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  • Chambre patient connectée : appel à projets pour tester les innovations en environnement hospitalier

    Le Centre Hospitalier de Castres-Mazamet (CHIC) et l’Université d’été de la e-santé offrent l’opportunité de mettre en avant des innovations technologiques dans un environnement hospitalier. L’appel à projets a été lancé le 16 avril 2018.

    Les dispositifs seront présentés dans deux concept rooms de l’hôpital : le 2 juillet 2018 en exclusivité aux sponsors de l’évènement et aux professionnels de santé du Centre hospitalier et le 3 juillet 2018, au public de l’université et à la presse spécialisée.

    La date limite de candidature est le 31 mai 2018.

    Modalités de candidatures

    Peuvent candidater à l’appel à projets « chambre patient du futur », toute entreprise qui propose des solutions technologiques ou de service, répondant impérativement au critère suivant : utiliser ou développer des solutions issues des TIC et adaptées au monde de la santé, du bien-être social et/ou de l’autonomie.

    Un support de présentation de la solution (vidéo, plaquettes…) et une présentation de l’entreprise sont à envoyer avant le 31 mai 2018 à contact@universite-esante.com

    • Étude et sélection des projets : du 1er juin au 11 juin 2018
    • Installation des équipements : le lundi 2 juillet 2018 au matin (frais de déplacements et d’installation à la charge de l’entreprise).

    Des retours des participants de l’édition 2017

     « Présenter la solution de divertissements multimédia et d’informations médicales MultiMed à des professionnels et au grand public, lors de l’Université d’été de Castres-Mazamet, a permis à TMM Software de poursuivre ce qui fait la pertinence de ses solutions e-santé : rester au plus près des usages pour permettre une meilleure expérience utilisateur, en recueillant lors de ces démonstrations, les avis des professionnels de santé et des patients », a expliqué Sophie Leroux-Romanens, directrice communication de TMM Groupe.

    « La salle connectée a été une excellente opportunité de présenter in-situ nos écrans tactiles aux professionnels de santé susceptibles de les utiliser. La mise en situation est la meilleure des démonstrations », Franck Boulanger, Président de R&A.

  • Journal de Gestion et d’Économie Médicales 2018 : financer la télémédecine, Paris 29 juin 2018

    Le Journal de Gestion et d’Économie Médicales, dédié à l’évaluation des pratiques et des organisations de santé, organise le 29 juin 2018, dans le cadre de ses journées JGEM, un débat autour du financement de la télémédecine.

    Une session introductive ouvrira la journée et sera animée par les interventions de Pierre Pribile, directeur général de l’Agence Régionale de Santé Bourgogne Franche-Comté, Annelore Coury, directrice de la Direction déléguée à la Gestion et à l’Organisation des soins de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) et Myriam Burdin, représentante de la  Direction générale de l’offre de soins (DGOS).

    Deux autres sessions qui visent à livrer le point de vue des médecins, d’une part, et des spécialistes en Sciences économiques et en Sciences de gestion d’autre part, compléteront la journée. Dans ce cadre des interventions de Jacques Lucas, qui est le vice-président du Conseil national de l’ordre des médecins, et de Lise Rochaix, présidente du Conseil d’administration de l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation (ATIH) et professeur en Sciences économiques à l’Université de Paris 1 sont au programme.

    Programme

    9h00 : Accueil

    9h30-12h00 : Session introductive

    Intervenants :

    • Pierre Pribile (Directeur général ARS Bourgogne Franche-Comté)
    • Annelore Coury (Directrice de la Direction déléguée à la Gestion et à l’Organisation des soins – CNAM)
    • Myriam Burdin (Cheffe de bureau « coopérations et contractualisations » Bureau PF3 -Sous-direction du pilotage de la performance des acteurs de l’offre de soins-DGOS)

    13h30-15h15 : Le point de vue des médecins

    Intervenants :

    • Jacques Lucas (Vice-président du Conseil National de l’Ordre des Médecins)
    • Thierry Moulin (Président de la société française de télémédecine)
    • Maurice Giroud (ex-président du CA de l’INVS, responsable du réseau Télé-AVC en Bourgogne)
    • François-André Allaert (chaire d’évaluation des allégations de santé, CEREN ESC Dijon, Professeur de Santé Publique à la Faculté de Médecine de Liège)

    Pause : 15h15-15h30

    15h30-17h30 Le point de vue des spécialistes en Sciences économiques et en Sciences de gestion

