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  • Etude : l’IA fait moins d’erreurs de diagnostic que les dermatologues (Annals of Oncology)

    Un système d’intelligence artificielle est parvenu à repérer davantage de mélanomes que des dermatologues expérimentés. Ces algorithmes, mis au point par une équipe de chercheurs allemands, américains et français, en ont détecté 95% contre 89% pour les médecins. Ces résultats* ont été publiés le 28 mai dans les Annals of Oncology.

    Des algorithmes pour diagnostiquer le mélanome précocément

    L’augmentation croissante de l’incidence du mélanome a poussé les chercheurs à identifier de nouvelles techniques de dépistage plus précoces. Depuis quelques années, des stratégies d’analyse d’images automatisée par ordinateur ont été développées pour aider les cliniciens. Cependant, ces techniques sont limitées car elles reposent sur des critères de segmentation humains. C’est pourquoi les algorithmes d’intelligence artificielle sont apparus comme porteurs d’espoir pour le diagnostic du mélanome. En 2017, des chercheurs américains ont déjà publié des travaux dans la revue Nature montrant que l’intelligence artificielle était aussi performante que des dermatologues en matière de diagnostic des mélanomes.

    L’IA comparée à 58 dermatologues

    Une équipe de chercheurs allemands, américains et français vient de réitérer l’expérience. Leur algorithme de vision artificielle s’est entraîné à distinguer les lésions bénignes de celles qui étaient suspectes sur plus de 100 000 images de grains de beauté et autres lésions. Leur technique de deep learning reposait sur les réseaux de neurones à convolution, appelés aussi CNN, qui sont capables de trier des images par catégories. Les auteurs de cette étude, qui a été publiée le 28 mai dans les Annals of Oncology, ont ensuite testé leur algorithme sur 100 images de cas compliqués et ils ont comparé les résultats obtenus grâce à l’intelligence artificielle à ceux de 58 dermatologues -dont 30 experts-, venant de 17 pays différents.

    Résultats

    « La plupart des dermatologues ont fait moins bien », déclarent les auteurs de l’étude. Comprenez que l’homme a été surpassé par la machine.

    • Les dermatologues identifiaient 87% des cas de mélanomes contre 95% pour l’intelligence artificielle;
    • Avec des images plus précises et des détails sur le patient, le taux de détection montait à 89% chez les dermatologues, mais restait donc inférieur à celui obtenu grâce à l’algorithme;
    • L’ordinateur a fait moins d’erreurs de diagnostic consistant à voir des mélanomes alors qu’il ne s’agissait que de grains de beauté bénins. Ainsi, il évite des interventions chirurgicales inutiles.

    Aider le médecin, pas le remplacer

    Cette étude souffre de quelques limites. Tout d’abord, les dermatologues ne craignaient pas de passer à côté d’un diagnostic de cancer. Par ailleurs, les images ne couvraient pas l’ensemble des lésions, ni même l’ensemble des types de peau…

    Cependant, ces résultats montrent clairement que l’intelligence artificielle peut constituer un outil pertinent pour aider les médecins dans la détection du mélanome. « Et cela indépendamment de leur niveau individuel d’expérience et de formation », précisent les auteurs. D’ailleurs, ils ajoutent que 13 des 58 dermatologues se sont révélés plus performants que les algorithmes.

    Enfin, bien que l’architecture de CNN soit difficile à mettre en place et à former, sa mise en œuvre sur des systèmes de dermoscopie numérique ou des applications mobiles peut facilement être déployée. Par conséquent, les chercheurs estiment que « les médecins de tous les niveaux de formation et d’expérience pourraient bénéficier de l’assistance de la classification d’images de CNN. »

  • PHW18 : La santé populationnelle et la politique territoriale de santé, priorités de la FHF

    Lors de la conférence inaugurale de la Paris Healthcare Week le mardi 29 mai 2018, Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France, a présenté les orientations stratégiques de la fédération, à savoir un renforcement de la politique territoriale de santé, l’accompagnement de l’évolution des modes de financement en santé, le renforcement de la qualité des soins, la mise en oeuvre de démarches de santé populationnelle, la simplification des normes en vigueur dans les secteurs médical et médico-social, l’accompagnement des groupements hospitaliers de territoires (GHT) et des publics vulnérables et âgés.

    Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France, rappelle en guise d’introduction l’importance de la recherche, de l’enseignement et de l’innovation français : l’hôpital français représente ainsi plus de 500 programmes de recherche uniques, 230 brevets déposés chaque année, 88% des enseignements et des recherches effectués à l’hôpital public. Les 125 premières mondiales ont été réalisées par les hôpitaux de France.

    « A quelques semaines d’annonce attendues, c’est donc de l’audace et du volontarisme que notre fédération appelle de se vœux. Audace pour innover, déverrouiller, expérimenter, décloisonner, faire confiance, et résister au conservatisme et aux habitudes. Volontarisme pour sauver cette exception française qu’est notre système universel d’une qualité indéniable et d’un niveau d’excellence reconnu dans le monde ». Frédéric Valletoux, conférence inaugurale de la Paris Healthcare Week 2018.

    Frédéric Valletoux énumère les chantiers prioritaires de la FHF

    Conférence annuelle en amont du vote du PLFSS

    Le premier sujet de réflexion est celui des ressources humaines : les hôpitaux et les EHPAD sont soumis à de fortes contraintes budgétaires, rappelle le directeur de la FHF. Dans ce contexte, il importe de « favoriser une gestion où les ressources humaines ne sont pas uniquement considérées comme une variable d’ajustement».

     La FHF en appelle par ailleurs à l’organisation d’une conférence annuelle, associant l’ensemble des acteurs de santé, pouvant avoir lieu en amont du vote du projet de loi de financement de la sécurité sociale.

