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  • Téléconsultation : des consultations avec des spécialistes intégrées à l’offre d’Hellocare

    Hellocare, plateforme proposant des téléconsultations médicales via un système vidéo, annonce dans un communiqué du 14 mai 2018 proposer désormais des consultations auprès de spécialistes à hauteur de 24,90 euros.

    Actuellement, des consultations pour 19 spécialités sont accessibles via la plateforme et la start-up compte renforcer son équipe afin de poursuivre sa croissance.

    Des négociations sont également en cours avec les mutuelles afin de pouvoir faire bénéficier les usagers du remboursement.

    Les médecins de 19 spécialités renseignent leur disponibilité en mettant dans l’application les créneaux où ils sont libres et reçoivent une alerte par sms lorsqu’un patient fait une demande de téléconsultation.

    Les trois spécialités les plus sollicitées pour des téléconsultations sont la gynécologie, la dermatologie et la gastro-entérologie.

    Le prix d’une téléconsultation spécialisée est de 24,90 euros et de 40 euros pour une téléconsultation avec un psychologue ou un nutritionniste.

    Pour rappel, Hellocare lançait à la mi-mars 2018 l’émission d’ordonnances électroniques valables dans toutes les pharmacies du monde, sauf aux États-Unis et au Canada.

  • OPI

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  • L’ANAP publie un guide d’aide à la mise en oeuvre des Services Numériques d’Appuis à la Coordination

    L’Agence nationale d’appui à la performance (ANAP) publie, le lundi 14 mai 2018, un guide intitulé « Appropriation des usages des services de coordination – conduite du changement et mobilisation des acteurs ».

    Destiné aux acteurs territoriaux de la santé (ARS, GCS-e-santé, etc.), ce document s’appuie sur les observations des régions. Il propose des clefs de mise en oeuvre de stratégies de conduite du changement, de mobilisation des acteurs et d’appropriation de nouveaux usages.

    Objectif de la publication de l’ANAP

    Ce document est destiné aux acteurs régionaux de santé qui envisagent de se lancer dans des projets de déploiement de services numériques d’appui à la coordination (SNACs).

    Il présente une synthèse des enseignements tirés des différentes stratégie de mise en oeuvre des services numériques d’appuis à la coordination (SNACs). Il comporte deux annexes consacrées aux projets des cinq régions pilotes et une étude bibliographique internationale sur les stratégies de transformation et de conduite du changement dans des projets d’organisations innovantes outillées par le numérique.

    Ce guide s’adresse principalement aux acteurs des territoires : ARS, GCS-e-santé, Groupements régionaux d’appui au développement de la e-santé, professionnels du premier recours, réseaux de santé, MAIA, Communautés professionnelles territoriales de santé…

    Enjeux liés au déploiement des services numériques d’appui à la coordination

    Les projets Territoires de soins numériques (TSN) reposent sur le déploiement de systèmes d’information et d’outils numériques permettant une meilleure coordination des professionnels de santé.

    La coordination entre les acteurs, médecins de ville et professionnels intervenant en établissement de santé et médico-social également est un enjeu essentiel, dans un contexte marqué par le phénomène de « désertification médicale », le développement de la médecine ambulatoire et le vieillissement démographique.

    « Si les services numériques constituent une aide en ce sens », rappelle l’ANAP, « ils induisent des pratiques différentes et de leur bonne appropriation dépend souvent le succès d’un projet ».

    L’ANAP s’emploie donc à développer des stratégies d’accompagnement et de mobilisation des acteurs, « pour faciliter l’appropriation de nouveaux usages ».

    Le document est consultable et disponible au téléchargement sur le site internet de l’ANAP.

  • CSSD

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  • HMIS

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  • RGPD : la CNIL met en ligne un nouveau modèle de registre de traitement à destination des TPE/PME

    Dans la continuité du guide pratique pour les TPE/PME élaboré avec Bpifrance et disponible au téléchargement sur le site internet de la CNIL depuis le 25 mai 2018, la Commission met en ligne, le lundi 14 mai 2018, un nouveau modèle de registre des activités de traitement, destiné à faciliter sa prise en main et sa tenue.

