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  • Le PRS 2018-2022 de l’ARS Bretagne axé sur les notions de coordination, pertinence et innovation

    Le projet régional de santé 2018-2022 de l’Agence Régionale de Santé de Bretagne a été rendu public le 2 juillet 2018.

    Parmi les grands principes sur lesquels repose la politique de santé régionale, on retrouve notamment :
    • une coordination plus forte des intervenants au bénéfice d’une prise en charge globale du patient-citoyen et ce au plus près de son lieu de vie ;
    • un renforcement de la qualité et de l’efficacité du système de santé.
    De façon opérationnelle, ce dernier principe consistera à privilégier la pertinence des pratiques et les innovations médicales, technologiques ou organisationnelles. Il implique également l’adaptation aux évolutions de la démographie des professionnels de santé.

    L’ARS a élaborée son PRS au cours d’une démarche collaborative impliquant les instances de démocratie en santé et l’ensemble de ses partenaires institutionnels, et ce depuis depuis la phase de diagnostic jusqu’à l’écriture : fédérations hospitalières et médico-sociales, URPS et instances de démocratie en santé (la conférence régionale de la santé et de l’autonomie et ses commissions spécialisées, les conseils territoriaux de santé, etc.).

    Une feuille de route sanitaire à 7 orientations stratégiques 

    Le plan régional de santé de l’ARS de Bretagne repose sur 7 orientations stratégiques :

    Agir sur la prévention visant à éviter les atteintes prématurées à la santé et à la qualité de vie

    Il s’agit de mener des actions de prévention dans un approche englobante, avec la prise en compte de l’ensemble des déterminants de la santé et avec des actions à destination des populations à risque et des patients atteints de maladies chroniques tout particulièrement.

    Cela passe par une sensibilisation dès le plus jeune âge pour favoriser l’adoption de bons réflexes pour la santé, des consultations de dépistage précoce ou des programmes d’éducation thérapeutique auprès des publics souffrants de maladies chroniques.

    Un des leviers de mise en œuvre de ces actions sera le recours au « service sanitaire » assuré par les étudiants en médecine.

    Garantir l’accès à une offre de santé adaptée et de qualité tournée vers le domicile

    Il s’agit ici de garantir un accès aux soins malgré les difficultés sociales, économiques ou géographiques rencontrées par un patient et de répondre aux changements de mode de vie avec une demande clairement axée sur le domicile.

    • Les soins

    En matière des soins de premiers recours, promouvoir l’exercice coordonnée entre les équipes de premiers recours (médecin traitants et autres professionnels de santé), poursuivre le développement de maison de santé pluriprofessionnelles et enfin mettre en place un accueil sans rendez-vous pour désengorger les services d’urgences.

    Sur le plan des soins hospitaliers, il s’agira de développer la télémédecine, la chirurgie ambulatoire, l’hospitalisation à la journée et l’hospitalisation à domicile (HAD).

    • L’accompagnement médico-social tourné ver le domicile

    L’objectif ici est d’encourager l’ouverture des Ehpad en les faisant évoluer vers des pôles de services ouverts sur l’extérieur, au bénéfice des personnes résidant au domicile ; développer les services de soins et d’accompagnement à domicile pour les publics dépendants et développer des accompagnements combinant l’accueil en établissement et les soins à domicile.

    Faciliter les parcours de soins, de santé et de vie par une organisation plus coordonnée

    Afin de proposer un accompagnement en continu et au plus près des besoin, il faudra :

    • encourager les coopérations entre hôpital et la ville en facilitant la création de « communautés professionnelles territoriales de santé » ;
    • créer des nouvelles « plateformes d’appui » dans la région au service des médecins traitants dans le suivi des malades chroniques ;
    • favoriser la généralisation du DMP ;
    • financer le développement de systèmes de communication et d’échanges sécurisés entre professionnels ;
    • déployer dans la région des systèmes d’information permettant une meilleure orientation de la personne vers le dispositif le plus proche et le plus adapté.

