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  • Le problème des déserts médicaux au cœur de la journée d’étude « Télémédecine » (Paris, le 19/06/2018)

    La Gazette santé social organise, le 19 juin 2018, une journée d’étude intitulée « Télémédecine », qui aura pour problématique centrale la question suivante : « La télémédecine, une solution contre les déserts médicaux ? ».

    Lors de cette journée de conférences et de tables rondes, animée par Laure Martin, journaliste à la Gazette santé social, la Gazette santé sociale se donne comme objectif de proposer aux participants des clés pour :
    – mesurer l’impact dans les territoires de l’intégration dans le droit commun de la sécurité sociale, de la téléconsultation et de la télé-expertise ;
    – s’approprier les nouveaux dispositifs législatifs et développer la télémédecine ;
    – s’inspirer de retour d’expériences sur des actes de télémédecine en structures de santé et en Ehpad afin de développer la télémédecine.

    Cette journée s’adresse à des professionnels du secteur privé (assurances, mutuelles, banques, établissements hospitaliers privés, sociétés fournisseurs de matériels et équipements pour centres et maisons de santé, associations et fondations dédiées à la santé,etc.) et du secteur public (élus et dirigeants territoriaux des communes, départements, EPCI, directeurs de l’action sociale ou des Ehpads).

    L’inscription à cet événement, payante, peut-être réalisée via le lien ci-contre.

    Pour répondre à la problématique centrale de la journée, l’événement est organisé autour de deux axes :

    « Télémédecine : quelle est cette pratique ? » – le matin (08h30-12h30)

    08h30-09h15 : Accueil des participants 

    09h15-10h00 : « Télémédecine : de quoi parle-t-on et quelles garanties ? »

    Cette conférence, présentée par Lina Williate, de la Société Française de Télémédecine, abordera :

    • les cinq catégories d’actes de télémédecine et leurs applications concrètes ;
    • les garanties à apporter aux usagers : respect des droits, confidentialité des données, etc.

    10h00-10h45 : « Quels fondements législatifs et juridiques ? »

    Cette conférence sera présentée par Yann-Maël Le Douarin, de la Direction générale de l’offre de soins et prendra pour sujet :

    • l’historique et les bases juridiques de la télémédecine ; 
    • les changements introduits par la loi et les défis à venir en 2018;
    • les enjeux autour de l’équipement des Ehpads et des établissements médico-sociaux.

    11h00-11h45 : « Ordre des médecins : comment expliquer et comprendre la déontologie médicale dans un monde numérique ? »

    Le Docteur Jacques Lucas, du Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM), interviendra pour exposer :

    • comment interpréter le code de déontologie médicale dans le monde du numérique en santé ;
    • les méthodes qui peuvent former les praticiens à la télémédecine, pour lever les résistances au changement ;
    • les solutions qui peuvent permettre d’échanger et de partager les informations médicales dans l’équipe de soins ;
    • comment assurer une prise en charge optimale du patient via la télémédecine.

    11h45-12h30 : « Retour d’expérience : ARS Centre Val-de-Loire ou comment accompagner le développement de projets de télémédecine »

    Dominique Pierre, de l’ARS Centre Val-de-Loire, présentera :

    • un programme de téléconsultation pour aider les structures de médecine générale isolées ;
    • un partenariat avec le Conseil régional pour financer les initiatives en télémédecine ;
    • une équipe dédiée à l’accompagnement des acteurs engagés dans des projets de télémédecine.

    12h30-14h00 : Déjeuner 

    « Panorama des solutions concrètes mises en oeuvre dans les territoires » – l’après-midi (14h00-17h15)

    14h00-15h00 : « Centre médical d’Oberbruck : un cabinet de télémédecine pour pallier l’absence d’un médecin »

    Jacques Behra et Cathy Hanser, d’Oberbruck et d’Asame et Resosoins : 

    • en quoi un cabinet de télémédecine peut constituer une réponse à la demande de soins ;
    • un décryptage des méthodes de travail à distance entre l’infirmier et le médecin.

    15h00-15h45 : « La télémédecine en maison de santé pluriprofessionnelle, une réponse au manque d’experts dans les territoires »

    Le Docteur Richard Champeaux, MSP de Terre Plaine de Guillon, interviendra en abordant les questions suivantes :

    • comment la télé-expertise en dermatologie et en cardiologie avec des professionnels libéraux à distance répond à un manque d’experts sur le territoire ;
    • la réévaluation des patients en Ehpad via la téléconsultation comme moyen d’éviter les déplacements des professionnels de santé et des résidents ;
    • un financement de la télémédecine par l’ARS, géré par la SISA.

