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  • Feelae lance Leah, un logiciel de téléconsultation à destination des médecins libéraux

    Feelae, start-up spécialisée dans les outils de téléconsultation médicale via visioconférence, a annoncé le 28 août 2018 le lancement d’une solution de téléconsultation à destination des médecins traitants nommée « Leah ».

    L’objectif est de proposer un outil permettant aux médecins de réaliser des téléconsultations avec leurs patients dans le cas où un déplacement au cabinet n’est pas indispensable.

    Une solution interfaçable avec les logiciels de gestion de cabinet

    Feelae vise à faciliter en premier lieu des téléconsultations en complément aux consultations classiques dans le cas d’un renouvellement d’ordonnance, d’allergies, d’affections chroniques ou pour prodiguer des conseils.

    L’outil doit permettre un gain de temps aux médecins. Il permet la prise de rendez-vous, la gestion de son agenda en ligne ainsi que la rédaction du compte rendu de la consultation et de l’ordonnance correspondante.

    Leah est un logiciel SaaS capable de s’interfacer avec le logiciel de gestion de cabinet du médecin et ainsi de centraliser et de synchroniser l’ensemble des documents médicaux dans son espace personnel et sécurisé.

    Le logiciel pourra être déployé à partir du mois de septembre 2018. Une version en avant-première peut actuellement être testée sur le site de Feelae.

    « Avec l’ouverture prochaine du remboursement des téléconsultations, la médecine s’apprête à franchir une nouvelle étape clé dans son exercice pour mieux servir les Français, déclare Alban de Crémiers, P.-D.G. et co-fondateur de Feelae. Leah répond à ces nouveaux enjeux en offrant une solution simple aux médecins qui vont pouvoir faire évoluer leurs pratiques et proposer de nouveaux services à travers la téléconsultation. Avec Leah, le médecin peut optimiser le suivi de certains patients souffrant de maladies chroniques, renouveler l’ordonnance d’un patient historique, répondre à des questions de santé et de nombreux autres services médicaux ne nécessitant pas forcément un déplacement. Il peut également prolonger l’accompagnement de ses patients en congés ou en déplacement professionnel. La télémédecine offre de nombreuses possibilités et nous n’en sommes qu’aux débuts. »

  • La HAS dédie une journée à l’information des patients sur les DM connectés et l’évaluation des DM

    Intitulé « Évaluation des dispositifs médicaux (DM) : journée d’information pour les associations de patients », l’événement organisé par la Haute autorité de santé (HAS) le 18 septembre 2018 sera dédié à l’information des patients au sujet des dispositifs médicaux et de leur évaluation par la Commission nationale d’évaluation des dispositifs médicaux et des technologies de santé (CNEDiMTS). La HAS s’appuie sur cette commission pour l’évaluation des dispositifs médicaux en vue de leur remboursement par l’assurance maladie et de leur bon usage.

    Cette journée informera les patients des missions de la CNEDiMTS, des critères d’évaluation des dispositifs médicaux utilisés et des différentes modalités de contributions des patients aux travaux d’évaluation – la CNEDiMTS prend en compte le point de vue des patients dans ses évaluations. Elle visera à faciliter l’accès à l’innovation, au bénéfice de la qualité de vie des patients.

    Isabelle Adenot, membre du collège HAS et présidente de la CNEDiMTS, ouvrira l’événement par une allocution centrée sur l’accès à l’innovation et l’amélioration de la qualité de vie des patients, objectifs présentés non comme des « exigences » mais comme des « évidences » par la commission. L’évaluation de l’amélioration de la qualité de vie des patients ainsi que l’implication des patients dans les processus d’évaluation constitueront par ailleurs le sujet d’autres présentations.

    En outre, la HAS proposera aux associations de patients participantes un focus sur les dispositifs médicaux connectés.

  • Le conseil départemental de l’Allier va développer la télémédecine pour faciliter le pré-diagnostic

    Dans une interview accordée le 3 septembre 2018 à RJFM, radio locale de Montluçon, le président du conseil départemental de l’Allier, Claude Riboulet, est revenu sur les priorités à venir du Département, dont l’amélioration de l’accès à la santé, insistant sur la pénurie de médecins généralistes et de certains spécialistes. L’élu (Union républicaine pour le Bourbonnais) a notamment annoncé que les efforts dans ce domaine seront concentrés sur le développement de la e-santé, et en particulier de la télémédecine.