    Renforcer la qualité et la pertinence des prises en charge

    Afin de délivrer des prises en charge pertinentes et adaptées à l’état de santé des personnes, les actions suivantes sont proposées :

    • développer le rôle de l’usager dans l’analyse de la qualité des soins par la méthode dite du « patient traceur » en établissement (analyse de la prise en charge délivrée sous forme d’un entretien entretien avec le patient) ;
    • organiser avec les professionnels de santé un programme d’amélioration de la pertinence des soins sur un certain nombre d’actes opératoires ou d’examens.

    Afin d’inciter à la qualité et à la pertinence, le PRS prévoit :

    • d’utiliser les contrats d’objectifs avec les établissements pour intégrer des objectifs précis d’amélioration de leurs indicateurs de qualité des soins ;
    • d’utiliser la tarification incitative à la qualité dans les établissements hospitaliers comme levier d’amélioration des pratiques ;
    • de mettre en place des contrats d’objectifs afin d’améliorer la pertinence des prescriptions médicamenteuses en établissement de santé et en EHPAD.

    Développer la performance et l’innovation du système de santé

    Afin de garantir la performance et la pérennité du système de santé, il faudra exploiter le filon des innovations technologiques notamment.

    Pour répondre à une démographie médicale en tension, la création de postes de médecins partagés entre établissements, ainsi que les « consultations avancées » de spécialistes hospitaliers sur les territoires sont prévues.

    Pour favoriser la pénétration des innovations dans le système de santé, sont prévues des actions visant à :

    • expérimenter de nouvelles organisations à travers des appels à projets ;
    • favoriser le développement de la recherche clinique dans les établissements hors CHU.

    Pour encourager la performance des établissements, on pourra développer des outils et systèmes d’information adaptés pour optimiser la gestion des établissements : achats, occupation des lits, dossiers communicants, mise en commun de fonctions logistiques et gestionnaires, etc.

    Améliorer la prise en charge des évènements exceptionnels

    Il s’agit d’améliorer la gestion de crises sanitaires en fédérant les structures de vigilance indépendamment, tous domaines confondus (pharmacovigilance, hémovigilance, centres anti-poison, etc.).

    Procéder à une mise en œuvre de la politique de santé régionale en mobilisant l’ensemble des acteurs

    L’ARS souhaite associer des représentants de l’ensemble des professionnels de santé et des usagers à la réflexion sur les besoins régionaux en santé, comme expression du souhait des autorités à renforcer la démocratie sanitaire.

    Ainsi, la place des usagers dans les établissement de santé sera renforcée et des expériences de formations croisées entre usagers et soignants seront davantage développées.

  • EIT Health Validator : un nouvel incubateur de 10 start-ups health tech européennes

    Le EIT Health Validator, un tout nouveau programme européen d’incubation, a été lancé la semaine du 18 juin 2018. Hébergé par le pôle « Innovation & Entrepreneurship » au Trinity College Dublin en collaboration avec l’European Institute of Innovation & Technology (EIT Health), il est ouvert aux start-ups health tech fondées en Europe.

    Cet incubateur, le premier du genre en Irlande, vise à identifier de nouvelles technologies qui favorisent un mode de vie sain, soutiennent le vieillissement actif et améliorent les systèmes de santé. Il permettra aux sociétés en phase de démarrage participantes de valider leurs idées commerciales et d’identifier les marchés appropriés à leurs produits.

    Parmi les 10 start-ups sélectionnées – provenant d’Irlande, d’Allemagne, des Pays-Bas, d’Espagne, de Finlande, de Pologne et de Lettonie – figure Praxagoras (Pays-Bas), à l’origine d’un système de surveillance conçu pour aider les généralistes à détecter de manière précoce la fibrillation auriculaire, signe d’un risque élevé d’AVC ou d’insuffisance cardiaque.

