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  • « Startup Lions » : un road trip entrepreunarial à la rencontre des start-ups africaines de la e-santé

    De 2014 à 2017, Samir Abdelkrim a sillonné les routes en construction de la tech africaine. Des hauts plateaux éthiopiens aux collines de Kigali, des techs hubs de Tunis ou de Lagos aux hackatons de Dakar, il a exploré les écosystèmes numériques de plus de 20 pays et rencontré plus de 185 entrepreneurs, dont un bon nombre dans le domaine de la e-santé.

    « Ce qui motive ces entrepreneurs, c’est de trouver des solutions aux problèmes de leurs pays, conquérir de nouveaux possibles, changer le monde des hommes grâce au pouvoir des bits », écrit-il dans l’ouvrage qu’il a écrit à la suite de cette aventure, Startup Lions, paru fin 2017 et destiné aux industriels qui souhaitent investir, aux personnes ayant un projet de start-up en Afrique, à ceux qui sont curieux de découvrir l’expérience de ces entrepreneurs, etc.

    Health&Tech Intelligence vous propose une chronique de cet ouvrage en mettant en avant les start-ups de la e-santé et les projets associés identifiés par Samir Abdelkrim.

    « Notre avenir s’invente aujourd’hui en Afrique »

    « D’après nos statistiques, le taux de mortalité infantile des bébés de moins d’un an est passé de 47‰ en 2009 à 31‰ en 2015 », explique Erick Gaju, directeur du département de télémédecine au ministère de la Santé du Rwanda. Il attribue cette réussite au déploiement de RapidSMS, première appli de télémédecine déployée à grande échelle en Afrique et utilisé jusque dans les villages les plus reculés. RapidSMS est l’une des nombreuses innovations mises en avant par Samir Abdelkrim dans Startup Lions. Selon cet entrepreneur également chroniqueur pour Le Monde, « notre avenir s’invente aujourd’hui en Afrique ».

    Il revient sur l’histoire de ce développement rapide et phénoménal des TIC en Afrique – « de l’hyperabsence du téléphone à l’hyperprésence du mobile » par exemple ou encore le déploiement des tech hubs – au nombre de 500 en 2017, seulement dix ans après le début de la révolution numérique. Il explique surtout que « contrairement à ce qui se passe en Occident, où l’innovation peut avoir tendance à privilégier une certaine élite technologique, en Afrique, l’innovation est radicalement inclusive ». Les considérations ethniques, religieuses ou de sexe n’entrent pas en compte pour la créations de start-ups comme de hubs.

    Start-ups de la e-santé de l’African tech

    Certes, les TIC en Afrique peuvent servir à communiquer, à gérer son bétail, à désenclaver les agriculteurs, à recenser le nombre de tracteurs ou surtout à payer ses factures via téléphone. Cependant, Samir Abdelkrim a aussi découvert lors de son enquête de nombreuses start-ups et des solutions numériques dédiées à « sauver des vies », parmi lesquelles :

    • Gifted Mom au Cameroun : cette appli créée en 2013 compte plusieurs dizaines de milliers d’utilisatrices. La start-up répond par SMS aux questions que se posent les femmes enceintes. Elle les accompagne tout au long de leur grossesse et les renseigne sur les dates de visites prénatales dans les hôpitaux. L’accompagnement se poursuit après la naissance de l’enfant. Gifted mom envoie des rappels sur les dates de vaccination du nouveau-né. Chaque utilisatrice reçoit au moins 3 SMS par semaine et dans les situations d’urgence comme un début d’hémorragie, l’équipe de Gifted Mom contacte l’hôpital le plus proche de l’utilisatrice et s’assure de sa bonne prise en charge.
    • MOS@N au Burkina Faso : cette start-up montée en 2013 se destine à résoudre les problèmes de santé maternelle et infantile auxquels sont confrontés les districts ruraux de la province de Kossi qui ne disposent pas d’infrastructures suffisantes. Il s’agit là aussi d’une appli mobile destinée à informer et conseiller les femmes enceintes afin de leur éviter des complications médicales. Un grand nombre d’entre elle ne sachant pas lire, l’envoi de SMS est doublé d’un système de messagerie vocale, décliné dans les langues locales. L’appli envoie chaque jour des messages de rappel aux mères : conduite à avoir en cas de saignements, règle sanitaires de base, nutrition du bébé, rappel des vaccins, etc.
    • Safe Delivery App en Ethiopie : cette appli est destinée à la formation des sages-femmes pour prévenir les complications liées aux grossesses. Elle leur apporte des conseils, de l’information médicale ainsi que plusieurs vidéos animées en langues locales pour perfectionner leurs compétences obstétriques par l’apprentissage de nouveaux protocoles. Une fois téléchargées, les vidéos sont disponibles offline, ce qui se révèle pratique au regard d’importantes restrictions qui frappent l’internet éthiopien. Les smartphones sont fournis gratuitement par l’équipe de Safe Delivery App et chaque sage-femme bénéficie d’une journée de formation pour bien comprendre les fonctionnalités des appareils.
    • Medtrucks au Maroc : cette start-up lutte contre les déserts médicaux en allant à la rencontre des Marocains souffrant d’insuffisance rénal. Les caravanes sont dotées de matériel médical d’occasion revalorisé et équipées pour dispenser des séances de dialyse. Grâce au big data, Medtrucks va mettre au point une plateforme de géolocalisation. Le but est de collecter des données géographiques et médicales propres aux déserts médicaux (points d’eau existants, centres médiaux d’urgence situés en zone rurale, etc). La start-up mettra ces données à disposition des centres de soins marocains souhaitant étendre leurs activités hors des zones urbaines. 
    • mPedigree au Ghana lutte contre les contrefaçons de médicament, très répandues en Afrique. L’appli développée permet de vérifier avec son téléphone qu’un médicament n’est pas une contrefaçon. Il suffit de gratter un code à plusieurs chiffres situé sur la boîte de médicament et de l’envoyer par SMS à une base de données pour vérification. mPedigree a signé des accords avec AstraZeneca, Sanofi-Aventis et Hewlett-Packard pour la base de données sécurisée en ligne. L’appli a séduit plusieurs pays africains et en 2015 un demi-milliard de boîtes de médicaments avaient été identifiées.
    • BeThree en Tunisie développe un bracelet connecté dont l’algorithme permet de prévenir les crises cardiaques. Ce bracelet intelligent peut détecter en temps réel des changements brutaux du rythme cardiaque et d’évolution de la pression artérielle. Lorsque les signaux biologiques du porteur du bracelet deviennent anormaux, le bracelet envoie un SMS aux proches du porteur et leur envoie les coordonnées GPS du malade, qui permettront aux services de santé d’intervenir au plus vite.
    • Ebola Care App au Nigeria, aide les professionnels de santé à « tracer » les porteurs du virus Ebola et à les contacter, en coordination avec les unités de soins les plus proches. L’appli inclut une option permettant de prendre des photos et d’obtenir un diagnostic à distance. Si la zone couverte n’est pas connectée à Internet, les données continuent d’être stockées sur l’appareil pour analyse ultérieure.

