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  • PHW18 : L’amélioration de la qualité de vie et l’IA, deux nouvelles notions dans l’évaluation (HAS)

    À l’occasion d’une table-ronde sur l’évaluation des solutions e-santé organisée lors du salon Paris Healthcare Week le mercredi 30 mai 2018, les questions suivantes ont été abordées :

    • la prise en compte de la valeur d’une solution et de l’amélioration de la qualité de vie des patients qu’elle apporte comme critères d’évaluation qui sont bien intégrées au processus de l’évaluation de la Haute Autorité de Santé (HAS) ;

    • l’impact de l’intelligence artificielle (IA) sur les modalités d’évaluation, où la validation du processus de fabrication semble se profiler comme méthodologie d’évaluation en accord avec les normes internationales.

    Sur ces questions, une contribution significative a été apportée par la représentante de la HAS, CNEDiMTS, Isabelle Adenot. Outre les clarifications sur la prise en compte des ces nouveaux critères lors du processus d’évaluation des solutions innovantes, elle a également dévoilé des travaux menés actuellement sur l’IA au sein de la HAS.

    Les financeurs doivent fixer un cadre

    À l’heure actuelle, l’évaluation des dispositifs repose sur des critères solides impliquant les fonctionnalités qui les caractérisent. Mais les valeurs médicale, organisationnelle et économique relatives à une solution innovante peuvent être difficile à juger, car souvent difficile à identifier à ce stade. Elles trouvent par ailleurs difficilement leur place dans les critère d’évaluation.

    C’est ainsi qu’ont émergé les critères d’évaluation ICHOM visant à définir la valeur d’une solution technologique à l’ensemble des acteurs du systèmes de santé, il s’agit de l’impact positif d’une solution.

    L’amélioration du pronostic du patient comme l’amélioration de sa qualité de vie sont des critères importants pour juger d’une solution, mais les financeurs sont ceux qui doivent décider comment ce deuxième critère peut être valorisé en définitive. Et les industriels doivent remplir leur part de contrat en fournissant des preuves du bénéfice apporté.

    La qualité de vie est-elle un sujet pour les évaluateurs ?

    La présidente de la Cnedimts a insisté sur le fait que la HAS tient bel et bien compte de l’apport quant à l’amélioration de la qualité de vie des solutions évaluées.

    Elle a également dévoilé pour le souligner un travail collaboratif en cours entre toutes les commissions de la HAS en vue de publier à la fin de l’année 2018 une étude sur les gains apportés par une solution en termes de qualité de vie du patient. Cet aspect va rentrer de plus en ligne en ligne de compte aussi bien du côté des financeurs que du côté des évaluateurs.

    Isabelle Adenot dévoilait également qu’au cours de ses évaluations, chaque commission de la HAS associait désormais aux membres qui la composent un spécialiste des nouvelles technologies, un geek, portant ainsi à 21, le nombre de participants à l’évaluation.

    L’IA dans l’évaluation: suivre les normes internationales et façonner un cadre

    La position de la HAS a déjà été formulée dans le cadre des états généraux sur la loi de la bioéthique. Le pré-requis pour l’acceptation de l’IA est de gagner la confiance des patients, du corps médical, des autorité et tous. Les dispositifs ayant recours à l’IA sont difficiles à évaluer car ils sont en constante évolution et perpétuel changement, et leur fonctionnement est insaisissable à un instant précis.

    C’est ainsi que se profile la méthode de l’évaluation du processus de fabrication, qui correspond aux normes internationales en train d’émerger. Mais, tout reste encore à faire de façon globale, comme à l’échelle nationale. C’est l’existence des normes de fabrication d’IA et une garantie de non-régressivité des logiciels qui rassurera les professionnels de santé et qui de ce fait ne verront pas d’inconvénient à y recourir. 

    Par ailleurs, actuellement à la HAS, des travaux pour proposer des principes d’évaluation méthodologique de l’IA sont en cours. Des chefs de projet de la HAS constituent une bibliographie pour faire un état des lieux de ce qui existe dans d’autres pays et un groupe de travail composé de méthodologistes et de spécialistes en IA a été constitué. Une publication couronnant ces travaux est attendue pour fin 2018.

  • Prise de rendez-vous en ligne au service de gynécologie : le CHU de Rouen s’associe avec Doctolib

    Dans un communiqué de presse Doctolib a annoncé le 29 mai 2018 que sa plateforme de service de prise de rendez-vous médicaux est désormais disponible pour les patientes du Centre Hospitalier Universitaire de Rouen souhaitant y recourir pour les consultations en gynécologie-obstétrique.

    Un service pour mieux piloter les consultations

    Le service est disponible depuis la plateforme de Doctolib, depuis le site du CHU de Rouen dans la rubrique de prise de rendez-vous à la maternité, mais également depuis le site de maternité dédié à l’obstétrique ouvert récemment par le CHU (www.maternité.chu-rouen.fr) afin de faciliter l’accès à ses spécialistes par les patientes.

    Le service inclut comme dans le cadre des déploiements précédents en CHU, un service de rappel de rendez-vous par sms ou mail pour prévenir les retards ou les oublis.

    Les praticiens hospitaliers peuvent via la plateforme de Doctolib gérer les priorités en recevant les patientes adressées par les confrères libéraux ou de l’hôpital en urgence. Ils peuvent également interagir avec elles en leur envoyant des instructions au préalable à la consultation (venir à jeun, apporter de la documentation, etc.) afin d’optimiser l’issue de la consultation.

