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  • Contre la dépression, l’Europe explore la combinaison d’outils numériques et de thérapies classiques

    Dans le cadre du programme européen E-COMPARED, des chercheurs ont développé, pour les adultes souffrant de dépression majeure, un protocole de thérapie cognitivo-comportementale mixte comportant à la fois des séances sur Internet et des séances en face-à-face.

    D’après les résultats de cette étude menée à l’échelle européenne, cette approche thérapeutique mixte pourrait montrer une efficacité supérieure à celle des prises en charge habituelles. En effet, « des patients ont montré une diminution significative de leurs symptômes par rapport aux groupes témoins bénéficiant de la prise en charge classique en cours dans leur pays », a annoncé Santé Mentale.

    Pour préciser ces premiers résultats, des analyses complémentaires (réalisées en sous-groupes, par pays et par groupes de comparateurs similaires) sont en cours.

    Constats de départ

    D’après les estimations récentes figurant sur le site web du projet E-COMPARED, plus de 30 millions d’adultes européens souffriraient de dépression majeure. Une grande partie de ces dépressions ne seraient pas diagnostiquées ou ne seraient pas prises en charge de façon adéquate, l’accès à des thérapies adaptées et à un suivi régulier demeurant limité pour beaucoup de patients.

    Face à ces constats, pour faciliter l’accès aux soins et améliorer l’efficacité des thérapies existantes, les chercheurs du projet européen E-COMPARED ont tenté d’élaborer des outils numériques facilement accessibles en ligne, et de coupler ces outils connectés à des séances classiques (en face-à-face) de thérapie cognitivo-comportementale (TCC).

    Matériels et méthodes

    Population recrutée pour l’étude

    Plus de 800 patients ont été recrutés pour l’étude.

    Cesux-ci étaient par ailleurs issus d’une dizaine de pays de l’UE (Belgique, Suisse, Allemagne, Danemark, Espagne, France, Irlande, Portugal, Pologne, Suède, Royaume-Uni, Pays-Bas), les Pays-Bas étant en charge de la coordination de l’étude.

    Dispositifs thérapeutiques mis à disposition des patients

    Les patients recrutés, munis de leur ordinateur ou smartphone personnel, ont eu accès à une plateforme en ligne sécurisée via laquelle ils leur était possible de participer à des exercices interactifs, de regarder des vidéos, etc. Ces derniers étaient conçus pour aider les patients dépressifs à faire face à cette pathologie chronique en :

    • les informant sur la dépression et ses effets ;
    • leur permettant, par ces informations, de mieux évaluer leur propre santé, de surveiller quotidiennement leurs symptômes ;
    • les incitant à se fixer des objectifs.

    Les outils en ligne étaient combinés à des séances classiques de thérapie cognitivo-comportementale, menées en face à face par des thérapeutes.

    Autres modalités pratiques de l’étude

    L’étude a duré 3 ans et 6 mois, pour un coût total de 7 743 088 euros, l’Union Européenne ayant contribué financièrement à l’étude à la hauteur de 5 827 000 euros.

    Résultats

    Efficacité de ce dispositif

    Dans le cadre de cette étude, la combinaison de cette plateforme accessible en ligne 24h/24 et des séances classiques régulièrement menées par des thérapeutes a montré une meilleure efficacité que la thérapie cognitivo-comportementale standard seule : les patients traités selon le protocole d’E-COMPARED ont montré une diminution significativement plus importante de leurs symptômes dépressifs par rapport aux patients des groupes témoins, traités uniquement par des séances classiques de TCC.

    Accueil par les patients

    Les participants à l’étude ont bien accueilli les dispositifs connectés qui étaient mis à leur disposition. Les patients ont déclaré apprécier particulièrement :

    • la simplicité de l’interface proposée, facile d’utilisation ;
    • la possibilité d’avoir accès instantanément et de façon continue à des exercices et conseils aidant à surveiller et contrôler leurs symptômes.

