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  • Le carnet de santé d’Aviitam récompensé aux Start-ups Awards de e-Health World Monaco 2018

    La start-up Aviitam, qui a créé un carnet de santé intelligent, a remporté les Start-ups Awards 2018, le challenge dédié aux start-ups de la santé organisé dans le cadre du congrès e-Health World Monaco 2018 du 31 mai au 1er juin 2018.

    C’est au cours de la « Nuit connectée » qu’Aviitam a été désignée gagnante au cours de cette manifestation visant à mettre en avant les start-ups innovantes. Neuf autres start-ups ont eu l’occasion de pitcher aux côtés d’Aviitam.

    Les Start-Up Awards

    Un jury composé de onze personnalités, professionnels ayant des activités liées à la e-santé, a sélectionné dix start-ups sur la base de la qualité des projets qu’elles incarnent avant de désigner Aviitam gagnante du concours.

  • DISHA

    the Digital Information Security in Healthcare Actnull

  • DIT

    Department for International Tradenull

  • Trois solutions françaises de réalité virtuelle pour la prise en charge de l’anorexie mentale

    Au printemps 2018 sont parues de nombreuses études traitant des applications de la réalité virtuelle à la prise en charge de troubles du comportement alimentaire tels que l’anorexie mentale.

    Une étude intitulée The Use of Virtual Reality in Patients with Eating Disorders: Systematic Review, parue le 27 avril 2018 dans le Journal of Medical Internet Research valide le caractère prometteur de la réalité virtuelle comme outil thérapeutique dans la prise en charge de patients souffrant de troubles alimentaires tels que l’anorexie mentale.

    Par ailleurs, trois études et projets français illustrent l’utilisation de la réalité virtuelle pour traiter les troubles mentaux occasionnant l’anorexie :
    • le recours à un logiciel permettant d’animer et de transformer de façon continue une image en une autre au Centre Hospitalier Sainte-Anne, Paris ;
    • le recours aux avatars dans le cadre de la prise en charge de l’anorexie mentale de l’étude « Revam » (Réalité virtuelle et anorexie mentale) menée au Centre Hospitalier Universitaire de Brest ;
    • les logiciels thérapeutiques basés sur la réalité virtuelle à destination des professionnels de santé conçus par la start-ups C2Car.

    Les thérapies utilisant la réalité virtuelle

    Deux types d’approches…

    Les auteurs de The Use of Virtual Reality in Patients with Eating Disorders: Systematic Review évoquent en particulier deux grandes modalités d’utilisation de la réalité virtuelle dans la prise en charge des troubles du comportement alimentaire.

    Il a déjà été établi que ces patients aux habitudes alimentaires pathologiques ont tendance à déformer mentalement non seulement leur poids mais également leur silhouette (l’anorexie, par exemple, est donc non seulement un trouble du comportement alimentaire, mais également un trouble de la perception corporelle) : une première application de la réalité virtuelle au le traitement de ce type d’affections consiste en une confrontation du patient à diverses silhouettes d’individus fictifs lui ressemblant plus ou moins, caractérisées par un IMC plus ou moins faible.

    Un deuxième type d’outils utilisant la réalité virtuelle dans la prise en charge de ces troubles est représenté par des programmes permettant de placer le patient en présence de divers aliments associés à une valeur nutritionnelle plus ou moins importante.

    Dans les deux cas, c’est le casque de réalité virtuelle qui permet d’amener les patients dans des environnements immersifs peuplés de ces silhouettes et de ces aliments.

    … pour deux types de bénéfices

    Cette technologie semble prometteuse pour le traitement des troubles du comportement alimentaire dans la mesure où :

    • elle semble permettre d’évaluer régulièrement et individuellement chaque patient (quelle est la sévérité actuelle des troubles du comportement alimentaire du patient, sévérité corrélée aux aliments ou silhouettes que le patient accepte de voir ou choisit comme silhouette idéale, alimentation idéale ?) ;
    • elle semble permettre de traiter le patient par des confrontations répétées et graduelles avec les silhouettes ou aliments virtuels évoqués plus haut : la gradation des exposition peut être optimisée, de nombreux environnements sont disponibles (ce qui permet au professionnels d’adapter au mieux la thérapie utilisant la réalité virtuelle à un patient donné).

