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  • 20 recommandations à tirer du Cap sur la Santé Mentale pour repenser la psychiatrie

    La Fondation Falret, engagée pour l’amélioration des conditions de vie des personnes en fragilité psychique et pour l’information du grand public au sujet de la santé mentale, a transmis en juillet 2018 par communiqué « 20 enseignements pour améliorer la santé mentale des Français ».

    La publication de ces recommandations fait suite à l’événement Cap sur la Santé Mentale organisé par la fondation du 14 au 16 mai 2018 afin de sensibiliser le grand public et de limiter la désinformation au sujet de la psychiatrie.

    En effet, 12 tables rondes d’échanges et de débats ayant favorisé la rencontre d’experts en santé mentale, d’aidants familiaux, de professionnels de l’accompagnement, de médias et d’entreprises ont permis l’élaboration de ces enseignements, qui concernent principalement 4 thèmes :
    • le développement des actions pour l’évolution des pratiques sociales et médico-sociales d’accompagnement en santé mentale ;
    • la facilitation de l’apparition d’une médecine psychiatrique personnalisée ;
    • la promotion de l’innovation et de la recherche en santé mentale ;
    • la lutte contre la stigmatisation.

    Les 20 recommandations émises par la fondation

    Axe n°1 : Développer les actions pour une évolution des pratiques sociales et médico-sociales d’accompagnement en santé mentale et soutenir les innovations organisationnelles

    • Reconnaître des métiers de pair-aidant et de formateur-pair pour offrir l’expertise des patients rétablis aux malades et aux familles ainsi qu’aux professionnels de la santé et de l’accompagnement.
    • Décloisonner les actions sanitaires et médicosociales ambulatoires en santé mentale avec l’attribution d’enveloppes budgétaires globalisées à la personne.
    • Développer et pérenniser l’emploi accompagné à plus grande échelle.
    • Pour les aidants familiaux, favoriser les adaptations du poste de travail pour une plus grande flexibilité.
    • Proposer aux personnes accueillies en établissements médicosociaux un accompagnement en vue d’une insertion professionnelle.
    • Créer un amendement de type « Amendement Coluche » permettant la défiscalisation totale des dons aux associations d’accompagnement.
    • Proposer des avantages fiscaux aux entreprises qui ouvrent des emplois aux personnes en situation de handicap psychique ainsi qu’à celles qui emploient plus de 6 % de personnes handicapées.
    • Ouvrir l’accès à l’accompagnement des personnes en fragilité psychique en SAVS sur prescription médicale et non plus seulement par la RQTH.

    Axe n°2 : Favoriser l’émergence d’une médecine psychiatrique personnalisée

    • Créer le métier de coordinateur de parcours et développer les fonctions des infirmiers en soins avancés en psychiatrie pour des parcours « sur mesure ».
    • Mieux identifier les perdus de vue et accompagner leur retour vers le système de santé.
    • Prendre en compte des personnes sans solution, notamment les malades les plus lourdement invalidés, hospitalisés au long cours, SDF ou incarcérés.
    • Agir sur l’environnement : rendre les dispositifs d’accompagnement plus souples, flexibles et résilients selon les aspirations de la personne concernée.

    Axe n°3 : Promouvoir l’innovation et de la recherche scientifique en santé mentale

    • Créer un « CIIS » pour financer la la recherche et le développement (R&D) des associations innovantes, par une déductibilité de la taxe sur les salaires sur les emplois dédiés, à l’instar du crédit d’impôt recherche (CIR) dont bénéficient les entreprises.
    • Favoriser les liens entre l’entreprise et les associations d’action sociale en santé mentale en inscrivant leurs interventions parmi celles déductibles au titre de la formation, de la RSE, de la politique handicap, etc.
    • Développer la recherche en santé mentale qui est quasiment inexistante, contrairement aux autres pays.
    • En cas d’expérimentation, fixer le temps minimal à 5 ans avec la prévision d’une pérennisation automatique sur le bilan des résultats positifs.
    • Favoriser la R&D en santé mentale en permettant aux acteurs qui développent des expérimentations de bénéficier d’une déduction de la taxe sur les salaires pour les emplois dédiés à la R&D.

    Axe n°4 : Informer et lutter contre la stigmatisation 

    • Prévenir par l’information de la nécessité de prendre soin de sa santé mentale, du fait qu’ »il n’y a pas de santé sans santé mentale » (OMS) : intervenir précocement notamment auprès des jeunes, mieux identifier les situations de maltraitance, les traumatismes de l’enfance, les ruptures et les précarités génératrices de souffrance psychique.
    • Transformer le regard véhiculé par les médias sur la psychiatrie.
    • Instaurer un débat national sur la santé mentale : en faire une grande cause nationale et développer des campagnes de sensibilisation.
  • Deep tech : 75 M € levés par le PSL Innovation Fund de l’université PSL et Elaia Partners

    Lors d’une conférence de presse organisée le 29 juin 2018 à l’Institut Pierre-Gilles de Gennes (Paris), la société de capital investissement Elaia Partners a annoncé la première clôture du PSL Innovation Fund, un nouveau fonds lancé en septembre 2017 avec l’université française de recherche Paris-Sciences-et-Lettres (PSL).