    Les patients ont, en outre, noté l’importance des séances en face-à-face avec les thérapeutes.

    Accueil par les thérapeutes

    L’accueil par les thérapeutes a également été positif.

    Selon eux, les technologies proposées :

    • représentent un moyen efficace de suivi (des symptômes et de la conséquence des symptômes dans la vie quotidienne) des patients ;
    • permettent d’augmenter l’efficience des traitements ;
    • pourraient aider à alléger leur charge de travail.

    Accueil par les systèmes de sécurité sociale

    « Cette TCC mixte n’est pas moins coûteuse qu’une thérapie standard, mais l’étude suggère une efficience augmentée par rapport à une TCC classique », a expliqué le Pr Heleen Riper, coordinatrice du projet et à la Vrije Universiteit d’Amsterdam. C’est par cette efficience augmentée que cette approche permettrait de diminuer le coût des soins, en libérant des ressources telles que du temps pour les thérapeutes, etc.

    Perspectives de recherche

    Les données générées par ces outils connectés pourraient permettre aux chercheurs :

    • d’améliorer et de personnaliser les protocoles de prise en charge de la dépression ;
    • de déterminer les groupes de patients pour lesquels cette approche mixte est particulièrement efficace.
  • Quelles attentes pour les seniors en e-santé ? (Etude Medisite.fr)

    Pour 69 % des seniors (de 45 à 85 ans et plus), la e-santé permet d’avoir des échanges plus riches avec leurs médecins. Mieux encore, chez les 85 ans et plus, ils sont 83 % à l’affirmer. En outre, pour 58 % de ces mêmes seniors, les informations médicales trouvées sur Internet renforcent la confiance qu’ils ont dans les médecins. Tels sont les principaux enseignements de l’étude menée par Patients & Web et LauMa communication en partenariat avec Medisite.fr et avec le soutien de Cap Digital, présentée lors d’une conférence le 12 juin 2018 à Paris.

    Réalisée 5 ans après « À la recherche du ePatient », qui s’était penchée sur l’usage du web santé et de la santé connectée par les Français et les personnes touchées par une maladie chronique, cette étude s’est focalisée sur ces seniors internautes, connectés, et notamment sur ceux souffrant d’une ALD (affection de longue durée).

    Les utilisateurs de la e-santé

    • 92 % des seniors internautes sondés utilisent un ordinateur à domicile pour surfer en santé, 22 % un smartphone (34 % des 45-54 ans) et 19 % une tablette (25 % des femmes seniors). Non seulement, ces seniors connectés font un usage fréquent de la e-santé (58 % consultant le web santé au moins 1 fois par semaine, 1 senior masculin sur 4 le faisant tous les jours ou presque) mais ils sont 40 % à dire y avoir recours plus souvent qu’auparavant avant ou après une consultation.
    • 83 % des seniors en ALD surfant sur le web santé le font en raison d’une maladie chronique ou grave (versus 62 % de l’ensemble des seniors). Dans 61 % des cas, ils utilisent Internet pour rechercher des informations sur les effets indésirables d’un traitement (versus 52 % de l’ensemble des seniors surfant sur le web santé).
    • 20 % des seniors ont déjà téléchargé une application mobile relative à la santé sur leur smartphone ou leur tablette. 29 % des seniors souhaitent que leur médecin les conseille quant au choix de l’application mobile à utiliser par rapport à leur maladie.
    • Dans 58 % des cas, ils utilisent cette ou ces applications parce qu’elle(s) est /sont utile(s) pour leur santé, dans 53 % parce qu’elle(s) est / sont simple(s) et dans 52 % par ce qu’elle(s) les aide(nt) à mieux gérer leur pathologie. Si l’aspect ludique de l’application joue pour 17 % des seniors, cette raison monte à 25 % pour les seniors en ALD.
    • Ils ne sont que 24 % à posséder au moins 1 objet connecté de santé. 57 % d’entre eux ont un capteur / tracker d’activité, 48 % une balance connectée, 44 % un auto-tensiomètre connecté et 13 % un glucomètre connecté (parmi les seniors sondés étant en ALD, 14 % sont touchés par un diabète de type 2 non insulino-dépendant et 3 % par un diabète de type1 ou un diabète de type 2 insulino-dépendant).
    • 60 % des seniors utilisateurs d’objets connectés déclarent avoir déjà envoyé ou montré les données recueillies via leur(s) objet(s) connecté(s) à leur médecin.

