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  • Inde : l’entreprise internet Info Edge investit 315 000 € dans la plateforme de e-santé Medcords

    Selon une note officielle publiée fin août 2018, Info Edge, une société établie en Inde qui gère le portail d’offres d’emploi Naukri.com et la base de données immobilières 99acres.com, a investi 26 400 000 roupies (315 000 €) dans Medcords, une plateforme indienne basée sur le cloud et l’apprentissage automatique qui permet de connecter divers acteurs de l’écosystème de la santé (médecins, laboratoires, pharmacies, patients, etc.).

    L’entreprise a déclaré que cette opération lui permettrait de diversifier sa présence dans l’industrie internet en intégrant un nouveau secteur d’activité, la santé numérique.

    Avec cette levée de fonds, Info Edge détient désormais 11,37 % de MedCords.

    Medcords vise à créer des systèmes d’aide à la décision médicale

    Fondé en 2016 par Nikhil Baheti, Saida Dhanavath et Shreyans Mehta, Medcords est détenu et exploité par Medcords Healthcare Solutions. L’outil facilite les consultations ainsi que le suivi des patients à distance et permet de numériser les dossiers médicaux des utilisateurs de la plateforme, disponibles sur demande. Le dispositif se décline sous la forme d’une application web pour les médecins ou d’une application Android pour les pharmacies et les patients.

    Par le biais des données médicales recueillies et d’analyses avancées, Medcords vise à créer des systèmes efficaces d’aide à la décision en matière de soins, à la fois pour les médecins, pour les hôpitaux et pour le gouvernement.

    Info Edge : une entreprise internet parmi les plus importantes du marché indien

    De nombreux investissements

    Info Edge est l’une des plus importantes entreprises internet indienne. Elle a récemment réalisé des investissements nouveaux et complémentaires dans les sociétés de son portefeuille.

    Elle a notamment investi 200 millions de roupies (2,4 millions €) en juillet 2018 dans la chaîne d’impression Printo (Inde), pour une participation de 23,5 % dans la société.
    À la même période, elle a co-investi environ 23,8 millions d’euros avec Temasek dans la plateforme d’assurances indienne Policybazaar, dans la cadre d’un tour de financement (série F) de plus de 171 millions d’euros. En juin 2018, dans le cadre de cette même levée de fonds pour Policybazaar, Info Edge et SoftBank ont investi environ 38,7 millions d’euros chacun.

    Des revenus d’exploitation en hausse de 17 %

    Au cours du premier trimestre de l’année financière 2018 (avril-juillet 2018), les revenus d’exploitation d’Info Edge ont augmenté de 17 %, passant de 2,225 milliards de roupies (26,59 millions €) en 2017 à 2,595 milliards (31 millions €) de roupies, indique la société.

    Le bénéfice net de l’entreprise a cependant chuté de 1,9 %, passant de 642,2 millions de roupies (7,7 millions €) à 629 millions de roupies (7,5 millions €).

  • L’université nationale de Singapour soutiendra la création de start-ups en e-santé

    L’Université nationale de Singapour (NUS) devrait consacrer 25 millions de dollars singapouriens (15,62 M €; 18,16 M USD) sur une période de cinq ans à l’incubation et au lancement de 250 startups spécialisées dans les technologies de pointe, co-créées avec ses étudiants diplômés et son personnel de recherche. Ce projet s’inscrit dans le cadre d’une nouvelle initiative annoncée le 4 septembre 2018 par le ministre des Finances singapourien, Heng Swee Keat, à l’occasion de la cérémonie d’ouverture du nouveau bâtiment de l’établissement : « innovation4.0 » (i4.0), la dernière contribution de la NUS à l’initiative « smart nation » de la cité-État.

    Installé au sein du innovation4.0, le Graduate Research Innovation Programme (Grip) de la NUS fera appel aux étudiants des cycles supérieurs, aux boursiers postdoctoraux et aux personnels de recherche de l’université pour fonder et développer des start-ups à fort potentiel basées sur des technologies novatrices qui leur donneront un avantage durable sur les acteurs historiques de leur secteur ou leur permettront de créer de nouveaux marchés. La santé numérique fait partie des domaines clés de ce programme.

    Le processus de sélection du premier lot de start-ups est actuellement en cours et devrait être finalisé d’ici le mois d’octobre 2018. Les sociétés retenues suivront un programme intensif de validation et de création d’entreprise de trois mois, en collaboration avec des acteurs expérimentés de l’entrepreneuriat, et pourront recevoir un financement total de 100 000 SGD (environ 62 500 €), en partie versé par la NUS, afin de les aider à déployer leurs solutions sur le marché.