    Trois exemples français de prises en charge s’appuyant sur la réalité virtuelle

    Utilisation d’un logiciel de morphing pour modifier la perception corporelle (Centre Hospitalier Sainte-Anne, Paris) 

    Au CH Sainte-Anne, une étude annoncée le 31 mai 2018 rapportée par la revue Santé mentale étudie l’effet de l’utilisation d’un logiciel de morphing (logiciel permettant d’animer, de transformer de façon continue une image en une autre) sur la perception corporelle chez le patient anorexique : cent adolescents souffrant d’anorexie mentale ont été recrutés pour participer à cette étude. « Les inclusions sont aujourd’hui terminées et l’analyse statistique est en cours », indique Santé mentale. « Grâce au succès et à la bonne acceptabilité de ce dispositif, il a d’ores et déjà été généralisé et intégré à l’offre de soins » est-il précisé.

    Mené par une équipe infirmière de l’unité d’hospitalisation de la Clinique des maladies mentales et de l’encéphale (CMME) du CH, ce travail, financé par la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) dans le cadre des Programmes hospitaliers de recherche paramédicaux, consiste à proposer aux patients dix séances d’une heure d’utilisation du logiciel Anamorphic Micro guidées par un infirmier.

    Deux exercices sont possibles.

    D’abord, une photographie numérisée du patient est plus ou moins déformée et le patient doit retrouver ses dimensions corporelles sur l’écran (il choisit la photo de lui-même tel qu’il se perçoit, puis visualise sa photographie non truquée, soit les proportions réelles de son corps). Cette comparaison permet au sujet de prendre la mesure d’un écart éventuel entre image mentale et image réelle.

    Puis, le patient peut aussi, parmi un panel de silhouettes dérivées de la première photographie, rechercher sa silhouette idéale. Ce dernier exercice permet à l’infirmier de prendre connaissance de l’idéal de minceur éventuellement pathologique visé par le patient.

    Le dispositif est donc destiné à suivre ou traiter deux composantes du trouble de la perception corporelle que constitue l’anorexie : la distorsion corporelle et l’insatisfaction corporelle.

    Utilisation d’avatars et prise en charge de l’anorexie mentale (Centre Hospitalier Universitaire de Brest)

    Une autre étude destinée à évaluer les effets d’une méthode utilisant la réalité virtuelle dans la prise en charge des troubles de la perception corporelle liés à l’anorexie est conduite au CHU de Brest (service du Pr Walter), en collaboration avec le Centre européen de réalité virtuelle et avec le soutien de la Fondation de l’Avenir, d’après l’édition du 27 mars 2018 de la revue Santé mentale. Les résultats de l’étude sont attendus pour 2019.

    Cette étude, baptisée Revam (Réalité virtuelle et anorexie mentale) évalue l’efficacité de dispositifs immersifs censés corriger une perception corporelle erronée au moyen d’un avatar (représentation virtuelle d’une personne). Ainsi, lors d’une séance, le patient participant à l’étude est confronté à un environnement familier « neutre » tel qu’un bureau, où son avatar, choisi en fonction de la perception que le patient a de son corps, est projeté de dos (la représentation de dos est mieux acceptée par les patients tout en permettant de représenter des zones anatomiques problématiques pour cette population de patients telles que les hanches, les fesses, les cuisses). Pour une immersion optimale, les mouvements du sujet sont notamment reproduits par son double virtuel, dont la silhouette est graduellement modifiée selon les indications du patients. L’objectif du dispositif étudié est de favoriser la réappropriation corporelle au cours des régimes associés à la prise en charge de l’anorexie : l’objectif est d’aider un patient à l’IMC très bas à s’habituer à l’image de son corps en phase de prise de poids.

    L’application C2 Nutri de la start-up C2Care

    Depuis 2015, la start-up française C2Car conçoit des logiciels thérapeutiques basés sur la réalité virtuelle à destination des professionnels de santé. L’application C2 Nutri récemment développée trouve des applications dans la prise en charge de l’anorexie via trois fonctionnalités.

    • Une première fonctionnalité permet, par l’intermédiaire d’un casque de réalité virtuelle, de situer sa silhouette sur une échelle de formes corporelles associées à un IMC. Cette fonctionnalité a été conçue dans l’objectif de donner aux thérapeutes un outil de correction de la dysmorphophobie. « Le travail sur les silhouettes réelles, perçues, souhaitées est facilité avec la réalité virtuelle grâce à la comparaison avec un avatar et la possibilité pour le patient de faire évoluer sa silhouette en temps réel », indique C2Care.
    • Deux autres fonctionnalités permettent de confronter les patients souffrant de troubles alimentaires à des aliments plus ou moins caloriques, l’une en proposant au patient de composer des plateaux repas en temps réel, l’autre en proposant une immersion dans les rayons d’un supermarché virtuel. Ces fonctionnalités doivent aider les thérapeutes à définir les habitudes pathologiques des patients et à rééquilibrer progressivement l’alimentation.