    Intervenants :

    • Lise Rochaix (Présidente du CA de l’ATIH, Professeur en Sciences économiques, Université de Paris 1)
    • Claude Sicotte (Professeur en Sciences de gestion, Titulaire de la Chaire Prospective en santé, BFM-MOS-EHESP)
    • Julien Mousquès (Directeur de recherche à l’IRDES)
    • Christine Peyron (Maître de Conférences au laboratoire d’économie de l’Université de Bourgogne) et Laure Wallut (Ingénieur d’études)
    • Amandine Rauly (Maître de Conférences en Sciences économiques, Université de Reims Champagne-Ardenne)

    17h30-18h Conclusion

    • Étienne Minvielle (Professeur en Sciences de gestion, Chaire Management EHESP et Gustave Roussy, Directeur du laboratoire Management des Organisations en santé)
  • Nokia s’apprête à mettre en vente la start-up de santé connectée Withings

    Deux ans après avoir acquis la start-up française Withings, basée à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), l’entreprise finlandaise Nokia souhaite s’en séparer, rapporte le journal Le Monde dans un article publié le jeudi 19 avril 2018. D’après Le Monde, Google et Samsung, ainsi que des entreprises européennes et françaises seraient en lice pour racheter Withings.

    Rebaptisée Nokia Health après son rachat en 2016, Withings a commercialisé des outils de santé connecté, comme des pèse-personnes connectés, des bracelets permettant de mesurer l’activité physique de ses porteurs, etc.

    Selon une étude réalisée conjointement par l’Institut Montaigne et le cabinet A. T. Kearney, « le potentiel de création de valeurs des objets connectés liés à la santé irait jusqu’à 35 milliards d’euros à l’horizon 2025, notamment grâce à la prévention et à l’optimisation des parcours de soin », rappelle Le Monde.

  • L’Assemblée nationale se saisit de la question de la réforme de l’accompagnement de la fin de vie

    La commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale organisait, le mercredi 18 avril 2018, une table ronde sur l’accompagnement des personnes en fin de vie, en présence de spécialistes de la question. 

    La table ronde s’inscrivait dans le cadre de la révision des lois de bioéthique. Elle visait à permettre aux membres de la commission d’entendre les acteurs, voire les militants, de l’accompagnement de la fin de vie afin, selon les termes de la présidente de la commission, de « peser les termes du débat » et d’« écouter ceux qui voient la fin de vie au quotidien ».

    La table ronde réunissait le Pr Emmanuel Hirsch, professeur d’éthique médicale à la Faculté de médecine de l’Université Paris-Sud 11, le Pr Serge Perrot, président de la Société française d’étude et de traitement de la douleur (SFETD) et chef du service de la douleur à l’hôpital Cochin-Hôtel Dieu, le Dr Anne de la Tour, présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) et chef de service soins palliatifs et douleurs chroniques au Centre Hospitalier Victor Dupuy d’Argenteuil, et Brigitte Micheau, bénévole, Sylvain Fernandez-Curiel, chargé de mission santé de France assos santé, Tugdual Derville, fondateur de SOS fin de vie et délégué général d’Alliance VITA, et Caroline Roux, déléguée générale adjointe et coordinatrice des services d’écoute.

    Une réunion d’information et d’échanges

    En guise de préambule, la députée Brigitte Bourguignon (LaREM) a fait savoir que la réunion était « dissociée de la révision de la loi de bioéthique (…), destinée non à légiférer, mais à écouter ceux qui voient la fin de vie au quotidien », rapporte le Quotidien du Médecin dans un article publié le 18 avril 2018. 

    Combler le retard français en matière de prise en charge de la douleur et de la fin de vie

    La France présente un certain retard en matière de prise en charge de la douleur dans des unités de soins palliatifs. Le Dr Anne de la Tour rappelait à ce titre que : « 311 000 personnes requièrent un accompagnement palliatif par an, soit 60 % des situations de fin de vie. Or 75 % courent le risque d’une insuffisance de soins palliatifs ». Les effectifs et moyens matériels sont encore insuffisants dans les unités de soins palliatifs, dont l’accès est pourtant garantit par la loi du 9 juin 1999 visant à garantir le droit à l’accès aux soins palliatifs.

