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  • Information des consommateurs sur les équipements radioélectriques : lancement d’une consultation

    Le Ministère des Solidarités et de la Santé lance une consultation publique sur un projet d’arrêté relatif à l’information des consommateurs sur les équipements radioélectriques et à l’affichage du débit d’absorption spécifique de ces équipements. Les contributions sont à adresser à l’adresse électronique suivante : DGS-EA1@sante.gouv.fr.

    Précisions sémantiques sur la « valeur du débit d’absorption spécifique »

    Publié le lundi 16 avril 2018, le communiqué de presse du Ministère des Solidarités et de la Santé précise que la « valeur du débit d’absorption spécifique » (DAS), puissance associée à un rayonnement électromagnétique absorbée par des tissus, est l’indicateur retenu pour mesurer l’exposition du public aux champs électromagnétiques des équipements radioélectriques. La réglementation prévoit, depuis 2010, une obligation d’affichage du débit d’absorption spécifique (DAS) pour les seuls appareils de téléphonie mobile.

    En juin 2016, l’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) rendait un avis relatif à l’ « exposition aux radiofréquences et santé des enfants ». Elle recommandait de mettre en conformité l’ensemble des dispositifs émetteurs de champs électromagnétiques destinés à être utilisés à proximité des enfants (tablettes tactiles, veille-bébés par exemple) avec les obligations d’information du public posées à l’article 184.-I de la loi n°2010-788 du 12 juillet 2002 modifié par la loi n°2015-136 du 9 février 2015). 

    Le ministère précise dans son communiqué que « le DAS est, à l’heure actuelle, la seule information sur l’exposition aux champs électromagnétiques pouvant être fournie au consommateur ».

    Finalités du projet d’arrêté

    Le projet d’arrêté, porté conjointement par le Ministère des Solidarités et de la Santé et par le Ministère de l’Economie et des Finances, vise à préciser les modalités pratiques de communication aux utilisateurs de la valeur du débit d’absorption spécifique des équipements radioélectriques dont la puissance est supérieure à 20 mW et susceptibles d’être utilisés de manière raisonnablement prévisible près de la tête ou à une distance inférieure ou égale à 20 cm du corps humain.

    Le document précise les modalités d’information du public :

    • mention de la valeur du DAS dans la notice d’emploi ;
    • actualisation des recommandations d’utilisation des équipements radioélectriques figurant dans la notice ;
    • modalités d’affichage sur les lieux de vente et dans toute publicité.

    Le projet d’arrêté est consultable en ligne. Les contributions sont à adresser à l’adresse électronique suivante : DGS-EA1@sante.gouv.fr

  • Air Liquide acquiert la start-up Eove dans le domaine de la ventilation

    Air Liquide annonce, lundi 16 avril 2018 par communiqué, l’acquisition de la start-up Eove, société française de conception et de fabrication de ventilateurs destinés à la prise en charge à domicile de patients souffrant d’insuffisances respiratoires chroniques.

    La start-up Eove, basée à Pau, a développé une solution innovante basée sur Android : un ventilateur portable connecté qui prend en compte les besoins de mobilité des patients et facilite la pratique des médecins.

    Déjà présente en France, en Italie, en Allemagne, en Corée du Sud et au Canada, cette offre est destinée aux patients souffrant de maladies neuromusculaires nécessitant une ventilation en continu. Eove a réalisé un chiffre d’affaires de près de 5 millions d’euros en 2017.

    Air Liquide renforce son offre dans la santé à domicile

    Cette acquisition permet à Air Liquide d’étendre son offre de services dans le domaine des maladies respiratoires.

    Air Liquide est déjà présent dans la santé à domicile, notamment via la prise en charge, sur prescription médicale, de patients souffrant de maladies chroniques, telles que la BPCO, l’apnée du sommeil et le diabète. L’activité Santé à domicile représente 45 % du chiffre d’affaires 2017 de l’activité Santé d’Air Liquide.

  • EBM

    Evidence-based medicinenull

  • Nous proposons aux entreprises un service d’accompagnement santé personnalisé (F. Reinaud, Concilio)

    Née de la rencontre d’un médecin urgentiste bien « connecté » qui faisait profiter ses proches de son réseau et de ses conseils, Florian Reinaud, et d’un polytechnicien, Georges Aoun, spécialiste en e-commerce qui voulait trouver la meilleure façon d’assurer une prise en charge optimale en cas de problèmes de santé, Concilio est une plateforme numérique qui propose un accompagnement en santé complet à destination des entreprises, lancée en 2017.

    Les co-fondateurs ont accordé une interview à deux voix à Health&Tech Intelligence, à l’occasion de l’intégration d’un service de téléconsultation à leur plateforme au début du mois de mars 2018.

    Ils définissent leur façon d’envisager l’accompagnement en santé et abordent les programmes de coaching et de prévention proposés depuis la plateforme Concilio. Ils partagent la façon dont ils perçoivent l’évolution du numérique en santé et l’apport de la téléconsultation en médecine, avec le modèle économique à y associer pour en garantir l’efficacité, ou encore sa répercussion sur la relation patient-médecin. Ils soulignent par ailleurs l’intérêt pour leur plateforme de la part de PME soucieuses d’offrir des conditions de travail à la hauteur des attentes des salariés d’aujourd’hui.

    Florian Reinaud, l’un des co-fondateurs de Concilio, est un médecin urgentiste « défroqué » depuis 15 ans, qui a intégré le monde du capital–risque en investissant dans les start-ups des sciences de la vie. Il a commencé par les innovations biotech et liées au développement du médicament, pour passer dans les medtech et les dispositifs médicaux avant des’intéresser il y a quelques années aux nouveaux services fondés sur l’usage des nouvelles technologies pour améliorer l’efficience du système de soins. À l’époque en poste chez Innovation Capital, avec son équipe, il a levé le 1er fonds en Europe totalement dédié à la e-santé.

