Politique générale de sécurité des systèmes d’information de santénull
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La FESP et l’I2ML s’associent pour développer des services à domicile numériques en Occitanie
La Fédération du service aux particuliers (FESP) et l’Institut méditerranéen des métiers de la longévité (I2ML) ont signé le 4 juillet 2018 une convention de partenariat pour développer conjointement des services à domicile innovants autour du numérique en Occitanie.
Cette alliance témoigne de la volonté des deux acteurs à s’engager pour la conception d’offres de services à domicile construites avec et pour les usagers. La FESP est la première fédération professionnelle d’entreprises de services à la personne et l’I2ML est la fondation partenariale de l’Université de Nîmes consacrée au vieillissement et à la silver économie.
En outre, les deux partenaires souhaitent agir comme le maillon reliant les acteurs technologiques et les fournisseurs de services à domicile autour de sujets comme la recherche, l’expérimentation et la formation professionnelle. Tout ceci afin de permettre l’émergence de projets transversaux porteurs d’innovation et structurants pour l’offre de la région.
Bâtir une filière industrielle dynamisant la région
Face à la réalité démographique de l’Occitanie caractérisée par une population parmi les plus âgées de toute la France, les deux associations regroupant des acteurs de la silver économie à l’échelle de toute la région, souhaitent renforcer la coopération entre leurs membres pour faire émerger des projets de recherche « vecteurs d’innovation ».
Dans le cadre des projets visant à répondre aux besoins et usages du terrain, les deux partenaires espèrent aussi voir émerger des start-ups occitanes qui porteront différents projets de développement de services dans un « environnement toujours plus numérique ».
L’Occitanie est en train d’élaborer sa feuille de route « silver économie ». La FESP tout comme l’I2ML sont partie prenantes de ce processus de réflexion régionale et souhaitent voir leur partenariat intégré à la dynamique économique et sociale de la région.
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Etude : des outils de santé mobile mesurent précisément les facteurs de risque cardiovasculaire
Des chercheurs américains du Scripps Research Institute et des spécialistes des data de chez Withings basés en France ont publié le 2 juillet 2018, dans la revue Hypertension, les résultats d’une étude* démontrant la pertinence des outils de santé mobile pour mesurer la vitesse de l’onde de pouls et tous les facteurs de risque cardiovasculaires au domicile des patients. Les données étaient cohérentes avec celles d’études antérieures réalisées dans des établissements de soins. 99% des patients étaient prêts à retenter l’expérience d’un suivi via la santé mobile.
La santé cardiovasculaire suivie en vie réelle
Près d’un tiers des décès dans le monde sont dus à une maladie cardiovasculaire. Par conséquent, l’un des principaux défis en terme de prévention et de traitement de ces pathologies consiste à surveiller les patients à distance, lorsqu’ils ne sont pas au cabinet du médecin. Le développement des technologies mobiles, tels que les traqueurs d’activité, les moniteurs de sommeil, les appareils d’automesure de pression artérielle, rend ce monitoring à distante, en condition de vie réelle, tout à fait possible.
Des chercheurs américains du Scripps Research Institute ont donc travaillé avec la firme Withings pour mettre au point une étude. Alors que les études de santé cardiovasculaire traditionnelles se sont concentrées sur des signes vitaux tels que la tension artérielle, le poids et la fréquence cardiaque, le développement de technologies de santé mobiles a permis aux chercheurs d’élargir leur boîte à outils. Ils ont recueilli des données sur la durée du sommeil, les niveaux d’activité physique, la vitesse de l’onde de pouls et d’autres facteurs de risque liés au style de vie qui influencent ou prédisent les résultats cardiovasculaires.