    S’élevant à 75 millions d’euros et d’ores et déjà opérationnel, il permettra de financer les chercheurs et inventeurs du réseau PSL pour les aider à transformer leurs idées en start-ups prometteuses.

    Ce fonds sera souscrit par le Fonds national d’amorçage 2 (FNA 2), géré par Bpifrance pour le compte de l’État, mais aussi par BNP Paribas, le groupe industriel Naval Group, FamilleC, holding familiale du groupe Clarins, la MGEN et la société de capital risque KPN Ventures.

    Géré par Elaia Partners, le PSL Innovation Fund vise à déployer une stratégie d’investissement early stage (création) multisectorielle dans les domaines d’excellence de l’université PSL, en particulier les sciences de la vie, l’ingénierie biomédicale, l’intelligence artificielle, les technologies digitales, l’énergie et l’environnement ainsi que les matériaux.

    « Une étape majeure pour l’innovation et l’entrepreneuriat à PSL »

    Le fonds soutiendra les start-ups, de l’amorçage technologique et pré-amorçage, afin de les aider à déployer des innovations de rupture deep tech, et renforcera la collaboration entre divers professionnels du secteur et les porteurs de projets dès la phase de développement des solutions dans les laboratoires et jusqu’à leur intégration à échelle internationale.

    « Le déploiement de PSL Innovation Fund marque une étape majeure pour l’innovation et l’entrepreneuriat à PSL, a déclaré Alain Fuchs, président de Paris-Sciences-et-Lettres. Les plus belles startups de nos chercheurs, maturées par les équipes de transfert technologique du périmètre, puis financées par Elaia Partners via ce fonds, auront un impact décuplé et deviendront les champions de demain. »

    Un réseau de professionnels expérimentés

    La levée de fonds réunit l’université PSL, considérée comme l’une des meilleures universités françaises dans plusieurs classements internationaux, Bpifrance et des grandes entreprises issues des secteurs des sciences de la vie, de l’assurance mais aussi industriel, de la banque ainsi que du numérique et des télécoms. Les start-ups pourront bénéficier de ce vaste réseau de professionnels pour déployer leurs solutions en bénéficiant de l’expérience de professionnels chevronnés.

    « Après la révolution issue des innovations d’usage créée par les plateformes digitales, les deep tech constituent le nouvel horizon de croissance sur lequel la France peut capitaliser », a commenté Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance.

    Renforcement de l’équipe Elaia Partners

    Pour déployer ce fonds, l’équipe d’Elaia Partners s’est étoffée. Anne-Sophie Carrese, associée d’Elaia Partners en charge des investissements en transfert de technologie, est rejointe par Franck Lescure, associé en charge du secteur des sciences de la vie, et par Cédric Favier, directeur d’investissement.

  • Data : les établissements de santé investissent de plus en plus dans la cybersécurité (enquête)

    92 % des établissements de santé ont formalisé une politique de sécurité de leur système d’information (PSSI), révèle une enquête réalisée par le Club de la sécurité de l’information français (Clusif) publiée le 26 juin 2018, montrant que les centres de soins prenaient de plus en plus au sérieux les thématiques relatives à la cybersécurité.

    Intitulée « Menaces informatiques et pratiques de sécurité en France » (Mips), l’étude (lien ci-contre) est réalisée par le Clusif tous les deux ans auprès d’acteurs de secteurs d’activités variés. Son édition 2018 comprend une partie dédiée aux hôpitaux publics (127 établissements interrogés) et structures d’hébergement médicalisé de plus de 100 lits (24). La précédente enquête sur le secteur de la santé date de 2014 et ne prend en considération que les hôpitaux de plus de 200 lits.

    Si la tendance générale se veut plutôt positive – avec notamment un-tiers des établissements qui ont augmenté leur budget dédié à la sécurité de l’information et 75 % pratiquant un filtrage des accès internet (contre 14 % en 2014) – les auteurs de l’étude relèvent quelques nuances, dont l’utilisation restreinte d’outils cryptographiques pour mieux protéger les données des patients et une incapacité à bien évaluer les coûts liés à la sécurité informatique (problème cité par 81 % des sondés).
    Du côté de la gestion des incidents informatiques, le Clusif note un « recul global de la sinistralité » et du nombre d’incidents informatiques survenus dans le secteur de la santé.

    Principaux résultats de l’enquête 2018 dans le secteur de la santé

    Une évolution positive…

    • Le Clusif constate « une croissance spectaculaire » du nombre d’établissements ayant formalisé leur PSSI : 92 % cette année, contre 50 % en 2014 (comparaison à relativiser puisque la base des sondés diffère entre les deux années).

    « Beaucoup d’établissements ont effectué un inventaire au moins partiel de leurs risques, et ont déduit un plan de réduction de ces risques », détaillent les auteurs de l’étude.

    • La fonction de responsable sécurité des systèmes d’information (RSSI) devient ainsi « un vrai métier », exercé à temps plein dans presque 50 % des établissements (4 fois plus qu’en 2014).
    • La majorité des établissements (60 %) a déployé un programme de sensibilisation à la sécurité de l’information auprès des professionnels de santé, contre 30 % il y a quatre ans.
    • 1/3 des établissements sondés ont augmenté leur budget dédié à la sécurité de l’information.
    • Le Clusif a observé une hausse du recours aux outils de chiffrement sur les dispositifs mobiles (12 %, contre 4 % en 2014) et un développement des pare-feux sur ces outils (31 %, contre 11 % en 2014), soulignant « une très nette priorité [donnée] à la protection des outils de mobilité » au sein des établissements de santé.
    • 75 % des sondés pratiquent un filtrage des accès internet, une très forte hausse puisqu’ils n’étaient que 14 % à effectuer le processus en 2014.