    15h45-16h30 : Témoignage « Un Ehpad met en place des actes de télémédecine et ouvre ses portes à des patients extérieurs (Dordogne) »

    Marise Delibie, Directrice d’Ehpad à La Roche-Chalais, témoignera de :

    • comment la télémédecine peut répondre aux problèmes de déplacement et de renoncement aux soins des résidents ;
    • solutions pour favoriser l’accès aux soins des habitants de la commune face au manque de médecins ;
    • financements de ces deux expérimentations.

    16h30-17h15 : « La télémédecine dans une maison d’accueil spécialisée pour personnes autistes, une liaison réussie entre le médico-social et le sanitaire : retour d’expérience »

    Marie-Lucile Calmettes, de l’association « A tire d’ailes » – MAS La maison des oiseaux, présentera :

    • des réponses à la problématique de l’accès aux soins des personnes autistes en institution ;
    • des moyens de proposer des consultations plus efficientes ;
    • des clés pour éviter la mobilisation en personnel lors des déplacements.

  • Etude : les données issues des dossiers électroniques affinent la prédiction du risque suicidaire

    Combiner l’analyse des données issues des dossiers électroniques et les résultats des questionnaires standardisés de dépression améliore la prédiction du risque suicidaire.

    Pour établir leur score, des chercheurs américains ont compilé les données de 20 millions de consultations médicales chez 3 millions de personnes. Les résultats de ces travaux* ont été publiés le 24 mai 2018 dans l’American Journal of Psychiatry.

    Prévoir les tentatives de suicide grâce au big data

    La moitié des personnes qui décèdent par suicide et les deux-tiers de celles qui commettent une tentative sont connues des médecins. Ces derniers ont posé un diagnostic et prescrit un traitement pour leurs troubles dans l’année qui a précédé le passage à l’acte. Autrement dit, ils consultent et sont identifiés par le corps médical. Pourtant, prédire et donc prévenir ces actes reste très difficile.

    En 2016, 45 000 décès par suicide et 500 000 consultations aux urgences pour tentative de suicide (TS) ont été recensés aux États-Unis.

    Pour y remédier, des outils ont d’ores et déjà été développés pour mesurer le risque de passage à l’acte. De brefs questionnaires de dépression sont notamment utilisés. Par exemple, les personnes qui déclarent avoir des pensées suicidaires ou d’auto-mutilation presque tous les jours ont 7 fois plus de risque de faire une TS et 6 fois plus de risque de mourir par suicide dans les 90 jours qui suivent. À noter que d’après les chercheurs de la Kaiser Permanente (HMO américain), la sensibilité de cet outil est « modérée » car un tiers des TS et des suicides sont survenus chez des personnes n’ayant déclaré aucune idée suicidaire.

    20 millions de consultations passées au crible

    Ces scientifiques américains ont donc cherché à élaborer un outil prédictif plus pertinent.

    Dans l’étude dont les résultats ont été publiés le 24 mai 2018 dans l’American Journal of Psychiatry, ils ont donc combiné les informations issues des questionnaires de dépression aux données contenues dans les dossiers électroniques de santé (Electronic Health Record (EHR)) de sept réseaux de soins comprenant 8 millions d’assurés dans 9 états.

    Les auteurs de cette étude ont compilé les données de 20 millions de consultations (10 millions étaient des consultations chez des spécialistes de la santé mentale et 10 millions chez des médecins de premier recours) auprès de 3 millions de personnes. Ils ont ainsi pu extraire de nombreux facteurs de risque tels le niveau d’éducation, le lieu de résidence, le groupe ethnique, mais aussi les précédentes TS, les traitements médicaments, les passages aux urgences, etc.

    Ensuite, ils ont développé un modèle de régression statistique (appelé lasso) pour prédire le risque de tentative de suicide et de mort par suicide sur 65% de l’échantillon et l’ont validé sur les 35% restants.

    Résultats

    Dans les 90 jours qui ont suivi une consultation médicale :

    • les tentatives de suicide et les décès par suicide chez les 1% de patients repérés comme étant les plus à risque étaient 200 fois plus fréquents que chez ceux dont le risque était classé dans la moitié inférieure ;
    • les patients ayant consulté des psychiatres et qui avaient des scores de risque dans les 5% les plus élevés représentaient 43% des TS et 48% des décès par suicide ;
    • les patients ayant consulté des médecins généralistes et qui avaient des scores de risque dans les 5% les plus élevés représentaient aussi 43% des TS et 48% des décès par suicide ;
    • les facteurs de risque les plus prédictifs étaient la présence de TS antérieurs, des auto-mutilations, ou encore des passages aux urgences psy.

    Des systèmes permettant de compiler moins de données et donc d’identifier moins de facteurs de risque parvenaient à une prédiction moins bonne. Les personnes se trouvant dans les 5% les plus à risques ne représentaient qu’entre un quart et un tiers des TS et décès par suicide.