    Les raisons de la non-utilisation

    • Sur le versant des applications mobiles de santé, les raisons du non-usage sont tout d’abord l’absence d’utilité perçue (citée par 30 %), puis, comme pour le web santé, le fait de n’y avoir pas pensé.
    • La peur pour la sécurité des données se place en 3e position avec 17 % de citations. 48 % des non-utilisateurs du web santé seraient prêts à le devenir si les informations étaient garanties par les pouvoirs publics, 57 % si elles l’étaient par leur médecin et 52 % si les sites étaient prescrits. Pour les non-utilisateurs d’applications mobiles de santé, ils sont 28 % à déclarer qu’ils ne le feront jamais. 20 % sauteraient le pas si des professionnels de santé intervenaient dans le processus (qu’ils évaluent, labellisent ou prescrivent l’application).

    Pour demain, des attentes fortes sur la fiabilité, le DMP et la prise de rendez-vous en ligne

    • 84 % des personnes de 45 à 85 ans et plus trouvent intéressant de pouvoir, dans un avenir proche, disposer d’information santé sur le web garanties par leur médecin (89 % des seniors en ALD).
    • Sur le versant du DMP, ils sont 75 % et même 80 % des 45-54 ans à déclarer trouver intéressant de pouvoir accéder à leur dossier médical en ligne (seuls 49 % trouvant intéressant de le créer eux-mêmes).
    • Concernant la prise de rendez-vous en ligne, 72 % des seniors y sont favorables. Échanger par e-mail avec son médecin est également souhaité par 68 % des répondants, de même que l’envoi de l’ordonnance par voie électronique directement chez le pharmacien.
    • La téléconsultation se place en 12e position des attentes en e-santé : 51 % des seniors trouvent intéressant de pouvoir la pratiquer dans un avenir proche. Pour les seniors de 85 ans et plus, peut-être moins mobiles, ce score d’agrément monte à 67 %.

  • Un comité stratégique régional des SI en PACA et un GRADeS pour le développement de la e-santé

    La région PACA s’organise autour de son GRADeS et du Comité stratégique régional des systèmes d’information pour le développement et la mise en œuvre de la e-santé, selon un communiqué du 12 juin 2018.

    Les membres du comité stratégique de l’Agence Régionale de Santé PACA participent à la définition de la stratégie régionale de e-santé et à sa mise en œuvre, alors que le GIP Oru Paca, devenu le GRADeS PACA en mars 2018, est chargé de conduire et d’animer le programme de e-santé en Paca.

    Une démarche collaborative charriant l’ensemble des acteurs de l’écosystème e-santé

    Le GRADeS PACA constitué en mars 2018 réunit des représentants de l’ARS, d’établissements publics et privés de santé, de structures et services médico-sociaux, d’unions régionales des professionnels de santé et de structures de coordination et institutions partenaires.

    Le comité stratégique régional des systèmes d’information, opérationnel depuis décembre 2017, comprend des membres issus de toutes les fédérations hospitalières, des présidents des conseils médicaux de surveillance, des représentants de l’assurance maladie, de l’Union régionale des professionnels de santé – médecins libéraux, et des centres hospitaliers universitaires. C’est l’instance qui a porté l’émergence du GRADeS placé sous la présidence de Charles Guépratte, directeur général du CHU de Nice.

