Articles

  • Etude : l’IA prédit mieux le risque de décès par maladie coronarienne que des experts (Plos One)

    Un modèle d’apprentissage automatique mis au point par des scientifiques du Francis Crick Institute de Londres peut prédire avec plus de précision le risque de décès des patients souffrant de maladies coronariennes. L’étude* publiée dans Plos One le 31 août 218 met aussi en évidence que l’intelligence artificielle est capable d’identifier des marqueurs biologiques prédictifs de mortalité que les cardiologues n’utilisent pas.

    Les modèles statistiques classiques face à l’IA

    Les dossiers électroniques de santé (EHR) constituent une mine d’informations. Ils contiennent des données sur les antécédents médicaux des patients, sur les symptômes, les résultats d’examens, les prescriptions, etc.

    Cependant, ces données ne sont pas collectées de manière systématique et de nombreuses informations manquent à l’appel. Certains cliniciens ne consignent pas des données dans le dossier parce qu’ils les jugent non pertinentes; le patient peut aussi s’opposer à leur stockage. Par conséquent, l’utilisation de ces données nécessite souvent beaucoup de manipulations et de calculs afin d’éviter les biais, et à terme les éventuelles erreurs de diagnostic.

    C’est pourquoi les modèles statistiques classiques, avec une sélection a priori des variables prédictives par des experts présentent un certain nombre de lacunes potentielles. Ils sont notamment très consommateurs de temps et les médecins ne peuvent souvent pas utiliser toutes les données. En revanche, les systèmes d’apprentissage automatique permettent d’intégrer un très grand nombre de variables, sans exiger autant d’hypothèses sur la relation entre des variables particulières et des résultats intéressants.

    586 variables contre 27

    Des chercheurs du Francis Crick Institute de Londres ont donc voulu comparer les performances des modèles statistiques traditionnels créés par des experts à des modèles reposant sur l’intelligence artificielle dans la détection du risque de décès par maladies coronariennes. Ils ont donc utilisé les données issues des dossiers électroniques de santé de 80 000 patients. Leurs algorithmes se sont entraînés et ont recherché les variables les plus pertinentes parmi un ensemble de 600. Au final, 586 variables par patient ont été sélectionnées. Le modèle pronostique construit par les experts reposait quant à lui sur 27 variables. Les résultats de leur étude ont été publiés le 31 août 2018 dans PLOS One.

    Résultats 

    • Le modèle d’apprentissage automatique était légèrement plus précis sur le plan statistique (0,801 contre 0,793 pour les médecins physiques).
    • La sélection automatique des données a nécessité moins de temps de saisie.
    • L’intelligence artificielle peut être utilisée dans des contextes où les facteurs de risque ne sont pas connus.

    Cette étude prouve non seulement que les modèles basés sur l’intelligence artificielle sont supérieurs aux systèmes statistiques traditionnels mais l’autre grand enseignement est que l’IA identifie de nouvelles variables auxquelles les médecins n’avaient pas pensé. « Parallèlement à des facteurs de risque tels que l’âge et si le patient fume, nos modèles ont identifié la consultation à domicile du médecin généraliste comme un bon prédicteur de la mortalité des patients », a expliqué Andrew Steele, premier auteur et chercheur au Crick Institute. Les cardiologues estiment que les visites à domicile sont importantes dans la biologie des maladies cardiaques, mais peut-être une bonne indication que le patient est trop malade pour se rendre chez le médecin et une variable utile pour aider le modèle à faire des prédictions précises. »

    Les inconvénients de l’IA

    Cependant, les techniques basées sur les données et l’apprentissage automatique présentent plusieurs inconvénients. Tout d’abord, le degré d’automatisation de ces méthodes n’est pas encore complet. En outre, il peut être difficile d’interpréter les résultats finaux. Les techniques de modélisation statistique classiques conservent donc des avantages.

    Les auteurs de l’étude ont néanmoins la conviction que « l’apprentissage automatique est un outil extrêmement puissant en médecine et a la capacité de révolutionner la manière dont nous prendrons en charge les patients au cours des prochaines années ».