    100 000 SGD (62 500 €) seront versés aux start-ups sélectionnées

    Le premier appel à candidatures pour le Graduate Research Innovation Programme (Grip) sera lancé au cours du mois de septembre 2018, a déclaré le président de l’université nationale de Singapour (NUS), Tan Eng Chye.

    Dans les trois à six mois suivant la sélection des dossiers, et une fois le processus de création d’entreprise achevé, les start-ups retenues seront évaluées par un panel d’experts dans l’optique d’obtenir un premier soutien de 50 000 dollars singapouriens (31 266 € ; 36 321 USD), qui leur permettra de financer le développement de leurs prototypes et de poursuivre leur formation auprès d’acteurs expérimentés de leur secteur.
    Les jeunes sociétés recevront ensuite 50 000 dollars supplémentaires de la part de la NUS afin de poursuivre le déploiement de leur projet commercial et de se lancer sur le marché.

    Dans le cadre du programme, l’université nationale de Singapour fournira également des conseils en gestion de projet, des services de prototypage, et permettra aux start-ups de tester leurs solutions en laboratoire.

    Des « espaces de travail interactifs » centrés, entre autres, sur la santé numérique

    Le bâtiment innovation4.0 (i4.0) est centré sur six domaines et abrite 12 entités de recherche, y compris le NUS Smart Nation Research Cluster et le Cybersecurity Laboratory, ainsi que des équipes spécialisées dans l’intelligence artificielle (IA) et la science des données. La NUS a indiqué que jusqu’à huit équipes de recherche supplémentaires devaient s’installer dans les nouvelles installations d’ici la fin 2019.

    Des « espaces de travail interactifs » destinés à alimenter des idées dans des domaines tels que la santé numérique (digital health), la mobilité intelligente (smart mobility), la vie intelligente (smart living) et la logistique intelligente (smart logistics), vont être mis en place au sein de l’i4.0.

    Lorsqu’il sera pleinement opérationnel, d’ici deux ans, le bâtiment devrait abriter plus de 1 000 chercheurs, inventeurs et personnels de soutien, a avancé l’université.

    Le gouvernement singapourien veut investir massivement dans le numérique

    Le ministre des Finances singapourien, Heng Swee Keat, a déclaré que le gouvernement singapourien avait déjà beaucoup investi afin de pouvoir exploiter les nouvelles opportunités offertes par la convergence numérique et qu’il était prêt à investir davantage mais qu’il devait « se différencier et [explorer] en profondeur » le secteur car de nombreuses autres grandes entreprises et pays investissaient également massivement dans les technologies numériques. « Nous allons donc investir stratégiquement et jouer sur nos points forts », a-t-il expliqué.

    Un MoU signé entre le programme national AI Singapore et une société experte en IA

    M. Heng a également assisté à la signature d’un protocole d’entente entre le programme national AI Singapore et Element AI, l’une des principales sociétés mondiales d’applications d’intelligence artificielle (IA).

    Element AI aidera les entreprises locales à comprendre et à adopter l’IA plus rapidement et de manière significative afin de « créer ensemble à un impact mondial » sur le marché, a ajouté le ministre.

  • Diabète et BPCO : la FHF mène des études sur la santé populationnelle dans 5 territoires

    La Fédération hospitalière de France (FHF) place au centre de ses actions à venir ce qu’on appelle « la responsabilité populationnelle », une approche qui « s’appuie sur ce qui relie tous les professionnels de santé : une responsabilité partagée face à leurs patients et [à] leurs populations », explique Antoine Malone, directeur de projet « prospective, relations avec les milieux académiques et les think tanks » à la FHF.

    À l’occasion d’une conférence de presse organisée le 4 septembre 2018, le responsable a présenté les prémisses d’une étude intitulée « La responsabilité populationnelle en pratique : l’intégration clinique – Cinq territoires s’engagent dans une prise en charge partagée ».

    Cette dernière vient récemment d’être mise en place dans les 5 territoires suivants : la Cornouaille (Bretagne), l’Aube et le Sézannais (Grand Est), la communauté d’agglomération du Douaisis (Hauts-de-France), les Deux-Sèvres (Nouvelle-Aquitaine) et la Haute Saône (Bourgogne-Franche-Comté).

    À travers ce projet, la FHF tente de faire avancer la réflexion sur l’une de ses propositions émises en 2017, qui est d’ »engager une révolution dans l’organisation de notre système de santé en le fondant sur un principe de responsabilité populationnelle pour l’ensemble des acteurs d’un territoire ».
    Le but de l’approche exposée par Antoine Malone est de tester une approche dite « populationnelle » dans les 5 territoires identifiés afin de créer « autour de patients et de populations des micro-systèmes cliniques intégrés« , regroupant hospitaliers, professionnels libéraux, services publics, associations, etc., afin d’améliorer la santé de la population et de proposer une meilleure expérience aux patients, le tout en réduisant le coût global pour la société.