    Pour Véronique Desjardins, la directrice générale du CHU de Rouen, ce partenariat s’inscrit dans la politique de modernisation de l’établissement et dans l’évolution des usages et des rapports avec le public via les outils numériques.

  • China: Alibaba to increase Artificial intelligence investments in the healthcare sector

    Alibaba Health Information Technology, the health division of Alibaba Group Holding, has announced measures to increase its investments in artificial intelligence (AI) and the launch of a range of new services, revealed in May 2018 the South China Morning Post.

    The company will focus on bringing AI to intelligent medicine (i.e. the use of data, biotechnology, environmental information, and analysis to guide medical decisions), online medical services, and personal health management.

    Medical AI: growing profitability will enable to increase investment

    Alibaba Health reported on May 16, 2018 a 414.2% increase in revenue to 2.4 billion yuan (€322m; US$378), up from 475.1 million yuan (€63.8m; US$74.8m) a year earlier.

    Significant rise in healthcare product sales, e-commerce activity in full swing

    Shen Difan, the chief executive at Alibaba Health, attributes the improved financial results to a significant rise in health care product sales and the firm’s e-commerce business, which includes the provision of outsourced and value-added services for the pharmaceutical categories on parent Alibaba’s Tmall retail platform.

    This growing profitability « will enable the group to increase investment in artificial intelligence-related medical fields, as well as the launch and deployment of cutting-edge and innovative products, including intelligent medicine, internet-based medical services and personal health management, » he said.

    Medical IA: one of the priorities of China

    That broader commitment to AI further intensifies the development of this sector in China, which has made the technology part of national strategies July 2017.

    Chinese premier Li Keqiang said earlier this year that the Chinese government will step up research, development and application of AI, and promote the Internet Plus model, which aims to integrate internet into traditional offline industries including medical care and elderly care.

    Alibaba Health has launched its 1st AI medical lab with three hospitals

    Alibaba Health partnered in 2017 with three major hospitals in mainland China to launch its first artificial intelligence medical laboratory. This project includes setting up a public platform to support smart diagnostics and assist clinical decisions.

    Diabetes, hypertension: AI could improve treatment outcomes by 40%

    China has experienced explosive growth of chronic diseases in recent years, with about 110 million people living with diabetes, and 330 million people suffering from hypertension.

    According to consulting firm Frost & Sullivan, the AI could improve the outcomes of medical treatment by 30 to 40%, and reduce costs by as much as 50%.

    Alibaba’s online services are attracting more and more users

    My Health service has 28 million active users

    As of March 31, 2018, nearly 23,000 medical practitioners, pharmacists and nutritionists had signed up with Alibaba Health to provide online health consultation services, providing an average of more than 50,000 consultation sessions daily. There were 28 million active users on the company’s My Health service through parent Alibaba’s Taobao mobile app.

    Vaccination platform: 200 million people received vaccination education

    Alibaba Health’s vaccination platform covered more than 1,000 service points across more than 100 cities: about 200 million people received vaccination education.

    More than 7,500 companies have joined Alibaba’s Ma Shang Fang Xin platform

    As of March 31, more than 7,500 companies from the drug, food and nutritional supplement industries had signed with Alibaba Health to join its Ma Shang Fang Xin platform, which tracks the full life cycle of their products and help fulfil their regulatory compliance obligations.

    The number of pharmaceutical manufacturers which had joined Alibaba’s service reached 2,865, which made up more than 80% of the total number of such firms in China.

  • Chine : Alibaba Health augmente ses investissements en intelligence artificielle (IA)

    Alibaba Health Information Technology, la division « santé » d’Alibaba Group Holding, a annoncé la mise en place de mesures visant à augmenter les investissements dans l’intelligence artificielle (IA) ainsi que le lancement d’un gamme de nouveaux services, a indiqué courant mai 2018 le South China Morning Post.

    L’entreprise se concentrera sur l’introduction de l’IA dans la médecine intelligente (utilisation de données, biotechnologies, informations environnementales et analyses pour guider les décisions médicales), les services médicaux en ligne et la gestion personnelle de la santé.

    Alibaba Health : une rentabilité croissante propice au développement de l’IA

    Alibaba Health a annoncé le 16 mai 2018 une hausse de 414,2 % de son chiffre d’affaires, passant à 2,4 milliards de yuans (322 M. € ; 378 M. US$) contre 475,1 millions de yuans (63,8 M. € ; 74,8 M. US$) un an plus tôt.

    Une forte hausse des ventes de produits de santé, une activité d’e-commerce en plein essor

    Le directeur général de la société, Difan Shen, attribue l’amélioration des résultats financiers à l’augmentation significative des ventes de produits de santé et à l’activité de e-commerce de la société, qui comprend la délivrance de services externalisés et à valeur ajoutée dans le secteur pharmaceutique sur Tmall, la plateforme de détail d’Alibaba.

    Cette rentabilité croissante « permettra au groupe d’augmenter ses investissements dans les domaines médicaux liés à l’intelligence artificielle [mais aussi de lancer et de déployer] des produits innovants et de pointe, y compris [dans les secteurs] de la médecine intelligente, des services médicaux sur internet et de la gestion de la santé », a précisé M. Shen.

    IA médicale : l’une des priorités de la Chine

    Cette initiative en faveur de l’IA contribue au fort développement de ce domaine depuis quelque temps en Chine, qui a inclus la technologie au sein de ses stratégies nationales depuis le mois de juillet 2017.