    Toutes les équipes participeront à six semaines d’activités intensives de validation et de mentorat au sein du Trinity College. Dans le but d’obtenir rapidement une validation de leurs solutions sur plusieurs marchés, elles effectueront ensuite une tournée de deux semaines en Europe dans quatre centres universitaires spécialisés en technologie de la santé :
    • la Grenoble École de management – Grenoble EM (France) ;
    • l’université de technologie de Delft – TU Delft (Pays-Bas) ;
    • l’Imperial College London (Angleterre) ;
    • l’université de Newcastle – Newcastle upon Tyne (Angleterre).

    Les start-up participant à l’édition Validator 2018 sont :

    Des innovations attendues prochainement sur le marché

    Les équipes du Validator 2018 sont composées de chercheurs en santé et en sciences, de professionnels de la santé, d’ingénieurs en logiciel, d’innovateurs spécialisés en numérique, d’experts en pharmacie et en dispositifs médicaux ainsi que de développeurs d’affaires.

    Pour intégrer le programme, les dix start-ups retenues ont dû prouver la pertinence de leur technologie, qui doit permettre un bénéfice sanitaire mesurable pour la société pouvant être fourni dans un délai réaliste.

  • « L’intelligence humaine doit rester décisionnaire » face à l’IA en santé(Colloque Ethik IA-Sénat) 1/2

    L’initiative Ethik-IA organisait au Sénat, le lundi 2 juillet 2018, un séminaire intitulé « Pour une régulation positive de l’IA et de la robotisation en santé : le temps est compté ! ».

    Health & Tech Intelligence vous propose une synthèse en deux parties des interventions de la table-ronde intitulée « IA, robotisation, certification et normalisation : quelles clés de régulation ? ».

    Cette première table-ronde réunissant les personnalités suivantes : Dr Isabelle ADENOT, Membre du Collège de la Haute autorité de santé ; Thomas LONDON, Directeur Santé chez Mc Kinsey ; Pr Lydia MORLET, Institut Droit Santé Paris-Descartes ; Fabrice WAECHTER, Président de l’ADIJ ; David FAJOLLES, Professeur Affaires publiques Sciences Po Paris ; Michel BALLEREAU, Président COS AFNOR, Délégué général FHP ; Magali LEO, Renaloo ; Yvanie CAILLE, Directrice générale de l’INDS ; Jérôme CHEVILLOTE, Directeur General Electrics France.

    Face à l’IA, « l’intelligence humaine doit rester décisionnaire », M. Lenoir-Salfati, Directrice de l’Agence nationale du DPC

    Une étude récente a montré qu’un système d’IA commettait moins d’erreurs que des dermatologues lors du diagnostique du mélanome

    En guise d’introduction, Michèle Lenoir-Salfati, Directrice générale de l’Agence nationale du développement professionnel continu, a évoqué les conséquences de l’irruption de l’intelligence artificielle sur les ressources humaines hospitalières, médicales et médico-sociales. 

    L’IA fait désormais partie intégrante de la recherche et de la pratique médicales. L’intervenante évoque une étude, parue le 28 mai 2018 dans la revue Annals of Oncology, intitulée « Man against machine: diagnostic performance of a deep learning convolutional neural network for dermoscopic melanoma recognition in comparison to 58 dermatologists », dont les conclusions montrent deux choses :

    • l’IA est capable d’assurer le dépistage du mélanome ;
    • elle le fait également « mieux » que la quasi totalité des 58 dermatologues sollicités dans le cadre de cette enquête.

    Les chercheurs en concluent donc à l’utilité du recours à l’IA par les professionnels de santé lors de la phase de diagnostique clinique.

    Les modalités de raisonnement des IA sont « opaques »

    « L’irruption de l’intelligence artificielle interroge l’expérience professionnelle. Elle étonne, fascine et inquiète » les professionnels amenés à y recourir. Michèle Lenoir-Salfati.