    La « responsabilité populationnelle » pour des micro-systèmes cliniques intégrés

    « Le triple objectif d’un système ou d’une organisation de santé est de veiller à la bonne santé de la population, de proposer la meilleure expérience possible aux patients, tout en limitant le coût global pour la société », résume Antoine Malone (FHF).

    Pour atteindre cet objectif, la Fédération hospitalière de France estime qu’il faut entre autres développer ce qu’on appelle « la responsabilité populationnelle », qui « s’appuie sur ce qui relie tous les professionnels de santé : une responsabilité partagée face à leurs patients et [à] leurs populations », explique Antoine Malone.

    L’idée est de parvenir à créer autour de patients et de populations des micro-systèmes cliniques intégrés (« l’intégration clinique »). « [Ces micro-systèmes] fonctionnent comme un système unique, indépendamment de leur affiliation (professionnels libéraux, hospitaliers, services publics, associations, etc.). »

    Les étapes d’une approche « populationnelle »

    1. Identifier une population

    • Population socio-économique : population précaire, personnes âgées, mères isolées, professions (ex. : les agriculteurs qui développent le même type de cancer), etc.
    • Population « clinique » : diabète dans le département, maternité et nouveaux-nés, BPCO, , etc.
    • Population « économique » : bénéficiaires de la CMU/CMU-C/AAH, patients « coûteux et complexes », etc.

    2. Stratifier la population

    Chaque « membre » de la population retenue, par exemple les personnes souffrant d’insuffisance cardiaque, est assigné à l’une des strates suivantes :

    • prévention : patient à haut risque d’insuffisance cardiaque mais sans maladie cardiaque structurelle ni symptômes d’insuffisance cardiaque ;
    • insuffisant cardiaque stable : patient avec une maladie cardiaque structurelle mais pas de symptômes d’insuffisance cardiaque ;
    • insuffisant cardiaque instable : patient avec une maladie cardiaque structurelle et présentant des symptômes antérieurs ou actuels d’insuffisance cardiaque ;
    • patient complexe : patient avec une maladie cardiaque structurelle présentant des symptômes marqués d’insuffisance cardiaque et ne suivant pas de traitement médical.

    3. Élaborer un programme clinique partagé pour cette population

    Le programme clinique est mis en place par les cliniciens pour une population donnée. Pour chaque strate de la population, il associe :

    • des protocoles de prise en charge basées sur les meilleures pratiques cliniques ;
    • des ressources réelles correspondant aux besoins cliniques (sanitaires, sociaux et médico-sociaux) ;
    • des indicateurs et des cibles de résultats finaux (ex. : vacciner 75 % des + de 65 ans contre la grippe, au lieu de 50 % actuellement) ;
    • une assignation de personnes réelles à chaque strate, à laquelle correspond une offre de services déterminée par le programme ;
    • des registres de suivi des patients.

    Vers un expérimentation à grande échelle

    Pour tester cette approche populationnelle, l’équipe d’Antoine Malone a sélectionné 5 territoires représentant une population totale d’environ 1,5 million de personnes :

    • la Cornouaille (Bretagne) ;
    • l’Aube et le Sézannais (Grand Est) ;
    • la communauté d’agglomération du Douaisis (Hauts-de-France) ;
    • Les Deux-Sèvres (Nouvelle-Aquitaine) ;
    • La Haute Saône (Bourgogne-Franche-Comté).

    2 populations communes aux 5 territoires

    L’équipe de la FHF a choisi de travailler en commun sur deux pathologies, le diabète et la BPCO, au sein des cinq territoires retenus. Cette architecture reposant sur une méthodologie commune, des bases de programmes cliniques communes et des indicateurs communs, permet de créer « un environnement d’apprentissage collaboratif » et de mettre en place « un test de concept très robuste », argumente Antoine Malone.

    Quelques chiffres sur les deux pathologies dans les cinq territoires :

    • Près de 60 000 personnes ont été hospitalisées pour cause d’un diabète ou d’une complication au cours des cinq dernières années.
      • Les coûts d’hospitalisation liés au diabète sont estimés à environ 265 millions d’euros.
    • Près de 40 000 personnes ont été hospitalisées pour cause de BPCO ou de complications de BPCO au cours des cinq dernières années.
      • Les coûts d’hospitalisation liés à la BPCO sont estimés à environ 165 millions d’euros.