    Le Premier ministre chinois Li Keqiang a déclaré que le gouvernement allait intensifier la recherche, le développement et l’application de l’IA mais aussi promouvoir le modèle Internet Plus, qui vise à intégrer internet dans les industries traditionnelles hors ligne.

    Alibaba Health a lancé avec trois hôpitaux son 1er laboratoire d’IA médicale

    Alibaba Health s’est associé en 2017 à trois grands hôpitaux de la Chine continentale pour lancer son premier laboratoire d’intelligence artificielle médicale. Ce projet comprend la mise en place d’une plateforme publique pour soutenir les diagnostics intelligents et aider les cliniciens à prendre les meilleures décisions possibles.

    Diabète, hypertension : l’IA pourrait améliorer de 40 % les résultats des traitements

    La Chine a connu une croissance explosive des maladies chroniques au cours des dernières années, avec environ 110 millions de personnes atteintes de diabète, et 330 millions de personnes souffrant d’hypertension artérielle.

    Selon le cabinet de conseil Frost & Sullivan, l’IA pourrait améliorer de 30 à 40 % les résultats des traitements médicaux et réduire les coûts de 50 %.

    Les services en ligne d’Alibaba attirent de plus en plus d’utilisateurs

    My Health compte 28 millions d’utilisateurs actifs

    Au 31 mars 2018, près de 23 000 médecins, pharmaciens et nutritionnistes s’étaient inscrits à Alibaba Health pour offrir des services de consultation en ligne, assurant en moyenne plus de 50 000 consultations par jour. Le service My Health de l’entreprise comptait environ 28 millions d’utilisateurs actifs à cette date via l’application mobile Taobao d’Alibaba.

    La plateforme de vaccination d’Alibaba Health a permis de sensibiliser 200 M. de personnes

    La plateforme de vaccination d’Alibaba Health a quant à elle couvert plus d’un millier de points de service dans plus d’une centaine de villes : environ 200 millions de personnes ont ainsi reçu une formation sur la vaccination.

    Plus de 7 500 entreprises ont rejoint la plateforme Ma Shang Fang Xin d’Alibaba

    Au 31 mars, plus de 7 500 entreprises des secteurs des médicaments, de l’alimentation et des compléments nutritionnels avaient signé avec Alibaba Health pour rejoindre sa plateforme Ma Shang Fang Xin, qui suit le cycle de vie complet de leurs produits et les aide à remplir leurs obligations de conformité réglementaire.

    Le nombre de fabricants de produits pharmaceutiques qui ont adhéré au service d’Alibaba a atteint 2 865, ce qui représente plus de 80 % du nombre total de ces entreprises en Chine.

  • India: National digital health initiative to be adopted by WHO

    India’s digital health initiative would be adopted by the World Health Organization (WHO) as its first resolution on digital health, said Health and Family Welfare Minister Jagat Prakash Nadda on May 21, 2018 in his address at the World Health Assembly, the decision-making body of WHO.

    « Digital health technology have a huge potential for supporting Universal Health Coverage (UHC) and improving accessibility, quality and affordability of health services. This is a resolution which should be owned by all of us so as to pave the path for a forward looking global health agenda, » he said.

    India to host a global digital health summit

    Delegations from all WHO member states attended the 71st World Health Assembly.

    Mr. Nadda said India plans to host a global digital health summit in near future with the support of WHO and hopes that it would contribute to WHO’s efforts to develop a comprehensive global health strategy on digital health.

    UHC : A special program launched by Prime Minister N. Modi

    India has developed many initiatives aimed at achieving all the four tenets of UHC that is strengthening health systems, improving access to free medicines and diagnostics and reducing catastrophic healthcare spending, he added.

    Prime Minister Narendra Modi has launched an ambitious program called « Ayushman Bharat » (« Long Live India ») to translate the government’s visions of UHC. The program is based on the twin pillars of health and wellness centers for provision of comprehensive healthcare services and the Prime Ministers’ National Health Protection Mission (NHPM).

    500 million people will be provided an insurance cover of Rs. 500,000

    NHPM is aimed to provide secondary and tertiary healthcare to 100 million families covering 500 million individuals, about 40 per cent of the country’s population, who will be provided an insurance cover of Rs. 500,000 (€6,300; US$7,400) per year.

    J.P. Nadda also recalled that measures had been taken to reduce noncommunicable diseases and that India has committed to ending tuberculosis by 2025, five years ahead of WHO’s deadline for member states.

    Following the success of the first world conference on access to medical products (November 2017), India is organizing the second edition in October 2018 in New Delhi, he added.

  • L’OMS va adopter l’initiative numérique nationale de l’Inde relative à la santé

    « L’initiative numérique de l’Inde sur la santé va être adoptée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en tant que première résolution sur la e-santé », a déclaré le 21 mai 2018 le ministre de la Santé et de la Famille indien Jagat Prakash Nadda, lors de son discours à l’Assemblée mondiale de la santé, l’organe décisionnel de l’OMS.

    « La technologie de la santé numérique a un énorme potentiel pour soutenir la couverture sanitaire universelle (CSU) et améliorer l’accessibilité, la qualité et l’accessibilité financière des services de santé. Cette résolution devrait être adoptée par chacun d’entre nous afin d’ouvrir la voie vers un programme de santé mondial », a-t-il précisé.

