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  • Visite d’Etat : Agnès Buzyn veut renforcer la coopération en santé entre la France et l’Australie

    Agnès Buzyn, Ministère des solidarités et de la santé, s’est rendue en Australie du 30 avril au 4 mai 2018, en marge de la visite d’Etat du président Emmanuel Macron. Elle y a signé une déclaration d’intention visant à renforcer la coopération entre la France et l’Australie dans le champ de l’innovation en santé, de l’accès aux soins, de la prévention et de la santé mentale.

    La Ministre des solidarités et de la santé y a rencontré des professionnels de santé et des responsables politiques dans le but d’identifier de nouveaux secteurs où la coopération des équipes médicales françaises et australiennes pourrait faire émerger des traitements innovants. Les domaines évoqués concernent l’intelligence artificielle, la génétique humaine, la santé environnementale, la lutte contre le cancer, etc.

    Agnès Buzyn a rencontré les équipes du Laboratoire International Associé (LIA) à l’Université Melbourne ainsi que des chercheurs du Charles Perkins Center de l’Université de Sydney, un centre d’excellence qui mène des recherches multidisciplinaires en matière de lutte contre les maladies chroniques telles que le diabète ou l’obésité. Elle s’est également entretenue avec Tanya Davies, Ministre de la santé mentale, des femmes et des personnes âgées.

    Signature d’une déclaration d’intention

    La signature d’une déclaration d’intention entre la France et l’Australie vise à renforcer la coopération dans quatre domaines prioritaires :

    • l’innovation en santé ;
    • l’accès aux soins ;
    • la santé publique et la prévention, en particulier à destination des jeunes ;
    • la santé mentale.

  • Pierre Fabre Médicament et BioSerenity développent un textile connecté à visée urologique

    Pierre Fabre Médicament et BioSerenity ont annoncé dans un communiqué du 15 mai 2018 avoir conclu un partenariat pour développer un textile connecté au service du dépistage et du suivi médical des troubles urinaires. Leur collaboration passe à une nouvelle étape visant la fabrication, la commercialisation et la distribution de dispositifs médicaux connectés dans le cadre de la prise en charge de l’incontinence urinaire.

    Les deux sociétés ont élaboré un sous-vêtement équipé de capteurs biométriques enregistrant l’activité de l’appareil urinaire et permettant de détecter les troubles qui l’affectent. Il transmet les données enregistrées à une plateforme cloud sécurisée à destination de l’urologue en charge du suivi du patient.

    Les deux partenaires vont concentrer leurs forces sur l’obtention du remboursement de leur dispositif médical connectée et vont continuer leur collaboration autour de l’IA, un domaine de prédilection de Pierre Fabre.

    Les termes de l’accord

    Selon le communiqué, l’hyperactivité vésicale est une maladie chronique qui affecte près de 20% de la population des hommes et femmes de plus de 40 ans.

    La collaboration entre les deux sociétés a débuté à l’occasion de l’Uro-Tech Challenge 2016 tenu en novembre 2016 et lorsque BioSerenity a remporté le concours grâce à sa technologie de capteurs qui a séduit le jury composé d’urologues et de patients de l’Association d’aide aux patients incontinents (API).

    Pendant 18 mois, BioSerenity a travaillé sur un prototype du dispositif médical connecté en mettant l’accent sur le traitement et l’interprétation des données relatives aux troubles urinaires.

    Pierre Fabre de par son expérience dans le développement pharmaceutique a pris en charge les aspects tels la mise en œuvre et l’intégration du dispositif dans le parcours de soins du patient, sa valeur ajoutée comme outil de diagnostic et de suivi médical auprès des prescripteurs.

    Pierre Fabre Médicament participe au financement de la R&D du dispositif connecté pour en avoir à terme l’exclusivité de commercialisation en France et dans le monde. Les termes financiers de l’accord n’ont pas été révélés.

    Le dispositif co-développé permet :

    • un diagnostic plus précis à partir de mesures collectées dans la vie réelle ;
    • un meilleur confort d’examen pour le patient avec moins d’effets secondaires potentiels ;
    • une simplification du parcours de soins avec un suivi à distance et par conséquent une économie de coûts.

    Les deux partenaires souhaitent développer à l’avenir toute une gamme de dispositifs connectés pour le diagnostic, la prise en charge et le suivi des patients souffrant de toute forme d’incontinence urinaire.

    Stratégie d’innovation digitale reposant sur l’open innovation et l’IA

    Pierre Fabre considère qu’au-delà des médicaments, les industriels auront de plus en plus à développer des services et des outils ou solutions permettant d’optimiser les conditions de traitement et de faciliter le travail des praticiens.

    La stratégie digitale de Pierre Fabre consiste à s’appuyer sur l’open innovation émergeant au sein d’hackathons, révélateurs de projets porteurs, afin d’identifier les domaines d’intérêt pour des investissement futurs qui concernent la prévention, l’aide au diagnostic, l’observance, la prédiction et l’accompagnement.

  • Visiomed et Intersystems lancent une plateforme de télésurveillance et de coordination des soins

    Visiomed par le biais de sa filiale dédiée à la santé connectée, BewellConnect, s’est associé à Intersystems pour développer une nouvelle plateforme technologique et médicale de télésurveillance et de coordination des soins. Annoncée dans un communiqué du 15 mai 2018, la nouvelle plateforme s’appelle BewellXpert et repose sur le socle technologique d’InterSystems HealthShare.

