Cyrille Politi, conseiller en transition numérique à la Fédération hospitalière de France (FHF), a annoncé le lancement « imminent » d’une mission sur l’intelligence artificielle (IA) dans les domaines sanitaire et médico-social, « tout en garantissant la protection des données personnelles des patients et en veillant à l’égalité d’accès aux innovations technologiques ». L’objectif est de « susciter » et de « soutenir » les projets sollicitant l’utilisation de l’IA mais aussi d’anticiper leurs impacts sur les métiers de la santé, a-t-il expliqué à l’occasion des universités d’été de la fédération qui ont eu lieu le 5 septembre 2018 à Paris.
L’idée est de partager les expériences d’utilisation de l’IA en santé et de repérer les difficultés rencontrées afin de « pouvoir vulgariser ces questions d’IA auprès de l’ensemble des établissements qui souhaiteraient se lancer ».
La mission soutiendra l’émergence de projets, notamment en aidant les établissements à établir des partenariats avec des industriels et des acteurs du secteur de la recherche mais aussi en apportant une expertise et un soutien opérationnel aux structures entreprenant des expérimentations.
Elle sera composée d’un membre de chaque commission permanente de la FHF, d’un représentant du Fonds « recherche et innovation » de la fédération, et d’un représentant de chaque projet ayant recours à l’intelligence artificielle déjà identifié dans des établissements.
La FHF présentera l’avancement de la mission à l’occasion du salon HIT (Health-IT), qui aura lieu lors de la Paris Healthcare Week en mai 2019, a indiqué Cyrille Politi.
Exemples de projets déjà identifiés dans des établissements de soins
- Les établissements du service de santé des armées (SSA) utilisent l’intelligence artificielle (IA) pour optimiser le codage des actes.
- Le groupe hospitalier Bretagne Sud a recours à des algorithmes pour prédire le parcours du patient lors de son arrivée aux urgences.
- Le centre hospitalier spécialisé (CHS) de Thuir, dans les Pyrénées-Orientales, exploite l’IA au service de l’imagerie dans le domaine de la psychiatrie et de la santé mentale.
- Le CHU de Dijon se sert d’une technologie basée sur l’IA pour améliorer la prise en charge de soins de suite et de réadaptation (SSR).
Les travaux de la mission seront également ouverts :
- au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche ;
- aux opérateurs de l’État impliqués dans la transformation des secteurs sanitaire et médico-social ;
- au comité mixte des systèmes d’information de la FHF qui travaille avec les industriels du numérique en santé ;
- au comité des délégués à la protection des données personnelles (DPO) de la fédération.
Une enquête sur l’impact de l’IA sur les métiers de la santé
En parallèle de cette mission, la FHF et son fonds « recherche et innovation » vont ouvrir dans les prochaines semaines une enquête en ligne sur l’impact de l’intelligence artificielle sur les métiers de la santé.
Elle portera sur toutes les tâches qui composent environ 250 métiers de la santé identifiés par la fédération. Pour chaque métier, les participants devront choisir une tâche précise et répondre à une vingtaine de questions permettant de caractériser cette tâche et d’évaluer dans quelle mesure elle peut être réalisée par une intelligence artificielle. La question de « l’acceptabilité » du remplacement de l’Homme par la machine sera posée pour chacune des tâches.
« Détecter les usages les plus pertinents » de l’IA dans les différents métiers de la santé
L’objectif de cette étude, qui sera diffusée dans les établissements de soins, est de « détecter les usages les plus pertinents de cette technologie dans les différents métiers de la santé afin de créer des formations, identifier de nouveaux métiers et évaluer le degré de complétion ou de substitution entre l’humain et l’IA », a expliqué Enguerrand Habran, directeur du fonds (source : APM International).
L’enquête sera menée sur deux ans afin de couvrir l’ensemble des tâches et des métiers de la santé. Des résultats seront présentés au fur et à mesure, lorsque les réponses recueillies permettront de parvenir à une conclusion sur l’impact de l’intelligence artificielle.