    Georges Aoun, le deuxième co-fondateur, vient du monde du digital où il a commencé avec le lancement du premier fournisseur Internet, Havas on line (HOL), qui proposait de l’internet illimité et à haut débit, où haut débit voulait dire 56Ko pour un abonnement de 45 francs. Scrutant la façon dont la technologie façonne les manières d’accéder à l’information et de consommer des services, il a participé au développement de nombreux services B2C innovants qui ont marqué les années 2000. Les nouvelles technologies comme façon d’améliorer l’efficacité des produits et services traditionnels sont un leitmotiv dans son parcours : il a lancé Amazon en France, filiale dont il a été directeur général, pour se diriger dans le développement de nouveaux services financiers sur mobile en Afrique et en Amérique du Sud et enfin devenir directeur de développement chez PayPal.

    Quelles sont les raisons qui ont motivé la création d’une conciergerie numérique de services de santé ?

    Florian Reinaud : Comme beaucoup de médecins, j’ai été régulièrement sollicité par des proches confrontés à un problème de santé et qui avaient besoin de mes conseils, aussi bien en termes de diagnostic que de traitement, ou que je les oriente vers un spécialiste. Ce conseil informel peut avoir une véritable influence sur l’évolution de la pathologie, mais n’est donc accessible qu’à une catégorie de privilégiés. C’est face à ce constat d’un système de soin à deux vitesses, où les usagers doivent recourir à une source d’information externe, qu’est née l’idée de la plateforme Concilio. Je voulais proposer une plateforme où les utilisateurs pouvaient prétendre au même niveau d’information, de transparence et d’accompagnement en santé.

    Georges Aoun : Pour ma part, n’ayant pas de connaissance médicale, je me suis rendu compte que, dans le domaine de la santé, l’accès facilité à une multitude d’informations était souvent anxiogène, car il n’est pas facile de naviguer sur les nombreux forums et d’avoir du recul sur la pertinence des informations fournies.

    Je me suis intéressé à la façon dont, en tant qu’utilisateur, dans le cas où je suis confronté à un problème de santé grave ou léger, je peux avoir accès au meilleur de la santé, en termes d’information, de prise en charge ou d’aiguillage.

    J’ai eu l’opportunité de rencontrer Florian Reinaud fin 2014 et nous avons alors décidé de monter un projet ensemble.

    Quels sont les besoins non satisfaits par les solutions actuellement disponibles sur le marché qui sont à la base de la construction de votre solution ?

    Florian Reinaud : Aujourd’hui nous assistons à une surspécialisation des médecins spécialistes et l’identification des médecins avec une grande connaissance dans un domaine spécifique n’est pas facile. Un médecin généraliste ne dispose pas d’un réseau exhaustif dans toutes les spécialités. Pour éviter l’errance en consultant plusieurs spécialistes avant de trouver celui qui convient le mieux, on aide les patients à s’orienter de façon efficace et rapide au sein du système de santé qui a par ailleurs des débouchés formidables.

    En termes d’offre, si on parle de recommandation de spécialiste, nous sommes les seuls à le faire de façon objective et exhaustive, et si on parle de téléconsultation, nous sommes la seule plateforme qui propose, après la téléconsultation, un rendez-vous avec un spécialiste si nécessaire.

    L’idée est d’accompagner les utilisateurs en cas de problème de santé, mais également lorsqu’ils n’en ont pas pour les aider à rester en bonne santé.

    Quels sont les services que vous proposez depuis la plateforme Concilio ?

    Florian Reinaud : Nous proposons aux entreprises un service d’accompagnement santé personnalisé à destination de leurs salariés. Nous sommes là pour les utilisateurs quels que soient leurs besoins en termes de santé.

    En termes de services purement médicaux, nous permettons aux bénéficiaires de la plateforme d’accéder à un médecin généraliste pour une consultation physique ou une téléconsultation. Il en va de même pour des rendez-vous auprès des médecins de spécialité avec qui les utilisateurs peuvent échanger à distance en cas de besoin de renseignements ou directement en consultation. S’il y a besoin d’une consultation, nous proposons au patient un choix entre trois médecins de notre réseau, sélectionnés en tenant compte de la pathologie, du périmètre géographique et du délai d’attente.

    La plateforme inclut des « briques » coaching et bien-être qui concernent la prévention et de nouveaux services vont arriver.

    Nous avons imaginé Concilio comme un tiers de confiance en matière de santé, un lieu indépendant des assureurs et de l’employeur, qui se positionne également comme un partenaire santé pour les utilisateurs, car nous proposons un accompagnement aux salariés d’entreprises ayant contracté le service, mais également à leur famille et belle-famille.

    Georges Aoun : Nous avons souhaité un service le plus international possible, qui s’adapte aux différents systèmes de santé et qui véhicule la même valeur pour l’utilisateur final.

    L’idée n’est pas de révolutionner la médecine, mais plutôt d’en tirer le meilleur dans chaque pays en termes d’informations fournies, de parcours et de soins, car être bien aiguillé en amont permet de réduire le stress, de mettre le patient dans de bonne dispositions au regard de sa prise en charge et, nous sommes convaincus, d’améliorer les résultats du système de santé sans changer les investissements, mais en parvenant à un rendement optimisé.