    Les data aident à stratifier le risque

    Les modèles de prédiction intégrant à la fois les données des dossiers de santé et les réponses aux questionnaires d’auto-évaluation dépassent donc largement les outils existants de prédiction du risque de suicide.

    Cependant, les auteurs de cette étude préviennent que « les modèles de prévision ne peuvent pas remplacer le jugement clinique, mais les scores de risque peuvent certainement éclairer les décisions cliniques individuelles et les programmes d’amélioration de la qualité. »

    Ils peuvent notamment conduire à une stratification du risque. Par exemple, « un risque de suicide dans les 90 jours se situant dans la tranche des 10% les plus élevés devrait justifier la mise en place d’un plan de sécurité personnelle et de conseils pour réduire l’automutilation ».

    Globalement, le big data pourrait contribuer à élaborer une nouvelle stratégie nationale de prévention du suicide, estiment les chercheurs.

  • H&TI se mobilise pour vous faire découvrir en direct les tendances de la Paris Healthcare Week

    Les analystes de Health & Tech Intelligence seront présents chaque jour pour vous rapporter les tendances et les innovations pendant la Paris Healthcare Week du 29 au 31 mai 2018. Les articles seront en accès libre pendant cet événement.

    Vous pourrez également nous retrouver chaque jour sur le stand du Cluster TIC Santé Nouvelle Aquitaine (stand 038) à l’occasion des 10 ans du Cluster.

    À cette occasion, le Dr Béatrice Falise-Mirat, interviendra :
    • le 29 mai 2018 à 15h en tant que modératrice de la table ronde franco-canadienne autour du Cluster TechnoMontreal et l’écosystème e-santé canadien ;
    • le 31 mai à 11h avec le directeur de la Maison de Santé Protestante Bordeaux Bagatelle sur le thème de la coordination et des parcours de soin innovants.

    David Clavereau, quant à lui, interviendra le 30 mai 2018 à 15h, pour vous présenter les tendances start-ups en e-santé.

    Plus d’infos sur ce lien.

    Le programme complet de l’événement est consultable sur ce site internet.

  • « Des bornes pour détecter l’apparition d’arythmies et prévenir l’AVC » (R. Bouchakour, Witmonki)

    Alors que les maladies cardio-neurovasculaires représentent la deuxième cause de mortalité en France, après les cancers, soit 140 000 décès par an, la start-up Witmonki élabore des outils de diagnostic permettant de prédire le risque cardiovasculaire.

    L’amélioration de la relation patient-médecin est l’un des objectifs des trois produits en développement que sont la montre connectée, la borne d’auto-test et le mini-enregistreur de poche du rythme cardiaque.

    « Nous souhaitons que tout un chacun puisse agir pour sa propre santé et que la prise en charge des patients ayant des arythmies soit améliorée », explique Rachid Bouchakour, président de Witmonki, que H&TI a rencontré à l’occasion du salon Viva Technology, le 25 mai 2018 à Paris.

    Dans l’entretien qu’il nous a accordé, le co-fondateur de la start-up revient sur la genèse de Witmonki – qui est en phase de levée de fonds -, les technologies développées par l’équipe de chercheurs et sur l’utilisation des données collectées.

    Qui est derrière Witmonki ?

    L’idée date de 2012 : une équipe d’universitaires – médecins, technologues, informaticiens et mathématiciens –  a commencé à travailler sur des solutions pour le dépistage de masse des maladies cardiovasculaires. En 2014, nous avons obtenu un financement de la fondation Universitaire A*Midex afin de développer notre innovation. Ce premier financement de 2 millions d’euros, auquel s’est rapidement ajouté l’appui du programme innovation du CNRS, nous a permis de développer un bracelet connecté permettant de mesurer plusieurs paramètres physiologiques et de développer une algorithmie pouvant détecter l’apparition d’un événement particulier.

    A l’époque, j’étais le directeur de l’ IM2NP  et j’ai proposé d’associer le laboratoire LIRIS, aujourd’hui LIS,  pour la partie intelligence artificielle (IA), les services de l’AP-HM (arithmologie, urgences adultes, néphrologie, cardiovasculaire) pour la partie médicale, et de faire travailler des juristes et des bétatesteurs autour de notre premier démonstrateur. A la suite de quoi, nous avons déposé trois brevets et décider de créer la start-up Witmonki en 2017.

    Quelles sont vos innovations ?

    Grâce à l’adossement à un éco-système académique (CNRS, AP-HP, Aix-Marseille Université), la société développe à la fois des dispositifs médicaux et des services. La première cible sont les insuffisances cardiaques et les troubles du rythme cardiaque. L’idée est de développer une technologie spécifique permettant de délivrer une information pertinente à partir de la captation des signaux physiologiques.