    … à nuancer

    • Seules 40 % des structures ont recours à des outils cryptographiques, permettant de mieux protéger les données personnelles.

    Néanmoins, le Clusif indique que « le secteur de la santé a un taux d’appropriation de la cryptographie supérieur de 10 points à celui des entreprises ».

    • 81 % des établissements se disent être dans l’incapacité de bien évaluer les coûts liés à la sécurité informatique : seuls 1/3 d’entre eux réalisent une analyse de l’impact financier des incidents.
    • 52 % des répondants estiment que le budget relatif aux missions de sécurité du système d’information est insuffisant et 43 % qu’il y a un manque de personnel qualifié.

    Focus : gestion des incidents informatiques

    • Dans la partie centrée sur la gestion des incidents informatiques, le Clusif relève un « recul global de la sinistralité » et du nombre d’incidents informatique survenus dans le secteur de la santé. Il a en moyenne comptabilisé deux à trois fois moins d’incidents qu’en 2014, soit environ deux incidents par an et par établissement signalé.
    • Parmi ces incidents, 75 % d’entre eux sont résolus en moins de 24 heures, et 16 % entre 24 heures et trois jours.
    • Les deux principaux types d’incidents affectant les établissements de santé sont les infections par virus et les pannes d’origine interne. Les deux problèmes ont été cités par environ 40 % des répondants.

    Le Clusif juge étonnante l’importance des pannes en interne « étant donné la fiabilité des architectures virtualisées » dont disposent les structures. Selon le club, cette faille pourrait être due à une mauvaise gestion des changements de logiciels, de matériels et d’organisation.

    • 5 % des établissements ont cité des actes de chantage ou d’extorsion informatique, une menace qui s’avère donc limitée.
    • 1/3 d’entre eux ont évoqué des incidents liés à des erreurs de conception ou de mise en œuvre des logiciels ou à des erreurs d’utilisation de ces derniers.
  • Catel Paris : les journées des stratégies e-santé, jeudi 4 et vendredi 5 octobre 2018 à Paris

    Le congrès Catel Paris aura lieu le jeudi 4 octobre à partir de 15 heures et le vendredi 5 octobre 2018 dans la Maison de la chimie, à Paris, sur la thématique « Économie de la e-santé : de réelles avancées pour des modèles viables et pérennes », en présence de la DSISS, de la DGOS, de la Caisse nationale de l’Assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS), de l’ASIP et d’ARS.

    Les personnes souhaitant participer à l’événement doivent remplir le formulaire en ligne, disponible sur le site officiel (lien ci-contre).

    Jeudi 4 Octobre 2018

    11h00 – 12h30 :

    Assemblée générale Catel Accompagnement (réservée aux membres et associés)

    13h30 – 15h00

    Assemblées générales Catel Accompagnement et Catel Réseau conjointes

    Atelier 1 | « Comment définir un business modèle frugal ? »

    Avec :

    • Enguerrand Habran, directeur du Fonds FHF recherche et innovation ;
    • Sébastien Gasc, directeur chargé du projet appui aux GHT au sein du Resah.

    Atelier 2 | « RGPD et e-santé »

    17h00 – 18h30

    Démonstrations et pitchs des acteurs de la e-santé : « ma e-santé en 300 secondes ! »

    18h30 – 20h00

    Cocktail networking

    Vendredi 5 Octobre

    09h00 – 9h15

    Allocution officielle

    09h15 – 10h00

    Ouverture avec l’intervention officielle des 5 principales fédérations hospitalières

    10h00 – 11h00

    Table Ronde – Tarification des actes pour la téléconsultation : les modalités de rémunération du droit commun

    11h00 – 11h30

    Pause networking

    11h30 – 12h30

    Table Ronde – Modèles économiques : de nouvelles équations

    Avec :

    • Benjamin Laurent, directeur de l’offre à Klesia ;
    • Frédéric Valluet, solutions director, EMEA Insurance & Healthcare à MarkLogic.

    12h30 – 12h45

    Allocution officielle du Catel

    Avec :

    • Didier Robin, président de Catel Réseau, chef de service psychiatrique à l’EPSM-Morbihan ;
    • Pierre Traineau, co-fondateur et directeur général de Catel Réseau et P.-D.G. de Catel Accompagnement.

    14h00 – 15h00

    Table Ronde – Organisation performante de la filière : les modalités de coopération pour la télésurveillance

    • Télésurveillance : le point sur les avancées et progrès depuis 1 an (rémunération, cahier des charges, facturation, déclarations d’activité,…) ;
    • Les prochains leviers à actionner pour une généralisation des usages

     Avec :

    • Vincent Bastide, président du groupe Bastide (sous réserve) ;
    • Vincent Peters, directeur des affaires réglementaires – accès au marché chez Biotronik ;
    • Lucile Blaise, vice-présidente Benelux, France et Afrique du Nord de Resmed et administrateur du Snitem ;
    • Pierre Thepot, directeur général du Centre hospitalier universitaire de Pointe-à-Pitre.