    Pistes esquissées pour réformer l’accompagnement de la fin de vie en France

    • reconnaissance de la médecine palliative comme véritable spécialité médicale (Pr Serge Perrot); pour rappel, l’Ordre des médecins y est pour l’heure opposé en France, d’après le Pr Perrot.
    • augmentation du nombre d’unités de soins palliatifs présentes sur le territoire national ;
    • valorisation des approches alternatives de traitement de la douleur, comme l’hypnose, la psychologie ou l’acupuncture, à travers des parcours et des forfaits hors T2A.
    • valorisation des solutions et technologies innovantes en matière d’accompagnement des personnes en fin de vie ;
    • révision de la loi Leonetti-Clayes du 2 février 2016 créant de nouveaux droits en faveur des malades et personnes en fin de vie, laquelle réaffirme l’interdit de recourir à l’euthanasie en France. Le Pr. Emmanuel Hirsch considère que le compromis institué par la loi (refus de l’euthanasie active, légalisation de la sédation profonde et continue, dont la définition vient d’être précisée par la Haute Autorité de santé qui publiait en mars 2018 un guide sur la mise en oeuvre de cette pratique médicale) est « intenable » et doit être révisé. D’autres participants refusent de légaliser l’euthanasie, à l’image du Dr. Anne de la Tour, qui estime que la législation en la matière évolue à un rythme trop soutenu et que les médecins ne disposent pas de suffisamment de temps pour s’y adapter.

  • Prévention du suicide : l’App et le site web StopBlues de l’Inserm aide les personnes en souffrance

    Dans le cadre de la prévention du suicide, l’Unité mixte de recherche 1123 – Epidémiologie clinique et évaluation économique appliquées aux populations vulnérables (ECEVE) a développé, fin 2017, l’application StopBlues, un programme de recherche interventionnelle et évaluative.
    Ce « compagnon virtuel » est chargé d’accompagner, de renseigner et de rassurer les utilisateurs en souffrance.

    L’application comporte un bouton d’urgence, pour contacter le Samu.

    L’appli STOPBLUES et son site Internet permet à son utilisateur d’avoir accès à des informations (vidéos de professionnels, de malades ou de proches), ou encore de remplir des questionnaires d’auto-évaluation de façon anonyme. un plan de soutien peut être proposé.

    Un mapping permet également de trouver à proximité des médecins, des centres médicaux psychologiques ou encore des associations.

    Des informations sont aussi destinées aux proches : signes avant-coureur, comment réagir, quels mots utiliser, comment orienter ses proches vers un médecin…, etc.

    Un outil développé pour faire face au déni

    L’Inserm rappelle que chaque année on compte en France 200 000 tentatives de suicide et 10 500 décès par suicide.

    Si les scientifiques ont eu l’idée de se tourner vers ces deux outils numériques, c’est avant tout pour dépasser un des principaux obstacles auxquels se heurte la prévention. « Aujourd’hui les personnes en souffrance psychologique sont dans le déni : 80 à 90% des personnes qui se suicident sont allées consulter un médecin, mais pour tout autre chose… Elles n’ont pas osé se confierRessentir un mal-être ou évoquer le suicide est encore associé à une faiblesse, alors les personnes en souffrance n’en parlent pas, jusqu’au jour décisif… » explique Karine Chevreul, professeure de santé publique et responsable du projet.

    Les chercheurs de l’Inserm projette de développer deux nouvelles appli, l’une spécifiquement dédiée à la prévention du suicide chez les 15-25 ans, l’autre en lien avec les souffrances psychiques liées au travail.

    Pour télécharger StopBlues, suivre ce lien.

  • L’ambulatoire et un parcours de soin pluridisciplinaire contre les troubles alimentaires des jeunes

    L’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris a annoncé, dans un communiqué du 17 avril 2018, la mise en place d’une unité innovante de soin ambulatoire pour combattre les TCA (troubles du comportement alimentaire) chez l’adolescent à hôpital universitaire Jean-Verdier – AP-HP et l’établissement public de santé de Ville-EvrardAP-HP de Bondy.

    L’approche innovante, baptisée le UFITAA (Unité Familiale Inter-hospitalière pour les Troubles du comportement Alimentaire de l’Adolescent), suppose un traitement fondé sur l’hospitalisation de jour et l’implication forte de l’entourage de l’adolescent afin de minimiser sa rupture sociale et améliorer les résultats cliniques.

