Roche dédiée à la prise en charge du diabète, conclut un partenariat avec le groupement Pharmacorp pour mettre en place au sein des officines du groupement un service d’accompagnement des patients souffrant de diabète de type 2 (DT2) dans le domaine de la diététique.

    Roche Diabetes Care France prodigue une formation spécifique aux pharmaciens participant au « Programme Corp » qui vise à une meilleure prise en charge du poids et de la glycémie des patients DT2 dans les officines.

    Le concept des « pharmaciens-coachs en nutrition » a été testé fin 2017 au cours d’une phase-pilote et va être déployé à partir de la fin avril 2018. Des discussions sont en cours avec des mutuelles pour une prise en charge du coût de ce service.

    Une alliance entre la proximité avec le patient et un industriel dédié à la gestion du diabète

    Les pharmaciens et les experts du diabète, avec tous les moyens logistiques et humains, s’associent pour construire ensemble une solution visant un meilleur suivi et l’observance des patients diabétiques.

    Concrètement, Roche Diabetes Care France a mis en place un parcours de formation spécifique aux pharmaciens du groupement afin qu’ils puissent proposer en officine un entretien diététique par semaine sur une période de 3 mois aux DT2 pour les aider à maîtriser leur poids et comprendre le lien entre leur alimentation et leur glycémie

    Un projet-pilote en fin 2017 a validé la formation en phase de déploiement actuellement

    En 2017, ce sont 7 000 professionnels de santé qui ont été formés par Roche Diabetes Care France dans le cadre du « Programme Corp » et 1 500 officines qui ont été accompagnées dans leurs actions de sensibilisation au diabète.

    La formation est assurée en partie à distance, sous forme de vidéos ou de modules accessible en e-learning, et en partie en direct par une infirmière basée à Toulouse.

    Le déploiement du programme est poursuivi et entre en phase de diffusion large à partir de la fin avril 2018 avec trois objectifs nouveaux :

    • accroître le nombre d’officines participantes ;
    • mettre en place une communication sensibilisant les patients au nouveau service médical disponible ;
    • favoriser l’accès au service en obtenant une pris en charge de son coût, notamment en partenariat avec les mutuelles.

    Roche Diabetes Care : sortir de l’approche purement commerciale et se positionner comme partenaire

    Le partenariat illustre le constat du président du groupement de pharmacies, Laurent Filoche, qui revendique l’évolution du métier de pharmacien et des attentes du patient.

    Du côté de Roche Diabetes Care, qui se réjouit de cette collaboration, un changement de logique s’opère. L’industriel sort de sa position de simple fournisseur de produits et mène une réflexion sur le service rendu et l’accompagnement qui peut être proposé aux pharmaciens et aux patients.

    À ce titre, Valérie Delachenal, directrice Ventes chez RDCF, déclare: « Industriels de santé ou pharmaciens, notre objectif est le même : le suivi et l’observance du patient. C’est pour cela que nous sommes non seulement des fournisseurs de produits mais que nous développons aussi des outils, des supports, des partenariats, tout cela pour offrir une valeur ajoutée à nos produits et répondre aux besoins des patients ».

  • Bpifrance & CNAM : le fonds Patient Autonome de 50M€ pour les start-ups de la santé connectée

    Bpifrance annonce un partenariat avec la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) ce 12 avril 2018 afin de conjuguer leurs synergies au service de l’identification et d’aide au développement des start-ups les plus prometteuses de la santé connectée.

    Ce partenariat structurant avec la Cnam est adossé au fonds Patient Autonome créé par Bpifrance à la fin de l’année 2017 et qui est doté de 50 millions d’euros. Sont visées les start-ups proposant des solutions innovantes permettant une optimisation de coûts ou l’amélioration du parcours de soins, de la qualité et de l’efficience des soins, fondées sur la télémédecine ou l’IA entre autres.

    Bpifrance annoncera prochainement ses premiers investissements dans le cadre du fonds Patient Autonome.

    La Cnam, un acteur privilégié au plus près des besoins des patients

    Bpifrance voit en l’association avec la Cnam la possibilité d’optimiser ses opportunités d’investissement en bénéficiant de l’expertise de la Cnam et de son évaluation fine des solutions riches en valeur médicale.

    La Cnam est plus à même de juger de l’adéquation des solutions proposées aux besoins des patients et des pratiques des professionnels de santé. Son apport sera primordial dans la prise en compte de la réglementation nationale et supranationale et les évolutions à venir.

    Bpifrance va en s’associant à la Cnam diversifier ses canaux d’identification de start-ups prometteuses à soutenir.

    Le fonds Patient Autonome

    Le partenariat est articulé autour du fonds Patient Autonome qui vise à renforcer le déploiement de solutions innovantes favorisant l’autonomie du patient. Les fonds alloués à une start-up sont censés servir à finaliser un prototype, valider sa pertinence et sa portée sur un marché ou stabiliser une stratégie de développement à l’international.

    Les solutions recherchées dans le cadre du partenariat doivent permettre entre autres :

    • une prise en charge améliorée agissant sur l’axe de la relation patient et  professionnel de santé via notamment les techniques telles la télémédecine, le monitoring à distance et les thérapies digitales ;
    • une amélioration du parcours de soins dans le cadre de maladies chroniques telles le diabète, les cancers, ou les maladies mentales en agissant sur trois axes :
      • la prévention des maladies et de leurs complications ;
      • en facilitant le diagnostic de la maladie ;
      • le suivi de l’évolution de la maladie en temps réel notamment grâce à l’IA et l’apprentissage profond.

    Pour Annelore Coury, la directrice déléguée à la gestion et à l’organisation des soins de la Cnam, l’identification de projets les plus porteurs qui vont façonner la santé de demain rentre dans le cadre de la mission de la Cnam d’améliorer la santé des patients et de moderniser les pratiques.

  • Atelier UE : convergence des plates-formes pour des services intelligents à domicile pour la santé

    La Commission européenne organise le 13 avril 2018 un atelier sur le sujet de la convergence des plates-formes pour des services intelligents à domicile pour la santé (et pour l’énergie).

    L’atelier Platform Convergence for Smart Home Services for Health and Energy vise les acteurs de la santé œuvrant dans les domaines de la maison intelligente et de la vie saine en encourageant des comportements de vie sains ou sur la maison intelligente et les réseaux interopérables.

    Ce sera également l’occasion de prendre connaissance des appels d’offres Horizon 2020 pertinents, puisque la Commission européenne présentera les appels Horizon ouverts actuellement dans les domaines d’application de la maison intelligente et de la vie saine (DT-TDS-01-2019: Smart and healthy living at home) ainsi que des réseaux domestiques intelligents et interopérables (DT-ICT-10-2018-2019: Interoperable and smart homes and grids).

    Les participants seront divisés en trois groupes en fonction de leur sujet d’intérêt :
    Interoperable Homes and Grids;
    • Health and Care ;
    • Architectures, Standards, Security
    .

    L’inscription est gratuite, mais obligatoire et se fait via ce lien.

    Pour contacter l’organisateur, écrire à l’adresse suivante : CNECT-E4-EVENTS@ec.europa.eu