    Quelques actions ont déjà été mises en place

    • Cornouaille : formation d’un groupement de coopération sanitaire (GCS) entre la CPTS Union pour la santé du pays de Quimper et le GHT.
    • Deux-Sèvres : création de 4 groupes de travail communs ville/hôpital sur le diabète de type 2, la BPCO, l’insuffisance rénale et l’insuffisance cardiaque.
    • Douaisis : actions  de dépistage et de prévention communes ville/hôpital auprès des populations défavorisées.
    • Aube : mise en place du portail MyGHT, accessible à l’ensemble des professionnels sanitaires, sociaux et médicaux sociaux.
    • Haute-Saône : mise en place d’un programme pour aider le médecin traitant et l’équipe de soins primaires à trouver des solutions concrètes pour répondre aux besoins des patients et des familles dans un délai rapide.

    Financer l’intégration clinique

    L’intégration clinique ne signifie pas « fusion » : chaque partenaire de l’écosystème conserve son statut. « Les modes de rémunération principaux ne bougent pas, sauf à la marge », précise Antoine Malone. En pratique, le modèle est « très proche » d’un modèle ACO, un modèle de financement intégré expérimenté aux États-Unis (voir lien ci-contre). « Grâce au programme Incitation à une prise en charge partagée (IPEP) de l’Article 51 (de la LFSS), les partenaires peuvent conserver les sommes économisées. »

    Prochaine étape : le 15 septembre 2018, le choix définitif des populations (personnes à suivre pour ensuite élaborer un programme adapté) sera établi dans les cinq territoires.

  • Les anesthésistes-réanimateurs s’impatientent du lent déploiement de la télémédecine à l’hôpital

    Le 2 septembre 2018, treize jours avant l’entrée en vigueur de l’avenant n°6 à la convention médicale encadrant la télémédecine, le Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes-réanimateurs (SNPHARe) a communiqué son regret de ne pas voir la télémédecine se développer aussi rapidement à l’hôpital qu’en ville.

    Pourtant, la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn avait rejoint les idées du SNPHARe à l’égard de ce nouveau mode d’exercice, en déclarant le 29 mai 2018, lors de l’ouverture de la Paris Healthcare Week, que la télémédecine constituait une avancée organisationnelle majeure dans le système de santé français. En effet, selon le syndicat, la télémédecine peut favoriser l’égalité d’accès aux soins dans tout le territoire, permettre la prise en charge précoce des patients, éviter des transports ainsi que des passages aux urgences injustifiés et ainsi « réaliser, à court et long terme, des économies pour la santé, dans l’intérêt des patients ».
    En outre, « la ministre s’est engagée à transposer à l’hôpital les mesures de l’accord conventionnel dans les mêmes délais d’entrée en vigueur« , rappelle le syndicat. Cependant, cet accord n’a été signé qu’avec des syndicats de professionnels exerçant dans le secteur privé.

    Aussi, afin de mieux articuler le réseau ville-hôpital et de garantir la fluidité des parcours de soins au bénéfice des patients, le SNPHARe demande une organisation opérationnelle de la télémédecine […] à l’hôpital public : « À l’heure où le gouvernement veut la mise en place des groupements hospitaliers de territoire (GHT) […] et où l’on raisonne en filière de prise en charge et en parcours patient, […] l’absence des acteurs publics dans les négociations est un non-sens », estime le syndicat.

  • La FDA modernise ses méthodes d’évaluation pour s’adapter à l’innovation

    La Food and Drug Administration (FDA) a fait part le 29 août 2018 de sa volonté de se moderniser afin de s’adapter aux innovations en santé.

    Le rôle de l’administration est de permettre à chaque patient d’accéder au médicament qui lui convient le mieux, au moment où il en a besoin. Cet idéal tend à devenir possible grâce à la mise sur le marché de nombreux produits innovants relevant de la santé digitale, du soin personnalisé, des technologies connectées, des thérapies géniques, etc., qui, s’ils ouvrent des perspectives de transformation des systèmes de soins, constituent un défi pour la FDA : celle-ci doit moderniser ses approches d’évaluation des innovations.
    « Nous devons refonder notre approche réglementaire afin de créer plus de plateformes de pointe à même de soutenir au mieux l’évaluation efficaces des avancées scientifiques », précise Scott Gottlieb, commissaire de la FDA.

    L’agence américaine d’évaluation et d’autorisation des nouveaux médicaments et dispositifs médicaux compte en particulier moderniser les protocoles d’investigations cliniques en y intégrant des nouvelles technologies, mettre en place des standards d’évaluation adaptés aux nouvelles technologies et exploiter plus de données produites en conditions réelles pour justifier ses décisions réglementaires.

    Par ailleurs, contribuent à aider la FDA dans ses efforts de modernisation :
    – les nouvelles autorités et ressources mises en place par le 21st Century Cures Act ;
    – le budget alloué à la FDA par l’État américain en 2019 ;
    – les partenaires publics et privés de la FDA.

