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  • Été 2018 : le GCS Alsace e-santé dresse le bilan de ses avancées dans le numérique en 2017

    Health & Tech Intelligence revient sur l’actualité de l’été 2018.

    Dans son rapport d’activité 2017 (en lien ci-contre), publié fin juin 2018, le groupement de coopération sanitaire (GCS) Alsace e-santé dévoile son bilan de l’année écoulée mais aussi des dix années de collaboration entre l’instance et les acteurs de santé et du médico-social « autour de projets d’envergure [et] innovants », les trois GCS du Grand Est devant prochainement se rapprocher à travers la création du groupement région d’appuis au développement de la e-santé (Grades) dans le Grand Est.

    En ce qui concerne l’exercice 2017, Alsace e-santé revient sur les « dossiers phares » qu’elle a menés, soit :
    • pour le partage d’informations en biologie médicale : le déploiement du dossier médical partage (DMP), le lancement du service de partage Simaral et d’Albiom, un outil permettant aux patients de visualiser en ligne l’historique de leurs résultats d’examens de biologie médicale ;
    • pour l’échange d’informations médicales : l’installation d’une messagerie sécurisée de santé et la mise en place du projet EST 67 ;
    • pour la coordination des soins et l’orientation des patients : le lancement du site Sidocom et du projet de généralisation du déploiement de ViaTrajectoire Handicap sur le Grand Est ;
    • pour la description de l’offre de soins : l’interconnexion de Sante.fr avec le ROR Grand Est;
    • pour les réunions de concertation pluridisciplinaire : le lancement de la version 4.0 de e-RCP, un service informatisé et sécurisé de gestion et de production des fiches RCP ;
    • pour la veille juridique et l’accompagnement des membres de l’organisation : la poursuite du développement de Capssis, un service de conseil et d’accompagnement pour la sécurisation des systèmes d’information de santé.

    « Nous regrettons ,dans cet inventaire des projets concluants, l’absence de la télémédecine ainsi que de Télécical (plateforme de télémédecine dédiée à la cicatrisation des plaies complexes et chroniques), qui ont vu tous deux leurs financements compromis et n’ont pas trouvé leurs modèles économiques », ajoutent dans l’éditorial du document Jonathan Lotz et le Dr Pascal Charles, respectivement directeur et administrateur d’Alsace e-santé.

    Les deux responsables ont par ailleurs annoncé la création de l’Association pour la promotion du numérique en santé (APNS) afin de continuer à fédérer les membres d’Alsace e-santé.

    Principaux projets menés par Alsace e-santé en 2017

    • Janvier 2017 : déploiement du DMP auprès des assurés de 9 CPAM pilotes en France, dont celle du Bas-Rhin ;
    • 17 janvier 2017 : lancement du projet de généralisation du déploiement de ViaTrajectoire Handicap sur le Grand Est en présence de l’ARS Grand Est, de représentants des conseils départementaux et des MDPH ainsi que des GCS Alsace, Lorraine et Champagne-Ardenne ;
    • promotion des usages numériques : création du pôle « promotion des usages numériques » ;
    • 10 avril 2017 : e-RCP et DCC – lancement de la version 4.0 de e-RCP ;
    • juin 2017 :
      • EST 67 : l’ARS Grand Est est officiellement retenue à la suite de l’appel à projet de la Direction générale de l’offre de soins pour développer l’usage des messageries sécurisées de santé comme support de lettre de liaison et des résultats d’examens de biologie médicale ;
      • 20 juin : cérémonie de lancement du service de partage Simral ;
      • 26 juin : interconnexion de Sante.fr avec le ROR Grand Est ;
    • août 2017 : lancement du site www.sicodom.org ;
    • décembre 2017 : les résultats probants de l’expérimentation Télécical ont tous été partagés à la communauté scientifique francophone ;
    • 18 janvier 2018 : Capssis – atelier sur le programme d’échange sur les enjeux du numérique pour le médico-social (PReMS) sur le RGPD.