    Zips, les drones civils pour soigner les malades isolés

    Enfin, l’auteur décrit en détails l’expérience rwandaise des « Zips », ces drones qui depuis 2016, servent à soigner les populations les plus éloignées des services hospitaliers : poches de sang, médicaments et vivres peuvent être livrés à des malades vivant dans des villages difficiles d’accès.

    Le Rwanda a pour cela repensé entièrement son système de santé pour devenir le premier État à expérimenter, puis industrialiser l’usage d’une quinzaine de drones civils. Un projet développé grâce à l’aide de la start-up américaine de robotique Zipline et à l’ONG médicale Gavi.

    Startup Lions, Au cœur de l’African Tech de Samir Abdelkrim (auto-édité, 19,90 €). A commander via ce lien.

  • Visiomed Group commercialise sa station de téléconsultation dédiée aux officines

    Visiomed Group a annoncé mi-avril 2018 espérer déployer au sein des officines françaises, d’ici fin 2018, 300 stations de téléconsultation construites autour de sa solution VisioCheck. La commercialisation de cette solution à destination des pharmaciens avait été annoncée dans le cadre du salon PharmagoraPlus qui s’est tenu à Paris les 7 et 8 avril 2018.

    C’est à l’occasion du salon que des commandes fermes et engagements de commandes ont été enregistrés. Ce qui permet au fabricant d’estimer que d’ici deux à trois ans les commandes seront multipliées par dix.

    Les pharmaciens, futurs acteurs clé dans les soins de proximité

    La station de télémédecine VisioCheck de Visiomed Group pèse moins de 300 grammes et contribue à maintenir les soins dans les zones de désertification médicale en équipant les pharmaciens.

    Les stations commandées seront livrées et installées dans les pharmacies à compter de septembre 2018.

    Le PDG de Visiomed Group, Eric Sebban, a déclaré : « Nous sommes convaincus que le pharmacien sera un acteur incontournable du déploiement de la e-santé en général et de la télémédecine en particulier. Nous leur proposons de mettre ensemble, de façon extrêmement simple et accessible, l’innovation au service de la santé de tous ».

    Un abonnement tout compris

    Le modèle économique de la solution à destination des pharmaciens est associé à un abonnement à hauteur de 599€HT/mois pour une période 2 ans qui implique les services d’installation et de mise en service ainsi que les accessoires nécessaires. Il couvre également la formation des équipes officinales ainsi qu’une assurance contre les dommages.

    En aval de l’installation, l’abonnement proposé donnera aux pharmaciens un accès illimité à la plateforme médicale de Visiomed Group avec des médecins disponibles 24/7, 365 jours par an.

    3 000 stations d’ici 2 à 3 ans

    Visiomed Group annonce se fixer l’objectif de déployer 3 000 stations de téléconsultation VisioCheck au sein du réseau des officines françaises d’ici 2 à 3 ans.

  • L’éditeur de logiciels Alicante s’associe avec le CEA pour renforcer son positionnement en IA

    ​Alicante, éditeur de logiciels pour la valorisation des données hospitalières, et le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) s’associent pour renforcer le positionnement de l’industriel en intelligence artificielle. Telle est l’annonce faite par communiqué le 16 avril 2018.

    Alicante utilisera l’outil Expressif du CEA pour optimiser l’offre de sa plate-forme Inquia au service des établissements de soins mais également des acteurs de la recherche clinique – dont les laboratoires pharmaceutiques -, du monde mutualiste et de la santé animale. Il sera possible de proposer aux praticiens des prises en charge personnalisées pour leurs patients, dans le cadre de parcours de santé, même complexes.

    Soutenu par la région Hauts-de France, Bpifrance et la Métropole européenne de Lille, le projet de la collaboration est en phase de développement et les réalisations seront disponibles à la fin de l’année 2018.

    La création d’un nouveau module pour la plateforme IA d’Alicante : Inquia-LF

    Fondée en 1999, Alicante a développé une expertise dans les domaines de la santé et de la recherche, au service de projets de data mining (analyse de données depuis différentes perspectives afin de les transformer en informations utiles, en établissant des relations entre les données ou en repérant des modèles).

    La plateforme d’intelligence artificielle Inquia d’Alicante est déjà composée des modules suivants :

    • Inquia-Lex : analyse sémantique ;
    • Inquia-Profile : génération de profils, apprentissage, classification, prédiction ;
    • Inquia-Biclust : regroupements non supervisés, Big Data, prédiction ;
    • Inquia-Group : regroupements supervisés multi-critères.

    L’utilisation de ces modules sur des données hospitalières de routine a déjà prouvé son efficacité pour les services de santé, établissements hospitaliers et départements de recherche, et contribue à l’amélioration du service auprès des patients.

    Avec le nouveau module Inquia-LF, Alicante poursuit donc le développement de sa plateforme IA Inquia avec les équipes du CEA List. Capable de réaliser des tâches subtiles en prenant en compte de nombreux paramètres, le logiciel Expressif du CEA Tech sera intégré à l’offre d’Alicante pour accroître encore la pertinence et l’efficacité d’outils d’aide à la décision, en santé comme dans d’autres domaines.

    Qu’est-ce qu’Expressif ?

    Développé par les équipes du List, institut de CEA Tech, Expressif est un système expert ou un système d’aide à la décision qui permet de modéliser le raisonnement humain. Expressif combine l’utilisation de différents formalismes afin d’évaluer les faits de manière nuancée. Lors de l’évaluation de la situation, les règles ne sont plus soit vraies, soit fausses, mais plus ou moins vérifiées, et une action plus adaptée à la situation est suggérée. Ces systèmes sont capables de capitaliser de l’expertise humaine et cette capitalisation peut être une expression directe du savoir ou issue d’algorithmes d’apprentissage capables de retrouver dans des jeux de données le savoir de l’expert.

    « Notre partenariat avec Alicante illustre l’apport croissant de l’IA au domaine de la santé, au service du patient et du praticien. », explique Philippe Watteau, directeur du CEA List. « En déployant Expressif, nos solutions seront capables d’acquérir des connaissances plus fines, d’assister les processus décisionnels humains et de justifier ces décisions afin d’assurer un suivi adapté des patients et de faciliter les rapports entre ceux-ci et les personnels de santé. Par exemple, en particulier avec des patients souffrant de pathologies multiples et complexes, il sera possible de proposer aux établissements et aux praticiens des parcours de santé optimisés, en rapprochant le tableau clinique du patient de l’ensemble des connaissances médicales de référence disponibles », indique David Delerue, PDG d’Alicante.

    La suite logicielle d’Alicante va donc bénéficier de capacités telles qu’une gestion avancée des connaissances, la flexibilité et l’extensibilité du système d’aide à la décision tout en prenant en compte l’incertitude des observations.