    BewellConnect s’est appuyé sur le réseau international d’Intersystems et son infrastructure, qui constituent un facteur de crédibilité et d’attractivité pour les clients, alors qu’Intersystems profite de l’expertise d’un acteur historique de la santé connectée dans le domaine des maladies chroniques et des patients en mobilité notamment.

    Le déploiement de la plateforme à destination des professionnels de santé est prévu progressivement en Europe, en Amérique du Nord et du Sud, au Moyen-Orient et en Asie au cours des prochains mois et ce grâce au réseau mondial d’Intersystems.

    Changement de gouvernance et cap sur l’analyse de données médicales pour un parcours patient optimal

    Alors que l’entreprise a annoncé un changement de gouvernance au début du mois de mai, elle présente une nouvelle solution au service de la télémédecine développée en partenariat avec l’éditeur de logiciels, Intersystems.

    Ce dernier avait remporté le titre du Best in Klas attribué par le cabinet Klas dans les catégories du dossier patient informatisé (DPI) et de la gestion administrative du malade (GAM) en janvier 2017.

    Olivier Hua, l’actuel directeur général délégué de Visiomed Group et PDG de la filiale BewellConnect, est appelé à devenir le PDG du groupe à la suite de l’annonce de Eric Sebban de son souhait de se retirer de cette fonction. Olivier Hua devrait être confirmé comme nouveau PDG du groupe à l’occasion de l’Assemblée générale qui doit avoir lieu le 29 mai 2018.

    Une plateforme qui charrie les données émises par les objets connectés et les dossiers patients

    Exploiter les données afin d’améliorer le parcours patient et sa prise en charge notamment dans le cadre de soins à distance, tel est l’objectif du partenariat et le souhait de BewellConnect incarnés par la nouvelle plateforme BewellXpert.

    Selon Olivier Hua, il s’agit d’une tour de contrôle permettant aux médecins de suivre de près leurs patients et de mettre des plans d’action personnalisés.

    Le partenariat avec Intersystems, un expert en technologies de connectivité et d’analyse des données, est stratégique pour BewellConnect dans le sens où il doit apporter une réponse à la connectivité et l’interopérabilité des systèmes de santé.

    La plateforme BewellXpert repose sur les briques fonctionnelles du système d’Intersystems, HealthShare, qui ont permis de la rendre interopérable avec l’ensemble des systèmes d’information hospitaliers. La plateforme permet ainsi de conjuguer les données captées par les dispositifs médicaux connectés et les données médicales provenant d’autres systèmes, notamment des dossiers patients.

  • Une étude interroge les méthodologies permettant d’évaluer le phénomène de désertification médicale

    L’Observatoire régional de santé Ile-de-France publiait en mars 2018 une étude intitulée « Les déserts médicaux en Ile-de-France, de quoi parle-t-on ? Quels leviers d’action ? ».

    Les objectifs de l’étude consistent à interroger les modes d’évaluation de l’offre de soins en Ile-de-France et à identifier les limites et les voies d’amélioration possible.

    L’étude a débouché sur la formulation de plusieurs recommandations relatives à l’élaboration de politiques publiques adaptées aux besoins des populations franciliennes. Les technologies de santé y occupent une place prépondérante.

    L’appréhension du phénomène de « désertification médicale » est complexe à plusieurs titres

    Objectif de ce rapport : l’observatoire  examine la démographie médicale en Ile-de-France, les méthodologies développées pour délimiter ces « déserts médicaux », et les mesures mises en œuvre pour tenter d’enrayer ce phénomène.

    Constat : certains départements d’Ile-de-France sont concernés par un double phénomène : l’augmentation des besoins médicaux des populations, combiné à la diminution de l’offre de soins sur le territoire. La « désertification médicale » en Ile-de-France tient à la répartition « tout à fait inégale » des professionnels de santé libéraux, d’après les auteurs de cette étude.

    Problématique : « la mesure de l’accès aux soins est complexe » rappelle l’Observatoire. Elle tient compte de plusieurs facteurs : besoins de soins des populations, territorialisation, offre de soins, quantification et qualification de l’offre de soins, localisation et coordination des professionnels de santé. Mais la résorption des inégalités d’accès aux soins supposent de retenir d’autres facteurs : contraintes budgétaires qui pèsent sur les politiques publiques, diversité des statuts des professionnels de santé ou encore, liberté d’installation qui leur est accordée.

    Ces facteurs, conclut l’observatoire, constituent autant de « mesures et d’actions qui restent à mieux articuler et faire connaître ». Le rapport recense donc les méthodes permettant d’évaluer la désertification médicale. 

    Méthodologie : Ce travail se fonde principalement sur une revue de littérature scientifique, des rapports parlementaires, des rapports de la Cour des Comptes, des articles de presse, des sites internet (des organismes syndicaux ou représentant les professionnels de santé, des usagers ou des étudiants en médecine, et des comptes-rendus de colloque). 