    Faire évoluer le financement du système de santé 

    La FHF soutient « l’évolution du financement de la recherche, la préservation d’un financement de l’ensemble des missions d’intérêt général, l’instauration au niveau des territoires d’un mécanisme durable d’accompagnement à l’investissement ».

    La FHF est favorable au maintien et à la création de systèmes d’intéressement collectifs. Ces incitatives visent à « respecter les objectifs partagés et les contraintes communes qui doivent passer par des mécanismes d’intéressement individuels et collectifs ».

    Renforcer la qualité des soins en tenant compte de l’expérience des patients

    Il est nécessaire d’intégrer l’expérience des patients à la culture de l’établissement, affirme F. Valletoux, pour qui les patients sont des « acteurs et partenaires indispensables aux établissements ». Ceci implique notamment d’améliorer le recueil et l’exploitation des mesures de la satisfaction et de renforcer le traitement des plaintes et des réclamations.

    Le numérique est également un élément déterminant du changement. La FHF s’engage sur ce sujet en promouvant de nouvelles plateformes de santé populationnelle et en encourageant le développement de l’intelligence artificielle.

    Simplification des normes et réglementations en vigueur au sein du monde de la santé

    Sur le fondement du rapport Lambert-Boulard, la FHF s’emploie à lutter contre le poids des normes et des réglementations, qui pèse sur l’hôpital et le secteur médico-social.

    Conforter la politique territoriale de santé

    La politique territoriale de santé doit intégrer des aspects curatifs mais aussi prendre en compte des facteurs de santé, environnementaux, comportementaux, sociaux. L’ « avenir est dans les territoires », affirme le président de la FHF. Il convient de s’appuyer sur les populations des territoires autour d’objectifs partagés dans le but d’instaurer un « parcours fluide pour le patient, une meilleure santé pour la population, et ce au meilleur coût pour la société ». Ces objectifs, insiste-t-il, doivent être poursuivis simultanément et de manière intégrée. 

    Lancement de 5 expérimentations territoriales de santé populationnelle

    La santé populationnelle vise à faire travailler ensemble, indépendamment de leur statut, des acteurs qui interviennent conjointement pour répondre aux besoins d’une population sur un territoire donné. La Fédération s’appuie, à titre expérimental, sur cinq territoires volontaires : les Deux-Sèvres, la Cornouaille, la Haute-Saône, et l’Aude. La FHF veut renforcer les liens entre la ville et l’hôpital conformément aux orientations du rapport de Jean-Pierre Jardry, – « Ville – hôpital : des pistes pour renforcer les liens ».

    Accorder une attention particulière à la santé mentale et à la psychiatrie 

    Il est nécessaire « d’agir vite » sur la santé mentale et la psychiatrie, qui concerne 25% de la population mondiale. La psychiatrie est un domaine précurseur en matière d’organisation territoriale, mais les dynamiques s’essoufflent aujourd’hui, alors que les besoins ne cessent d’augmenter.

    Accompagner les transformations des GHT

    Les GHT sont des outils au service de stratégies de groupes publics, dont ils approfondissent la coopération. La FHF annonce que des partenariats ont été formés avec les services des armées. F. Valletoux invite au renforcement de la coopération médicale. Il propose que les GHT disposent d’outils permettant de simplifier et d’adapter la coopération de leurs membres aux enjeux locaux, qu’ils soient dotés d’outils de gestion territoriale et qu’ils puissent approfondir la personnalité morale (entre autres pistes de réflexion évoquées par le président de la FHF).

    Poursuivre et renforcer l’accompagnement des publics fragiles

    La FHF veut renforcer l’accompagnement des publics fragiles, notamment en situation de handicap ou de grand âge. Le début de l’année 2018 a été marqué par une mobilisation inédite dans les EHPAD publics. « Les alertes lancées par la FHF ont trouvé un écho dans les rapports parlementaires », se félicite le président de la fédération.

    Mais les efforts engagés en ce sens sont encore insuffisants : il convient de mieux valoriser les métiers du grand âge, de développer une offre graduée sur l’ensemble du territoire, de permettre une plus grande fluidité de parcours et l’hospitalisation à domicile, en incluant le parcours hospitalier et la télémédecine.

    Les 22 propositions de la fédération, élaborées en amont de l’élection présidentielle de 2017 et dont F. Valletoux a esquissé les principales orientations lors de la conférence inaugurale de la Paris Healthcare Week, sont consultables sur le site internet de la fédération.

  • Télémédecine : les négociations conduisent à la signature de l’avenant conventionnel n° 6

    Dans une communication du 25 mai 2018, le Syndicat des Médecins Libéraux (SML) a annoncé avoir signé l’avenant conventionnel n° 6, à la suite de la validation du document par 91% de ses instances.

    Un accord a ainsi été conclu couronnant plusieurs semaines de négociations avec la Caisse nationale d’assurance maladie pour instaurer la rémunération conventionnelle des médecins libéraux pour des actes de téléconsultation et de télé-expertise.

    La SML affirme que si accord il y a eu, c’est avant tout dans l’objectif « d’amorcer le dispositif » en inscrivant les actes de télémédecine et de télé-expertise dans le droit commun, conformément aux dispositions de la LFSS 2018, et parce que les exigences principales de la SML ont été satisfaites. La SML se dit prête à revenir sur les termes de l’accord à tout moment, notamment si la renégociation des tarifs d’ici un an n’est pas maintenue.