  • Le GHT de l’Union Hospitalière de Cornouaille choisit le DPI de Softway Medical

    Le GHT de l’Union Hospitalière de Cornouaille a retenu la solution proposée par Softway Medical pour le déploiement du DPI au sein de ses établissements, selon le communiqué de l’éditeur en date du 24 mai 2018.

    Les qualités de « Hopital Manager » en matière de gestion du dossier médical et soignant, du bloc opératoire, du dossier RIS, de la business intelligence, et sa capacité d’ouverture vers l’extérieur constituent les raisons pour lesquelles l’Union Hospitalière de Cornouaille a décidé d’adopter la solution de Softway Medical.

    Une prise en charge des patients autour de filières de santé coordonnées

    Selon Catherine Hellio, directrice de la stratégie et DSI du GHT de Cornouaille, l’objectif de l’appel à projet lancé il y a un an par le GHT était de trouver un éditeur capable d’appuyer les établissements du GHT dans les missions suivantes :

    • constituer des filières de soins d’excellence ;
    • proposer des parcours de soins coordonnés ;
    • garantir la qualité et la sécurité des soins continus ;

    Il s’agissait ainsi de répondre à l’objectif global du GHT d’organisation de la prise en charge des patients autour de filières de santé coordonnées sur le territoire de santé, et du passage de « l’hôpital séjour » à un « hôpital parcours ».

    L’appel à projet concerne le déploiement du DPI dans 3 établissements publics et deux ESPIC : le CHIC de Quimper-Concarneau, établissement support du GHT, l’hôpital EPSM Gourmelen, l’hôpital de Douarnenez, l’hôtel-Dieu de Pont-l’Abbé, et le SSR Jean Tanguy à Saint-Yvi.

    Le DPI multi-établissement de Softway Medical a été retenu pour sa capacité à répondre aux exigences de divers métiers du GHT dans la cadre de ses nombreuses activités médicales, et notamment pour son offre complète sur le MCO, le SSR, l’HAD et la partie psychiatrie.

    Pour rappel, Softway Medical, en tant qu’éditeur de Dossier Patient Informatisé, a obtenu le 30 janvier 2018 la certification Qualité Hôpital Numérique, impulsée par le ministère de la Santé dans le cadre du programme Hôpital Numérique.

  • Une nouvelle équipe du Conseil national du numérique (CNNum) a été formée

    La constitution de la nouvelle équipe du Conseil national du numérique (CNNum) a été annoncée par arrêté de Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État chargé du numérique, qui a été publié au Journal officiel du 30 mai 2018.

    La nouvelle équipe remplace celle qui a été dissolue une semaine à peine après sa constitution autour de la personnalité de Marie Ekeland.

    Les trois groupes composant le CNNum réunissent des femmes et des hommes dont les activités professionnelles ont trait à la transition numérique de la société française et sont issus du secteur économique, du milieu académique ou sont impliqués dans le développement du numérique à échelle locale, nationale voire européenne. Les missions du CNNum seront portées par la nouvelle présidente, Salwa Toko.

    Membres du CNNum au titre des personnalités issues du secteur économique :

    • Mohammed Boumediane
    • Nathalie Collin
    • Maryne Cotty-Eslous
    • Gaël Duval
    • Hind Elidrissi
    • Tatiana Jama
    • Laura Medji
    • Françoise Mercadal-Delassalles
    • Jean-Charles Samuelian
    • Alexandre Zapolsky.

    Membres du CNNum au titre des personnalités issues du secteur académique :

    • Yann Algan
    • Gilles Babinet
    • Annie Blandin-Obernesser
    • Théodore Christakis
    • Olivier Clatz
    • Vincent Costalat
    • Florette Eymenier
    • Henri Isaac
    • Anne Lalou
    • Thomas Landrain.

    Membres du CNNum au titre des personnalités impliquées dans le développement du numérique aux niveaux local, national ou européen, ou concernées par ses effets :

    • Maud Bailly
    • Jérémie Boroy
    • Karine Dognin-Sauze
    • Gérald Elbaze
    • Sophie Flak
    • Loubna Ksibi
    • Litzie Maarek
    • Hervé Pillaud
    • Salwa Toko (présidente du Conseil)
    • Christian Vanizette.

  • Etude : la télémédecine facilite l’accès aux consultations d’oncogénétique (Asco)

    Des chercheurs de l’école de médecine de Pennsylvanie ont montré que la télémédecine pouvait augmenter le nombre de patients bénéficiant de consultations de génétique.