    L’Observatoire en conclut à l’insuffisance des méthodologies actuelles d’analyse de l’offre de soins

    • Des besoins de soins en hausse : les auteurs du rapportent relèvent une augmentation des besoins de soins, imputables à l’ « accroissement général de la population », à son « vieillissement », à « l’augmentation des maladies chroniques », à la « place croissante que doivent prendre les soins de ville dans notre système de soins pour que puisse être pris le virage ambulatoire » voulu par l’Etat.
    • Une offre de soins libérale en diminution : le nombre total de médecins augmente en France, une étude récente de la Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques le montrait encore récemment (+ 10 000 médecins en France depuis 2012 toutes spécialités confondues). Pour autant, « l’effectif des médecins généralistes libéraux (pivot de premier recours) diminue chaque année ». L’Ile de France est à ce titre la région : 
      • qui a perdu le plus de médecins généralistes libéraux entre 2016 et 2017 ; 
      • où le temps d’exercice des médecins diminue.
    • Une répartition territoriale inégale de l’offre de soins libérale : l’étude relève une forte hétérogénéité des densités médicales entre départements franciliens : 
      • les densités des généralistes libéraux, gynécologues, pédiatres, dentistes, ophtalmologues libéraux y sont les plus basses de France ; 
      • la Seine-Saint-Denis et la Seine-et-Marne sont touchées par les plus faibles densités ; 
      • les départements franciliens ont les densités d’infirmières libérales les plus faibles de France ;
      • malgré un recours croissant aux médecins étrangers, l’offre territoriale demeure déséquilibrée. 
    • L’enjeu de la mesure des niveaux d’accessibilité aux soins de premier recours pour délimiter les zonages déficitaires : l’identification et la délimitation des zones déficitaires en médecins généralistes reposent aujourd’hui sur « l’accessibilité potentielle localisée » (APL). Cette méthodologie présente les spécificités suivantes :
      • elle ménage une marge de manœuvre importante aux Agences régionales de santé ; 
      • elle intègre de manière combinée les dimensions d’accessibilité et de disponibilité de l’offre. 
    • Cette méthode présente toutefois des limites, pour les membres de l’Observatoire : 
      • la « dimension sociale » de l’accès aux soins est quelque peu négligée ; 
      • elle ne tient pas compte des « spécificités régionales » comme la « marche à pieds ». 
    • Les pouvoirs publics investissement massivement le terrain de la réduction des déserts médicaux : l’étude identifie et salue les efforts engagés par les administrations successives pour tenter d’enrayer la diminution des effectifs médicaux depuis le début des années 2000. Le rapport complet en fournit la liste détaillée.

    Les recommandations de l’Observatoire 

    • Renforcer la coordination et la communication entre professionnels de santé
    • Combiner une multiplicité d’approches : les « technologies de l’information », « l’intelligence » et « l’innovation locale » constituent autant de levier à mobiliser pour améliorer la coordination et la communication des professionnels de santé, d’après les auteurs de cette étude.
    • Co-élaborer les projets en s’appuyant sur l’intelligence locale et les aspirations des professionnels de santé, notamment des jeunes générations de médecins.
    • Combiner et articuler les efforts : l’Observatoire insiste sur la nécessité de mieux articuler les politiques publiques sanitaires, numériques, d’aménagement social et éducatives, et de mieux associer les collectivités territoriales au processus d’élaboration de ces politiques.
    • Développer la prévention globale.

    Le rapport et sa synthèse sont accessibles et téléchargeables sur le site internet de l’Observatoire régional de santé d’Ile-de-France.

  • E-prescription : la start-up MeSoigner lance un test à grande échelle à Bergerac

    Mesoigner, plateforme de pharmacie en ligne et spécialiste des logiciels de e-santé à destination des pharmaciens, a annoncé dans un communiqué de presse du 14 mai 2018 le lancement d’une phase-test de dématérialisation d’ordonnances électroniques à Bergerac.

    En anticipant la généralisation de l’usage des « e-prescriptions », MeSoigner mène une étude sur la e-ordonnance en coopération avec la région Nouvelle-Aquitaine, grâce à son logiciel Medifeed destinés aux pharmaciens et médecins dans l’objectif d’esquisser les opportunités et les freins offerts par la généralisation de l’ordonnance électronique sur le territoire national.

    Il ressort des expériences menées jusqu’à présent par la start-up que les pharmaciens sont les principaux acteurs et porteurs de la dématérialisation des prescriptions et que leur principale mission à ce stade est l’éducation des patients afin d’accroître l’acceptabilité de ce mode de prescription.

    Un réseau de vente de médicament en ligne et de services numériques

    Un réseau de pharmacies en ligne afin de proposer des services mutualisés et à moindre coût est à l’origine de la création de la plateforme Mesoigner par Xavier et Christine Mosnier-Thoumas et d’un spécialiste en marketing, Amaury de Chalain, qui souhaitaient offrir aux patients des services numériques innovants.

    Les pharmacies membres du réseau sont toutes agrées par l’Ordre National des Pharmaciens et disposent de l’autorisation de vente en ligne de médicaments sans ordonnance délivrée par le Ministère de la Santé. Elles sont également signataires de la charte MeSoigner.fr qui incarne leur engagement à assurer aux patients un service de qualité et à respecter la confidentialité de leurs données personnelles.