    Le projet se caractérise par une prise en charge multidisciplinaire et un ancrage au sein d’un territoire défini – le département de Seine-Saint-Denis (93) et les communes limitrophes du Val d’Oise (95) et de Seine-et-Marne (77).

    Lutter contre un problème de santé publique grâce à une approche inspirée d’un modèle anglo-saxon éprouvé

    Actuellement, selon les chiffres de l’AP-HP, ce sont potentiellement 1 400 adolescents du territoire de la Seine-Saint-Denis qui souffriraient des troubles du comportement alimentaire.

    C’est face à ce constat que les deux hôpitaux ont développé ce projet innovant fondé sur un un modèle anglo-saxon faisant appel à un parcours de soins pluridisciplinaires pour combattre les TCA. Il repose sur quatre piliers :

    • une prise en charge précoce et coordonnée ;
    • des soins prodigués exclusivement en ambulatoire ;
    • une mobilisation forte de l’entourage familial ;
    • des actions intensives et intégrées avec l’intervention de pédiatres et pédopsychiatres.

    Traitement : thérapie familiale soutenue par un pool de professionnels de santé

    Le traitement proposé sera articulé autour d’une thérapie familiale spécialisée, un suivi pédiatrique renforcé et un accompagnement diététique. Si besoin est des soins psychothérapiques ou psychomoteurs individuels pourront être prodigués.

    L’équipe de professionnels de santé dédiée au suivi de la famille peut inclure au besoin des pédiatres, des pédopsychiatres, des psychologues (familiaux et individuels), des infirmiers, des diététiciens, des psychomotriciens, etc.

    Capacités actuelles de l’UFITAA de l’hôpital Jean-Verdier

    Pour l’année 2018, il est prévu que l’UFITAA de l’hôpital Jean-Verdier prenne en charge 40 adolescents. La capacité de prise en charge est censée augmenter par la suite pour répondre aux besoins de soins de 120 jeunes.

    Une évaluation multidisciplinaire du patient, fondée sur un entretien et un examen clinique minutieux, conduira à l’établir un diagnostic et une évaluation des risques qui débouchera lui sur un parcours coordonné. En fonction des besoins personnels du patient, une série de 10 à 20 séquences de soins, étalées sur un an, seront prescrites, invitant le patient à effectuer des passages en hôpital de jour de façon hebdomadaire ou bimensuelle.

  • CHRONIC Care Act 2018 : la télémédecine au service du suivi des pathologies chroniques aux Etats-Unis

    Intégré au Bipartisan Budget Act de 2018, et voté le 9 février 2018, le Creating High-Quality Results and Outcomes Necessary to Improve Chronic (CHRONIC) Care Act of 2018 fait de la télémédecine un outil de suivi des patients atteints de maladies chroniques et des personnes âgées de premier plan.

    Une législation mouvante sur l’accompagnement des malades chroniques et personnes âgées

    Depuis 2010, les programmes fédéraux américains Medicare et Medicaid privilégient une approche fondée sur le value-based care, qui encouragent les prestataires de soins et de services de santé à améliorer la qualité et l’efficience des soins proposés aux patients atteints de maladies chroniques. Cette inflexion des politiques de santé s’est traduite par : 

    • l’augmentation du nombre de bénéficiaires du Medicare Advantage (assurances de santé fournies par des entreprises privées), qui s’établit aujourd’hui à 19 millions de bénéficiaires, dont 2,3 millions de titulaires de Special Needs Plans (SNPs) (destinés aux patients présentant des cas complexes). 
    • 22 états américains ont fusionné les programmes Medicaid et Medicare et développent des services d’aide et de soins à domicile. Un nombre croissant d’Etats met en oeuvre des services d’aide de long terme administrés par le programme Medicaid, intitulé Medicaid managed long-term services and supports (MLTSS), qui visent à orienter la dépense publique vers des programmes de maintien à domicile et de prestataires de soins locaux. Un rapport du Center for Health Care Strategies, rédigé en 2017 en partenariat avec le National Association of States United for Aging and Disabilities évalue ces programmes de maintien à domicile.
    • les quelques 561 Accountable Care Organizations (ACOs) en activité accueillent désormais plus de 10 millions de bénéficiaires de Medicare, d’après des chiffres des Centers for Medicare & Medicaid Services.

    Une prise en charge encore « imparfaite »

    Malgré ces avancées, relève la Scan Foundation, la prise en charge des individus en situation de handicap souffre d’un manque de coordination. Organisme de recherche publique spécialisée dans la dépendance des personnes âgées, la Scan Foundation publie une note de synthèse sur les changements induits par le Chronic Care Act de 2018.