    L’étude*, dont les résultats ont été présentés le 1er juin 2018 au congrès annuel de l’Asco (American Society of Clinical Oncology), met dans le même temps en évidence, que seulement un peu plus de la moitié des patients ayant bénéficié de ce conseil à distance ont effectivement subi des tests génétiques.

    Tout patient souffrant d’un cancer doit pouvoir bénéficier d’une consultation d’oncogénétique. En France, ces consultations sont accessibles dans 147 sites répartis sur l’ensemble du territoire et 25 laboratoires réalisent les tests. Ces dernières accueillent aussi des membres de la famille des malades afin qu’ils fassent des tests de prédisposition génétique. Malgré ce bon maillage territorial, les délais de rendez-vous pour obtenir une consultation d’oncogénétique peuvent donc parfois atteindre un an. Aux États-Unis, si tous les malades traités dans des hôpitaux universitaires bénéficient de consultations d’oncogénétique, ce n’est pas le cas de ceux qui sont pris en charge dans des centres de santé communautaires.

    Favoriser l’accès aux soins via la vidéo ou le téléphone

    La télémédecine semble donc un moyen de combler cette lacune. Des chercheurs de l’Abramson Cancer Center de Pennsylvanie ont donc mené un essai randomisé, contrôlé pour savoir si des patients soignés dans des centres de soins bénéficieraient davantage de tests génétiques s’ils avaient accès à une consultation d’oncogénétique à distance, par téléphone ou vidéo.

    Un groupe de 115 malades a donc été randomisé en deux groupes : un groupe a eu droit à une consultation de génétique par télémédecine et un groupe contrôle bénéficiait de la prise en charge habituelle. Les résultats de cette étude ont été présentés le 1er juin 2018 au congrès annuel de la American Society of Clinical Oncology qui s’est tenu à Chicago entre le 1er et le 5 juin 2018.

    Résultats

    Lors de la consultation d’oncogénétique par télémédecine, les malades étaient informés de la manière dont ils pouvaient accéder effectivement à un test.

    • Sur 71 patients ayant bénéficié de ce conseil à distance, 55 d’entre eux (77%) sont allés au bout de la démarche et ont donc eu droit à une consultation d’oncogénétique.
    • Sur les 36 patients du groupe contrôle, seulement 2 d’entre eux (6%) sont allés en consultation d’oncogénétique.
    • 55% des malades appartenant au groupe télémédecine ont effectivement procédé à des tests génétiques contre 17% dans le groupe contrôle.

    Par ailleurs, les participants du groupe contrôle bénéficiaient de l’information sur la consultation d’oncogénétique par téléphone ou par vidéo. Les auteurs de l’étude ont noté que la vidéoconférence favorisait davantage l’acquisition des connaissances et était associée à une diminution plus importante de la dépression chez les malades ayant pu en bénéficier comparé aux malades suivi par téléphone.

    Les limites du conseil à distance

    « Les données montrent clairement l’impact des services génétiques à distance, et cette étude met en lumière que cette approche de télémédecine améliore ce que les pratiques communautaires peuvent faire par elles-mêmes, a déclaré le Dr Angela Bradbury, auteur principal et professeur adjoint d’hématologie. Cela étant dit, il convient de noter que seulement 56% des patients qui ont bénéficié d’un conseil à distance ont subi des tests génétiques. Cela montre que nous avons encore du travail à faire pour aider les patients à obtenir cette information, qui peut sauver la vie dans certains cas. »

  • PHW18 : P-A-D, une solution de gestion des prélèvements à domicile en pleine évolution

    A l’occasion de la Paris Healthcare Week 2018, Health & Tech Intelligence a rencontré Serge Payeur, CEO et co-fondateur de SIL-LAB Experts.

    Serge Payeur a été interrogé à propos de la solution P-A-D, application conçue par SIL-LAB Experts pour faciliter la gestion des prélèvements à domicile en pleine évolution.

    Qu’est-ce que P-A-D ?

    P-A-D est une application téléchargeable sur smartphone et sur tablette, qui permet :

    • de connecter les infirmiers aux laboratoires d’analyses médicales pour l’analyse de prélèvements réalisés au domicile du patient ;
    • de gérer le dossier de prélèvement biologique des patients.

    Autrement dit, cette application mobile digitalise la feuille de prélèvement en une sorte de petit dossier personnalisé, accessible au domicile du patient et connecté aux laboratoires.

    A qui s’adresse cette application ? Dans quel but a-t-elle été conçue ?

    Cette application s’adresse aux infirmiers d’une part et aux laboratoires d’analyses médicales d’autre part, soit aux professionnels et structures impliqués dans la gestion des prélèvements à domicile.