  • « La radiologie du futur reposera sur le machine learning » (Inserm, Inria, Université de Grenoble)

    Un programme permettant de localiser et de diagnostiquer des tumeurs cérébrales par analyse d’images d’IRM a été développé par une équipe de chercheurs issus de l’Inserm et de l’Inria sous l’égide de l’Université Grenoble Alpes, annonce l’Inserm dans un communiqué publié le 11 juin 2018.

    Le programme innovant a été testé au cours d’une étude sur des rats publiée dans la revue spécialisée en radiologie, IEEE Transactions on Medical Imaging (IEEE-TMI) de janvier 2018, qui a mis en évidence des résultats de haute fiabilité :
    • 100% de localisations exactes de tumeurs ;
    • plus de 90% de diagnostics corrects du type de tumeurs.

    L’équipe travaille à parfaire le développement des outils mathématiques destinés à l’amélioration des capacités d’auto-apprentissage du programme développé.

    L’usage de l’IRM quantitative améliorée par le machine learning à renforcer en usage clinique

    L’imagerie par résonance magnétique (l’IRM) est la technique d’imagerie qui permet d’obtenir l’image la plus fine du cerveau et des caractéristiques des tissus cérébraux. L’imagerie quantitative consiste à établir une cartographie précise de différents paramètres mesurables du cerveau tels le débit sanguin ou le diamètre vasculaire.

    Néanmoins, elle reste peu utilisée en IRM clinique. Emmanuel Barbier, le responsable de l’étude et chercheur de l’Inserm est parti de ce constat :

    « Aujourd’hui, l’obtention d’images quantitatives ne correspond pas à ce qui se fait en routine clinique dans les services d’IRM. Mais, ces travaux montrent l’intérêt d’acquérir ce type d’images et éclairent les radiologues sur les outils d’analyse dont ils pourront disposer prochainement pour les aider dans leurs interprétations. »

    Les chercheurs ont travaillé à la mise au point d’un programme capable de reconnaître les caractéristiques de cerveaux en bonne santé. Dans un deuxième temps, aux images issues de cette opération ont été confrontées des images de cerveaux présentant des tumeurs, ce qui a permis de localiser automatiquement des zones divergeant des images de tissus sains.

    Le travail des chercheurs ne s’arrête pas là, car le programme a été affiné : chaque image de tumeur rentrée dans le programme a été associée à un diagnostic. L’outil a donc été doté de la capacité à identifier les différents types de tumeurs.

    Le défi actuel de l’équipe en charge du projet consiste à rendre l’outil plus performant pour diagnostiquer plus finement et de façon plus fiable les tumeurs.

    Pour aller plus loin

    L’apport de la technique de l’IRM quantitative améliorée par le machine learning dans la cancérologie cérébrale est par ailleurs évaluée actuellement dans le cadre du Plan Cancer porté par l’Inserm, au sein du Programme Hétérogénéité Tumorale et Ecosystème.

    La contribution de ce type d’outils est également en train d’être testée dans le domaine du diagnostic de la maladie de Parkinson. Elle s’inscrit dans le cadre du projet pluridisciplinaire « NeuroCoG » mené par l’Université Grenoble Alpes et bénéficie du financement IDEX (Initiatives d’excellence (IDEX)) du programme des investissements d’avenir.

  • Samsung Health (Corée du Sud) lance avec Babylon (UK) une application payante de consultations vidéo

    La société sud-coréenne Samsung et le groupe anglais Babylon Health ont récemment annoncé avoir signé un partenariat pour lancer un service « ask an expert » (« demande à un expert »), qui permettra aux utilisateurs de vérifier leurs symptômes, de recevoir des informations sur la santé physique et les affections courantes mais aussi de prendre des rendez-vous pour des consultations vidéo avec leur médecin.

    Lancé le 31 mai 2018, le service sera disponible via l’application Samsung Health sur les appareils mobiles Samsung Galaxy compatibles.

