Le prochain séminaire français du projet européen en e-santé mentale eMen aura lieu au cours du mois de décembre 2018 au centre hospitalier Guillaume Régnier, à Rennes, et aura pour problématique centrale : « Comment les solutions de e-santé mentale peuvent être efficaces pour améliorer les services de santé mentale ? ».
Un an après le premier séminaire organisé par le Centre collaborateur de l’Organisation mondiale de la santé pour la recherche et la formation en santé mentale (CCOMS) en juin 2017 à Paris et quelques mois avant ce prochain événement français à Rennes, Health & Tech Intelligence se propose de revenir sur les objectifs et les principaux résultats attendus de ce projet européen de e-santé mentale qui :
• regroupe six pays (les Pays-bas, la Belgique, la France, l’Allemagne, l’Irlande et le Royaume-Uni) mettant en commun une expertise technologique et clinique dans les domaines de la recherche et du développement.
• est financé par le programme Interreg North-West Europe à hauteur de 5,36 millions d’euros ;
• se poursuivra jusqu’au mois de novembre 2019.
Objectifs généraux du projet
La Commission européenne a relevé que l’utilisation moyenne en Europe du Nord-Ouest des dispositifs connectés de santé mentale n’était actuellement que de 8 % : le premier objectif du projet eMen est de faire passer cette utilisation à 15 %. Ce changement doit être promu par une première « plateforme transnationale pour l’innovation et la mise en œuvre de la e-santé mentale » formée par des partenaires privés et publics.
Le principal bénéfice secondaire attendu de cette plus grande utilisation des produits de e-santé par la commission consiste en une augmentation de la capacité de performance et d’innovation économique de la région, qui passerait par :
- la réduction des coûts de soins de santé ;
- l’amélioration de la prévention ;
- l’amélioration des soins et des traitements ;
- la croissance des PME dans le domaine de la e-santé.
Axes de travail
Le projet est articulé autour de divers axes de travail :
- le développement et le test d’objets connectés de e-santé mentale : dans ce cadre, l’Inserm a proposé le développement de StopBlues (par ailleurs développé dans le cadre du Printemps), projet de recherche reposant sur la mise en place et l’évaluation d’une appli mobile et d’un site web de prévention de la souffrance psychique et du suicide ;
- la formation et la sensibilisation à la e-santé mentale : dans cet axe qui relève de la communication, un cycle de 24 événements (18 séminaires et 6 conférences) est prévu dans l’ensemble des pays participants, comptant un séminaire tous les six mois dans un pays donné. Le prochain séminaire français aura lieu à Rennes en décembre 2018. La liste des séminaires passés et futurs est la suivante :
- 06/09/2018, à Geel (Belgique) : « Wearables » ;
- 11/06/2018, à Düsseldorf (Allemagne) : « Mise en œuvre de la e-santé mentale : la révolution numérique dans les soins de santé mentale » ;
- 24/05/2018, à Édimbourg (Écosse) : « Approches géocentriques de la santé mentale » ;
- 10/04/2018, à Haarlem (Pays-Bas) : « Formation en santé mentale : maintenant et dans le futur » ;
- 30/03/2018, à Hellemmes (France) : « Citoyenneté active et habilitation en santé mentale communautaire » ;
- 23/02/2018, à Bruxelles (Belgique) : « Thérapie en ligne : réflexions sur les questions psychodynamiques, psychothérapeutiques et éthiques » ;
- 16/11/2017, à Dublin (Irlande) : « Technologie pour le bien-être » ;
- 12/10/2017, à Berlin (Allemagne) : « Entrer en contact avec les interventions numériques pour la santé mentale » ;
- 11/07/2017, à Amsterdam (Pays-Bas) : « Confidentialité, qualité et défis techniques » ;
- 22/06/2017, à Paris (France) : « La santé mentale en ligne : définitions, défis, expériences » ;
- 26/04/2017, à Belfast (Irlande) : « Équité et cybersanté mentale : La technologie numérique peut-elle nous aider à atteindre une bonne santé mentale pour tous? » ;
- 96/02/2017, à Malines (Belgique) : Conférence de lancement du projet.
- l’élaboration de recommandations politiques à destination des décideurs européens et nationaux ;
- la création d’une plateforme de coopération européenne favorisant la mise en œuvre et l’échange de bonnes pratiques en matière de e-santé mentale.
Principaux résultats attendus
Les pays pilotes de eMEN attendent de lui qu’il mène :
- au développement de 5 produits connectés de e-santé mentale : 2 dispositifs concerneront la dépression et les troubles de l’humeur, 2 autres l’anxiété et un dernier la prise en charge des états de stress post-traumatique. Un de ces produits (StopBlues) est développé en France ;
- Ce développement doit être conduit avec un coût raisonnable.
- Les produits doivent répondre à des besoins clairement exprimés par les usagers.
- Ces dispositifs doivent être élaborés à partir des bonnes pratiques de e-santé mentale.
- Les produits développés doivent par ailleurs être testés dans les pays partenaires du projet.
- à la mise en place d’une plateforme de coopération transnationale qui permettra de favoriser la connaissance, l’innovation, la réalisation de tests et l’échange de savoirs dans le domaine de la e-santé mentale ;
- à l’élaboration d’une méthodologie de recherche économiquement efficiente et reposant sur des données probantes (evidence based) afin d’évaluer au mieux la qualité des produits de e-santé mentale ;
- au soutien de 15 PME proposant des services de e-santé mentale dans les 6 pays partenaires du projet ;
- à l’émission de recommandations politiques transnationales pour une utilisation efficace et mieux cadrée à grande échelle des applications de e-santé mentale en Europe ;
- à une sensibilisation des professionnels et du public suffisante pour atteindre 4 000 professionnels et 70 000 utilisateurs.