    En effet, effectuer un prélèvement à l’extérieur d’un laboratoire d’analyse est un acte fastidieux dans la mesure où il s’accompagne d’une grande charge administrative (de nombreux éléments tels que la date et l’heure du prélèvement, l’identité du préleveur, etc. doivent être renseignés sur la feuille de prélèvement) qui complique et ralentit l’analyse du prélèvement, et donc la prise en charge thérapeutique du patient (de nombreux traitements sont adaptés en fonction des résultats des analyses).

    Ainsi, en proposant à l’infirmier de nombreuses fonctionnalités (par exemple, il peut renseigner toutes les informations du patient en flashant un « QR Code » d’une de ses cartes de fidélité, photographier l’ordonnance, scanner les codes-barres des tubes prélevés, éviter d’écrire lui-même la date et l’heure du prélèvement : toute la feuille de prélèvement peut être renseignée automatiquement) qui lui évitent d’avoir à écrire manuellement au cours du prélèvement, nous souhaitons permettre à l’infirmier, via P-A-D, de gagner du temps et d’éviter de saisir des erreurs.

    Concernant les laboratoires, P-A-D remplit les objectifs que nous nous étions fixés : éviter la non-conformité du prélèvement et gagner du temps. En effet, l’application permet d’éviter 97% des non-conformités, souvent liées à une saisie erronée de la date et de l’heure du prélèvement, de l’identité du préleveur, à un mauvais ordre de prélèvement des tubes, à des pertes de prélèvements (P-A-D rend ces pertes plus visibles), à une mauvaise traçabilité des prélèvements. De plus, l’application permet un gain de temps, estimé à 2h en phase pré-analytique et à 1h en phase analytique.

    Cette solution est-elle déjà utilisée ? 

    Oui : en fait, la solution P-A-D est commercialisée depuis deux ans et demi.

    1 500 infirmiers libéraux l’utilisent dans toute la France (métropolitaine et outre-mer), ainsi que quelques préleveurs salariés.

    Ainsi, l’application permet d’aider à la gestion des prélèvements de plus de 500 000 patients.

    Nous pensons que ce chiffre est amené à grossir : notre start-up connait 10-12 % de croissance chaque mois et l’agence de notation EARLY Metrix a élu SIL-LAB première start-up contribuant à l’amélioration du parcours de soins en France.

    P-A-D est un outil qui semble évoluer rapidement. Toutes les modifications ajoutées à l’application sont-elles testées ?

    P-A-D continue en effet d’évoluer grâce à une étroite collaboration entre développeurs et utilisateurs.

    A chaque nouvelle version de l’application, les retours des utilisateurs – infirmiers ou laboratoires d’analyses médicales – sont pris en compte par les développeurs. Ces derniers soumettent alors une version bêta de l’application à un échantillon d’utilisateurs (généralement des infirmiers passionnés par les nouvelles technologies) volontaires pour tester cette version bêta. Si cette nouvelle version est validée par eux, alors elle est généralisée, mise à disposition de l’ensemble des utilisateurs, qui élaborent alors des commentaires à propos de cette version actualisée pour les développeurs, qui amènent d’autres modifications, etc. C’est un cycle d’échanges entre développeurs et utilisateurs qui fait évoluer P-A-D.

    Par ailleurs, pour estimer l’impact de notre application sur les pratiques et le parcours de soins, nous prenons en compte tous les retours qui nous sont faits au lieu de fonder nos analyses statistiques sur quelques laboratoires ou infirmiers pilotes. 

    Pouvez-vous nous parler des récentes évolutions de l’application ?

    Une évolution importante a été d’ajouter à l’application une fonctionnalité d’aide à la gestion des accidents d’exposition au sang (AES). En effet, nous nous somme aperçus que de nombreux préleveurs ne savaient pas bien réagir lors de ces situations particulières et fréquentes. Aussi, nous avons ajouté une fonctionnalité indiquant au préleveur la procédure à suivre en cas d’AES. L’information de la survenue d’un AES entre un infirmier donné et un patient donné est par ailleurs transmise au laboratoire, qui informe l’infirmier de la nécessité éventuelle d’une prise en charge en urgence.

    En outre, nous déployons en ce moment notre application dans des cliniques d’Ile-de-France et espérons conclure, à l’avenir, des partenariats avec de nombreuses autres cliniques. 

    Nous souhaitons également initier des collaborations avec des fournisseurs de tubes connectés, facilement traçables.