    15h00 – 16h00

    Table ronde – Financements et investissements : les modalités d’équipement

    16h00 – 16h15

    Clôture

  • Le Comité action publique 2022 suggère de remettre le patient « au cœur du système » via le numérique

    Le Comité action publique 2022 (CAP 2022) encourage une « transformation structurelle » du système de santé français afin de remettre « le patient au cœur du système », notamment par la mise en place d’un « plan santé numérique » de grande ampleur, précise-t-il dans son rapport daté de juin 2018, qui n’a pas encore été rendu public par le gouvernement mais qui a été diffusé le 20 juillet 2018 par le syndicat Solidaires Finances publiques.

    Parmi les propositions énoncées dans le rapport au sujet de la santé figurent : le renforcement de l’innovation « pour offrir un service public augmenté, plus efficient et qui réinvente ses relations avec les usagers » (proposition 3) ; la réduction du renoncement aux soins, l’amélioration de l’espérance de vie en bonne santé et le désengorgement de l’hôpital, avec une économie évaluée à 5 milliards d’euros (proposition 5) ; le retardement de l’entrée dans la dépendance et la meilleure prise en charge des personnes concernées (proposition 6) ; la simplification de la vie des personnes en situation de handicap et de celle de leurs proches (proposition 7).

    Par ailleurs, la santé et la protection sociale ont été identifiées par le CAP 22 comme faisant partie des sept domaines prioritaires dans lesquels l’État devrait investir davantage dans le numérique afin d’offrir un « service public augmenté » par le biais, par exemple, de la télémédecine. Dans sa proposition n°3, le comité explique que la « révolution numérique » constitue selon lui une « rupture majeure pour la transformation de l’action publique » en permettant de combiner une plus grande efficacité des services et une diminution des dépenses de fonctionnement.

    Le programme Action publique (AP) 2022, piloté par ce comité composé d’une quarantaine de membres (économistes, personnalités issues du secteur public et privé, élus), a été lancé en octobre 2017 par le Premier ministre, Édouard Philippe.

    En bref

    Le comité appelle « à clarifier et simplifier les systèmes [publics] devenus trop complexes » et propose « de les faire évoluer en plaçant l’usager au centre en personnalisant le service et en l’adaptant à chacun ».

    Dans l’introduction de son rapport, le CAP 22 insiste par ailleurs sur sa volonté de renforcer les actions de prévention pour retarder la dépendance et améliorer l’espérance de vie en bonne santé de tous les Français.

    Proposition 3 : Investir dans le numérique

    Constat

    Dans la proposition 3 « Investir dans le numérique pour offrir un service public augmenté, plus efficient et qui réinvente ses relations avec les usagers », le comité part du constat suivant :

    • le numérique, notamment l’intelligence artificielle (IA), la robotique, la cryptographie avec la blockchain ou encore de l’impression 3D, « est en train de modifier en profondeur les métiers » : parmi les applications actuelles, il cite l’aide au diagnostic médical avec notamment la lecture de radiographies, qui s’est déjà avérée plus efficace pour détecter certains cancers lorsqu’elle était réalisée par une machine que par un professionnel de santé ;
    • « la massification de la collecte de données et la capacité à les traiter [et] à les utiliser constitue un autre changement majeur pour les fournisseurs de services » ;
    • l’utilisation des solutions technologiques pour effectuer des tâches administratives de « back office » peut être utilisée pour « libérer du temps de travail qui pourrait être mieux utilisé, d’une part, (…) accompagner davantage les usagers et, d’autre part, (…) rendre le service public moins coûteux ».

    En contrepartie, le comité estime qu’il est nécessaire de concevoir « un cadre de régulation efficace pour assurer la confidentialité et la protection des données ».

    Objectifs

    Le CAP 22 souhaite exploiter tout le potentiel du numérique pour créer « un service public augmenté » et ainsi :

    • enrichir et développer les services publics (télémédecine, télésurveillance…) ;
    • offrir un service public simplifié et personnalisé aux usagers via l’utilisation des données ;
    • traiter de manière automatique certaines tâches, notamment les plus répétitives et réalisées sans interaction directe avec les usagers ;
    • grâce au temps libéré et à la meilleure connaissance du profil des usagers, recentrer l’action des agents sur leurs missions d’accompagnement, d’écoute et de conseil des usagers « pour renforcer la dimension humaine du service public » ;
    • mener, en interne, une révolution numérique pour faciliter et améliorer la qualité de vie au travail des agents.

    Réformes préconisées

    Afin d’utiliser tout le potentiel du numérique et « tirer les bénéfices d’un service public meilleur tout en étant moins coûteux », les auteurs du rapport conseillent :

    • de transformer les métiers et d’accompagner la reconversion des agents vers le numérique ;
    • de « faire vivre la transformation digitale aux agents » : « il faut aller au-delà de l’équipement matériel et créer des espaces de réunions numériques, collaboratifs et des réseaux sociaux internes, par exemple » ;
    • d’établir une « stratégie ambitieuse de généralisation des échanges de données inter-administrations, notamment entre les sphères sociale et fiscale », devant reposer sur des systèmes informatiques solides : ce partage d’informations entre les organismes de prestation sociale supposerait ainsi « des évolutions substantielles des systèmes d’information des caisses de sécurité sociale » ;
    • d’investir « de manière conséquente dans les systèmes d’information » afin d’alléger certaines tâches des professionnels de santé (planification des équipes dans les hôpitaux, identification des facteurs de risques chez les personnes âgées, etc.) et ainsi d’optimiser leur temps de travail ;
    • d’investir dans les ressources humaines pour accompagner ces transformations ;
    • de développer les outils collaboratifs permettant aux agents publics d’animer des communautés et ainsi de collaborer et de travailler différemment, « de façon plus horizontale et moins hiérarchique ».