    « La tenue du registre permet de recenser, comprendre et maîtriser son patrimoine de données personnelles », rappelle la CNIL. « Il s’agit donc d’une étape essentielle pour respecter les obligations du RGPD, qui permettra de déduire un plan d’action de mise en conformité aux règles de protection des données. »

    L’obligation de constituer un registre des traitements s’impose à la plupart des organismes

    Tous les organismes qui traitent des données personnelles de façon régulière, dans le cadre de leurs activités, sont tenus d’élaborer et de maintenir un registre des traitements (article 30 du RGPD).

    Le registre des traitements doit permettre d’identifier précisément :

    • les parties prenantes qui interviennent dans le traitement des données ;
    • les catégories de données traitées,
    • le(s) usage(s) ces données ;
    • qui y accède et à qui elles sont communiquées ;
    • combien de temps elles sont conservées ;
    • comment elles sont sécurisées.

    Pour les sous-traitants qui gèrent des données personnelles pour le compte d’un autre organisme, le règlement prévoit également la tenue d’un registre. Celui-ci doit faire apparaître la liste des activités réalisées pour le compte de leurs clients.

    Des modèles de registre de traitement sont proposés par la CNIL pour faciliter leur création

    Pour faciliter la tenue de ce registre, la CNIL propose un modèle de registre de base (formats RTF et PDF), destiné à répondre aux besoins les plus fréquents en matière de traitements de données, en particulier des petites structures (TPE/PME, associations, petites collectivités, etc.).

    Ce registre sera révisé au cours des prochaines semaines. Les versions suivantes tiendront compte des retours d’expériences des usagers et des réseaux professionnels qui l’utiliseront.

    Une page d’information détaillée sur le registre accompagne la publication de ce modèle.

    Le guide est consultable et disponible au téléchargement sur le site internet de la CNIL.

  • La Poste Suisse conclut un accord avec Siemens Healthineers pour étendre ses solutions e-santé

    La Poste Suisse a annoncé dans un communiqué du 7 mai 2018 qu’elle allait développer des services en e-santé en s’appuyant sur la plateforme technologique de Siemens Healthineers, la division médicale de Siemens, qui regroupe dispositifs médicaux, équipements lourds et télésanté.

    Le modular health portfolio de La Poste

    Cela fait plusieurs années que La Poste Suisse travaille avec différents partenaires pour développer des solutions numériques sécurisées pour le secteur de la santé. Grâce au « modular eHealth portfolio », les professionnels de santé autorisés peuvent avoir accès rapidement au dossier électronique de leurs patients, et ce peu importe l’heure ou le lieu. Plusieurs cantons et une centaine d’institutions utilisent ce service. La Poste Suisse propose également d’autres solutions dans le domaine de la santé, comme la prestation logistique et le transport de médicaments.

    Vers une nouvelle plateforme avec Siemens Healthineers

    La solution fournie par La Poste Suisse pour le dossier électronique du patient (DEP) va se baser sur la plateforme technologique “Siemens Healthineers eHealth Solutions”. La solution de Siemens Healthineers servira de base afin d’exploiter à l’avenir tous les services sur la même technologie, et ce, également en vue de la certification du dossier électronique du patient en vertu de la LDEP (loi fédérale sur le dossier électronique du patient) d’ici début 2020.

    Le nouveau système devrait également améliorer l’expérience client. 

    Durant la transition vers la nouvelle plateforme, les clients auront toujours la possibilité d’accéder au service et la migration se fera en toute discretion.

    Pour rappel, la loi fédérale sur le dossier électronique du patient oblige les hôpitaux et les cliniques de Suisse à participer au DEP dès 2020. 

    D’autres projets dans le domaine de la cybersécurité

    Siemens Healthineers a déjà réalisé plusieurs projets dans le domaine de la cybersanté, notamment en Autriche, en Allemagne, au Danemark et en Espagne. «Les modules de Siemens Healthineers eHealth Solutions permettent de constituer un réseau pour le partage de données entre les établissements de santé ainsi qu’entre ceux-ci et les patients, et de favoriser ainsi un système de santé fondé sur la coopération et l’intégration», explique La Poste dans son communiqué.

  • L’américain Akili lève 46M€ pour développer des serious games

    Akili Interactive, filiale de PureTech Health et membre de la Digital Therapeutics Alliance (DTA) créée en octobre 2017, a clôturé une levée de fonds de série C de 55 millions de dollars (46 millions d’euros) : telle est l’annonce faite sur le site de l’entreprise américaine le 9 mai 2018.