    La plus grande évolution qu’il nous tient à coeur de mettre en place et à laquelle nous travaillons intensément, est de connecter à notre application des lecteurs de type DMDIV (dispositifs médicaux de diagnostic in vitro) qui ont déjà fait leurs preuves en milieu hospitalier. Ces lecteurs, comme le lecteur Labpad d’Avalun, permettent en particulier de faciliter le calcul de l’INR (dosage et calcul sont réalisés en 40 secondes, directement transmis au laboratoire puis au médecin), et ainsi d’éviter des pertes de temps, de raccourcir le parcours de soins.

    Quel modèle économique soutient cette application et ces DMDIV ?

    Concernant l’application, le modèle financier est un modèle SaaS (Software as a Service) qui ne nécessite aucun investissement du Laboratoire de Biologie Médicale. Notez que les données sont hébergées par un hébergeur agréé de données de santé : les laboratoires n’ont pas à héberger eux-même les données liées à l’application. Toutefois, si le téléchargement par les infirmiers est gratuit, le laboratoire doit payer une somme en fonction du nombre de dossiers transmis par les infirmiers (si les infirmiers n’utilisent pas P-A-D et ne transmettent aucun dossier via l’application, le laboratoire n’a rien à payer).

    En outre, beaucoup de questions concernant les moyens de financer les DMDIV que nous souhaitons connecter à l’application demeurent sans réponse à l’heure actuelle (qui fournit ces dispositifs ? qui paye l’analyse ? etc.).

    Cependant, je peux citer un exemple concret de modèle de financement de ces dispositifs médicaux innovants ; en ce qui concerne l’utilisation de ces lecteurs dans les Ehpad, le modèle actuel est tel que : le laboratoire achète et fournit le lecteur à l’Ehpad, mais facture l’analyse du prélèvement à l’Ehpad. Des systèmes de forfaits journaliers – prenant évidemment en compte les tarifs fixés par la Sécurité sociale – peuvent par ailleurs être mis en place.

    Quelles autres évolutions prévoyez-vous pour cet outil ?

    Dans le futur, nous souhaiterions connecter à notre application d’autres DMDIV, tels que des DMDIV à même de doser la glycémie, la CRP, la NT-proBNP.

    Une véritable révolution consisterait à connecter à notre application un DMDIV capable de doser le potassium, ion peu stable et dont le dosage est de ce fait encore aujourd’hui très contraignant.

    Nous sommes cependant prudents.

    Conscients que l’automatisation de la gestion des prélèvements permise par notre application est mal vue, crainte par certains personnels de laboratoires d’analyses médicales, nous accompagnons les équipes vers cette transition.

    Dans ce même soucis, nous nous refusons à ajouter certaines extensions à l’application : nous ne soutenons pas une Uberisation du système de santé !

  • Feuille de route personnes âgées : Agnès Buzyn annonce 40M€ pour généraliser la télémédecine en EHPAD

    Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, a présenté le 30 mai 2018 sa feuille de route pour les personnes âgées en clôture de la journée de travail menée conjointement par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) et l’Assemblée des départements de France (ADF). Les principales orientations de la feuille de route ont été rendues publiques par communiqué de presse daté du 30 mai. 

    Pour faire face aux besoins croissants des personnes âgées, de leur famille et des professionnels du secteur, la ministre a présenté des mesures visant à améliorer dans l’immédiat leur qualité de vie et l’ouverture d’une réflexion, associant l’ensemble des acteurs et de la société, pour anticiper et répondre au défi du vieillissement et de la perte d’autonomie.

    La feuille de route ministérielle prévoit notamment l’allocation de nombreux financements aux établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) et divers plans de prévention et de soutien aux personnes âgées, à leurs proches et aux personnels de santé. La ministre a par ailleurs annoncé le déploiement d’un plan global d’aide aux aidants, le développement de l’accueil de jour, la réalisation d’enquêtes de satisfaction dans les EHPAD, etc.

    La priorité sera donnée aux actions de prévention 

    Agnès Buzyn a annoncé que les actions de prévention seront renforcées pour permettre à la population de vivre sans incapacité le plus longtemps possible, que ce soit à son domicile ou en établissement. Ainsi :

    • 15 millions d’euros seront alloués en 2018 pour le financement de plans de prévention en EHPAD, pilotés par les Agences régionales de santé ; 
    • ces moyens seront portés à 30 millions d’euros à partir de 2019 et financés par l’assurance maladie.

    Révision du mode de financement de l’aide à domicile 

    Le gouvernement souhaite également encourager le maintien à domicile des personnes âgées non dépendantes et le développement de « formes d’habitat alternatif et inclusif ». Ainsi, 100 millions d’euros seront consacrés en 2019 et 2020 à la refonte du mode de financement de l’aide à domicile pour améliorer la qualité des services, les rendre accessibles à tous et recruter du personnel.