    La Directrice générale de l’Agence nationale du Développement professionnel continu met en évidence trois difficultés induites par l’IA pour les professionnels agissant de les champs médical et médico-social :

    • Quelle confiance faut-il accorder aux outils de l’intelligence artificielle ?
      • L’IA utilise des algorithmes de deep learning dont le fonctionnement n’est que partiellement compris. Leurs concepteurs admettent qu’il existe une « opacité » constitutive de cet apprentissage profond (deep learning) et qu’ils ignorent les modalités de raisonnement d’une IA ;
      • A ce titre, « l’intelligence humaine doit rester décisionnaire » rappelle l’intervenante, ce qui nécessite d’entretenir et de pérenniser le dialogue interdisciplinaire entre les logiciens, éditeurs, concepteurs, informaticiens et éthiciens.
    • Il convient par ailleurs « de former les professionnels de santé aux enjeux, usages et outils de l’IA », ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, rappelle Mme Lenoir-Salfati.
      • L’Agence nationale du DPC a, à ce titre, pris un arrêté relatif au développement professionnel pour y intégrer l’IA et ses usages. Sa parution au Journal Officiel est imminente ;
      • L’Agence nationale du DPC entend également élaborer des référentiels d’usages, de compétences et de formation à destination des professionnels, et mobiliser de nouvelles ressources pour développer ses compétences en matière d’IA sur les volets théoriques et pratiques.
    • Enfin, les professionnels de santé doivent être en mesure de faire face à ces évolutions. L’oratrice considère que l’IA aura des conséquences sur la répartition des compétences entre professionnels de santé.
      • Des protocoles de coopérations doivent ainsi voir le jour, inspirés notamment de l’article 59 de la loi portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires (dite loi « HPST ») ;
      • L’IA sera un « levier de nouvelles prises en charge interdisciplinaires », conclut-elle.

    Table-ronde 1 : IA, robotisation, certification et normalisation : quelles clés de régulation ?

    Session coordonnée par Maître Delphhine JAAFAR (Cabinet Vatier) et Julia PETRELLUZZI (Ethik IA)

    Selon quelle périodicité évaluer des technologies en évolution constante ? – Dr Isabelle ADENOT, Membre du Collège de la Haute Autorité de Santé

    De la conception à l’utilisation des algorithmes

    Cette position exprimée par le Dr Adenot lors du colloque, est complétée par la « Contribution de la HAS aux débats des Etats-généraux des lois de Bioéthique » (audition du 27 avril 2018), dont le contenu est accessible ici.

    Mme Adenot rappelle que de nombreuses normes existent pour la conception et la gestion de logiciels et dispositifs médicaux. Il en va autrement pour la conception et la gestion des algorithmes d’intelligence artificielle. « Il n’existe en effet pas de disposition spécifique à l’IA », rappelle la HAS lors de son audition du 27 avril 2018.

    Cependant, les dispositions de la loi informatique et libertés (article 34) et du RGPD s’appliquent à l’IA, car il s’agit de traitement de données, notamment concernant les obligations du responsable de traitement sur la qualité des données.

    La HAS recommandait à ce titre que :

    • les acteurs soient formés, y compris à l’éthique ;
    • des bonnes pratiques de développement de l’IA soient édictées, et qu’un cadre normatif soit éventuellement créé ;
    • que la recherche IA soit encouragée, y compris dans le domaine éthique.

    L’évaluation de l’algorithme

    Plusieurs questions se posent pour la HAS quant à l’évaluation des algorithmes :

    • La question du périmètre de l’évaluation

    La finalité de l’évaluation réalisée par la HAS est d’identifier et de quantifier les bénéfices cliniques pour le patient et la collectivité de toute intervention en santé. Le processus de production de cette intervention est toutefois exclu du champ d’évaluation de la HAS.