    Les services d’Alsace e-santé par profil d’utilisateurs

    À propos de la convergence des 3 GCS Grand Est

    En ce qui concerne les années à venir, le directeur d’Alsace e-santé, Jonathan Lotz, et l’administrateur du GCS, le Dr Pascal Charles, estiment « louable » la convergence des 3 GCS au sein d’un Grades mais précisent que, selon eux, « la tâche est complexe et n’est pas facilitée par les enjeux de pouvoirs perçus ».

    Création d’une Association pour la promotion du numérique en santé

    Les deux responsables annoncent par ailleurs qu’en raison de « la disparité de [l’]entité, il [leur] a semblé important de continuer à fédérer les membres d’Alsace e-santé en créant (…) l’APNS (Association pour la promotion du numérique en santé), dont la vocation est de préserver cette dynamique territoriale de concertation interprofessionnelle et de la mettre au service de la structure qui sera en charge de déployer et de porter les différents services. »

  • La prévention au travail, un axe clé de la transformation du système de santé (Mission Lecocq)

    Dans le cadre de la réforme du système de santé, et plus précisément de la santé au travail, la députée LREM du Nord Charlotte Lecocq a été missionnée par Edouard Philippe, Premier ministre, pour élaborer le rapport intitulé « Santé au travail : vers un système simplifié pour une prévention renforcée », mis en ligne par le magazine Santé au travail le 20 août 2018.

    Le rapport a été établi en collaboration avec Bruno Dupuis, consultant senior en management, et Henri Forest, ancien secrétaire confédéral CFDT, avec l’appui d’Hervé Lanouzière, de l’Inspection générale des affaires sociales.

    Les propositions formulées par le rapport visent à permettre l’instauration d’une véritable culture de la prévention dans les pratiques managériales au quotidien. Pour cela, le rapport propose la création d’une nouvelle structure qui chapeauterait les structures régionales – France Santé au travail. La deuxième réforme de taille concerne la structure du financement de la santé au travail qui appelle à une mutualisation des ressources via une cotisation unique « santé travail ».

    Le rapport soulève la question de l’impact de la transition numérique numérique et de l’IA sur le système de prévention.

    Le rapport peut être téléchargé via le lien ci-contre.

    Le rapport doit alimenter la concertation, qui aura lieu à partir du 29 août 2018 avec les partenaires sociaux.

    Selon Charlotte Lecocq, la réforme de la santé et de la prévention au travail constitue l’une des pièces du « puzzle de la refondation de notre modèle social sur la base du travail ».

    Développer une culture de la prévention et mutualiser les ressources

    Rien qu’en réorganisant le système, nous pourrions dégager des moyens supplémentaires pour la prévention. Charlotte Lecocq

    France Santé au travail

    La députée du LREM préconise la création d’un « guichet unique » pour les employeurs de chaque territoire afin de simplifier les démarches des entreprises, pour qui la prévention au travail constitue un sujet « illisible », ce qui est préjudiciable à l’efficacité du dispositif qui coûte aujourd’hui près de 2 milliards d’euros par an provenant des cotisations patronales auprès de 240 services de santé au travail (SST), auprès de la branche Accident du travail-maladies professionnelles (AT-MP) et des fonds versés par les agences publiques.

    Un fonds national de la prévention

    Ce fonds national unique regrouperait l’ensemble des ressources destinées à la prévention que la CNAM pourrait gérer afin de retracer les ressources et les dépenses affectées à la prévention à l’échelle nationale, ce qui permettrait de mieux orienter les politiques publiques en matière de santé au travail, et de répartir les dotations destinées aux structures régionales pour assurer une égalité de traitement sur l’ensemble du territoire.

    La transition numérique et l’IA, sources d’opportunités et de risques nouveaux

    Dans les sections 1.2 et 1.3 de la partie 2 intitulée « Éléments de prospective », l’impact de la transition numérique et de l’IA sur la prévention est abordé.

    En fonction des modalités d’implantation et d’usage, les schémas habituels d’intervention dans la prévention au travail seront affectés par les changements engendrés par le recours à l’IA de façon positive ou négative. C’est pourquoi la mission qualifie la transition numérique de vecteur de risques et d’opportunités.

    La mission appelle à un usage précautionneux et éclairé de l’IA dans le cadre des applications à la santé au travail.