    L’Inde va bientôt accueillir un Sommet mondial sur la santé numérique

    Des délégations de tous les États membres de l’Organisation mondiale de la santé ont assisté à la 71ème édition de l’Assemblée.

    M. Nadda a indiqué que l’Inde prévoyait d’accueillir prochainement un Sommet mondial sur la santé numérique avec le soutien de l’OMS, espérant que l’événement contribuera aux efforts déployés par l’organisation mondiale pour élaborer une stratégie internationale sur la e-santé.

    CSU : un programme spécial lancé par le Premier ministre N. Modi

    L’Inde a récemment développé de nombreuses initiatives visant à atteindre les quatre principes de la couverture sanitaire universelle, soit le renforcement des systèmes de santé, l’amélioration de l’accès aux médicaments et aux diagnostics gratuits ainsi que la réduction des dépenses de santé.

    Le Premier ministre Narendra Modi a par exemple lancé un ambitieux programme intitulé « Ayushman Bharat » (« long vie à l’Inde ») pour traduire les visions du gouvernement concernant la CSU. Le programme repose sur les piliers des centres de santé et de bien-être pour la prestation de services complets de soins mais aussi sur la mission nationale de protection de la santé (NHPM) des premiers ministres.

    500 M. de personnes bénéficieront d’une couverture santé de 500 000 roupies

    La NHPM vise à fournir des soins secondaires et tertiaires à 100 millions de familles, soit 500 millions de personnes (environ 40 % de la population du pays), qui bénéficieront d’une couverture d’assurance santé de 500 000 roupies (6 300 € ; 7 400 US$) par an.

    JP. Nadda a également rappelé que des mesures ont été prises pour réduire les maladies non transmissibles et que l’Inde s’était engagé à mettre fin à la tuberculose d’ici 2025, soit cinq ans avant la date limite fixée par l’OMS pour les États membres.

    Suite au succès de la première Conférence mondiale sur l’accès aux produits médicaux (novembre 2017), L’Inde organisera la deuxième édition en octobre 2018 à New Delhi, a-t-il ajouté.

  • PHW18 : PandaLab présente sa messagerie instantanée sécurisée à destination des professionnels

    A l’occasion de la Paris Healthcare Week 2018, Health and Tech Intelligence a rencontré Christelle Masson, Directrice générale de PandaLab, start-up fondée par le médecin oncologue Aurélien Lambert qui a développé une application (éventuellement mobile), une messagerie instantanée à destination des professionnels, elle aussi baptisée PandaLab.

    Pouvez-vous présenter l’application PandaLab ?

    PandaLab est une application dédiée aux professionnels de la santé qui leur permet notamment de communiquer entre eux par une messagerie instantanée sécurisée. C’est en fait une espèce de WhatsApp médical, conçu pour faciliter le dialogue et l’échange d’informations, de documents entre les membres d’une équipe de soins, qu’elle se situe en ville, à l’hôpital, ou entre la ville et l’hôpital.

    Cette messagerie est par ailleurs accompagnée de diverses autres fonctionnalités censées faciliter la création et le traitement de documents médicaux (ordonnances, clichés d’imagerie médicale, etc.).

    Pourquoi PandaLab ? Comment est arrivé l’idée d’une telle solution ?

    C’est le fondateur de la start-up PandaLab qui est à l’origine de l’idée d’une telle application : médecin oncologue de profession, il souffrait au quotidien, dans sa pratique, d’une absence de moyens efficaces de coordination entre membres de l’équipe soignante ; il ne pouvait échanger avec les autres médecins, avec les chirurgiens, les infirmiers, les pharmaciens, etc. en ville et à l’hôpital que par des méthodes relativement archaïques (oral, fax, téléphone), sans aucune traçabilité. Il est connu aujourd’hui que la plupart des erreurs iatrogènes sont dues à une transmission lacunaire de l’information entre les soignants.

    Il a alors eu l’idée d’une messagerie instantanée sécurisée, permettant une traçabilité de l’information, afin de favoriser le dialogue entre professionnels de la santé – dans le domaine de l’oncologie mais aussi dans toutes les spécialités, de mieux coordonner le parcours de soins des patients. Le but d’Aurélien Lambert, à travers cette application, est d’améliorer la sécurité et l’efficience (en particulier en terme de temps) des échanges entre professionnels, d’améliorer et de moderniser les pratiques.

    D’autres professionnels de la santé que le médecin oncologue fondateur de la start-up ont-ils participé à l’élaboration de l’application ?

     Oui, la conception et le développement de cette messagerie particulière ont nécessité le concours de professionnels très divers : médecins, cadres et infirmiers, personnels administratifs et secrétaires médicales, psychologues,… Imaginez une structure, un établissement de santé, avec tous ses acteurs : un représentant de chacune de ces professions a contribué au développement de PandaLab.

    Comment fonctionne cette application ?

    PandaLab est un Saas, une application disponible et  directement utilisable en ligne, mais également ouvert au téléchargement sur PC ou Mac, sur tablette ou smartphone (iOs, Androïd).

    La messagerie permet d’échanger de personne à personne ou en groupe. Pour faciliter son utilisation, sa présentation est simple, pensée pour être intuitive et rappeller d’autres messageries instantanées très répandues. Elle donne également la possibilité, pour augmenter l’efficience du dialogue médical, d’envoyer des messages avec accusé de lecture, de pré-visualiser les images envoyées, de changer le contraste des clichés d’imagerie échangés.