    Claude Riboulet évoque la mise en place « d’un certain nombres d’expérimentations notamment par rapport à (…) la e-santé et [à] la télémédecine pour favoriser (…) l’accès à un pré-diagnostic ou (…) faciliter le parcours du patient et fluidifier l’agenda du médecin ». Il indique que des dispositifs fonctionnent déjà, citant la formation des étudiants en médecine dans la commune de Moulins, où des cabines de télémédecine ont été installées afin d’établir, avec l’assistance d’un infirmier ou d’une infirmière, des pré-diagnostics « avec un médecin qui est à distance ».

    Selon l’élu, « notre approche de la médecine générale va probablement évoluer ». « Il y a besoin de médecins, je ne dis pas qu’on s’en passera, (…) au contraire, mais sans doute qu’il faudra qu’on les rencontre quand on aura véritablement pu [vérifier] en amont par un pré-diagnostic qu’on a besoin [d’en consulter un] ».
    Il précise que ces dispositifs de télémédecine pourront être déployés dans les maisons pluridisciplinaires de santé, dans les pôles étudiants comme celui de Moulins et aussi, « pourquoi pas », dans les espaces des maisons de services au public.

    Le montant de l’enveloppe budgétaire qui sera dédiée au déploiement de la e-santé au sein du département n’a pas été précisé.

    Le numérique est « la priorité » du Département

    De manière plus générale, Claude Riboulet souligne que le numérique représente « la priorité » du Département. « Dans des départements et des territoires comme le nôtre (…) qui sont fragilisés et en concurrence avec des territoires où il y a des métropoles, (…) je crois (…) que le numérique est un atout qui nous permettra de rester dans la course. C’est un domaine dans lequel on a pris beaucoup de retard dans [l’Allier]. »

    Améliorer l’accès aux soins en élargissant le dispositif Wanted

    Favoriser l’installation des kinés en les aidant à investir dans du matériel

    À propos du manque de médecins généralistes, Claude Riboulet estime qu’ »aujourd’hui, les difficultés s’empilent », précisant qu’il existe également un manque du côté d’autres professions, notamment des kinésithérapeutes et des dentistes. « C’est la raison pour laquelle dès que j’ai été élu (en septembre 2017), j’ai installé une commission spéciale qui travaille sur l’offre de soins ». Son premier bilan a été rendu en juin 2018″et on va aller vers des propositions très concrètes dès la session d’octobre. On a déjà commencé, par exemple, pour les kinés, à (…) intervenir pour favoriser [leur] installation en les aidant à investir dans du matériel, [ce qui signifie un élargissement du] dispositif Wanted. Il y a encore beaucoup à faire », commente-t-il.

    Wanted, un dispositif pour inciter les jeunes médecins à s’installer dans les zones isolées

    Lancé en 2006 par Gérard Dériot (rattaché au groupe Les Républicains), prédécesseur de Claude Riboulet, le dispositif Wanted a pour objectif d’aider financièrement les jeunes médecins généralistes à s’installer pour une durée minimum dans une zone déficitaire en soins de l’Allier, en concertation avec les élus, par le biais d’une bourse d’études ou d’une aide à l’installation. Le programme a été étendu aux dentistes et aux masseurs kinésithérapeutes.

  • Innovations à l’hôpital : appel à candidatures pour le concours de pitch Innovation & Galien

    L’appel à candidatures pour le concours de pitch Innovation & Galien a été lancé courant juillet 2018. L’événement annuel récompense des start-ups innovantes et encourage des projets jugés porteurs.

    Il s’adresse aux « jeunes pousses » ayant développé ou souhaitant développer des « innovations en santé permettant d’améliorer à l’hôpital : l’organisation, la coordination et/ou la qualité des soins ; d’optimiser les parcours de soins et les relations ville-hôpital« .

    Tous les dossiers de candidatures doivent être envoyés avant le 4 octobre 2018 à minuit.

    Les 8 finalistes seront dévoilés à la mi-octobre 2018. Ils auront l’opportunité de « pitcher » devant un jury d’une dizaine d’acteurs du secteur le 6 novembre 2018 au Numa, à Paris. Les 3 lauréats seront annoncé le 12 décembre 2018 aux Salons des arts & métiers, à Paris, lors des Rencontres Innovation & Galien.

    Les vainqueurs du pitch Innovation & Galien remporteront :
    une dotation de 30 000 euros, attribuée par MNH Group ;
    un programme de parrainage assuré par l’Asip Santé ;
    une campagne médiatique dans les titres du Groupe profession santé (Le Quotidien du médecin, le Quotidien du pharmacien, Décision santé, etc.), à l’origine du Prix Galien.

