Royal Philips a annoncé le 3 juillet 2018 avoir signé un accord avec la Showa University, au Japon, afin de lancer le premier programme de télémédecine en soins intensifs (eICU) au Showa University Hospital et au Showa Koto Toyosu Hospital.
Le système utilise une technologie de pointe pour pallier la pénurie de médecins travaillant en unités de soins intensifs afin de surveiller les patients gravement malades sur plusieurs sites.
Après le succès de dispositifs similaires sur le continent américain, au Royaume-Uni, en Australie et au Moyen-Orient, ce service de télémédecine a pour objectif de réduire les coûts, d’améliorer les revenus et la gestion de la capacité d’accueil dans l’ensemble du système mais aussi d’augmenter le volume de cas traités et de diminuer les taux de mortalité, « en s’appuyant sur la technologie pour soutenir l’accès aux médecins et infirmières hautement expérimentés, en particulier au Japon », a déclaré dans un communiqué le Pr Hiroshi Otake du Showa University Hospital.
L’idée plus globale est de faire progresser la mondialisation des soins intensifs et apporter des progrès technologiques aux services de soins grâce à un programme de subventions pour les centres d’innovation mondiaux, financés par le gouvernement japonais.
Fonctionnement du programme
Le programme eICU de Philips permet la surveillance à distance en temps quasi réel des patients et une intervention précoce grâce à une technologie audiovisuelle avancée.
Les algorithmes du système ont été élaborés pour prédire les détériorations de la santé des personnes suivies.
Les experts situés en dehors de l’établissement de soins concernés peuvent ainsi, quel que soit l’endroit où ils se trouvent, :
- communiquer avec les soignants présents sur place par le biais d’une liaison vidéo en direct ;
- surveiller en continu l’état du patient ;
- délivrer leurs conseils pour établir le meilleur traitement possible.
« Avoir un centre de soutien à distance centralisé permet de consolider et de normaliser les soins, de réduire les transferts tout en maximisant l’utilisation des lits et de rassurer le personnel travaillant au chevet des patients », a commenté dans un communiqué Hiroyuki Tsutsumi, P.-D.G. de Philips Japan.
Le programme eICU de Philips intéresse des hôpitaux du monde entier
Un partenariat entre un système de soins américain et un hôpital australien
Ce n’est pas la première fois que Philips installe des unités de télémédecine dans les hôpitaux.
En mai, le groupe néerlandais a conclu un partenariat avec Emory Healthcare, le système hospitalier le plus important d’Atlanta (Géorgie, États-Unis), pour créer un nouveau programme de surveillance à distance des unités de soins intensifs au Royal Perth Hospital, en Australie occidentale.
Dans le cadre de cette alliance, les médecins et les infirmières en soins intensifs américains basés à Perth pourront fournir un soutien en direct aux patients située à Atlanta au cours de la nuit (il y a douze heures de décalage horaire entre les deux villes), moment de la journée où le nombre de professionnels de santé travaillant est le plus bas.
eICU : « Une suite de soins et d’analyses centrée sur le patient et connectée »
Les centres de santé virtuels sont de plus en plus nombreux à exploiter la technologie eICU au sein de leurs unités de soins intensifs dans l’optique d’améliorer les résultats cliniques, financiers et opérationnels de leurs services.
« Les systèmes reconnaissent que la valeur des connaissances cliniques fondées sur la technologie est l’un des principaux moteurs de l’amélioration opérationnelle durable », indique Philips (communiqué).
« Le programme eICU [développé par l’entreprise néerlandaise] fait partie d’une suite de soins et d’analyses centrée sur le patient et connectée, qui prend en charge les modèles de prestation de soins avancés, tant à l’hôpital qu’à la maison. »
Principaux enseignements de l’évaluation des résultats du programme eICU (Philips) :
- augmentation de 21 % du nombre de cas admis en unité de soins intensifs sans ajouter de lits ni de coûts supplémentaires ;
- réduction de 20 % du taux de mortalité en ICU dans les zones de soins surveillées par l’eICU ;
- économies de soins de près de 1 500 US$ (1 279 €) par patient au cours d’un épisode post-ICU de 60 jours [3];
- réduction de 30 % de la durée de séjour des patients en réanimation.
Philips a récemment publié en ligne un livre blanc (voir ci-contre) dans le cadre duquel a été mesurée la valeur de la surveillance à distance de l’ICU (télé-ICU).