Technique utilisant des ultrasons focalisés de haute intensité (High Intensity Focused Ultrasound / HIFU) afin de réaliser l’ablation thermique d’un tissu pathologique.null
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Bénéficiant du programme Eurostars, Theraclion veut développer l’échothérapie en Allemagne
Theraclion, société française qui développe des équipements médicaux innovants d’échothérapie, a annoncé le 24 août 2018 la participation de son dernier projet de recherche à Eurostars, programme conjoint entre EURÊKA, réseau international de soutien aux projets de R&D innovants, et la Commission européenne, qui dispose au total d’un budget de 1,14 milliard d’euros.
Dans ce cadre, Theraclion développera, en 3 ans et en collaboration avec le Fraunhofer Institute for Medical Image Computing (MEVIS), l’Innovation Center Computer Assisted Surgery (ICCAS, Universität Leipzig) et la PME Mediri, un dispositif de traitement des tumeurs par ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU), utilisable sur des patients et « spécialement conçu pour une thérapie combinée du cancer avec la radiothérapie », précise un communiqué.
L’ambition de Theraclion est de développer « un système robotique polyvalent capable de fournir une large gamme de régimes d’ultrasons focalisés supportant différents types de thérapies contre le cancer » (communiqué) : l’objectif du projet est de réussir à positionner précisément par un bras de robot le dispositif d’échothérapie Echopulse, conçu par Theraclion pour l’ablation de tumeurs thyroïdiennes ou mammaires, afin de combiner l’utilisation de cet appareil à celle d’un système de radiothérapie.
Outre son intégration au programme Eurostars, Theraclion a signé un accord avec l’hôpital universitaire allemand Klinikum rechts der Isar de la Technical University of Munich (TUM) pour l’utilisation d’Echopulse® dans le cadre de traitements de patients atteints de nodules thyroïdiens. « Notre intérêt est d’étudier quel pourrait être le rôle de ce traitement non-invasif dans le futur et quels [patients] pourraient bénéficier de cette technologie innovante », explique le Pr Wolfgang Weber, chef du service de médecine nucléaire à la Klinikum rechts der Isar.
« Le profond intérêt suscité par Echopulse dans la recherche de nouvelles applications reflète l’importance croissante de la technologie HIFU sur le plus grand marché d’Europe, [l’Allemagne] », conclut David Caumartin, directeur général de Theraclion.
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Monitoring des objets connectés : comment s’assurer de la fiabilité des données (Conférence Prédical)
Comment donner du sens aux données collectées via les objets connectés, notamment dans le cas d’un suivi à domicile de personnes âgées ? Tel était l’objet de la conférence assurée par Prédical, spécialisé dans l’analyse des big data, le jeudi 30 août 2018 au sein des locaux (Paris) du pôle de compétitivité Cap Digital.
Intitulée Monitoring des objets connectés : quel recul peut-on avoir sur les données ?, elle a mis en avant en trois temps l’importance d’un suivi (monitoring) continu des données collectées via les dispositifs installés au domicile des utilisateurs :
• genèse de l’importance du monitoring des objets connectés (par Stéphane Besseau, directeur général de Prédical) : il existe un problème de responsabilité au niveau du support client. Qui, parmi tous les acteurs impliqués dans le fonctionnement d’un dispositif connecté (fabricants, opérateurs de service, opérateurs de données…), gère les bugs et le service client ? ;
• quel type de monitoring instaurer et comment le mettre en place pour assurer un suivi efficace et s’assurer que les données reçues soient exploitables (par Olivier Audry, directeur technique à Prédical) ? ;
• data mining : quel recul peut-on avoir sur les données ? (par Mathilde Mougeot, spécialiste data mining à l’ENSIEE) : l’objectif est d’établir des algorithmes et des méthodologies pour dégager des tendances à partir des données reçues, en s’assurant que ces dernières soient fiables.Health & Tech Intelligence revient sur les points forts de la conférence.
Contexte : quels sont les acteurs impliqués ? (Stéphane Besseau)
Dans la première partie de la conférence, Stéphane Besseau, directeur général et co-fondateur (avec Stéphane Moriaud) de Prédical est revenu sur la genèse de l’importance du monitoring des objets connectés.
Pour comprendre l’enjeu du problème, il a exposé le fonctionnement des dispositifs connectés et plus précisément la chaîne de production des données qui en découle, afin d’identifier les acteurs prenant part au processus dans le cadre du partenariat établi par Prédical avec le fabricant d’équipements domotiques Legrand (produits Intervox). Sont impliqués :
- Legrand – équipements Intervox : fournit les dispositifs connectés et stocke les données (data base) ;
- Matooma : carte réseau ;
- Sierra : l’infrastructure Matooma est connectée à l’opérateur télécoms Sierra ;
- OVH : serveurs ;
- Prédical : installe les capteurs au sein du logement de l’utilisateur et traite les données.
Problème central : qui est responsable en cas de défaillance ?
Plusieurs opérateurs sont ainsi mobilisés dans le fonctionnement des objets connectés installés au domicile des utilisateurs, mais cette pluralité des acteurs soulève des questions. « Il y a une complexité au niveau de la responsabilité, note Stéphane Besseau : qui est responsable de la chaîne de données ? Qui doit monitorer le serveur ? Est-ce l’opérateur de données ? Est-ce l’opérateur de service ? »
Se pose aussi le problème de « l’environnement connecté VS la réalité ». Quand l’outil domotique est testé dans une environnement contrôlé (living lab), tout fonctionne correctement, mais dès qu’il est appliqué à l’environnement de la personne, de nouvelles problématiques émergent : la configuration du logement varie en fonction de chaque utilisateur (emplacement du mobilier, usage de chaque pièce) et les capteurs peuvent être mal installés si c’est l’utilisateur qui s’en charge.