    La mission souligne la nécessité de trouver le bon équilibre entre permettre au salarié de bénéficier des progrès rendus possibles par l’IA, tels l’aide à la décision ou la réalité augmentée utilisée à diverses fins dont la formation, et empêcher qu’un salarié souffre de déshumanisation.

    Dans le domaine des risques professionnels, la mission vante la potentielle contribution de l’IA à réduire les risques sanitaires et la pénibilité (allègement des charges et opérations répétitives, suppression de l’exposition des salariés à des agents dangereux, etc.). Néanmoins, afin de garantir une IA dont on tirerait pleinement profit en minimisant ses effets négatifs (sentiment de déshumanisation, sentiment d’être épié en cas de technologies visant à détecter automatiquement des situations de stress, de burnout, etc.), la mission suggère de :

    • partir d’une analyse sur le terrain afin d’établir la bonne complémentarité entre l’humain et l’algorithme ;
    • recourir éventuellement à des labels (A, B, C, D, E) pour indiquer à quel point les algorithmes prennent en compte le ressenti de l’humain et le retour d’expérience ;
    • conditionner l’introduction de nouvelles technologies au sein de l’entreprise au respect d’un référentiel de « bonnes règles d’adoption d’outils innovants ».

    Les recommandations pour favoriser l’accès des entreprises aux dispositifs de prévention

    La mission a synthétisé les modifications considérées comme nécessaires à une prévention au travail plus efficace sous forme de16 recommandations dont voici la liste complète :

    • Donner davantage de visibilité nationale à la politique de santé au travail ;
    • Consacrer un effort financier dédié et significatif à la prévention ;
    • Inciter les branches à s’emparer des questions de santé et de qualité de vie au travail ;
    • Inciter les entreprises à s’engager davantage dans la prévention par une approche valorisante ;
    • Mieux articuler la santé au travail et la santé publique pour une meilleure prise en charge de la santé globale des travailleurs ;
    • Renforcer le rôle de la structure régionale et du médecin du travail pour prévenir la désinsertion professionnelle ;
    • Mobiliser efficacement la ressource de temps disponible des médecins du travail et des personnels de santé ;
    • Former les différents acteurs de la prévention dans un objectif interdisciplinaire ;
    • Mieux prendre en charge la prévention des risques liés aux organisations de travail et à leurs transformations ;
    • Mettre en place au sein de chaque structure régionale une cellule spécifiquement dédiée à la prise en charge des RPS ;
    • Organiser au sein de la structure régionale un guichet unique ;
    • Permettre l’exploitation collective des données à des fins d’évaluation et de recherche et généraliser l’interopérabilité des systèmes d’information ;
    • Simplifier l’évaluation des risques dans les entreprises pour la rendre opérationnelle ;
    • Proportionner les obligations et les moyens à déployer dans les entreprises en fonction de leur spécificité et des risques effectivement rencontrés par les salariés ;
    • Donner les moyens aux partenaires sociaux de participer à la conception, à la mise en œuvre et au suivi des politiques publiques en matière de santé au travail ;
    • Conduire une réflexion pour l’amélioration de la santé et de la qualité de vie au travail de la fonction publique.

    Réactions

    Le syndicat CFE-CGC (Confédération française de l’encadrement – Confédération générale des cadres) a réagi immédiatement après la diffusion du rapport par un communiqué dans lequel il est dit « qu’un investissement massif en prévention primaire homogène sur tout le territoire aidera à concilier une bonne santé au travail et la transformation de l’entreprise ».

    Il appelle par ailleurs à une mobilisation coordonnée de tous les « préventeurs » (acteurs de la prévention), en la qualifiant de « cause nationale ».

  • Été 2018 : le casque de RV HoloLens (Microsoft) utilisé par les chirurgiens d’un hôpital britannique

    Health & Tech Intelligence revient sur l’actualité de l’été 2018.

    Le Alder Hey Children’s Hospital, l’un des plus grands hôpitaux pour enfants du Royaume-Uni (Liverpool), a introduit dans ses salles d’opération la technologie de réalité mixte de Microsoft via le casque HoloLens  afin d’améliorer la planification et la collaboration autour des procédures chirurgicales, a annoncé le groupe informatique américain dans un communiqué publié le 10 août 2018. Les chirurgiens de l’établissement se serviront du casque HoloLens pour consulter les informations sur les patients pendant leur opération.