    Certains professionnels de santé sont peu enclins aux nouvelles technologies et les voient même comme un fardeau dans leur pratique quotidienne ? Pour vous le numérique dans la santé a été une évidence ?

    Florian Reinaud : Nous nous positionnons en complète bienveillance et neutralité vis-à-vis des médecins et nous n’ajoutons pas de complexité à sa mission, bien au contraire.

    Quand un patient a eu un délai trop long pour accéder à un médecin, il a certainement été confronté à l’angoisse suscitée par son problème de santé. Mais si on lui permet de s’adresser à un spécialiste du domaine qui lui explique les tenants et les aboutissants de la maladie, le patient arrive à la consultation rassuré et avec les idées claires sur son état et sur les questions clés à poser le jour de la consultation. Les médecins apprécient, car cela permet au patient d’être partie prenante de la décision médicale et les résultats cliniques s’en trouvent améliorés.

    De façon plus large, l’idée que je me fais des nouvelles technologies et des services médicaux associés est incarnée par leur capacité à permettre au médecin de revenir à sa fonction principale – celle de conseil, de réassurance, de gestes techniques et de diagnostic. Les nouvelles technologies peuvent être utilisées comme des garde-fous par les médecins pour ne pas oublier certains aspects ou arriver à mettre le doigt sur des aspects auxquels le médecin ne penserait pas de prime abord, mais elle n’entraveront ni ne remplaceront la relation de confiance fondamentale entre le patient et le médecin.

    Les chatbots ne vont pas se substituer au médecin, mais peuvent aider ce dernier à déblayer le terrain, lui suggérer des diagnostics en repérant des signes subtils d’une maladie et orienter l’examen du patient.

    Georges Aoun : Nous utilisons la technologie pour permettre aux patients d’accéder aux soins, mais également dans un contexte où l’information médicale est disponible facilement et peut être anxiogène, pour apporter une touche humaine en permettant un accès rapide à un médecin généraliste. Son rôle sera d’accompagner le patient en le guidant, en le rassurant et en le préparant à la consultation avec le spécialiste. C’est l’accompagnement que nous proposons qui est le plus de notre service.

    Comment avez-vous procédé à la constitution de votre réseau de médecins généralistes et spécialistes ?

    Florian Reinaud : Le réseau Concilio c’est de plus de 18 000 médecins, avec lesquels nous n’avons aucun lien financier. Ils sont localisés dans une soixantaine de pays majoritairement en Europe de l’Ouest et en France particulièrement. Le réseau a été constitué en deux temps. Nous avons souhaité identifier les médecins les mieux adaptés aux différentes problématiques de santé et avons adopté pour cela l’approche de la nomination par les pairs, où les médecins recommandaient des confrères dans leur spécialité ou dans les sous-spécialités associées. Le répertoire établi n’est pas public et en cela garantit l’impartialité des médecins.

    Les recommandations sont, dans un deuxième temps, validées par une analyse automatisée fondée sur un algorithme qui recoupe la sélection de médecins avec leur corpus académique comprenant des publications et des études cliniques auxquelles ils ont participé afin de valider leur intégration au réseau.

    Georges Aoun : Notre approche a consisté à croiser la recommandation anonyme entre pairs avec les données publiquement accessibles dans divers pays couverts, extraites par des algorithmes développés en coopération avec un laboratoire de l’École Polytechnique.

    Pouvez-vous me parler de vos programmes de prévention et de coaching numériques ?

    Florian Reinaud : Nous avons développé nos services propres ou en partenariat avec d’autres entreprises qui avaient déjà mis au point des produits de qualité. Le partenaire qui dans le secteur de la prévention et du coaching santé numérique nous a paru le plus compétent est Betterise avec qui on a travaillé pour personnaliser un programme via la plateforme numérique, MyConcilio, qui est ultra-personnalisée. En fonction des intérêts de l’utilisateur répertoriés grâce à un questionnaire, de sa géolocalisation, du temps qu’il fait, la plateforme va proposer des activités appropriées parmi plus d’un million de contenus qu’elle intègre. Tout cela est accessible via un ordinateur ou un mobile.

    Le programme de coaching, accessible via des applications, regroupe une cinquantaine de vidéos qui visent à répondre à des demandes ponctuelles comme être accompagné pour perdre quelques kilos, améliorer sa nutrition ou réduire sa consommation d’alcool. Dans un esprit ludique, un programme de quelques dizaines de séances va accompagner l’utilisateur au quotidien. Il a la possibilité d’y connecter tous ses objets connectés personnels pour un meilleur résultat.

    Georges Aoun : Notre programme qui a le plus de succès actuellement est celui qui paradoxalement aide à « se déconnecter », car les gens utilisent énormément les outils digitaux et n’arrivent pas à décrocher. En tête de peloton, également les programmes liés aux thématiques comme le bien-être, la nutrition et l’alimentation avec un programme qui adapte mon alimentation à la saison en proposant des recettes appropriées.

    Florian Reinaud : Cet accompagnement quotidien qui permet de rendre service aux utilisateurs, sert à la fois à mieux les connaître et leur faire des propositions pertinentes, mais surtout d’être présent pour qu’en cas de problème de santé, ils pensent à faire appel à nous.

    Pourquoi avez-vous souhaité ajouter la téléconsultation et comment celle-ci s’intègre à l’ensemble de vos services ?

    Georges Aoun : Comme notre service est avant tout un service B2B permettant aux employeurs d’en faire bénéficier leurs salariés, ce sont les employeurs qui nous ont adressé la remarque que leurs salariés sur des sites isolés ne pouvaient pas bénéficier des mêmes services que le reste des équipes. C’est de là qu’est née l’idée de l’inclusion de la téléconsultation à notre offre afin que les salariés sur des lieux isolés puissent également accéder à un généraliste.