    L’application propose par ailleurs d’autres fonctionnalités :

    • une fonctionnalité « ordonnances », qui permet de créer et de renouveler rapidement des ordonnances grâce à des modèles pré-enregistrés, personnalisables ;
    • une fonctionnalité « médicaments », qui consiste en une base de données médicales (alimentée par les données de Thesaurus Med) et permet de rechercher des monographies de médicaments par DCI (éventuellement par le suffixe caractéristique de leur famille) ou par nom de marque ;
    • une fonctionnalité « imagerie médicale », qui permet d’observer des clichés d’imagerie.

    L’application laisse en outre à l’utilisateur la liberté de régler ses notifications, comme dans une messagerie instantanée classique.

    Quel est le modèle économique qui a permis de développer cette application ?

    L’application est payante, sur abonnement. Le tarif que nous proposons est valable pour un mois, pour un utilisateur. Cependant, le coût de l’abonnement est dégressif, fonction de la taille de l’équipe soignante qui souhaite en faire l’acquisition.

    PandaLab a-t-elle été testée ? Est-elle utilisée à l’heure actuelle ?

    Avant sa mise en ligne, l’application a été testée pendant un an et demi (en 2016 et 2017). Elle est maintenant commercialisée, depuis cinq mois, et est en cours de certification CE.

    Elle est utilisée dans cinq régions de France par un millier d’utilisateurs de cliniques, d’hôpitaux, de centres de cancérologie, de PSAD, d’HAD, de cabinets de gestion administrative de professionnels de santé.

  • Santé & Bioproduction : l’un des axes de la feuille de route du Conseil national de l’Industrie

    Le Premier ministre, Édouard Philippe, a présidé le Comité exécutif du Conseil national de l’industrie (CNI), le lundi 28 mai 2018 à l’Hôtel de Matignon. Les ministres Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, et Muriel Pénicaud, ministre du Travail, étaient présents.

    Édouard Philippe a détaillé à cette occasion le bilan des actions lancées à l’automne 2017 ainsi que les nouvelles priorités de travail du Conseil national de l’industrie pour les mois à venir et les mesures pour accompagner le développement de l’industrie française.

    La santé et la bioproduction constituent l’un des axes (ou « missions ») de la feuille de route du CNI. Le CNI mandate le CSF Alimentaire, le CFS Industries et technologies de santé, et le CSF Chimie & Matériaux pour lancer une mission de réflexion stratégique, dont les conclusions seront remises au Premier ministre pour la fin octobre 2018.

    La bio-production « présente un important potentiel de croissance »

    La bio-production a ainsi été identifiée par la Commission Européenne comme l’une des six « technologies génériques clés » rappelle le dossier de presse du gouvernement constitué à l’occasion de la réunion du comité exécutif du CNI. Elle a vocation à irriguer de nombreux domaines d’application (chimie fine, plastiques, biocarburants, agroalimentaire, médicaments, traitement des déchets etc.) et présente un important potentiel de croissance. Un travail de fond a été initié par l’alliance AVIESAN avec certains industriels dont Sanofi.

    « Faire de la France un lieu d’excellence en matière de bio-production »

    Le Gouvernement souhaite mobiliser pleinement les énergies publiques et privées pour faire de la France « un lieu d’excellence en matière de bio-production et lui permettre de capter la croissance des marchés de demain ». La France dispose de nombreux organismes de recherche publics capables d’être à la pointe de la recherche dans ces domaines essentiels pour l’avenir. « L’appareil universitaire s’est largement ouvert à un transfert de ces connaissances vers le secteur productif », rappelle le communiqué.

    Cependant, la France accuse encore un retard en matière d’industrialisation, alors que la qualité scientifique de ses professionnels est reconnue mondialement, et qu’elle compte un nombre important de start-ups dans ce domaine.

    Lancement d’une mission de réflexion stratégique menée conjointement par les CSF Alimentaire, Industries et technologies de santé et Chimie & Matériaux

    Le CNI mandate le CSF Alimentaire, le CSF Industries et technologies de santé et le CSF Chimie & Matériaux pour lancer une mission de réflexion stratégique, qui sera appuyée par des personnalités scientifiques de haut niveau, spécialistes de ce domaine.

    Cette mission visera à :

    • identifier les actions à mener pour assurer le développement de la bioproduction en France ;
    • dresser l’état des lieux de l’écosystème français de la bio-production, ses forces et ses faiblesses ;
    • établir une comparaison avec les pays les plus avancés dans le secteur ;
    • proposer des recommandations permettant de renforcer la dynamique de recherche, d’innovation et d’industrialisation de la France en matière de bioproduction ;
    • investiguer le potentiel lié à une meilleure collaboration entre les acteurs de la recherche académique et du développement et les acteurs industriels ;
    • étudier l’adéquation des outils de financement publics et privés aux besoins des projets de bio-production ;
    • identifier les éventuels besoins d’adaptation de la réglementation nationale et européenne pour accompagner un développement ambitieux de la bioproduction, tout en tenant compte des conditions d’acceptabilité au regard notamment des principes environnementaux et sanitaires.

    Les conclusions de cette mission sont attendues pour la fin octobre 2018, accompagnées d’un plan de développement de la bio-production en France. Un pré-rapport est attendu pour début juillet, en coordination avec les travaux du comité stratégique des industries de santé (CSIS).