    L’organisation du système de santé ne permet pas de répondre aux besoins spécifiques de ces populations. Pour pallier ce manque, le Senate Committee on Finance Chronic Care Working Group a publié des documents de travail (Policy Options Document), organisé des auditions parlementaires, et réuni les principaux acteurs du secteur médico-social américain pour réviser et infléchir la législation américaine dans le sens d’une meilleure coordination du parcours des malades chroniques.

    Il en a résulté un projet de loi intitulé Creating High-Quality Results and Outcomes Necessary to Improve Chronic (CHRONIC) Care Act, intégré au Bipartisan Budget Act de 2018, voté par le Congrès Américain le 9 février 2018 et signé par le Président Trump le jour même.

    Le Chronic Care Act ménage une place de choix à la télémédecine et aux innovations en santé

    Parmi les principales dispositions introduites par la loi, plusieurs ont trait aux innovations technologiques et organisationnelles : 

    • Etendre le périmètre des Gives Medicare Advantage plans pour qu’ils prennent en charge les services « non médicaux » comme des barres de douche et des fauteuils roulants pour les malades chroniques ;
    • Développer la télémédecine et les téléconsultations pour les adhérents au programme Medicare Advantage (MA) ;
    • Pour les patients atteints d’insuffisance rénale, leur permettre de bénéficier de dialyse à domicile grâce à des services de téléconsultation ;
    • Créer un nouveau programme avec certaines Accountable Care Organizations, (prestataires de soins qui exercent en groupe et peuvent délivrer des soins coordonnés aux patients Medicare) pour des tarifs inférieurs ou égaux $20 (16€) par consultation ;
    • Encourager une meilleure coordination de services pour les personnes bénéficiaires des Special Needs Plans.
  • Téléconsultation : une généralisation prévue à partir du 15 septembre 2018

    La Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) et cinq syndicats de médecins ont abouti à l’occasion de la réunion du 18 avril 2018 à un accord concernant la mise en œuvre des téléconsultations, sans que pour autant le nouveau projet d’avenant conventionnel sur la téléconsultation et télé-expertise soumis par la Cnam à cette occasion n’ait été signé.

    Il vise notamment :
    • la généralisation de l’accès à la téléconsultation à tous les patients ;
    • l’avancement de la date de l’accès aux téléconsultations au 15 septembre 2018, prévue initialement au 1er janvier 2020.

    Par ailleurs, à l’issue de cette quatrième réunion du cycle de 6 rounds de négociations prévus initialement, la rémunération de l’acte de la téléconsultation assuré par un généraliste à hauteur de 25 euros a été maintenue, de même que les tarifs relatifs à l’acte de télé-expertise avancés lors de la réunion du 15 mars 2018.

    Une nouvelle version de l’avenant sera proposée aux syndicats sous peu et les négociations seront poursuivies en mai 2018.

    La téléconsultation pour tous

    Le cadre d’application de la téléconsultation défini au départ avait instauré la restriction de public bénéficiaire en limitant le recours à la téléconsultation aux patients souffrant d’une ALD, de maladies rares, résidant en Ehpad ou zones sous-denses. Avec le nouvel avenant, cette restriction a été levée.

    La Confédération des Syndicats Médicaux Français (CSMF), MG France, Syndicat des médecins libéraux (SML), la Fédération des Médecins de France (FMF) et le BLOC ont confirmé la nécessité d’inscrire la téléconsultation dans un parcours de soins coordonné.

    La rémunération des médecins et aides associées confirmées

    Sur l’aspect de la tarification des téléconsultations, la Cnam a affirmé sa position de départ en proposant 25 euros pour un médecin généraliste et 30 euros pour un médecin spécialisé.

    Télé-expertise et forfait structure

    Concernant la rémunération de la télé-expertise, la Cnam campe sur ses positions : 12 euros pour une expertise simple et 20 euros pour une expertise complexe. Le dernier projet en date introduit une troisième catégorie de télé-expertise nommée « très complexe ».

    Le forfait structure quant à lui est maintenu, mais la Cnam souhaite l’associer à une dotation de 350 euros par an. Elle pourrait éventuellement être complétée par une aide à l’équipement à hauteur de 175 euros, à la demande des syndicats. Une demande que la Cnam va examiner pour la prochaine réunion.