    Les critères d’éligibilité :

    • Start-ups ayant déjà créé un POC avec un business modèle réfléchi, proposant des produits/services innovants et évaluables, à un stade de développement avancé. Équipes impliquées à plein temps.
    • Les start-ups doivent êtres des sociétés déjà immatriculées et s’adressant (notamment ou exclusivement) au marché français.
    • Entreprise de 5 ans maximum au moment de la candidature au concours (entreprises créées en 2013 et ultérieurement).
    • Avoir un chiffre d’affaires annuel inférieur à 1 million d’euros.

    Les critères de sélection :

    • pertinence de la contribution apportée par le candidat au thème du concours
    • caractère innovant et disruptif du produit ou service proposé
    • performance du modèle économique
    • solidité de l’équipe : sa composition, ses compétences, ses valeurs éthiques, son engagement

    Calendrier

    • Le 4 octobre 2018 à minuit : clôture de l’appel à candidatures (aucun dossier ne sera accepté au-delà de cette date) ;
    • mi-octobre 2018 : annonce des candidats sélectionnés ;
    • le 6 novembre 2018 au NUMA à Paris : pitch en public, en présence du jury ;
    • le 12 décembre 2018 aux Salons des arts & métiers à Paris : annonce des gagnants à l’occasion des Rencontres Innovation & Galien.

    Les pièces à fournir :

    • vidéo d’une durée maximum de 2:30 minutes présentant le produit ou le service innovant. « Le format est libre, précisent les organisateurs du concours sur le site officiel. Ce peut être un montage ou [une] prise de vue face caméra, avec un smartphone comme avec une caméra pro, plusieurs personnes peuvent y apparaître, la solution (produit ou appli) candidate peut aussi y apparaître, bref, c’est vous le réalisateur, surprenez nous ! » ;
    • résumé écrit présentant votre innovation (à des fins de publication sur nos supports web et éventuellement print) : 250 signes maximum ;
    • extrait KBis de l’entreprise candidate ;
    • CV ou mini-bio du dirigeant de l’entreprise et des membres de l’équipe impliqués dans le projet présenté ;
    • la copie intégrale du dépôt des comptes de la société pour l’année 2017 ;
    • le business-plan (executive summary ou teaser). « Inutile de rédiger un nouveau BP exprès pour ce concours, fournissez-nous l’exemplaire le plus récent que vous ayez eu à produire dans le cadre par exemple d’une recherche de financement ou levée de fonds », est-il précisé.

    Tous ces éléments sont à adresser « uniquement par mail » à maud.pilloud@gpsante.fr.

    Le jury du concours :

    • Pr Jean-Louis Prugnaud, président du Prix Galien France, membre de l’Académie nationale de pharmacie, expert consultant pharmaceutique en biothérapie, ancien pharmacien chef à l’AP-HP, membre de l’ex-commission d’autorisation de mise sur le marché (AMM) et ancien président de la commission de thérapie génique et cellulaire ;

    • Pr François Bricaire, ancien président du Prix Galien France, ancien chef de service (consultant) des maladies infectieuses et tropicales, groupe hospitalier Pitié- Salpêtrière, professeur à l’université Paris-VI, membre de l’Académie nationale de médecine, président des opérations internationales de la Croix-Rouge française ;

    • Dr Jacques Lucas, président du jury e-santé du Prix Galien France, vice-président du Conseil national de l’Ordre des médecins et délégué général aux systèmes d’information en santé ;

    • Sébastien Delorme, directeur général adjoint des affaires générales, institutionnelles et sociales, MNH Group ;

    • Maurice Mouhet, membre du comité de coordination, MNH Group ;

    • Pascale Sauvage, directrice par intérim, Asip Santé ;

    • Nicolas Bohuon, directeur délégué au développement de l’univers média à MNH Group, directeur général du Groupe profession santé ;
    • Me Charles Casal, avocat au barreau de Paris, associé du cabinet Cheysson Marchadier & associés ;

    • Florent Surugue, directeur PME, ETI & développement économique, Syndicat national de l’industrie des technologies médicales (Snitem) ;

    • Alain Pujol, membre du conseil d’administration – relations internationales, Angels Santé ;

    • Hélène Rossinot, interne en médecine à l’AP-HP, spécialisée en santé publique et en médecine sociale ;

    • Anne-Sophie Nedellec, investisseur, Newfund ;

    • Aurélie Dureuil, rédactrice en chef de Mind Health.

  • Étude : la télémédecine augmente l’espérance de vie des insuffisants cardiaques (Lancet)

    Moins d’hospitalisations en urgence, un taux de mortalité plus faible, etc. Les patients souffrant d’insuffisance cardiaque équipés d’appareils de mesure ont vu leur santé s’améliorer, révèle une étude* visant à évaluer les effets de la télémédecine sur l’insuffisance cardiaque menée dans toute l’Allemagne et publiée le 25 août 2018 dans The Lancet.