    Actuellement, le réseau regroupe le plus grand nombre de pharmacies autorisées à la vente en ligne de médicaments en France et près de 75% des pharmacies autorisées en Aquitaine. En 2019, la société vise 2 000 pharmaciens connectés, soit 10% du marché total.

    La dématérialisation des ordonnances, un objectif de portée nationale

    Une première étude a été menée par la start-up de septembre 2017 à janvier 2018 auprès de praticiens pour connaître leur ressenti vis-à-vis de la prescription électronique et auprès de patients d’un centre médical de Bergerac afin de palper l’acceptabilité de ce mode de prescription par le grand public.

    Voici les principaux résultats de l’enquête impliquant une cinquantaine de personnes :

    • les praticiens ont jugé que la généralisation de la prescription électronique était possible à la seule condition de revêtir un caractère obligatoire ;
    • les praticiens ont exprimé la préoccupation de vouloir s’équiper d’un logiciel de prescription qui soit interopérable avec leurs logiciels métiers dont ils disposent déjà ;
    • les praticiens apprécient la possibilité de pouvoir vérifier la disponibilité d’une spécialité en pharmacie afin d’adapter la prescription ;
    • les patients sont divisés quant à l’usage de la e-prescription : un tiers des interrogés souhaite garder l’ordonnance papier ; plus d’un tiers préfère le format papier, mais est ouvert au format électronique et apprécie la possibilité de choisir le format tout en étant préoccupé par la sécurité du dispositif ; enfin, un peu moins d’un tiers est enthousiaste face à la e-ordonnance.

    Les pharmaciens apprécient la prescription électronique car elle leur permet de :

    • préparer les commandes à l’avance et par conséquent de mieux gérer leurs stocks ;
    • sécuriser le circuit de la prescription en évitant la falsification d’ordonnances ;
    • améliorer le parcours patient en anticipant la visite du patient ;
    • limiter le temps d’attente du patient grâce au service numérique et le fidéliser.

    Medifeed, l’outil de prescription électronique par MeSoigner

    La start-up a édité un logiciel, Medifeed, qui permet un lien numérique direct entre le médecin, le patient et le pharmacien.

    La solution est compatible avec tout logiciel métier. Le médecin édite la prescription via le logiciel qui est automatiquement signée, cryptée et envoyée au pharmacien choisi par le patient. Elle est également disponible pour le patient via l’espace sécurisé de son application MeSoigner.

    Le pharmacien de son côté peut après le passage du patient, préciser dans la base de données sécurisée le statut de l’ordonnance : totalement délivrée, partiellement ou à renouveler.

    Cette e-ordonnance permet un échange sécurisé qui réduit les erreurs de prescriptions et le risque de perte.

    La messagerie sécurisée entre le pharmacien et le médecin leur permet également un échange au service d’une meilleure prise en charge du patient.

    La start-up lance cette étude, alors qu’en parallèle des expérimentions sont lancées via le DMP par l’Assurance Maladie et que la dématérialisation des prescriptions a été rappelée comme une priorité lors de l’annonce des cinq chantiers dans le cadre de la stratégie de transformation numérique du système de santé. La dématérialisation des prescription est également un outil facilitant l’échange de l’information médicale entre différents professionnels de santé.

    Nouvelle fonctionnalité – numériser sa propre ordonnance via le site

    Le site propose la possibilité de charger son ordonnance papier en en prenant une photo ou en la numérisant. Elle est alors facilement transmissible à une pharmacie au choix. Cela présente l’avantage d’avoir sa commande prête lors du passage à l’officine.

    La plateforme permet également aux patients de contacter un pharmacien d’officine via un service sécurisé de messagerie instantanée.

  • Le Parlement adopte le projet de loi relatif à la protection des données personnelles

    Onze jours avant l’entrée en vigueur du règlement général sur la protection des données (RGPD), les dispositions de ce texte européen ont été transposées en droit français, à l’issue d’un vote à l’Assemblée nationale le lundi 14 janvier 2016.

    Adopté en 2016 par le Parlement européen, le texte – qui régit la manière dont les entreprises et les administrations peuvent faire usage des données personnelles des utilisateurs – n’avait pas encore été transcrit en droit français. En France, ces pratiques étaient pour l’heure régies par la loi informatique et liberté de 1978 (modifiée par la directive européenne de 1995).

    L’examen parlementaire du texte aura duré plus de 5 mois, après le dépôt du projet de loi à l’Assemblée nationale par le gouvernement en décembre 2017. Les divergences entre le Sénat et l’Assemblée nationale s’étant avérées nombreuses, le Sénat a fait savoir qu’il saisirait le Conseil constitutionnel.

  • Essec Asia Workshop (2/2): Focus on Singapore’s and Japan’s EHR

    Various stakeholders from the healthcare industry gathered in Singapore on April 20 and 21, 2018 at a workshop held on the ESSEC Asia-Pacific campus on the theme: « Patient centered digital health & health care products industries: opportunities in Asia Pacific ».

    The second day was devoted to the EHR models deployed in Asia-Pacific and in particular to Singapore and Japan, two countries with different contexts. As Singapore is about to launch a unique EHR for all the country, Japan is considering options to establish a business model adapted to its health system particularities.