Des incitations financières pour adopter la santé mobile
Quelque 295 personnes qui possédaient trois dispositifs de suivi de la santé Withings ont été incluses dans l’étude. Un quart d’entre eux prenaient des anti-hypertenseurs, plus de 80% étaient des hommes et la moyenne d’âge se situait autour de 47 ans. Ils devaient prendre régulièrement leur tension, mesurer leur onde de pouls, et utiliser aussi souvent que possible les traqueurs pour mesurer leurs sommeil, leur activité physique… et ce pendant 4 mois. Une incitation financière était prévue : 100$ s’ils se conformaient au protocole pendant 8 semaines, et 180$ s’ils tenaient 17 semaines. Toutes les mesures ont été transmises sans fil via une application pour smartphone à une base de données sécurisée.
Résultats
Sur les 293 participants inclus dans l’étude, 255 ont pris au moins une fois leur tension et mesuré leur onde de pouls. Parmi eux :
- 73% ont régulièrement vérifié leur tension artérielle et leur vitesse d’onde de pouls pendant 17 semaines ;
- Les données enregistrées à domicile se sont révélées cohérentes avec celles émanant d’études réalisées dans des environnements de soins très contrôlés ;
- 99% d’entre eux ont indiqué qu’ils seraient prêts à participer à une autre enquête similaire ;
- En terme de satisfaction, les patients ont attribué la note moyenne de 9/10 à l’expérimentation de la santé mobile.
Le coût du suivi à distance
Les auteurs de l’étude soulignent que c’est la première étude à évaluer avec succès la vitesse de l’onde de pouls en dehors d’un cadre clinique. Or, « c’est un indicateur important du risque cardiovasculaire qui est utilisé dans la pratique clinique », précisent-ils. Selon Steven Steinhubl, directeur de la médecine numérique à la Scripps Translational Sciences Institut et auteur principal de l’étude, ce suivi à distance par des outils de santé mobile ne nécessitant pas de personnel supplémentaire, ni de formation, pourrait être étendu à de larges populations.
Les intérêts divergents de la science et du commerce
Cependant, la bonne adhésion au dispositif est en partie liée à la contre-partie financière. Ce coût représente incontestablement un frein au développement d’un tel protocole. Les chercheurs entrevoient un autre obstacle au déploiement d’un tel suivi à distance : « les sociétés peuvent modifier les algorithmes, mettre à niveau les versions de logiciels ou d’appareils, intégrer les appareils ou même déconnecter complètement les lignes de produits. N’importe lequel de ces changements peut perturber ou arrêter définitivement les études de santé mobile. »
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Santé Connect’ : les professionnels de santé multiplient l’usage des sources numériques (Ipsos)
L’institut de sondages français Ipsos a publié au début du mois de juin 2018 une nouvelle édition de son enquête annuelle Santé Connect’, présentant les sources d’informations privilégiées par les pharmaciens, les médecins généralistes et les spécialistes.
Résultats : les professionnels de santé multiplient leurs moyens d’informations et de formation numériques et les combinent en fonction de leurs besoins. Plus de 90 % des personnes interrogées utilisent quotidiennement leur ordinateur à titre professionnel, 80 % leur smartphone et près de 60 % leur tablette.
• La presse spécialisée et les échanges directs avec leurs confrères sont leurs sources d’informations principales, tout comme la visite médicale, en particulier pour les médecins spécialistes, et les parutions des organismes officiels du secteur (généralistes et pharmaciens).
• La moitié des professionnels de santé sondés a déjà suivi une formation en e-learning (hors FMC et DPC) et jusqu’à 30 % des médecins spécialistes ont déjà assisté à un e-congrès.
• L’étude indique que l’usage des réseaux sociaux est peu répandue dans le milieu, excepté le réseau professionnel Linkedin, principalement utilisé par les spécialistes.
Principaux résultats de l’enquête
Utilisation quotidienne à titre professionnel
- d’un ordinateur : 94 % (pharmaciens) ; 91 % (médecins généralistes) ; 84 % (médecins spécialistes).
- d’un smartphone : 72 % ; 76 % ; 84 %.
- d’une tablette : 54 % ; 59 % ; 57 %.