    La télémédecine en test dans toute l’Allemagne

    Prendre en charge des malades souffrant d’insuffisance cardiaque à distance permet d’identifier les signes précoces d’une décompensation cardiaque. Développer une organisation complète de télémédecine devrait donc, en toute logique, réduire la mortalité et la morbidité dans cette population. C’est pour vérifier cette hypothèse que des chercheurs allemands rattachés au centre de télémédecine cardiovasculaire de Charité (Berlin), ont mis sur pied un essai prospectif, randomisé, contrôlé, en double-aveugle et multi-centrique : le Telemedical Interventional Management in Heart Failure II (TIM-HF2).

    Entre août 2013 et mai 2017, plus de 1500 patients insuffisants cardiaques chroniques ont été recrutés; une moitié d’entre eux recevait des soins habituels tandis que l’autre moitié bénéficiait d’une prise en charge à distance.

    4 appareils de suivi à distance de l’insuffisance cardiaque

    Concrètement, les malades appartenant au groupe « télémédecine » se voyaient remettre quatre dispositifs médicaux :

    • un ECG pour mesurer la saturation en oxygène ;
    • un moniteur de tension artérielle ;
    • une balance connectée ;
    • une tablette pour enregistrer toutes des données de santé et les autodéclarer.

    Les données étaient transférées automatiquement au Centre de télémédecine où une équipe de médecins et d’infirmières était disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, pour les examiner. En cas de symptôme lié à une détérioration de l’état de santé, l’équipe pouvait réagir immédiatement en adaptant le traitement médicamenteux, en programmant une visite en ambulatoire ou une hospitalisation.

    Les principaux objectifs de l’étude étaient d’éviter les hospitalisations imprévues pour des raisons cardiovasculaires, de poursuivre le traitement en dehors de l’hôpital le plus longtemps possible et d’augmenter l’espérance de vie. Parmi les autres objectifs de l’étude, citons l’augmentation de la qualité de vie des patients et la gestion autonome des patients. Par ailleurs, les chercheurs souhaitaient vérifier si la prise en charge des patients à distance pouvait compenser les différences de couverture sanitaire entre les zones rurales et urbaines.

    Résultats

    • 97% des patients du groupe « télémédecine » étaient compliants au moins à 70% au transfert quotidien de données.
    • 35% des patients du groupe « télémédecine » ont été hospitalisés en urgence pour des raisons cardiovasculaires, contre 38% dans le groupe contrôle.
    • La durée moyenne d’hospitalisation sur une année était de 3,8 jours par an pour les patients suivis à distance contre 5,6 jours pour les autres patients.
    • Au cours d’une année, le taux de mortalité chez les patients du groupe de soins habituels était d’environ 11,3%, contre environ 7,9% chez les malades suivis à distance.
    • La prise en charge à distance n’a pas eu d’impact sur la qualité de vie des patients. A noter que les malades déprimés avaient été exclus.

     Un outil de lutte contre les disparités régionales

    « L’essai a montré que l’utilisation de la télémédecine peut augmenter l’espérance de vie », explique le professeur Köhler. « Ce résultat s’applique indépendamment du lieu de vie du patient – dans des zones rurales où les infrastructures de soins de santé sont inadéquates ou dans les zones métropolitaines mieux dotées en établissements de santé. Cela signifie qu’en plus d’améliorer la qualité globale de la fourniture de soins de santé, la télémédecine peut être utilisée comme stratégie pour compenser les différences régionales dans la fourniture de soins de santé entre les zones rurales et urbaines. »

    Des perspectives économiques tant que thérapeutiques

    Pour les auteurs de ces travaux, la prochaine étape consiste à évaluer ces données du point de vue de l’économie de la santé et à identifier les domaines dans lesquels la télémédecine pourrait générer des économies pour le système de santé.

    « Un an après la fin de notre étude, nous évaluerons également si la gestion interventionnelle par télémédecine a un effet durable sur l’évolution de la maladie, même après la fin de l’intervention », a ajouté le Pr Köhler.

  • Cap USA : Servier acquiert la branche oncologie du laboratoire Shire pour 2,05 milliards d’euros

    Servier a annoncé le 31 août 2018 l’acquisition de l’entité dédiée à l’oncologie du laboratoire Shire. Le montant de la transaction s’élève à 2,05 milliards d’euros (2,4 milliards de dollars).

