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  • Cap Digital, Medicen, Oncodesign, Servier & Intersystems associés autour de la médecine de précision

    Un communiqué émis par Oncodesign le 18 septembre 2018 annonce l’association de Cap Digital, Medicen et Oncodesign à Servier et Instersystems autour du projet Hu-PreciMED, qui vise à « structurer la filière française de médecine de précision » et à « gagner du temps dans l’émergence de nouvelles approches thérapeutiques et diagnostiques innovantes ».

    En effet, initialement porté par deux pôles orientés vers le numérique et le médical, et rejoint par 45 organisations publiques et privées dont les cliniques de l’AP-HP, les laboratoires d’excellence Transimmunom et Inflamex, le CHU de Lille et l’Institut du vivant Frédéric Joliot-CEA, le projet Hu-PreciMED a pour objectif :
    – de rassembler les acteurs publics et privés de la médecine de précision ;
    – de permettre à ces acteurs d’accéder facilement aux données de santé des patients ;
    – de faire évoluer les traitements et outils de diagnostics déjà disponibles ;
    – de développer des approches innovantes en médecine prédictive et préventive « en s’appuyant sur les dernières avancées du big data et de l’IA » : cette initiative s’inscrit dans la mission de préfiguration du Health Data Hub lancée par la ministre des Solidarités et de la Santé le 12 juin 2018.

    Plus concrètement, « [Medicen, Cap Digital et Oncodesign] auront un rôle pivot et vont à la fois coordonner ces collaborations, mais aussi donner accès à leurs réseaux et à leur méthodologie de travail », déclare Philippe Genne, PDG d’Oncodesign et Vice-Président du collège PME de Medicen, qui s’exprime dans un communiqué au nom des trois entreprises porteuses du projet. En effet, la conduite de ce projet – aujourd’hui financé par Medicen, Cap Digital et Oncodesign avant l’obtention d’autres financements, notamment européens – sera organisée selon 3 axes et un calendrier en 4 phases.

    Conduite du projet

    Un projet articulé autour de 3 axes

    « Le projet sera organisé autour de trois axes », est-il annoncé dans le communiqué, qui précise :

    • qu’Intersystems s’occupera d’un axe« résolution des cibles », d’utilisation des données patients afin identifier des sous-groupes à mêmes de guider l’adaptation des traitements ou de faire apparaître de nouvelles cibles thérapeutiques ;
    • que Servier sera en charge un axe « investigation de nouvelles molécules », soit d’étude des nouvelles cibles thérapeutiques permettent d’identifier des biomarqueurs et de créer de nouveaux médicaments ;
    • qu’Oncodesign pilotera un troisième axe de développement préclinique et clinique de nouveaux médicaments.

    En outre, deux plateformes numériques d’intégration des données multi-sources et d’analyse de ces données devraient être mises en place.

    Un calendrier organisé en 4 phases :

    • d’ici janvier 2019 : la première phase portera sur la conception et la construction du projet ;
    • 2019 – 2020 : la deuxième phase visera à développer et organiser la filière de la médecine de précision ;
    • 2020 – 2013 : la phase de pérennisation se concentrera sur l’aspect économique du projet ;
    • 2022 – 2023 : la dernière phase devrait permettre « d’élargir les pathologies concernées et la couverture géographique avec des partenariats à l’international« .

    Aires thérapeutiques visées

    « Si toutes les aires thérapeutiques sont concernées à terme, la phase pilote se concentrera sur les maladies immuno-inflammatoires, qui affectent 5 à 7% de la population occidentale et pour lesquelles des cohortes de patients documentées existent ou peuvent être générées », explique Oncodesign.

    L’objectif de la phase pilote sera donc, dans le domaine des maladies immuno-inflammatoires, d’identifier les cibles les plus pertinentes afin d’orienter les développements de nouveaux médicaments.

  • Le secrétaire d’État à la Santé britannique promeut la coopération entre le Royaume-Uni et la Chine

    Matthew Hancock, secrétaire d’État britannique à la Santé et aux Services sociaux, est en Chine pour promouvoir la coopération entre les deux pays en matière d’innovation dans le secteur des soins, a annoncé son Département dans un communiqué publié le 17 septembre 2018. « Il voyage avec certaines des plus grandes entreprises technologiques du Royaume-Uni pour développer des opportunités commerciales », est-il précisé.