    Florian Reinaud : Nous proposons un service qui permet de communiquer avec un médecin généraliste et d’obtenir une ordonnance si besoin est. Mais, ce qui manque pour aller au-delà pour les 30 à 40% des cas où une consultation s’avère nécessaire, c’est l’accompagnement jusqu’au bout de la chaîne. C’est pourquoi nous recommandons des médecins généralistes ou spécialistes dans un périmètre géographique le plus proche possible.

    La téléconsultation chez nous n’a pas vocation à remplacer une consultation physique et n’a pas la même finalité. Jamais la téléconsultation ne remplacera une consultation physique, mais elle peut constituer une étape indispensable dans le parcours pour répondre à des questions en début d’une maladie ou résoudre des situations stressantes au quotidien en évitant les pertes de temps aux salariés ou des déplacements chronophages qui peuvent être liés à des problèmes logistiques. C’est un outil en amont de la consultation physique qui permet de délivrer des conseils pertinents. Il ne s’agit pas de la même chose.

    Notre contrat avec l’ARS est un gage de qualité et différencie notre service du simple télé-conseil.

    Georges Aoun : De la même façon qu’en e-commerce, on est à l‘aube d’un changement d’attitude.

    Si on s’intéresse au modèle scandinave, l’intérêt d’intégrer la téléconsultation au système de soins est avéré, car elle crée de la valeur ajoutée en permettant de désengorger les urgences et de traiter 60-70% des cas de visite chez un généraliste plus rapidement et de façon efficace.

    Elle a sa place dans le système de soin, et si elle a sa place, c’est qu’elle a de la valeur. Ensuite, son destin dépendra de la volonté des usagers qui voudront y recourir ou pas.

    Le modèle économique adopté in fine va supposer une juste rétribution de tout le circuit et il va forcément évoluer. Les usages dans le temps, une fois le service rentré dans les mœurs, vont le façonner, de même que la politique du remboursement une fois qu’elle aura trouvé la forme la plus appropriée.

    Et concrètement, si un utilisateur a besoin d’un service, comment cela se passe ?

    Florian Reinaud : Une fois la demande formulée via la plateforme, un conseiller rappelle l’utilisateur pour confirmer la demande, explique le déroulé des événements et propose le lendemain, via l’espace personnel et sécurisé de l’utilisateur, un certain nombre de médecins recommandés.

    Pour chacune des pathologies Concilio a constitué un répertoire de médecins et en cas de problème remonté par un utilisateur de la plateforme, notre équipe va en identifier certains en fonction de la demande et prendre contact avec leurs secrétariats médicaux. En se fondant sur une approche statistique, nos équipes ont plus de chances d’obtenir un rendez-vous rapidement en bénéficiant d’une annulation ou en rappelant plusieurs fois.

    Nous avons pu établir que dans la plupart des cas, le rendez-vous médical est toujours obtenu sous 15 jours et au cas où le délai serait plus long, il existe toujours la possibilité de parler avec un médecin entre-temps pour évacuer l’angoisse.

    Quels modèles économiques avez-vous instaurés ?

    Georges Aoun : Notre modèle de commercialisation se rapproche de celui de l’assurance voyage : l’utilisateur peut l’acheter lui-même, il peut en bénéficier via un partenaire, comme dans le cadre de son forfait carte bleue, ou bien dans le cadre de services proposés par son employeur. C’est ce dernier volet qui est en train de se développer le plus, car les entreprises se préoccupent de plus en plus de la qualité de la vie au travail ainsi que de leur responsabilité en tant qu’employeur en termes de risques psycho-sociaux.

    Une entreprise choisit un bouquet de services modulaires qu’elle va proposer à ses salariés. Nous construisons avec chaque entreprise la combinaison de services la plus adaptée. Le financement des services choisis, généralement la totalité, peut être fait de deux façons. Il peut prendre la forme d’une licence qui donne accès aux services à la totalité des collaborateurs ou bien repose sur une estimation du niveau de consommation, modèle proche des cartes prépayées. Dans ce cas-là, Concilio met en place des « packs d’actes » qui sont achetés et mis à dispositions des collaborateurs.

    À titre d’exemple, pour une entreprise d’environ 500 personnes et pour tous les services, cela revient à quelques dizaines d’euros par collaborateur et par an. Les collaborateurs bénéficient quant à eux d’un service totalement gratuit sans reste à charge.

    En accès individuel, comme nous proposons un service à vocation internationale, on a quelques clients particuliers, Européens ou originaires de pays européens émergents, résidant à l’étranger et bénéficiant d’abonnements familiaux. Dans ce contexte, les services font l’objet de devis spécifiques.

    Qui sont vos clients aujourd’hui et avez-vous pu établir une typologie ?

    Georges Aoun : Aujourd’hui, on commercialise en France et à l’international. En B2B, on couvre une dizaine de milliers d’utilisateurs qui peuvent potentiellement accéder à la plateforme. Nous avons en ce moment une quinzaine d’entreprises qui utilisent Concilio.

    Les contrats ont généralement une durée d’un an et sont renouvelables, mais des clients ont déjà signé pour trois ans.

    Il est trop tôt pour établir une typologie d’entreprises clientes, mais puisqu’il s’agit de services universels, ce sont les structures qui placent le bien-être de leurs salariés au cœur de leurs préoccupations et ont des politiques fortes dans les domaines de la RSE, de la qualité de vie au travail et de la marque employeur. Actuellement, ce sont plutôt des PME et des filiales de grands groupes qui ont un circuit de décision plus court que les grands groupes.