    Les objectifs de ces produits sont d’une part d’améliorer la relation patient-médecin, d’autre part de permettre à tout un chacun d’agir pour sa propre santé, et enfin d’accélérer la prise en charge des patients en cas de troubles du rythme cardiaque.

    Vous travaillez sur trois dispositifs différents : quelles sont leurs particularités ?

    Witmonki a en effet développé trois objets qui partagent une même technologie de mesure et une technologie logicielle brevetée.

    Le premier est un mini-enregistreur du rythme cardiaque au format carte bancaire que nous présentons à Viva Technology (sur le stand de la Région PACA). Tout un chacun pourra l’acheter et le garder dans son portefeuille : quand la personne ressentira un symptôme, elle pourra documenter immédiatement cette arythmie en apposant les deux pouces sur les électrodes qui effectueront un ECG de surface avec la même qualité de mesure qu’avec un appareil médical. Une fois l’épisode passé et enregistré, le patient prend rendez-vous avec son médecin et peut lui présenter un tracé précis de l’événement, ce qui permettra d’accélérer et d’améliorer la prise en charge.

    Cela va permettre de parer les difficultés que rencontrent les cardiologues et les médecins généralistes qui ne peuvent que très rarement détecter les arythmies au moment de la visite du patient dans leur cabinet. Et quand une personne porte un holter – seul dispositif aujourd’hui recommandé par la HAS – le taux de détection sur 24 heures est de 1% car la plupart du temps les arythmies sont des événements singuliers. 

    Notre produit sera à l’usage unique du patient et les données sur la carte seront cryptées. Précisons que le médecin sera équipé d’un logiciel d’analyse spécifique (fournit gratuitement par nos soins) et que le dispositif, qui devra être rechargé tous les 15 jours (par simple branchement sur le port USB d’un ordinateur), pourra contenir jusqu’à 120 enregistrements de 30 secondes. Le médecin pourra lire le contenu sur la carte, l’annoter et le sauvegarder dans son espace personnel ou dans le cloud via un hébergeur de données de santé certifié. Il pourra se connecter sur l’application et poser un diagnostic.

    Les essais cliniques commencent cet été, et la commercialisation débutera en 2019 avec un tarif à moins de 100 euros. Le dispositif, qui sera prescrit par les généralistes et les spécialistes, ne sera pas remboursé dans un premier temps. C’est après sa commercialisation que nous entreprendrons les démarches pour obtenir son remboursement. Nous n’excluons pas que cela intéresse les mutuelles.

    Vous allez aussi installer des bornes dans les pharmacies ?

    Oui, notre deuxième projet concerne le parcours de soin du patient et la détection précoce de masse. Nous avons développé une borne que le grand public va retrouver dans les pharmacies et tout un chacun pourra faire un auto-test – comme dans le temps la balance pour se peser dans les officines. Il suffira d’apposer les doigts sur les électrodes au niveau de la borne pour mesurer l’ECG et, selon le résultat obtenu, l’application pourra inviter le client à consulter un médecin. Il s’agit bien d’un dispositif médical et non d’un gadget ou du bien-être et le placer en pharmacie le positionnera ainsi comme un outil de pré-diagnostic – le pharmacien proposera à une partie de sa clientèle, les personnes âgées surtout, de faire le test. Celui-ci sera payant pour l’usager mais à un coût moindre.

    On voit que la notion de dispositif de pharmacie pour faire de l’auto-test est en train de se développer. L’équivalent de notre borne existe pour le dépistage du diabète de type 2 et permet de faire du dépistage de masse. L’objectif dans les 3 à 5 prochaines années est d’équiper 10 % des 23 000 pharmacies du territoire de la solution Witmonki.

    Nous avons été approché par les Ehpad et les maisons de santé pour développer ce type d’application d’une façon plus légère pour faire de la levée de doute. 

    Le troisième produit est un bracelet connecté ?

    Oui, mais nous poursuivons son développement qui devrait durer encore deux ans. Notre objectif est d’associer l’algorithme de détection que nous avons mis au point avec un bracelet connecté qui pourra également faire des mesures de température (extérieure et cutanée), de l’onde de pouls et détecter les chutes. Ce bracelet connecté sera destiné au grand public (on pourra vraisemblablement l’acheter dans les pharmacies équipées des bornes ou en vente directe sur le site de la société) comme aux établissements. L’offre B2B sera lancée en premier pour les hôpitaux au prix du holter. 

    Qu’allez-vous faire des données collectées ?