    Les principaux points de l’avenant

    Téléconsultation

    • La téléconsultation sera ouverte à l’ensemble des patients au 15 septembre 2018 ;
    • Bien que les partenaires conventionnels aient souhaité inscrire la téléconsultation dans un parcours de soins coordonné, des exceptions comme l’absence de médecin traitant sont prévues ;
    • Réalisation obligatoirement de la téléconsultation par vidéotransmission dans des conditions d’équipement adaptées aux situations cliniques visant à garantir la confidentialité, la sécurisation et la traçabilité des échanges ;
    • Pour faciliter l’équipement de moyens techniques, la mise en place de deux nouveaux indicateurs, dans le cadre du forfait structure, permettant une rémunération de 525 euros;
    • Les actes de téléconsultations valorisés dans les mêmes conditions que les consultations en présentiel permettant aux médecins en secteur 2 de facturer leurs compléments d’honoraires sur les téléconsultations.

    Télé-expertise

    • Ouverture du dispositif aux patients pour lesquels l’accès aux soins doit être facilité en priorité, au regard de leur état de santé ou de leur situation géographique ;
    • Le calendrier du déploiement du dispositif est à définir d’ici 2020 ;
    • À l’heure actuelle, deux niveaux de télé-expertise – pour une question circonscrite ou pour une situation complexe – sont définis et la possibilité d’un troisième est envisagée ;
    • Rémunération :
      • le médecin requis facturera 12 euros par télé-expertise de niveau 1 (dans la limite de 4 actes par an et par patient) et 20 euros par télé-expertise de niveau 2 (dans la limite de 2 actes par an);
      • le médecin requérant bénéficiera d’un forfait de 5 euros par télé-expertise de niveau 1, et 10 euros par télé-expertise de niveau 2, dans la limite d’un maximum de 500 euros par an pour l’ensemble des actes de télé-expertise.

    Ouverture sur l’avenir

    • L’élargissement des consultations complexes et très complexes pour certaines spécialités est envisagé. Ainsi, des majorations pourront être appliquées dans les cas suivants :
      • 16 euros pour la prise en charge d’un patient atteint de sclérose en plaques, de la maladie de Parkinson ou d’épilepsie instable et d’autres maladies neuro-dégénératives ;
      • 46 euros pour la consultation annuelle de suivi d’un enfant autiste;
    • Possibilité d’étendre les indications de la visite très complexe ;
    • Dans l’objectif d’amélioration de la répartition de l’offre de soins sur le territoire, les partenaires conventionnels sont prêts à revoir les différents dispositifs existants :
      • Contrat de solidarité territoriale médecin (CSTM) ;
      • Contrat d’aide à l’installation des médecins (CAIM) ;
      • Contrat de transition pour les médecins (COTRAM) ;
      • Contrat de stabilisation et de coordination pour les médecins (COSCOM).

    Les valeurs chères au SML défendues

    La SML ne manque pas de souligner le caractère insuffisant des niveaux de rémunération malgré la validation de l’avenant, mais estime que :

    • la liberté de choix des médecins est préservée ;
    • la clause de revoyure constitue un point clé de l’avenant pour sa renégociation et permettra d’évaluer le dispositif de rémunération dans un an.

  • 6 Serious games destinés aux personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer

    Ludiques et stimulants, les serious games s’imposent peu à peu dans les services de gériatrie et de neurologie. Plusieurs travaux scientifiques ont montré leur intérêt chez les patients souffrant de la maladie d’Alzheimer.

    Ces jeux vidéo permettent, notamment, d’améliorer l’attention, de maintenir des compétences utiles dans le quotidien ou de ralentir la perte de mémoire.

    Health & Tech Intelligence a analysé les jeux sérieux et logiciels ludo-éducatifs disponibles actuellement sur le marché français.  L’un d’entre eux, Aidant & Eve, est spécifiquement destiné aux aidants des personnes malades.

    Genious Healthcare est l’un des principaux concepteurs de serious games pour personnes atteintes de troubles cognitifs.

  • Data : Serious games et jeux en ligne pour personnes âgées atteintes de troubles cognitifs

    Ludiques et stimulants, les serious games s’imposent peu à peu dans les services de gériatrie et de neurologie. Plusieurs travaux scientifiques ont montré leur intérêt chez les patients souffrant de la maladie d’Alzheimer. Ces jeux vidéo permettent, notamment, d’améliorer l’attention, de maintenir des compétences utiles dans le quotidien ou de ralentir la perte de mémoire.

    Dans la rubrique Data du 30 mai 2018, Health & Tech Intelligence a analysé les jeux sérieux  et logiciels ludo-éducatif disponibles actuellement sur le marché français.

    Pour accéder à l’indicateur, suivre ce lien.

  • PHW18 : Diapason, l’application mobile d’Immersive Therapy contre les acouphènes chroniques

    A l’occasion de la Paris Healthcare Week 2018, Health & Tech intelligence a rencontré Lilian Delaveau, co-fondateur et CEO de la start-up Immersive Therapy, spécialisée dans le développement d’outils destinés à rendre les patients souffrant d’affections chroniques, acteurs de leurs soins – en particulier les soins difficiles à mettre en oeuvre, douloureux ou traumatisants.

    Cette start-up présente lors de la Paris Healthcare Week 2018, avant sa mise en ligne prévue pour décembre 2018 (date à laquelle ce dispositif médical devrait obtenir sa certification CE), Diapason, application mobile thérapeutique destinée aux patients souffrant d’acouphènes chroniques.

    Qu’est-ce que Diapason ? A qui s’adresse-t-il ?

    Diapason est une application mobile qui a pour but de rendre financièrement, physiquement et psychologiquement accessibles plusieurs méthodes de traitement des acouphènes. Cette application est plus spécifiquement destinée à des patients atteints d’acouphènes chroniques et pour lesquels cette affection constitue une souffrance quotidienne.

    En effet, cette pathologie, qui se définit comme une sensation auditive anormale à type de sifflements ou de bourdonnements non reliée à une cause extérieure et qui dure dans le temps, peut être mal vécue par certains patients (1/5 des patients concernés par les acouphènes chroniques), chez lesquels l’acouphène peut induire des mécanismes obsessionnels. L’arsenal thérapeutique classiquement proposé à ces patients, non seulement réduit, est par ailleurs difficile d’accès : beaucoup de méthodes thérapeutiques relèvent de la psychothérapie ou de la sophrologie, approches qui nécessitent du temps et des ressources financières dont beaucoup de patients ne disposent pas.