    Nous sommes également en discussion avec des assurances et mutuelles qui pourraient intégrer les services de Concilio à leurs offres.

    Avez-vous des projets de développement ?

    Georges Aoun : Comme le produit a été conçu pour pouvoir être exporté à l’international dès le début, nous visons un nouveau marché international en B2B incluant des pays où il est possible de commercialiser le produit avec notre modèle réplicable et « scalable ».

    En parallèle, nous avons en tête des services qui tournent tous autour du renforcement de la plateforme et apportent une réponse à des besoins en santé dans la catégorie des risques psycho-sociaux ou du suivi de santé avec des produits tels que les carnets médicaux.

    Nous venons de lancer, dans une autre gamme de produits de prévention pour répondre cette fois-ci à une problématique d’entreprise, un bilan de santé complet premium.

    En ce qui concerne les risques psycho-sociaux, les employeurs ayant l’obligation de s’assurer du bien-être de leur salariés, avec le cadre juridique et social en train de se mettre en place, ils auront pour obligation d’élaborer des procédures de prise en charge du burn-out et du harcèlement, thématiques clés dans le domaine socio-professionnel.

    Or, à ce jour, il n’y a pas d’offre structurée pour traiter ces problématiques et y apporter une réponse en partant de la source et qui s’inscrit dans la durée. Nous travaillons sur une offre qui permet de recueillir la remontée d’une situation alarmante et qui propose des solutions médicales avec l’association de professionnels de santé reconnus pour la stabiliser et traiter à long terme. Cela permet au salarié de disposer d’un point de déclaration, d’être immédiatement pris en charge au cours d’une phase de stabilisation, pour enfin bénéficier d’un suivi psychologique ou psychiatrique dans le temps.

    Florian Reinaud : Comme dans le cas de la téléconsultation, l’objectif est de proposer un accompagnement médical personnalisé et aller au-delà d’un service d’orientation et d’accueil.

    En tant que médecin et industriel, comment voyez-vous l’évolution du numérique en santé ?

    Florian Reinaud : La santé est une des dernières grandes industries qui n’a pas encore complètement intégré la dimension numérique. Je ne crois pas personnellement à une ubérisation de la santé et la manipulation par des acteurs non compétents. Je crois plutôt aux outils qui vont davantage aider le médecin dans ce qu’il sait faire de mieux et apporter une valeur ajoutée au bénéfice de leurs patients.

    Je n’imagine pas une relation complètement digitalisée, mais des outils qui permettront aux patients d’être plus autonomes, plus impliqués dans leurs traitements, plus parties prenantes dans leur parcours de soin, plus à pied d’égalité avec le professionnel de santé, position qui le placerait dans un échange équilibré.

    Georges Aoun : L’évolution des usages sera fonction de la capacité des nouvelles technologies à accompagner le patient dans l’accès et l’arbitrage vis-à-vis de l’information dont il dispose pour lui permettre de réduire son stress. En parallèle, une pléthore de services nouveaux viendra compléter ce qui existe en fonction des besoins spécifiques qui apparaîtront. Il est normal qu’une opposition émerge au départ, mais on finira par comprendre que le offline et le online vont converger dans la façon de gérer l’accès au système de santé et à l’information.

  • AI Challenge Paris Region 2018 : appel à projet international à destination des start-ups d’IDF

    Le 12 avril 2018, Valérie Pécresse, la présidente de la Région Île-de-France, a ouvert le concours AI Challenge Paris Region 2018 afin de soutenir dans la durée, le développement stratégique et commercial de 3 acteurs émergents de l’IA en Île-de-France, positionnés dans des secteurs  variés que le digital, les mobilités, la santé ou la ville durable et intelligente, etc.

    Le lauréat remportera 700 000 euros, alors que les deux structures suivantes dans le classement pourront empocher 150 000 euros sous forme de dotation en capital.

    Le concours vise les start-ups disposant d’une solution en phase pilote ou déjà déployée, dans le meilleur des cas, et qui est issue d’une innovation récente adossée à l’IA. Les structures candidates doivent s’être constituées depuis moins de 5 ans, avoir levé moins de 500 000 euros et avoir programmé une autre levée de fonds dans les 24 mois.

    Les candidatures sont à soumettre via la plateforme dédiée avant le 17 juin 2018.

    Structurer l’écosystème des start-ups en IA

    Cet appel à projet vise les start-ups franciliennes, mais également les start-ups désireuses de s’implanter en Île-de-France quelle que soit leur nationalité. Il s’inscrit dans la stratégie d’attractivité de la Région en faveur de l’IA et en particulier dans les domaines de la mobilité et de l’industrie 4.0 (infrastructures, applications, plateformes).

    Il renforce la participation de la Région dans le projet Digihall qui vise à la création d’un pôle de référence international sur le numérique et l’IA à Paris-Saclay.

    Pour la Région, l’objectif du « AI Challenge Paris Region 2018 » est triple :

    • positionner l’Île-de-France sur la scène internationale comme un territoire incontournable dans le domaine de l’IA ;
    • développer et capitaliser sur un écosystème d’innovation régional de premier plan en matière d’IA ;
    • participer à l’accélération de la transition numérique des acteurs de l’économie francilienne, notamment industriels.

    Partenaires financiers et industriels

    Le projet est porté par la Région, mais soutenu par de nombreux partenaires dont Dassault Systèmes, Atos, EY, Empruntis et le cabinet d’avocats d’affaires international Dechert.