    Cette opération s’inscrit dans la stratégie du groupe pharmaceutique, mise en œuvre depuis un certain temps, visant à renforcer sa présence sur le contient américain et à établir une présence commerciale directe aux États-Unis. En outre, elle sert l’ambition de l’entreprise d’accroître le nombre de patients traités avec des médicaments innovants partout dans le monde et de devenir un acteur de référence mondial en oncologie, selon Olivier Laureau, président de Servier.

    C’est la filiale du groupe, Servier Pharmaceuticals – basée à Boston -, qui assurera la continuité de la commercialisation de deux produits phares de Shire désormais dans le giron de Servier – Oncaspar® et Onyvide®. La société est dirigée par David K. Lee, l’ancien responsable des branches « oncologie » et « maladies génétiques » Monde de Shire.

  • Rééducation connectée : « Il est essentiel qu’un tel programme ne soit pas déshumanisé » (Pr Casillas)

    Le Pr Jean-Marie Casillas, spécialiste de médecine physique et de réadaptation au CHU Dijon Bourgogne revient en détail pour Health & Tech Intelligence sur la mise en place d’une étude clinique portant sur l’utilisation d’un dispositif de rééducation cardiovasculaire connecté, annoncée dans un communiqué le 7 août 2018 par le CHU de Dijon et son partenaire TMM Software (TMM groupe), éditeur français de solutions logicielles.

    « L’objectif est de proposer un programme qui soit très précisément adapté à chaque patient (sa maladie, sa personnalité, ses connaissances et ses motivations) et à son contexte de vie (social, professionnel, socio-culturel, économique, urbain, etc.) afin de l’intégrer de la façon la plus naturelle possible », explique-t-il.

    L’expérimentation sera menée jusqu’en 2021 sur 110 patients : 55 ont rejoint le processus classique de rééducation, soit trois séances d’une demi-journée par semaine à l’hôpital, et 55 seront suivis depuis leur domicile grâce à l’utilisation d’une tablette équipée d’une application de télésurveillance et de divers dispositifs connectés au terminal (balance, tensiomètre).

    Le Pr Casillas présente les spécificités du programme, notamment au niveau organisationnel et de la relation à distance établie entre l’équipe médicale et le patient, ainsi que sur la politique de protection des données adoptée et les projets futurs du CHU de Dijon, dont la construction d’un « bâtiment intelligent » visant à mettre « de façon interactive » à disposition des patients en rééducation « les technologies les plus récentes de communication, de traitement et d’assistance ».

    Premiers résultats « très positifs, mais le recul est encore insuffisant »

    Le CHU Dijon Bourgogne a mis en place une étude clinique sur trois ans (2018-2021) pour tester votre dispositif de rééducation cardiovasculaire connecté. Quels sont les premiers résultats et retours des patients et des professionnels de santé ?

    Pr Jean-Marie Casillas : Les premiers résultats sont très positifs en ce qui concerne le petit nombre de patients inclus pour l’instant dans ce protocole : ils apprécient en particulier de pouvoir combiner cette réadaptation avec les exigences de leur vie quotidienne. L’équipe soignante est très impliquée dans ces nouvelles stratégies, mais le recul est encore insuffisant pour en tirer des conclusions.

    S’il manque des données, une alerte est envoyée sur [la] messagerie sécurisée intégrée » du patient et à l’équipe médicale, qui peut contacter le patient à tout moment, indique le communiqué de présentation du dispositif. Qui, concrètement, gère ces alertes ?

    Un membre paramédical référent de l’équipe de réadaptation cardiovasculaire est responsable de l’analyse des alertes. Il peut être amené à gérer seul le problème, par exemple en contactant le patient pour lui expliquer un éventuel défaut d’observance au programme.

    Il peut se coordonner avec les membres médicaux et paramédicaux (kinésithérapeute, enseignant APA, nutritionniste, etc.) en cas de nécessité d’ajustements du programme ou bien sûr d’intolérance. Une stratégie est alors proposée pouvant conduire parfois à solliciter le médecin généraliste ou le cardiologue du patient, ou bien à revoir le patient sur la structure de rééducation pour une réévaluation.

    « Seule l’équipe médicale et paramédicale de réadaptation a accès aux donnés »

    Qui a accès aux données collectées par le dispositif ?

    Seule l’équipe médicale et paramédicale de réadaptation a accès aux donnés. Le programme répond complétement aux règles de l’Union européenne préconisées dans son récent Règlement général sur la protection des données (RGPD).

    « Avec la télémédecine, le patient devient acteur de son protocole de soins, se sent plus impliqué et est donc plus enclin à suivre sa thérapie, sans rupture avec son mode de vie habituel », commentez-vous dans le communiqué. Cependant, ne pensez-vous pas que l’un des risques du télé-suivi est justement le découragement du patient (mauvais suivi du programme, voire abandon) ?