  • PHW18 : L’évaluation des solutions e-santé de demain reposera sur les données de vie réelle

    À l’occasion de la Paris Healthcare Week 2018, ce mercredi 30 mai 2018, une conférence organisée par l’Alliance e-health sur le thème de l’évaluation de demain des solutions e-santé a été organisée.

    La question de l’évaluation des solutions e-santé a été abordée dans le cadre d’une table ronde regroupant les représentantes de la Haute Autorité de Santé et de la CNEDiMTS, de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) et de son Digital Medical Hub créé en janvier 2018, de Voluntis et du laboratoire pharmaceutique Sanofi.

    Dans cet article, Health&Tech Intelligence vous rapporte:
    • les principales problématiques liées à l’évaluation des solutions en e-santé relevées par la HAS et qui sont d’ordre éthique, liées aux délais ou à l’utilisation des données ;
    • les principaux freins à l’autorisation de dispositifs innovants liés au coût de l’évaluation, et la nécessité de recourir à de nouvelles méthodologies d’évaluation issues du champs des sciences humaines et sociales plus adaptées pour juger de la valeur d’usage d’une solution ;
    • une recommandation de l’ensemble des acteurs de l’écosystème pour construire dès aujourd’hui des solutions interopérables notamment dans le domaine de la télésureveillance.

    Geneviève d’Orsay est directrice médicale de Voluntis. Elle a fait part à l’audience de son expérience du processus de mise sur le marché de Diabéo, application d’accompagnement personnalisée pour les patients diabétiques, développée en coopération avec Sanofi. Elle a souligné la nécessité d’associer à un stade précoce du projet à caractère innovant des représentants de l’ensemble des acteurs de l’écosystème : les professionnels de santé, les industriels, les chercheurs, les évaluateurs et les patients. Selon elle, il s’agit de la meilleure façon de procéder pour « mettre toutes les chances de son côté » et réussir le lancement de sa solution.

    Par ailleurs, un ressenti communément partagé par les acteurs a émergé concernant la nécessité de prendre en compte la complexité de l’évaluation de ces dispositifs du fait de la multiplicité des aspects à évaluer : technologique ; d’impact médical, économique et organisationnel ; mais également d’usage, avec un nouveau partenaire qu’est le patient devant témoigner de la valeur d’usage.

    Medical Digital Hub : principaux freins à l’innovation et la nécessité de nouvelles méthodologies d’évaluation

    Le Pr Marie Pia d’Ortho qui représentait la plateforme d’évaluation des solutions e-santé de l’AP-HP, a fait ressortir deux freins auxquels sont confrontés les porteurs de solutions innovantes ayant fait appel à l’équipe du Hub :

    • les interrogations toujours en suspens liées aux modalités d’évaluation de la sécurité, de l’intégrité, de la fiabilité et de la pertinences des solutions en e-santé ;
    • le coût de la mise en œuvre de l’évaluation qui nécessite la mise en place d’études cliniques.

    Si l’évaluation médico-économique d’une telle solution peut plus facilement être mise en place, la valeur d’une solution en ce qui concerne son usage s’intègre plus difficilement dans l’évaluation. Pour répondre à ce défi, selon le Pr d’Ortho, c’est le recours à des méthodologies d’évaluation issues des sciences humaines et sociales qui semble s’imposer. Elles seraient plus à même de prendre en compte ce genre de considérations qui ne sont pas de l’ordre technique et chiffrables.

    Concernant l’évaluation par les données, Marie Pia d’Ortho rappelle les problèmes éthiques que cela peut poser du fait de l’exigence pour les patients de partager leur données médicales et que cela nécessite la mise en place d’une réglementation adaptée, tout en soulignant que les temps réglementaires sont incompressibles.

    Problématiques rencontrées par les autorités d’évaluation : éthique, délais et prise en compte des données massives

    Voici les principales interrogations qui se posent aujourd’hui autour de la méthodologie d’évaluation d’outils connectés de la Commission nationale d’évaluation des dispositifs médicaux et des technologies de santé de la Haute Autorité de Santé, représentée par Isabelle Adenot, présidente de la Cnedimts :

    • des difficultés d’ordre éthique dans la mesure où les solutions présentées à l’évaluation dans le cadre d’une demande de remboursement sont souvent associées à un fabricant de smartphone et l’impossibilité de privilégier un fabricant plus qu’un autre, ce qui constitue un critère de taille dans le processus de validation du dossier ;
    • la question de l‘évaluation de l’objet seul ou du dispositif entier intégrant les activités liées à l’opérateur. Concernant cette question, la Cnedimts privilégie l’évaluation de l’objet seul en écho à la méthodologie d’évaluation déjà en place dans le cadre de l’évaluation des dispositifs médicaux ;
    • les délais d’évaluation du fait du caractère évolutif d’une solution e-santé reposant sur l’exploitation d’un logiciel voué à être réédité et qui impose un temps d’évaluation qui en rupture avec la méthodologie traditionnelle exigeant des études sur des périodes longues, du type 5 ans. Les temps d’évaluation sont donc voués à être raccourcis. À ce titre, Isabelle Adenot, suggérait que pour un certain type d’étude (de post-inscription), le recours à des bases de données dans le cadre du processus d’évaluation devait être autorisé. Ceci permettrait non seulement de faciliter l’évaluation, mais à la fois de réduire le coût des études.