« Les données collectées ne sont alors pas fiables et les informations reçues erronées. Il y a donc un vrai sujet au niveau de la rétention client (proportion de clients qui reste). Le dispositif peut très bien fonctionner à échelle expérimentale, mais il doit continuer à fonctionner à grande échelle. »
Stéphane Besseau insiste sur l’importance d’une bonne installation du dispositif. « [Elle] est cruciale et doit être évaluée afin de pouvoir identifier un parcours type des utilisateurs. Nous avons remarqué que, la plupart du temps, les clients acceptaient cette phase de mise en place. Ils se sentent rassurés de constater qu’il y a une équipe en charge du contrôle de la technologie, s’assurant que l’ensemble de l’équipement était bien installé et fonctionnait correctement. Il est essentiel d’assurer ensuite un monitoring d’usage pour intervenir rapidement en cas de bug. »
Quels types de solutions mettre en place ?
L’importance du monitoring des données (Olivier Audry)
Pour s’assurer du bon fonctionnement de l’objet connecté, il existe différents types de monitoring, explique Oliver Audry, directeur technique à Prédical, précisant que les équipes en charge du monitoring (deux personnes à Prédical) doivent répondre aux 6 questions suivantes :
- Est-ce que le capteur est fonctionnel ? « Nous nous assurons que nous recevons bien des données issues de l’objet connecté en question. » ;
- Est ce que le capteur remonte des informations sur son état et sur son environnement lui-même ? « Quel est l’état de la pile ? Quelle est la puissance de réception du signal ? «
- Comment savoir si les données reçues sont consistantes ? « Le format des données est-il celui que l’on attend (il doit être binaire, par exemple, s’il s’agit de savoir quand la personne entre (one : 1) ou sort (off : 2) d’une pièce) « ;
- Comment savoir si les données reçues sont fiables ? « Les différentes données arrivent-elles dans le temps imparti (par exemple toutes les heures pour les capteurs installés sur les portes des différentes pièces du logement) ? » ;
- Comment savoir si les traitements d’enrichissement de données fonctionnent ? « Les données correspondent-elles à ce qu’on attend (cohérence des résultats observés) ? » ;
- Comment étendre le monitoring pour déceler rapidement un dysfonctionnement ? « Pourquoi l’utilisateur a-t-il déconnecté l’objet ? Qu’est-ce qui l’a ennuyé ? L’idée, ici, est de suivre le comportement de l’utilisateur en cas d’arrêt de l’utilisation du service » pour minimiser le taux de rétention client.
Olivier Audry insiste sur l’importance des données de monitoring car elles permettent :
- d’anticiper un changement de piles, par exemple ;
- de détecter un capteur dont le comportement change (A-t-il été déplacé ? Est-il tombé ? A-t-il été occulté ?) ;
- de détecter un problème localisé au niveau du réseau GSM : par exemple, il se peut qu’une panne générale d’un réseau soit survenue sur toute une région et que le problème ne provienne pas du dispositif en lui-même.
« Cela fait quinze ans que je travaille dans le monitoring et, selon moi, cela fonctionne comme la sécurité en informatique : les problèmes ne se résolvent pas tout seuls, résume le spécialiste. Il faut mesurer, anticiper et maîtriser le service, être proactif. Le monitoring nécessite une installation sur mesure et un suivi continu, au jour le jour. La valeur du monitoring est trop souvent mésestimée. »
Data mining : l’utilité des statistiques pour avoir un recul sur les données reçues (Mathilde Mougeot)
Créée en 2011, l’Agence pour les mathématiques en interaction avec l’entreprise et la société (AMIES) met en relation des universitaires et des entreprises, en particulier des start-ups, pour aider ces dernières à résoudre un problème précis. Ce problème est transformé en question (statistiques ou machine learning) par l’équipe de l’AMIES pour ensuite développer une réponse sous forme d’algorithme.
Mathilde Mougeot intervient dans ce cadre auprès de Prédical dans l’optique de créer des algorithmes et des méthodologies permettant de faire ressortir des valeurs pertinentes à partir des données collectées via les objets connectés .
« Dans un environnement contrôlé, il n’y a pas de problème. Nous considérons que les données reçues peuvent être fiables. En revanche, dans un environnement réel, nous n’avons pas de recul et des variables sont possibles donc les données peuvent être erronées, expose-t-elle. L’idée est ainsi de créer un modèle prédictif via une analyse statistique des données. Nous devons nous appuyer sur la régularité observée au niveau des données reçues via l’objet connecté pour voir si l’on peut en déduire un comportement régulier de l’utilisateur, à partir duquel on essaie d’établir un diagnostic. À partir de la chaîne de données observée, nous essayons de dégager un modèle dit « adaptatif », chaque personne ayant son propre mode de fonctionnement. »
L’équipe de Mathilde Mougeot a ainsi mis en place 3 types d’indicateurs :
- les indicateurs de vie quotidienne : analyse les périodes d’activités (heure de lever, heure de coucher) et d’inactivités de l’utilisateur mais aussi les absences (déconnexion de l’objet) ;
- les indicateurs de comportements : analyse la chaîne de données en se basant sur l’historique des données reçues sur une période donnée (un comportement régulier peut alors potentiellement être observé) ;
- les indicateurs de stabilité du mode de vie : analyse si les données reçues sont cohérentes sur le long terme.
L’experte explique que lorsque les anciens capteurs étaient utilisés (avant l’équipement Legrand-Intervox), des anomalies avaient été repérées : les données reçues pouvaient par exemple indiquer que l’utilisateur était actif 24 heures sur 24, ce qui est incohérent. « Il peut être difficile de repérer un bug, mais il est essentiel de le détecter rapidement et d’agir vite pour éviter les problèmes car il est question ici du suivi de personnes âgées, donc leur santé est en jeu. »
« Il est important d’avoir un recul sur la donnée utilisée afin d’établir un diagnostic pertinent », conclut Mathilde Mougeot.