    Le dispositif, d’une valeur de plus de 2 700 livres (environ 3 000 €), projette des hologrammes 3D interactifs dans le champ de vision de l’utilisateur en combinant des éléments de réalité virtuelle (RV) et de réalité augmentée.
    Il permet aux chirurgiens de visualiser en même temps les résultats des analyses de leurs patients, des images et des notes médicales prises lors d’une opération ainsi que les dernières mises à jour du dossier patient, tout en ayant les mains libres.

    Le Alder Hey Children’s Hospital, qui accueille environ 270 000 enfants chaque année, travaille avec le développeur de logiciels Black Marble, partenaire de Microsoft, pour développer une application et introduire la technologie au sein du centre de soins.

    L’établissement britannique envisage également d’introduire des Microsoft Surface Hubs (solutions d’écran tactile tout-en-un) à grand écran dans les salles de réunion pour que les professionnels de santé puissent partager plus facilement des informations cliniques, telles que des dossiers des patients, des résultats de tests et des images médicales.

    Toutes les données du patient visibles pendant l’opération

    « Imaginer le cœur d’un patient de l’intérieur et de l’extérieur est absolument essentiel, explique Rafael Guerrero, chirurgien cardiaque au Alder Hey Children’s Hospital (source : Digitalhealth.net). Je dois visualiser cette vue 3D dans ma tête pour effectuer [l’]opération. Vous pouvez parfois afficher ces images sur un écran dans le bloc opératoire, mais celles-ci ne sont pas facilement accessibles et je ne peux pas partir en pleine opération pour obtenir plus d’informations sur mon patient (…). Si je peux utiliser la technologie pour obtenir ces informations, voir ces images devant moi, cela m’aide énormément et améliore le résultat pour mon patient. »

    Microsoft veut accélérer l’adoption d’outils basés sur l’IA et le cloud dans la santé

    Le casque HoloLens est déjà utilisé par les chirurgiens de l’Imperial College Healthcare NHS Trust pour examiner virtuellement les patients avant des les opérer.

    Par ailleurs, Microsoft a annoncé début 2018 le lancement d’une série de nouveaux outils numériques dans l’optique d’accélérer l’adoption de technologies basées sur l’intelligence artificielle et le cloud dans le secteur de la santé.

  • Été 2018 : les établissements du Médipôle Lyon-Villeurbanne utiliseront un système de DPI unique

    Health & Tech Intelligence revient cette semaine sur l’actualité de l’été 2018.

    Un système de dossier patient informatisé (DPI) unique sera instauré pour tout le personnel du Médipôle Lyon-Villeurbanne, qui rassemblera à partir de janvier 2019 deux cliniques du groupe Capio et quatre établissements mutualistes du groupement lyonnais Resamut, a annoncé en août 2018 Philippe Colonges, directeur du système d’information et de l’informatique de Resamut (source : Techopital, APM International).
    La gestion administrative (comptabilité, gestion des stocks, etc.) sera quant à elle séparée : chaque entité utilisera ses propres logiciels.

    Malgré ce regroupement, Capio et Resamut conserveront leur identité et leur autonomie juridique respectives. 

    Le Médipôle, qui s’étendra sur cinq hectares, comprendra 740 lits et places, emploiera près de 1 500 professionnels et travaillera avec 250 praticiens.

    Gestion des données médicales : un système d’information commun

    Quatre entités rassemblées

    Un groupement d’intérêt économique (GIE) a été mis en place pour gérer de manière conjointe au sein du Médipôle certaines activités techniques ou logistiques, telles que l’hôtellerie, la maintenance ou la sécurité.

    Un groupement de coopération sanitaire (GCS) a également été créé pour gérer d’autres services, comme la pharmacie, la stérilisation et la rétrocession des médicaments.

    Afin d’optimiser le fonctionnement du Médipôle, les équipes informatiques de Capio et de Resamut collaboreront pour déployer un système d’information unique.