    Singapore:  a unique health platform for all the country

    The Singapore government is working with IHiS (Integrated Health Information System), a company that digitizes, connects, and analyses Singapore’s health ecosystem. « By next year, we will move to one EHR for all the country, » explained Mr Chua Chee Yong, Director, Planning Group, at IHiS and Head of IT Strategy and Planning at the MOH. « Joining the national electronic patient database will be mandatory from October 2018 for healthcare providers [in Singapore]. « 

    « Ministries play a key role » in the current digital transformation of the healthcare sector, Mr Yong added. This transition is enabled through seven programs, guiding IHiS and the government in their investment and focus on IT initiatives:

    • 1. Population profiling: a national program.

    The idea is to harness data analytics capabilities to link data across the healthcare sector.

    • 2. Population enablement.

    This program will provide consumers and caregivers with the knowledge, insights and ability to manage their own and their dependents’ health and healthcare finances.

    • 3. Prevention and continuity of care.

    The idea is to develop a set of common capabilities to allow Regional Health Systems to execute primary, secondary and tertiary prevention program and integrate various providers IT system in different settings to provide continuity of care to patients.

    • 4. Provider care and operations excellence.

    The purpose is to enable the primary and intermediate and long term care sector with basic IT for them to connect with public health institutions to share information about the patient.

    • 5. healthcare financial excellence.

    This program ensure patient healthcare affordability and improve visibility in costs and outcomes so as to drive better cost effectiveness in our sector.

    • 6. Policy & public health workbench.

    It aims to identify common information needs and develop common capabilities to collect, analyze those data to support policy formulation and public health management.

    • 7. IT foundation & resiliency.

    The goal is to develop common foundational IT capabilities to improve its scalability and resiliency.

    The idea is to « digitize » everybody to connect everybody  » with targeted strategies by care segments », Chua Chee Yong said. « For example, if you want to encourage people to walk through a mobile app and you target the whole family, by convincing the father, you will convince the mother (or vice versa) and then the children. »

    Enhanced collaboration between the public and the private sector

    The Singaporean government is increasingly working with digital health startups and institutions. « In some cases, the private sector is better able to meet consumers expectations than the public sector because they are more efficient. »

    It creates competition, Mr Yong said, which is why transparency is what industry players have to assure. « We need to think about how we collect, use and share data. That’s why we are creating a unique platform nationally [, to standardize practices]. »

    Singapore EHR’s model seems quite interesting but we have to notice that its success may be partly due to the small size of the country. The same model would probably be more difficult to scale in a bigger country.

    Japan is looking for a sustainable business model

    NDB: a national database on progress

    In Japan, many medical databases are available. One of the most important is the NDB, which collects more than 1.8 billion data per year and 27 million special health check data per year.

    Strengths of NDB data according to Prof. Hiroshi Nakamura (Keio Business School):

    • +/- 100% coverage;
    • tractable even if patients change hospital;
    • standardized data, ensuring ease of use.

    The main weakness of NDB data:

    • claim data: the name of the disease is not always available, as is precise timing (only monthly data records).

    Towards an open-data platform for well-being

    The government also plans to develop by 2020 PeOPLE , an open-data platform for well-being which identifies the bottleneck of the current health systems including the health service deliveries by integrating fragmented and isolated health data, enhancing key learning of effective health care systems.

    A lack of business model

    « The main challenge is the lack of business model, » Prof. Nakamura said. « How to finance maintenance costs? In general, Japan hospitals pay the PHR related costs, expecting to attract more patients and to reduce personal expenses under the national health insurance system, but the reality is that a [sustainable] business model of PHR needs to be developed. »

    From 2018, online medical examinations and prescriptions are progressively covered under the national health insurance system, but this is just the beginning. Alternatives have to be found to continue to develop digital technology within the Japan healthcare industry.

  • Workshop Essec Asie (2/2) : focus sur les DSE de Singapour et du Japon

    Différents acteurs de l’industrie de santé se sont rassemblés à Singapour le 20 et le 21 avril 2018 à l’occasion d’un workshop organisé au campus de l’Essec sur le thème : « Industries numériques des produits de santé et de soins centrées sur le patient : des opportunités en Asie-Pacifique ». H&TI était présent.

    La deuxième journée était consacrée aux différents modèles de dossier de santé numériques (DSE) déployés en Asie-Pacifique et notamment à Singapour et au Japon, deux pays aux contextes différents et inspirants. Alors que Singapour s’apprête à lancer un dossier de santé unique pour l’ensemble du pays, le Japon réfléchit à l’établissement d’un business modèle adapté aux particularités de son système de santé.

    Singapour : un dossier de santé unique pour toute la cité-État

    Le gouvernement singapourien collabore avec IHiS (Integrated Health information System), une entreprise qui numérise, connecte et analyse l’écosystème de la santé de Singapour. « D’ici l’année prochaine, nous allons mettre en place un DSE pour tout le pays, a expliqué M. Chua Chee Yong, directeur de la division « Planning Group » à IHiS et responsable « IT Strategy and Planning » au sein du ministère de la Santé singapourien (MOH). Rejoindre la base nationale de données des patients électronique sera obligatoire à partir d’octobre 2018 pour tous les fournisseurs de santé du pays. »

    « Les ministères jouent un rôle clé » dans le changement que connaît actuellement le secteur de la santé en matière de numérique, insiste M. Chua Chee Yong. Cette transition est assurée par IHiS à travers une feuille de route concentrée autour de sept programmes :

    • 1. Le profilage de la population.