En conclusion : veiller à la fiabilité du service
- « Dans le domaine de la domotique, de nombreuses personnes pensent que les dispositifs sont à la portée de tout le monde, or, ce n’est pas le cas, prévient Stéphane Besseau. Ce non-dit favorise les ventes initiales, mais freine les ventes futures. C’est pourquoi il est essentiel que l’équipement soit installé par des professionnels et non par l’utilisateur seul. »
- Les opérateurs de service « doivent surveiller la chaîne de production de la donnée pour rendre leur service fiable quels que soient les environnements ».
- Il est important de suivre l’usage des services pour assurer un bon support client et ainsi minimiser le taux de rétention client.
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Le concepteur français de dispositifs rachidiens Medicrea coté sur le marché OTCOX Best Market (USA)
Les titres de Medicrea, société française de l’industrie du rachis proposant des services de planification chirurgicale basés sur les données et des offres d’implants personnalisées, sont cotés sur le marché américain OTCOX Best Market depuis le 28 août 2018, a annoncé ce même jour l’entreprise par communiqué.
« Nous pensons que notre technologie propriétaire sur mesure UNiD ASI pour le traitement personnalisé des chirurgies de la colonne vertébrale va devenir la norme au cours des prochaines années et remplacera l’approche traditionnelle actuelle basée sur la sélection d’implants standards à partir d’une offre limitée non adaptée aux besoins de chaque patient et chirurgien. [Cette] cotation (…) constitue une excellente opportunité pour Medicrea ainsi que pour les investisseurs institutionnels et individuels désirant investir dans des sociétés spécialisées dans la santé et proposant des innovations de rupture » , explique dans un communiqué Denys Sournac, P.-D.G. de l’entreprise. »
Le marché OTCOX est le plus haut niveau des trois marchés pour le négoce hors bourse des actions. Il est exploité par le marché financier américain OTC Markets Group. Les titres de Medicrea seront négociables sous deux symboles différents :
• « MRNTY », représentant les ADR (certificats de dépôt américains) ;
• « MRNTF », représentant les actions ordinaires.
Chaque certificat de dépôt correspondra à une action ordinaire négociée sur le marché pan-européen Euronext-Growth. Les investisseurs pourront acheter en dollars soit des ADR, soit des actions ordinaires.Medicrea allie informatique médicale et création de dispositifs nouvelle génération
Fondé en 1990 à Rillieux-la-Pape (métropole de Lyon), Medicrea est une PME qui emploie environ 200 personnes, dont 50 au sein de sa filiale américaine Medicrea USA Corp. L’entreprise dispose de sa propre unité de production à Lyon, dédiée à l’usinage et au développement d’implants sur mesure par impression 3D.
30 familles de dispositifs implantables homologués par la FDA utilisées plus de 150 000 fois
Le groupe, expert en chirurgie de la colonne vertébrale, cherche à s’imposer dans le domaine de la médecine prédictive. Il gère la conception, la fabrication intégrée et la distribution de plus de 30 types de dispositifs implantables homologués par la FDA, qui ont été utilisés jusqu’alors dans plus de 150 000 interventions chirurgicales à travers le monde.
Medicrea « est à la convergence entre l’informatique médicale, la conception et la fabrication de dispositifs médicaux de nouvelle génération grâce à l’impression 3D maîtrisée en interne », indique la société sur son site officiel.
La technologie phare de Medicrea est UNiD ASI, un dispositif visant à améliorer les résultats et l’efficacité des chirurgies de la colonne vertébrale.
« En associant la puissance d’analyse des outils informatiques et des technologies de big data et de deep learning (apprentissage en profondeur) à la masse de données cliniques que [l’entreprise] collecte ainsi qu’aux données scientifiques disponibles, Medicrea est bien positionné pour renforcer l’efficacité des traitements du rachis en réduisant les complications chirurgicales et en limitant le temps passé en salle d’opération dans une optique de médecine prédictive », déclare l’entreprise (site web).
Le marché US, « axe prioritaire de développement » pour UNiD ASI
« Le marché américain, le plus important au monde pour la chirurgie de la colonne vertébrale, et sur lequel nous sommes présents avec la plus grande filiale du groupe installée à New York (Medicrea USA Corp), représente l’axe prioritaire de développement pour la plateforme UNiD ASI, commente Denys Sournac. En continuant à promouvoir l’adoption des technologies de Medicrea aux États-Unis, nous souhaitons que les investisseurs américains disposent d’un moyen simple et efficace pour investir dans la société. Notre présence sur le marché OTCQX sera complémentaire à celle sur Euronext -Growth, offrant ainsi une liquidité plus importante à la communauté des investisseurs. »
Cette cotation « permettra à Medicrea d’étendre sa visibilité aux États-Unis »
« La cotation sur le marché OTCQX permettra à Medicrea d’étendre sa visibilité aux États-Unis et de développer sa base d’investisseurs », ajoute Jason Paltrowitz, vice-président exécutif des services aux entreprises d’OTC Markets Group (communiqué), précisant qu’historiquement, les entreprises internationales présentent sur ce marché avait vu croître le nombre d’investisseurs américains présents à leur capital et avait « amélioré les volumes quotidiens de négociations sur leur place de cotation d’origine ».
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Été 2018 : 1Kubator (Lyon) lève plus de 3 M€ et lance un accélérateur e-santé avec Boehringer Ing.
Health & Tech Intelligence revient sur l’actualité de l’été 2018.
Alexandre Fourtoy, P.-D.G et fondateur du réseau français d’incubateurs privés 1Kubator (1K), a annoncé en juillet 2018 une levée de fonds « de 3 à 4 millions d’euros », encore en cours et menée par des partenaires privés pour se positionner dans le secteur de l’accélération dans des domaines définis. Parmi eux, la compagnie pharmaceutique allemande Boehringer Ingelheim, bien implantée à Lyon, devrait s’impliquer dans 1Kubator pour lancer à partir du troisième trimestre 2018 Bi-up, un programme d’accélération pour les start-ups spécialisée dans la santé digitale.