    Des partenaires hospitaliers et institutionnels

    Précurseurs dans l’intégration de l’IA dans leurs outils informatiques hospitaliers, le GHICL (Groupement des hôpitaux de l’Institut catholique de Lille) et le CHV (Centre hospitalier de Valenciennes) sont parties prenantes de cette collaboration Alicante-CEA et tiendront un rôle majeur grâce à leur expertise pour la conception et la validation des modèles. 

  • L’ARS PACA lance une consultation de trois mois sur son Projet régional de santé 2018-2023

    L’Agence Régionale de Santé PACA (Provence-Alpes-Côte d’Azur) annonce dans un communiqué du 17 avril 2018 le lancement d’une consultation de trois mois sur son projet régional de santé. La Santé numérique est l’un des leviers mobilisés par l’ARS pour « transformer le système de santé ». Le PRS prévoit également la création de sept parcours de santé.

    Trois documents sont soumis à la consultation des instances de démocratie sanitaire (Conférence régionale de la santé et de l’autonomie, membres des conseils départementaux de la citoyenneté et de l’autonomie, préfet de région, collectivités territoriales de la région, membres du Conseil de surveillance de l’ARS Paca), à savoir : le cadre d’orientations stratégiques 2018-2028 (COS), le schéma régional de santé 2018-2023 et ses annexes, et le programme régional d’accès aux soins et à la prévention pour les personnes les plus démunies 2018-2023 (PRAPS). 

    Le directeur général de l’ARS arrêtera le Projet régional de santé 2018-2023 à l’issue de la période de consultation et après avoir reçu les avis prévus.

    L’ARS PACA soumet à la procédure de consultation, pour avis et sous forme électronique, en application de l’article R. 1434-1 du Code de la santé publique et de la loi n° 2016-41 du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé (article 158), le Projet régional de santé Provence-Alpes-Côte d’Azur 2018-2023.

    Le PRS 2018-2023 résulte d’un travail de réflexion collective de plusieurs mois

    Le projet régional de santé 2018-2023 a été élaboré par l’ARS PACA en concertation avec ses partenaires à l’occasion de séminaires de travail appelés Rencontres Agora PRS, organisés en décembre et juin 2017. L’ARS a par ailleurs formé plus de 20 instances collégiales de travail en 2017, chargées de formuler des propositions sur les thèmes suivants : maladies chroniques, personnes âgées, périnatalité, urgences, etc.

    Les priorités de santé publique identifiées par l’ARS PACA

    L’ARS a inscrit sept priorités de santé publique au sein de son cadre d’orientation stratégique (Cos) : 

    • prise en compte des besoins d’une population vieillissante en région PACA ;
    • mise en place d’une politique globale en faveur des enfants et des jeunes ; 
    • diversification des aides apportées aux personnes en situation de handicap ;
    • renforcement de la politique de santé mentale ; 
    • conforter la baisse de la mortalité prématurée ; 
    • orgnisation de la prise en charge des maladies chroniques ; 
    • réduction de l’impact sur la santé de l’exposition aux risques environnementaux.

    La santé numérique, au nombre des leviers mobilisés par l’ARS PACA pour transformer le système de santé

    L’ARS PACA organise sa stratégie autour des six axes suivants : 

    • 1.reconfigurer l’offre de santé, dans les secteurs de la prévention, du sanitaire et du médico-social ; 
    • 2.renforcer la prévention et l’implication des usagers ;
    • 3.anticiper et accompagner l’évolution des organisations et des métiers ; 
    • 4.utiliser les innovations et outils numériques ;
    • 5.soutenir le travail collaboratif et la coordination pour la prise en charge dans la proximité ; 
    • 6.s’appuyer sur des gouvernances partagées dans les territoires. 

    L’ARS précise que « l’innovation scientifique, technologique et organisationnelle sera ainsi un des leviers pour réaliser cette transformation ».

    Innovation organisationnelle : le nouveau PRS promeut une organisation en parcours de santé 

    Le nouveau PRS vise à développer une « approche globale de la santé et l’émergence d’une organisation en parcours de santé ». A l’ARS d’ajouter que « cette organisation en parcours privilégie une approche autour du lieu de vie de la personne, favorise le maintien au domicile et la prise en charge de proximité ».

    Le Schéma régional de santé identifie ainsi sept parcours de santé : parcours maladies chroniques ; parcours personnes âgées ; parcours personnes en situation de handicap ; parcours de santé et précarité ; parcours santé mentale ; parcours petite enfance, enfants, adolescents et jeunes ; parcours de santé et addictions.

    Les documents mis en consultation auprès des instances de démocratie sanitaire sont au nombre de trois

    L’ARS PACA soumet trois documents à la consultation : 

    • Le cadre d’orientation stratégiques 2018-2028 (COS) ;
    • Le Schéma régional de santé 2018 – 2023 (SRS) et ses annexes ; 
    • Le programme régional d’accès aux soins et à la prévention pour les personnes les plus démunie 2018 – 2023, (PRAPS).

    Modalités d’accès aux documents et de transmission des avis

    L’Avis de consultation du projet régional de santé 2018-2023 est consultable en ligne sur le site internet de l’ARS PACA. Les documents susmentionnés sont également disponibles au téléchargement sur le site de l’Agence.

    Les autorités consultés transmettent leur avis (éventuellement accompagnés d’observation, de remarques, ou de propositions) en version électronique ou sous format papier : 

    • par voie électronique (version signée au format PDF) avec accusé de reception à l’adresse suivante : ars-paca-prs@ars.sante.fr
    • par voie postale, en recommandé avec accusé de réception, à l’adresse suivante
      Monsieur le Directeur général 
      ARS Provence-Alpes-Côte d’Azur 
      A l’attention de la Direction des politiques régionales de santé
      132 boulevard de Paris
      CS 50039
      13331 Marseille cedex 03

    Des mesures supplémentaires annoncées 

    Le Directeur général de l’ARS PACA annonce le 20 avril 2018 : 

    • la création d’un observatoire territorial de l’offre libérale pour identifier les zones sous-dotées médicalement ; 
    • la mise en place d’un guichet unique pour informer et accompagner les jeunes diplômés et les professionnels de santé dans leur parcours, de l’installation en cabinet à la retraite ; 
    • la création de dispositif de coordination au sein de plateformes territoriales d’appui. 
  • Silver éco : Alogia s’associe avec Indépendance royale pour développer ses services de smart home

    Deux acteurs de la silver économie s’associent comme résultat d’un besoin de lever des fonds de la start-up bordelaise Alogia, spécialisée dans l’aménagement de logement au service des personnes âgées caractérisé par l’inclusion d’innovations technologiques et ergonomie. Cette dernière s’est rapprochée d’Indépendance royale grâce à l’intermédiation du fonds d’investissement Capextens de Dentressangle initiatives, comme l’a annoncé Alogia le 19 avril 2018.