    Les fonds serviront au développement des serious games d’Akili, dont AKL-T01 qui ciblent le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (ADHD) et d’autres pathologies comme la sclérose en plaques (SEP) et la dépression.

    Après les résultats concluants d’une étude menée en décembre 2017, l’objectif est à présent pour Akili d’obtenir l’accord de la Food and Drug Administration (FDA) dans les prochains mois, ce qui permettrait aux médecins de prescrire les jeux comme traitement médical.

    Ce tour de table piloté par Temasek a été suivi par Baillie Gifford, Amgen Ventures, M Ventures (fonds CVC de Merck KGaA), Jazz Venture Partners, Canepa Advanced Healthcare Funds et Brooklands Capital Strategies.

  • Etude : une garde-robe intelligente aide les personnes âgées atteintes de démence (JMIR)

    Des chercheurs américains ont développé un prototype intelligent capable d’aider les personnes atteintes de démence à s’habiller. Le système appelé DRESS, équipé d’une tablette, d’une caméra, d’un détecteur de mouvements et de capteurs, aide les malades à garder une forme d’indépendance, et représente un soutien pour les aidants. Les résultats de leur expérimentation* ont été publiés le 1er mai 2018 dans le Journal of Medical Internet Research (JMIR).

    Les nouvelles technologies au service des personnes atteintes de démence

    Les personnes atteintes de démence ou d’autres troubles cognitifs sévères ne sont parfois plus capables d’effectuer des actes basiques. Elles deviennent alors très dépendantes de leurs aidants qui dans 86% des cas, sont obligés de les assister dans tous les gestes de la vie quotidienne. S’habiller constitue l’une des tâches les plus stressantes pour les aidants à cause de sa complexité et des enjeux de respect de l’intimité, surtout quand l’aidant est un membre de la famille.

    Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), quelque 7,7 millions de nouveaux cas de démence (dont Alzheimer) sont diagnostiqués chaque année. Aider les malades à maintenir un peu d’autonomie et soutenir les aidants qui s’épuisent – et tombent souvent malades eux-mêmes – constitue donc un enjeu majeur.

    Un prototype intelligent pour rester autonome et s’habiller seul

    Des chercheurs américains appartenant à des écoles d’infirmières ont donc voulu mettre au point un prototype intelligent, basé sur l’interaction homme-machine, afin de faciliter le processus d’habillage. Ce projet a nécessité la participation d’ingénieurs, de gérontologues, de psychologues, d’infirmiers, d’orthophonistes, de rééducateurs mais aussi de membres de la famille des malades. Les résultats ont été publiés le 1er mai 2018 dans le Journal of Medical Internet Research (JMIR).

    Afin d’accompagner les personnes atteintes de démence quand elles s’habillent, le prototype DRESS repose sur :

    • une commode intelligente composée de 5 tiroirs qui s’ouvrent et s’allument automatiquement les uns après les autres ;
    • un système de reconnaissance d’images qui repère les codes-barres sur les vêtements ;
    • des capteurs qui suivent la progression de la personne dans son activité et qui repèrent le sens dans lequel sont les vêtements ;
    • des messages audio enregistrés par les soignants qui invitent la personne à corriger une éventuelle erreur et à passer à l’étape suivante (si la personne le fait spontanément en toute autonomie, aucun message audio n’est diffusé) ;
    • un système d’alerte si la personne est bloquée ;
    • un bracelet connecté de conductance cutanée enregistre le niveau de stress du malade.

    Résultats

    • Dans 384 cas sur 388, la garde-robe intelligente a été capable de donner correctement un pantalon ou une jupe ;
    • dans 10 cas sur 22 pour les chemises et 5 cas sur 22 pour les pantalons, le système DRESS n’a pas réussi à identifier quand la personne avait terminé de mettre son vêtement.

    Améliorer et personnaliser la garde-robe intelligente

    Le système n’est donc pas totalement au point. Mais, les chercheurs entrevoient déjà comment l’améliorer. Tout d’abord, la collecte continue de données offre au prototype DRESS des opportunités uniques non seulement de fournir des conseils et des retours en temps réel, mais aussi d’enregistrer, d’analyser et de comprendre les modes d’utilisation pour améliorer le développement d’interventions appropriées. « Nous nous sommes concentrés sur l’adaptation et la personnalisation de la rétroaction pour répondre aux besoins de chaque utilisateur et nous avons également tenu compte de la nature progressive de la démence afin que le prototype se concentre sur l’individu et non sur la maladie », ont précisé les auteurs de l’étude.