    Nous comptons récupérer les données annotées des ECG par les médecins pour faire du big data et de l’intelligence artificielle. A la fois les données annotées par les médecins et anonymisées évidemment nous permettrons d’améliorer les performances de nos algorithmes de détection et aussi de générer de nouvelles études. Par exemple, pour des laboratoires pharmaceutiques, on pourra analyser l’efficacité du traitement d’un patient sous anticoagulant ou sous bêtabloquants, associer l’évolution de la mesure de son rythme régulier en fonction de la posologie. 

    A la différence avec d’autres entreprises, nous allons générer nous-mêmes nos bases de données car nous sommes propriétaires de la technologie de mesure et en partenariat avec nos collègues médecins, nous aurons des tracés annotés et c’est sur ces tracés annotés que nous développerons l’IA. Si les données sont exploitées ce sera dans le cadre du RGPD.

    Comment avez vous été financé ? Avez-vous été incubé ?

    Nous avons reçu le prix de l’innovation thérapeutique de la Fondation Béatrice Denys en 2017 ainsi qu’une bourse de Bpifrance. Nous faisons partie de l’incubateur IMPULSE dans le PACA depuis 2016 et nous en sortons dans deux mois. Actuellement nous sommes dans la shortlist du I-Lab.

    Par ailleurs, nous sommes dans une phase de levée de fonds –  un premier fonds s’est proposé mais nous en cherchons deux autres pour boucler le tour de table, si possible au troisième trimestre 2018. Cela permettra la commercialisation de la carte et les essais cliniques de la borne (qui pourra d’ailleurs se présenter aussi sous la forme d’une tablette).

    Witmonki, actuellement, c’est 3 salariés et la levée de fonds permettra de recruter un directeur commercial pour mettre en place la commercialisation du premier dispositif. Nous devrions atteindre rapidement 10 salariés car il nous faudra des docteurs es-sciences et des informaticiens big data.

  • Docapost signe un partenariat avec Elsan à l’occasion du salon Viva Technology 2018

    C’est à l’occasion d’une conférence animée par le Groupe La Poste au salon Viva Technology, vendredi 25 mai 2018 à Paris Expo, que Thierry Chiche, président exécutif d’Elsan, a annoncé que le groupe d’hospitalisation privée signait un partenariat avec Docapost pour mettre le digital au service du patient et des praticiens.

    Les services d’e-santé de Docapost seront accessibles aux 2 millions de patients accueillis chaque année dans les 120 cliniques d’Elsan.

    Parcours de soins, assistant digital et hébergement de données

    Elsan, qui collabore avec de nombreuses start-ups et les soutient au sein de son Innolab, suit de près les innovations en e-santé. Avec ce partenariat, le groupe souhaite mettre en place des parcours digitalisés pour tous ses patients en s’appuyant sur l’hébergeur de données de santé Docapost. 

    Docapost accompagnera Elsan dans la mise en place de différentes solutions :

    • création d’un parcours de soins en coordonnant autour du patient les médecins et les professionnels de santé via des plateformes numériques, avec la clinique et avec la médecine de ville ;
    • création d’un assistant digital du patient, développé par Elsan avec les applications La Poste eSanté et Digiposte + Ma santé ;
    • hébergement sécurisé des données de santé par Docapost.

    Les premières solutions seront mises en œuvre d’ici fin 2018, avec des développements se poursuivant pendant deux ans.

    Le suivi des maladies chroniques

    A travers ce partenariat, Elsan et Docapost souhaitent améliorer la qualité et la pertinence des services rendus aux patients en favorisant les échanges d’informations en amont et en aval de l’hospitalisation. Les nouveaux services pourront être utiles dans le suivi des maladies chroniques. Ces services amènent de la valeur tant dans les grandes villes que dans des déserts médicaux, afin de se rapprocher des personnes les plus fragiles.

    La transformation digitale du parcours de soin, qui se fera avec une garantie sur la sécurité et la protection des données de santé, permet une responsabilisation des patients grâce à un meilleur partage de l’information entre médecins et patients, allant jusqu’à permettre à ces derniers de produire eux-mêmes de la donnée avec des dispositifs médicaux connectés. 

  • La CNIL publie de nouvelles fiches explicatives à l’occasion de l’entrée en vigueur du RGPD

    A l’occasion de l’entrée en vigueur du Règlement général sur la protection des données, la Commission nationale de l’informatique & des libertés (CNIL) recense l’ensemble des documents publiés sur son site internet au cours des derniers mois pour accompagner les acteurs publics et privés concernés par le RGPD.

    La CNIL publie de nouvelles fiches explicatives le vendredi 25 mai 2018 portant sur : le droit à la limitation du traitement ; le droit à la portabilité ; le droit à l’intervention humaine face au profilage ou à une décision automatisée ; le droit à l’effacement ; le droit d’être informé sur l’utilisation des données personnelles.