    • La question du rythme et de la fréquence de l’évaluation

    Comment évaluer des technologies évolutives ? S’agissant de logiciels et d’algorithmes en constante évolution par adjonction de nouvelles données, Isabelle Adenot considère que l’évaluation devrait théoriquement intervenir en continu afin de rendre compte « réellement » du service rendu par l’outil. Cela s’avère délicat, sauf à opérer par « versioning » ou « intégrer les apports de l’intelligence artificielle au cœur même de l’évaluation », rappelle la HAS dans sa contribution aux Etats généraux de la Bioéthique.

    Ainsi, « le fabricant ou le fournisseur doit se voir imposer de réaliser des contrôles et des évaluations périodiques et traçables, pour garantir l’absence de dégradation de son « produit » », à travers notamment une « garantie de non régressivité », préconisée par Isabelle Adenot.

    • La question de la finalité des outils d’intelligence artificielle

    La finalité des outils d’intelligence artificielle doit être prédéterminée et l’absence de modification (comme le prévoient la loi Informatique et Libertés et le RGPD) doit être garantie, afin d’éviter que l’intelligence artificielle apprenante invente des recoupements de données indésirables.

  • L’AP-HP teste l’application de Team’Doc pour un échange sécurisé des données médicales

    L’hôpital Beaujon, hôpital de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris, est en train de tester sur une période de six mois une application mobile développée par la société Team Doc afin de permettre aux équipes du service d’anesthésie-réanimation de partager les informations médicales des patients pris en charge.

    À l’issue de cette expérimentation, l’application sera adoptée par un service de l’hôpital, à savoir le service de chirurgie orthopédique.

    L’objectif ultime de cette phase de test mobilisant 40 médecins et paramédicaux est de tirer des enseignements pratiques afin de les inclure dans la mise en place de la solution définitive que les équipes médicale de l’hôpital Beaujon utiliseront pour le partage des données de santé.

    Une application digitale trouve sa justification dans le besoin du patient

    Échanger les informations via une appli sur smartphone dédié

    Il s’agit d’un outil qui trouve toute son utilité dans le cadre des transmissions médicales, des moments-clefs à l’hôpital, qui sont l’occasion d’échanger les informations entre l’équipe de jour et l’équipe de garde.

    Avec l’application, les informations pertinentes pour la prise en charge des patients sont partagées en temps réel avec l’ensemble des parties prenantes. L’échange se fait sous forme de fiches résumées standardisées qui sont susceptibles d’être complétées par des examens à venir ou des résultats d’examens en attente.

    L’avantage de la solution consiste à faire converger tous les moyens de diffusion des informations médicales pour fluidifier la communication entre praticiens au service d’une meilleure prise en charge.

    L’application a été conçue pour être utilisée sur un « smartphone hospitalier » dédié fourni dans un double objectif : garantir la sécurité des données et favoriser la séparation vie privée-vie professionnelle.

    Fonctionnalités

    Les fonctionnalités disponibles dans la version testée sont les suivantes :

    • un annuaire dynamique des médecins permettant de connaître en temps réel leur disponibilité et leur affectation (de garde, d’astreinte, d’avis…) ;
    • une messagerie sécurisée (chat) avec groupes de conversations ;
    • des fiches de transmissions médicales partagées avec l’ensemble du service et partageables en cas d’avis à demander ainsi qu’une liste de tâches ;
    • des recommandations des sociétés savantes selon la spécialité du médecin, des procédures et protocoles locaux.

  • Printemps

    Programme de recherche interventionnelle et évaluative mené pour la prévention du suicidenull

  • Lancement d’HÔPITAUX86, portail français de partage de données entre GHT et médecine de ville

    Le Centre Hospitalier Universitaire de Poitiers et le GHT Nord-Vienne ont lancé le jeudi 21 juin 2018 le projet HÔPITAUX86, premier portail français d’échange de référentiels et de données médicales entre le groupement hospitalier et les professionnels de santé exerçant en ville. 

    L’objectif de cette plateforme, en créant un lien entre établissements, médecins de ville et patients, est de favoriser la maîtrise du parcours de soins : les initiateurs de ce dispositif sont animés par l’idée que le parcours de soins ne peut être fluide si tous les acteurs ne peuvent disposer d’un accès facile aux données médicales.