  • CPTS

    communautés professionnelles territoriales de santénull

  • AAH

    allocation aux adultes handicapésnull

  • CMU-C

    couverture maladie universelle complémentairenull

  • Expérience patient et qualité : 121 unités des hôpitaux de l’AP-HP ont reçu le label « Hospitalité »

    121 labels « Hospitalité » ont été délivrés au sein de différentes unités des hôpitaux de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) fin juillet 2018. Il s’agit d’une démarche de labellisation lancée à la mi-février 2017 en vue d’améliorer l’expérience patient au sein de ses services.

    L’objectif visé est de garantir aux usagers une prise en charge de qualité en répondant mieux à leurs attentes en matière d’accueil et d’hospitalité, et en mettant en place des actions concrètes d’amélioration.

    Engagement de l’AP-HP pour le patient

    Cette initiative traduit l’engagement collectif des personnels de l’AP-HP au service des patients et de leurs proches et s’inscrit dans la démarche globale de « Qualité Hospitalité » initiée par l’AP-HP en 2016.

    Un label valable 4 ans délivré sur 7 types de critères

    Le label « Hospitailté est attribué pour une durée de quatre ans aux services volontaires. Ces derniers sont évalués sur des critères définis dans sept champs complémentaires tels que l’accueil ou la qualité de la relation :

    • accueil ;
    • environnement/propreté ;
    • linge ;
    • alimentation ;
    • prestations de service ;
    • culture/mieux-être ;
    • qualité de la relation.

    Afin de se voir octroyer le label, le service qui candidate doit dépasser 80% des objectifs fixés au sein du référentiel basé sur les critères ci-dessus.

    Sandrine Jannez, cadre de santé consultation médecine physique et réadaptation, hôpital Corentin-Celton, AP-HP, témoigne :« Le label « Hospitalité » engage toute la communauté, c’est fondamental. C’est également une reconnaissance immédiate pour les équipes qui ne se sentent pas toujours reconnues. Le processus de labellisation m’a permis de mieux connaitre le tissu essentiel des cadres de santé tout en leur apportant une lecture parfois différenciée des attentes et du vécu de nos patients. »

    Selon l’AP-HP, la dynamique est bien ancrée dans les établissement et s’accélère. Actuellement, plus d’une vingtaine de candidatures de labellisation sont soumises tous les mois.

    La liste des services labellisés, actualisée le 2 juillet 2018, est disponible ci-contre.

  • Informatisation des ESMS : la métropole et le champ du handicap en retard

    L’Agence nationale d’appui à la performance (ANAP) a publié en juillet 2018 les résultats du tableau de bord de la performance dans le secteur médico-social lancé en 2009 par la DGCS, la CNSA et l’ANAP  qui ont montré un niveau d’informatisation hétérogène entre les établissements et services médico-sociaux (ESMS) français.

    En effet, 16 692 établissements et services ont saisi plus de 70% de leurs données pour participer à l’étude, qui s’est attachée en particulier à examiner :
    • l’informatisation des équipes métiers des ESMS ;
    • la couverture fonctionnelle des établissements ;
    • la mise en œuvre d’une politique de protection des données au sein de ces structures.
    Il en ressort que le taux d’informatisation des ESMS apparaît différent en fonction des activités, du mode d’exercice et de la situation géographie des établissements.

    Ainsi, si les ESMS de métropole, en particulier dans le champ du handicap et à activité ambulatoire, présentent un taux d’informatisation faible, c’est moins le cas pour les structures ultramarines, en particulier en Guyane et à la Réunion. Les établissements de ces régions sont particulièrement avancés dans le domaine de la protection des données puisque 90% d’entre eux ont engagé une démarche en ce sens, et les services accueillant des personnes âgées.

    Systèmes d’information : l’informatisation des ESMS 

    Informatisation des équipes métier des ESMS

    Le tableau de bord révèle que les établissements et services médico-sociaux métropolitains sont encore peu informatisés.

    En effet, 57% des ESMS ont mis à disposition de l’ensemble des professionnels des postes informatiques et seuls 33% des ESMS indiquent disposer de postes informatiques pour la majorité des profils métiers.

    En revanche, une couverture informatique minimale semble assurée dans les établissements : « seuls 2% des ESMS n’ont pas de poste informatique pour les profils métiers », indique le rapport. Ce chiffre s’élève cependant à 6% pour les ESPS intervenant au domicilie des patients.

    « Les régions ultramarines, et en particulier la Guyane, présentent un niveau d’équipement des professionnels métier supérieur à la moyenne« , précise le tableau de bord, alors que plusieurs régions métropolitaines telles que les Hauts-de-France, la Normandie et le Centre-Val de Loire affichent un retard d’équipement des équipes d’accompagnement et de soins.