    « Dans le même bâtiment, il y a quatre entités (Resamut, Capio, un GCS et un GIE), et chacune de ces entités a un bout du système d’information qui lui est spécifique », a expliqué à TecHopital Philippe Colonges. « Il faut savoir qu’il y a une réaffectation de certains services : la chirurgie de Resamut passe chez Capio, et d’autres spécialités de Capio passent à Resamut. Nous nous sommes échangé certaines spécialités et cela vient complexifier le système d’information. »

    Dans le détail :

    • Resamut est en charge de la médecine, de l’obstétrique, de la néonatologie, de la chimiothérapie, des urgences ainsi que des soins de suite et de la réadaptation (SSR) ;
    • Capio de la chirurgie, de la cardiologie interventionnelle, des soins critiques (réanimation, soins intensifs, surveillance continue), de la dialyse et du service SOS mains.

    Tous les établissements vont utiliser le logiciel Mediboard

    Le personnel médical va avoir accès à un tronc commun du système d’information par le biais du logiciel Mediboard. Resamut a ainsi choisi de s’harmoniser avec Capio, qui utilisait déjà la plateforme Mediboard : ses établissements sont donc passés sur ce logiciel.

    « Il peut y avoir des parcours patient très compliqués, indique Philippe Colonges. Par exemple, si un patient arrive par les urgences (Resamut) pour une fracture, il va être transféré en chirurgie (Capio). Ensuite, il devra être pris en charge en SSR (Resamut). Le patient peut être pris en charge par les différentes entités. Le parcours va générer des facturations différentes mais les soignants auront en face d’eux un seul dossier patient. Ils auront une vision complète du dossier. »

    Par défaut, toute la partie concernant le patient sera visible pour tous les établissements.

    L’ensemble des données est par ailleurs stockée chez un hébergeur externe. Il s’agit de données communes, sous la responsabilité du GCS.

    Données administratives : une gestion séparée

    La gestion administrative des différents établissements sera, elle, séparée. Chaque entité disposera de son propre logiciel, « ce qui ne pose aucun problème étant donné que Capio et Resamut n’ont pas les même modalités de facturation », précise Philippe Colonges.

    Les données relatives à l’administratif vont être hébergées par chacune des entités et non regroupées chez un hébergeur externe.

    En ce qui concerne le CGS et le GIE, un accord indique que le GCS sera piloté techniquement par Capio et le GIE par Resamut :

    • Le GCS disposera de ses propres logiciels pour la gestion des stocks et de la comptabilité de la pharmacie (Qualiac), pour la prescription et la préparation des chimiothérapies (Chimio, de Computer Engineering) et pour la gestion de la transfusion (Hemo Serveur).
    • Pour le GIE, une partie du système inclura le logiciel de gestion des stocks Qualiac et le logiciel Carl pour l’inventaire, le suivi des différents équipements médicaux et le suivi du bâtiment.
  • Été 2018 : ECHAlliance (Europe) et le CWCDH (Commonwealth) s’allient pour booster la e-santé

    Health & Tech Intelligence revient cette semaine sur l’actualité de l’été 2018.

    Fin juillet 2018, la société d’intérêt communautaire European Connected Health Alliance (ECHAlliance) et le Commonwealth Center for Digital Health (CWCDH) – lancé à Londres en avril 2018 par la Commonwealth Medical Association – ont annoncé avoir conclu un partenariat stratégique pour accélérer et superviser le déploiement international du secteur de la santé numérique à grande échelle, faciliter la collaboration pour les projets internationaux de e-santé et créer des opportunités économiques.

    La ECHAlliance et le CWCDH réunissent à eux deux 78 pays, avec une population combinée d’environ 3 milliards de personnes, soit 40 % de la population mondiale. En raison du nombre important de pays concernés, de leur diversité et des écarts plus ou moins important entre les pays au niveau du stade de développement du numérique atteint, cette union devrait faciliter l’identification, le partage et l’application des meilleures pratiques et innovations dans le domaine.

    Ce partenariat fournira également aux bailleurs de fonds publics et privés du secteur de la santé numérique un accès à un réseau international et à des organisations mondiales pour les aider à déployer la e-santé et à concevoir des services de santé durables et de qualité.