    Il s’agit d’un rapprochement et non d’un rachat, puisque les deux sociétés gardent leur indépendance au sein de la holding dédiée à la Silver économie de Dentressangle, Silver Mobility.

    Le rapprochement est censé permettre aux deux sociétés de se développer dans une approche collaborative à l’échelle du marché français et favoriser notamment le changement d’échelle d’Alogia.

    Levée de fonds sous forme de rapprochement et de parrainage par un fonds d’investissement

    Capextens est entré au capital de la start-up Alogia en apportant une somme qui n’a pas été dévoilée au capital de cette dernière.

    Découragée par la complexité de la démarche de lever des fonds auprès des business angels, la start-up a décidé de se tourner vers un fonds d’investissement affichant un intérêt pour le secteur de la silver économie.

    Capextens, qui possède déjà des parts au capital d’Indépendance royale, est entré au capital d’Alogia et a proposé une association des deux sociétés sous forme de holding dont l’objectif est de donner les moyens à Alogia de s’imposer comme acteur majeur de la silver économie sur le territoire français. À terme, l’expertise de Capextens doit favoriser l’émergence d’Alogia sur le marché international de silver économie.

    D’ici deux ans, Alogia prévoit de recruter de nouveaux collaborateurs spécialisés dans la silver économie, l’ergothérapie ou ayant de l’expérience dans le domaine commercial, afin de renforcer son équipe actuelle qui compte 8 personnes.

  • Exploitation de données de santé : le Royaume-Uni et les USA ont une longueur d’avance (Etude LIR)

    Le 19 avril 2018, le think tank LIR Imaginons la santé des Laboratoires Internationaux de Recherche, qui a notamment organisé le Healthcare Data Summit en mars 2018, a publié une étude qui fait le point sur l’usage des données de santé en France comparé aux autres pays étrangers.

    De ce document intitulé « Données de santé : nouvelles perspectives pour les acteurs et les systèmes de soins », il ressort notamment que les données de santé sont d’une grande disparité, généralement peu intégrées, et sont en pleine explosion, dans tous les pays du monde.

    Surtout, les pays nordiques, le Royaume-Uni et les États-Unis ont une longueur d’avance dans l’exploitation et le chaînage des données pour la transformation de leur système de soins.

    Cette étude sur les données de santé traduit une réflexion prospective menée depuis septembre 2017 par le think tank LIR, avec l’appui du cabinet EY, qui a permis de poser les perspectives de l’utilisation des données de santé pour les acteurs et les systèmes de soins.

    Une trentaine d’entretiens avec des spécialistes des données de santé en France et à l’étranger, des benchmarks internationaux et sectoriels et trois ateliers débats en présence d’experts publics et privés ont été réalisés.

    Une explosion des données de santé

    • 50 000 applis de santé recensées par la Haute Autorité de Santé en 2016 ;
    • le nombre d’objets connectés devrait atteindre 80 milliards en 2020 ;
    • le volume des données de santé produites va être multiplié par 44 chaque année dans le monde d’ici 2020 ;
    • ce volume mondial devrait atteindre 2,3 milliards de giga-octets d’ici à 2020.

    Une grande disparité des données de santé

    Que ce soit au niveau :

    • de leur typologie : environnementale, clinique, biologique, démographique, sociale comportementale, etc.
    • de leur sources : essais cliniques (privé/publics), bases de données médico-administratives (Sniiram, PMSI), cohortes (Constances, Hepater), dossiers médicaux (établissements de santé/professionnels de santé), données patients (objets connectés et appli), données d’opinion (réseau sociaux, sites internet, moteurs de recherche), etc.
    • de leur format : textes, valeur numérique, signal, image 2D et 3D, séquence génomique, etc.
    • de leurs caractéristiques et contexte de collecte : cohorte fermée ou ouverte, donnée individuelle ou agrégée, recueil prospectif ou rétrospectif, donnée structurée ou non structurée, etc. 

    Quelles initiatives en France et à l’international ?

    L’étude du LIR met en lumière le potentiel des données de santé françaises accessibles, et la dynamique enclenchée avec la création du Système National des Données de Santé ou encore les Observatoires Régionaux de Santé qui gèrent les bases « SCORESANTÉ », une base d’indicateurs disponibles à des échelles différentes (territoires de santé, départements, régions, etc.) et les Entrepôts de Données de Santé (EDS) des établissements de santé.

    Mais alors que le chaînage des données est un accélérateur de la transformation des systèmes de soins, les pays nordiques et anglo-saxons ont pris une longueur d’avance sur la France.

    Au Royaume-Uni

    On compte de nombreuses initiatives nationales, régionales et locales visant à améliorer la qualité et l’efficience des soins, comme le Système de gestion de la performance et de rémunération à destination des médecins généralistes de la NHS, le logiciel de visualisation des données patients Datawell, à destination des professionnels de santé permettant d’avoir une vue complète du dossier patient, ou le projet pilote du Grand Manchester en lien avec Cancer research UK pour mieux exploiter les données de vie réelle.

    Dans les pays nordiques

    Il existe une culture de partage de la donnée à tous les niveaux. Par exemple :

    • 16 registres nationaux en Norvège (le premier a été créé en 1951) pour une population de 5 millions d’habitants ;
    • 73 registres nationaux en Suède pour une population de 10 millions d’habitants ;
    • regroupement des données de la Suède, Finlande, Norvège et Islande afin de créer une base commune de prescription de médicaments regroupant 25 millions de personnes.

    Ces initiatives ont toutes permis le recueil d’une donnée de qualité permettant d’améliorer le suivi des produits de santé en vie réelle, la surveillance sanitaire et l’évaluation des problématiques de santé publique.

    Aux États-Unis

    De nombreux projets de transformation visant à améliorer la coordination des acteurs et l’efficacité du système de soins ont déjà été engagés au niveau national par des acteurs publics et privés :

    • « Health connect », le système d’information de Kaiser Permanente, organisation de soins de santé intégrés (12 millions d’adhérents en 2016, 21 000 médecins, 54 000 infirmières) qui a permis d’améliorer la collecte et le partage des données de santé ;
    • Medicare, qui a regroupé l’ensemble des acteurs de soins responsables de la dépense et de la qualité de soins pour améliorer la coordination des soins.

    Conclusions de l’étude

    • Tous les acteurs de la chaîne de santé ont intérêt à accélérer la production et l’exploitation de données réellement performantes, estime le LIR ;
    • le potentiel des données de santé en matière de recherche constitue autant de nouveaux outils pour le développement d’une médecine personnalisée pour tous ;
    • l’exploitation des données de vie réelle passe obligatoirement par une meilleure coordination entre les acteurs et le renforcement de l’inter-connectivité entre les systèmes ;
    • la valeur accordée aux données provenant des patients (données connectées ou données des réseaux sociaux par exemple) est un véritable levier pour la sécurité sanitaire et pour accompagner les citoyens dans leur vie quotidienne.