    Au cours de sa visite, le secrétaire d’État rencontrera à Pékin le ministre chinois de la Santé, Ma Xiaowei, pour discuter de la manière dont les deux pays peuvent collaborer dans l’optique d’aider les patients à vivre plus longtemps, en meilleure santé et plus heureux « en exploitant le potentiel de la technologie« . « En tant que leaders mondiaux, le Royaume-Uni et la Chine doivent travailler en étroite collaboration pour aborder les nouveaux [enjeux] de santé tels que la résistance croissante aux antibiotiques, le vieillissement de la population et la puissance de la technologie », a-t-il déclaré (communiqué).

    Matthew Hancock a également participé du 18 au 20 septembre 2018 au Forum économique mondial de Tianjin, qu’il a co-présidé, notamment pour défendre les innovations mises en œuvre dans son pays dans le domaine des soins. « Je veux que le Royaume-Uni dispose du système de santé le plus avancé au monde et [cette visite est] une excellente occasion de défendre nos secteurs des sciences de la vie et de la health tech d’envergure mondiale. »

    Un accord de collaboration déjà signé avec la France (IA et numérique)

    Ce n’est pas la première fois que Matthew Hancock est chargé par le gouvernement britannique de renforcer les liens avec un autre pays dans le domaine des nouvelles technologies. Le 5 juillet 2018, il a signé à Paris deux mémorandums d’entente axés sur l’intelligence artificielle (IA) et le numérique avec le secrétaire d’État chargé du Numérique français, Mounir Mahjoubi, à l’occasion du colloque Digital France (voir article en lien ci-contre intitulé « Une alliance franco-britannique pour l’IA : mutualiser pour s’imposer à l’échelle internationale »).

    Bien que la santé ne fasse pas partie des priorités de ces accords, elle constitue le secteur dans lequel les innovations en IA seront les plus perceptibles dans les mois à venir, avait alors déclaré Mounir Mahjoubi à Health & Tech Intelligence.

  • #FASN2018 : pour 94 % des acteurs de la santé, le numérique peut améliorer le parcours patient

    À l’occasion de l’étape du 20 septembre 2018 centrée sur l’hôpital du futur de la campagne Faire avancer la santé numérique (FASN), Care Insight a mené une enquête auprès des acteurs de la santé afin mettre en évidence leurs attentes pour l’hôpital, leur perception des innovations organisationnelles ou technologiques hospitalières.

    Ainsi, les réponses d’environ 300 personnes à un questionnaire diffusé entre juillet et septembre 2018 sur le site de la campagne FASN et sur les réseaux sociaux ont permis de constater que les acteurs de la santé attendent une optimisation des échanges entre professionnels à l’hôpital ainsi que de nouvelles mesures réglementaires à mêmes de favoriser l’innovation hospitalière, l’émergence de solutions numériques qui pourraient contribuer à fluidifier le parcours patient à l’hôpital.

    En effet, seuls 8% des répondants trouvent le partage d’informations au sein des hôpitaux publics « complètement efficient », et pour 44% d’entre eux, la priorité que devrait traiter le grand plan hôpital annoncé par le gouvernement en septembre 2018 est la coordination des professionnels, devant l’augmentation des effectifs salariés (22%), la modernisation de la tarification hospitalière (21%) et la réduction des déficits publics (7%). 

    De plus, 70% des participants au sondage estiment que les réglementations en vigueur ne favorisent pas l’innovation hospitalière alors que pour 94% d’entre eux, les solutions numériques peuvent contribuer à améliorer le parcours patient à l’hôpital. 59% des répondants leur trouverait même un « énorme potentiel » d’amélioration du parcours patient.

    En outre, Care Insight a interrogé les acteurs sur leur perception des regroupements hospitaliers sur les territoires, et 59% des répondants ont affirmé cette logique « compatible avec les hôpitaux de proximité préconisés par le récent rapport du Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie » .

  • Babylon investit plus de 85 M€ pour adapter son IA à la gestion des maladies chroniques

    Le fournisseur de services de santé britannique Babylon a annoncé le 13 septembre 2018 qu’il investirait 100 millions de dollars américains, soit plus de 85 millions d’euros, pour étendre les capacités de son intelligence artificielle (IA) à l’accompagnement des patients atteints de maladies chroniques et, dans cet objectif, pour augmenter ses effectifs londoniens : d’ici septembre 2019, plus de 1 000 ingénieurs et scientifiques devraient travailler pour Babylon sur l’IA au sein d’une équipe agrandie, multidisciplinaire.

    Dans le contexte du développement international de Babylon – qui a récemment noué de nouveaux partenariats avec Tencent, Samsung, Bupa, Prudential, la fondation Bill-et-Melinda-Gates mais aussi Telus – les travaux menés par l’entreprise sur l’IA font partie d’une stratégie de long terme visant à « appliquer l’IA à la gestion des maladies chroniques« , qui coûtent très cher aux pays développés – alors qu’un quart de la population des pays développés souffrirait de troubles psychiatriques chroniques, les traitements du diabète et de l’obésité coûteraient chaque année 15 milliards de livres (soit près de 17 milliards d’euros) au NHS.

    Or, selon Babylon, la charge supportée par les systèmes de santé dans le monde pourrait être allégée « en augmentant les modèles de support existants avec une solution proactive, basée sur l’IA ». C’est pourquoi l’entreprise développe des fonctionnalités intelligentes d’évaluation de l’état de santé, de coaching et de monitoring à même de donner aux utilisateurs une vision holistique de leur santé et de les aider à se soigner de façon adaptée, personnalisée.

    En outre, la société aurait envisagé d’ouvrir ces nouveaux postes dédiés à l’IA dans diverses villes d’Asie, d’Europe, des États-Unis et du Canada. Cependant, elle aurait choisi Londres pour sa richesse en main d’œuvre qualifiée, son ouverture internationale ainsi que pour son système de santé favorisant les interactions entre de nombreux acteurs.

  • Softway Medical rachète Intellitec, spécialisé dans les logiciels dédiés aux soins psychiatriques

    Dans un communiqué du 14 septembre 2018, Softway Medical, éditeur de logiciels dans le secteur de la santé, a annoncé le rachat de la société Intellitec, éditeur d’un logiciel « full web » pour la gestion médicale des unités de soins de psychiatrie adulte et infanto-juvénile.

    De cette façon, Softway Medical affirme sa volonté d’accompagner les établissements de santé mentale selon deux axes :
    • leurs spécificités métiers ;
    • dans leur coopération territoriale.

    Softway Medical souhaite contribuer à la cohérence globale des parcours de santé et estime qu’ils reposent aussi bien sur une bonne coordination et organisation des structures impliquées entre elles que sur les outils informatiques, qui doivent faciliter la diffusion de la bonne information.

    Avec ce rachat, Softway Medical souhaite appuyer les centres hospitaliers spécialisés (CHS) et les établissement publics de santé mentale (EPSM), qu’ils soient au sein d’un GHT ou bien associés à un GHT, pour qu’ils deviennent des acteurs à part entière du parcours de soins au sein d’un territoire. Quant à Intellitec, son équipe et ses clients vont bénéficier de moyens techniques, humains et financiers plus forts.

    « Softway Medical compte déjà de nombreux clients dont l’activité est orientée à 100 % vers la psychiatrie. Nous souhaitons renforcer notre position sur ce secteur et confirmer auprès de nos clients notre intérêt pour leurs métiers. Cette approche est dans l’ADN de Sotway Medical : les accompagner au bon niveau dans leurs spécificités métiers et permettre une meilleure collaboration entre les acteurs du soin. Intellitec bénéficie de 30 ans d’expertise dans ce secteur. Cette nouvelle équipe va apporter à Softway Medical une réelle complémentarité. Leur savoir-faire métier va nous permettre d’enrichir et [de] renforcer notre DPI Hopital Manager », a déclaré à l’occasion du rachat Gilles Juin, directeur de la division « établissement » de Softway Medical.