    La nécessaire modernisation de l’évaluation des produits de santé

    Pour tester les nouveaux médicaments comme les dispositifs médicaux, les études prospectives randomisées constituent souvent la méthode la plus performante dont dispose un promoteur d’essai clinique pour répondre à des questions sur la sécurité d’emploi et l’efficacité de nouvelles molécules ou dispositifs médicaux.

    Toutefois, dans un contexte d’augmentation des coûts et de la complexité de mise en place des investigations cliniques, il devient nécessaire d’augmenter l’efficience des méthodes d’évaluation.

    En outre, de nombreux produits innovants que la FDA a à évaluer ne peuvent être facilement étudiés au moyen d’approches traditionnelles telles que des essais randomisés, en double aveugle, etc., alors que les nouvelles technologies et sources de données ouvrent la voie à de nouvelles méthodes.

    Mettre en place des standards pour les nouvelles technologies

    La mise en place par l’agence américaine de standards d’évaluation des nouvelles technologies médicales (applis destinées aux patients, intelligences artificielles, dispositifs générateurs de données patients, etc.) a pour but d’aider l’innovation à avancer dans des domaines où aucun standard d’évaluation ne fait encore consensus à l’heure actuelle.

    Par exemple, les plateformes logicielles destinées aux patients jouent un rôle de plus en plus central pour les patients désireux d’être acteurs de leur santé : ces outils aidant de nombreuses personnes à prendre le contrôle de leur propre santé, la FDA ne doit pas les négliger.

    De plus, à l’heure où les logiciels d’intelligence artificielle deviennent de plus en plus sophistiqués, la FDA conçoit que la médecine du futur s’appuiera de plus en plus sur ce type d’outils et qu’elle doit contribuer à promouvoir l’innovation dans ce domaine. C’est pourquoi l’agence travaille au développement d’un nouveau cadre réglementaire d’évaluation des technologies assistées par une intelligence artificielle et de machine learning (apprentissage automatique).

    Enfin, les technologies portables telles que les applications pour smartphones pourraient, en générant en temps réel des données objectives, enrichir les méthodes traditionnelles de suivi des patients et améliorer l’efficience des traitements prescrits à ces derniers. Aussi, encore une fois, la FDA prévoit de mieux en encadre la mise sur le marché.

    Exploiter des données de vie réelle dans la prise de décision réglementaire

    La FDA travaille activement à évaluer l’utilité des données de vie réelle et leur potentiel de soutien à ses décisions réglementaires.

    Par « données de vie réelle », la FDA entend des data provenant de sources telles que des dossiers patients électroniques, des registres et procédés de facturation numériques, des dispositifs connectés de santé, etc.

    Ces données pourraient aider à :

    • examiner l’interaction de paramètres extérieurs exclus des essais cliniques classiques avec le nouveau traitement ou dispositif à étudier ;
    • répondre à des problématiques à l’échelle d’une population plus grande qu’un lot de patients recrutés dans le cadre d’une expérimentation traditionnelle ;
    • améliorer l’efficience de la phase IV (post-marketing) des essais (pharmacovigilance après la commercialisation) ;
    • faciliter l’extension d’indications.
  • Coordination des parcours : création de la Société française des sciences pharmaceutiques officinales

    La Société française des sciences pharmaceutiques officinales (SFSPO) a été créée officiellement le 28 août 2018. Il s’agit d’une société savante pharmaceutique qui vise à émettre des recommandations de bonnes pratiques, à « promouvoir l’ensemble des dimensions de la pharmacie d’officine à la croisée de nombreux domaines de compétences et l’exercice coordonné entre différents professionnels de santé, afin d’améliorer les connaissances, la prise en charge et les soins de premiers recours, la prévention à l’officine et l’information » (dossier de presse).

    Outre deux commissions « exercice officinal » et « communication », la SFSPO a rapidement constitué, pour atteindre ses objectifs, une commission « exercice coordonné », qui devra s’attacher au développement de l’interdisciplinarité et de la pluriprofessionnalité et promouvoir un « savoir ensemble » avec les partenaires officinaux.

    En effet, la loi HPST a contribué à faire du pharmacien d’officine un acteur majeur de la coordination du parcours de soins. Dans ce cadre et pour que le virage ambulatoire que tend à prendre le système de santé réussisse, il doit continuer à travailler au développement de la complémentarité et de la collaboration entre les professions de santé.

    Aussi, la SFSPO souhaite s’engager dans « l’organisation des soins de premier recours, notamment les soins non-programmés non-urgents et dans toute élaboration de projet conjoint pour un parcours de soin sécurisé des patients« .
    C’est pourquoi cette nouvelle société savante a déjà choisi d’ouvrir trois chantiers, intitulés : 
    – « le premier recours et la place coordonnée du pharmacien d’officine », en collaboration avec les médecins généralistes et les urgentistes ;
    – « l’ambulatoire, le défi est aussi en ville », en association avec les anesthésistes réanimateurs ;
    – « participer à la création du parcours de soin coordonné dans les douleurs chroniques », en association avec les médecins de la douleur.