    Le développement de ce portail a impliqué entre octobre 2017 et mai 2018 :
    • l’assurance maladie ;
    • le Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM) ;
    • des représentants de la médecine de ville ;
    • le CHU de Poitiers ;
    • le groupe hospitalier Nord-Vienne.

    Les 4 objectifs de ce projet sont de protéger l’identité du patient dans le GHT, d’échanger les données médicales entre le CHU de Poitiers et le GHT Nord-Vienne ainsi que d’ouvrir l’hôpital à la ville et aux patients.

    D’après le communiqué émis par le CHU de Poitiers le 21 juin 2018, plusieurs hôpitaux ainsi que la région des Hauts-de-France compteraient suivre la mise en œuvre de ce portail afin d’adopter eux aussi prochainement cette solution.

    Fonctionnement du portail

    Pour les professionnels de la ville comme pour les patients, aucune installation particulière n’est nécessaire pour accéder au portail : l’accès, sécurisé (Le patient qui se connecte est-il bien la personne qu’il prétend être ? Le médecin a-t-il bien été autorisé par son patient à accéder aux informations le concernant ?), se fait par internet.

    Les données gérées par la plateforme

    Le portail représente en termes quantitatifs :

    • 420 500 patients inscrits dans la base de données ;
    • 31 380 médecins référencés ;
    • 3 500 documents déposés chaque jour ;
    • 290 000 documents visualisables.

    4 objectifs du développement de la plateforme 

    Protéger l’identité du patient dans le groupement hospitalier de territoire

    La plateforme garantit la sécurité des accès par un système de vérification de l’identité des utilisateurs qui passe par :

    • la « fédération des identités du territoire » : rapprochement, identitovigilance de territoire ;
    • une « centralisation des annuaires référentiels » référençant des structures et professionnels intra et extrahospitaliers ;
    • l’ »organisation de l’unicité de l’authentification et l’administration de l’annuaire de sécurité » concernant les comptes et profils des utilisateurs ainsi que les domaines et applications autorisés.

    Concernant cette partie relative à l’identité des utilisateurs, l’ARS Nouvelle Aquitaine a désigné le GHT Nord-Vienne comme site pilote en vue d’un élargissement du dispositif à l’ensemble de la région.

    Échanger les données médicales entre le CHU de Poitiers et le GHT Nord-Vienne

    Il s’agit de créer, au service d’un projet médical de territoire, un espace inter-hospitalier dédié aux professionnels du CHU de Poitiers et du Groupe hospitalier Nord-Vienne qui soit à même de favoriser le partage des informations médicales issues des dossiers patients de chaque structure.

    Ouvrir l’hôpital à la ville

    Cet espace interhospitalier et interprofessionnel est également ouvert aux professionnel libéraux au moyen de fonctionnalités conçues pour renforcer la collaboration entre les professionnels de la santé de la ville et de l’hôpital.

    L’objectif est de proposer aux médecins libéraux, depuis leur cabinet, un accès direct au dossier de leurs patients (comprenant des compte-rendus de consultations et opératoires, des clichées et compte-rendus d’imagerie, des résultats de laboratoires, la lettre de sortie, etc.), à condition que ceux-ci aient donné leur accord à une telle ouverture de leur dossier médical.

    D’abord accessible aux médecins libéraux, les concepteurs de la plateforme prévoient de la proposer prochainement aux pharmaciens et aux infirmiers libéraux.

    Ouvrir l’hôpital aux patients

    Il est prévu qu’en septembre 2018, le portail soit ouvert aux patients afin de leur permettre :

    • d’accéder à leurs données médicales ;
    • de contacter facilement les établissements de santé.