    La couverture fonctionnelle des SI ESMS

    « Les ESMS ont très majoritairement informatisé leurs fonctions de gestion, tandis que la fonction cœur de métier et pilotage apparaissaient en retrait, explique l’ANAP. Ce constat est renforcé par le caractère professionnel des outils utilisés: alors que près de 80% des SI utilisés par les ESMS ayant intégralement informatisé leurs fonctions de gestion sont des progiciels, ce ratio tombe à un peu moins de 50% pour les admissions et le pilotage, et un peu moins de 60% pour le dossier usager. » En effet, la gestion des admissions, par exemple, est fréquemment réalisée au moyen de suites bureautiques.

    Concernant le dossier usager, l’informatisation paraît plus avancé dans le champ des personnes âgées que dans le champ du handicap, les structures mixtes (accueillant des personnes âgées et des personnes handicapées) présentant un taux d’informatisation proche de celui des établissements du champ des personnes âgées. Dans ce dernier cas, si, d’après l’ANAP, « la culture de l’informatisation du secteur PA a, par capillarité, permis d’engager l’informatisation du volet PH de l’activité », le caractère adapté de l’outil déployé à l’activité PH doit être mis en question.

    Dans les structures à activité de type ambulatoire, c’est-à-dire autres qu’un ESMS avec hébergement ou intervenant à domicile, le tableau de bord montre un retard en matière d’informatisation. En outre, si, par exemple, le taux d’informatisation des ESMS intervenant à domicile est meilleur que celui des structures à activité ambulatoire, les professionnels intervenant au domicile du patient n’ont pas toujours suffisamment accès à un matériel informatique adapté.

    Mise en œuvre d’une politique en matière de confidentialité des données

    Sans être alarmant, le nombre d’établissements et services médico-sociaux ayant mis en place une politique de confidentialité des données est relativement faible :

    • seuls deux tiers des ESMS interrogés ont indiqué avoir mis en place une politique de confidentialité des données ;
    • un tiers a indiqué l’avoir fait partiellement.

    Il semble par ailleurs que ce chiffre varie en fonction des activités de l’établissement : les centres médico-psycho-pédagogiques (CMPP) et d’action médico-sociale précoce (CAMSP) à activités ambulatoires sont les plus impliqués dans une politique de confidentialité. Par ailleurs les structures dédiées à l’accompagnement et à la prise en charge des personnes âgées déclarent un peu plus que les structures relevant du champ des personnes handicapées s’être dotés d’une telle politique (70% contre 65%).

    Enfin, d’un point de vue géographique, les établissements métropolitaine présentent un taux de mise en œuvre d’une politique de confidentialité des données plus faible que les établissements ultra-marins. Par exemple, La Réunion, où 90% des structures déclarent s’être engagées dans une politique de protection des données, est la région française la plus avancée dans la protection des données.

  • L’université Côte d’Azur, le CNRS et l’Inria se portent candidats pour accueillir un institut d’IA

    Les acteurs académiques de Nice-Sophia Antipolis préparent une candidature initiée par l’université Côte d’Azur (UCA), le CNRS et l’Inria pour accueillir un institut interdisciplinaire d’intelligence artificielle (3IA), ont annoncé fin août 2018 par communiqués l’Inria et l’UCA. Ils répondent ainsi au premier appel du plan « intelligence artificielle » lancé par le président de la République fin mars après la remise du rapport établi par le député de l’Essonne (LREM) Cédric Villani, qui préconisait la mise en place de ces 3IA.

    Ces centres devront mener une recherche avancée sur l’IA et diffuser les connaissances acquises auprès d’acteurs extérieurs, tels que des étudiants ou des entrepreneurs.

    L’Inria met en avant deux atouts majeurs de la Côté d’Azur à même de favoriser sa candidature :
    • le territoire présente « une des plus importantes densités scientifiques en sciences du numérique et en mathématiques de France » ;
    • la communauté d’agglomération Sophia Antipolis « est la plus importante et la plus ancienne technopôle d’Europe, fondée en 1969, avec près de 60 % des 36 000 actifs issus de plus de 60 nationalités liés aux technologies du numérique ». L’institut de Sophia compte 129 scientifiques dédiés à l’IA et porte un intérêt particulier pour la santé numérique et la biologie. 