  • Pfizer s’associe à la société d’intelligence artificielle Atomwise pour identifier des médicaments

    Dans le cadre d’un accord d’évaluation, la société pharmaceutique américaine Pfizer a annoncé le 17 septembre 2018 qu’elle évaluerait la plateforme d’Atomwise afin d‘identifier des médicaments candidats potentiels pour trois protéines cibles (au plus) sélectionnées par Pfizer. Ce dernier paiera des frais d’accès à la technologie et versera des paiements supplémentaires basés sur le succès pour chaque protéine cible.

    Atomwise analysera par calcul des millions de petites molécules diverses pour chacune des protéines cibles identifiées par Pfizer en utilisant sa plateforme d’IA afin de prédire celles qui pourraient se lier avec une haute affinité aux protéines cibles sélectionnées.

    Atomwise a breveté la première technologie d’apprentissage en profondeur (deep learning) pour la découverte de médicaments à base de petites molécules. Le 7 mars 2018, la société a annoncé avoir recueilli 45 millions de dollars américains (38,5 M€) auprès de grandes sociétés pour soutenir le développement et l’application de sa technologie d’IA.

  • INS

    identifiant national de santénull

  • Rapport D. Pon/A. Coury : 8 propositions clés pour « accélérer le virage numérique » en santé

    Dans le cadre de la stratégie de transformation du système de santé, le rapport final « Accélérer le virage numérique » (en lien ci-contre) a été rendu public par le ministère des Solidarités et de la Santé le 18 septembre 2018, quelques heures après la présentation du plan « Ma Santé 2022 » par le Président de la République.

    Établi par Dominique Pon, directeur général de la clinique Pasteur de Toulouse et président de SantéCité, et par Annelore Coury, directrice déléguée à la gestion et à l’organisation des soins de la Cnam, le document présente les principaux freins au développement de la e-santé en France (un usager « oublié », un déploiement incomplet des outils de base, etc.) et 8 propositions clés pour favoriser « l’accélération du virage numérique ».

    Parmi elles :
    • définir et promouvoir un cadre de valeurs et un référentiel d’éthique du numérique, qui devront guider l’ensemble des actions en matière de e-santé ;
    créer dès la naissance pour chaque usager un « espace numérique de santé » (ENS) sécurisé et personnalisé lui permettant d’avoir accès à l’ensemble de ses données et services de santé tout au long de sa vie.

    Principaux éléments de diagnostic

    « Au-delà d’une forte attente vis-à-vis du numérique et d’une véritable maturité des interlocuteurs rencontrés lors de cette phase de consultation, l’accélération du virage numérique en santé reste freinée par plusieurs éléments majeurs », indiquent les auteurs du rapport :

    • un usager « oublié » du virage numérique de santé ;
    • des professionnels de santé confrontés à une offre morcelée du numérique en santé, rendant les usages complexes dans la pratique quotidienne ;
    • un déploiement incomplet des outils et fonctionnalités « de base » nécessaires à un développement cohérent de la e-santé en France. Ainsi :
      • l’identification du patient ne repose pas encore systématiquement sur l’INS/ NIR ;
      • le déploiement et l’utilisation des messageries agréées MSSanté (système de messageries électroniques réservé aux professionnels de santé) ne sont pas encore pleinement effectifs ;
      • le nombre de DMP créés et alimentés demeure faible. ;
    • une stratégie nationale du numérique en santé peu lisible par les acteurs et encore incomplète ;
    • une gouvernance et une organisation insuffisamment structurées pour mettre en œuvre efficacement la stratégie nationale du numérique en santé, malgré une appétence et une dynamique des acteurs publics et privés sur le sujet.

    8 propositions clés

    1. Définir et promouvoir un cadre de valeurs et un référentiel d’éthique du numérique qui devront guider l’ensemble des actions en matière de e-santé

    Ce « cadre de valeurs partagées » devra s’appuyer sur les lignes directrices suivantes :

    • rappeler que l’objectif principal de la e-santé est d’améliorer la prévention, de réduire les risques de maladie et de perte d’autonomie, de mieux prendre en charge les patients, « bref de soigner mieux » ;
    • sortir d’une vision d’un patient « objet » de soins pour aller vers un usager « acteur » de sa santé ;
    • valoriser le professionnalisme et l’engagement des acteurs de terrain ;
    • sanctuariser la relation humaine soignant-soigné;
    • apporter une attention particulière aux personnes en situation de vulnérabilité, notamment celles présentant des difficultés d’accès ou d’exclusion vis-à-vis du numérique.