Sources d’information professionnelle
- presse spécialisée : 88 % (pharmaciens) ; 84 % (médecins généralistes) ; 86 % (médecins spécialistes).
- échanges avec les confères : 71 % ; 76 % ; 86 %.
- visite médicale : 58 % ; 60 % ; 79 %.
- parutions des organismes officiels : 73 % ; 66 % ; 59 %.
Motifs de consultation des sites internet
- accéder à des informations scientifiques : 95 % (pharmaciens) ; 92 % (médecins généralistes) ; 96 %.
- accéder à des formations : 91 % ; 76 % ; 82 %.
- se tenir informé de l’actualité de la profession : 90 % ; 78 % ; 84 %.
- réaliser des démarches administratives : 87 % ; 91 % ; 86 %.
Réseaux sociaux, e-learning et e-congrès
- utilisation de Linkedin : 14 % (pharmaciens) ; 30 % (médecins généralistes) ; 48 % (médecins spécialistes).
- e-learning : 52 % ; 49 % ; 54 %.
- e-congrès : 6 % ; 9 % ; 30 %.
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Développement d’une IA pour adapter en amont les méthodes de procréation médicalement assistée (PMA)
À l’occasion du 34ème congrès de la Société européenne de reproduction humaine et d’embryologie (ESHRE) qui s’est tenu du 1er au 4 juillet 2018, le groupe espagnol spécialisé dans la procréation médicalement assistée (PMA) Eugin a présenté les résultats de ses récentes recherches sur une nouvelle méthode de modélisation assistée par intelligence artificielle de la réponse aux traitements de stimulation ovarienne.
Des chercheurs du centre, acteur majeur européen de la PMA, en partenariat avec le Centre de l’infertilité et de la reproduction humaine de Barcelone, ont développé et évalué un algorithme d’IA conçu pour guider le choix d’une méthode de stimulation ovarienne adaptée à chacune des femmes ayant recours pour la première fois à un traitement de fécondation in vitro : l’objectif de cet outil est de réduire le nombre de réponses ovariennes faibles ainsi que le risque d’hyper-stimulation.
D’après les résultats de l’étude, l’algorithme serait capable de déterminer avec 81 % de fiabilité et pour chaque nouvelle patiente le nombre d’ovocytes en métaphase II (prêts à la fécondation) généré par tel ou tel protocole de stimulation : l’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique (machine learning) devraient être prêts à être utilisés par les professionnels de la procréation médicalement assistée dans moins d’un an.
Contexte de l’étude
« Jusqu’ à présent, le big data et l’apprentissage automatique n’ont pas été appliqués aux différents protocoles de stimulation ovarienne existants », indique dans un communiqué Rita Vassena, directrice scientifique d’Eugin.
Les chercheurs du centre se sont pourtant intéressés aux applications de telles technologies à la stimulation ovarienne car celle-ci constitue une étape-clé des protocoles de PMA. De plus, à l’heure actuelle et pour les nouvelles patientes, ces traitements permettant l’ovulation et le recueil d’idéalement un à quatre ovocytes en métaphase II sont pourtant choisis uniquement sur la base de l’historique cliniques des femmes : une telle méthode ne permet pas d’optimiser la réponse ovarienne de ces patientes aux traitements.
Données utilisées
Disposer d’une base de données importante permet l’élaboration de modèles prédictifs fiables. Pour prédire sans trop d’erreurs la réponse aux traitements de stimulation ovarienne, les chercheurs ont élaboré un algorithme à partir de la base de données d’Eugin.
Ainsi, 6 952 premiers cycles de fécondation in vitro réalisés dans des cliniques du groupe ont été analysés et reliés à l’âge, à l’indice de masse corporelle, au taux d’œstrogènes ou de LH, à l’âge des premières menstruations, au groupe sanguin, etc., des patientes. 70 à 80 types de données par patiente peuvent ainsi être étudiés par l’intelligence artificielles, alors qu’au cours d’un interrogatoire classique, le clinicien ne peut en prendre en compte qu’une dizaine.