    Dans le cadre ce projet, le 3IA regrouperait une centaine de chercheurs et d’enseignants-chercheurs spécialistes de l’IA et instaurerait un programme de laboratoires communs entre les acteurs académiques de la Côte d’Azur et des entreprises comme Accenture, Amadeus et Bosh.

    Un institut pour 3 missions

    L’institut présenté dans le cadre de la candidature UCA-CNRS-Inria rassemblerait les principaux membres de l’université Côté d’Azur en intelligence artificielle, tels que le CNRS, l’Inria et les autres institutions académiques du site comme les écoles d’ingénieurs Eurecom et Mines ParisTech.

    Il regrouperait autour des trois missions suivantes une centaine de chercheurs et d’enseignants-chercheurs spécialistes en IA :

    • une mission de formation ;
    • une mission de recherche ;
    • une mission de transfert vers les entreprises.

    L’université Côté d’Azur (UCA) propose déjà des formations sur l’IA

    L’UCA « bénéficie de nombreux atouts comme l’école universitaire de recherche (EUR) Digital System for Humans qui constitue la seule graduate school à la française centrée sur le domaine du numérique labellisée au niveau national », indique l’établissement.

    Elle a déjà déployé des « formations de haut niveau » sur l’intelligence artificielle en formation initiale et en formation continue. L’UCA propose ainsi :

    • une licence et un master informatique et mathématiques ;
    • un MSc data sciences ;
    • un cursus d’ingénieurs ;
    • un programme via le réseau européen EIT Digital ;
    • une école d’été en deep learning (apprentissage profond).

    « L’institut se propose de former les spécialistes de la licence au doctorat et de permettre aux entreprises de son territoire d’être concurrentielles sur ces enjeux, notamment pour la formation continue des cadres des entreprises locales », précise l’Inria.

    Un programme de laboratoires communs envisagé avec des entreprises privées

    Les partenariats de recherche entre les acteurs académiques de la Côte d’Azur et des entreprises « sont en forte progression » avec notamment :

    • Accenture ;
    • Amadeus ;
    • Bosch ;
    • IBM ;
    • NXP ;
    • Qwant ;
    • Renault Software Labs.

    Dans le cadre du projet de 3IA, ils devraient être renforcés par la mise en place d’un programme de laboratoires communs.

    Le développement des start-ups issues de la recherche, un « axe privilégié »

    Le développement des start-ups issues de la recherche sera « un axe privilégié » et entrepris en partenariat avec la French Tech Côte d’Azur et le Cluster IA ainsi qu’avec l’association azuréenne centrée sur le numérique Telecom Valley, Sophia Club Entreprises qui a pour vocation de rassembler les différentes entreprises et établissements de Sophia Antipolis en Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’association Nice Starts Up ou les pôles de compétitivité tels que le pôle SCS ayant accompagné « la start-up Therapixel issue d’Inria qui a remporté plusieurs prix dont le prestigieux Digital Mammography Challenge sur le dépistage du cancer du sein ».

    Soph.I.A Summit : 3 journées scientifiques dédiées à l’IA

    « Le territoire abrite également de grands événements sur l’IA », argumente l’Inria.

    Sophia Antipolis accueillera par exemple les 7, 8 et 9 novembre 2018 des experts en IA lors d’un sommet baptisé « Soph.I.A Summit » s’adressant aussi bien aux chercheurs, aux entreprises et aux partenaires économiques qu’aux étudiants et aux citoyens.

  • Roche Diabetes Care France recrute pour une étude clinique multisite de son CGM

    Roche Diabetes Care France a lancé fin août 2018 sur son site internet un appel à participation à une étude clinique portant sur le capteur de  son dispositif de mesure du glucose en continu (CGM) implantable développé en collaboration avec Senseonics.

    L’étude a débuté au mois de février 2018 dans 15 centres en France et vise à démontrer les bénéfices cliniques de ce capteur, son impact sur l’équilibre glycémique et sur la qualité de vie des patients. Les résultats sont attendus pour 2019 et serviront à appuyer le dossier de demande de remboursement.

    Selon la société, le dispositif du nom de Eversense est actuellement commercialisé par Roche dans une quinzaine de pays dont l’Angleterre, la Suisse, l’Allemagne, les Pays Bas, la Belgique, l’Italie, etc.