    « ask an expert » : Un médecin accessible 24h/24

    Avec ce nouvel outil numérique payant, les utilisateurs ont accès à un médecin 24 heures sur 24 mais peuvent aussi gérer et demander des ordonnances en ligne.

    L’application coûte 50 livres (57 € ; 67 US$) par an ou 25 livres (28 € ; 34 US$) pour un rendez-vous unique.

    Babylon multiplie les partenariats avec les entreprises asiatiques

    Par ailleurs, Babylon a établi en avril 2018 un partenariat avec le géant de l’internet chinois Tencent pour l’aider à fournir des évaluations de santé personnelles et des conseils de traitement à travers la Chine continentale.

  • India: hospitals invest in AI to better deal with large volumes of patients (IDC report)

    The latest IDC Health Insights report, entitled « PeerScape: Healthcare Practices to Adopt AI in India », published in early June 2018, describes the best practices for artificial intelligence (AI) by hospitals in India.

    The authors of the study believe that the healthcare market, including hospitals, life sciences, medical devices and health insurance companies, is the main driver of AI technology in the region.

    AI-enabled decision support to deal with large volumes of patients

    The hospitals in India treat a number of patients that is incomparable to any other region in the world. This overload is largely due to a serious shortage of primary care physicians, an overcrowded specialty health sector, and doctor consulting time less than two minutes .

    « AI-enabled clinical validation and decision support systems to identify care pathways, facilitate a massive volume of diagnoses, and bolster long-term disease management through patient-centric solutions, will become the key tenets to adding value to patients of the future, »said Anamika Suresh, market analyst for public sector at IDC Asia Pacific (source: Enterpriseinnovation.net).

    AI: Indian health industry expected to make significant progress by 2023

    The bulk of Artificial Intelligence investments reviewed by IDC in 2018 « centered around weaving patient experiences, augmenting clinical and service efficacy, and overall improving operational synergies across an ever-expanding care continuum, » said Gerald Wang, head of public sector, IDC Asia-Pacific. « However, each of them had one common objective: enabling AI for a high volume of patients because of the country’s large population. »

    « Driven primarily by large private hospitals, the Indian health market is expected to make strong and steady strides in the implementation, use, and popularization of AI in the next five years, » he also said.

    Hospitals to invest on deep learning algorithms within two to three years

    According to Mr Wang, hospitals will have passed the stage of experimentation with simple automation over the next two to three years and will begin to invest on deep learning algorithms « that makes sense and generates actionable insight out of the (…) unstructured data sets, from personal and hospital health information management systems. »

  • Inde : les hôpitaux investissent dans l’IA pour mieux gérer l’afflux de patients (rapport IDC)

    Le dernier rapport d’IDC Health Insights intitulé « PeerScape: pratiques de soins pour adopter l’IA en Inde » et publié début juin 2018 décrit les meilleures pratiques en matière d’intelligence artificielle (IA) opérées par les hôpitaux en Inde.

    Les auteurs de l’étude estiment que le marché des soins, comprenant les hôpitaux, les sciences de la vie, les dispositifs médicaux et les compagnies d’assurance maladie, est le principal moteur de la technologie de l’IA dans la région.

    L’aide à la décision basée sur l’IA pour traiter un volume important de patients

    Les hôpitaux en Inde traitent un nombre très important de patients, un volume incomparable à n’importe quelle autre région du monde. Cette surcharge est en grande partie due à une grave pénurie de médecins dans le domaine des soins primaires, à un secteur de santé spécialisé surpeuplé et à un temps de consultation des médecins inférieur à deux minutes.

    « Les systèmes de validation clinique et d’aide à la décision basés sur l’IA pour identifier les possibilités de soins, faciliter un volume massif de diagnostics et renforcer la gestion à long terme des maladies grâce à des solutions centrées sur le patient deviendront les principes clés pour ajouter de la valeur aux [services de soins] du futur », a déclaré Anamika Suresh, analyste de marché pour le secteur public à IDC Asie-Pacifique (source : Enterpriseinnovation.net).