La formulation d’un modèle a donc été facilité par le nombre et la variété de ces données.
L’adaptabilité de l’intelligence artificielle
Avant d’être utilisé par les cliniciens dans leur pratique quotidienne, le modèle mathématique élaboré par les chercheurs doit être encore testé et amélioré : chaque nouveau cas sera soumis à une évaluation par l’ordinateur ainsi que par un médecin dans le but de comparer leurs prédictions. De plus, d’autres cas seront ajoutés à la base de données et l’algorithme sera ajusté dans un processus de validation constant où la fiabilité sera régulièrement vérifiée.
« Dans moins d’un an, l’algorithme sera finalisé et validé pour être utilisé dans la pratique clinique quotidienne », affirme le Dr Vassena.
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Rapport : recommandations pour aider la biologie médicale à s’adapter aux besoins de santé actuels
L’Académie Nationale de Médecine ainsi que l‘Académie Nationale de Pharmacie ont adopté, les 19 et 20 juin 2018, un rapport intitulé « la biologie médicale face aux défis de l’évolution des besoins de santé » rédigé par des membres de ces Académies spécialisés en biologie médicale.
Le point de départ du rapport est la publication de l’ordonnance du 13 Janvier 2010 ratifiée par la loi du 30 mai 2013. En effet, depuis la publication de cette réglementation « la biologie médicale en France a connu une restructuration massive avec apparition de regroupements pouvant atteindre plusieurs centaines de laboratoires », explique le rapport, selon lequel cette évolution qui aboutit à une « réduction considérable du nombre de structures » pose cinq problèmes majeurs.
Ces problématiques, détaillées dans le corps du rapport, sont liées :
– aux difficultés d’accréditation rencontrées par les laboratoires ;
– à la financiarisation et l’industrialisation croissantes de la biologie médicale ;
– à la disparition du lien de proximité entre biologistes, prescripteurs et patients ;
– à la baisse d’attractivité de la biologie médicale pour les étudiants, causée par les phénomènes précédents.Health and Tech Intelligence propose dans le présent un article un résumé des conclusions de ce texte ainsi qu’une présentation des recommandations émises à la fin du rapport, disponible intégralement via le lien ci-contre.
Conclusions du rapport
« La biologie médicale a subi une restructuration brutale…
D’après le rapport, une révision complète du rôle du biologiste médical dans le système de santé est imposée par :
- « les contraintes financières et organisationnelles découlant de l’obligation d’accréditation et des réductions successives de la nomenclature des actes de biologie médicale » ;
- « les regroupements et fusions de laboratoires autour de plateaux techniques de plus en plus automatisés mais éloignés des sites de prélèvement, pouvant allonger les délais d’acheminement des prélèvements et de rendu des résultats en urgence » ;
- « l’introduction de plus en plus prégnante de groupes financiers et de fonds de pension dans le capital des laboratoires » ;
- « la désaffection des étudiants en médecine et, dans une moindre mesure, en pharmacie pour cette spécialité » ;
- « le développement rapide de l’automatisation et de l’intelligence artificielle ».
…qu’il conviendrait de stabiliser. »
Le rapport encourage à faire du biologiste médical un expert-consultant capable d’orienter la prise en charge et le suivi des patients. Si ce poids sur le traitement et le suivi nécessiterait évidemment une plus grande concertation avec le médecin prescripteur des analyses biologiques, le rapport rappelle que le biologiste médical pourrait influer sur les traitements « au même titre que ses confrères issus d’autres spécialités médicales ».
Dans cet objectif, le rapport incite notamment à :
- mieux valoriser l’excellence de la formation et des compétence des biologistes médicaux en renforçant leur capacité d’intervention dans l’aide au diagnostic et au suivi des patients ;
- sensibiliser les biologistes à l’analyse critique des résultats rendus par les automates ;
- faire des biologistes médicaux des acteurs de la prévention et du dépistage ;
- développer la biologie interventionnelle.