    15 centres et 324 patients mobilisés pour l’étude

    Roche Diabetes Care France est à la recherche de patients adultes, diabétiques de type 1 et de type 2, traités par insulinothérapie intensive et pratiquant l’autosurveillance glycémique pluriquotidienne ou étant sous mesure du glucose interstitiel avec FreeStyle Libre. Ils doivent en outre disposer d’un téléphone compatible avec l’application mobile.

    Les 15 centres d’investigation sont dispersés sur l’ensemble du territoire français : CHU de Montpellier, CHU de Toulouse, Nancy Brabois, Paris Lariboisière, CHU de Lille, Paris Cochin, Marseille, CHU de Lyon Sud, Grenoble, Mainvilliers, CHU de Nantes, Caen, CHU Amiens, CHU de Strasbourg et Poitiers.

    Les patients recrutés s’engageront pour un suivi d’une durée de 6 mois, avec 6 visites au centre hospitalier investigateur correspondant.

    Ces travaux s’inscrivent dans le sillon de premières études menées aux États-Unis et en Europe (Precise study I et II) qui sont aujourd’hui terminées.

    Le capteur du dispositif CGM en cours de test

    Le système Eversense est un dispositif de mesure du glucose en continu (CGM) composé de 3 éléments :

    • un capteur ;
    • un transmetteur ;
    • une application mobile (smartphone ou tablette).

    Dans l’étude en cours, c’est le capteur qui sera testé. D’autres études sont prévues afin de tester le dispositif complet.

    Les trois éléments mis ensemble permettent de mesurer le taux de glucose interstitiel en continu. Son fonctionnement :

    • le capteur est implanté dans le bras du patient pour une durée pouvant aller jusqu’à 180 jours (6 mois). Il est composé d’un polymère émettant une lumière fluorescente d’intensité variable selon la concentration de glucose dans le milieu interstitiel ;
    • un transmetteur, amovible et rechargeable, placé sur la peau au niveau du bras, au-dessus du capteur, recueille les données transmises par ce dernier. Il calcule la concentration en glucose et, par vibration, alerte le patient en cas d’hypoglycémie ou d’hyperglycémie ;
    • la valeur établie par le transmetteur est communiquée à une application mobile installée sur le téléphone portable du patient (smartphone ou tablette), ce qui rend les données de la personne suivie accessibles instantanément.

  • Réforme de santé : « Nous devons sortir de l’approche centralisée », F. Valletoux (conférence FHF)

    « Rien ne serait pire qu’une réforme [de santé] qui ne serait pas globale. Nous avons besoin d’une vision politique et non d’un colmatage technique. La réforme doit s’adresser à tout le système de santé. Elle doit être volontariste et ambitieuse pour remettre sur pied un système à bout de souffle », a déclaré le 4 septembre 2018 Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France (FHF), à l’occasion d’une conférence de presse (Paris) à laquelle Health & Tech Intelligence a assisté.

    Évoquant la future réforme du système de santé, qui devrait être présentée dans les prochaines semaines, il s’est dit « optimiste », espérant que les mesures envisagées par le gouvernement permettront de « sortir de l’approche centralisée et bureaucratique [dans laquelle nous sommes actuellement] pour permettre aux acteurs des territoires d’agir selon leurs besoins spécifiques et [ainsi] de les responsabiliser ».

    La conférence a par ailleurs été l’occasion pour la fédération de présenter une étude menée par la société Heva sur les disparités de pratiques, les inégalités dans l’accès aux soins et dans l’accès aux acteurs de santé, afin de « poursuivre le travail de sensibilisation mené depuis de nombreuses années par la FHF sur les dangers et limites que présente notre système de santé français » et d’ »inciter les pouvoirs publics à enfin ouvrir le chapitre des solutions ».

    La FHF publie une étude sur les inégalités dans l’accès aux soins

    À l’occasion du point presse de rentrée, la Fédération hospitalière de France a présenté de nouvelles cartographies sur :

    • la dispersion des taux de recours en matière :
      • de chirurgie du canal carpien ;
      • de coronarographie ;
      • d’arthroscopie du genou ;
    • l’évolution du nombre de passage aux urgences par départements, « mise en regard de l’évolution du nombre de médecins généralistes ».