    Rémunération du médecin requérant 

    Le projet de la Cnam présenté le 18 avril 2018 introduit le déclenchement de la rémunération du médecin requérant dès la première télé-expertise. Alors que l’avenant précédant ne prévoyait pas de rémunération du médecin requérant avant le 10e acte de télé-expertise, ce dernier pourrait toucher un forfait annuel de 50 euros. Au-delà de dix actes de télé-expertise, chaque acte supplémentaire devrait été rémunéré  5 euros, dans la limite d’un plafond annuel de 500 euros.

    Les syndicats mécontents des tarifs proposés

    Concernant la tarification de la téléconsultation par un médecin généraliste (20 euros) et par un médecin spécialisé (30 euros), Philippe Vermesch, le président du SML a déclaré : «Au moins, on a gardé la possibilité de faire des dépassements d’honoraires».

    « Nous avons proposé ensemble une différenciation de rémunération du médecin requérant en fonction du niveau de télé-expertise« , a déclaré le Dr Jacques Battistoni, président de MG France. Les syndicats réclament que dans le cadre d’une télé-expertise de niveau 2 (complexe), l’acte supplémentaire soit  tarifé 10 euros pour le requérant.  

  • CCAM

    Classification commune des actes médicauxnull

  • « Quelle place pour les infirmiers dans la télémédecine ? » (Nathalie Depoire, Syndicat CNI)

    Le 13 avril 2018, Nathalie Depoire, présidente du Syndicat Coordination nationale Infirmière (CNI), a adressé à Emmanuel Macron, Agnès Buzyn, Nicolas Revel, directeur général de la Caisse nationale d’assurance maladie, Patrick Chamboredon, président de l’Ordre National des Infirmiers et l’ensemble des parlementaire, une lettre ouverte au sujet de la tarification à l’acte de télémédecine.

    Elle évoque notamment les questionnements d’une infirmière au sujet de la place du personnel paramédical dans la prise en charge en télémédecine  – questionnements que le syndicat partage – et demande une réponse adaptée. Selon le syndicat, les négociations sur la rémunération des actes de télémédecine sont « une profonde injustice » pour la profession et avant de réclamer une juste rémunération, il demande « la reconnaissance des compétences des infirmiers ».
     
    Health&Tech Intelligence publie cette tribune in extenso et ouvre le débat.

    Notre système de santé doit faire face à un flux croissant de patients lié à l’avancée en âge et son corollaire de maladies chroniques, véritable problème de santé publique. Les contraintes économiques induisent de multiples injonctions paradoxales générant un mal être croissant des professionnels de santé, conduisant parfois à des fins dramatiques. En tant que présidente du syndicat CNI, je reçois le questionnement de Nicole Tagand, responsable d’une consultation infirmière plaies chroniques hospitalière, qui a contribué en tant qu’expert, à l’élaboration et la mise en place d’une expérimentation de télémédecine dédiée aux patients en Ehpad.

    Sa réflexion pose la question de la place de l’infirmière, acteur majeur et maillon indispensable de la chaîne du soin dans notre système de santé. Est-il économiquement viable de faire abstraction des infirmiers, profession paramédicale la plus importante en effectifs dans l’hexagone ?

    Partageant ses interrogations, je vous propose de découvrir ci-après son écrit :

    La télémédecine doit-elle être réservée aux médecins ?

    « L’acte de télémédecine est maintenant rémunéré et pour cela une tarification requérant (demandeur) et requis (expert) est instaurée, financée par l’assurance maladie alors que jusqu’à présent, les expérimentations étaient financées par l’ARS sur le FIR ou le FEDER. Lors de la mise en place des « expérimentations » le 23 avril 2015 (9 régions pilotes avaient été choisies par la DGOS pour expérimenter ce dispositif, ndrlr) les régions Basse-Normandie et Languedoc-Roussillon étaient déjà prêtes, et la rédaction du protocole de coopération de Montpellier stipulait bien que l’acte de télémédecine n’était pas dérogatoire dans la prise en charge des plaies par un expert infirmier. Par définition, les expérimentations sont une étape avant la mise en place d’une méthodologie et ses implications organisationnelles et financières pour l’amélioration du service rendu, ou abandon en cas d’inefficacité.