  • Pulsy, le nouveau Groupement régional d’appui au développement de la e-santé Grand Est

    Pulsy est le nouveau Groupement régional d’appui au développement de la e-santé (GRADeS) de la région Grand Est, apprend-on dans un communiqué du 28 juin 2018. Pulsy, pour « Proximité, Unité, Lien et Synergie » est le GIP impulsé par l’Agence Régionale de Santé Grand Est qui va œuvrer pour l’amélioration des services de soin en agissant sur les SI, l’organisation et la coordination des différents acteurs, les services de télémédecine et de téléradiologie, l’orientation des patients, la diffusion de comptes rendus d’imagerie et de biologie, les e-parcours, etc.

    Il est né du rapprochement des GCS Alsace e-santé, e-santé Champagne-Ardenne et Télésanté Lorraine. Les missions portées par Pulsy consisteront à conduire, développer, accompagner et promouvoir les usages de services de e-santé en conformité avec la stratégie régionale portée par l’ARS Grand Est et en cohérence avec le socle commun de services numériques en santé défini nationalement.

    Le GIP comprend d’ores et déjà environ 70 établissements-membres fondateurs organisés en quatre pôles : institutionnel, sanitaire, libéral et médico-social.

    Didier Mathia est le directeur préfigurateur du GRADeS Grand Est.

  • La territorialisation des EHPAD encadrée par un plan d’accompagnement à la transformation des EHPAD

    Au mois de juin 2018 et dans un contexte démographique de vieillissement de la population ligérienne, l’ARS Pays-de-la-Loire, en partenariat avec les conseils régional et départementaux ainsi que la CARSAT et plusieurs acteurs de la santé gériatrique (fédérations, représentants d’usagers, salariés), a conçu un plan régional d’accompagnement à la transformation des EHPAD : PACT EHPAD.

    La conception d’un tel plan répond notamment à la feuille de route de la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn parue le 30 mai 2018, qui encourage à améliorer la qualité de vie des personnes âgées et à anticiper la perte d’autonomie liée au grand âge. Pour servir cette double visée, le plan représente pour 2018 un accompagnement financier de l’ARS de 22,5 millions d’euros.

    Il est en particulier articulé selon 4 axes qui consistent en :
    – un effort de refonte de la politique d’accompagnement des ressources humaines en EHPAD ;
    – la mise en place d’une veille régionale et d’un accompagnement des EHPAD en difficulté ;
    – un accompagnement de l’évolution des projets de soins prenant en compte l’évolution du public accueilli ;
    – un renforcement de la territorialisation des EHPAD : il s’agit d’ancrer l’EHPAD dans la cité, et pour ça, de définir de nouveaux modèles de prise en charge. Ce renforcement de la gouvernance des EHPAD sur les territoires implique notamment de réfléchir à la mise en place de nouveaux outils, à la définition d’une stratégie régionale d’expérimentation.

  • Trophées de l’hospitalisation privée : 3 cliniques récompensées pour leurs projets en e-santé

    La 10ème édition des Trophées de l’hospitalisation privée s’est tenue le 19 juin au Medef (Paris) où 9 cliniques privées ont été nommées dans les catégories « santé connectée », « relations patients », « excellence médicale »  et « clinique socialement responsable », a annoncé dans un communiqué la Fédération de l’hospitalisation privée, organisatrice de l’événement.

    Parmi les 5 lauréats, les 3 cliniques suivantes ont été récompensées dans le secteur de la e-santé :
    • la clinique Lille Sud du groupe Ramsay Générale de santé à Lesquin (Nord) pour son projet de « patient géolocalisé » (relations patients) ;
    • la clinique du Val d’Ouest à Ecully (Métropole de Lyon) pour le projet « les P’tits doudous du Val d’Ouest, l’enfant héros de son parcours de soin grâce au serious game » (santé connectée);
    • la clinique Clinalliance à Villiers-sur-Orge (Essonne) pour le projet « rééducation de la marche et objets connectés » (coup de cœur du jury).

    E-santé : des cliniques de Lille, Lyon et d’Essonne parmi les vainqueurs

    Une centaine de candidatures avaient été déposées pour cette édition 2018, soit un peu moins qu’en 2017 (150 candidatures).