    C’est à ces patients que s’adresse l’application mobile Diapason, qui vise à rompre les mécanismes obsessionnels induits par les acouphènes, à dé-focaliser l’attention des patients de ces phénomènes sensoriels sans stimulus pour les rendre plus supportables au quotidien.

    Comment fonctionne l’application ?

    Pour rompre les mécanismes obsessionnels engendrés par les acouphènes chroniques, Diapason propose :

    • des informations, apportées sous forme de questionnaires, jeux, textes, etc. : à Immersive Therapy, nous sommes convaincus qu’un patient qui comprend bien sa pathologie, en particulier chronique, est un patient qui peut améliorer sa vie quotidienne non plus malgré mais avec sa maladie ;
    • une thérapie sonore, qui prend la forme de mini-jeux sonores que nous avons voulus simples et intuitifs ;
    • une thérapie cognitivo-comportementale sous forme de serious games.

    A titre d’exemples, le but d’un des jeux proposés est de relier des points invisibles mais sonores, un autre consiste en un cadenas associé à des bruits d’acouphènes, que l’on peut ouvrir puis refermer.

    Toutes ces fonctionnalités sont conçues pour que le patient puisse utiliser l’application en totale autonomie, même si Diapason, superposable à un parcours thérapeutique plus classique, peut être utilisé par le patient au cours d’une consultation avec un professionnel.

    En outre, l’application Diapason est conçue pour pouvoir fonctionner sur smartphone (Androïd, iOs) – nous espérons qu’elle puisse être téléchargeable dès décembre 2018, date à laquelle elle devrait obtenir son marquage CE et devenir prescriptible par des professionnels de la santé. Nous avons choisi de développer Diapason sur smartphone pour la rendre le plus accessible possible : en fait, contrairement à une idée aussi reçue que répandue, beaucoup de personnes âgées de plus de 60 ans (la plupart des patients souffrant d’acouphènes chroniques sont des séniors) ont un smartphone et savent s’en servir !

    Sur quel modèle économique vous appuyez-vous ?

    Diapason n’est pas une application mobile gratuite : c’est un outil thérapeutique qui coûte 150 euros par an. Nous avons calculé son prix afin qu’il reste modeste comparé à une psychothérapie classique, par exemple. Ce coût que nous jugeons raisonnable devrait permettre à tout patient désireux de faire l’acquisition de notre application, d’accéder aux outils thérapeutiques proposés par Diapason.

    Par ailleurs, nous avons conçu Diapason afin qu’il puisse être téléchargeable et utilisable sur des smartphones d’entrée de gamme, afin de limiter les coûts annexes à l’application.

    Quelles évolutions prévoyez-vous pour Diapason et pour Immersive Therapy ?

    Si la première version de Diapason sera utilisable par le patient en autonomie totale, nous souhaitons à l’avenir développer des extensions dédiées aux professionnels, dans le but d’aider à améliorer le suivi thérapeutique, de faciliter le dialogue entre professionnels de la santé et patients.

    Le marquage CE permettra aussi de rendre Diapason prescriptible par les professionnels de la santé, et peut-être de discuter avec la sécurité sociale d’un éventuel remboursement de ce dispositif.

    Concernant Immersive Therapy – où nous tenons à cultiver une vision globale du patient atteint de maladie chronique, à tenter de comprendre ce patient particulier et d’améliorer sa prise en charge en l’incluant et le rendant acteur de ses soins – nous espérons, dans le futur, être amenés à développer d’autres dispositifs destinés à d’autres patients en souffrance.

  • Entr’actes arrive 2e du Challenge de start-ups de la Métropole du Grand Paris à Viva Technologies

    Entr’actes, une solution sous forme d’application visant à faciliter la coordination de soins primaires développée par SOS Médecin 91 et l’association « Espace vie », et portée par le Dr Philippe Paranque est arrivée 2e du Challenge Start-Ups de la Métropole du Grand Paris le 26 mai 2018 à l’occasion du salon Viva Technologies. Parmi les start-ups du secteur de la santé, Deuxièmeavis.fr avait également eu l’opportunité de pitcher au salon.

    À l’occasion de la 3ème édition du salon, la Métropole du Grand Paris a été partenaire de la Pitching Zone-City Hub. Elle avait organisé à cet effet un Challenge Start-ups dans quatre domaines invitant les start-ups innovantes de différents secteurs, dont la santé, à concourir et a créé pour l’occasion le « Trophée Métropole Grand Paris–Smart City ». Les meilleures start-ups présélectionnées par le jury, dont Care Insight faisait partie, ont gagné le droit de pitcher au salon et deux tickets d’entrée pour toute la durée du salon.

    C’est la start-up Street&Co, spécialisée dans l’optimisation des déplacements des personnes à mobilité réduite-piétons qui a été lauréate du challenge. Le lauréat bénéficiera également de :
    • un statut privilégié dans la cadre de la campagne « Inventons la métropole du Grand Paris » et les appels à projets associés en ayant le droit de rencontrer directement les adjudicateurs ;
    • un hébergement à l’incubateur Essca ;
    • un programme d’incubation de 3 mois à Paris and Co ;
    • la possibilité de faire des expérimentation dans le cadre d’autres programmes de la Métropole.

  • PHW18 : « Quelles sont les expérimentations en santé permises par l’article 51 de la LFSS ? »(Atelier)

    A l’occasion de l’édition 2018 de la Paris Healthcare Week, le ministère des Solidarités et de la Santé a présenté les modalités d’application de l’article 51 de la LFSS pour 2018.

