Le Centre Hospitalier Régional Universitaire (CHRU) de Nancy a annoncé, dans un communiqué daté du 23 mai 2018, la mise en place d’une plateforme informatisée de régulation des transports des patients en sortie d’hospitalisation.
Environ 400 transporteurs (transporteurs sanitaires et taxis) ont déjà adhéré à la plateforme, opérationnelle au CHRU depuis le 25 avril 2018.
Contexte : pourquoi recourir à une plateforme de régulation des sorties ?
Pour chaque patient en sortie d’hospitalisation se pose la question des modalités du retour à son domicile : peut-il y retourner par ses propres moyens ? Son état de santé justifie-t-il le recours à un transport approprié (ambulance, VSL, taxi, etc.) ?
Dans le dernier cas, le recours à un moyen de transport approprié peut s’avérer complexe pour les professionnels de la santé. « Le personnel hospitalier était obligé de passer des coups de téléphone pour faire ce travail, ce qui pouvait prendre jusqu’à 45 minutes par patient » explique dans le communiqué Yves Rundstadler, directeur des services logistiques et biomédicaux du CHRU de Nancy, d’où une centaine de patients sortent d’hospitalisation chaque jour. « Désormais un logiciel permet de gagner du temps, de planifier le transport en amont de la sortie [du patient], […] dont les besoins spécifiques [peuvent être] précisés aux transporteurs via la plate-forme », ajoute-t-il.
Fonctionnement et mise en oeuvre de l’outil
La plateforme, en pratique
Le CHRU utilise comme plateforme le module de régulation des transports (module d’une valeur de 74000 euros) du logiciel PTAH, édité par la société GéoSoft Aquitaine.
D’après GéoSoft Aquitaine, ce module a pour but d’aider à la gestion des transports externes et au sein de l’hôpital en orientant les transports sanitaires et le brancardage vers les services concernés, en temps réel, en permettant une vue d’ensemble des ressources actives, occupées ou disponibles, des contrôles, des aides à l’affectation, les trajets des agents optimisés, des remontées d’alarmes, etc.
Plus concrètement, lorsqu’une infirmière crée une demande de sortie, le transporteur (choisi par le patient ou, si le patient n’a pas émis de choix particulier, un transporteur proche de son domicile) reçoit une demande de prise en charge. Cette demande lui est transmise par SMS ou serveur vocal. Le transporteur dispose de 15 minutes pour accepter cette demande, sinon automatiquement transférée à un autre transporteur.
Une charte pour encadrer la mise en oeuvre de la plateforme
La mise en place de la plateforme s’appuie sur une charte, signée en décembre 2017 par l’ARS Grand Est, la CPAM de Meurthe-et-Moselle, le CHRU de Nancy et les transporteurs sanitaires et taxis du département (environ 400 entreprises de transport ont à l’heure actuelle adhéré à la charte), représentés par leurs syndicats et fédérations.
Cette charte définit :
- les modalités de fonctionnement de la plateforme ;
- le tour de rôle entre les transporteurs, pensé de manière à répartir équitablement les courses entre les transporteurs dans l’hypothèse où le patient n’aurait pas choisi de prestataire.
Objectifs de l’utilisation de la plateforme
Améliorer la prise en charge des patients à leur sortie
« Cet outil vise à améliorer la qualité du service rendu au patient en facilitant l’organisation de son transport de sortie » est-il déclaré dans le communiqué. Le CHRU, par l’intermédiaire de cette plateforme, souhaite en particulier :
- réduire le risque d’indisponibilité des transporteurs ;
- réduire les délais d’attente des patients ;
- faciliter la communication entre les services hospitaliers d’une part et les transporteurs sanitaires et taxis d’autre part, c’est-à-dire faciliter la recherche d’un transporteur par les équipes hospitalières en évitant l’utilisation du téléphone ;
- adapter au mieux le transport aux besoins des patients.
Économiser les ressources
Le CHRU de Nancy croit par ailleurs que la mise en place de la plateforme (subventionnée à hauteur de 84 000 € par l’ARS) pourra permettre – par la facilitation de l’organisation des transports partagés – d’économiser les ressources de la Sécurité sociale.
« Cette démarche est une mesure phare du Contrat d’amélioration de la qualité et de l’efficience des soins, signé entre l’ARS, l’Assurance Maladie et le CHRU, qui a pour objectif de limiter les dépenses de transports prescrits par l’établissement à la charge de l’Assurance Maladie » explique le CHRU.
En effet, à une échelle nationale, les frais de transports de patients représentent, d’après un dossier de presse de l’Assurance Maladie intitulé « Maîtrise des dépenses d’Assurance Maladie : le transport des patients », des dépenses importantes (5,2 % de l’Ondam soins de ville et 2,4 % de l’Ondam total) et qui augmentent significativement : en 10 ans, ce poste de dépenses est passé de 2,3 milliards d’euros (2003) à plus de 4 milliards d’euros (2014). En 2015, il a connu une hausse de 3,7 %, augmentation des dépenses pouvant s’explique notamment par le recours de plus en plus systématique à des transports coûteux (ambulances et taxis).