    Cette année, le jury avait nommé 9 cliniques, sous la conduite de Jean Leonetti, maire d’Antibes et actuel président de la Fondation des usagers du système de santé, qui a parrainé cette édition.

    Les deux autres cliniques faisant partie des lauréats 2018 sont :

    •  l’hôpital privé Jean Mermoz à Lyon (Ramsay Générale de santé), qui s’est démarqué par son projet « l’endomiscroscopie confocale laser pour le diagnostic des lésions kystiques pancréatiques » (catégorie « excellence médicale »).
      « Le diagnostic des lésions kystiques pancréatiques est difficile et peut conduire à une chirurgie ou une surveillance inappropriée, précise le communiqué (source : Techopital.com). (…) L’endomicroscopie confocale laser (ECL), nouvelle technologie permettant une visualisation microscopique in vivo et en temps réel des cellules pariétales du kyste lors d’une procédure de ponction sous écho-endoscopie, améliore la prise en charge de ces lésions. »
    • la clinique Clémentville à Montpellier (groupe OC santé), primée pour le projet « maternité de la clinique Clémentville, une éco-maternité » (catégorie « clinique socialement responsable »).
      Elle a développé « une maternité nature, éco-responsable qui prend soin des parturientes, avant, pendant et après la grossesse [afin de] préserver leur santé et celle des générations futures », est-il indiqué.
  • Silver Alliance : 18 entreprises, 500 000 clients et 1 milliard d’euros de CA prévisionnel

    Silver Alliance, groupement français d’entreprises de la filière industrielle de la silver économie, a pour objet de proposer une offre au service du bien-vieillir à domicile et a lancé sa marque le 29 juin 2018.

    Ce sont 18 acteurs du secteur qui ont choisi d’utiliser le co-branding pour impulser un entrepreneuriat collectif, collaboratif et créateur d’emplois locaux. Les 18 membres réunis représentent 500 000 clients et un chiffre d’affaires prévisionnel d’un milliard d’euros en 2018.

    Pour bénéficier du marketing conjoint et de la visibilité accrue, les membres doivent s’acquitter d’une somme forfaitaire de 20 000 euros et remplir un certain nombre de conditions.

    Benjamin Zimmer, directeur général de Silver Alliance, souhaite poursuivre le développement de l’alliance en l’étendant à l’échelle internationale.

    Silver Alliance : mutualiser pour accélérer son développement

    Sont réunis sous la bannière Silver Alliance les entreprises suivantes : Happytal, O2, Audika, Bluelinea, Culture & Compagnie, Doro, Famileo, Cityzen Mobility, Courseur, Virage viager, Nestor SVP, Papyhappy, Acomodo, Acorus, Senioradom, Les Opticiens Mobiles, Nutrisens, Les Senioriales.

    Ces entreprises proposent aux seniors et à leur famille des services dans six domaines : profiter de mon temps, bien vivre chez moi, augmenter mon pouvoir d’achat, me simplifier la vie administrative, rendre mon logement plus confortable, veiller sur ma santé.

    Conditions d’adhésion

    Les avantages proposés par l’alliance sont les suivants :

    • un site internet de référencement dédié (www.silveralliance.com) ;
    • un guide distribué aux seniors par les professionnels ;
    • un accès privilégié à un réseau de dirigeants et une communauté d’entrepreneurs ;
    • des pratiques commerciales qui font leur preuve sur le terrain.

    Les prérequis pour devenir membre du réseau :

    • signer une charte de valeurs ;
    • adhérer à la vision entrepreneuriale et sociétale de l’alliance ;
    • proposer un service complémentaire des autres services proposés par les membres de l’Alliance ;
    • s’inscrire dans une démarche de qualité ;
    • être un des trois leaders dans son secteur d’activité  ;
    • être une entreprise reconnue par ses clients ;
    • distribuer son service en France et/ou à l’international.