    L’idée est d’exploiter le potentiel des systèmes d’analyse des données pour connecter toutes les informations disponibles au sein du secteur de la santé.

    • 2. L’engagement de la population.

    Ce programme fournira aux consommateurs et aux soignants les connaissances, les idées et les capacités nécessaires à la gestion de leur propre santé et de leurs dépenses de santé mais aussi de celles des personnes à leur charge.

    • 3. La prévention et la continuité des soins.

    L’objectif est de développer un ensemble de capacités communes pour permettre aux systèmes régionaux de santé (RHS) d’exécuter des programmes de prévention au niveau des soins primaires, secondaires et tertiaires mais aussi d’intégrer différents systèmes informatiques de prestataires dans différents contextes afin d’assurer la continuité des soins aux patients.

    • 4. L’excellence des soins et des opérations chirurgicales.

    Le but est de permettre au secteur des soins primaires et intermédiaires et de longue durée disposant de matériel IT basique de se connecter avec les établissements de santé publique afin de partager plus facilement les informations sur les patients dont ils disposent.

    • 5. L’excellence au niveau financier.

    Ce programme assurera l’accessibilité financière des soins aux patients et améliorera la visibilité des coûts et des résultats afin de générer une meilleure rentabilité du secteur.

    • 6. L’établissement de politiques de santé publique.

    L’objectif est d’identifier les besoins d’information communs et de développer des capacités communes pour collecter et analyser les données de santé dans l’optique de soutenir la mise en place des politiques de santé publique et la gestion du secteur.

    • 7. Des fondements solides en matière d’IT.

    L’objectif est de développer des capacités informatiques fondamentales communes pour améliorer leur évolutivité et leur résilience.

    L’idée général du projet du MOH est de « digitaliser » toute la population pour créer une connexion entre tous les acteurs de l’industrie de santé, le tout « en déployant des stratégies adaptées à chaque secteur de soins », explique M. Yong. « Par exemple, si vous souhaitez inciter la population à marcher davantage et que vous ciblez la famille tout entière, en convaincant le père, vous convaincrez la mère (ou inversement), puis les enfants. »

    Une collaboration renforcée entre secteur public et secteur privé

    Le gouvernement singapourien collabore de plus en plus avec des start-up du secteur de la santé numérique et des institutions. « Dans certains cas, le secteur privé est plus à même de répondre aux attentes [de l’industrie] que le secteur public car ses acteurs sont plus efficaces, ils savent rendre commercialisable et profitable une idée. »

    Cette sollicitation des entreprises privées crée une certaine concurrence sur le marché, admet M. Chua Chee Yong, c’est pourquoi les acteurs du secteur ont un devoir de transparence. « Nous devons réfléchir à la manière dont nous collections les données, les utilisons et les partageons. Voilà pourquoi nous avons décidé de créer une plateforme nationale unique, [afin d’uniformiser les pratiques]. »

    Le modèle de DSE déployé par Singapour est certes, inspirant, mais sa réussite est peut-être en partie due à la petite taille du pays. Le même modèle serait probablement plus difficilement applicable à l’échelle d’un État plus vaste et plus peuplé.

    Japon : à la recherche d’un business modèle viable

    NDB : une base de données nationale encore imparfaite

    Au Japon, il existe plusieurs bases de données médicales. L’une des plus importantes est la NDB, la base de données nationale, recueillant plus d’1,8 milliard de données par an et environ 27 millions de données centrées sur les contrôles de santé chaque année.

    Les avantages de la NDB selon le Pr. Hiroshi Nakamura (Keio Business School) :

    • une couverture à quasi 100 % ;
    • un suivi possible même si les patients changent d’hôpital ;
    • la standardisation des données, garantissant une simplicité d’utilisation.

    Le principal point faible de la NDB :

    • la réclamation des informations : le nom de la maladie du patient n’est pas toujours disponible, tout comme la date à laquelle a été enregistrée l’information (le système d’enregistrement est mensuel).

    Vers une plateforme ouverte dédiée au bien-être de la population

    Le gouvernement entend également développer d’ici 2020 PeOPLE, une plateforme ouverte dédiée au bien-être des citoyens qui rassemble sur un même espace numérique des données de santé fragmentées et isolées afin d’améliorer l’analyse des dossiers de santé des patients et leur fournir des conseils médicaux davantage personnalisés.

    Une absence de business modèle

    « Le défi principal à surmonter est l’absence de business modèle, reconnaît le Pr. Nakamura. Comment financer les coûts de maintenance ? Au Japon, les hôpitaux paient généralement les frais liés aux dossiers de santé en espérant attirer davantage de patients et réduire les dépenses personnelles à travers le système d’assurance santé national mais, en réalité, nous avons besoin de développer un [nouveau] business modèle. »

    Depuis début 2018, les consultations médicales en ligne et les prescriptions électroniques commencent à être couverte par le système d’assurance santé nationale mais ce n’est qu’un début. Des alternatives doivent être trouvées par les acteurs du secteur de la e-santé et les gouvernements pour continuer à développer le numérique au sein de l’industrie de santé japonaise.

  • Essec Asia Workshop (1/2) : which business model to adopt in the digital health market?