    IA : l’industrie de la santé indienne devrait faire des progrès importants d’ici 2023

    La majeure partie des investissements en intelligence artificielle examinés par IDC en 2018 étaient centrés sur « les expériences des patients, l’amélioration de l’efficacité clinique et des services mais aussi des synergies opérationnelles dans un continuum de soins en constante expansion », a commenté Gerald Wang, chef du secteur public à IDC Asie-Pacifique. « Chacun d’entre eux avait néanmoins un objectif commun : permettre à un grand nombre de patients de bénéficier de l’IA en raison de l’importante population du pays. »

    « Essentiellement dirigé par les grands hôpitaux privés, le marché indien de la santé devrait faire des progrès importants dans la mise en œuvre, l’utilisation et la vulgarisation de [l’intelligence artificielle] dans les cinq prochaines années », a-t-il analysé.

    Les hôpitaux vont investir dans des algorithmes de deep learning d’ici deux-trois ans

    Selon M. Wang, les hôpitaux auront franchi l’étape de l’expérimentation avec une automatisation simple au cours des deux ou trois prochaines années et commenceront à investir dans des algorithmes d’apprentissage en profondeur (deep learning) « qui ont un sens et qui génèrent des informations exploitables parmi les ensembles de données non structurés (…) grâce à des systèmes de gestion des informations de santé personnelles et hospitalières ».

  • Mission de préfiguration du Health Data Hub : la composition du groupe de travail rendue publique

    Dominique Polton, présidente de l’Institut national des données en santé (INDS), Marc Cuggia, professeur d’informatique médicale et praticien hospitalier au Centre Hospitalier Universitaire de Rennes et Gilles Wainrib, président fondateur de la start-up Owkin sont les trois experts chargés du pilotage de la mission de préfiguration du Health Data Hub lancé par Agnès Buzyn, le 6 juin 2018 lors des 4es journées du Syndicat national de l’Industrie et des Technologies Médicales (Snitem).

    La ministre des Solidarités et de la Santé, a apporté par communiqué, le 12 juin 2018, des précisions quant à la mission de préfiguration de ce Health Data Hub, laboratoire d’exploitation des données de santé que le gouvernement a décidé de mettre en place à la suite de la remise du rapport Villani.

    Parmi ces précisions figurent :
    – la composition du groupe de travail,
    – un rappel des objectifs principaux de ce laboratoire d’exploitation des données de santé.

    Les conclusions de ce groupe de travail sont attendues pour la fin du mois de septembre 2018 (cf. lien ci-contre).

    Composition du groupe de travail

    Ce groupe de travail compte :

    • des représentants des trois grands instituts de recherche français ;
    • des membres de l’écosystème des start-ups ;
    • des professionnels de la santé ;
    • un représentant des industriels du médicament ;
    • des représentants des ministères des Solidarités et de la Santé et de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur ;
    • des représentants de l’Assurance maladie ;
    • des représentants du service du Premier ministre en charge de la transformation numérique de l’action publique.

    La rapporteuse de cette mission est Stéphanie Combes, cheffe de la mission d’administration des données de santé à la DREES.

    Objectifs principaux de cette mission de préfiguration

    La mission de préfiguration devra :

    • proposer des principes de mise en œuvre de cet élargissement ;
    • une feuille de route opérationnelle pour les trois années  à venir ;
    • « concevoir cet écosystème en lien avec les utilisateurs ».

    Rappel des missions du Health Data Hub

    Contexte de la création du Hub

    La création d’un « Health Data hub » a été décidée par le gouvernement à la suite de la remise du rapport Villani, dans un contexte de développement de l’intelligence artificielle et de l’analyse des données de santé, phénomènes amenés, d’après ce rapport, à transformer en profondeur le système de santé français.