    « Cet accompagnement se poursuivra après le 25 mai », précise la CNIL dans un communiqué de presse publié sur son site internet le 25 mai 2018.

    Les professionnels peuvent d’ores et déjà s’appuyer sur les documents publiés par la CNIL au cours des derniers mois, dont H&TI s’est fait le relais.

    Des outils pour comprendre le RGPD 

    • Un guide pratique de sensibilisation au RGPD à destination des TPE-PME élaboré avec la BPI ; 
    • Des pages spécifiquement dédiées aux enjeux du RGPD pour les collectivités territoriales et le secteur de la santé ;
    • Un guide pour accompagner les sous-traitants ; 
    • Des questions/réponses sur le RGPD.

    Des documents pour « démarrer sa mise en conformité »

    • La méthode en six étapes pour mettre en oeuvre les mesures nécessaires ; 
    • Un modèle de registre complet et une version simplifiée pour les TPE/PME ; 
    • Des modèles types de mention d’information ; 
    • Un formulaire de désignation du délégué à la protection des données ; 
    • Un formulaire de notification de violations des données personnelles ; 
    • Un logiciel pour mener une analyse d’impact sur la protection des données (PIA) ; 
    • Les lignes directrices du G29 (le groupe des CNIL européennes) ; 
    • Des informations sur les transferts de données hors UE avec l’actualisation de la carte de la protection des données dans le monde ;
    • Une information sur les droits des personnes.

    La CNIL publie de nouvelles fiches à destination des particuliers, le vendredi 25 mai 2018, jour de l’entrée en vigueur du RGPD

    • Le droit à la limitation du traitement : geler l’utilisation de vos données ;
    • Le droit à la portabilité : obtenir et réutiliser une copie de vos données ;
    • Vos droits à l’intervention humaine face à votre profilage ou à une décision automatisée ;
    • Le droit à l’effacement : supprimez vos données en ligne ;
    • Le droit d’être informé sur l’utilisation de vos données.

    La CNIL annonce des outils à venir dans les mois qui viennent

    • Un formulaire de déclaration de la CNIL comme autorité chef de file pour les traitements de données transfrontaliers ;
    • Concernant les analyses d’impact (publication en juin 2018), la CNIL travaille à l’élaboration :
      • De lignes directrices ;
      • De la liste des traitements obligatoirement soumis à la réalisation d’une analyse d’impact  ;
      • De la liste des traitements pour lesquels, au contraire, aucune analyse n’est requise.

    Ces listes permettront aux responsables de traitement concernés de savoir s’ils sont ou non soumis à cette obligation. Ces listes devront également être soumises au mécanisme de coopération européenne afin d’assurer une harmonisation de ces instruments au niveau européen.

    • Des référentiels : ces nouveaux textes permettront à la CNIL de décliner, dans un secteur d’activité précis, les grands principes portés par le RGPD pour offrir un cadre juridique clair et sécurisé. Ils s’appuieront sur la doctrine établie par la CNIL depuis de nombreuses années (autorisations uniques, normes simplifiées, packs de conformité, etc.) en l’actualisant au regard des nouvelles exigences issues du RGPD. Certains de ces référentiels seront portés par la CNIL au niveau européen.
  • Pierre Fabre Médicament ajoute à son service digital Feelcaps une rubrique « oncologie »

    Les Laboratoires Pierre Fabre Médicament ont annoncé dans un communiqué daté du 24 mai 2018, l’ajout à leur service digital « Feelcaps » d’un contenu « oncologie » destiné aux patients atteints de cancer.

    Cette plateforme, lancée en novembre 2016, a pour but de promouvoir l’activité physique adaptée et régulière auprès des patients atteints d’affections chroniques telles que le diabète ou les troubles urinaires. En plus de ces deux rubriques « urologie » et « diabète », la plateforme proposait déjà par ailleurs une rubrique « tabagisme ».

    « Les bénéfices de l’activité physique sont reconnus en cancérologie et de nombreuses initiatives voient le jour », affirme la Société Française des Professionnels en Activité Physique Adaptée (SF-APA), qui organise le 8 juin 2018 le premier workshop national « activité physique et le cancer », événement soutenu par le groupe Pierre Fabre.

    Contexte de développement de Feelcaps

    Contexte scientifique et médical

    Dans son communiqué, Pierre Fabre rappelle que plusieurs « études ont démontré le bienfait des activités physiques pendant le traitement et pour prévenir le risque de récidiver notamment dans le cancer du sein et de la prostate et du colon », ces trois cancers faisant partie, avec le cancer du poumon, des trois principaux cancers atteignant la femme (sein, colon, poumon) comme l’homme (prostate, poumon, colon).