    Ont notamment été explicités : les critères d’éligibilité, la procédure de dépôt des candidatures, le mode de financement des dispositifs expérimentaux, leur calendrier de mise en œuvre et leurs modalités d’évaluation.

    Le ministère a également présenté trois modèles innovants qu’il espère pouvoir tester : le paiement à l’épisode de soins, l’intéressement collectif et la rémunération forfaitaire collective.

    L’article 51, un cadre expérimental introduit par la LFSS 2018 pour répondre aux enjeux actuels du système de santé

    Notre système de santé est confronté aux défis suivants : transition épidémiologique, cloisonnement des organisations et des financements, cadre budgétaire contraint, modalités de financement pas toujours adéquates. Ces défis rendent nécessaire l’évolution de l’organisation et du fonctionnement du système de santé.

    A cette fin, l’article 51 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2018 a introduit en droit français un cadre expérimental, pour encourager, accompagner, et accélérer le déploiement de nouvelles organisations en santé et de nouveaux modes de financement. L’article 51 ouvre la possibilité de déroger à de nombreuses dispositions législations. Il crée par ailleurs le FISS, un fonds d’innovation en santé pour accompagner les acteurs qui proposent des projets innovants.

    « J’ai choisi de faire confiance aux initiatives venues du terrain, pour permettre aux professionnels de s’organiser et de répondre aux défis de demain », Agnès Buzyn, lors du 1er Conseil stratégique de l’innovation en santé.

    Deux types d’expérimentations visés par l’article 51 : les organisations innovantes et la pertinence de la prise en charge des produits de santé

    Quels en sont les critères d’éligibilité ?

    Une expérimentation n’est éligible que si elle nécessite au moins une dérogation aux règles de financement ou d’organisation de droit commun et présente une durée maximale de 5 ans. Les principaux critères de sélection des projets :

    • leur faisabilité ;
    • leur reproductibilité (puisque l’objectif de long terme est de généraliser à l’ensemble du territoire les expérimentations satisfaisantes) ;
    • leur caractère innovant et leur efficience (meilleure qualité pour un moindre coût).

    A quelles dispositions législatives doivent-elles déroger pour être éligibles ? 

    Les expérimentations proposées doivent déroger à certaines dispositions du Code de la sécurité sociale et du Code de l’action sociale et des familles couvrant les sujets suivant : facturation, tarification, remboursement, prise en charge des produits de santé, paiement direct des honoraires et possibilité de déroger à des règles organisationnelles de l’offre de soins, partage d’honoraires entre professionnels de santé, limitation des missions des établissements de santé pour permettre des prestations d’hébergement non médicalisé, dispensation à domicile des dialyses, etc.

     Comment identifier un porteur de projet ?

    L’article 51 s’adresse à tous les porteurs de projets, sans aucune restriction. Les associations d’usagers, les établissements de santé publics ou privés, les fédérations et syndicats, les professionnels de santé, les entreprises, les professionnels de l’aide à domicile, les organismes complémentaires et les collectivités territoriales peuvent proposer des projets ou répondre à un appel à projet.

    Un porteur de projet doit être appuyé par des acteurs volontaires et avoir identifié un terrain d’expérimentation. Toute personne morale peut déposer un projet. Il peut être proposé à l’initiative des acteurs ou en réponse à un appel à projet.

    Dans quels cas le projet n’entre pas dans le cadre de l’article 51 ?

    Un projet n’entre pas dans ce dispositif lorsque :

    • il n’implique pas de dérogation à une règle de financement ou d’organisation de droit commun ;
    • il a un effet limité à une situation circonscrite ne permettant pas une diffusion à une plus large échelle ;
    • il s’agit d’une demande de financement d’une prestation ad-hoc sans être accompagné d’un projet organisationnel innovant ;
    • il concerne la médecine non conventionnelle.

    Quelle est la procédure de candidature ?

    La procédure de candidature se déroule en deux étapes, assortie d’une éventuelle troisième étape.

    • Les porteurs d’un projet local ou régional déposent leur lettre d’intention à l’Agence régionale de santé concernée, les projets interrégionaux ou nationaux étant à adresser au rapporteur général du dispositif ;
    • Sur la base de cette lettre et des échanges entre le porteur de projet et l’ARS ou le rapporteur général, le cahier des charges est finalisé puis transmis, pour avis au Comité technique de l’innovation en santé. Le projet sera apprécié sur sa faisabilité, son caractère innovant, son efficience et sa reproductibilité.
    • Un avis de la Haute Autorité de Santé est requis pour les projets nécessitant certaines dérogations organisationnelles.

    Le financement des dispositifs expérimentaux repose sur le FISS et le FIR

    Le Fond pour l’innovation du système de santé (FISS) financera de manière dérogatoire les activités de soins et l’évaluation de projets, ainsi que l’ingénierie et l’amorçage de projets nationaux. Le Fond d’intervention régional (FIR) participe quant à lui notamment au financement de l’ingénierie et l’amorçage des projets locaux et régionaux.

    Le FISS est doté de 20 millions d’euros pour 2018, son montant pourra être revu s’il s’avère insuffisant. Les prestations de soins non dérogatoires restent financées sur le risque. Le FIR finance quant à lui les projets relatifs à l’ingénierie, au support et au reporting.

    Calendrier

    Le calendrier de mise en œuvre est accessible sur le site du ministère des solidarités et de la santé. Dès à présent, les acteurs peuvent déposer des projets. Des échanges sont déjà en place avec l’équipe nationale ou les ARS. Les premiers avis du comité technique seront remis cet été, pour que les premiers projets soient opérationnels avec des cahiers des charges et outils effectifs dès 2019.

    Les trois appels à manifestations d’intérêt ont été publiés la semaine dernière sur le site du ministère.

