Le Lab Santé de l’Institut Esprit service (IES) a réuni, mardi 22 mai 2018, des acteurs et écosystèmes (entreprises, universités, administrations, associations, experts, membres du Medef) autour de la question « Quelle santé d’ici 2030 ? ».
Cette journée a été l’occasion de travailler ensemble, dans une démarche prospective, sur les questions de la e-santé, de la transformation des métiers de la santé, de la mutation des écosystèmes et de la gouvernance ou encore de la place de l’usager.
Le Lab Santé 2030 a émis onze lignes directrices : « plus que des propositions successives, celles-ci sont à prendre comme un tout pour accélérer la mise en œuvre d’un programme d’infusion, de transformation, d’accompagnement ».
Parmi ces avis : « bénéficier des opportunités de l’IA dans le monde de la santé avec réalisme et sans effet de mode » ou encore « offrir des expériences en santé riches en services et personnalisées en fonction des problématiques individuelles ».
11 lignes directrices pour préparer la santé 2030
IA et données de santé
1/ Remettre l’humain et la dimension relationnelle en priorité au cœur de l’expérience de santé, physique et digitale, et co-construire avec toutes les parties prenantes un parcours de vie efficient, évolutif et contextualisé, fiable et garant le plus longtemps possible d’une autonomie en bonne santé.
2/ Faciliter une innovation en santé qui intègre les ruptures sociétales, technologiques et scientifiques le plus en amont possible pour accélérer les mutations internes au sein de chaque acteur, des écosystèmes et disposer d’une gouvernance efficiente.
3/ Offrir des expériences en santé riches en services et personnalisées en fonction des problématiques individuelles et non plus seulement globales ou selon un modèle unique applicable à tous.
4/ Travailler sur l’évolution des modèles économiques en santé et la couverture des territoires en favorisant les mutualisations, les interopérabilités, les modèles de financement et de revenus multi-sources, l’autonomie croissante des établissements.
5/ Répondre aux enjeux et bénéficier des opportunités de l’intelligence artificielle dans le monde de la santé avec réalisme et sans effet de mode, tout en y introduisant des principes éthiques et de responsabilisation, de validation des algorithmes en lien avec le droit et la protection des données et des personnes.
6/ Apporter des réponses cohérentes à l’ensemble des enjeux sur la donnée de santé,en particulier en termes de valorisation, collecte, analyse, prédictibilité, protection,transparence, régulation.
Accompagner les mutations des métiers de la santé
7/ Sensibiliser et former dès le plus jeune âge le citoyen à prendre soin de lui-même en tant que personne dans une politique volontariste d’éducation à la santé et de prévention.
8/ Accompagner les mutations des métiers actuels, faciliter la création de nouveaux métiers complémentaires et substitutifs, intensifier pour les professionnels de santé les programmes d’acculturation et de formation au numérique, à la fois sous les angles technologiques, médicaux et d’usages.
9/ Renforcer l’ouverture de la santé vers les autres secteurs d’activité dans un contexte d’internationalisation croissante pour notamment créer des synergies et accélérer l’intégration des ruptures technologiques, sociétales et économiques.
10/ Amplifier les coopérations plurielles et internationales entre acteurs et les hybridations entre établissements publics et privés, associations, entreprises,monde académique, pour renforcer au plan européen nos écosystèmes de santé et généraliser les expérimentations réussies.
11/ Mettre du sens, de la confiance, de l’éthique, de l’efficience, de l’équité et de la responsabilisation au cœur des enjeux de chaque acteur de santé en accélérant les transformations culturelles, managériales et organisationnelles.