Le dirigeant, dont l’allocation a été réalisée en présence de Karine Dognin-Sauze, vice-présidente de la Métropole de Lyon à l’innovation, à la métropole intelligente, au développement numérique et à la mobilité intelligente, a par ailleurs annoncé le création de trois nouveaux programmes d’accompagnement en partenariat avec des acteurs publics et privés « pour permettre à plus d’entrepreneurs de rejoindre le réseau » :
• 1KFabrik est le fruit d’un accord avec Bel Air Camp, écosystème de startups hardware et IoT. Le programme sera centré sur les objets connectés ;
• 1KTech est axé sur le secteur de la deep tech. Il est « destiné plus particulièrement aux innovations et [aux] brevets numériques issus des universités, afin d’accompagner et [de] financer la mise en route de ces projets sous la forme d’une start-up ». Le projet a été conclu avec Pulsalys, la Satt des université de Lyon – Saint-Étienne ;
• 1KTeamUp est destiné aux « entrepreneurs sans projet ». Il s’agit d’« une initiative originale d’1Kubator », un programme d’un mois dont le but est de « formaliser les appétences entrepreneuriales de gens de talent qui cherchent à donner du sens à leur action et qui ont une véritable envie d’entreprendre mais pas d’idée ».
Ces programmes seront déployés dans les 4 villes où 1Kubator est présent (Lyon, Bordeaux, Nantes et Rennes), a précisé Alexandre Fourtoy. Depuis sa création en 2015, le réseau a accueilli plus de 120 start-ups et en a financé 50.
Modèle économique de 1Kubator
1Kubator est doté d’un capital social de 750 000 euros, une somme qui ne prend pas en considération la levée de fonds en cours. Cela lui permet d’entrer à hauteur de 10 % au capital des start-ups incubées et d’investir 25 000 euros, soit 12 500 euros pour l’incubation et 12 500 euros en cash. « Un business modèle simple et transparent pour les start-up », commente le dirigeant de la société, Alexandre Fourtoy.
L’entreprise n’est pas encore rentable. Elle mise « sur un retour sur participation dans les cinq à sept ans, mais tous les marqueurs sont au vert car près de 80 % des start-ups qui sont sorties de l’incubateur ont levé des fonds et ont leurs premiers clients », explique-t-il.
Le réseau de 1Kubator devrait être étendu dans deux villes supplémentaires dans le Sud et dans l’Est de la France au cours des prochains moins.
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Été 2018 : 21 propositions de la HAS pour un système de santé de qualité, efficient et équitable
Health & Tech Intelligence revient sur l’actualité de l’été 2018.
Dans cette article, nous proposons une analyse du rapport d’analyse prospective 2018 établi par la Haute autorité de santé, intitulé De nouveaux choix pour soigner mieux, mis en ligne le 10 juillet 2018.
Les propositions au nombre de 21 sont regroupées autour de cinq axes :
• la qualité telle que perçue par les patients essentiellement ;
• l’évolution des mécanismes d’évaluation des technologies de santé innovantes ;
• l’évaluation des établissements sociaux et médico-sociaux ;
• l’exploitation des données médicalisées ;
• la démocratie participative ou sanitaire et le débat public en santé.Les nouvelles technologies et les innovations sont appelées à davantage pénétrer l’offre des biens et services remboursés, sous réserve que s’opère auparavant une refonte des mécanismes traditionnels d’évaluation qui doivent devenir plus souples.
Les données, qui constituent un autre axe d’action, nécessitent avant tout une gouvernance appropriée aux enjeux de leur exploitation. Cette action va de pair avec la médicalisation des systèmes d’information au sein de l’offre de santé.
Le rapport complet peut être téléchargé via le lien indiqué ci-contre.Ce rapport de la HAS a été élaboré dans le cadre de la mission annuelle de la haute autorité consistant à remettre au Parlement une analyse prospective assortie de propositions visant à améliorer la qualité, l’efficacité et l’efficience du système de santé.
Y sont répertoriées 21 propositions pour agir et garantir sur le long terme un système de santé de qualité, efficient et équitable, et qui réponde aux priorités des concitoyens.
5 axes pour un système de santé efficace, efficient et de qualité
Les propositions sont regroupées autour des cinq axes suivants :
• développement de la qualité dans le système de santé grâce à des leviers jusqu’à présent sous-exploités tels l’autorégulation par les professionnels ou la mesure du résultat en santé pour le patient ;
• modification des mécanismes d’évaluation des technologies de santé pour s’adapter à l’apparition dynamique d’innovations et aux incertitudes qu’elles charrient du fait de l’absence de preuve de leur efficacité. À ce titre, il est proposé d’adopter une logique volontariste d’entrées et de sorties du panier de biens et services remboursés. Selon Dominique Le Guludec, présidente de la HAS, les conditions d’entrée de plus en plus rapides des innovations sur le marché l’exigent et elle suggère le recours aux approches multidimensionnelles.
• refonte du dispositif d’évaluation des établissements sociaux et médico-sociaux ;
• renforcement du recueil et de l’exploitation des données médicalisées pour évaluer la qualité, l’efficacité et l’efficience. La présidente de la HAS suggère un renforcement de la gouvernance des données de santé dites « en vie réelle » visant à une collecte et un traitement optimisés permettant leur recoupement avec les données médico-administratives. Selon elle, il s’agit d’un pré-requis à l’optimisation de l’efficience des technologies et des pratiques de santé ;
• recours aux outils de la démocratie participative à travers notamment l’institutionnalisation du débat public en santé.
Donner accès aux nouvelles technologies dans un cadre économique sous contrainte en transformant l’évaluation
Une partie de la réponse dans les modes d’évaluation
La Haute autorité de santé propose d’ajuster les mécanismes d’évaluation actuels pour avoir plus de souplesse dans la gestion des paniers des biens et services innovants inondant le marché pris en charge par la collectivité.
Ces paniers ont donc vocation à devenir plus dynamiques avec des produits et services pouvant plus facilement y entrer mais également en être sortis.
La HAS propose ainsi une évaluation à court terme basée sur la valeur relative du produit et sur l’efficience du produit à moyen terme mais aussi une évaluation à long terme qui prendrait en compte l’ensemble des dimensions de l’évaluation.