    Le comité stratégique du numérique en santé, « lieu de concertation et de partage, pourrait être le garant de ce cadre de valeurs », suggèrent les auteurs du rapport. Ils proposent à ce titre la création d’une « commission dédiée à l’éthique au sein du comité stratégique du numérique qui pourrait devenir le lieu de définition et de mise en œuvre d’un référentiel de l’éthique en e-santé ».

    2. Créer dès la naissance pour chaque usager un espace numérique de santé » (ENS) sécurisé et personnalisé lui permettant d’avoir accès à l’ensemble de ses données et services de santé tout au long de sa vie

    Il s’agira d’un « compte personnel unique » via lequel chaque citoyen pourra accéder à un portail personnalisé de services et à des applications de santé référencées. « Il sera accessible sur tous supports (smartphone, ordinateur, tablette, borne interactive, etc.) et permettra à chaque usager de gérer l’ensemble de ses données personnelles de santé ainsi que tous ses services numériques de santé. »

    3. Proposer un bouquet de services aux professionnels et aux établissements afin de simplifier l’accès aux différents services numériques de l’offre existante, dans le but d’améliorer l’organisation et la qualité de prise en charge

    Ce bouquet permettrait aux professionnels d’obtenir :

    • une meilleure connaissance de l’offre proposée par l’État, par ses opérateurs, par l’Assurance maladie et par le secteur privé (éditeurs et industriels);
    • un accès rapide aux informations utiles « pour un gain de temps au bénéfice des patients ».

    4. Recentrer la puissance publique sur le développement et le déploiement effectif d’outils de premier niveau standardisés (solutions « clés en main » facilement intégrables), afin de permettre à l’ensemble des acteurs de l’écosystème d’innover et de développer des services à forte valeur ajoutée pour l’usager et les professionnels de santé

    « L’État, ses opérateurs, et l’Assurance maladie auront la responsabilité de mettre à disposition un socle de base d’outils de premier niveau standardisés et d’en garantir le déploiement effectif », expliquent Dominique Pon et Annelore Coury. Ces outils de base constitueront « les fondations de tout développement numérique et prendront la forme de solutions clés en main, c’est-à-dire directement utilisables par les éditeurs via des API et des appels contextuels ».

    Ce « socle d’outils communs de base » devra être constitué étape par étape selon un calendrier « échelonné et progressif », précise le rapport, listant les premiers outils à déployer :

    • les messageries de l’espace de confiance MSSanté ;
    • le DMP ;
    • la e-prescription ;
    • des outils de télémédecine, notamment en raison de l’officialisation des actes de téléconsultation depuis le 15 septembre 2018.

    5. Stimuler l’innovation et favoriser l’engagement de l’ensemble des acteurs de la e-santé

    Afin de favoriser l’innovation en matière de numérique en santé, Dominique Pon et Annelore Coury proposent la création, au sein du ministère, d’un « lab » en e-santé, en lien avec Etalab* et dont le rôle serait :

    • de faire émerger, d’évaluer et de diffuser de nouveaux concepts, technologies, solutions et usages en matière de e-santé ;
    • de mettre en relation les concepteurs, les utilisateurs et les investisseurs ;
    • de réaliser des études prospectives, des benchmarks internationaux et une veille sur le numérique en santé;
    • de piloter le développement de POC ;
    • d’organiser des processus d’idéation et des concours d’innovation ;
    • d’organiser des concertations citoyennes sur les usages du numérique en santé.

    Ce « lab » sera ouvert aux professionnels, aux industriels, aux start-ups, aux prospectivistes et « penseurs » du numérique en santé.

    6. Structurer une gouvernance forte et resserrée, dotée d’un bras armé « effecteur »

    Il est proposé de « fixer clairement les rôles et responsabilités » des différents acteurs du système de santé en matière de e-santé dans le cadre d’une gouvernance renouvelée.