    Dépôt de candidatures et calendrier

    • 17 juin 2018 : clôture des candidatures qui se font exclusivement en ligne et peuvent être déposées sur la plateforme dédiée : aichallenge.parisregion.eu ;
    • 3 juillet 2018 : à l’issue du processus de candidature, un jury de 15 personnes, co-présidé par Bertrand Braunschweig, Directeur du centre INRIA de Saclay-Île-de-France et composé des partenaires et de scientifiques, désignera les 10 premiers lauréats ;
    • octobre 2018 : désignation des 3 lauréats finaux lors des assises régionales de l’IA, évènement fédérateur pour l’IA francilienne, sous la co-présidence de Bertrand Braunschweig.

    Accompagnent

    Les 10 lauréats bénéficieront d’un accompagnement pendant trois mois :

    • deux mois d’encadrement par Ernst & Young dans un premier temps, puis un accompagnement par les sponsors industriels (Dassault Systèmes, Atos, Empruntis) au cours duquel les experts aideront les candidats sur des problématiques techniques liées aux produits déployés;
    • un mois d’accompagnement où les candidats sollicitent des mentors et experts mobilisés dans le cadre du Challenge sur des problématiques qu’ils jugent stratégiques pour la réalisation de leur produit et le développement de leur entreprise (expertise technique, recrutement, marché, etc.).

    Contact 

    Une adresse électronique est disponible : aichallenge@parisregion.eu 

  • La CNAM a présenté son projet d’avenant sur le financement de la téléexpertise

    Lors d’une séance de négociations organisée le jeudi 12 avril 2018, un projet d’avenant a été soumis par la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) aux principaux syndicats de médecins en matière de tarification de la télémédecine. Ces derniers jugent les tarifs proposés « insuffisants » et de nature à favoriser l’émergence d’une « télémédecine à deux vitesses ».

    Nicolas Revel, directeur de la CNAM, a par ailleurs fixé l’objectif de l’ouverture de la téléconsultation et de la téléexpertise à l’ensemble des patients au 1er janvier 2020.

    Sur le volet tarifaire, le projet d’avenant précise les modalités de rémunération des actes de téléexpertise.

    Rémunération de la téléexpertise de niveaux 1 et 2

    S’agissant de la téléexpertise, le niveau de rémunération varie selon la fréquence (ponctuelle ou régulière) et le niveau de complexité des actes réalisés par le médecin.

    – 12 euros : tarif proposé par la CNAM pour rémunérer le praticien pour un acte de télé-expertise de niveau 1, dans la limite de 4 actes par an, par médecin, et par patient. Le premier avis, rapporte le Quotidien du Médecin dans un article publié le 13 avril 2018 à l’issue de la séance de négociations, consiste en « un avis donné sur une question circonscrite, sans nécessité de réaliser une étude approfondie d’une situation médicale ». Cet avis de premier niveau correspond ainsi à « l’analyse de documents en nombre limité (photographie, résultat d’examen complémentaire isolé, données cliniques y compris pour l’orientation de la prescription, etc.). »

    – 20 euros : tarif proposé par la CNAM pour un acte de télé-expertise de niveau 2 « approfondi » qui nécessite « un avis circonstancié » dans le cadre d’une « situation médicale complexe », dans la limite de 2 actes par an, par médecin, et par patient. L’acte de niveau 2, rapporte le Quotidien, consiste en un avis circonstancié donné en réponse à une situation médicale complexe après étude approfondie de plusieurs types de documents (suivi d’une plaie chronique en état d’aggravation, adaptation d’un traitement antileptique », etc. La liste proposée par la CNAM est appelée à évoluer.

    Le projet d’avenant de la CNAM précise que « l’ensemble de ces actes de télé-expertise ne peut pas faire l’objet de dépassements d’honoraires ».

    Quelles modalités de rémunération ?

    La CNAM a proposé que le travail de coordination du médecin sollicitant un confrère pour un acte de téléconsultation sera valorisé forfaitairement dès la dixième demande, quelque soit le niveau (1 ou 2), comme suit : 

    -entre 10 et 30 demandes par an, le médecin touchera un forfait de 75 euros ;
    -entre 31 et 60 le forfait est de 170 euros ;
    -entre 61 et 100 télé-expertises requises le forfait s’élève à 300 euros ;
    -au-delà de 100 télé-expertises requises, le forfait passe à 375 euros.

    Un nouvel indicateur « télémédecine » sera intégré au forfait structure. Il sera affecté de 50 points à partir de 2019, soit 350 euros. Il valorisera « l’implication du médecin dans des démarches de prise en charge des patients par télémédecine en participant aux frais d’équipements générés par cette activité : équipement pour vidéotransmission sécurisée nécessaire à la réalisation de la téléconsultation, y compris via les abonnements aux plateformes de télémédecine, etc. » , lit-on dans le projet d’avenant, d’après le Quotidien.

    Les syndicats de médecins se montrent pour l’heure circonspects

    Le SML, la CSMF, la FMF et MG France considèrent que les tarifs proposés par la CNAM ne sont pas suffisants. Ils encouragent à définir des tarifs plus incitatifs. A titre d’exemple, la CSMF précise par un communiqué daté du 16 avril 2018 que « la CNAM ne semble pas avoir complètement pris la mesure de l’importance capitale de la télémédecine pour réorganiser l’exercice médical dans un contexte innovant. (…) il est essentiel que la CNAM s’engage totalement dans la téléconsultation et la télé-expertise, si on veut éviter que les assureurs complémentaires soient les seuls à proposer de nouvelles formes d’offres de soins. Sans moyens adéquats, le risque de voir une télémédecine à deux vitesses est aujourd’hui trop grand ».

    Une nouvelle séance de négociation sur la télémédecine est prévue le 19 avril 2018.