    Sur la base du rapport intitulé « Bénéfices de l’activité physique pendant et après un cancer », publié en 2017, l’Institut National du Cancer (INCa) préconise en effet l’intégration de la pratique physique en tant que soin de support en oncologie.

    Contexte réglementaire 

    La notion de sport-santé sur ordonnance (S.S.O) a été adopté par l’Assemblée Nationale dans la loi n°2016-41, du 26 janvier 2016, de modernisation du système de santé. Ainsi, « Dans le cadre du parcours de soins des patients atteints d’une affection de longue durée, le médecin traitant peut prescrire une activité physique adaptée à la pathologie, aux capacités physiques et au risque médical du patient » (Art. L. 1172-1.).

    Objectifs et enjeux de Feelcaps

    Informer…

    • Sur le cancer :

    Feelcaps propose aux patients des activités et des exercices à mêmes de les informer à propos de leur pathologie : description vulgarisée des mécanismes physio-pahtologiques qui sous-tendent la pathologie, indication de ses facteurs de risque, de ses complications, explication des traitements, et exemples d’activités physiques adaptées.

    • Sur l’activité physique : 

    Cette plateforme digitale définit l’activité physique et la distingue de la pratique sportive : « le saviez-vous ? Bricoler, repasser, jardiner, passer l’aspirateur… sont des activités physiques !Il n’est pas nécessaire de pratiquer un sport de compétition ou d’avoir du matériel spécifique pour bénéficier des bienfaits de l’activité physique », indique le descriptif de Feelcaps.

    Feelcaps informe également les patients de bienfaits associés à la pratique régulière d’une activité physique et explique également l’origine physiologique de ces effets (libération d’hormones qui favorisent le bien-être, la concentration et l’estime de soi, augmentation de l’efficacité de certains traitements,…)

    … pour sensibiliser

    Ce service a pour objectif de sensibiliser les patients aux bienfaits de l’activité physique régulière, pour améliorer la prise en charge de maladies chroniques comme le cancer.

    « Il faut faire prendre conscience aux patients que l’activité physique est primordiale et impulser sa mise en action et les motiver. Feelcaps est une application pour inclure les patients dans une démarche ludique d’activité physique avec le soutien du corps médical et de leur entourage. Chaque patient pourra prendre conscience que l’activité physique est un complément thérapeutique indispensable à la prise en charge de sa pathologie. Après avoir inscrit son patient à FeelCaps, le médecin pourra suivre sa progression. Ce n’est pas la performance sportive qui compte mais la pratique d’une activité modérée à intense au quotidien qui permet d’obtenir de bons résultats « , déclare le Docteur Sophie Abadie-Lacourtoisie, oncologue au Centre Unicancer d’Angers.

    Feelcaps en pratique

    D’après Pierre Fabre, cette plateforme se trouve « à mi-chemin entre e-learning et serious-game » ; c’est au professionnel de santé d’inscrire son patient sur la plateforme, ce qui permet à ce dernier de recevoir des codes d’accès à l’application (téléchargeable sur smartphone) : le patient est alors « invité dans un club de loisir proposant différentes activités (randonnées, excursions, ateliers, visites,…) au cours desquelles il en découvre les bénéfices sur la santé ». De nombreuses activités et quiz sont proposés.

    Un espace est dédié au médecin : il permet notamment d’accéder à diverses ressources documentaires sur l’activité physique et le cancer.

    Pierre Fabre affirme également que « le suivi de l’évolution de l’activité́ physique adaptée du patient sera possible par le professionnel de santé, et uniquement par celui-ci « .

  • « Actions Start-ups 2018 », les mesures de Mounir Mahjoubi pour encourager les start-ups de la santé

    Le 24 mai 2018, Mounir Mahjoubi, le secrétaire d’État auprès du Premier ministre chargé du numérique, a annoncé des mesures pour favoriser le développement des start-ups tous secteurs confondus avec une attention particulière pour celles des secteurs de la health tech (santé), de la edtech (éducation), de la fintech (finance) et de la mobilité.

    En ce qui concerne les start-ups de la santé, le cap doit être mis sur l’exploitation des données et en ce sens des projets sont en développement en collaboration avec l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) et le Conseil Stratégique des Industries de Santé avec des annonces prévues à l’été 2018. Ces mesures ont été élaborées à partir des résultats de la consultation nationale lancée par le secrétaire d’État chargé du numérique reposant sur 1 300 réponses en ligne, 15 ateliers dans toute la France, 200 entretiens et la contribution de 30 partenaires.

    Les propositions formulées concernant l’ensemble des start-ups reposent sur quatre axes:
    • simplifier la vie des start-ups ;
    • accompagner le financement notamment dans les phases de croissance ;
    • favoriser l’émergence et le recrutement des talents ;
    • assurer un meilleur accompagnement à l’international.