    Capitaliser sur les données de vie réelle

    Isabelle Adenot a également appelé l’ensemble des acteurs de l’écosystème e-santé à revendiquer l’utilité et la pertinence de l’utilisation des données en conditions de vie réelles, comme substitut aux études, à des fins diverses, mais notamment dans le cadre d’une procédure d’évaluation. 

    Cette initiative a été très favorablement accueillie par les industriels. On a rappelé à ce titre que c’était la démarche qui avait été adoptée par les autorités d’évaluation et les financeurs aux États-Unisévaluer les dispositifs innovants en analysant les données de vie réelle

    La modératrice de la table ronde, Armelle Graciet, directrice des affaires industrielles au Snitem, soulignait que puisque les évaluateurs français étaient ouverts à l’utilisation des données, les industriels devaient leur proposer des protocoles adaptés leur fournissant un maximum d’informations pour la bonne évaluation des outils technologiques.

    Directives aux industriels : interopérabilité sine qua non 

    Isabelle Adenot a également mis en garde contre le risque de segmentation des solutions notamment dans le domaine de la télésurveillance.

    Étant donné que la coordination de soins est un des principaux axes de transformation du système de santé, il faut se garder, selon elle, de refabriquer ce qui est en train d’être combattu. Elle citait en exemple la télé-surveillance dans le cadre pluripathologique où il est inadmissible pour le patient télé-surveillé d’être équipé d’appareils différents afin de transmettre les données liées à telle ou telle pathologies.

    Pour les industriels, l’interopérabilité est une question essentielle et une aspiration – l’existence d’une architecture commune à laquelle les solutions particulières des fabricants pourraient venir se plugger est un idéal. Par ailleurs, l’interopérabilité réduit le risque de disposer de solutions valables dans tous les sens du terme, mais inutilisables car dans le cadre d’une utilisation groupée elles pourraient être source de confusion et d’anxiété auprès de l’utilisateur.

    Pour les porteurs de solutions innovantes, de ces témoignages ressort l’importance de proposer des solutions interopérables avec l’ensemble des systèmes d’exploitation disponibles sur le marché.

  • PHW18 : la plateforme développée par Satelia à Bordeaux, outil de télésuivi en chirurgie ambulatoire

    A l’occasion de la Paris Healthcare Week 2018, Health & Tech Intelligence a rencontré Nicolas Pagès, co-fondateur de Satelia, start-up partenaire du CHU de Bordeaux pour le développement et le déploiement d’une plateforme de télésuivi en chirurgie ambulatoire.

    Cette plateforme de télésuivi permet d’informer le patient sur son intervention et ses suites d’une part, et les professionnels de la santé à propos des antécédents et des symptômes éventuellement présentés par le patient après l’opération chirurgicale d’autre part.

    Quelles sont les caractéristiques et fonctionnalités qui rendent selon vous cette plateforme de télésuivi originale et efficace ?

    Le maître mot qui a guidé le développement de la plateforme de télésuivi et qui, pour moi, fait son originalité, est « simplicité ».

    Afin de simplifier l’utilisation de cet outil pour les patients âgés ou en situation de précarité, il n’y a pas d’application à télécharger en ligne : le patient reçoit simplement un ou plusieurs SMS avant ou après son intervention, SMS comportant des rappels de RDV, des consignes hygiéno-diététiques, des liens vers des informations (parfois très simples, comme le plan de l’hôpital), des vidéos explicatives (à propos de sa pathologie, de l’intervention qu’il va subir et de son suivi post-opératoire) et des questionnaires à propos de son état physique ou psychologique, à renseigner lui-même et relié à un centre de contrôle infirmier. 

    Quelle est l’origine de cette plateforme : comment avez-vous eu l’idée de développer un tel outil ?

    Ce sont les demandes des professionnels de santé et des patients concernés par la chirurgie ambulatoire qui ont motivé le développement de la plateforme de télésuivi et la création de Satelia.

    En effet, la chirurgie ambulatoire tend à être de plus en plus pratiquée, et ce nouveau mode d’exercice s’accompagne d’un phénomène auquel on pouvait s’attendre et que de nombreux professionnels ressentent aujourd’hui de plus en plus intensément et de plus en plus négativement : une augmentation de la charge administrative qui pèse sur eux ; chaque patient opéré en ambulatoire fait l’objet d’un suivi complexe à mettre en oeuvre, notamment administrativement.

    Du côté des patients, la chirurgie ambulatoire, par la réduction de la durée d’hospitalisation qu’elle engendre, suscite parfois un inconfort lié à un manque d’informations : les patients réclament d’être mieux informés des soins qu’on pratique sur eux, parfois sans les y inclure.

    Enfin, tous – professionnels de santé comme patients – attendent une augmentation de la sécurité de la chirurgie ambulatoire, sécurité qui appelle une préparation optimisée de l’intervention chirurgicale ainsi qu’un suivi postopératoire efficace. 

    Quels professionnels sont intervenus dans le développement de ce dispositif ?

    Le développement de la plateforme a nécessité une grande pluridisciplinarité.

    Pour commencer, Paul Tiba, avec qui j’ai fondé Satelia, est pilote, spécialisé dans le rapatriement sanitaire, et je suis interne en anesthésie-réanimation : nous sommes donc tous deux issus de professions très différentes mais similaires dans la mesure où elles ont avoir avec l’innovation technologique en santé et avec l’urgence, où elles nous ont sensibilisés à la gestion des risques, paramètre important du suivi des patients en chirurgie ambulatoire (quel patient est à risque de complication en cas de retour prématuré à son domicile et quel patient ne l’est pas ?).