Recommandations
À partir du rapport établi, les deux Académies ont émis des recommandations articulées en quatre axes.
Concernant le rôle en santé du biologiste médical
1- Affirmer le rôle indispensable du biologiste médical, soit :
- associer les biologistes aux centres de santé et maisons de santé pluriprofessionnelles ;
- inviter les biologistes à prendre part aux réunions de concertation pluridisciplinaire.
2- Assurer un conseil biologique de proximité en maintenant l’obligation de la présence physique d’un ou plusieurs (en fonction du nombre de patients pris en charge) biologistes par site pour une surveillance étroite des conditions de prélèvement et de pré-traitement des échantillons, les échanges avec le prescripteur, l’information et le dialogue avec les patients, l’éducation thérapeutique, etc.
3- En dehors des cas d’urgence, s’opposer à un envoi non validé par le biologiste des résultats du patient au prescripteur.
4- Valoriser la contribution des biologistes aux activités de prévention et de dépistage par la mise en place d’une rémunération indépendante de l’acte technique proprement dit.
Concernant la formation
1- Maintenir l’unicité de formation des biologistes par la voie du Diplôme d’études supérieurs (DES) de biologie médicale et la possibilité de compléter cette formation des base par des autorisations d’exercice dans un ou plusieurs domaines restreints de la spécialité.
2- Proposer aux étudiants issus d’une formation pharmaceutique une formation clinique.
3- Restaurer l’attractivité de la biologie médicale pour les étudiants en :
- communiquant plus et mieux à propos de la spécialité, par exemple au moyen de forums métiers, de visites de laboratoires, de stages en laboratoire pendant le deuxième cycle des études médicales ;
- faciliter l’accès à une année-recherche pour les internes et améliorer la lisibilité des carrières hospitalo-universitaires ;
- diversifiant la formation des futurs biologistes (communication, management, nouvelles technologies, etc.).
Concernant l’accréditation de certaines analyses « rares »
1- Supprimer l’obligation d’accréditation des analyses rarement effectuées ou très spécialisées et la remplacer par d’autres processus d’évaluation de ces analyses.
2- Accorder plus d’importance aux évaluations techniques que normatives dans les procédures d’accréditation.
Concernant la réglementation
1- Limiter la financiarisation de la biologie médicale en faisant respecter les dispositions réglementaires qui l’encadrent.
2- Lutter contre les conflits d’intérêt et les abus de position dominante.
3- Plafonner le nombre de dossiers qu’un biologiste est capable de valider au cours d’une journée de travail.
4- Préserver un maillage territorial afin de restaurer une proximité suffisante entre le biologiste, le prescripteur et le patient ;
5- Préserver la possibilité d’effectuer des analyses urgentes dans de bonnes conditions.
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Sécurité des données patients : le NHS adopte la technologie de désidentification de Privitar (UK)
À la suite d’un appel d’offres, le National Health Service (Royaume-Uni) a signé fin juin 2018 un contrat avec la société de logiciels britannique Privitar afin d’utiliser sa technologie de désidentification connue sous le nom « De-ID ».
Le dispositif permettra d’éviter que l’identité d’une personne soit reliée à ses informations de santé répertoriées dans le NHS et les services sociaux du Royaume-Uni.
« Bien que nous utilisions déjà divers moyens de désidentification des données à travers le NHS, De-ID est intéressant dans la mesure où il constitue une manière cohérente de réaliser ces processus », a déclaré Tom Denwood, directeur exécutif « données, perspectives et statistiques » à NHS Digital (communiqué).
La confidentialité des données privées traitées par le NHS a posé question après l’association du système de santé britannique et de la filiale Google DeepMind d’Alphabet Inc en 2016. Le duo a été critiqué après la parution d’une enquête de l’hebdomadaire scientifique international New Scientist : celle-ci affirmait que Google aurait eu accès à de nombreuses informations de patients sans que ceux-ci aient explicitement consenti à partager leurs données avec l’entreprise.