    Proposition 5 : réduire le renoncement aux soins, améliorer l’espérance de vie en bonne santé et désengorger l’hôpital

    Constat

    Le système de santé français répond « insuffisamment à l’évolution des besoins des usagers et des territoires : très axé sur l’hôpital, cloisonné entre la médecine de ville et l’hôpital, avec des modes de régulation peu souples, il ne permet pas de corriger suffisamment les inégalités sociales et territoriales de santé, ni de répondre aux enjeux que sont le vieillissement de la population et le développement des maladies chroniques », indique le comité.

    De plus, bien que l’évolution des dépenses soit mieux maîtrisée depuis quelques années, le système reste plus coûteux que celui de certains voisins européens : la dépense publique de santé en France est supérieure de 1,3 point de PIB par rapport à la moyenne européenne.

    Objectifs

    Le comité suggère « une transformation structurelle de notre système de santé, qui remettra le patient au cœur du système », avec les principes d’intervention suivants :

    • sortir du fonctionnement cloisonné et faire tomber les barrières entre la médecine de ville, l’hôpital, le domicile, le médico-social, pour que les patients bénéficient d’une prise en charge coordonnée entre les différents acteurs qui sera donc plus efficace et moins coûteuse ;
    • rapprocher le soin du patient, rééquilibrer l’offre de soins sur le territoire et offrir une médecine personnalisée ;
    • évaluer en continu le système de santé pour permettre une information précise des patients et un meilleur pilotage des politiques de santé ;
    • redonner des marges de manœuvre au niveau local et aider les établissements de soins et leurs responsables à répondre aux défis constants d’adaptation du système de santé.

    Réformes préconisées

    Le CAP 22 préconise trois réformes structurantes :

    • créer un système fluide, sans barrières institutionnelles et administratives inutiles entre les différents pôles de soins (ville, hôpital…) ;
    • mieux répartir et graduer l’offre de soins sur les territoires, c’est-à-dire les différentes solutions offertes aux patients pour se soigner, « en insistant sur l’offre de soins primaires pour que les patients aient moins besoin d’aller à l’hôpital, notamment aux urgences » ;
    • renforcer l’innovation en santé, la sécurité et l’efficacité du système de soins mais aussi mettre en place des parcours coordonnés au service du patient, en utilisant pleinement les solutions offertes par le numérique et l’analyse données de santé. Pour cela, le comité suggère, entre autres :
      • de lancer un « plan santé numérique » visant à donner « une forte impulsion à la numérisation des usages et des processus à l’hôpital, en ville et dans les établissements médico-sociaux » ;
      • de mobiliser et coordonner les données de santé : pour se faire, un opérateur public de la donnée de santé pourrait être établi ;
      • de généraliser la télémédecine à tous les citoyens vivant dans les déserts médicaux, de développer la télésurveillance à domicile pour assurer un meilleur suivi des maladies chroniques et donner accès aux actes de télémédecine à toutes les professions médicales afin de réduire le nombre d’hospitalisation en Ehpad ;
      • de décloisonner le parcours de soins en démocratisant l’usage des outils numériques et en généralisant les échanges de données patients ;
      • de donner accès à tout patient à une plateforme numérique sur laquelle il pourrait retrouver facilement les informations médicales le concernant.

    Impacts attendus

    • réduire de 10 000 le nombre de décès évitables par an liés à la prise en charge médicale, en assurant une prise en charge homogène aux meilleurs standards internationaux ;
    • améliorer la qualité des prises en charge, en mesurant et en mettant à disposition du public la qualité des soins délivrée en établissements mais aussi en ville, sur la base d’indicateurs définis avec les professionnels, et en mesurant également l’expérience patient.

    Ces réformes devraient notamment générer plus de 5 milliards d’euros d’économies, avancent les auteurs du rapport.

    Proposition 6 : retarder l’entrée dans la dépendance et mieux prendre en charge les personnes concernées

    Constat

    La part des personnes de plus de 80 ans dans la population français devrait passer de 5 % en 2010 à 11 % en 2060.

    Cette évolution démographique se traduit par une augmentation de la population âgée en perte d’autonomie, entraînant une hausse régulière des dépenses publiques qui y sont liées, soit 22,2 milliards d’euros en 2016. Selon les prévisions, ces dépenses pourraient doubler d’ici 2060.