  • Appel à projets : de la télémédecine aux serious games aux Trophées de la e-santé 2018

    Ouvert à toutes les parties prenantes de l’écosystème de l’innovation en e-santé – entrepreneurs, chercheurs, patients, professionnels de santé, étudiants – ayant développé un outil ou une application en matière de e-santé, les Trophées de la e-santé ont pour objectif de favoriser les usages du numérique dans les systèmes de santé, du soin, de l’autonomie et du bien-être.

    Ils récompensent des projets dans 9 catégories auxquels s’ajoutent 3 prix spéciaux. La date limite de dépôt des candidatures est le 30 avril 2018 à minuit. Ils seront remis dans le cadre de l’Université d’été de la e-santé qui a lieu à Castres-Mazamet du 3 au 5 juillet 2018.

     9 catégories

    • Télémédecine
    • MSanté patient / Grand public : comprend toutes les applications fonctionnant sur tablettes, smartphones, utilisables par un ou des patients, citoyens en vue d’améliorer leur santé ;
    • MSanté Professionnel de santé : comprend toutes les applications fonctionnant sur tablettes, smartphones utilisables par un professionnel de santé (médical ou paramédical) en vue d’améliorer la qualité de sa pratique ;
    • Intelligence artificielle & Big Data / Data ;
    • Coordination des soins : comprend les plateformes numériques destinées à coordonner l’intervention entre professionnels de santé et éventuellement avec leur patient ;
    • Autonomie / maintien à domicile : comprend les services, solutions, matériels, dispositifs pour favoriser le maintien à domicile, prévenir les chutes, améliorer les conditions d’isolement, équiper l’habitat de divers capteurs sécurisant le lieu de vie des personnes seules ou handicapées ;
    • Objets connectés de santé : Le trophée sera délivré à l’objet le plus pertinent et le plus qualitatif (innovations technologiques, impacts santé, perspectives économiques) ;
    • Serious game santé ;
    • e-Santé animale : Cette catégorie comprend tous les services, outils, solutions qui contribuent à la transformation numérique de la prise en charge de la santé et du bien-être dans le secteur animalier (animaux de rente, de compagnie et sauvages.

    3 Prix spéciaux

    • Le Grand prix Pierre Fabre
    • Le prix des internautes
    • Le prix coup de cœur du Jury

    Dotation

    Les lauréats des Trophées de la e-santé 2018 bénéficieront d’une présentation publique retransmise en direct sur la web TV e-santé et les lauréats se verront décerner, lors de la soirée du mercredi 4 juillet 2018 organisée dans le cadre de l’Université de la e-santé 2018, le Trophée et une dotation en numéraire remise par le parrain de chaque catégorie. Le Grand Prix est doté de 4 000€ et les autres catégories de 2 000€ chacune.

    Pour la catégorie e-santé animale les auditions devant jury ainsi que la remise du prix se tiendront le 5 Juillet 2018, dans le cadre de la thématique e-santé animale de l’Université d’été de la e-santé. La dotation sera de 2 000€ pour le lauréat.

    • Les lauréats bénéficieront également d’un accompagnement avec le parrain de leur catégorie. Cet accompagnement sera principalement basé sur du conseil et du soutien stratégique pour structurer le projet ou l’activité du lauréat. 

    Pour postuler, suivre ce lien.

  • Etude : une appli renforce la sécurité des sièges auto pour bébés

    Un essai* mené auprès de 700 participants a évalué la pertinence d’une application mobile dédiée au bon usage des sièges auto pour enfants. Elle a permis d’améliorer les bonnes pratiques chez les parents, telles que le choix d’un siège adapté au poids de l’enfant. Ces bons usages se sont maintenus pendant plus de six mois. Les chercheurs espèrent diminuer le nombre d’accidents mortels dont sont victimes les enfants sur la route. Les résultats de ces travaux ont été publiés le 12 avril 2018 dans l’American Journal of Preventive Medicine.

    La e-santé au chevet de la sécurité routière

    Eduquer, informer, prévenir… dans tous ces domaines sanitaires, les applications mobiles offrent de grands espoirs. La sécurité routière n’échappe pas à la e-santé. Alors que les portables et la conduite ne font pas bon ménage, des nombreuses applications mobiles ont été développées pour enseigner les règles élémentaires de prévention sur la route. C’est le cas de l’appli « Safety in Seconds » développée par des chercheurs américains de l’école de santé publique Bloomberg de l’université Johns Hopkins de Baltimore. Elle a été conçue pour promouvoir l’utilisation correcte des sièges auto chez les parents.

    Une appli dédiée au bon usage des sièges auto

    En effet, malgré des améliorations importantes de la sécurité routière au cours des dernières décennies, les collisions de véhicules continuent d’être la principale cause de décès chez les jeunes enfants. Les erreurs commises par les parents dans le choix du type de siège expliquent en partie ces décès. La National Highway Traffic Safety Administration a estimé, par exemple, que seulement 46% des enfants âgés de 4 à 7 ans sont placés dans les sièges d’appoint appropriés et 24% utilisent prématurément une ceinture de sécurité.

    L’application Safety in Seconds, qui fonctionne sur iPhone et Androïd, forme les parents de différentes façons :

    • des quiz sur les pratiques et les croyances concernant les sièges auto
    • des conseils de sécurité personnalisés
    • un lien vers un « portail parent » en ligne
    • des messages de rappel sur l’évolution du siège auto au fur et à mesure de la croissance de l’enfant 

    Les chercheurs ont mené une étude contrôlée et randomisée pour mesurer son efficacité. Ils ont recruté un total de 742 parents d’enfants de 4 à 7 ans aux urgences du Johns Hopkins Children’s Centre et de l’Arkansas Children’s Hospital. Ils ont ensuite été randomisés en deux groupes, la moitié recevant l’appli Safety in Seconds, et l’autre moitié servant de groupe contrôle. Ensuite, les chercheurs ont analysé 4 types de comportements et ont mesuré leur évolution à 3 puis 6 mois :

    • le choix du bon siège ou de la bonne technique pour attacher l’enfant dans la voiture en fonction de son âge et de son poids,
    • le maintien permanent sur la banquette arrière,
    • l’inspection du siège auto par un technicien de la sécurité routière,
    • le bouclage de la ceinture

    Les résultats de cette expérimentation ont été publiés le 12 avril 2018 dans l’American Journal of Preventive Medicine. 

    Deux fois plus de comportements vertueux

    Au bout de trois mois, les parents qui avaient l’application Safety in Seconds avaient nettement amélioré leurs comportements. A l’exception du bouclage de la ceinture de sécurité de l’enfant – une pratique déjà largement rentrée dans les moeurs-, les trois autres attitudes s’étaient nettement développées. Globalement, l’augmentation était à peu près le double de celle observée dans le groupe témoin. À six mois, les parents se montraient toujours plus vertueux dans dans domaines : disposer du bon siège auto et le faire inspecter.