    Nous avons également collaboré avec des cardiologues. Depuis le 11 mai 2018, nous sommes également agréés par la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) en tant que solution de suivi de l’insuffisance cardiaque.

    Des ingénieurs et d’autres types de professionnels concernés dans leurs activités professionnelles par la e-santé ont également participé – et continuent de participer – au développement de la plateforme.

    A Satelia, nous sommes par ailleurs convaincus qu’une assise académique, universitaire, est nécessaire au développement de tels projets. C’est pourquoi nous tenons à remercier les universitaires du CHU et de l’Université de Bordeaux d’avoir testé et de continuer à étudier et développer notre dispositif.

    L’application a donc été testée, utilisée ?

    Le dispositif a été testé par le CHU de Bordeaux entre les mois de janvier et de mars 2018. Les résultats de ces tests, extrêmement concluants, ont permis au CHU de déployer notre outil dans tout l’établissement, à destination des professionnels pratiquant la chirurgie ambulatoire.

    Aujourd’hui, plus de 500 patients utilisent chaque mois la plateforme, soit la moitié des patients opérés en ambulatoire. D’autres tests devraient être réalisés, notamment en cardiologie et en oncologie.

    Quelles sont les évolutions que vous prévoyez  pour cette plateforme de télésuivi et pour Satelia ?

    Nous tendons à évoluer selon quatre axes majeurs :

    • proposer notre outil de télésuivi à d’autres établissements de santé que le CHU de Bordeaux : nous comptons en particulier nous adresser à des hôpitaux de l’Assistance publique des Hôpitaux de Paris (APHP) ;
    • étendre notre application à de nombreuses spécialités : cardiologie, oncologie (nous devrions initier prochainement une collaboration avec des oncologues, pour développer un télésuivi en oncologie). Notre application étant très simple, elle peut en fait être utilisable dans de nombreuses spécialités sans nécessiter trop de modifications ou d’adaptations ;
    • adapter notre application afin qu’elle puisse être utilisable par un plus grand nombre de patients : nous pensons en particulier aux patients malvoyants ou souffrant d’une perte de sensibilité digitale, pour qui l’utilisation d’un smartphone peut s’avérer difficile. Pour ces patients, nous pourrions être amenés à développer, avec le concours de cogniticiens, une fonctionnalité de synthèse vocale ;
    • rendre notre application intelligente afin qu’elle puisse apprendre quels patients sont à risque de complication ou non, et qu’elle puisse en avertir les professionnels de la santé.

    Quels sont les enjeux de votre application de télésuivi et de ses évolutions prochaines ?

    Nous pouvons dénombrer cinq types d’enjeux majeurs à l’utilisation des dispositifs que Satelia propose ou proposera, qui sont :

    • réussir à délivrer au patient les informations fiables dont il a besoin et qu’il ne sait pas toujours chercher ou reconnaître seul, après ciblage de ses attentes ;
    • réussir à faire gagner du temps aux professionnels et ainsi participer à une réduction des coûts de prise en charge en chirurgie ambulatoire et dans les spécialités dans lesquelles Satelia se déploira ;
    • réussir à toucher un maximum de patients, souvent difficiles à joindre ou à impliquer dans leurs soins à l’heure actuelle ;
    • réussir à sécuriser les patients et les professionnels de santé en proposant une analyse et une prédiction de plus en plus fines des risques liés à la prise en charge ambulatoire de pathologies parfois lourdes (et nécessitant des chirurgies tout aussi lourdes et à risque de complications hémorragiques comme la chirurgie menée sur les disques intervertébraux cervicaux, réalisée en ambulatoire à Bordeaux) : à quel patient proposer un retour à domicile et à qui conseiller une hospitalisation ?
    • réussir à réunir médecins, ingénieurs, chercheurs afin d’améliorer l’efficience des soins proposés aux patients : à titre d’exemple, en 2017, une étude (étude STAR) menée par le Pr Ethan Barns, a montré qu’une application à destination des patients cancéreux soignés par chimiothérapie et permettant de rapporter à l’équipe soignante, en temps réel, les effets indésirables vécus, est plus efficace (améliore la survie de 6 mois) que les derniers médicaments d’oncologie mis sur le marché. La médecine doit réinvestir l’espace entre la ville et l’hôpital, et ce, en faisant appel à des professionnels non hospitaliers, et parfois non inclus dans le système de santé !

    Où sont hébergées les données de santé traitées par la solution proposée par Satelia ?

    Actuellement, les données traitées par l’outil déployé dans le CHU de Bordeaux sont hébergées au CHU de Bordeaux. Dans le futur, nous proposerons aux établissements qui utiliseront notre solution et qui ne souhaiteront pas eux-même héberger les données, d’utiliser OVH Healthcare, hébergeur agréé de données de santé.

    Quel est votre modèle économique ? 

    Ce dispositif est en partie financé grâce à un partenariat avec le CHU de Bordeaux, qui a apporté par ailleurs beaucoup de ressources techniques et intellectuelles au projet, et qui en est co-propriétaire.

    Nous bénéficions également du soutien, en particulier financier, de la région Aquitaine, qui a permis un gain de temps non négligeable (de 6 mois) dans le développement de la plateforme.

    Par ailleurs, de nombreux acteurs de l’écosystème de e-santé bordelais se sont impliqués pour nous soutenir et nous aider.