    L’objectif de ces travaux réalisés en juillet 2018* par la société Heva pour la FHF est de sensibiliser sur les dangers et les limites du système de santé français, mais aussi d’encourager les pouvoirs publics à mettre en œuvre des solutions concrètes pour lutter contre les disparités de pratiques ainsi que les inégalités dans l’accès aux soins et aux acteurs de santé.

    Ces cartes « révèlent des écarts majeurs entre régions et confirment l’ampleur du recours aux actes inutiles », commente Zaynab Riet, déléguée générale de la FHF.

    Exemple avec la coronarographie

    Le taux de recours standardisé de la coronarographie montre des disparités importantes en France, allant de 3,6 à 9,9 pour 1 000 habitants.

    • Les taux de recours le plus faibles ont notamment été observés en Bretagne, dans les Hautes-Alpes et en Ardèche.
    • Les taux les plus élevés ont été enregistrés dans l’est de la France, dans les Alpes-Maritimes, le Var, la Haute-Garonne ou encore dans le Loiret.

    « La maladie coronarienne (cardiopathies ischémiques : CPI) est répartie de façon inéquitable en France, note la FHF. Dans certains départements, des taux de prévalence supérieurs à la moyenne nationale expliquent des taux de recours élevés. Néanmoins, le recours élevé à la coronarographie concerne aussi des départements pour lesquels l’épidémiologie des maladies coronariennes ne semble pas pouvoir objectiver un tel taux de recours. »

    Une augmentation des passages aux urgences et une baisse du nombre de médecins généralistes

    L’étude a dans un deuxième temps mis en avant l’activité des urgences en France globalement en hausse dans les territoires où le nombre de médecins généralistes était en baisse. Ainsi, 64,6 % des départements voient simultanément leur nombre de passages aux urgences augmenter et leur nombre de médecins généralistes diminuer.

    Zaynab Riet insiste sur l’importance de la mise en place d’une « stratégie ouverte sur l’ensemble du territoire. » « Il faut que chaque acteur puisse jouer son rôle afin de garantir l’accès aux soins pour éviter le recours aux urgences [inutiles]« .

    Frédéric Valletoux insiste : « L’explosion des urgences est l’un des dysfonctionnements majeurs du système de santé », indiquant que les actes aux urgences non suivis d’hospitalisations (les recours « inutiles » aux urgences) avaient augmenté de 7 % au premier semestre 2018. « C’est énorme ! Il faut absolument casser [cette logique]. »

    Rappel : les propositions en e-santé de la FHF « pour transformer le système de santé »

    Frédéric Valletoux a dans un premier temps exprimé le regret que la FHF, à l’instar d’autres acteurs de l’industrie, n’ait pas été concertée dans le cadre de la réforme du système de santé, avant d’annoncer  au cours de la conférence que le ministère des Solidarités et de la Santé venait d’adresser un message à la FHF proposant une rencontre le 12 septembre 2018.

    Dans le cadre de cette stratégie de transformation du système de santé, la Fédération hospitalière de France a présenté en mai 2018 22 propositions pour chacun des 5 chantiers identifiés (territorialisation, ressources humaines, qualité-pertinence, numérique, financement).

    Dans le domaine de la e-santé, 2 propositions centrales ont été émises par la FHF « pour une logique territoriale réaffirmée dans le cadre de la responsabilité populationnelle » :

    • Mettre en œuvre le plan « intelligence artificielle en santé » en « permettant d’anticiper les métiers de demain et les nouvelles utilisations des données dans le but d’améliorer la qualité des soins au bénéfice des patients et des professionnels de santé et en garantissant protection, confidentialité et égal accès aux innovations technologiques ».
      • Le secteur de l’imagerie est déjà très concernées, note-t-elle.
      • Créer une banque de données au service des travaux de recherche et de la pertinences des actes et des prises en charge.
    • Lancer un plan numérique pour le secteur social et médico-social : « favoriser l’accès à la télémédecine et s’appuyer sur un système d’information permettant la fluidité des parcours de soins les plus fragilisés ».

    La FHF encourage la généralisation du DMP

    Lors de la conférence du 4 septembre, Frédéric Valletoux a par ailleurs indiqué que la FHF se réjouissait de la généralisation du dossier médical partagé (DMP), prévue en octobre (annonce récente de la ministre de la Santé Agnès Buzyn). « Nous sommes pour toute innovation qui permette de fluidifier le système et d’éviter les actes redondants », a-t-il commenté.