    Les pédiatres appelés à distribuer l’appli

    « Avec une application comme celle-ci, nous pouvons atteindre un grand nombre de personnes avec des messages adaptés à chaque individu, et cette étude montre que cette approche a été très efficace pour accroître la sécurité des enfants », a expliqué Andrea C. Gielen, professeur et directeur du Johns Hopkins Centre for Injury Research and Policy à l’école Bloomberg. Un essai clinique à plus grande échelle a été lancé. En outre, les moyens de distribuer l’appli à un large panel de parents sont à l’étude. Les pédiatres pourraient être sollicités.

  • « Grâce aux objets connectés, le patient devient membre actif de l’équipe de soin » (L. Beyala, AP-HP)

    Ingénieure biomédicale, Laure Beyala a travaillé dans plusieurs industries biotechnologiques avant de soutenir sa thèse à l’École centrale Paris en 2015, récompensée par une distinction de la commission européenne IERC, qui analyse les risques émergents des dispositifs médicaux connectés. 

    Cette thèse a été publiée en janvier 2018 aux éditions ISTE sous le titre « Les objets connectés en santé – risques, usages et perspectives ».

    Celle qui gère actuellement le Digital Medical Hub, la plateforme d’analyse des objets en santé de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris, propose dans cet ouvrage une cartographie et une analyse des risques liés à l’utilisation d’un dispositif médical connecté ainsi qu’une compréhension de toutes les situations dangereuses et actions à mettre en place pour y pallier.

    Dans l’interview que Laure Beyala a accordée à H&TI, elle explique comment les objets connectés sont amenés à révolutionner le système sanitaire, par exemple en faisant du patient « un membre actif de l’équipe de soin », capable d’approuver ou de contester des diagnostics et de participer à l’amélioration de la recherche. Elle parle également des évolutions probables des objets connectés et du marché et conseille les promoteurs de ces dispositifs médicaux de mettre en place des infrastructures réseaux « robustes et fiables » pour protéger au mieux les données personnelles des patients.

    Pourquoi avoir choisi comme sujet de thèse – aujourd’hui devenu un ouvrage – les objets connectés en santé ?

    La technologie des objets connectés connaît aujourd’hui un essor remarquable dans le domaine sanitaire. Elle est désormais perçue comme un système complémentaire pour la prise en charge des patients. Elle pourra à court, moyen et long terme permettre d’améliorer la relation patient-professionnel de santé.

    Ces dispositifs médicaux connectés semblent parfois intuitifs pour l’utilisateur mais la connaissance de leurs fonctionnalités, ainsi que les risques d’usage notamment liés à la confidentialité des données stockées, à sa disponibilité, à l’intégrité de la donnée et à son interopérabilité restent encore mal connus.

    Cet ouvrage apporte un éclairage inédit sur les risques émergents liés à l’utilisation d’un dispositif médical connecté. Il propose une cartographie et une analyse des risques liées à l’utilisation d’un dispositif médical connecté ainsi qu’une compréhension de toutes les situations dangereuses et actions à mettre en place pour y pallier.

    Le lecteur pourra aisément se forger une opinion sur les opportunités d’une telle offre dans le domaine de la santé. Il aura une large vision lui permettant de faire la distinction entre les objets connectés (leurs applications) du bien-être et les dispositifs médicaux connectés.

    Quels sont, d’après vos recherches, les principaux avantages des objets connectés ?

    L’usage des objets connectés dans le domaine de la santé va permettre de faciliter une surveillance continue des patients en temps réel. Ces objets connectés sont d’ailleurs une solution pour les déserts médicaux… Les données collectées via ces capteurs intelligents aideront les médecins à poser rapidement des diagnostics et des pronostics, à réagir plus rapidement dans les situations d’urgence et améliorer globalement la prise en charge des patients.

    Sont-ils fiables, notamment en ce qui concerne les données et résultats obtenus ?

    Les objets connectés en santé et leurs applications mobiles s’intègrent progressivement dans la prise en charge médicale des patients ainsi que dans la relation entre professionnels de santé et-patients. A propos de leur fiabilité, pour le moment nous n’avons pas de protocole standard qui garantirait la fiabilité scientifique de ces capteurs intelligents.

    Par ailleurs, la HAS a publié en novembre 2016 un référentiel de bonnes pratiques pour aider les concepteurs à proposer des solutions technologies fiables.

    Ce référentiel met en avant un certain nombre de critères :

    • Fiabilité et qualité des informations délivrées, interprétation humaine par un professionnel identifiable,
    • Performances techniques de l’application, précision des mesures et absence d’effets secondaires indésirables,
    • Sécurité et confidentialité, chiffrement des données, utilisation de pseudonymes,
    • Facilité d’utilisation, ergonomie, adaptation aux personnes en situation de handicap, assistance technique.

    Quelles sont les évolutions probables dans les prochaines années pour ce marché ?

    Les objets connectés en santé et leurs applications mobiles vont progressivement drainer l’industrie de santé et bouleverser le système des soins en plaçant la donnée au centre de tout. A ce sujet, la société d’études Grand View Research, estime notamment, qu’à l’horizon 2020, on compterait 161 millions d’objets connectés en santé dans le monde. Par ailleurs, selon une étude publiée par le cabinet d’étude suisse Soreon Research, spécialisé sur les questions de santé, la santé connectée pourrait retarder les décès et/ou prévenir les complications de 1,3 million de personnes d’ici 2020. 

    J’encourage donc tous les promoteurs de ces dispositifs connectés de santé à mettre en place des infrastructures réseaux robustes et fiables qui allient connectivité, collecte, traitement, stockage et protection des données à caractère personnel.

    Au cœur de votre ouvrage, on trouve une étude que vous avez menée et qui souligne les risques liés aux objets connectés. Comment s’est déroulée votre enquête ?

    Pour mener à bien cette étude, j’ai eu à collaborer avec une équipe pluridisciplinaires composée de pharmaciens, d’ingénieurs et de médecins comme le Dr Benjamin Pitrat, psychiatre et addictologue à l’AP-HP, co-fondateur d’Ad Scientiam, société spécialisée dans la collecte de données médicales, qui a d’ailleurs signé la préface de mon livre.  

    Au cours de ces travaux, j’ai identifié trois classes de risques : des risques acceptables, des risques tolérables sous contrôle et des risques inacceptables. Dans cette dernière catégorie, on retrouve tous les risques liés à l’intégrité des données, à la sécurité et la confidentialité des données sensibles, ces risques sont communément appelés « risques émergents » liés à l’usage des objets connectés.

    Vous avez notamment réalisé une cartographie des risques liés à l’utilisation des thermomètres sans contact. Quelles en sont les conclusions ?

    Pour réduire les risques majeurs liés à l’usage des objets connectés tels que des thermomètres connectés sans contact, les prometteurs de ces dispositifs devraient proposer des algorithmes décisionnels suffisamment robustes qui permettront à la fois d’assurer la sécurisation ou la protection des données sensibles de l’appareil et d’optimiser la fiabilité des mesures.