    Various stakeholders from the healthcare industry gathered in Singapore on April 20 and 21, 2018 at a workshop held on the ESSEC Asia-Pacific campus on the theme: « Patient centered digital health & health care products industries: opportunities in Asia Pacific ».

    During the different talks, the following question often came up : How to develop a sustainable business model within the digital health sector? « Digital disruption can be fatal for some businesses, but it can be an opportunity, » said Prof. Jan Ondrus, associate professor and chair of networked business models at ESSEC Business School Asia-Pacific.

    Here are the highlights of his speech.

    From a horizontal business model to the digital platform model

    « It’s not just about technology but about creating a business model, » Prof. Ondrus said, adding that it’s important for every company to deploy a sustainable strategy before launching a new product on the market, as attractive as it is.

    The arrival of smartphone in our daily lives and the digital revolution in general had a considerable impact on the empowerment of consumers, he remained us. Initially, high-tech products were only affordable for companies, now they are more affordable for public. In less than ten years almost everyone has started using a smartphone.

    Threats for companies have risen with the high tech revolution

    It has been difficult for companies to adapt to this rapid evolution, and it still is. There has been a rise of threats for them, even for the big ones.

    Today, the life expectancy of a big company is only fifteen years. Pressure to change is high.

    Producer and consumer are at the same level

    The business model of health tech companies can no longer be build on the tradition value chain : you start from from the producer to the consumer through the manufacturer, the distributor and then the retailer, Prof. Ondrus added.

    A powerful digital triangular model has emerged : the platform business model. Here, the producer is directly connected to the consumer via a digital platform.

    This model has been adopted by many young successful companies such as Uber, the world’s largest taxi company which owns no taxis, Airbnb (doesn’t own real estate) or Netflix (doesn’t owns cinemas) and telemedicine companies like MyDoc in Singapore, a mobile app allowing patients to have access to online medical consultations.

    Network effects

    The main benefit of this model is that it tends to bridge industries which generate network effects. Indeed, 4 users can create 6 connections, 8 users 28 connections, etc. Companies can extract value from these connections.

    The goal is to have the biggest network, that is to say a lot of users to generate more and more connections and build a sustainable model. Every company fights to be #1, sometimes at the expense of the users (example: it’s very difficult to completely delete your account from this kind of platform).

    « You have to look beyond industry boundaries »

    « You have to look beyond industry boundaries, » Jan Ondrus said. The idea is to connect the dots. To build a sustainable business model, he identified six steps:

    • 1. Find a big purpose.

    Example: fighting diabetes or solving malnutrition. « Some entrepreneurs develop a solution and then try to find a problem to solve. It is important to first identify a problem and then develop a solution to overcome it. « 

    • 2. Identify the stakeholders (patients? Next of kin? Doctors? Pharmaceutical companies? Etc.)
    • 3. Assess pain point to better overcome your weaknesses and face competition.
    • 4. Design solutions.

    The use of digital technology can help to remove friction and create trust between the players by fostering collaboration and co-innovation.

    • 5. Share value equitably.

    It is important for the sustainability and the healthiness of the company.

    • 6. Share your purpose.

    « In conclusion, with the right business model and the right use of digital technology, it is not too late to surf the digital wave, » Jan Ondrus said.

    Funding: a central problem

    A discussion among the participants of the workshop led to several questions, some of which related to the patients’ data protection. To reassure consumers about the use of their personal data, industry has to focus on transparency, explaining who can access their data and for what purposes.

    Another concern is the usability of digital products. « Everyone should be able to use the application easily without specific knowledge, » Prof. Ondrus said. Easy of use is mandatory, especially if the solution is dedicated for the elderly people.

    Finally, there is the big question: who has to pay? This is one of the main challenges digital health entrepreneurs have to deal with. Among the speakers, Sze-Yunn Pang, head of Population Health Management at Philips ASEAN Pacific, said the biggest challenge lies with insurance companies. « How to convince them to fund [our] programs? »

    Those questions reflect the uncertainty of the digital health market, still young, but, according to the participants of the workshop, these problems can be overcome if industry players meet the new expectations of patients and use digital technology smartly.

  • Workshop Essec Asie (1/2) : Quel business modèle adopter sur le marché de la digital health ?

    Différents acteurs de l’industrie de santé se sont rassemblés à Singapour le 20 et le 21 avril 2018 à l’occasion d’un workshop organisé au campus de l’Essec sur le thème : « Industries numériques des produits de santé et des soins centrées sur le patient : des opportunités en Asie-Pacifique ».

    Au fil des discussions auxquelles revenait régulièrement la question suivante : Comment développer un business modèle durable au sein du secteur de la santé numérique ? « La transformation digitale peut être fatale pour certaines entreprises mais elle peut aussi représenter une opportunité », a notamment insisté le Pr. Jan Ondrus, professeur associé à l’ESSEC Business School (Singapour).

    H&TI revient sur les points forts de son intervention.

    D’un business modèle horizontale à la plateforme numérique

    « Il ne s’agit pas simplement de créer une technologie mais de créer un business modèle », souligne le Pr. Ondrus, insistant sur le fait qu’il est important pour chaque entreprise de déployer une stratégie durable avant de lancer un nouveau produit sur le marché, aussi attrayant soit-il.