    Ceci est un vrai enjeu pour ce projet et plus globalement pour la prise en charge d’autres maladies chroniques à l’avenir par ce type de procédure. L’objectif est de proposer un programme qui soit très précisément adapté à chaque patient (sa maladie, sa personnalité, ses connaissances et ses motivations) et à son contexte de vie (social, professionnel, socio-culturel, économique, urbain, etc.) afin de l’intégrer de la façon la plus naturelle possible.

    Les modalités conventionnelles de réadaptation cardiaque impliquent la plupart du temps une interruption des activités habituelles (en particulier professionnelles) avec l’accès à un plateau technique spécialisé de reconditionnement à l’effort. À l’issue de ce programme conventionnel, il est fréquent que le patient se démotive car le soutien devient alors le plus souvent quasi inexistant !

    Avec la réadaptation connectée, la mise en œuvre se fait dans le milieu de vie habituel, en tenant compte des exigences socio-professionnelles, ce qui est un facteur potentiel (à démontrer) de pérennisation des « bonnes » habitudes de vie.

    C’est en particulier pourquoi il est essentiel qu’un tel programme ne soit pas déshumanisé : le patient est vu par l’équipe en réel au moins deux fois (au début et à la fin du programme) et les contacts via la tablette tactile se font avec des soignants qu’il connaît. Il est clair, par ailleurs, qu’il faudra pouvoir bien identifier les profils de patients relevant soit de cette procédure, soit d’une rééducation conventionnelle (en centre spécialisé).

    Lien social et télé-rééducation : « le contact avec l’équipe est régulier »

    Comment pallier l’absence de lien social direct, dont les patients peuvent bénéficier à travers les séances classiques réalisées en centre ?

    Dans le cadre du programme de rééducation connectée, le patient est vu en face à face par les membres de l’équipe qui, à partir du bilan initial, vont construire avec lui un programme personnalisé de reconditionnement à l’effort et d’éducation thérapeutique. Le contact avec l’équipe est régulier. Par ailleurs, l’environnement familial est souvent impliqué dans ce type de stratégie (notamment pour la nutrition) et la socialisation des activités (notamment activité physique) conseillée.

    Comment s’assurer que les exercices réalisés à domicile par le patient soient correctement exécutés (absence de professionnels pour le corriger) ? Le CHU précise que les patients auront accès à des contenus d’éducation thérapeutique (ETP) mais sont-ils suffisants ?

    Le programme d’éducation thérapeutique est adapté à la situation de chaque patient sur l’ensemble des aspects de la nutrition, de l’activité physique, de l’observance médicamenteuse et du sevrage tabagique. Chaque volet d’ETP est suivi d’un quiz qui permet de contrôler la qualité de l’adhésion du patient, de ses compétences acquises et, si nécessaire, de ré-induire un apprentissage.

    En ce qui concerne la réalité des exercices, les capteurs apportent des paramètres tangibles (cardiofréquencemètre, tensiomètre, pesée par balance connecté). Par ailleurs, un des buts essentiels de la rééducation est d’installer un climat de confiance entre les patients et l’équipe.

    Un soutien de la FRM (162 700 €) et de l’ARS Bourgogne (30 000 €)

    La Fondation pour la recherche médicale (FRM) soutient votre programme. À combien s’élève son financement pour ce projet précis ?

    La FRM nous a alloué 162 700 euros pour ce programme.

    Le CHU Dijon Bourgogne bénéfice-t-il d’autres soutiens dans le cadre de ce programme de télé-suivi ?

    L’Agence régionale de santé (ARS) Bourgogne s’est fortement impliquée dès la phase de conception du projet et nous a accordé un soutien financier de 30 000 euros.

    Combien coûte globalement le déploiement d’un tel service (mise en place de l’étude clinique, prix du dispositif, etc.) ?

    Le coût total de cette étude clinique est évalué à 300 000 euros.

    Des programmes similaires ont déjà été développés à l’étranger

    C’est « la première fois qu’un tel programme de rééducation cardio-vasculaire connectée est initié en France », assurez-vous (communiqué). Votre équipe s’est-elle inspirée de projets similaires mis en place dans des établissements de soins étrangers ?

    Les études cliniques concernant l’application de la réadaptation cardiovasculaire à la télémédecine sont rares. Il s’agit d’ailleurs plutôt le plus souvent d’interventions ciblées en prévention secondaire sur des pratiques spécifiques (suivi d’exercices par du télé ECG monitoring, par exemple, ou favoriser l’activité physique ou les bonnes habitudes de vie par du coaching spécifique) ou bien de proposition de suivi en télémédecine à l’issue d’un programme conventionnel (en centre de rééducation).