    Le gouvernement espère notamment que l’intelligence artificielle et l’analyse des données de santé permettront :

    • de mieux évaluer l’efficacité thérapeutique des prises en charge ;
    • d’automatiser de nombreux processus dans les établissements de santé;
    • de développer la médecine personnalisée ;
    • de repenser l’accompagnement et la formation des professionnels de santé.

    En outre, la décision de la mise en place d’un tel laboratoire d’exploitation des données participe du même esprit que la loi du 26 janvier 2016 qui crée le Système national des données de santé (SNDS), système autorisant les acteurs publics comme privés à accéder au patrimoine français des données de santé.

    Buts principaux du Hub

    « La première mission du Hub sera de favoriser la mise en œuvre de l’élargissement du SNDS aux données cliniques », indique le communiqué. Cet élargissement du SNDS aux données cliniques :

    • passera par l’anonymisation des données recueillies au cours des soins réalisés en France, « dans le respect des droits des individus garantis par le RGPD » récemment entré en vigueur ;
    • permettra aux utilisateurs d’exploiter les données de santé « de manière plus efficace », ceci en rassemblant des plateformes d’hébergement, des outils d’exploitation et les compétences nécessaires à l’émergence d’innovations ;
    • s’inscrit dans la volonté de « créer une synergie entre les initiatives prometteuses qui se développent actuellement de manière déconnectée ». 

  • Etude : gagner 8 mois de survie grâce à une application dédiée au cancer du poumon (ASCO)

    Un oncologue français s’est distingué au congrès mondial sur le cancer, l’Asco, qui s’est tenu à Chicago (Etats-Unis) du 1er au 5 juin 2018. Le Dr Fabrice Denis, oncologue à l’institut interrégional de cancérologie Jean Bernard du Mans, a présenté les résultats d’une étude* portant sur une application mobile dédiée au suivi des malades atteints de cancer du poumon. L’algorithme a permis de mieux repérer les récidives et donc d’améliorer la survie de 8 mois.

    Un algorithme pour repérer les récidives de cancer

    Repérer précocement la récidive d’un cancer représente un vrai gain de chance pour le patient. Cette stratégie permet en effet d’entamer les traitements plus tôt et donc d’améliorer les chances de survie. Fort de ce concept, une équipe d’oncologues français a développé une application mobile avec un algorithme pour surveiller les symptômes du cancer du poumon.

    L’application Moovcare permet aux malades de notifier chaque semaine via son ordinateur, sa tablette ou son smartphone, l’apparition éventuelle de 13 symptômes (fatigue, toux, douleur, perte d’appétit, fièvre, etc). Les proches pouvaient également participer à la notification. Quand l’algorithme suspectait une récidive, un email était envoyé à l’oncologue qui pouvait alors vérifier l’état de santé de son patient et programmer un scanner rapidement si nécessaire.

    Résultats

    Quelque 121 patients atteints d’un cancer du poumon de grade III ou IV ont été inclus dans l’étude et randomisé en deux groupes : une moitié utilisait l’application mobile Moovcare et l’autre moitié bénéficiait d’un suivi traditionnel, soit un scanner tous les 3 mois. Des premiers résultats intermédiaires après un an de suivi avaient mis en évidence une amélioration de la survie de 7 mois dans le groupe Moovcare comparé au groupe contrôle (19 mois de survie contre 12).

    « Sur la base des résultats de notre analyse intermédiaire, nous avons émis l’hypothèse que le bénéfice était dû à la détection précoce des symptômes et des rechutes, ce qui a incité un traitement plus précoce et des soins de soutien », a déclaré le Dr Fabrice Denis.

    Lors de l’ASCO 2018, l’oncologue français a donc présenté les résultats définitifs d’un suivi de 2 ans des patients.