    Quelle n’a été ma surprise de voir la tarification à l’acte de télémédecine, que ce soit en téléconsultation, ou en télé expertise limitée à des interactions de médecin à médecin uniquement ! L’inscription à la CCAM implique que seuls les médecins pourront l’utiliser et prétendre à rémunération, sauf à demander un protocole de coopération pour obtenir une dérogation sur cet acte, ce qui est loin d’être une simple formalité, et encore plus loin de l’obtention d’une rémunération identique.

    C’est une profonde injustice, car comment imaginer qu’un médecin puisse être expert de la science infirmière ? De l’approche kinésithérapeutique ? Ou de toute approche paramédicale, qui par définition collabore en complémentarité pour apporter au patient des soins adaptés tenant compte de sa globalité, et son devenir par la prévention et l’éducation. Cela se fait tous les jours dans un travail de collaboration où chacun apporte savoir et savoir-faire pour l’élaboration de stratégies et d’actions adaptées, personnalisées au patient. Faudra-t-il passer par un protocole de coopération systématiquement? Pourquoi cloisonner le numérique supposé ouvrir le champ des possibles ?

    Un médecin ne peut être un expert infirmier, et les infirmiers développent des expertises dont ont besoin les médecins. Le domaine des plaies fait appel à l’expertise infirmière de longue date, ce qui est entériné par les deux protocoles de coopération validés à Montpellier et Toulouse. N’est-il pas paradoxal de déclarer que les médecins se raréfient, qu’il est urgent de travailler en collaboration et en complémentarité, et d’éteindre la richesse du numérique en l’étouffant dans un goulot médical qui ne serait de fait qu’un intermédiaire pour communiquer ? En 2007, la prescription infirmière est introduite pour « fluidifier » le parcours patient, et éviter un recours systématique au médecin pour prescrire ce dont l’infirmier avait besoin pour réaliser les soins. Doit-on imaginer que pour demander une expertise paramédicale ou portée par un paramédical, le médecin soit le seul opérateur possible ? Peut-on croire que les médecins traitants vont se faire un plaisir de servir d’intermédiaire à des infirmiers pour exposer une demande pour laquelle ils ne sont pas outillés (description de la plaie, pansements utilisés, état des pansements au retrait, pose de bandes de compression…) ?

    Que la demande soit encadrée et justifiée n’est pas un problème, information du médecin, accord du médecin sont déjà établis depuis 2007. Mais que feront les médecins libéraux qui ont déjà dans leur carnet d’adresse des experts paramédicaux à qui ils adressent leurs patients sur des thématiques ciblées ? Qui vont-ils solliciter ?

    Je comprends bien l’intérêt pécuniaire des médecins, et encore, mais quel est l’intérêt de la caisse d’assurance maladie ?

    L’ordre des médecins publie sur son site ses avis, ne serait-il pas opportun d’en faire autant pour les infirmiers? Notre ordre n’est-il pas le porte-parole de nos savoirs et de notre savoir-faire ? Avant de réclamer une juste rémunération, ce qui appartiendrait à nos syndicats, libéraux et hospitaliers réunis, la reconnaissance de nos compétences est indispensable, et renforcerait notre fierté professionnelle, bien malmenée. Le leadership ne se décrète pas, il se vit et se voit par le prisme de nos comportements, notre capacité à se positionner, à être des acteurs incontournables du domaine de la santé.

    Les paramédicaux sont inaudibles sur les avis, décrets et publications : manque de voix ou manque d’écoute ? Si le numérique est un outil, alors il doit offrir la même diversité, complémentarité au patient pour une prise en charge de qualité. A l’heure où l’on s’interroge enfin sur la pertinence de la T2A, pâle reflet financier de l’activité dont les hôpitaux se meurent, faut-il accepter sans rechigner d’être une fois de plus écartés du champ de vision du soin au patient ?

    A la dernière question de Nicole, je répondrai non bien sûr : il incombe aux professionnels infirmiers d’exiger la reconnaissance qui leur est due et pourtant si souvent niée. C’est donc à la fois au nom des professionnels infirmiers, mais aussi pour une réponse adaptée aux besoins de santé de la population que je vous demande d’examiner cette question.

    Vous remerciant de l’attention portée à cette demande et restant disponible, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, Madame la Ministre de la Santé et des Solidarités, Monsieur le directeur général de la Caisse nationale d’assurance-maladie (CNAM), Monsieur le président de l’Ordre des Infirmiers, Mesdames, Messieurs les députés et sénateurs, mes respectueuses salutations.