    Mesures visant les start-ups santé : promouvoir la recherche et l’exploitation des données

    Selon Mounir Mahjoubi, la France doit capitaliser sur les compétences de son personnel médical, l’excellence de ses chercheurs et des bases de données publiques massives dont elle dispose.

    Le Président de la République a annoncé fin mars 2018 un enrichissement progressif du Système National des Données de Santé (SNDS) avec les données cliniques des hôpitaux, afin de fournir un élan majeur au big data dans le domaine.

    Pour continuer dans ce sens, il a annoncé deux projets :

    • des moyens renforcés décidés pour l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) en 2019 visant à accélérer les essais cliniques et les délais d’autorisation ;
    • un cycle de travail sous l’égide du Conseil Stratégique des Industries de Santé dont les conclusions seront présentées en juillet 2018.

    Simplifier la vie de start-ups

    Afin de répondre aux défis que rencontrent le start-ups à différents stades de leur développement, des mesures suivants ont été annoncées :

    • favoriser le dialogue avec les administrations et la création d’un réseau de correspondants start-ups – innovation dans chaque ministère dès juin 2018 ;
    • le renforcement, le 3 mai 2018, du dispositif « France Expérimentation« , permettant aux start-ups de demander, à tout moment, un droit à déroger à un règlement ou à une loi en place pour déployer un nouveau business model ;
    • alléger les contraintes qui pèsent sur le start-ups notamment pendant la phase d’hyper-croissance en les faisant bénéficier de la disposition de la loi PACTE selon laquelle selon laquelle, pour les seuils de onze, vingt et cinquante salariés, un seuil d’effectif est franchi uniquement lorsque celui-ci a été atteint ou dépassé pendant cinq années civiles consécutives.

    Soutenir le financement des start-ups en croissance

    Des actions en ce sens sont en cours d’étude et à venir, selon Mounir Mahjoubi:

    • l’expérimentation par Bpifrance d’une offre de « venture loans » capable d’accompagner les grandes levées de fonds ;
    • la promotion de l’essor des Initial Coin Offerings (ICO), grâce à une clarification du cadre attaché à ce mode de levée de fonds jugé prometteur. Le projet de loi PACTE prévoit ainsi la création d’un visa pour les entreprises émettrices de jetons respectant certains critères précis de nature à protéger les épargnants, et des études sont encours sur le cadre comptable et fiscal associé ;
    • le positionnement de l’État en tant qu’acheteur pour donner un coup de pouce aux start-ups en :
      • mettant en place avant fin 2018 un guichet unique d’achat de l’État pour les entreprises qui souhaitent échanger avec ce dernier ;
      • relevant à 100 000 euros (contre 25 000 euros aujourd’hui), dans le cadre d’une expérimentation sur trois ans, le seuil permettant de recourir à un marché public sans publicité ni mise en concurrence pour acquérir des produits innovants auprès des PME.

    Par ailleurs, Mounir Mahjoubi a fait part du parti pris du Gouvernement d’encourager le start-ups de la deep tech, à savoir des start-ups à forte intensité technologique en :

    • y dédiant 70 millions d’euros du fonds pour l’industrie et l’innovation ;
    • faisant bénéficier les start-ups deep tech chaque année des « grands défis » organisés, sur des sujets de société, dans le cadre d’une seconde enveloppe à hauteur de 100 millions d’euros chaque année du fonds pour l’industrie et l’innovation.

    Formation : favoriser l’émergence des professionnels certifiés

    Étant une des trois problématiques les plus préoccupantes des start-ups, la formation dans le numérique  doit être pilotée dans l’immédiat selon Mounir Mahjoubi. Pour cela, trois mesures ont été annoncées :

    • l’ouverture dès 2019 une spécialité « numérique et sciences informatiques » au lycée, et qui écho à la mesure lancée en avril 2018 du plan de financement de 10 000 formations courtes au numérique;
    • le lancement en juin 2018 d’une mission visant à résoudre à moyen terme les tensions constatées sur les recrutements numériques ;
    • l’assouplissement accru des conditions de recrutement de talents étrangers via le dispositif du visa French Tech.

    Promouvoir les start-ups à l’international

    Des mesures pour accroître la visibilité de start-ups française à l’étranger sont prévues :

    • le lancement à l’automne 2018 d’un indicateur « next 40 », équivalent du CAC 40 pour les acteurs les plus prometteurs ;
    • l’organisation de déplacements commerciaux à l’étranger avec des start-ups à fort potentiel, intitulés scale up tours ;
    • en développement, un guichet unique Team France Export d’accompagnement export dans chaque région.