    En outre, à l’avenir, les futurs prototypes DRESS devraient rendre les codes à barres quasiment invisibles sur les vêtements, afin d’éviter toute stigmatisation, grâce à une encre infrarouge, ou via la reconnaissance et l’entraînement des machines.

  • « Notre but est de redonner de l’autonomie aux personnes en fauteuil » (A. Boulanger, Wandercraft)

    « Les patients sont très contents et voient le potentiel [de notre exosquelette]. Ils nous encouragent vivement à continuer », Alexandre Boulanger, directeur général de Wandercraft, une start-up française à l’origine d’Atalante, l’un des exosquelettes les plus avancés au monde permettant aux personnes en fauteuil roulant de marcher en autonomie.

    Après un premier tour de table de 4 millions d’euros, Wandercraft a annoncé fin 2017 une nouvelle levée de fonds d’un montant de 15 millions d’euros auprès d’XAnge, Idinvest Partners, Cemag Invest, Bpifrance via le fonds PSIM géré dans le cadre du Programme d’investissements d’avenir et l’actionnaire historique LBO France – Innovation Capital. La société espère également obtenir dans les mois à venir le marquage CE médical pour une commercialisation en centre de soins.

    Alexandre Boulanger nous en dit plus sur les projets en cours et à venir de Wandercraft et sur les spécificités de l’exosquelette Atalante.

    Un exosquelette utilisable sans béquilles

    Wandercraft a élaboré Atalante, un exosquelette qui, à terme, doit permettre à des personnes handicapées de marcher en parfaite autonomie.

    Alexandre Boulanger : Vendre aux particuliers est ce qui fait le plus de sens pour notre projet et c’est là que le marché est le plus important mais nous souhaitons réaliser une première phase de ventes avec les centres de soins pour permettre aux patients de tester le produit et aux médecins de se l’approprier. Cela va nous permettre de réaliser des essais cliniques intéressants.

    La technologie repose sur trois innovations majeures : la robotique dynamique, une architecture mécanique avec douze articulations motorisées et un système de contrôle intuitif de l’exosquelette grâce aux mouvements du buste. Alors que la plupart des exosquelettes sur le marché requièrent des béquilles et permettent une vitesse de marche lente (3 mètres par minute pour le Rex Bionics), Atalante fonctionne sans béquilles. Comment êtes-vous parvenu à obtenir une telle stabilité ?

    Ce que nous apportons en plus par rapport à la concurrence ce sont des algorithmes de robotique dynamique afin de proposer un exosquelette qui permette d’effectuer une marche dynamique auto-stabilisée.

    Les bénéfices sont énormes pour les patients. En termes d’autonomie, ils ont les mains libres donc ils peuvent saisir des objets, interagir avec leur environnement. C’est aussi moins fatiguant parce qu’ils n’ont pas besoin de s’appuyer sur des béquilles ou un déambulateur.

    Nous estimons aussi qu’au niveau des bénéfices sur la santé notre modèle est plus intéressant parce que la démarche est plus naturelle, plus proche de la marche humaine classique, donc à la fois sur les pathologies secondaires et éventuellement sur la rééducation, nous pensons que nous pouvons obtenir de meilleurs résultats mais cela reste à démontrer en essais cliniques.

    Votre objectif est aussi de permettre aux utilisateurs de marcher à 3,6 km/h.

    Nous n’avons pas encore atteint cette vitesse de marche. Notre but est de déjà parvenir à une vitesse d’un mètre par seconde environ.

    Wandercraft espère obtenir un marquage CE médical d’ici fin 2018

    Vous avez commencé les essais cliniques en 2017. Où en êtes-vous aujourd’hui ?

    Nous avons fait un premier essai clinique en 2017 avec dix patients dont une partie était au CEREMH de Vélizy (Île-de-France), un centre de tests de dispositifs médicaux, et une autre partie au CMPR de Pionsat (Auvergne). Nous avons pu tester les fonctionnalités essentielles du produit : marcher, s’asseoir, se lever.