    Plan de soutien aux aidants

    Le Gouvernement annonce également le déploiement d’un plan global de soutien aux aidants qui permettra le développement de solutions de répit adaptées aux besoins des aidants, le développement de l’accueil de jour et l’amélioration des conditions de l’articulation entre vie professionnelle et soutien aux personnes âgées.

    Enquêtes de satisfaction réalisées en EHPAD

    Des enquêtes de satisfaction seront par ailleurs réalisées par la Haute Autorité de Santé (HAS) dans les établissements pour personnes âgées et diffusées dès 2019. Ces enquêtes répondent à la nécessité de « mieux connaître les besoins des personnes âgées et de leur famille ». Il s’agit également « de mieux identifier les actions prioritaires à mener ».

    Pérenniser les financements des établissements médicaux

    La Ministre annonce par ailleurs la mobilisation de crédits supplémentaires dès 2018 : 

    • Les EHPAD recevront 360 millions d’euros supplémentaires de 2019 à 2021 pour recruter des personnels soignants. Ils s’ajoutent aux 70 millions d’euros déjà mobilisés en 2018.
    • La réforme de la tarification des EHPAD ne conduira à aucune baisse des dotations, ni en soins ni en moyens relatifs à la dépendance pour 2018 et 2019.
    • Pour réduire les hospitalisations en urgence évitables et sécuriser les prises en charge nocturnes, 36 millions d’euros seront consacrés à la généralisation de la présence d’infirmiers de nuit d’ici à 2020.
    • Un effort financier de 40 millions d’euros sur la période 2018-2022 permettra de généraliser l’accès à la télémédecine en EHPAD afin de limiter les déplacements et d’améliorer la qualité du suivi médical, en particulier dans les zones à faible présence médicale.
    • 1000 places d’hébergement temporaire en EHPAD pour les personnes sortant d’hospitalisation seront financées à hauteur de 15 millions d’euros par l’assurance maladie dès 2019 : l’objectif est de réduire les durées d’hospitalisation et de faciliter le retour à domicile des personnes, tout en les maintenant dans un environnement sécurisé avec la présence de soignants.

    Soutenir les professionnels de santé et les aidants

    La commission Qualité de vie au travail installée à la fin de l’année 2017 a proposé un plan d’actions qui mobilisera 16 millions d’euros pour l’amélioration des locaux, la formation au management de l’encadrement, l’acquisition de matériels soulageant les personnels, etc.

    Par ailleurs, les référentiels d’activités, de compétences et de formation des aide-soignants seront revus d’ici mars 2019 pour adapter les qualifications et les pratiques aux évolutions des besoins.

    Un débat citoyen sur l’accompagnement de la vieillesse débutera en 2019

    La Ministre des Solidarités et de la Santé a annoncé le lancement d’un débat associant l’ensemble des acteurs et des citoyens pour aboutir à des propositions début 2019. Les réflexions porteront sur les axes suivants : 

    • Quelles sont les priorités, le socle de biens et de services qui doivent être à l’avenir accessibles à toutes les personnes âgées pour accompagner le vieillissement et la perte d’autonomie ?
    • Quels sont les scénarios de répartition des contributions de chaque acteur pour assurer un financement pérenne et solidaire de la perte d’autonomie ?
    • Comment faire évoluer la gouvernance nationale et territoriale des politiques publiques du vieillissement et de la perte d’autonomie ?

    La concertation et le débat public seront organisés aux niveaux national et territorial et mobiliseront l’ensemble des acteurs concernés. 

    Ressources bibliographiques

    Plusieurs documents ont été mis en ligne sur le site internet du Ministère des Solidarités et de la Santé, à savoir : 

    • le communiqué de presse : « Feuille de route pour relever le défis du vieillissement à court et moyen terme » ; 
    • le dossier de presse ;
    • le discours de clôture de la Ministre à l’issue de la journée Départements-CNSA. 

  • Symaris lance une version mobile de Cariatides et un projet de big data en santé mentale

    Le groupement d’intérêt public (GPI) Synergie et mutualisation des actions de recherche en informatique de santé (Symaris) a annoncé dans un communiqué datant de mai 2018 :
    – la mise en ligne de Smartides, application mobile dérivée de Cariatides (dossier patient informatisé et logiciel d’aide à la prescription hospitalier en psychiatrie développé et édité par Symaris, certifié conforme au référentiel HAS le 23/11/2015) ;
    – le lancement d’un projet de big data en santé mentale.