    • La médiane de survie était de 23 mois chez les patients suivis par Moovcare
    • Elle était de 14,8 mois dans le groupe contrôle (scanner tous les 3 mois)

    Une demande de remboursement pour l’appli

    Ces résultats définitifs montrent que la surveillance basée sur un algorithme et supérieure à celle de routine. Les résultats sont significatifs même après un suivi de 2 ans. En fait, comme l’avait déclaré le Dr Denis lors de la publication des résultats intermédiaires et de leur présentation à l’Asco 2016, « si la maladie rechute, ce n’est pas forcément le jour du rendez-vous avec l’oncologue ». En outre, les auteurs de l’étude ont cherché à savoir si l’utilisation de l’application suscitait une anxiété chez les patients. En réalité, ils ont déclaré qu’ils étaient rassurés par rapport à un suivi classique, car ils sont connectés directement à l’équipe médicale.

    L’application MoovCare a été développée par l’entreprise Sivan Innovation. Elle est en cours de déploiement dans des sites pilotes en France et bientôt aux Etats-Unis. Un dossier de remboursement a été déposé en mai 2018.

  • Dessintey installe IVS3, dispositif qui leurre le cerveau pour le rééduquer, dans 6 établissements

    Dans un communiqué diffusé le 13 juin 2018, la start-up Dessintey annonce que son dispositif IVS3 (Intensive visual simulation) va équiper dès le mois de juin 2018 des centres de rééducation en Ile-de-France ainsi qu’à Bordeaux, Lyon, Angers, Saint-Nazaire et Saint-Etienne.

    L’IVS3 s’adresse à des patients atteints d’AVC, de douleurs chroniques ou consécutives à une amputation. Ce dispositif innovant permet, grâce à un logiciel, une caméra et un système d’écrans, d’utiliser la thérapie miroir, qui stimule la plasticité cérébrale et permet aux patients une meilleure récupération.

    Un générateur d’illusions visuelles

    L’IVS3 –  le fruit de 15 années de recherche clinique du Professeur Giraux, chef de service Rééducation Adultes au CHU de Saint-Etienne – est né d’un constat : lors de son séjour en centre de rééducation, un patient ne consacre que 10% de son temps à la pratique d’exercices.

    Grâce à un logiciel, une caméra et un système d’écrans, l’IVS3 va générer des illusions visuelles : il remplace l’image du membre malade par une l’image créée à partir du membre valide. Ainsi, lors du travail de rééducation, le patient a l‘impression que son membre malade peut bouger comme s’il était sain, ce qui permet une reconstruction de ses circuits moteurs et sensoriels. L’illusion générée stimule sa plasticité cérébrale.

    Un outil au service d’une rééducation plus intensive

    L’IVS3 s’adresse aux victimes d’accident vasculaire cérébral, de douleurs chroniques (syndrome douloureux régional complexe (SDRC)/algodystrophie) ou de douleurs consécutives à une amputation. Il permet un travail intense, varié et personnalisé, avec un démarrage plus précoce de la rééducation et une augmentation quantitative et qualitative des exercices effectués.

    Le patient peut travailler en autonomie plusieurs fois par jour. L’efficacité de sa rééducation est optimisée sans générer plus de fatigue.

    Une double innovation : la technologie et l’usage

    La conception d’IVS3 a nécessité la collaboration de développeurs logiciels et de bureaux d’études spécialistes d’ergonomie, de design, de mécanique et d’optique. Le cœur de l’IVS3 est un assistant augmenté, basé sur un algorithme intelligent. A partir d’une évaluation réalisée par le thérapeute, le logiciel analyse et reconnaît les mouvements les plus adaptés aux déficiences du patient. Il propose des séances et les personnalise en s’appuyant sur plus de 400 exercices spécifiquement conçus ; enfin, il permet la traçabilité des séances et le suivi des progrès du malade.

    La thérapie miroir a a été inscrite, en 2012, dans les recommandations de la Haute Autorité de Santé. Plus d’infos sur : www.therapiemiroir.com