    Actuellement, nous commençons avec le CMPR de Pionsat – notre premier partenaire important – un essai clinique de deux ans afin de mettre à jour les bénéfices pour le patient de manière beaucoup plus approfondie.

    Par ailleurs, nous sommes en train d’effectuer un essai clinique de certification pour obtenir le marquage CE médical pour les produits à destination des centres de soins. C’est un essai plus court qui va être mené sur deux-trois mois, entre mai et juillet 2018.

    Cet essai clinique fait partie des étapes importantes à franchir pour bénéficier du marquage CE. Nous sommes également en train de constituer un dossier technique et de réaliser un certain nombre de tests qui rentrent dans le processus de certification. Nous espérons obtenir le marquage fin novembre 2018.

    Au cours de vos premiers essais cliniques, des personnes paraplégiques à 100 % sont parvenus à remarcher avec Atalante, sans béquilles et sans l’aide d’un humain. Quel est le pourcentage précis de réussite ?

    Je ne peux pas vous donner de chiffres précis mais, globalement, l’essai clinique de 2017 nous a permis de prouver que les fonctionnalités essentielles du produit étaient au point, que différents types de patients, de différents âges, aussi bien des hommes que des femmes, atteint.e.s de différentes pathologies, avec différentes morphologies, parvenaient à s’asseoir, à se lever et à réaliser une marche stable en ligne droite sur sol plat dans la salle de test.

    Nous allons reproduire ce schéma dans le cadre de l’essai clinique de certification, pour lequel nous serons vraiment dans un environnement de centre de soins et avec un peu plus d’intensité au niveau des sessions : les patients testeront l’exosquelette pendant plusieurs semaines alors qu’avec le premier essai il n’y avait qu’un essai par patient.

    Le but est de démontrer que les fonctions majeures du dispositif sont opérationnelles et que le produit peut être utilisé en toute sécurité, deux points primordiaux pour bénéficier du marquage CE médical. En outre, l’objectif de l’essai clinique de deux ans est d’aller au-delà des attentes nécessaires à l’obtention du marquage CE en montrant les bénéfices de l’exosquelette sur le corps en termes de santé mais aussi la capacité de regain d’autonomie des utilisateurs.

    « Les patients attendent beaucoup de nous »

    Vous travaillez avec des associations de patients comme l’AFM, CMT-France, Amis FSH, et l’APSHE pour adapter votre technologie aux besoins de vos utilisateurs. Quels sont les premiers retours des patients et des médecins ?

    Les retours sont très positifs. Les patients sont très contents et voient le potentiel du produit. Ils nous encouragent vivement à continuer et, en général, quand il testent l’exosquelette ils n’ont qu’une envie : c’est de le tester à nouveau ! Donc ils nous rappellent pour participer à d’autres sessions. Ils attendent beaucoup de nous, nous en sommes bien conscients, et nous allons faire en sorte de ne pas décevoir leurs attentes.

    Les associations de patients nous aident à communiquer avec les patients, à recueillir leurs attentes. Il n’y a pas de médecins à temps plein qui travaillent au sein de l’entreprise mais nous avons un comité médical composé de médecins de pointe en médecine physique et de réadaptation qui nous aident à adapter l’exosquelette en termes de pathologies et en termes physiologiques et qui nous épaulent au niveau de la stratégie clinique.

    Quand prévoyez-vous de commercialiser Atalante ?

    Pour les centres de soins, la commercialisation du produit est prévue à la fin 2018 et dans quelques années pour les particuliers mais nous n’avons pas encore de date précise.

    Le profil Linkedin de Wandercraft indique que vous envisagez l’ouverture de bureaux aux États-Unis et en Asie. Où en sont ces projets d’extension à l’étranger ?

    C’est toujours d’actualité mais nous n’en sommes pas encore à ce stade. Notre premier gros marché c’est l’Europe. Ensuite, nous ciblerons les États-Unis et le Canada puis l’Asie avec des pays comme la Chine, un très gros marché, ou des pays très avancés technologiquement, tels que la Corée du Sud et le Japon.

    Nous allons déjà essayé d’être certifié en Europe puis tenter de nous étendre rapidement à ces autres zones.

    Atalante : bientôt une version à destination des particuliers

    Vous êtes en train de travailler sur une version permettant aux patients de se déplacer chez eux et dans l’espace urbain. Plus perfectionnée, elle sera directement destinée aux particuliers en situation de handicap moteur. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce modèle amélioré ?