  • La FDA publie 2 guides pour encourager le développement de nouveaux supports de séquençage génétique

    La Food and Drug Administration (FDA) a publié les 12 et 13 avril 2018 deux guides à l’usage des industriels de santé, qui comportent des recommandations pour concevoir, développer et valider des tests de diagnostic fondés sur l’utilisation de nouvelles technologies de séquençage génétique appelées next generation sequencing.

    Quelle est la spécificité du next generation sequencing (NGC) ?

    Les stratégies de next generation sequencing (NGC) consistent à analyser l’ADN d’une personne pour détecter une variation génétique et déterminer si elle est susceptible de développer une maladie génétique ou non. Ces méthodes visent également à éclairer le choix du traitement.

    A la différence des méthodes de diagnostic traditionnelles, qui cherchent à identifier une modification chimique attribuée à une maladie génétique, le next generation sequencing analyse des millions de changements chimiques pour déterminer les risques d’apparition d’une maladie. Ces tests, relève la FDA, contribuent à l’avancement de la médecine de précision, dont elle a fait l’un des axes structurants de son programme de travail pour l’année 2018, aux côtés de la santé numérique.

    Deux guides à l’intention des industriels de santé pour développer le NGS

    Le premier guide, publié le jeudi 12 avril 2018, s’intitule « Use of Public Human Genetic Variant Databases to Support Clinical validity for Genetic and Genotic-Based In Vitro Diagnostics ». Le guide décrit comment les concepteurs de technologies de séquençage de l’ADN peuvent s’appuyer sur les bases de données de la FDA, du National Institute of Health pour développer leurs outils.

    Le second guide, intitulé « Considerations for Design, Development, and Analytical Validation of Next Sequencing (NGS)-Based in Vitro Diagnostics (IVDs) Intended to Aid in the Diagnostic Suspected Germline Diseases », contient des recommendations pour aider à la conception, au développement, et à la validation des tests NGS de diagnostic des individus potentiellement porteurs d’une maladie génétique. Il précise également les critères établis par la FDA pour la pré-commercialisation du produit.

  • Etude : le deep learning pourrait transformer les smartphones en microscope

    Des chercheurs américains de l’université de Californie (UCLA) ont développé une technique permettant d’améliorer la qualité de photos prises par des smartphones. Grâce au deep learning, la résolution de l’image est équivalente à celle des images de microscope. Cette technologie pourrait aider les pays en développement à poser des diagnostics médicaux de haute qualité. Leurs travaux* ont été publiés le 15 mars 2018 dans ACS Photonics, la revue de l’American Chemical Society.

    Le deep learning au service des pays pauvres

    Les pays en développent souffrent de manque d’équipements sanitaires. Or, pour poser un diagnostic, des outils de haute technologie s’avèrent souvent nécessaires. Le deep learning pourrait contribuer à combler le fossé entre pays riches et pays pauvres.

    Des chercheurs américains de l’Ecole Samueli du Génie et des Sciences appliquées de l’Université de Californie (UCLA), et tout particulièrement Aydogan Ozcan, professeur de génie électrique et informatique, ont mis au point des innovations dans le domaine de détection et de la microscopie mobiles. Ils s’intéressent tout particulièrement aux dispositifs de diagnostics médicaux portatifs pour les pays en développement.

    Si la qualité des images réalisées par des smartphones dans le cadre de dépistage (notamment dans les pays pauvres) a déjà fait l’objet de nombreuses publications, les travaux publiés le 15 mars dans ACS Photonics, la revue de l’American Chemical Society, explorent une voix encore plus exigeante.

    Les chercheurs de l’UCLA avaient pour objectif de tirer parti du deep learning pour élever les capacités d’un appareil photo de smartphone standard jusqu’au niveau d’un microscope de laboratoire. A l’heure actuelle, les interfaces d’imagerie optique des téléphones mobiles ne sont pas conçues pour la microscopie et produisent des distorsions dans l’imagerie microscopique.

    Un dispositif imprimé en 3D et peu coûteux

    Pour palier ce handicap, les chercheurs relevé plusieurs défis :

    • la mise au point d’une pièce qui peut être placée sur l’objectif du smartphone afin d’augmenter la résolution et la visibilité des petits détails, jusqu’à une échelle d’environ un millionième de mètre.
    • Sa fabrication : elle est imprimée en 3D, ce qui permettait de la fabriquer pour un coût de 100 $ seulement.
    • Le développement d’un code informatique basé sur l’apprentissage en profondeur pour améliorer la qualité des photos prises avec un smartphone

    Les chercheurs fait appel à l’intelligence artificielle, et plus particulièrement au deep learning, pour atteindre vraiment la précision des images de laboratoire. « Grâce à l’apprentissage en profondeur, nous cherchons à combler le fossé entre les microscopes bon marché basés sur les téléphones portables et les microscopes de table standard à l’aide de lentilles haut de gamme », a déclaré Aydogan Ozcan, principal auteur de l’étude.

    Les chercheurs ont pris des photos d’échantillons de tissus pulmonaires, de sang et de frottis vaginaux, en utilisant d’abord un microscope standard de laboratoire, puis un smartphone équipé d’un accessoire de microscope imprimé en 3D. Les chercheurs ont ensuite transféré les images dans un système informatique qui «apprend» comment améliorer rapidement les images du téléphone mobile.

    Des smartphones aussi précis que des microscopes

    La technique améliore tellement la résolution et les détails de couleur des images du smartphone qu’elles se rapprochent de la qualité des images des microscopes de laboratoire. Elle s’est même révélée efficace avec des images de moindre qualité, qui avaient été compressées pour être plus facilement stockées et transférées.