    Chaque fois, l’objectif est de proposer des nouvelles modalités de prise charge (basées sur les capacités croissantes des smartphones, des sites dédiés et des capteurs portables) répondant à l’insuffisance de patients coronariens rééduqués et de trouver une solution au manque d’adhésion des patients aux recommandations en prévention secondaire.

    Les principaux pays ayant développé des expériences similaires sont :

    • la Belgique : étude Telerehab III (ajout d’un télé-programme à une réadaptation conventionnelle) qui a conduit à l’une des premières études médico-économiques avec des résultats plutôt favorables en termes de consommation de soins et de reprises professionnelles ;
    • l’Australie, l’Allemagne et la Hollande : the FIT@Home study et the TeleCaRe study ;
    • le Canada (Colombie britannique), la Pologne et la Nouvelle Zélande : projet REMOTE-CR ;
    • le Danemark : Active Heart, un portail web pour la télé-réhabilitation (base de données).

    Et cette liste n’est pas exhaustive. Pour l’instant, compte tenu de l’insuffisance d’études contrôlées et randomisées, la réadaptation cardiaque ne fait pas l’objet de recommandations par les sociétés médicales internationales.

    Notre étude a pour but de proposer une alternative complète à la réadaptation conventionnelle, en s’inscrivant dans le contexte spécifique de l’organisation de la santé en France. C’est pour cela qu’elle comporte toutes les dimensions de l’éducation thérapeutique personnalisées à chaque patient : acquisition de connaissances sur la maladie, facteurs de risque, prévention secondaire, programme nutritionnel, observance médicamenteuse, maintien d’activité physique adaptée et sevrage tabagique.

    Bientôt un « bâtiment intelligent » au sein du CHU de Dijon

    Le CHU Dijon Bourgogne envisage-t-il d’intégrer d’autres dispositifs health tech (dispositifs connectés, robots, etc.) au sein de ses services de soins dans les mois ou les années à venir ? Si oui, lesquels ?

    Il ne m’est pas possible de répondre pour l’ensemble des projets concernant le CHU de Dijon, mais en ce qui concerne le pôle « rééducation-réadaptation » du centre, nous envisageons d’étendre ce type de procédures basées sur des objets connectés à des patients insuffisant respiratoires chroniques justifiant d’une assistance respiratoire à domicile (ventilation non invasive). L’objectif de ce projet de télésurveillance est le suivi d’un certain nombre d’indicateurs cliniques et biocliniques via une application sur smartphone. Ce suivi permettra d’évaluer l’adhésion du patient à son « projet de vie » élaboré durant son séjour dans le service de rééducation.

    Par ailleurs, notre pôle est partie prenante d’un projet immobilier visant à la construction d’un « bâtiment intelligent » à la place de la structure actuelle : c’est le projet Réad@pTIC, dont le but est de proposer un nouveau paradigme dans la rééducation en mettant de façon interactive à disposition des patients accueillis les technologies les plus récentes de communication, de traitement et d’assistance. Ce projet de smart building porté par le CHU de Dijon est soutenu par Dijon Métropole.

    Depuis juillet 2018, le CHU de Montpellier teste une technique de suivi à distance de l’insuffisance cardiaque via l’implantation dans l’artère pulmonaire d’un capteur baptisé « CardioMEMS HF », capable de mesurer et de transmettre quotidiennement à l’équipe médicale la valeur de la pression artérielle. Ce type de solutions serait-il, par exemple, susceptible d’intéresser le CHU de Dijon ?

    Ce type de capteur n’est pas applicable à notre protocole. Il s’agit en effet d’un capteur « invasif », destiné à effectuer un télé-monitoring de ces patients insuffisants cardiaques, alors que les procédures de rééducation connectée reposent sur des capteurs externes portables, ne présentant aucun risque pour les patients et informant sur des aspects fonctionnels, parfois de façon prolongée : cardiofréquencemètre, tensiomètre, accéléromètre, GPS, balance, etc. Nous ne faisons pas de télé-monitoring (surveillance en continu de fonction physiologiques vitales).

  • L’éditeur Softway Medical enrichit son DP dans le secteur de la psychiatrie hospitalière

    L’éditeur Softway Medical, dont le siège social se situe à Meyreul (Bouches-du-Rhône), a annoncé le 28 août 2018 par communiqué le rachat de Intellitec, une société basée à Paris qui édite le logiciel Cimaise, dédié à la gestion du dossier patient en unité de soins de psychiatrie. Le montant de l’opération n’a pas été rendu public.