Nouvelles technologies : instaurer une veille, revoir le financement et gérer les incertitudes inhérentes
Afin de proposer un accès précoce aux innovations, il convient, selon la HAS, d’identifier le plus en amont possible les innovations à haut potentiel afin de les exploiter de la meilleure façon possible et le plus rapidement possible, grâce à une veille technologique.
Pour une mise sur le marché précoce des dispositifs innovants, notamment dans la cadre du forfait innovation (FI), la Haute autorité de santé rappelle que l’objectif premier de ce mécanisme est de répondre dès que possible à un besoin non ou mal couvert pour les malades, tout en garantissant un recueil de données complémentaires permettant de déterminer par la suite s’il s’agit d’une innovation.
Elle suggère un renforcement du suivi visant à en confirmer le potentiel innovant et « d’améliorer les conditions de sortie du marché ou du remboursement si les résultats attendus ne sont pas confirmés par les données recueillies et de revoir les mécanismes de financement de ces dérogations ».
Créer les conditions nécessaires rendant les donnés utilisables dans un contexte d’évaluation de la qualité, de l’efficacité et de l’efficience
La position de la HAS est que les données non issues de la recherche, dites « données de vie réelle », ont le potentiel d’optimiser la qualité des soins, l’évaluation de l’efficacité des réponses sanitaires et l’efficience des stratégies mises en place. Elle considère que ces données ne participent pas suffisamment de l’évaluation des produits de santé et d’amélioration de la qualité des soins.
Elle suggère ainsi de construire une gouvernance appropriée aux enjeux de l’exploitation des données qui sert deux objectifs :
- l’évaluation en vie réelle des interventions en santé afin de confirmer ou d’infirmer l’efficacité des interventions en santé et d’étudier la qualité du résultat pour le patient, et faire avancer les connaissances sur les technologies de santé;
- l’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins à travers la mesure d’indicateurs de qualité et de sécurité afin de lever les problèmes de non-qualité ou d’inefficience.
La HAS prône une gouvernance nationale fondée sur une coordination nationale, une valorisation et une mutualisation des expertises publiques et salue en ce sens la création du « Health Data Hub », laboratoire d’exploitation des données de santé, décidé par la ministre des Solidarités et de la Santé.
La Haute autorité de santé appelle également à développer l’exploitation des bases de données médico-administratives et à définir une politique des registres ainsi qu’à « médicaliser les SI » de l’offre de santé.
Ainsi, elle suggère que la collecte et le traitement de données cliniques doit compenser les limites intrinsèques des bases de données médico-administratives existantes. Pour cela elle propose 4 actions :
- la mise en place de registres ;
- le renforcement de la médicalisation des bases de données médico-administratives et cite en exemple l’intégration des données cliniques des hôpitaux dans le système national des données de santé (SNDS) qui fait partie du plan « Actions start-up 2018 » présenté par le secrétaire d’État chargé du numérique;
- le développement de systèmes d’information clinique interopérables à l’échelle territoriale ;
- la structuration des données du dossier médical partagé (DMP) et son élargissement.
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MyHR : le discours des autorités australiennes sur les violations de la vie privée porte à confusion
Début août 2018, le gouvernement fédéral australien avait décidé d’améliorer les mesures de protection du dossier médical partagé My Health Record (MyHR), en assurant aux citoyens que leurs données personnelles étaient et resteraient tout à fait privées. Le ministre de la Santé, Greg Hunt, a déposé le 22 août 2018 le projet de loi 2018 portant modification de MyHR pour « renforcer son cadre de protection de la vie privée déjà solide » après le lancement d’une enquête menée par le Sénat au début du mois.
Les autorités souhaitent donc améliorer la protection des données stockées dans les dossiers My Health Record mais assurent cependant qu’il n’y a eu aucune violation enregistrée depuis la mise en place de la plateforme, un discours qui entre en contradiction avec le rapport annuel 2016-2017 du Commissariat australien à l’information (OAIC), qui référence 11 notifications de violations de données transmises par l’Agence de la santé numérique australienne (ADHA), l’opérateur de MyHR.
Selon des experts interrogés par le média national AM, cette confusion serait liée à l’emploi du terme « violations de données », défini différemment par les uns et les autres. « Peut-être que ce [que les autorités] veulent dire c’est que notre système n’a pas été piraté par des tiers non autorisés, mais [avancer] qu’il n’y a pas eu de violation de données ou de la vie privée est (…) faux« , synthétise Anna Johnston, ancienne commissaire adjointe à la protection de la vie privée pour la Nouvelle-Galles du Sud (source : The ABC).Par ailleurs, le directeur général de l’ADHA, Tim Kelsey, a déclaré de son côté en août 2018 au Financial Review que les semaines de controverse autour des questions de confidentialité relatives à l’utilisation de la base de données de santé nationale avaient été utiles, sensibilisant davantage la communauté au système My Health Record et permettant ainsi aux Australiens de prendre « une décision éclairée sur leurs droits de retrait » du dispositif.
Modifications de MyHR : un mandat obligatoire pour accéder aux données
Le ministre de la Santé australien, Greg Hunt, a déclaré que grâce aux nouveaux amendements, les forces de l’ordre et les agences sont tenues d’obtenir un mandat avant de pouvoir accéder aux informations stockées sur My Health Record (MyHR).
Les modifications entreprises exigent également que l’Agence australienne de santé numérique (ADHA) supprime définitivement toutes les données d’un compte si un utilisateur décide de se retirer du dispositif.
La controverse sur la protection de la vie privée jugée « utile » par Tim Kelsey
Plus de 20 000 personnes ont quitté le système MyHR au début de la période de retrait (op-out option), mise en place par l’ADHA pour permettre aux citoyens australiens qui le souhaitent de ne pas disposer d’un dossier de santé numérique, après des semaines de critiques de la part des défenseurs de la sécurité numérique et de la vie privée, prévenant que les informations présentes sur My Health Record pourraient faire l’objet d’un piratage.