« Un moyen automatisé de supprimer les valeurs d’identification d’un dossier »
« Au lieu de laisser chaque équipe du NHS gérer ses propres processus de désidentification, De-ID offre un moyen automatisé et normalisé de supprimer les valeurs d’identification d’un dossier patient [lors des] collectes de données », explique Tom Denwood.
Le nouveau logiciel « est non seulement plus efficace, permettant de produire en toute sécurité des [informations] utiles pour des recherches et des analyses, mais il est également plus transparent, ce qui [facilite l’amélioration du] suivi et de l’audit de l’utilisation des données au sein du système », précise-t-il.
Privitar n’exploite aucune donnée personnelle à des fins commerciales
Privitar accorde des licences de produits logiciels qui utilisent des techniques d’amélioration de la confidentialité. Il ne gère ni ne traite aucune donnée personnelle à des fins commerciales.
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Un « scénario de rupture » pour transformer le système de santé (Contribution du HCAAM à la SNS)
L’offre de soins et de services du Groupe Vyv organisait un colloque le 6 juillet 2018 pour débattre sur la Contribution du Haut Conseil pour l’Avenir de l’Assurance Maladie à la transformation du système de santé.
Anne-Marie Brocas, Présidente du Haut Conseil pour l’Avenir de l’Assurance Maladie, est intervenue pour présenter le scénario de rupture préconisé par l’institution pour la transformation du système de santé reposant sur trois piliers :
• structurer une offre d’acteurs en réseau permettant d’apporter, avec des moyens renforcés en proximité, une réponse de qualité aux besoins de la santé globale ;
• consolider les moyens les plus lourds et spécialisés pour en maintenir l’excellence ;
• mettre fin au cloisonnement institué au milieu des années 1970 entre prévention, soins et remédiation médicosociale.Pour y parvenir, le HCAAM propose de :
• partir des services à rendre à la population et non de l’offre de soins ;
• donner aux usagers et aux patients les moyens d’être acteurs de leur santé ;
• adapter les valeurs des professionnels de santé à notre époque.Le HCAAM en appelle à une « transformation systémique » du système de santé
Anne-Marie Brocas constate que le système de santé français traverse actuellement une double « crise », marquée par :
- un déficit de confiance de la part des professionnels de santé qui travaillent dans des conditions dégradées ;
- la persistance, voire l’aggravation des inégalités territoriales de santé, qui contreviennent à l’accès de tous au système de santé.
« Ces évolutions ne sont pas irréversibles », précise la directrice générale du HCAAM, qui en appelle par ailleurs au maintien des services de santé de proximité dans les territoires.
La Contribution du HCAAM à la Stratégie Nationale de Santé affiche un double objectif : « aller au-delà des postures et des clivages » traditionnels et formuler des propositions opérationnelles à mettre en œuvre au cours des dix prochaines années.
Plutôt que de transformer le système de santé par touches homéopathiques, le HCAAM propose d’appliquer un « scénario de rupture » couvrant l’ensemble des composantes du système de santé. Anne-Marie Borcas en appelle également à la mise en place de processus adaptatifs assortis de « boucles de rétroaction » pour tirer des enseignements des expériences menées à échelon territorial.
Le HCAAM formule plusieurs propositions en ce sens.
Partir des services à rendre à la population et non de l’offre de soins
Le HCAAM propose de « définir des services attendus et d’organiser l’accès aux services définis concrètement au niveau des bassins de vie, par exemple :
- avoir accès à un médecin traitant ;
- avoir accès à une consultation dans des délais appropriés suivant l’apparition d’un problème de santé ;
- accéder, en cas de pathologie chronique, à une équipe qui suit le patient et l’oriente ;
- bénéficier effectivement, en cas de besoin, d’un service d’éducation thérapeutique ;
- accéder si nécessaire aux technologies les plus rares et les plus coûteuses ;
- pouvoir vivre ses derniers jours chez soi si tel est son choix.