    « Nous avons beaucoup appris en créant les réseaux internationaux existants en Europe, au Canada et en Chine (source : IT News). Nous pensons également que le partenariat ouvre de véritables opportunités commerciales pour le commerce à double sens entre l’Europe et le Commonwealth (…) » .

  • Été 2018 : le PRS Occitanie centré sur l’adaptabilité des services et l’empowerment du patient

    Health & Tech Intelligence revient sur l’actualité de l’été 2018.

    Le projet régional de santé (PRS) Occitanie a été arrêté le 3 août 2018 par Monique Cavalier, directrice générale de l’Agence régionale de santé (ARS) Occitanie, pour être progressivement mis en place dès la rentrée 2018.

    Ce projet, qui résulte de réflexions menées en collaboration avec les instances de démocratie sanitaire et environ mille professionnels et usagers partenaires de l’ARS, porte l’ambition de réduire d’ici 2022 les inégalités face à la santé notamment au moyen du respect de 5 engagements.

    Parmi ces engagements, deux font appel pour leur réalisation à des innovations techniques ou organisationnelles. Il s’agit d’objectifs :
    – de renforcement de la coordination des acteurs, nécessaire pour mettre à disposition des usagers des services de santé adaptables à leur cas particulier ;
    – de renforcement de l’implication des patients dans le système de santé, afin de de les rendre acteurs de leur propre santé.

    « Renforcer la coordination des acteurs pour des prise en charge adaptées « 

    L’innovation au service de l’adaptabilité des services

    Dans un environnement cloisonné caractérisé par une démographie médicale défavorable, un des engagement de ce PRS est de réussir à proposer des réponses personnalisées au moyen d’une meilleure coordination des acteurs.

    Celle-ci doit s’appuyer sur 2 types d’avancées :

    • des innovations organisationnelles « permettant de renforcer la coordination entre professionnels et d’accompagner l’évolution des pratiques et des métiers » ;

    Un des objectifs de ce PRS est notamment de promouvoir la prise en charge ambulatoire des patients. Des formes organisées de prise en charge ambulatoire ont en effet vu le jour au cours de ces dernières années, formes dont ce projet doit s’inspirer.

    De plus, dans le champs du handicap en particulier, une meilleure articulation des réponses sanitaires et médicosociales est nécessaire : « Au-delà de la coordination, la démarche d’intégration vise à permettre d’améliorer l’efficience et la qualité des parcours, en jouant sur la subsidiarité, en évitant les redondances et en réduisant les dysfonctionnements et les ruptures », explique le PRS, inspiré par l’exemple des guichets intégrés à même de prendre en compte « l’intégralité des ressources d’un territoire, pour offrir des réponses harmonisées, complètes et centrées sur le besoin des personnes ».

    •  des innovations techniques : les usages du numérique se déploient dans le domaine de la santé par exemple sous la forme de la télémédecine, qui intéresse particulièrement l’ARS.

    En effet, la médecine permet non seulement de relier les structures sanitaires et médico-sociales entre elles, améliorant la coordination de la prise en charge des patients et de réduire l’inégalité d’accès aux soins entre les territoires, mais également, grâce aux objets connectés, de favoriser « l’autonomie, la sécurité et la qualité de vie des patients, dans le cadre du suivi des maladies chroniques, au domicile et en lien avec les professionnels de premier recours ».

    Exemples de projets concrets

    Concrètement, il est prévu que cet engagement mène :

    • au déploiement de la télémédecine ;
    • au développement des échanges entre ville et hôpital en sortie d’hospitalisation au moyen de procédés tels que la lettre de l’échange d’informations ;
    • à la promotion d’exercices permettant une meilleure synergie des compétences, au service du patient : promotion des microstructures de prise en charge des addictions, développement des lieux d’exercice associant les équipes des maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) et les centres médico-psychologiques (CMP), mise en place de pôles de compétences et de prestations externes, organisation de réunions de concertation pluridisciplinaires (RCP) en onco-hématologie, etc.

    « Accompagner la personne pour lui permettre d’être actrice de sa santé »

    Le patient comme acteur du système de santé

    Le concept « d’empowerment » en santé, c’est-à-dire de renforcement de la capacité de la personne à être actrice de sa santé, « s’est affirmé comme une clé de transformation majeure du système de santé, dans un contexte de développement des moyens d’information et de l’affirmation progressive du droit des usagers et de la citoyenneté des personnes handicapées dans le cadre législatif (loi du 2 janvier 2002, loi du 11 février 2005, etc.) », rappelle le cadre d’orientation stratégique du PRS Occitanie.