Retrait de MyHR : les Australiens sont désormais « en mesure de prendre une décision éclairée »
Le directeur de l’Agence de la santé numérique australienne, Tim Kelsey, a déclaré à The Australian Financial Review, le plus important quotidien économique d’Australie, qu’il se félicitait de l’accord bipartisan conclu en août 2018 entre les ministres de la santé de l’État et du gouvernement fédéral sur l’extension de l’option « opt-out ».
« Notre objectif est de veiller à ce que les Australiens puissent prendre une décision éclairée sur leurs droits de retrait, et en fait, le débat qui a eu lieu au niveau national au cours des dernières semaines a été utile à cet égard, car beaucoup plus de gens qu’avant sont [désormais au courant de l’existence et du mode de fonctionnement] de My Health Record et sont [ainsi] en mesure de prendre une décision éclairée », a-t-il déclaré.
Violations de données sur MyHR : les explications des autorités ne convainquent pas
Un discours portant à confusion
Le rapport 2016-2017 du Commissariat australien à l’information (OAIC) – auparavant connu sous le nom de « Commissariat australien à la protection de la vie privée » – révèle qu’il y a déjà eu un certain nombre de violations de données dans le système My Health Record mais le gouvernement australien maintient que la vie privée de ses utilisateurs est préservée.
- Le Premier ministre assure qu’aucune donnée n’a été violée…
« Il y a 6 millions d’Australiens disposant de My Health Records. Aucun dossier n’a été rendu public et la vie privée [des patients] n’a pas été violée », a assuré en juillet 2018 au média national AM Malcom Turnbull, à l’époque encore Premier ministre (il a été remplacé il y a quelques jours par Scott Morrison). Même discours du côté du ministre de la Santé australien, Greg Hunt.
- … 11 notifications de violation de données ont pourtant été référencées dans un rapport
Pourtant, dans son rapport annuel 2016-2017, l’OAIC indique que 11 notifications de violations de données lui avaient été transmises par l’ADHA. Le Pr Meredith Makeham, conseiller médical en chef de l’agence, a précisé au diffuseur public national australien the ABC que les 11 cas dont il était question étaient des notifications que l’Agence de la santé australienne elle-même avait signalées à l’OAIC et qu’il ne s’agissait pas forcément de cas de violations de données mais simplement d’avertissements. « Chaque fois qu’il y a un cas où il y a ce que nous appelons une violation de la vie privée, où les informations de quelqu’un peuvent être accidentellement vues par quelqu’un d’autre, nous en informons le Commissariat australien à l’information », précise le Pr Makeham. « Les cas dont vous parlez [ont tous été] traités immédiatement, les gens ont été informés. »
L’ADHA, le cabinet du Premier ministre et le bureau du ministre de la Santé estiment tous que ces cas ne constituent pas une violation de la vie privée. The ABC a « demandé des éclaircissements supplémentaires » aux instances concernées.
Ainsi, dans un communiqué, l’ADHA a déclaré : « Des violations de ce type sont survenues en raison soit d’une erreur humaine, telle que des erreurs de traitement commises par le Département des services sociaux [et] des informations incorrectes téléchargées dans un dossier médical, soit d’allégations frauduleuses [du système d’assurance-santé] Medicare (…) L’agence n’a aucune preuve que [l’un de ces cas] ait conduit à un accès non autorisé à des informations sur la santé d’une personne. »
The ABC a également contacté l’OAIC pour comprendre ce que signifiait le terme « violations de données » dans son rapport et s’il faisait référence à des violations de la vie privée. L’instance lui a transmis la définition suivante : « La collecte, l’utilisation ou la divulgation non autorisée d’informations de santé contenues dans My Health Record ; ou des événements ou circonstances qui compromettent, qui peuvent compromettre, qui ont compromis ou qui ont pu compromettre la sécurité ou l’intégrité du système My Health Record ».
- Un problème de définition du terme « violation de données » ?
« J’appellerais ce qui [est décrit dans le rapport du commissariat] des violations de données », explicite à the ABC Anna Johnston, ancienne commissaire adjointe à la protection de la vie privée pour la Nouvelle-Galles du Sud. « La violation de données est un terme différent de violation de la vie privée, qui est un terme différent de cyberattaque ou d’incident de cybersécurité », explique-t-elle, pensant qu’une partie de la confusion provient du fait que les gens ne parlent pas exactement du même sujet.
« [Avancer] qu’il n’y a pas eu de violation de données ou de la vie privée est faux »
« Pour le ministre de la Santé et l’opérateur du dossier My Health, s’ils se manifestent et déclarent qu’il n’y a pas eu de cyber-violation, peut-être que ce qu’ils veulent dire c’est que notre système n’a pas été piraté par des tiers non autorisés, mais [avancer] qu’il n’y a pas eu de violation de données ou de la vie privée est (…) faux. »
Le Dr Cassandra Cross, criminologue à l’Université de technologie du Queensland, acquiesce. « Il y a beaucoup de confusion de la part du public qui reçoit des messages contradictoires de la part du ministre et du gouvernement, comparativement au dernier rapport du Commissariat à l’information. » Selon elle, cela est probablement dû à « certains aspects de définition technique », où les deux parties utilisent des définitions différentes pour l’expression « violation de données ».
Selon l’Australian Privacy Foundation, le gouvernement ne peut garantir la confidentialité des données
L’Australian Privacy Foundation affirme que le gouvernement peut disposer de bons systèmes de sécurité pour empêcher les piratages informatiques mais qu’il ne pouvait pas garantir la confidentialité [des données] car les dossiers de santé font partie d’un système très vaste. Les experts de la protection de la vie privée ont averti que le système ouvrait les dossiers de santé à plus de personnes que jamais, augmentant ainsi considérablement les possibilités de menaces.