    Objectifs

    • repérer les personnes les plus à risque ;
    • leur proposer des actions visant à retarder la perte d’autonomie ;
    • réduire les facteurs qui pourrait aggraver la situation en cas de dépendance avérée

    Réformes préconisées

    • mieux organiser le repérage des populations fragiles et cibler les actions de prévention vers les personnes qui en ont le plus besoin ;
    • améliorer la participation des personnes âgées aux actions de prévention ;
    • faire en sorte que le passage à l’hôpital ne soit pas un facteur de perte d’autonomie ou d’aggravation de la perte d’autonomie pour les personnes âgées ;
    • mieux répartir les places d’hébergement sur le territoire et inciter financièrement au maintien à domicile ;
    • conduire une réflexion ambitieuse sur le financement de la dépendance.

    Impacts attendus

    Ces réformes ont pour but d’améliorer l’espérance de vie en bonne santé et la prévention, qui, à elle seule, pourrait entraîner une diminution de la dépense publique évaluée à 300 millions d’euros.

    Proposition 7 : simplifier la vie des personnes en situation de handicap et celle de leurs proches

    Constat

    Le « service public du handicap» cristallise les insatisfactions des usagers :

    • inégalités de traitement sur le territoire ;
    • accès aux droits et services longs, complexes et peu lisibles ;
    • complexité administrative avec des structures qui dépendent de l’État d’un côté et des départements de l’autre ;
    • absence de coordination du parcours de l’usager ;
    • qualité de service des maisons départementales pour les personnes handicapées (MDPH) jugée faible.

    Objectifs

    • Faciliter la vie quotidienne des personnes en situation de handicap et de leurs proches ;
    • garantir l’homogénéité et l’effectivité des droits sur le territoire;
    • favoriser l’inclusion et l’insertion éducative ;
    • concevoir une offre de prise en charge plus innovante et graduée ;
    • mieux réguler l’offre d’accueil spécialisée lorsqu’elle est nécessaire, pour offrir à chacun une place adaptée.

    Réformes préconisées

    • renforcer le rôle de l’État pour garantir l’égalité d’accès aux droits et aux services dédiés aux personnes en situation de handicap sur le territoire ;
    • améliorer la qualité de service délivrée par les MDPH ;
    • créer un portail national pour améliorer l’information des personnes handicapées et de leur famille ;
    • favoriser l’accès à l’éducation dès la maternelle ;
    • faciliter le maintien dans la vie professionnelle des parents d’un enfant en situation de handicap ;
    • adapter l’offre des établissements spécialisés pour proposer des solutions au plus proche des usagers.

    Impacts attendus

    Ces mesures cherchent à  améliorer la vie quotidienne des personnes en situation de handicap et de leurs aidants, notamment en simplifiant leurs relations avec l’administration.

    Elles doivent engendrer une augmentation significative du taux de satisfaction des usagers et la simplification des dispositifs doit entraîner une baisse du nombre de pages transmises chaque année aux services publics, en particulier en ce qui concerne le dossier MDPH et ses nombreux justificatifs.

  • Chine : Merck et Alibaba s’associent pour déployer des services de santé centrés sur le patient

    Merck, entreprise leader dans le domaine des sciences et technologies, a signé le 20 juin 2018 un accord de collaboration stratégique avec Alibaba Health, le géant de la e-santé en Chine, afin d’offrir aux patients chinois et à leurs proches un meilleur accès aux services de santé centrés sur la personne.

    Lors de la signature du contrat, qui a eu lieu à Shanghai, les deux sociétés ont annoncé que leur partenariat se concentrerait sur la traçabilité des médicaments ainsi que sur l’exploration de secteurs porteurs tels que le e-commerce pharmaceutique et les applications de soins basées sur l’intelligence artificielle.

    L’alliance débutera avec l’exploitation de la plateforme de suivi des médicaments d’Alibaba Health : Merck apportera son expertise dans les domaines du diabète, des troubles thyroïdiens et des maladies cardiovasculaires, et Alibaba Health son savoir-faire dans les soins en ligne pour assurer la sécurité de l’utilisation des médicaments, tout en générant une plus-value pour les patients en leur proposant une série de services complémentaires.

    Alibaba : transformer la vie « de 40 millions de patients en Chine d’ici 2025 »

    Alibaba Health est le moteur du groupe Alibaba dans le déploiement de sa stratégie dite du « double H » (Healthcare and Happiness : santé et bonheur). La succursale a pour objectif de fournir des services de santé équitables, abordables et accessibles, en s’appuyant sur son écosystème spécialisé et sur ses technologies innovantes.

    Sa mission, à terme, est de transformer la vie « de 40 millions de patients en Chine d’ici 2025 », indique Rogier Janssens, directeur général de l’activité Merck Biopharma (filiale pharmaceutique du groupe allemand Merck KGaA) en Chine, précisant que la numérisation du système de santé « jouera un rôle essentiel » dans ce projet (communiqué). « Grâce à l’expertise de Merck et à ses connaissances approfondies dans les domaines des maladies chroniques, de la fertilité et de l’oncologie, l’accord d’aujourd’hui permettra d’améliorer la sensibilisation aux maladies et la gestion de la santé des patients en Chine via des approches [basées sur internet] avancées. »

    Healthy China 2030 : un plan pour réformer en profondeur le système de santé

    Ces dernières années, le gouvernement chinois a mis en place différentes mesures politiques dans l’optique de faire progresser la réforme du système de santé.