  • Good Doctor et Grab lancent une coentreprise pour fournir des services de e-santé en Asie du Sud-Est

    La plateforme de santé Ping An Good Doctor (Chine) et Grab Holdings (Grab), un groupe basé à Singapour à l’origine d’une plateforme O2O parmi les plus utilisées en Asie du Sud-Est (GrabPlatform), ont annoncé le 16 août 2018 par communiqué que les deux sociétés allaient fonder une coentreprise dans l’optique de fournir des services de santé en ligne novateurs en Asie du Sud-Est.

    Cette nouvelle société, dont le capital social est de 20 millions de dollars US (17 M €), devrait être lancée dans plusieurs pays de la région à partir du premier trimestre 2019.

    Elle fournira une gamme de services combinant la technologie avancée d’intelligence artificielle de Ping An Good Doctor avec la vaste base d’utilisateurs et l’expérience de Grab au sein du marché asiatique. Ces services prendront plus concrètement la forme de consultations médicales par application mobile, de livraisons de médicaments et de prises de rendez-vous en ligne. L’objectif est d’offrir des services uniques adaptés à la demande spécifique des zones au sein desquelles ils seront proposés.

    La coentreprise travaillera avec les gouvernements, les hôpitaux, les médecins et d’autres acteurs clés de l’industrie. Elle cherchera à mettre en place des partenariats pour s’assurer que les besoins de chaque marché local soient satisfaits.

    Par ailleurs, la fondation de cette nouvelle société aidera Ping An Good Doctor à élargir sa base d’utilisateurs (plus de 200 millions actuellement), à intégrer des ressources régionales et à créer un écosystème mondial de soins.

    « Ping An Good Doctor deviendra une plateforme mondialement influente »

    « Ping An Good Doctor deviendra une plateforme de l’écosystème de la santé sur internet mondialement influente, a déclaré Wang Tao, P.-D.G. de Ping An Good Doctor (communiqué). Nous reproduirons notre modèle [mis en place] sur le marché chinois à l’étranger et exporterons nos technologies et services matures. »

    L’entreprise collabore actuellement avec environ 3 100 hôpitaux, 2 000 établissements de santé, tels que des cliniques dentaires et des établissements de chirurgie esthétique, ainsi que plus de 10 000 points de vente. Son réseau de services de santé couvre près de 10 pays et régions, dont Singapour, la Corée du Sud, les États-Unis, le Japon et la Suisse.

    Grab : un chiffre d’affaires de 1 Md USD

    Ping An Good Doctor est le dernier partenaire à rejoindre GrabPlatform, lancé en juillet 2018. GrabPlatform est une suite de technologies qui permet d’accéder aux composants de la technologie de Grab, notamment dans le transport, la logistique et les paiements en ligne.

    L’application est utilisée dans 225 villes

    Actuellement, l’application est utilisée dans 8 pays (Singapour, l’Indonésie, les Philippines, la Malaisie, la Thaïlande, le Vietnam, Myanmar et le Cambodge), et plus précisément dans 225 villes, pour commander de la nourriture ou un taxi, envoyer un colis ou lire la presse.

    Grab sera la première entreprise de technologie mobile en Asie du Sud-Est à atteindre un chiffre d’affaires de 1 milliard de dollars US (865 M. €) cette année, indique le communiqué.

    Le numérique a le potentiel de transformer l’industrie de santé en Asie du Sud-Est

    Selon les prévisions officielles, l’Asie du Sud-Est deviendra en 2030 la quatrième économie mondiale avec des besoins de santé en croissance la plus rapide, souligne Ping An Good Doctor.

    « La région est confrontée à des problèmes de santé critiques, tels que le manque d’infrastructures médicales adéquates dans certains pays, un fossé entre les zones rurales et urbaines en matière d’accessibilité des médecins et une inefficacité lorsque les consommateurs doivent consulter un médecin ».

    Ping An Good Doctor cite l’Indonésie, où il n’y a environ qu’un seul médecin pour près de 5 000 personnes, ce qui est nettement inférieur à celui des pays à revenu élevé comptant jusqu’à trois ou quatre médecins pour 1 000 personnes (chiffres OMS).

    « Les solutions de soins fournies par le biais du numérique ont le potentiel de transformer l’industrie et d’améliorer les résultats médicaux », estime le groupe.