Donner aux usagers et aux patients les moyens d’être acteurs de leur santé
Le HCAAM propose en ce sens de :
- garantir l’accès de la population aux informations générales sur la santé ;
- mettre en place des outils d’information interactifs des patients sur leur processus de prise en charge ;
- mettre en place des outils d’implication des citoyens, des patients et de leur entourage des démarches diagnostiques et thérapeutiques qui les concernent (exemple du choix avisé) ;
- orienter les usagers dans le système de santé (second avis) ;
- définir la place des usagers dans les structures nouvellement instituées.
Adapter les valeurs des professionnels de santé à notre époque
Selon le HCAAM, l’ensemble des professions de santé doit pouvoir se référer à un socle de valeurs communes telles que :
- l’égalité et la justice sociale ;
- le travail collectif, la coopération et la collaboration entre professionnels ;
- la primauté et le respect du patient (bien être, autonomie) ;
- la compétence et la médecine fondée sur des preuves ;
- la gestion raisonnée des ressources limitées du système de santé.
Le HCAAM préconise à ce titre d’appliquer un scénario de rupture
Le scénario élaboré par le Haut Conseil repose sur trois piliers :
- structurer une offre d’acteurs en réseau permettant d’apporter, avec des moyens renforcés en proximité, une réponse de qualité aux besoins de la santé globale ;
- consolider les moyens les plus lourds et spécialisés pour en maintenir l’excellence ;
- mettre fin au cloisonnement institué au milieu des années 1970 entre prévention, soins et remédiation médico-sociale.
Constituer un réseau territorial de proximité fortement intégré
Le réseau territorial de proximité inclut : les soins ambulatoires (communautés professionnelles territoriales de santé), les soins avec hospitalisation (établissements de santé communautaires), et les projets de santé de territoire pour faciliter le décloisonnement entre les secteurs sanitaire, médico-social et social.
- Responsabilités des acteurs du réseau de proximité
La responsabilité, selon le HCAAM, se concrétise par un triple engagement, individuel, d’équipe et territorial, « dont les interactions sont déterminantes » : engagement personnel, engagement de regroupements pluriprofessionnels, engagement conjoint des établissements de santé communautaires (ESC) et des Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS).
- Services garantis par le réseau de proximité :
- accès à un médecin traitant pour toute personne du territoire ;
- permanence des soins et prises en charge non programmées ;
- continuité des soins organisés ;
- orientation vers le bon niveau et le bon type de prise en charge en fonction des besoins ;
- dépistages et vaccination organisés (selon un calendrier à définir).
Redéfinir les missions des établissements de recours et de référence
A cette fin, le HCAAM préconise de :
- mobiliser l’expertise spécialisée ;
- développer des activités multi-sites et des équipes mobiles ou projetées sur le territoire ;
- articuler l’intervention des établissements avec celle des structures et des professionnels qui suivent les patients en proximité ;
- développer des organisations transversales pour la prise en charge gérontologique ;
- responsabilité particulière dans l’organisation sur le territoire des prises en charge correspondant à leur domaine de compétence.
Chantiers connexes du HCAAM
Le HCAAM travaille par ailleurs à la redéfinition du rôle et du positionnement des professionnels de santé et au développement d’une médecine de proximité obéissant à des logiques populationnelles. Le Haut Conseil en appelle également à l’abrogation de l’article 51 sur de la loi HPST (relatif à la délégation de tâche). Anne-Marie Brocas évoque également le rapport du HCAAM sur l’innovation publié en 2016 et les préconisations du HCAAM tendant à l’intégration dans le droit commun du remboursement de la prévention.
Le rapport du HCAAM est consultable et disponible au téléchargement sur le site internet de l’institution.