    7. Structurer les bases de données des professionnels, des établissements et des patients afin d’alimenter les capacités de création de services et le big data en santé

    Les auteurs du rapport estiment que le Système national des données de santé (SNDS) doit « s’enrichir de données actuellement manquantes », en particulier de données médicales (résultats des examens médicaux, connaissance des facteurs de risque, etc.) et relatives à l’environnement physique ou social des usagers.

    8. Proposer un schéma cible global pour l’architecture du système d’information de santé

    Le schéma est présenté à la page 32 du rapport (en lien ci-contre).

  • Étude : la télémédecine, une option envisageable pour favoriser l’accès à l’IVG (Congrès)

    Des chercheurs suédois du Karolinska Institute et des chercheurs néerlandais ont présenté le 15 septembre 2018 une étude* sur l’intérêt de développer des services de télémédecine pour favoriser l’accès à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) lors du 13ème congrès de la Fédération internationale des associés professionnels de l’avortement et de la contraception (Fiapac).

    Menés en Pologne, leurs travaux montrent que l’avortement médicamenteux peut être pratiqué à distance même chez des femmes avec plus de 9 semaines d’aménorrhée. Les risques sont jugés acceptables mais nécessitent des ajustements sur l’accompagnement en ligne.

    Contexte

    L’accès à l’avortement est encore complexe dans de nombreux pays. Des barrières légales, la stigmatisation ou encore le manque de structures de soins et de professionnels empêchent toujours de nombreuses femmes d’avorter dans de bonnes conditions.

    Pour contourner ces obstacles, des services de télémédecine commencent à voir le jour en Europe et aux États-Unis. Par ailleurs, les délais légaux dans lesquels l’IVG médicamenteux sont en discussion. En France, la limite est fixée à 9 semaines d’aménorrhée. En Angleterre, le gouvernement a d’autorisé en août 2018 l’avortement médicamenteux à domicile, dont le délai maximum est fixé à 10 semaines.

    L’IVG médicamenteux à distance pour améliorer l’accès

    Dans ce contexte, des chercheurs du Karolinska Institude de Stockholm, du département des sciences de la santé de l’université d’Amsterdam et de la Women on Web International Foundation ont mené une étude randomisée pour évaluer le niveau de sécurité et d’acceptabilité de l’avortement médicamenteux via un service de télémédecine.

    Quelque 1 220 femmes demandant une IVG ont été recrutées sur internet entre juin et décembre 2016. Ces femmes venaient toutes de Pologne, où l’avortement n’est autorisé que dans 3 cas très précis : la grossesse est le résultat d’un viol, la santé ou la vie de la femme est en danger, une malformation grave du fœtus.

    Un choix sûr même au-delà de 9 semaines ?

    Les auteurs de l’étude ont séparé les femmes en deux groupes: celles qui n’avaient pas atteint les 9 semaines d’aménorrhée et celles qui avaient dépassé ce stade.

    La clinique de télémédecine a ensuite envoyé à toutes celles qui ont confirmé leur inclusion les médicaments pour l’IVG médicamenteux. Chez les 615 femmes qui ont effectivement pris le traitement chez elle, ils ont comparé les taux de saignement, d’hospitalisation 1 jour après l’avortement et d’acceptabilité. Quand une femme utilisait plus de 2 maxi serviettes hygiéniques toutes les heures pendant plus de 2 heures, les saignements étaient jugés importants.

    Les résultats de cette étude ont été présentés le 15 septembre 2018 au congrès de la Fédération internationale des associés professionnels de l’avortement et de la contraception (Fiapac), qui se déroulait à Nantes.

    Des résultats « contradictoires »

    • Chez les femmes avant 9 semaines d’aménorrhée, le taux de saignement importants était de 6,8 %, contre 10,1 % dans le groupe avec un âge gestationnel plus important ;
    • le taux de visites à l’hôpital (pour des douleurs, des saignements ou tout autre plainte) était de 3,3 %, contre 12,2 % ;
    • le taux d’acceptabilité de la douleur était un peu meilleur chez les femmes avec plus de 9 semaines d’aménorrhée (39 % vs 36 %), ainsi que pour les saignements (28 % vs 23 %) ;
    • le taux d’insatisfaction était légèrement plus fort chez les femmes dont la grossesse était la moins avancée (2,4 % versus 1,6 %) ;
    • 22,6 % des femmes dans le groupe au-delà de 9 semaines ont dû subir une intervention chirurgicale contre 12,5 % dans l’autre groupe.