    Cette notion à la fois individuelle et collective, qui pousse à concevoir le système de santé comme une organisation apprenante adaptée aux besoins de chacun et favorisant la prise de décision éclairée, représente pour les patients un levier de préservation de leur propre autonomie, d’où sa place importante dans un PRS qui vise à réduire les inégalités de santé.

    Exemples de projets concrets

    Pour répondre à cet engagement d’empowerment, l’ARS prévoit de développer des projets à trois niveaux.

    • Le premier niveau concerne la compétence des patients en santé : accompagnement du suivi des adolescents diabétiques de leur traitement, programme d’éducation thérapeutique à destination des patients non dialysés atteints d’insuffisance rénale, etc.
    • Le deuxième niveau est centré sur l’appui aux aidants familiaux : extension de dispositifs de soutien à la parentalité des enfants et adolescents souffrant de troubles psychiques, création de structures de répits dans le champ du handicap, etc.
    • Le troisième niveau vise, en amont, à impliquer les usagers dans « l’élaboration et la mise en œuvre de programmes pédagogiques tant en direction des patients que des soignants ». « L’amélioration des organisations des soins par la mobilisation de patients partenaires » est également prévue par le PRS.

  • Été 2018 : les députés veulent imposer l’utilisation du système d’information SI Labo pour les UMR

    Health & Tech Intelligence revient sur l’actualité de l’été 2018.

    Dans le cadre des conclusions des travaux de la Mission d’évaluation et de contrôle sur l’évaluation du financement public de la recherche dans les universités, enregistrées à la présidence de l’Assemblée nationale le 25 juillet 2018, les députés ont émis six propositions « pour un déploiement efficace du SI Labo », dont celle de rendre obligatoire son utilisation par toutes les Unités mixtes de recherche (UMR).

    Les 5 autres propositions énoncées par les parlementaires sont les suivantes :
    • « permettre (…) l’accès à des données consolidées par secteur thématique de recherche ainsi que la comparaison des laboratoires de ces secteurs selon les moyens dont ils disposent ou selon leur nombre de publications » ;
    • « engager rapidement l’ensemble des organismes et des établissements (…) dans la conception et la participation au SI Labo (…) » ;
    • « confier au ministère la responsabilité de faire un point d’étape et d’échange avec les établissements sur l’avancement du projet SI Labo et son appréciation par les établissements (…) » ;
    • « nommer un chef de projet transversal et ministériel pour renforcer la supervision et le suivi du développement du projet SI Labo » ;
    • « distinguer le financement du projet SI Labo au sein des documents budgétaires, dans chacun des programmes et pour les différents opérateurs et établissements ».

    Le budget 2017-2020 prévu pour l’ensemble du SI Labo est de 30 millions d’euros, indique par ailleurs le rapport. « Cependant, les rapporteurs s’inquiètent des risques de dérapage du coût ».

    Qu’est ce que le SI Labo ?

    Le SI Labo fait partie du système d’information Recherche (SI Recherche), qui doit réunir tous les systèmes d’information des entités (structures, organismes, établissements, agences, tutelles) centrées sur le domaine de la recherche.

    Présenté aux acteurs du secteur par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation fin 2017, il vise à « consolider et à mettre à disposition des différents niveaux de pilotage un ensemble de données d’activité et de gestion jusqu’ici éparses et non disponibles dans leur ensemble », précisent les auteurs du rapport (lien ci-contre).

    Permettre l’interopérabilité des opérations informatiques des instances de recherche

    Le SI Labo va donc centraliser et rendre possible l’interopérabilité des opérations informatiques au niveau de l’instance de recherche mais aussi permettre le partage de ces données avec les systèmes d’information des tutelles au niveau du SI Recherche.

    Les équipes de recherche ne devront ainsi plus renseigner plusieurs fois les mêmes informations et il sera plus facile d’agréger les données « pour permettre le pilotage à tous les niveaux souhaités ». Le ministère indique que le SI Labo sera mis à la disposition de toutes les structures de recherche qui le souhaiteront.