    • Le plus important projet récemment instauré est l’initiative « Healthy China 2030 », le premier plan stratégique à long terme dans le domaine des soins à être établi au niveau national. Son intention est d’inciter les entrepreneurs du pays à investir massivement dans l’industrie des soins, selon le principe du concept « Big Health ».
    • En avril 2018, le Conseil des affaires d’État de la République populaire de Chine (China’s State Council) a publié une série de lignes directrices sur le thème « internet + santé » qui encourage un développement plus profond des solutions internet et des services de soins au sein de la société.

    Les acteurs privés de l’industrie pourraient mener la révolution numérique

    Le partenariat entre Merck et Alibaba Health vise à participer à la transformation du système de santé souhaité par le gouvernement central.

    « La Chine connaît une profonde transformation sur [le web] où internet va pénétrer toutes les étapes de la production industrielle, des opérations commerciales et de la vie quotidienne des [personnes], a déclaré Leo Shen, P.-D.G. d’Alibaba Health (communiqué). Compte tenu de l’unicité et de l’importance de l’industrie des soins, l’intégration d’internet [mais aussi] des industries médicales et de soins traditionnels doit être guidée par les leaders de l’industrie. Nous espérons que le partenariat entre Alibaba Health et Merck enrichira les offres et les services de chacun et deviendra un catalyseur pour le développement durable de Merck. »

  • Le numérique en santé : 6ème édition des Rencontres du progrès médical, le 11 septembre 2018 à Paris

    La 6e édition des Rencontres du progrès médical aura lieu le 11 septembre 2018 à Paris au sein de l’Institut Pasteur et sera centrée autour de la thématique « numérique en santé : révolution ou évolution ? ».

    De nombreux intervenants tenteront de répondre à cette interrogation, dont :

    • Guy Vallancien, chirurgien urologue et membre de l’Académie nationale de médecine ;
    • Robert Chu ; fondateur d’Embleema ;
    • Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP ;
    • Jacqueline Hubert, directeur général du CHU de Grenoble ;
    • Dominique Pon, président du groupe coopératif d’établissements de santé indépendants SantéCité et directeur général de la clinique Pasteur à Toulouse ;
    • Jean-Marc Aubert, responsable de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) et du service de statistiques des ministères sociaux ;
    • Sophie Martinon, directrice générale de l’Anap ;
    • Nicolas Grémy, responsable sectoriel e-santé à Bpifrance.

    Les personnes souhaitant participer à l’événement doivent s’inscrire via le formulaire en ligne (lien ci-contre).

  • L’université de Lille lance un master « data science pour la santé »

    Après l’annonce, le 13 juin 2018, du lancement du master « data science pour la santé », l’université de Lille et plus précisément la faculté d’ingénierie et de management de la santé (ILIS), a achevé le 17 juillet 2018 la réception des dossiers de candidatures à cette nouvelle formation.

    L’ILIS, partenaire de Polytech’ Lille et soutenue par de grandes organisations du secteur biologie-santé, accueillera ses premiers étudiants à la rentrée universitaire 2018 dans l’objectif de les former en deux ans à devenir des data scientists, soit des experts en sciences des données. 

    Ce type de professionnels, encore peu nombreux, est très recherché, notamment dans le domaine de la santé. Polyvalents, les health data scientists sont doués d’une compétence triple : maîtrise de l’ingénierie des données, de l’analyse de problématiques concernant la santé ou le système de santé et de la gestion de projets centrés sur les données de santé éventuellement à même d’aider la prise de décision clinique, médicale, industrielle ou de santé publique. La révolution numérique s’accompagnant d’une accumulation exponentielle du nombre de données de santé, ces spécialistes ont pour rôle de contribuer à l’exploitation de ces informations au bénéfice de la recherche, de la santé publique et de l’innovation industrielle.

    La première promotion de ce master comptera des étudiants titulaires d’une licence en sciences pour la santé, en biologie, en mathématiques, en informatique ou en physique-chimie ou de tout autre diplôme relatif à la santé ou au traitement des données.

    Des informations complémentaires concernant ce master sont disponibles via le lien ci-contre.

  • Gestion des remplacements : Korian noue un partenariat avec MedGo

    Korian, groupe expert des services d’accompagnement et de soins dédiés aux séniors gérant plus de 700 établissements en Europe, a annoncé par communiqué le 18 juillet 2018 un partenariat avec MedGo, start-up française développant la plateforme de gestion des remplacements dans les établissements de santé du même nom.

    Selon Korian, ce dispositif peut aider à assurer la continuité des soins au sein de ses cliniques ou maisons de retraite en facilitant la gestion du remplacement des professionnels en formation ou en congés : après une phase de test de six mois menée par trois groupements d’établissements Korian, une augmentation de 20 % de remplacements pourvus avec un temps de gestion divisé par quatre a été mesuré.
    La plateforme intéresse d’autant plus le groupe qu’elle favoriserait également la fidélisation des vacataires en leur proposant des missions régulières et adaptées à leur emploi du temps.
    Depuis le 18 juin 2018, le groupe a déployé la solution medGo dans environ 300 établissements, formé l’ensemble des cadres à son utilisation et lancé une campagne d’information auprès des collaborateurs et vacataires.

    Concernant le fonctionnement de l’outil, il est fondé sur un système de contacts via e-mails ou SMS : chaque établissement partenaire de MedGo peut inviter ses collaborateurs sur la plateforme et, lors du départ d’un employé, alerter automatiquement l’ensemble des remplaçants adaptés et disponibles puis transmettre des informations liées à la prise du poste.