    Trois modèles innovants inspirés d’expériences étrangères à tester

     Le paiement à l’épisode de soins

    Le paiement à l’épisode de soins constitue le premier dispositif innovant que le ministère souhaite voir se développer à titre expérimental. La prise en charge doit être ciblée et avoir une durée limitée. La rémunération forfaitaire est éventuellement ajustée au risque par épisode. Le paiement peut être prospectif ou rétrospectif.

    Le Ministère des solidarités et de la santé a mobilisé les sociétés savantes pour cibler les épisodes de soins et leur périmètre : chirurgie viscérale et digestive avec la Société française de chirurgie orthopédique et traumatique (SOFCOT), la Société française d’anesthésie et de réanimation (SFAR), et des représentants des acteurs de ville.

    La Haute autorité de santé va travailler pour définir la méthodologie et les indicateurs (de qualité et de sécurité, d’expérience et de satisfaction des patients). L’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation (ATIH) est également mobilisée dans le cadre de ce dispositif pour réaliser des travaux statistiques de modélisation du forfait. Enfin, les acteurs locaux intéressés peuvent participer à la conception et à la mise en œuvre des expérimentations.

    L’intéressement collectif

    L’intéressement collectif est également au cœur des préoccupations du ministère. Il concerne un groupement d’acteurs, avec la présence de médecins traitants, qui s’organisent à l’échelle d’un territoire. Ces modèles de financement collectifs sont assortis d’indicateurs cibles de qualité et de dépense et conduisent in fine à partager des gains entre professionnels de santé.

    Ce modèle est inspiré des retours d’expériences étrangères des Accountable Care Organizations américaines (ACOs) et a été co-construit avec les acteurs. L’objectif des ACOs est d’améliorer le service rendu au patient par une meilleure organisation territoriales grâce à la structuration des soins de ville, en particulier du premier recours, et au décloisonnement des acteurs entre secteurs sanitaire, social et medico-social.

    Les enjeux associés à l’intéressement collectifs sont pluriels : responsabilité populationnelle, approche de la qualité centrée sur le patient (incluant PREMs et PROMs), etc.

    La rémunération forfaitaire collective 

    Elle est une alternative au paiement à l’acte, ciblée sur certaines pathologies chroniques ou population générale et elle se présente comme un forfait annuel. Elle présente plusieurs objectifs : gagner en pertinence en diminuant le nombre d’actes évitables ; améliorer l’accès aux soins dans les zones sous-denses, en libérant du temps médical et améliorer la qualité du parcours des patients par le suivi de l’équipe de professionnels de santé.

    Évaluation des dispositifs expérimentaux

    Ces projets devront être évalués car ils répondent à un objectif de reproductibilité. La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation, et des statistiques (DREES) et la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) vont définir un cahier des charges d’évaluation.

    Huit expérimentations sont d’ores et déjà susceptibles d’être intégrées au dispositif. Elles concernent notamment l’obésité, les troubles psychiques, etc.

    Le ministère des solidarités et de la santé a mis en ligne plusieurs documents explicatifs, accessibles ici.

  • PHW18 : l’application de réalité virtuelle thérapeutique de Healthy Mind, contre douleur et anxiété

    A l’occasion de la Paris Healthcare Week 2018, Health & Tech intelligence a rencontré Malo Louvigné et Timothée Cabanne, co-fondateurs de la start-up Healthy Mind.

    Cette start-up propose aux professionnels de la santé, en particulier en milieu hospitalier, une application de réalité virtuelle thérapeutique, dispositif médical de type I certifié CE en mars 2018 et centrée sur la lutte contre la douleur et l’anxiété.

    Pouvez-vous présenter le dispositif que vous proposez ?

    Le dispositif développé par Healthy Mind s’appuie sur la réalité virtuelle pour proposer aux professionnels de la santé un nouvel outil, une nouvelle arme à ajouter à l’arsenal thérapeutique dont ils disposent pour lutter contre la douleur et l’anxiété, en particulier en milieu hospitalier : cette application de réalité virtuelle thérapeutique s’adresse aux professionnels de la santé désireux d’améliorer la prise en charge de la douleur et de l’anxiété des patients par des moyens innovants et non médicamenteux. Elle peut-être utilisée pour soulager la douleur en urgence, en préparation ou au cours d’une anesthésie loco-régionale, de soins douloureux. 

    Plus concrètement, l’application se présente comme un univers relaxant dans lequel le patient peut entrer à l’aide de lunettes de réalité virtuelle et d’un casque audio.

    Nous pensons par ailleurs qu’une telle application peut permettre de réduire les posologies d’antalgiques et d’anxiolytiques médicamenteux administrés aux patients, l’anxiété et la douleur en situations pré et post opératoires, et de ce fait les temps et les coûts des hospitalisations.

    Quelle est l’origine de cette application : comment avez-vous eu l’idée de développer ce dispositif ?

    Ce concept s’appuie d’abord sur des travaux de recherche : depuis les publications du Docteur Hoffman, en 1996, la bibliographie scientifique au sujet de la douleur, de l’analgésie et de l’hypnose comme moyen de soulager la douleur est très dense. Ce domaine de la recherche était donc suffisamment documenté pour nous permettre de développer un dispositif inducteur d’analgésie assez fiable pour être proposé à des professionnels.

    De plus, nous avons vu dans ce concept le moyen de concilier nos compétences et aspirations personnelles : si nous sommes ingénieurs spécialisés dans le domaine de la santé et diplômés d’une école de commerce, notre troisième collaborateur, co-fondateur et CEO de Healthy Mind, Reda Khouadra, dispose par ailleurs de compétences de réalisation 3D.

    Enfin, le contexte scientifique actuel facilitant l’accès au matériel de réalité virtuelle et augmentant les possibilités de cette technologie, il nous est apparu que notre dispositif pourrait être accessible aux structures de santé, et les images développées d’une qualité suffisante pour induire la relaxation et l’analgésie.