    L’objectif de Wandercraft est de développer un exosquelette qui permettent aux personnes de retrouver une autonomie, de refaire des activités qu’elles ne pouvaient plus faire avant, comme aller chercher leurs enfants à l’école, déjeuner en terrasse dans un café avec des amis… de leur ouvrir des possibilités dont elles ne disposaient plus, de manière simple et autonome.

    Cela va nous prendre beaucoup de temps avant d’atteindre ce but. Nous nous y prenons par étape. La technologie de cœur, c’est la marche dynamique auto-stabilisée, c’est pourquoi nous travaillons dessus aujourd’hui. Petit à petit, nous allons développer de plus en plus de fonctionnalités pour que les utilisateurs puissent réaliser de plus en plus de mouvements différents et répondre à tous les cas de figure auxquels ils peuvent se retrouver confronter au quotidien.

    Pour parvenir à vous lancer sur le marché à domicile, vous allez devoir relever encore quelques défis, notamment en ce qui concerne le poids du produit (plus de 45 kg) et son autonomie. Êtes-vous confiants ?

    Au niveau de l’autonomie, en terme de batterie, nous sommes très satisfaits en ce qui concerne une utilisation en centre de soins (environ une heure). Après, il faudra effectivement l’augmenter pour que le produit puisse être adapté à un usage dans la vie de tous les jours.

    Le poids doit en effet être réduit et le design amélioré mais le plus important c’est de développer les algorithmes et les types de mouvements qui vont permettre à l’utilisateur de faire face à toutes les situations qu’il peut rencontrer au quotidien. C’est surtout là-dessus qu’il y a encore du travail. Il faut que nous puissions garantir une stabilité de marche quelle que soit la situation, permettre aux utilisateurs d’effectuer des mouvements pour monter sur un trottoir ou des marches et de se déplacer sur des sols irréguliers ou des pentes par exemple.

    La différence entre le centre de soins et le quotidien, c’est qu’au sein du centre, l’environnement est très maîtrisé et encadré par le personnel médical alors que dans la vie quotidienne, l’environnement est inconnu et la personne est seule. Nous devons mettre au point des algorithmes plus robustes et assurer davantage de sécurité. C’est pour toutes ces raisons que l’élaboration de cette deuxième version va mettre un peu de temps.

    Un autre point à améliorer est le prix du produit, un exosquelette coûtant environ 100 000 euros en moyenne sur le marché actuel, une somme élevée.

    Nous ne communiquons pas sur le prix parce que notre dispositif n’est pas encore commercialisé mais, en ce qui concerne l’utilisation pour les particuliers, le marché sera beaucoup plus gros que celui des centres de soins : nous aurons donc plus de volume et donc plus d’opportunités de diminuer les coûts.

    L’idée c’est aussi de réfléchir à différentes sources de financement, que ce soit pour le produit à destination des centres de soins que pour la version dédiée aux particuliers. D’une part, quand les essais cliniques permettront de démontrer un bénéfice médico-économique, nous pourrons penser à des remboursements par des gouvernements. D’autre part, nous envisageons des partenariats avec des assureurs et des mutuelles, qui pourraient aussi contribuer au financement.

    Au niveau du coût de production en lui-même, nous allons essayer de le diminuer le plus possible à mesure que le volume augmentera, notamment sur le marché des particuliers.

    « Notre vision à terme c’est d’être un leader mondial de la robotique de services »

    Vous vous adressez pour l’instant aux personnes paraplégiques et souffrant de maladies neuromusculaires comme les myopathies. Souhaitez-vous élargir votre cible de patients dans les années à venir ?

    Pour les essais cliniques, nous nous concentrons sur une cible précise pour laquelle nous pouvons parfaitement designer un produit mais le but est d’étendre notre solution à de plus en plus de pathologies pour toucher toutes les personnes qui sont en fauteuil roulant. Ensuite, nous envisageons aussi de nous adresser aux personnes âgées ayant des difficultés à se déplacer, qui sont assez nombreuses.

    Envisagez-vous d’intégrer d’autres marchés que celui de la santé, en proposant par exemple un modèle pour corriger la posture des livreurs ou d’autres professionnels dont le métier est très physique ?