    Softway Medical, dont le chiffre d’affaires s’élève à 45 millions d’euros, emploie 430 salariés et collabore avec plus de 900 établissements de santé. Par cette acquisition, l’éditeur français compte renforcer sa présence dans le secteur de la psychiatrie, notamment en enrichissant son dossier patient Hopital Manager

    « L’expérience montre que les logiciels de dossier patient (DP) génériques, malgré leurs promesses, ne répondent pas de façon satisfaisante aux besoins de la psychiatrie hospitalière, que ce soit pour la production du RIM-P, les particularités légales (certificats, mise en isolement, etc.) ou la constitution d’un dossier réellement utilisable en production et suivi de soins », explique Intellitec. Avec Softway Medical, « l’équipe et les clients d’Intellitec vont désormais bénéficier de moyens techniques, humains et financiers plus forts », ajoute l’éditeur.

    Depuis trente ans, Intellitec s’occupe de l’informatisation des services de psychiatrie des hôpitaux. La société dispose d’une trentaine de références, « principalement publiques », précise le communiqué. Elle emploie une dizaine de salariés.
    Au 1er janvier 2018, son logiciel Cimaise était installé dans 31 établissements et 156 secteurs de psychiatrie.

    Le logiciel Cimaise permet de faire communiquer tous les SIH de l’hôpital

    Lancé en 1989, le produit Cimaise en est actuellement à sa cinquième version. Il s’agit d’un logiciel « full web » homologué DMP, qui couvre l’ensemble de l’activité d’un service de psychiatrie. Il est interfacé avec tous les logiciels administratifs, les cartes Vital et les cartes de professionnels de santé (CPS), le Vidal, une messagerie sécurisée de santé et les logiciels de laboratoire.

    « Cimaise est conçu pour communiquer avec tous les systèmes d’information (SIH) utilisés dans le monde hospitalier », indique le communiqué.

  • RIM-P

    recueil d’information médicalisée en psychiatrienull

  • Article 51 : 370 candidatures reçues en été 2018 dans le cadre de ce dispositif d’expérimentation

    À l’occasion des 14e Rencontres de La Baule organisées ces 30 et 31 août 2018 par la Conférence nationale des unions régionales des professionnels de santé – médecins libéraux (URPS-ML), Nicolas Revel, directeur de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), a dévoilé le nombre de candidatures soumises par les acteurs français de la santé dans le cadre des expérimentations relevant de l’Article 51 :
    • la Cnam a reçu 170 candidatures dans le cadre de l’AMI à trois volets ouvert jusqu’au 31 juillet 2018 ;
    200 autres candidatures ont été soumises jusqu’à présent dans le cadre de l’initiative à échelle nationale auprès des ARS ou de la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) qui court pour une période de 5 ans.

    La qualité au centre des préoccupations des professionnels de santé

    Ces Rencontres de La Baule ont été placées sous le signe de la qualité en santé et interrogeaient plus précisément la place de la qualité dans la formation, dans l’exercice avec notamment l’exercice coordonné et la démarche qualité, dans la mise en œuvre d’une prise en charge transversale et pluriprofessionnelle par les équipes ou encore dans les dispositifs favorisant l’innovation.

    Nicolas Revel a pris part à l’événement dans le cadre d’une table-ronde dédiée au coût de la non-qualité. Il est intervenu afin de donner un éclairage sur l’application de l’Article 51 et les politiques d’innovation en santé.

    La Cnam a reçu 170 candidatures dans le cadre de l’AMI à trois volets

    Lors de son intervention, Nicolas Revel a dressé un bilan des candidatures de projets innovants reçus dans le cadre de l’AMI correspondant à l’Article 51 et ouvert jusqu’au 31 juillet 2018 par le ministère de la Santé et des Solidarités. Il est dédié aux trois approches suivantes :

    • forfait par suivi de patients atteints de pathologies chroniques (diabète, insuffisance cardiaque chronique et maladie coronaire, insuffisance respiratoire chronique, etc.) ;
    • forfait par groupe de population recourant fréquemment aux soins, comme les personnes âgées ;
    • forfait à la patientèle pour une approche globale rémunérant une équipe pour l’ensemble du suivi de la patientèle des médecins traitants participant à l’expérimentation.

    Par ailleurs, il a rapporté que 200 soumissions de projets supplémentaires avaient été adressées aux ARS et directement à la DGOS.

    Dans le cadre de cette initiative nationale, des candidatures pourront être soumises pendant une période de 5 ans.