    L’arrivée du smartphone dans notre quotidien et la révolution digitale en général a eu impact considérable sur l’autonomisation des consommateurs, rappelle-t-il. Auparavant, les produits high tech n’étaient accessibles qu’aux entreprises, désormais, les nouvelles technologies sont aussi accessibles au grand public. En moins de dix ans, presque toute la population s’est mise à utiliser un smartphone.

    De plus en plus de menaces pèsent sur les entreprises avec le développement de l’high tech

    Les entreprises ont eu du mal à s’adapter à cette évolution rapide, et certaines éprouvent encore des difficultés aujourd’hui. Il y a eu une augmentation des menaces pesant sur elles, y compris sur les groupes les plus importants.

    Aujourd’hui, l’espérance de vie d’une grande entreprise est de seulement quinze ans. La pression est importante.

    Producteur et consommateur se retrouvent au même niveau

    Le business modèle des entreprises health tech ne peut plus suivre le schéma classique horizontale, avec lequel le produit passait du producteur aux consommateurs en passant par le fabricant, le distributeur puis le détaillant, explique Jan Ondrus.

    Un modèle triangulaire, plus efficace, a vu le jour : le business modèle dit « plateforme », à travers lequel le producteur est directement en lien avec le consommateur par le biais d’une plateforme numérique.

    Ce modèle a été adopté par de nombreuses jeunes entreprises numériques comme Uber, la plus importante entreprise de services de taxis au monde alors qu’elle ne possède pas de taxis, Airbnb (ne possède pas de biens immobiliers) ou encore Netflix (ne possède pas de cinémas physiques) et les sociétés de télé-médecine telles que MyDoc à Singapour : les patients peuvent entrer directement en contact avec un médecin via une application mobile pour obtenir une consultation médicale en ligne.

    Des effets de réseau

    Le point fort de ce modèle est qu’il rapproche les industries et leur permet de générer des effets de réseau. Ainsi, quatre utilisateurs entraînent six connections possibles, huit utilisateurs, vingt-huit connexions, etc., les entreprises pouvant créer de la valeur pour chaque connexion.

    Le but est ainsi d’avoir un maximum d’utilisateurs possibles pour engendrer le maximum de connexions possibles et construire un modèle durable. La compétition est ainsi très importante entre les entreprises d’un même secteur, parfois au détriment du consommateur (ex. : difficulté à supprimer son compte utilisateur).

    « Il faut penser au-delà des frontières de l’industrie »

    « Il faut penser au-delà des frontières de l’industrie », analyse le Pr. Ondrus. L’idée est de connecter les différents acteurs entre eux. Pour parvenir à développer une solution durable, il identifie six étapes à franchir :

    • 1. Trouver un objectif qui tienne la route.

    Exemple : combattre le diabète ou lutter contre la malnutrition. « Certains entrepreneurs développent une solution puis cherchent un problème à résoudre. Il est important de commencer par identifier un problème majeur puis de développer une solution pour le surmonter. »

    • 2. Identifier les parties prenantes (les patients ? Les proches du patients ? Les médecins ? Les pharmacies ? Etc.)
    • 3. Évaluer ses faiblesses pour mieux les surmonter et faire face à la concurrence.
    • 4. Concevoir des solutions.

    L’usage de technologies numériques peut aider à apaiser les tensions et à installer un climat de confiance entre les différents acteurs en favorisant la collaboration et la co-innovation.

    • 5. Partager équitablement la valeur de la solution entre les différents parties prenantes.

    Un point crucial pour assurer la durabilité et la santé de l’entreprise.

    • 6. Partager son objectif avec la communauté.

    « En conclusion, avec un business modèle adapté et une bonne utilisation des technologies numériques, il n’est pas trop tard pour surfer sur la vague du digital », optimise Jan Ondrus.

    Le financement : un problème central

    Une discussion entre les participants à l’atelier a fait émerger plusieurs interrogations, dont certaines relatives à la protection des données des patients. Ils se sont accordés sur le fait que pour rassurer les consommateurs quant à l’utilisation de leurs informations personnelles, il était essentiel de miser sur la transparence, en leur expliquant qui peut avoir accès à leurs données et à quelles fins.

    Autre préoccupation : la simplicité d’utilisation. « Il est nécessaire que chacun puisse être capable d’utiliser l’application sans connaissances techniques particulières, insiste le Dr. Ondrus. La simplicité d’utilisation [d’un produit numérique] est primordiale, surtout si la solution est à destination des personnes âgées. »

    Reste enfin la question du payeur, l’une des principales difficultés à surmonter en tant qu’entrepreneur dans le secteur de la santé numérique. Parmi les intervenants, Sze-Yunn Pang, directrice de la division « Gestion de la santé de la population » à Philips ASEAN Pacific, a reconnu que l’un des défis majeurs auxquels devait faire face l’industrie concernait les compagnies d’assurance. « Comment les convaincre de financer [nos] programmes ? »

    Autant de challenges et de questions traduisant une certaine incertitude symptomatique du marché de la e-santé, une instabilité essentiellement due à sa jeunesse mais qui, selon les participants du workshop, pourra être surmontée à condition que les nouvelles attentes des patients soient considérées avec attention et les nouvelles technologies numériques intelligemment utilisées.