    Ainsi, par une collaboration avec des médecins, en particulier avec des psychiatres, des anesthésistes et hypnothérapeutes éventuellement rattachés à des services de soins palliatifs, nous avons pu développer ce projet, et pour le porter au mieux, créer la start-up Healthy Mind.

    Comment ce dispositif fonctionne-t-il ?

    Afin d’induire un rétro-contrôle efficace sur la douleur, notre application de réalité virtuelle est fondée sur les principes de l’hypnothérapie : induction hypnotique (entrée progressive dans l’hypnose), suggestion hypnotique (proposition d’images et de sons induisant et maintenant l’hypnose), sortie d’hypnose (transition vers un état de vigilance habituel).

    Nous nous sommes également servis d’outils théoriques tels que la color therapy (selon laquelle certaines couleurs influeraient sur l’état mental d’un individu donné) ou le principe de cohérence cardiaque (qui permet de comprendre comment suggérer un rythme respiratoire à même de relaxer, de détendre une personne). Tous ces principes ont conditionné le fonctionnement et la forme que prend notre dispositif : 

    • il fonctionne avec des casques de réalité virtuelle haut de gamme (Occulus Rift, HTC Vibes) connectés à un ordinateur : ces casques permettent une immersion hypnotique optimale grâce à un champs de vision large, une grande qualité graphique, et leur prix (environ 2500 euros) les rend accessible aux professionnels ;
    • le patient peut être installé par le praticien face à trois univers immersifs (montagne enneigée, jardin zen, forêt peuplée d’animaux), selon la sensibilité du patient, qui peut indiquer au professionnel sa préférence pour l’un ou l’autre des environnements disponibles ;
    • l’entrée et la sortie hypnotiques sont suggérées par une histoire thérapeutique (on passe d’un univers clos tel qu’une maison de bois à un environnement ouvert de pleine nature avant de retourner à un cadre fermé) ;
    • les couleurs mais également la musique, les bruitages, le rythme des plantes, des animaux, de la tombée de feuilles,etc. de l’univers ont été conçus pour favoriser l’état d’hypnose, et multipliés afin de correspondre à chaque patient ;
    • une interface de contrôle est accessible au praticien, qui peut par exemple faire intervenir dans l’univers de réalité virtuelle des éléments de distraction afin de détourner l’attention du patient d’un point particulier de l’espace réel, par exemple lorsqu’il doit réaliser un geste thérapeutique douloureux.

    Quel est votre modèle économique ?

    Nous proposons une licence d’utilisation payante, valable pour un an et pour un ordinateur. Cette licence comprend notamment la formation du personnel à l’utilisation de l’application et la maintenance de cet outil, dont la maintenance évolutive de l’application (nous nous engageons auprès de nos utilisateurs à ajouter des environnements de réalité virtuelle tous les 3 à 4 mois).

    Le dispositif a-t-il déjà été testé ? A l’heure actuelle, est-il utilisé par des structures hospitalières ?

    Une pré-étude a d’abord été réalisée à Brest, à la clinique Pasteur-Lanroze : nous cherchions à valider alors un effet de notre dispositif dans l’anxiété et les douleurs préopératoires, postopératoires ou induites par un geste thérapeutique douloureux. Nous avons également testé notre application dans le service de soins palliatifs de la clinique.

    Nous avons par ailleurs récemment gagné un appel à manifestation d’intérêt sur l’innovation intitulé « L’hôpital du futur », organisé par le CHU de Nantes. Ce prix nous permet de développer un partenariat avec deux hôpitaux de l’AP-HP (Hôpital Bicêtre, Hôpital Cochin), qui testent notre dispositif et mèneront prochainement une étude sur les effets de l’application dans le traitement de l’anxiété pré-opératoire en chirurgie orthopédique. Le CHU de Nantes réalisera également une étude sur les applications de notre dispositif dans le traitement de l’anxiété pré-opératoire et pré-opératoire en chirurgie orthopédique nécessitant une anesthésie loco-régionale chez l’adolescent, ce qui nous a amené, pour préparer cette étude, à étendre la durée de certaines séquences animées de réalité virtuelle.

    Le service d’urgences du groupe hospitalier Saint Joseph, à Paris, utilise par ailleurs notre application au quotidien. L’hôpital Saint-Joseph étudiera également le dispositif et ses bénéfices potentiels dans la mise en place et le retrait de sondes urinaires.

  • PHW18 : « Faire du patient un partenaire à part entière du système de santé », Agnès Buzyn

    Lors de la conférence inaugurale de la Paris Healthcare Week 2018, ce 29 mai 2018, Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé, a rappelé les axes prioritaires de son action :
    • catalyser un changement de culture vers plus de prévention ;
    • réduire le reste à charge des patients ;
    • faire de la télémédecine un levier de réduction des disparités d’accès aux soins ;
    • adopter des indicateurs de qualité et de sécurité pour 10 pathologies ;
    • replacer le patient au cœur du système de santé ;
    • favoriser l’usage des big data de l’intelligence artificielle et des innovations en santé.

    De nombreuses actions engagées en faveur de la transformation du système de santé depuis 2017

    Depuis sa prise de fonction en mai 2017, la ministre des Solidarités et de la Santé et ses partenaires ont rendu publics plusieurs plans d’action en faveur d’une reconfiguration du système de santé, à savoir la stratégie nationale de santé et le plan d’égal accès aux soins.

    Le plan « priorité prévention » est en cours d’élaboration. Sont également à l’étude des stratégies d’évolution du système de santé demandé par le Premier ministre, à la suite de son discours d’Eaubonne du 13 février 2018 sur la « stratégie de transformation du système de santé ».