    6 propositions émises « pour un déploiement efficace du SI Labo »

    La mission d’évaluation, coprésidée par la députée LREM de l’Essonne Amélie de Montchalin et le député LR du Bas-Rhin Patrick Hetzel, a pour but d’établir les bases d’une restructuration du système de recherche français.

    Dans la deuxième partie du rapport, intitulée « La nécessité d’œuvrer pour une plus grande cohérence des données et de piloter la recherche avec davantage de souplesse et de réactivité », les députés ont détaillé les spécificités du programme national commun SI Labo dont le but est « de bâtir un système uniformisé et efficace de gestion et de suivi des financements de la recherche ».

    Les auteurs du rapport expliquent que le SI Labo est « l’opportunité de disposer d’un outil permettant, en apportant une vision claire de la participation des différentes tutelles au quotidien d’une UMR, d’améliorer le dialogue de gestion entre ces tutelles au service de la stratégie de l’UMR d’une part, et entre les tutelles et l’État d’autre part ». Ils notent cependant que « plusieurs obstacles » pourraient nuire à son efficacité.

    Les 6 propositions émises par les députés pour assurer son bon déploiement

    • Le SI Labo a pour objectif de mettre en place des applications partagées au niveau des laboratoires :
      • les systèmes d’information actuellement utilisées par les UMR, qui fonctionnent en silo, ne permettent pas un dialogue de gestion efficace entre les tutelles ;
      • le SI Labo devrait permettre de consolider les données au sein d’une UMR pour en garantir « un meilleur pilotage stratégique ».

    Proposition 1 : « rendre obligatoire, à terme, l’utilisation du SI Labo (ou celle de connecteurs permettant l’interopérabilité) pour l’ensemble des opérateurs financés sur fonds publics participant à des UMR » ;

    • Le SI Labo doit être accompagné d’une harmonisation des pratiques pour qu’il soit utilisé à son plein potentiel ;
    • « Le projet est encore inabouti sur certains points et s’appuie insuffisamment sur les acteurs de terrain » :
      • « l’absence d’application décisionnelle et de perspective pluriannuelle à ce stade est préjudiciable » ;

    Proposition 2 : « permettre, via l’application décisionnelle, l’accès à des données consolidées par secteur thématique de recherche ainsi que la comparaison des laboratoires de ces secteurs selon les moyens dont ils disposent ou selon leur nombre de publications ».

    Proposition 3 : « engager rapidement l’ensemble des organismes et établissements, sous impulsion ministérielle, dans la conception et la participation au SI Labo, en prévoyant les financements nécessaires à la transformation (ou à l’interopérabilité) de leurs SI et des calendriers de déploiement ajustés aux contraintes de chaque organisme et établissement ».

    Proposition 4 : « confier au ministère la responsabilité de faire un point d’étape et d’échange avec les établissements sur l’avancement du projet SI Labo et son appréciation par les établissements, notamment en abordant de manière prospective les éventuels obstacles à son déploiement et son exploitation par les équipes des UMR et des établissements ».

      • « afin d’assurer un déploiement rapide et effectif, l’élaboration du SI Labo doit davantage associer tous les acteurs » ;
      • « les risques de dérapage du calendrier sont importants » ;

    Proposition 5 : « nommer d’urgence un chef de projet transversal et ministériel pour renforcer la supervision et le suivi du développement du projet SI Labo ».

      • « la prévision de financement est à préciser ».

    « Le budget prévu pour l’ensemble du SI Labo est de 30 millions d’euros entre 2017 et 2020, précise le rapport. Cependant, les rapporteurs s’inquiètent des risques de dérapage du coût ».

    « Par exemple, la prévision du financement de la brique décisionnelle semble n’être qu’indicative étant donné l’état d’avancement du projet. Par ailleurs, le financement de ce projet structurant n’apparaît qu’insuffisamment dans les documents budgétaires. »

    Proposition 6 : « distinguer le financement du projet SI Labo au sein des documents budgétaires, dans chacun des programmes et pour les différents opérateurs et établissements ».