« Une fois que les données ont été téléchargées, par exemple dans un système hospitalier, les protections s’appliquent au système hospitalier (…) et non à My Health Record », explique le Dr Bernard Robertson Dunn, président du comité de la santé de la fondation. Selon lui, il n’y a donc « aucun moyen pour que le gouvernement sache qui a accédé à ces données ».
Le Pr Phelps souhaite que l’accès à un tiers soit complètement supprimé
L’ancienne présidente de l’Association médicale australienne (AMA) et médecin généraliste à Sydney, Kerryn Phelps, a déclaré qu’elle n’était pas convaincue des explications données par les autorités. « Une violation de données est une violation de données et je pense que nous devons examiner quelles sont les sanctions [à adopter] pour [punir] un accès non autorisé [à MyHR] par les fonctionnaires et les cadres supérieurs », a-t-elle proposé (source : The Australian Financial Review).
« Cinq anciens présidents de l’AMA, moi-même y compris, [avons] déclaré que nous devions voir des changements substantiels dans ce système avant qu’il ne soit approuvé par le corps médical. » Le Pr Phelps souhaite que l’accès à un tiers soit complètement supprimé de My Health Record. « Les dossiers médicaux ne devraient être utilisés, à mon avis, que par des professionnels de la santé directement impliqués dans la santé d’un patient. »
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Singapour : la start-up Mobile Health acquiert Uninstall.io pour tirer parti de son expertise en IA
La start-up health tech singapourienne MaNaDr Mobile Health, aussi connue sous le nom « Mobile Health », a annoncé en juillet 2018 avoir acquis Songlines Analytics, une jeune société basée à Bangalore, en Inde, qui détient Uninstall.io, à l’origine d’une plateforme permettant aux développeurs d’applications mobiles de comprendre pourquoi certains utilisateurs désinstallent leurs solutions. Le montant du rachat n’a pas été rendu public.
Uninstall.io a capté l’attention de Mobile Health en raison de son expertise en intelligence artificielle (IA) et en apprentissage automatique (machine learning), deux secteurs prometteurs sur le marché de la e-santé. « [Cette] acquisition constituera le fondement de notre incursion dans le domaine passionnant et puissant de l’analyse des données de santé », indique l’entreprise singapourienne dans un communiqué.
Spécialiste de la santé numérique, Mobile Health a lancé en janvier 2017 l’application de télémédecine MaNaDr, utilisée par plus de 50 cliniques et 200 médecins à Singapour et en Australie. Avec cette opération, la société espère améliorer ses offres en matière de stockage et d’analyses de données, d’apprentissage automatique et d’analyse prédictive.
Elle prévoit de mettre en place un laboratoire d’intelligence artificielle dédié à l’analyse d’images pour des applications de santé spécialisées dans le domaine de la dermatologie et de l’esthétique ainsi que pour créer une solution de blockchain afin de stocker de manière sécurisées les données.L’entreprise prévoit par ailleurs de lancer son service ManaDr en Inde d’ici la fin 2018, un marché très important pour elle, indique son fondateur et P.-D.G., Siaw Tung Yeng.
Uninstall.io : une start-up qui monte
Depuis sa fondation en 2015, Uninstall.io a levé des fonds auprès d’investisseurs tels que le vice-président et directeur général de Google Asia Pacific Rajan Anandan, l’accélérateur 500Startups India et Hive Data India.
La start-up compte parmi ses clients les sociétés de e-commerce Zalora, présent dans plusieurs pays d’Asie du Sud-Est, Zivame et SnapDeal mais aussi la banque indienne Axis Bank et BankBazaar, une plateforme en ligne basée en Inde qui offre des devis instantanés personnalisés sur les prêts et les produits d’assurance.
Mobile Health a levé au total plus de 7 millions d’euros
De son côté, Mobile Health a levé depuis sa création en 2016 plus de 10 millions de dollars singapouriens (6,3 M € ; 7,3 M €) auprès de fournisseurs de soins et d’investisseurs privés. L’entreprise s’est développée non seulement à Singapour mais aussi en Australie, en Malaisie et au Vietnam au cours des douze derniers mois.
L’analyse des données de santé, un secteur clé pour la start-up singapourienne
En exploitant l’expertise de Uninstall.io en matière d’analyse des données, la start-up singapourienne espère continuer sa percée sur le marché de la e-santé, convaincue que les solutions d’analyse des big data vont bouleverser l’industrie.
« La plupart des données en silos dans les cliniques et les hôpitaux seront numérisées et stockées dans le cloud pour un accès plus facile, commente Siaw Tung Yeng, P.-D.G. de Mobile Health (source : entrepreneur.com). Les technologies blockchain fourniront aux patients un contrôle total sur toutes leurs données et leur permettront d’accorder un accès rapide aux fournisseurs de soins concernés [qui en ont besoin]. Dans un avenir proche, nous verrons également de nombreuses technologies d’IA [être utilisées] pour accompagner les médecins dans l’acte du diagnostic. »
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Été 2018 : utilisation abusive d’applications de suivi du sommeil et orthosomnie
Health & Tech Intelligence revient sur l’actualité de l’été 2018.
Selon une étude publiée le 6 août 2018 par Parks Associates, entreprise américaine productrice d’études de marché sur les services numériques, 57 % des Américains disposant d’une connexion internet à haut débit souffriraient d’au moins un trouble du sommeil.
Aussi, un peu plus de 50 % des Américains ayant une connexion à haut débit à leur domicile souhaiteraient acheter une application de suivi du sommeil et près de 29 millions de foyers américains connectés posséderaient déjà, à l’heure actuelle, un dispositif connecté de sleep tech.Suite à la parution de tels chiffres, Health & Tech Intelligence revient sur une étude* diffusée dans le Journal of Clinical Sleep Medicine (JCSM), qui définissait en février 2017 un trouble émergent, favorisé par ce type d’applications : l’orthosomnie.