    Pour Korian, MedGo est un exemple de l’apport des nouvelles technologies aux métiers de la santé : de telles solution peuvent fluidifier la gestion des établissements mais aussi favoriser la transversalité et le dialogue entre différents services (ressources humaines, service achats, etc.).

  • 1,5 million de dossiers de santé piratés dans la plus importante cyberattaque menée à Singapour

    Le système de santé de Singapour a récemment été victime de la plus importante cyberattaque jamais perpétrée à son encontre, a annoncé le 20 juillet 2018 le gouvernement de la cité-État. Des hackers ont volé les informations personnelles d’environ 1,5 million de personnes, dont celles du Premier ministre Lee Hsien Loong.

    Cette attaque qualifiée de « délibérée, ciblée et bien planifiée » a visé les patients ayant effectué un séjour dans des cliniques entre le 1er mai 2015 et le 4 juillet 2018, a précisé le ministère de la Santé dans un communiqué.

    « Ce n’était pas le travail de hackers occasionnels ou de gangs criminels », a-t-il ajouté, expliquant que les hackers avaient ciblé leur attaque sur des données concernant le Premier ministre et en particulier les médicaments qui lui avaient été prescrits en ambulatoire.

    « Nous n’avons pas trouvé de preuve d’une violation similaire dans les autres systèmes informatiques de santé publique », ont déclaré l’Agence gouvernementale de sécurité cybernétique (CSA) et l’agence de santé IHiS. « Dès sa découverte, la brèche a été immédiatement réparée, empêchant une nouvelle exfiltration illégale ».

    Cette faille survient quelques jours après que les Australiens aient eu l’opportunité de se retirer de la base de données de santé nationale du gouvernement fédéral, My Health Record, replaçant au premier plan les préoccupations concernant la protection des informations patients.

    Le hackeur serait un acteur étatique

    Les hackers ont posté l’image d’un masque de Guy Fawkes, symbole du mouvement hacktiviste Anonymous, sur le site du Premier ministre avec le commentaire : « C’est super d’être Singapourien aujourd’hui ».

    Les autorités ont refusé de commenter l’identité des pirates, citant la « sécurité opérationnelle », mais des experts ont expliqué à l’AFP que la complexité de l’attaque et sa focalisation sur des personnes de renom comme le Premier ministre indiquaient que le hackeur devait être un acteur étatique.

    Entre-temps, un rapport de police a été établi le 12 juillet 2018. Des enquêtes sont en cours.

    Les professionnels de santé « temporairement interdits d’utiliser des ordinateurs »

    Les employés de SingHealth, le plus grand groupe d’établissements de santé de Singapour, sont temporairement interdits d’utiliser des ordinateurs professionnels. « [Les pirates] ont d’énormes ressources et n’abandonnent jamais », a justifié l’organisation.

    « La violation des données de santé décrit une nouvelle réalité. Nous ne pouvons pas revenir aux dossiers papier, a déclaré Olli Jarva, consultant en gestion pour le groupe Integrity Software du développeur de logiciels Synopsys (source : Personaltechmd.com). Compte tenu de la nature de cette attaque, il est difficile de dire exactement quelle [sera] l’issue de l’opération, surtout quand les attaquants ne se sont pas identifiés. »

    Wong Onn Chee, directeur de la technologie au sein de la société de sécurité Resolvo Systems – l’un des experts majeurs en matière de fuite d’informations en Asie -, a souligné que lorsqu’il était question de cybersécurité, « ce n’est pas une question de si, mais de quand ».

    Protection des données de santé : une préoccupation centrale aussi en Asie

    L’attaque survenue à Singapour s’est produite alors que la privatisation des données personnelles fait l’objet d’un débat mouvementé en Australie.

    Les Australiens ont eu la possibilité, pendant trois mois, de choisir de ne pas figurer dans la base de données de santé nationale, My Health Record : le gouvernement fédéral crée automatiquement pour chaque citoyen un dossier de santé numérique à moins qu’il n’exprime explicitement sa volonté de ne pas faire partie du système ( “opt out” model).

    Cette décision a suscité de vives discussions entre les professionnels de santé, les organismes de santé mentale, les défenseurs de la vie privée et les professionnels de la sécurité informatique.

    “opt out” model : faciliter l’accès aux informations de santé…

    Les responsables de My Health Record ont promis de centraliser les dossiers de santé, permettant aux différents professionnels de santé du pays d’accéder plus facilement à toutes les données des patients et donc, potentiellement, de sauver davantage de vies (possibilité d’alerter les médecins en cas d’allergies ou d’antécédents médicaux majeurs…).

    …au dépens de leur privatisation ?

    Cependant, de nombreux d’individus redoutent des abus. Parmi les inquiétudes centrales des patients figure la crainte de ne pouvoir sortir du système. Par exemple, si certains parents décident d’ouvrir un dossier de santé numérique pour leurs enfants, celui-ci peut être annulé lorsque les enfants grandissent mais il ne peut pas être supprimé, le gouvernement ayant spécifié que le dossier serait conservé pendant trente ans après la mort du patient concerné. Cependant, après son annulation, le dossier sera inaccessible aux professionnels de la santé, assurent les autorités.