Le projet régional de santé 2018-2022 de l’Agence Régionale de Santé de Bretagne a été rendu public le 2 juillet 2018.
Parmi les grands principes sur lesquels repose la politique de santé régionale, on retrouve notamment :
• une coordination plus forte des intervenants au bénéfice d’une prise en charge globale du patient-citoyen et ce au plus près de son lieu de vie ;
• un renforcement de la qualité et de l’efficacité du système de santé.
De façon opérationnelle, ce dernier principe consistera à privilégier la pertinence des pratiques et les innovations médicales, technologiques ou organisationnelles. Il implique également l’adaptation aux évolutions de la démographie des professionnels de santé.
L’ARS a élaborée son PRS au cours d’une démarche collaborative impliquant les instances de démocratie en santé et l’ensemble de ses partenaires institutionnels, et ce depuis depuis la phase de diagnostic jusqu’à l’écriture : fédérations hospitalières et médico-sociales, URPS et instances de démocratie en santé (la conférence régionale de la santé et de l’autonomie et ses commissions spécialisées, les conseils territoriaux de santé, etc.).
Une feuille de route sanitaire à 7 orientations stratégiques
Le plan régional de santé de l’ARS de Bretagne repose sur 7 orientations stratégiques :
Agir sur la prévention visant à éviter les atteintes prématurées à la santé et à la qualité de vie
Il s’agit de mener des actions de prévention dans un approche englobante, avec la prise en compte de l’ensemble des déterminants de la santé et avec des actions à destination des populations à risque et des patients atteints de maladies chroniques tout particulièrement.
Cela passe par une sensibilisation dès le plus jeune âge pour favoriser l’adoption de bons réflexes pour la santé, des consultations de dépistage précoce ou des programmes d’éducation thérapeutique auprès des publics souffrants de maladies chroniques.
Un des leviers de mise en œuvre de ces actions sera le recours au « service sanitaire » assuré par les étudiants en médecine.
Garantir l’accès à une offre de santé adaptée et de qualité tournée vers le domicile
Il s’agit ici de garantir un accès aux soins malgré les difficultés sociales, économiques ou géographiques rencontrées par un patient et de répondre aux changements de mode de vie avec une demande clairement axée sur le domicile.
- Les soins
En matière des soins de premiers recours, promouvoir l’exercice coordonnée entre les équipes de premiers recours (médecin traitants et autres professionnels de santé), poursuivre le développement de maison de santé pluriprofessionnelles et enfin mettre en place un accueil sans rendez-vous pour désengorger les services d’urgences.
Sur le plan des soins hospitaliers, il s’agira de développer la télémédecine, la chirurgie ambulatoire, l’hospitalisation à la journée et l’hospitalisation à domicile (HAD).
- L’accompagnement médico-social tourné ver le domicile
L’objectif ici est d’encourager l’ouverture des Ehpad en les faisant évoluer vers des pôles de services ouverts sur l’extérieur, au bénéfice des personnes résidant au domicile ; développer les services de soins et d’accompagnement à domicile pour les publics dépendants et développer des accompagnements combinant l’accueil en établissement et les soins à domicile.
Faciliter les parcours de soins, de santé et de vie par une organisation plus coordonnée
Afin de proposer un accompagnement en continu et au plus près des besoin, il faudra :
- encourager les coopérations entre hôpital et la ville en facilitant la création de « communautés professionnelles territoriales de santé » ;
- créer des nouvelles « plateformes d’appui » dans la région au service des médecins traitants dans le suivi des malades chroniques ;
- favoriser la généralisation du DMP ;
- financer le développement de systèmes de communication et d’échanges sécurisés entre professionnels ;
- déployer dans la région des systèmes d’information permettant une meilleure orientation de la personne vers le dispositif le plus proche et le plus adapté.
Renforcer la qualité et la pertinence des prises en charge
Afin de délivrer des prises en charge pertinentes et adaptées à l’état de santé des personnes, les actions suivantes sont proposées :
- développer le rôle de l’usager dans l’analyse de la qualité des soins par la méthode dite du « patient traceur » en établissement (analyse de la prise en charge délivrée sous forme d’un entretien entretien avec le patient) ;
- organiser avec les professionnels de santé un programme d’amélioration de la pertinence des soins sur un certain nombre d’actes opératoires ou d’examens.
Afin d’inciter à la qualité et à la pertinence, le PRS prévoit :
- d’utiliser les contrats d’objectifs avec les établissements pour intégrer des objectifs précis d’amélioration de leurs indicateurs de qualité des soins ;
- d’utiliser la tarification incitative à la qualité dans les établissements hospitaliers comme levier d’amélioration des pratiques ;
- de mettre en place des contrats d’objectifs afin d’améliorer la pertinence des prescriptions médicamenteuses en établissement de santé et en EHPAD.
Développer la performance et l’innovation du système de santé
Afin de garantir la performance et la pérennité du système de santé, il faudra exploiter le filon des innovations technologiques notamment.
Pour répondre à une démographie médicale en tension, la création de postes de médecins partagés entre établissements, ainsi que les « consultations avancées » de spécialistes hospitaliers sur les territoires sont prévues.
Pour favoriser la pénétration des innovations dans le système de santé, sont prévues des actions visant à :
- expérimenter de nouvelles organisations à travers des appels à projets ;
- favoriser le développement de la recherche clinique dans les établissements hors CHU.
Pour encourager la performance des établissements, on pourra développer des outils et systèmes d’information adaptés pour optimiser la gestion des établissements : achats, occupation des lits, dossiers communicants, mise en commun de fonctions logistiques et gestionnaires, etc.
Améliorer la prise en charge des évènements exceptionnels
Il s’agit d’améliorer la gestion de crises sanitaires en fédérant les structures de vigilance indépendamment, tous domaines confondus (pharmacovigilance, hémovigilance, centres anti-poison, etc.).
Procéder à une mise en œuvre de la politique de santé régionale en mobilisant l’ensemble des acteurs
L’ARS souhaite associer des représentants de l’ensemble des professionnels de santé et des usagers à la réflexion sur les besoins régionaux en santé, comme expression du souhait des autorités à renforcer la démocratie sanitaire.
Ainsi, la place des usagers dans les établissement de santé sera renforcée et des expériences de formations croisées entre usagers et soignants seront davantage développées.