    Des femmes satisfaites de la télémédecine

    Le Dr Margit Endler, du Karolinska Institute, principal auteur de l’étude, a souligné l’aspect contradictoire des résultats. En effet, alors que plus l’âge gestationnel est avancé, plus le taux d’hospitalisation après un IVG médicamenteux par télémédecine est important, plus le risque d’une intervention augmente.

    Cependant, les taux de saignements ne sont pas significativement plus importants et la satisfaction des femmes ayant bénéficié d’un service de télémédecine même au-delà de 9 semaines n’est pas diminuée.

    « Les femmes ont peut-être anticipé le risque de complications, ce qui les conduit à consulter davantage alors qu’il n’y a pas réellement plus de risque, a déclaré le Dr Endler. Quant au pourcentage d’IVG chirurgical, il peut s’expliquer par le fait que ces femmes auraient peut-être eu besoin de davantage de misoprostol étant donné le terme de leur grossesse ».

    Selon les chercheurs, ces travaux semblent montrer que :

    • l’IVG médicamenteux via des plateformes de télémédecine offrent de bonnes conditions de sécurité ;
    • les femmes acceptent bien ce mode de prise en charge à distance.

    Cependant, les résultats montrent qu’il faudrait sans doute améliorer l’information et l’accompagnement des femmes en ligne pour mieux les préparer aux éventuelles complications.

  • Google inaugure son centre de recherche fondamentale en IA à Paris

    Google a ouvert son laboratoire de recherche en intelligence artificielle (IA) à Paris le 18 septembre 2018. Il s’agit de la réalisation de l’engagement pris de la part de Google à l’occasion du sommet Choose France ! (Choisissez la France !) regroupant les dirigeants d’entreprises mondiaux, organisé en janvier 2018 par Emmanuel Macron à Versailles.

    Google a constitué une équipe parisienne de cinq chercheurs, avec l’objectif d’en recruter une dizaine de plus d’ici la fin 2018, dans un bâtiment rénové de 6 000 m2 adossé au siège de Google France à Paris.

    Les axes de recherche annoncés sont la santé, l’environnement, la vision par ordinateur et l’art.

    Un plan d’investissement d’envergure

    À l’occasion du sommet Choose France ! de janvier dernier, Sundar Pichai, PDG de Google, a annoncé un plan d’investissement d’envergure en France qui s’articule autour de 3 piliers :

    • la formation en région ;
    • l’ouverture d’un centre de recherche en IA en France ;
    • l’agrandissement des locaux parisiens pour accueillir plus de 1 000 salariés supplémentaires dont un quart sera constitué par des chercheurs et ingénieurs.

    En juin 2018, Google a ouvert son premier atelier numérique dédié à la formation à Rennes. Un programme de formation a été établi et est destiné aussi bien aux professionnels qu’aux étudiants et aux chercheurs d’emploi.

    L’inauguration des nouveaux locaux et le lancement du centre de recherche en IA boucle la boucle.

    Le site parisien rénové et les équipes renforcées

    Actuellement, au sein du centre de recherche, cinq chercheurs ont été recrutés parmi lesquels :

    • Cordelia Schmid, experte mondiale en vision par ordinateur également employée d’Inria ;
    • Jean-Philippe Vert, chercheur en apprentissage automatique et bio-informatique qui officie en parallèle en tant que professeur à Mines ParisTech ;
    • Olivier Pietquin qui va se concentrer sur l’apprentissage par renforcement, tout en enseignant à l’École Polytechnique.

    Renforcement de l’écosystème français

    À l’occasion de l’inauguration de nouveaux locaux, Delphine Gény-Stephann, la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances a été conviée. L’ouverture du centre de recherche fondamentale consacré à l’IA constitue selon elle « un signal fort de l’attractivité de la France dans un secteur technologique de pointe. Les axes de recherche stratégiques retenus à ce jour – santé, environnement, vision par ordinateur, art – viendront renforcer l’expertise de l’écosystème français dans ces secteurs d’activité« .