En effet, de plus en plus de personnes consultent dans l’objectif de recevoir un traitement contre des troubles du sommeil (sommeil perçu comme insuffisamment long, réparateur ou profond) auto-diagnostiqués au moyen d’une application de suivi du sommeil : dans certains cas, la corrélation que l’on peut dresser entre données mesurées par un dispositif connecté et fatigue diurne peut se transformer en une quête obsessionnelle et anxiogène du sommeil parfait.De plus, par des réflexions menées autour de 3 cas cliniques, cette étude aborde la problématique des divergences de mesures constatées entre applications grand public et techniques validées d’examen du sommeil, telles que la polysomnographie ou l’actigraphie : si les professionnels refusent d’utiliser dans leur pratique des applications de suivi du sommeil jugées moins fiables que d’autres techniques – ces applications sont incapables de distinguer les différents stades du sommeil et les algorithmes utilisés sont inconnus des professionnels -, la confiance des patients se porte sur les dispositifs grand public : les données enregistrées par ces outils sont souvent perçues par les patients comme plus en accord avec leur expérience que les résultats de polysomnographie ou d’actigraphie.
Résultats suggérés par l’étude des 3 cas cliniques
Utilisation abusive d’applications et exacerbation de l’insomnie
Les trois cas suggèrent l’existence d’effets indésirables à l’utilisation d’applications de suivi du sommeil chez certaines personnes, telles que les trois patients étudiés. Par exemple, chacun d’eux, dans le but d’augmenter le temps de sommeil rapporté par leur application, passait trop de temps au lit, ce qui pourrait avoir exacerbé une insomnie latente en encourageant l’adoption d’une mauvaise hygiène du sommeil.
Cependant, la principale limite de ce travail est que les chercheurs ne disposaient d’aucune donnée sur le sommeil des patients datant d’avant l’utilisation de leur application de suivi du sommeil : l’étude ne peut donc pas déterminer précisément dans quelle mesure ces dispositifs ont pu exacerber des troubles du sommeil pré-existants. De plus, cette recherche n’indique pas si les patients étudiés avaient commencé à utiliser une application justement parce qu’ils ressentaient un inconfort lié à leur sommeil ou si des motivations plus ludiques à l’utilisation d’une application avaient mené à la découverte par hasard de troubles.
En outre, les patients en situation de dépendance à leur dispositif de suivi du sommeil pourraient en fait présenter d’autres comportements problématiques liés à une utilisation inadaptée de technologies telles que leur smartphone pendant la nuit (réception d’appels, de notifications, etc.) pouvant mener à l’exacerbation d’une insomnie ou à une fatigue diurne excessive.
Confiance des patient envers les données fournies par leur application
Malgré les mesures réalisées par les professionnels, qui révélaient des données différentes de celles fournies par l’application, la confiance que les trois patients plaçait en leur application demeurait inchangée.
Piste thérapeutique : la TCC-I
Patients réfractaires, très confiants envers leur application
Dans les trois cas sur lesquels l’étude s’attarde, initier un traitement, qu’il s’agisse d’une thérapie comportementale et cognitive (TCC) de l’insomnie (TCC-I) ou d’une autre méthode (restriction du temps de sommeil, etc.) s’est révélé difficile : l’un d’eux a refusé les traitements proposés, un autre n’a accepté que certaines mesures et le dernier a abandonné tous les protocoles mis en place.
Patients moins confiants envers leur application
Concernant des patients moins confiants en leur application, l’introduction d’une TCC-I sans abandon de l’appli semble possible si :
- le patient paraît ouvert à une discussion portant sur les limites de telles applications (par exemple, ces applis ne prennent en compte que des mouvements du corps et non des variations électriques mesurables par électroencéphalogramme) ;
- la personne accepte de voir son application comme un dispositif capable de mesurer le temps passé allongé dans son lit plutôt que comme un mesureur de temps de sommeil ;
- le patient est d’accord pour tenir un journal afin de garder une trace, chaque jour, de son état de fatigue diurne et de travailler sur la façon – pathologiquement stressante – dont il perçoit cette fatigue.
Enjeux de ces applis : informer sur les risques et élaborer de nouvelles thérapies
Finalement, si l’utilisation croissante d’applications de suivi du sommeil devrait s’accompagner d’une meilleure information aux consommateurs, qui ignorent trop souvent que ces dispositifs ne mesurent pas parfaitement le sommeil, ne sont pas validés comme capables d’améliorer le sommeil et seraient susceptibles d’engendrer des « effets indésirables », ces dispositifs pourraient, après des études subsidiaires, être intégrés dans de nouvelles formes de TCC-I.
En effet, si les données mesurées par ces applis divergent des résultats fournis par des appareils professionnels, les consommateurs rapportent une forte corrélation entre leur expérience de sommeil et les informations affichées par leur application. Aussi, l’intégration de ces appareils dans des protocoles de traitement pourrait constituer un nouveau moyen de communication avec les patients, à condition qu’ils puissent prendre conscience des limites de ces dispositifs.
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Data : partenariats et collaborations de Google (Alphabet Inc.) en fin 2017 et au 1er semestre 2018
Health & Tech Intelligence fait le point sur les partenariats et autres formes de collaborations de Google (Alphabet Inc.) qui ont rythmé le deuxième semestre 2017 et le premier semestre 2018.
Les collaborations marquantes du groupe en 2018, notamment via sa filiale Verily, se déclinent comme suit :
• deux partenariats avec la Fondation Michael J. Fox axés sur la recherche autour de la maladie de Parkinson ;
• un investissement dans l’assureur Oscar Health à hauteur de 375 millions de dollars US ;
• un investissement dans la start-up française Owkin, spécialisée dans le machine learning et dans l’exploitation des données au service de la recherche à hauteur de 5 millions de dollars US.Au cours de la deuxième moitié de l’année 2017, deux nouvelles collaborations ont été annoncées et mises en place. La première concerne la société Senosis Health, une start-up spécialisée dans la surveillance et le diagnostic médical grâce aux smartphones. La deuxième se présente sous la forme d’une spin-off de Google – la société Cityblock propose une assurance en santé à destination des personnes à faibles revenus aux États-Unis.
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