  • Étude : l’IA permettrait d’évaluer a priori la réponse des patients à l’immunothérapie

    Une étude* publiée en août 2018 dans The Lancet Oncology, revue scientifique anglophone spécialisée en oncologie, a montré la capacité d’une intelligence artificielle (IA) à analyser des clichés d’imagerie médicale de façon à en extraire des informations biologiques et cliniques permettant de prédire la réponse des patients à l’immunothérapie.

    Des médecins et des chercheurs issus de l’Institut Gustave Roussy, de Centrale Supelec et de TheraPanacea (entité de Centrale Supélec spécialisée dans les applications de l’IA à l’oncologie-radiothérapie et à la médecine de précision), de l’Inserm et de l’Université Paris Sud ont élaboré une signature radiomique permettant de déterminer le niveau d’infiltration d’une tumeur par les cellules du système immunitaire (lymphocytes), corrélé à l’efficacité de l’immunothérapie chez un patient : plus une tumeur est envahie par des lymphocytes, plus l’immunothérapie est susceptible d’être efficace.

    Dans le futur, au lieu d’avoir à réaliser systématiquement des actes invasifs tels que des biopsies avant d’initier un traitement par immunothérapie, les médecins pourront certainement utiliser des dispositifs non invasifs d’imagerie assistée par l’IA afin d’évaluer a priori la réponse des patients à l’immunothérapie, d’augmenter la survie des patients et d’améliorer le rapport coût/efficacité de la prise en charge.

    Contexte, hypothèses et objectifs de l’étude

    L’étude est centrée sur l’immunothérapie anti-PD-1/PD-L1 qui vise, via une interaction avec les récepteurs PD-1 ou PD-L1 présents sur les cellules du systèmes immunitaires (lymphocytes) ou sur les cellules tumorales, à activer les lymphocytes alors à même d’attaquer la tumeur.

    Or, cette immunothérapie permettant de restaurer les fonctions immunitaires anti-tumorales n’est efficace que chez 15 à 30 % des patients dits répondeurs, et jusqu’à présent, il n’existait aucun marqueur permettant d’identifier a priori quel patient répondra à cette immunothérapie et quel patient n’y répondra pas.

    Aussi, sachant que plus l’environnement d’une tumeur est riche en lymphocytes, plus la probabilité que l’immunothérapie soit efficace augmente, l’objectif de cette étude était d’estimer, au moyen de techniques d’imagerie et de l’élaboration d’une signature et d’un score radiomiques, la quantité de lymphocytes présents dans l’environnement tumoral et de corréler cette donnée à la réponse clinique des patients.

    Matériel et méthodes

    Dans une étude rétrospective, qui s’appuie sur des données archivées, « la signature radiomique a été apprise, entrainée et validée sur 500 patients présentant une tumeur solide (toutes localisations) issus de quatre cohortes indépendantes« , explique un communiqué de l’Institut Gustave Roussy. « Elle a été validée au niveau génomique, histologique et clinique, ce qui la rend particulièrement robuste ».

    En effet, les chercheurs ont commencé par exploiter des données (scanners et données génomiques tumorales) des patients inclus dans l’étude MOSCATO1, qui avait permis de dresser le portrait génomique tumoral de chaque participant dans le but d’évaluer l’efficacité de la médecine de précision. Puis, dans une démarche de machine learning (apprentissage automatique), les chercheurs ont enseigné à un algorithme à extraire et à exploiter les informations pertinentes des scanners de ces patients.

    Ainsi, l’algorithme a appris uniquement sur la base d’images à prédire ce que la génomique aurait révélé de l’environnement immunitaire de la tumeur et a établi une signature et un score radiomiques

    « Cette signature a été testée et validée dans d’autres cohortes, dont celle du TCGA (The Cancer Genome Atlas), démontrant ainsi que l’imagerie pouvait prédire un phénomène biologique, à savoir évaluer l’infiltration immunitaire d’une tumeur », précise un communiqué émanant de l’Institut Gustave Roussy.

    Enfin, pour confirmer la pertinence de cette signature en situation réelle et la corréler à l’estimation a priori de l’efficacité d’une immunothérapie, le score radiomique de 5 patients a été déterminé à partir de scanners réalisés avant l’administration de l’immunothérapie anti-PD1/PD-L1.

    Résultats

    « Les chercheurs ont montré que les patients chez qui l’immunothérapie fonctionnait après 3 et 6 mois présentaient un score radiomique plus élevé, tout comme ceux qui avaient une meilleure survie », affirme le communiqué : plus l’algorithme a reconnu la présence de cellules immunitaires dans l’environnement de la tumeur, plus le score radiomique était élevé et plus l’efficacité de l’immunothérapie était probable.