    La situation budgétaire et financière des hôpitaux est préoccupante, rappelle la ministre : « nous devons tout faire pour y répondre, c’est l’enjeu de la transformation du système de santé ». Il convient, à cet effet, de « nous interroger sur les fondements de l’organisation du système de santé français et de mieux articuler les soins hospitaliers et de ville », poursuit-elle.

    Adopter des financements au parcours et au forfait dès 2019

    La Ministre en appelle à la « diversification des modes de rémunération » des professionnels de santé. Elle « souhaite ainsi des financements aux parcours, aux forfaits, qui soient de nature à favoriser la pertinence des soins ».

    Agnès Buzyn a confié à Jean-Marc Aubert, directeur de la Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques (DREES), une mission sur l’évolution des modes de financement de l’ensemble du système de santé. Les résultats de cette mission seront intégrés au projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2019 et seront effectifs à compter de 2019.

    «Nous devons intégrer des actions de prévention à notre système de santé » 

    La Ministre travaille à la réorganisation du système de santé, dont elle a fait l’une des priorités de son ministère: « Nous devons mettre en œuvre un changement profond dans l’organisation de nos soins. L’essor des GHT (groupements hospitaliers de territoire) doit à ce titre se poursuivre ». Agnès Buzyn rappelle la nécessité d’améliorer la coopération et le décloisonnement entre les acteurs hospitaliers et les acteurs de ville et du secteur médico-social. Les actions de préventions seront valorisées.

    Le système de santé français est confronté à quatre transformations majeures

    Le système de santé subit de nombreuses pressions, rappelle la ministre : « des efforts seront nécessaires pour le maintenir à un haut niveau de performance ». Ses « faiblesses » sont attribuables à plusieurs facteurs : prévention insuffisante, lutte imparfaite contre les facteurs de risque, permanence des inégalités sociales de santé, etc.

    Agnès Buzyn énumère quatre transformations majeures auxquelles son administration s’efforce de répondre :

    • La transition épidémiologique : les patients sont plus âgés et atteints de pathologies chroniques parfois complexes qui nécessitent de repenser les parcours.
    • L’accès aux soins : les inégalités territoriales d’accès aux soins ne cessent de se creuser. Il convient à ce titre de « mieux réfléchir territorialement sur les filières de prises en charge » pour garantir à tous l’accès au système de santé, rappelle la Ministre.
    • Les évolutions scientifiques, techniques et numériques : les progrès en la matière se poursuivent : « il nous faut plus d’agilité et de réactivité » pour étendre la marge de manœuvre des industriels de santé et de la recherche publique, et pour donner aux professionnels de santé les moyens de s’approprier ces innovations.
    • Recentrer le système de soins autour du patient : « Nous ne pouvons négliger le savoir du patient atteint de maladies chroniques, parfois rares », affirme Agnès Buzyn, qui annonce ainsi vouloir faire du patient un « partenaire à part entière du système de santé ». 

    Agnès Buzyn rappelle les axes prioritaires de la stratégie nationale de santé  

    Amorcer le virage préventif du système de santé

    La Ministre veut insuffler un « changement de culture vers plus de prévention ». Ce changement doit être porté par tous les professionnels de santé. Les ministres de l’enseignement et de la santé ont à ce titre lancé le service sanitaire, le 26 février 2017, qui vise à familiariser les étudiants avec les outils de prévention et d’éducation à la santé pour leur exercice médical future. Effectif à la rentrée 2018, il concernera 47 000 étudiants en santé, appelés à devenir des « ambassadeurs de la prévention dans tous les milieux de vie ».

    Réduire le reste à charge des patients

    « Le reste à charge est trop important » : nous travaillons sur un panier de soins de qualité totalement pris en charge pour l’optique, le dentaire et l’audio prothèse :« Nous devrions aboutir avant la fin de l’année, à la mise en œuvre progressive du reste à charge zéro pour nos concitoyens », affirme-t-elle.

    Faire de la télémédecine un levier de réduction des inégalités d’accès aux soins

    Il est impératif de « faciliter l’accès aux soins ». Le plan d’égal accès aux soins lancé en octobre 2017 avec le Premier ministre constitue le dernier jalon d’une succession de plans de santé lancées par les ministres pour réduire les disparités d’accès aux soins. Agnès Buzyn souhaite notamment faire de la télémédecine et de la réorganisation territoriale, des leviers effectifs de réduction des inégalités territoriales de santé.

    La télémédecine est « l’une des avancées organisationnelles », inscrite dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2018. La ministre précise que l’accord conventionnel est en cours de finalisation et va être signé prochainement. Il sera « transposé à l’hôpital dans les mêmes délais d’entrée en vigueur ».

    Adopter des indicateurs de qualité pour 10 pathologies

    La Ministre a demandé à la Haute autorité de santé d’élaborer des indicateurs de qualité de parcours qui porteront sur les 10 pathologies chroniques les plus fréquentes. Ces indicateurs seront rendus publics à la fin de l’année 2018.

    Favoriser les innovations en santé, l’usage du big data et de l’intelligence artificielle

    L’ innovation constitue le 4e axe de la stratégie nationale de santé. Il convient « tenir compte des apports des grandes données de santé et de l’intelligence artificielle », conformément aux orientations décrites par le président Emmanuel Macron dans son discours du 29 mars 2018.

    Le dossier médical partagé va être généralisé en septembre 2018 et permettra l’accès en ligne pour chacun des usagers du système de santé, à ses propres données médicales. Enfin, il convient d’engager le chantier de la dématérialisation de l’intégralité des prescriptions.

    La Paris Healthcare week a débuté le mardi 29 mai et se poursuit jusqu’au jeudi 31 mai 2018. Les équipes de Health & Tech Intelligence y participent et couvrent en direct l’évènement, dont le programme est consultable sur ce site internet.