    Vous soulevez le problème du partage de données et avez analysé les risques émergents de façon globale : l’intrusion, les virus, la cybercriminalité, l’image de marque. Pouvez-vous brièvement expliquer ces risques ?

    Dans Les objets connectés en santé, je souhaite attirer l’attention des lecteurs sur le fait que la collecte de données à caractère personnel, via des capteurs intelligents, expose l’utilisateur à des attaques protéiformes. Dans le domaine de la santé, je pense notamment à des erreurs de diagnostics et de pronostics à cause de l’introduction d’un ou plusieurs fichiers malicieux dans un serveur de données médicales, ou encore à des préjudices potentiels comme les divulgations de données des patients, du marketing manipulateur et influenceur, voire au profilage social discriminatoire…

    Dans un autre chapitre, vous prenez comme exemple le cas Ebola. En quoi les objets connectés peuvent-ils jouer un rôle dans la prise en charge de cette pathologie  ?

    Ebola est un virus responsable de plus de 11 000 morts d’après l’OMS. L’une des solutions technologiques envisageables pour surveiller la température des personnes atteintes de ce virus serait une prise de température à distance, sans contact en utilisant des objets connectés de santé à l’instar des thermomètres sans contact connectés.

    « Le patient devient membre actif de l’équipe de soin », écrivez-vous. C’est-à-dire ? Est-ce que cela va bouleverser le secteur de la santé et la médecine ?

    Oui, en effet, la santé connectée va bouleverser le domaine médical. Grâce à l’utilisation des objets connectés en santé, le patient devient membre actif de l’équipe de soin, c’est-à dire qu’il s’implique de plus en plus dans sa prise en charge et le suivi de sa maladie. Les données collectées par des objets connectés vont conduire les patients à développer des connaissances sur certaines maladies et ils pourraient donc contester ou approuver certains diagnostics médicaux.

    Par ailleurs, à travers l’usage des objets connectés en santé, les patients peuvent désormais participer à l’amélioration des recherches sur des pathologies rares en faisant don des données de santé qu’ils génèrent via des capteurs intelligents.

    Où en est-on des labels pour des objets connectés ? Vous-même, au sein du Digital Medical Hub, la plateforme d’analyse des objets en santé de l’AP-HP, travaillez-vous sur ce sujet ?

    Les objets connectés et leurs applications mobiles représentent une nouvelle ère dédiée à la révolution numérique. Etant donné que dans la sphère médicale, ces dispositif connectés permettent d’enregistrer, de transférer des données sensibles des patients, je pense qu’il est impératif de mettre en place des labels ou des référentiels qui vont permettre d’évaluer la sécurité informatique, les valeurs d’usages, la conformité réglementaire, la déontologie, l’éthique et la fiabilité clinique.

    Plusieurs organismes ont déjà mis en place des labels qui permettent d’évaluer les objets connectés et leurs applications mobiles. Je pense notamment à Zur Institute et iMedicalApps aux Etas-Unis, à l’Agency of Healthcare Quality of Andalusia (AppSaludable) en Espagne, à DMD santé, au Groupe Pasteur Mutualité, à Medappcare en France et à Medical App Checker au Pays-Bas.

    La plupart de ces organisations permettent d’évaluer différents axes dont l’éthique, la sécurité informatique, l’aspect technique, juridique, la conformité réglementaire, l’ergonomie, les valeurs d’usage et la déontologie. Je rajoute que ces évaluations s’adressent uniquement aux objets connectés et leurs applications n’ayant pas de finalité médicale.

    C’est dans cette perspective qu’est né le Digital Medical Hub (DMH) de l’AP-HP, une plate-forme dont l’ambition est de se positionner comme un centre de référence pour le développement et la validation clinique des objets connectés. Elle s’adresse aux promoteurs académiques et industriels (centres de recherche, start-ups, scale-ups, PME, etc.). Le développement et la validation des appareils connectés de santé sont structurés par une approche multidisciplinaire comportant l’évaluation des usages et représentations ainsi qu’un volet pédagogique.

    Pour conclure, parlons du transhumanisme. D’après vous, les objets connectés sont un premier pas vers ce mouvement.

    Le transhumanisme a pour objectif d’améliorer les performances physiques et mentales d’un humain par le biais des NBIC. Je pense que les objets connectés constituent un pas vers ce mouvement dans le sens où, à l’heure actuelle, ils se démocratisent et proposent des fonctionnalités diverses qui permettent de faciliter ou d’améliorer les capacités de l’être humain. Par exemple, plusieurs promoteurs industriels développent des bracelets intelligents dans le domaine du bien-être équipés d’une technologie qui permet aux utilisateurs de mesurer leurs indicateurs de santé (fréquence cardiaque au poignet , température de la peau, nombre de pas …) et de détecter de façon précoce certaines pathologies difficiles.

    Toutes ces nouvelles avancées technologiques sont en train de repousser les limites de nos capacités morales et physiques. Cela représente une nouvelle ère pour l’humanité et il va falloir s’adapter à ce nouveau paradigme…

    Les objets connectés en santé – Risques, usages et perspectives, Ed. ISTE (e-book 9,90€, format papier 35€), disp. via ce lien.

     

  • La HAS publie un guide et une fiche memo sur la qualité et la sécurité des actes de téléconsultation

    Missionnée par Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, la Haute Autorité de Santé (HAS) publie le vendredi 20 avril 2018 une fiche, assortie d’un guide à l’usage des professionnels de santé sur les modalités de mise en oeuvre de la téléconsultation et de la téléexpertise.

    Accessible sur le site internet de la HAS, la fiche formule des recommendations « organisationnelles », « techniques » et de « mise en oeuvre » de la télémédecine et précise les critères que les patients et les professionnels de santé doivent satisfaire pour s’y adonner.

    La HAS publiera un guide sur le bon usage et la qualité des pratiques de la téléconsultation d’ici fin 2018.

    Saisine de la HAS : préciser les conditions de mise en oeuvre de la téléconsultation (TLC) et de la téléexpertise (TLE)

    Objectifs assignés à la HAS

    Agnès Buzyn a saisi la Haute Autorité de santé pour : 

    • « définir les situations cliniques, les champs et les publics pour lesquels les actes de téléconsultation et de téléexpertise devraient être exclus » ;
    • élaborer « un guide sur le bon usage et la qualité des pratiques de téléconsultation et de téléexpertise incluant des travaux spécifiques sur le bon usage des examens d’imagerie médicale ».

    Publications de la HAS

    La HAS a donc choisi d’élaborer deux documents, à savoir : 

    • une fiche mémo, rédigée à partir de l’analyse de la littérature et de la concertation de parties prenantes, accessible sur le site de la HAS ; 
    • un rapport reprenant les définitions, le cadre légal et règlementaire des actes de téléconsultation et de téléexpertise, l’analyse de la littérature et la synthèse de l’avis des parties prenantes concertées, consultable sur le site internet de la HAS.