    Perspectives

    Deux types de travaux demeurent à poursuivre.

    Tout d’abord, « une prochaine étude clinique consistera à évaluer la signature de manière rétrospective et prospective, à augmenter le nombre de patients et [à] les segmenter par type de cancers pour affiner la signature ».

    Il s’agira aussi de tester l’utilisation d’algorithmes d’apprentissage automatique et d’intelligence artificielle plus sophistiqués afin d’intégrer pour chaque patient des données d’imagerie, de biologie moléculaire et d’anatomo-pathologie (analyse des tissus).

  • Installation de la 8ème PTA de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur

    Dans un communiqué de presse daté du 4 septembre 2018, l’Agence Régionale de Santé PACA (Provence-Alpes-Côte d’Azur) a annoncé le lancement de la huitième PTA (plateforme territoriale d’appui aux parcours complexes) du territoire qui desservira l’agglomération de Marseille-Aubagne-La Ciota. Il est prévu qu’elle devienne opérationnelle en janvier 2019.

    Cette PTA est portée par l’association Pratic Santé qui regroupe deux réseaux de santé : Intervenants libéraux et hospitaliers unis pour le patient (ILHUP) et Marseille Diabète-Santé Croisée. C’est en outre la solution retenue par l’ARS PACA dans le cadre son appel à projets, lancé en mai 2018.

    Cette PTA propose notamment des services en faveur du maintien à domicile ou dans un contexte de sortie d’hôpital.

    Une PTA issue de deux réseaux de santé complémentaires

    L’association Pratic Santé qui a remporté l’appel à projets de l’ARS PACA le 17 juillet 2018 regroupe deux réseaux de santé complémentaires ayant chacun une expertise dans l’appui aux professionnels de santé dans le cadre des parcours de santé complexes :

    • Intervenants libéraux et hospitaliers unis pour le patient (ILHUP) qui propose des services :
      • d’organisation et de sécurisation des sorties d’hospitalisation ;
      • d’accompagnement psychologique extra-hospitalier pour les patients atteints de cancer et leurs proches ;
    • Marseille Diabète-Santé Croisée qui a pour mission de :
      • repérer et dépister des maladies chroniques ;
      • informer, orienter et favoriser la prise en charge et le maintien à domicile de patients vivants avec ces maladies ;
      • proposer des programmes d’éducation thérapeutique et des actions en faveur des publics très précaires.

    9 PTA sur le territoire de l’ARS PACA

    Avec cette nouvelle PTA en cours d’installation, la région PACA en comptera 8 au total, opérationnelles ou en cours d’installation, avec en outre la CTA Var Est de Paerpa :

    • PTA Apport Santé ;
    • PTA Ressources Santé Vaucluse ;
    • PTA Var Ouest ;
    • PTA Centre de Soutien Santé Social (3CS) ;
    • PTA Symbiose ;
    • PTA Menton-Vallée de la Roya (en cours d’installation );
    • PTA de l’agglomération marseillaise ;
    • PTA Grasse-Cannes-Antibes.

    Avec ce maillage, les 3/4 du territoire de la région PACA sont couverts en PTA.

  • Appel à projets innovants centrés sur l’ambulatoire, le parcours de soins et l’information patient

    ASSPRO Conseil et le cabinet Branchet, acteur spécialisé dans la responsabilité civile professionnelle médicale des praticiens de plateaux techniques lourds, lancent un appel à projets de solutions innovantes contribuant à l’amélioration de la pratique médicale et à la réduction des risques. Cet appel à candidatures, ouvert jusqu’au 13 septembre 2018, s’adresse à tous les acteurs de la e-santé : sociétés spécialisées dans les dispositifs médicaux, les services numériques ou les applications logicielles, etc.

    Cette démarche vise notamment à accompagner les praticiens libéraux chirurgiens et anesthésistes réanimateurs face au virage numérique, en identifiant des services et outils « originaux » et « impactants ». Elle est organisée en 4 catégories : 
    • un prix ASSPRO « Ambulatoire et parcours de soins » concernera des outils à même d’améliorer le suivi du patient ;
    • un prix Fondapro « Patient éclairé » jugera de la pertinence de projets visant à favoriser l’information et la compréhension du patient ;
    • un prix ASSPRO scientifique « Qualité de vie des praticiens » récompensera des projets orientés vers la gestion du stress, l’optimisation du temps, etc.
    • un prix Branchet « Les pépites de l’innovation 2018 » fera l’objet d’un dernier concours.