    Notre objectif aujourd’hui est des redonner de l’autonomie et d’offrir une meilleure qualité de vie aux personnes à mobilité réduite. Notre vision à terme c’est d’être un leader mondial de la robotique de services, de la nouvelle robotique, soit celle qui s’intègre dans la vie quotidienne, avec potentiellement différentes applications.

    Nous pensons que l’élaboration d’un exosquelette à destination des personnes en fauteuil roulant est une très bonne première application, après nous verrons si nous développons notre production vers d’autres types d’exosquelettes ou d’autres types de robots qui peuvent aider les personnes dans leur quotidien.

    Exosquelette : une efficacité qui reste à prouver

    La démonstration de la supériorité des exosquelettes par rapport à une rééducation conventionnelle n’est pas encore flagrante. Les études sur le sujet aboutissent à des résultats contradictoires. En quoi votre exosquelette serait plus efficace qu’une rééducation classique ?

    Je peux répondre sur ce que je crois personnellement et sur ce que les médecins qui nous accompagnent pensent : même si cela reste à démontrer en essai clinique, globalement, le fait d’être assis tout le temps (pour les personnes qui sont en fauteuil roulant) est très mauvais pour la santé parce que le corps humain a besoin de se lever et de bouger. Rester constamment en position assise est nocif notamment pour les systèmes cardiovasculaire, digestif, urinaire mais aussi pour les amplitudes articulaires et la masse musculaire, qui se réduisent, cela peut aussi entraîner de l’ostéoporose, etc. Il y a une dégradation globale du corps.

    C’est pourquoi ces patients pratiquent de la « verticalisation » statique (ils sont placés en position verticale grâce à des mécanismes qui les maintiennent debout plusieurs minutes par jour par exemple) ou suivent des séances de kinésithérapie durant lesquelles le praticien les maintient en position debout.

    Utiliser un exosquelette permettant une marche dynamique auto-stabilisée c’est comme de la super « verticalisation » ou de la super kiné car les patients sont en position verticale mais de manière dynamique donc ils peuvent aller beaucoup plus loin dans le mouvement, un mouvement qui est proche de la marche classique : verticale et active. Nous pensons donc que l’usage d’une technologie comme la nôtre est plus bénéfique qu’une rééducation classique mais, encore une fois, cela reste à prouver.

    En utilisant notre technologie et en faisant travailler les patients, il y a, suivant les pathologies, un potentiel de rééducation auquel nous croyons et qui reste là aussi à explorer. Il y a encore plein de nouvelles possibilités à étudier qui vont faire avancer la recherche clinique dans le domaine.

    Robotique et questions éthiques

    Le laboratoire Clinatec, installé à Grenoble, travaille sur des interfaces homme-machine : des microélectrodes implantées dans le cerveau qui piloteraient un exosquelette par la pensée. Encadrés par l’ANSM, ces travaux suscitent des polémiques. Le collectif grenoblois Pièces et main d’œuvre (PMO) redoute par exemple que ces recherches ne soient « la porte ouverte vers la production de robots humains ». Que répondez-vous face à ces critiques d’ordre éthique ? L’exosquelette ne risque-t-il pas de rendre l’humain dépendant du robot ?

    L’exosquelette Atalante n’est pas un robot autonome, c’est le prolongement du corps. Les décisions sont toujours prises par le cerveau de l’utilisateur. Je pense donc que ces questions se posent un peu moins au niveau de notre produit.

    Elles sont néanmoins légitimes et je pense qu’il est normal et plutôt sain d’avoir ce débat. Il faut, tout en avançant vers le progrès, que nous soyons capables de maîtriser la technologie. Ce sont des interrogations qu’il faut avoir mais elles ne doivent pas empêcher la recherche de progresser et les personnes de bénéficier de solutions intéressantes.

    La volonté de réparer le corps à tout prix favorise-t-elle réellement l’intégration sociale ? Ne serait-il pas préférable d’adapter la société au handicap ?

    L’environnement urbain est globalement assez peu adapté pour les personnes en fauteuil roulant. Il y des avancées sur ce point mais les investissements qui restent à faire sont énormes. Il faut que ça continue à aller dans ce sens mais il ne faut pas forcément non plus attendre que ça se fasse, nous pouvons proposer d’autres solutions pour améliorer le quotidien de ces personnes.