    Définition des situations cliniques, des champs et des publics pour lesquels les actes de téléconsultation sont autorisés et exclus

    Prenant appuis sur la loi dite « HPST » du 21 juillet 2009, la HAS définit la téléconsultation comme suit : « la téléconsultation (TLC) a pour objet de permettre à un professionnel médical de donner une consultation à distance à un patient. Un professionnel de santé peut être présent auprès du patient et, le cas échéant, assister le professionnel médical au cours de la téléconsultation ».

    S’agissant du champ d’application de la téléconsultation : 

    • Pas de restriction du périmètre de la téléconsultation : la HAS constate que « l’analyse de la littérature et la concertation des parties prenantes n’ont pas permis d’identifier de situation d’exclusion clinique a priori ».
    • Identification de critères d’éligibilité à satisfaire en amont de la réalisation d’actes de téléconsultation.

    Eligibilité du patient – Quand peut-il bénéficier d’un acte de TLC ? 

    Un acte de téléconsultation peut être réalisé si les conditions suivantes sont réunies : 

    • état clinique du patient et objectifs cliniques : la HAS précise que la TLC « n’est pas adaptée aux situations exigeant un examen physique direct par le professionnel médical consulté pour téléconsultation. Toutefois, il n’est pas toujours possible d’identifier ces situations a priori ; elles peuvent se révéler au cours de la TLC et nécessitent alors la mise en place d’une organisation adaptée » ;
    • Capacité du patient à bénéficier d’une TLC : l’état cognitif du patient, son état psychique, son état physique (notamment sa vue, son audition) et d’éventuelles barrières linguistiques ou liées à l’usage des technologies de télémédecine sont autant d’éléments pouvant potentiellement compromettre la réalisation d’un acte de télémédecine.
    • En cas de besoin, la présence d’une personne de l’entourage du patient est nécessaire (ayants droit, titulaire de l’autorité parentale, conjoint, concubain, curateur, famille, PACS, personne de confiance, proches, tuteur), selon ses capacités et ses besoins.

    Si un patient de satisfait pas les critères d’éligibilité, le professionnel de santé doit l’orienter vers une prise en charge adaptée.

    Conditions de réalisation d’un acte de téléconsultation – Comment la TLC s’exerce-t-elle ?

    • La TLC s’exerce dans le respect des lois et règlements applicables aux conditions d’exercice, précisées à l’article R. 6316-7 du Code de la Santé publique, des règles de déontologie et des standards de pratique clinique (recommandations, etc.) – comme dans la pratique médicale en présentiel.
    • La TLC doit s’inscrire dans le parcours de soins du patient ou dans la filière de soins coordonné par le médecin traitant ;
    • La durée de la TLC doit être adapté aux besoins des patients et aux types de questions posées par le professionnel de santé.

    La HAS publiera au second semestre 2018  un guide sur les recommandations organisationnelles, techniques et de mise en oeuvre de la téléconsultation

    Recommendations organisationnelles 

    • Formation des utilisateurs à la pratique de la TLC ;
    • Définition des rôles et responsabilité de chaque intervenant par la conclusion d’une convention ;
    • Conditions de lieu : le patient et le professionnel médical doivent être dans un environnement adapté ;
    • Organisation de la prise en charge du patient, pendant et après la TLC.

    Recommendations techniques 

    • Nécessité de mettre en conformité l’utilisation des TIC avec les règles de sécurité informatique et de confidentialité, établies notamment dans le cadre du Règlement européen sur la protection des données personnelles (RGPD) et de la politique générale de sécurité des systèmes d’information de santé (PGSSI-S) au cours du processus, qu’il s’agisse des données échangées en amont de la consultation, pendant et à l’issue de la TLC, et l’archivage des données ainsi générées ;
    • Traçabilité des échanges ;
    • Qualité des flux audio et/ou vidéo ;
    • Fonctionnement du matériel ;
    • Disponibilité d’éventuels matériels médicaux complémentaires ;
    • Procédure à appliquer en cas de problème technique. 

    Recommendations de mise en oeuvre 

    Avant la téléconsultation :

    • information du patient ;
    • recueillir le consentement éclairé et libre du patient ou de son représentant légal ;

    Pendant la téléconsultation :

    • Au début de la téléconsultation : authentification du professionnel médical, idenfication du patient et le cas échéant, de son accompagnement ;
    • Tout au long de la téléconsultation, le médecin doit veiller à la compréhension du patient et le cas échéant, de l’accompagnant ;
    • Le médecin doit également s’interroger sur l’opportunité de programmer une prise en charge exclusivement par télémédecine.

    A l’issue de la téléconsultation 

    • Enregistrement du compte-rendu dans le dossier patient tenu par le professionnel médical ;
    • Inscription du compte-rendu dans le dossier médical partagé (DMP) du patient lorsque ce dernier existe ; 
    • Transmission sécurisée du compte-rendu au patient, médecin traitant et autres professionnels de santé désignés par le patient et impliqués dans sa prise en charge.

    Définition des situations cliniques, des champs et des publics pour lesquels les actes de téléexpertise sont autorisés et exclus

    Prenant appuis sur la loi dite « HPST » du 21 juillet 2009, la HAS définit la téléexpertise comme suit : « la téléexpertise (TLE) a pour objet de permettre à un professionnel médical de solliciter à distance l’avis d’un ou de plusieurs professionnels médicaux en raison de leurs formations ou de leurs compétences particulières, sur la base des informations médicales liées à la prise en charge d’un patient ».

    La téléexpertise est réalisable si les données médicales du patient, nécessaire à la réalisation de l’acte, sont disponiblses (article R. 6316-3 du Code de la Santé publique).

    Dans le cas où la téléexpertise est possible : 

    • A l’image de la médecine en présentiel et de la téléconsultation, la TLE s’exerce dans le respect des lois et règlements applicables aux conditions d’exercice médicale posées à l’article R. 6316-7 du Code de la Santé publique, des règles de déontologie médicale et des standards de pratique clinique (recommandations, etc.) ;
    • La TLE doit s’inscrire dans le parcours de soins du patient ou dans la filière de soins coordonnée par le médecin traitant. 

    Recommandations organisationnelles

    • Formation des utilisateurs à la pratique de la TLE ;
    • Une convention doit préciser le rôle et les responsabilités du professionnel médical requérant et du professionnel médical ;
    • Modalités de mise en oeuvre de la TLE : délai de réponse, information et recueil du consentement, etc. doivent être explicités auprès des professionnels de santé et des patients. 

    Recommandations techniques

    • Conformité de l’usage des TIC au RGPD et à la PGSSI-S.

    Recommandations de mise en oeuvre

    Les recommandations de mise en oeuvre de la TLE sont similaires aux recommandations relatives à la mise en oeuvre de la TLC.

    La Fiche Mémo et le Rapport d’élaboration de la fiche sont accessibles et disponibles au téléchargement sur le site internet de la Haute Autorité de Santé.