    La remise des prix aura lieu le 16 novembre 2018 au cours du Digital Day. Cet événement sera rythmé par des pitchs d’entrepreneurs porteurs de projets ainsi que par table ronde centrée sur le rôle et les besoins des assureurs face aux défis des nouvelles technologies.

    L’inscription peut être réalisée via le lien ci-contre.

    Critères d’éligibilité

    Sont éligibles aux prix ASSPRO « Ambulatoire et parcours de soins », Fondapro » Patient éclairé » et ASSPRO scientifique « Qualité de vie des praticiens », les produits ou services destinés aux chirurgiens, aux anesthésistes-réanimateurs ou à leurs équipes fonctionnels au moment du concours et portés par des PME innovantes de moins de 50 salariés de 5 ans d’ancienneté au moins.

    Sont éligibles au prix Branchet « Les pépites de l’innovation 2018 » les produits ou services destinés aux chirurgiens, aux anesthésistes-réanimateurs ou à leurs équipes opérationnel en phase d’expérimentation : les porteurs de projet doivent être en mesure de présenter un prototype fonctionnel.

    Critères de sélection

    • Adéquation aux objectifs du concours ;
    • ambition et pertinence de l’innovation ;
    • valeur d’usage et adéquation au besoin ;
    • ambition sur le marché et potentiel économique ;
    • niveau de maturité ;
    • stratégie de communication.

    Calendrier de sélection 

    • 13 septembre 2018 : clôture des soumissions
    • 1er octobre 2018 : nomination des finalistes
    • 12 octobre 2018 : oral des nommés
    • 16 novembre 2018 : remise des prix

    Bénéfices d’une participation pour le porteur de projet 

    Les organisateurs veulent que le Digital Day constitue un « accélérateur de diffusion » pour les candidats.

    En effet, cet appel à candidatures représente une opportunité d’exposer sa solution devant un jury de professionnels des domaines médical et digital.

    En outre, les organisateurs mettent à destination des lauréats :

    • un « dispositif marketing de promotion [online et offline] vers des usagers [représentant le] cœur de cible » de la solution, soit les chirurgiens et les anesthésistes-réanimateurs ;
    • une assistance pour faciliter l’implémentation des solutions dans les systèmes d’exploitation des praticien ;
    • une réduction sur le contrat de responsabilité civile et professionnelle des praticiens clients du cabinet Branchet s’engageant à utiliser les solutions lauréates dans leur pratique quotidienne afin d’en stimuler la vente ;
    • un environnement de test permettant l’optimisation des fonctionnalités des solutions.
  • Deuxième avis lève 2,5 millions d’euros pour développer son réseau de médecins et de bénéficiaires

    Deuxièmeavis.fr, une start-up facilitant l’accès à un médecin expert spécialiste d’un domaine médical en cas de problème de santé sérieux, vient de boucler une levée de fonds de 2,5 millions d’euros ce 5 septembre 2018.

    Les trois investisseurs sont les fonds Investir & +, Citizen Capital et Colam Impact, spécialisés dans les investissements à impact social. Investir & + avait déjà pris part au premier tour de financement en 2016, qui avait permis à la start-up de réunir 1 million d’euros.

    La levée de fonds supplémentaires vise à permettre à Deuxièmeavis.fr :
    • d’étendre le service proposé en multipliant le nombre de médecins experts, qui constituent aujourd’hui un réseau de 100 experts spécialisés dans environ 300 pathologies, sur lesquels elle s’appuie en vue de couvrir toujours davantage de pathologies ;
    • d’améliorer l‘accès aux spécialistes, notamment dans les zones isolées, tout en réduisant les délais d’accès à cette expertise puisque les patients obtiennent un avis sous 7 jours après avoir soumis leur dossier médical.

    Modèle économique visant la gratuité du service porté par les mutuelles

    Selon la start-up, 1 million d’utilisateurs a pour le moment recours au service de la plateforme Deuxièmeavis.fr. Elle vise 10 millions de bénéficiaires dès janvier 2019.

    Actuellement, les bénéficiaires du service ne déboursent pas d’argent car la start-up facture auprès des mutuelles qui ont incorporé ce service dans leur offre. Elle a d’ailleurs déjà signé un partenariat avec Malakoff Médéric, Audiens et Santiane offrant une base d’un million d’adhérents.

    Cette levée de fonds doit également permettre de recruter des chargés de partenariat qui vont œuvrer à construire de nouveaux partenariats avec d’autres assureurs et mutuelles.

    Les médecins experts satisfaits

    Dans un contexte où l’accès à un médecin spécialiste est de plus en plus en long, les experts sont amenés à être consultés de façon informelle pour prodiguer des conseils à des personnes de leurs réseaux personnel et professionnel.

    La collaboration avec Deuxièmeavis.fr leur permet d’être rémunérés pour le service rendu.