    Smartides et ce projet de big data s’inscrivent dans un objectif d’ « étude, conception, développement et mise à disposition de ses membres de tout système d’information de support aux activités et à la gestion hospitalières » affiché par le groupement.

    Le groupement a par ailleurs été officiellement agréé hébergeur de données de santé (HDS) par le ministère des Solidarités et de la Santé et l’Agence des systèmes d’information partagés de santé (Asips), le 20 avril 2018 et pour « une prestation d’hébergement de données de santé à caractère personnel collectées au moyen d’applications fournies par ses clients« , a indiqué Philippe Pospieszynski, directeur de Symaris, à la plateforme d’informations Hospimedia.

    Smartides Pro, application mobile à destination des professionnels

    Qu’est-ce que Smartides Pro ?

    L’application mobile Smartides Pro, première version de Smartides à destination des professionnels de santé, est disponible depuis le 9 mai 2018 sur iOs et Android.

    Cette application qui doit, d’après Symaris, donner la capacité « aux professionnels de santé d’accéder et de renseigner le dossier médical de leurs patients en situation de mobilité » propose des fonctionnalités permettant :

    • d’accéder aux informations permettant de contacter les patients (téléphone, adresse, contacts) ;
    • de visualiser les ordonnances des patients sur une période donnée ;
    • de visualiser les résultats d’analyses biologiques des patients sur une période donnée ;
    • de consulter, saisir et analyser les paramètres vitaux des patients, sous forme de listes ou de graphiques;
    • de filtrer et lister les observations saisies à propos des patients, ou d’en éditer de nouvelles.
    • de renseigner les questionnaires ou grilles d’évaluations disponibles, puis de visualiser les scores obtenus sous forme de graphiques.

    D’après le groupement, l’objectif de Smartides Pro est d’améliorer « l’accès aux soins et la qualité de la prise en charge du patient lors des consultations en extra-hospitalier ». 

    Conditions d’utilisation, confidentialité

    Le service Smartides Pro n’est ouvert qu’aux professionnels de la santé en possession d’un compte Cariatides expressément autorisé par l’administrateur fonctionnel de l’établissement.

    Le groupement précise par ailleurs que lors de l’utilisation de Smartides Pro, « l’établissement de santé collecte les données que vous choisissez de partager. L’utilisation de Smartides Pro fait partie d’un traitement de données à caractère personnel dont le responsable est l’établissement de santé. »

    Evolutions annoncées de Smartides

    « Un travail est mené [par les développeurs et en collaboration avec un groupe de médecins psychiatres] avec des infirmiers, afin d’enrichir Smartides avec des fonctionnalités dédiées à leur métier » a indiqué Philippe Pospieszynski, directeur de Symaris, le 15 mai 2018 à la plateforme d’informations Hospimedia. 

    Smartides devrait également connaître prochainement une évolution avec l’ajout d’une nouvelle extension à l’application : Smartides User, destinée aux patients, leur proposant de renseigner eux-mêmes sur ce dossier personnel informatisé certains éléments concernant leur santé. Pour le groupement, cette évolution devrait faciliter le dialogue entre les usagers du système de santé et les professionnels, de mieux répondre à leurs besoins et de les impliquer dans leurs soins. Dans ce cadre et d’après Hospimedia, un premier travail devrait concerner « la réponse à l’anxiété ».

    Lancement d’un projet de big data en santé mentale

    Ce projet, soutenu par l’Association des établissements du service public de santé mentale (Adesm), a pour but « l’amélioration du soin apporté aux patients par l’analyse prédictive des données et une exploitation des données médico-administratives », indique Symaris. Dans son communiqué, le groupement à ajouté que « l’enjeu est d’entrer dans une démarche de valorisation des données à grande échelle afin d’aider la décision médicale par l’analyse prédictive des données, et ce à dimension nationale ». Par ailleurs, Philippe Pospieszynski a indiqué que, dans ce cadre, le big data pourrait être alimenté par d’autres dossiers patients informatisés (DPI) que le DPI Cariatides spécialisé en santé mentale que développe Symaris.

    L’Unité de recherche et de développement de Symaris devrait commencer par mener une preuve de concept (POC). La prise de poids sous antipsychotique est le sujet qui a été retenu pour cette preuve de concept, qui sera réalisée en collaboration avec des médecins de quatre établissements publics en santé mentale. La réussite de ce POC conditionnera l’extension à l’échelle nationale de ce projet de big data et la création d’un groupe scientifique dont la visée sera de cibler d’autres projets de big data dans le domaine de la santé mentale.