    Cette technologie spécifique est juste une sorte de mise à niveau pour les caméras de smartphone, mais « nous croyons que notre approche est largement applicable à d’autres systèmes de microscopie à faible coût qui utilisent, par exemple, des lentilles ou des appareils photo bon marché, et pourrait faciliter le remplacement des microscopes de table haut de gamme avec des alternatives mobiles rentables », ont déclaré les auteurs de l’étude. L’utilisation en routine d’un tel dispositif dans des zones défavorisées du globe reste cependant inconnue.

    La recherche a été soutenue par la National Science Foundation et le Howard Hughes Medical Institute.

  • RSE

    responsabilité sociétale des entreprisesnull

  • Innovation : le ministère précise les modalités de mise en oeuvre de l’article 51 de la LFSS 2018

    Le Ministère des Solidarités et de la Santé publie, le 13 avril 2018, une « foire aux questions » consacrée à l’article 51 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2018. La foire aux questions évoque notamment les objectifs poursuivis par les expérimentations, les dérogations législatives prévues par l’article 51, le rôle de la Haute autorité de santé (HAS), la gouvernance du dispositif, les porteurs de projets expérimentaux.

    L’article 51 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2018 a introduit un dispositif permettant d’expérimenter de nouvelles organisations en santé reposant sur des modes de financement inédits, « afin de décloisonner le système de santé et d’inciter à la coopération entre les acteurs, notamment à travers des objectifs d’efficience et une meilleure prise en compte de la prévention et de la qualité des soins » rappelle le ministère.

    Le décret du 21 février 2018 précise les modalités de mise en œuvre du dispositif, dont les orientations sont définies par le conseil stratégique de l’innovation en santé. Installé le 5 avril 2018 par Agnès Buzyn, ce conseil suit en outre les expérimentations et, in fine, se prononce sur l’opportunité de leur généralisation. Le « foire aux questions » précise des modalités de financement et de mise en oeuvre de dispositifs innovants.

    Les expérimentations attendues doivent concourir à :

    – la pertinence et la qualité de la prise en charge sanitaire, sociale ou médico-sociale ;

    – les parcours des patients, via notamment une meilleure coordination des acteurs ;

    – l’efficience du système de santé ;

    – le bon usage du médicament.

    Les porteurs du projet peuvent présenter une expérimentation répondant à plusieurs de ces objectifs et doivent proposer un terrain d’expérimentation. 

    L’article 51 de la LFSS permet de déroger à plusieurs dispositions législatives

    Les dérogations prévues à l’article 51 portent sur : 

    – les règles de facturation et de tarification pour tous les offreurs de soins ;

    – le panier de soins remboursables ;

    – la participation financière des patients ;

    – le partage d’honoraires entre professionnels de santé.

    Plusieurs dérogations relatives à l’organisation du système de santé nécessitent un avis de la Haute Autorité de Santé, notamment : 

    – les prestations d’hébergement temporaire non médicalisé, éventuellement déléguées à un tiers, en amont ou en aval de l’hospitalisation.

    – l’attribution d’autorisations d’activité de soins et d’équipements matériels lourds à des groupements constitués d’établissements de santé ou de professionnels de santé ;

    – l’intervention des prestataires de service et distributeurs de matériels pour la dispensation de dialysat à domicile.

    En revanche, l’article 51 de la LFSS pour 2018 ne permet pas de déroger aux dispositions relatives aux compétences des professionnels de santé.

    La gouvernance du dispositif est assuré par les acteurs suivants :

    – le conseil stratégique est chargé d’impulser les grandes orientations du dispositif et de formuler des avis en vue de la généralisation des expérimentations. 

    – le comité technique émet un avis sur ces expérimentations qui conditionne leur autorisation éventuelle. Son examen porte sur leur mode de financement, leurs modalités d’évaluation. Il lui revient également de déterminer son champ d’application territorial. 

    – une équipe nationale d’appui organise le travail du conseil stratégique et du comité technique.

    – en région, les agences régionales de santé pilotent le dispositif en lien avec le réseau de l’assurance maladie et l’équipe nationale d’appui.

    Précisions quant aux porteurs de projets expérimentaux 

    Le ministère précise qu’il n’existe « aucune restriction concernant le statut juridique des porteurs de projets ». Peuvent donc soumettre un dossier d’expérimentation : les associations d’usagers, les établissements de santé publics ou privés, les fédérations et syndicats, les professionnels de santé, les entreprises, les professionnels de l’aide à domicile, les organismes complémentaires et les collectivités territoriales. 

    La « foire aux questions » précise également les modalités de déclaration des éventuels conflits d’intérêt.

    Les destinataires des dossiers d’expérimentations

    Les lettres doivent être adressées à l’intention des ARS concernées. Les projets interrégionaux ou nationaux doivent être adressés au rapporteur général du dispositif, placé auprès de la ministre.

    La foire aux questions détaille également : 

    • les dispositifs qui doivent être mis en place pour prévenir les conflits d’intérêt ; 
    • le contenu de la lettre d’intention ; 
    • le cahier des charges ;
    • les modalités de lancement d’un appel à projets ; 
    • les délais de réponse ;
    • les critères de sélection des projets ;
    • les modes d’autorisation et la durée des expérimentations ;
    • le mode de financement du projet d’expérimentation ;
    • l’articulation de ce nouveau dispositif avec la télémédecine ;
    • la procédure à suivre pour les expérimentations relatives aux produits de santé ; 
    • les modes d’évaluation des projets.

    Ces rubriques sont consultables sur le site internet du Ministère de la santé.