Articles

  • Ma Santé 2022 : la FHF regrette que le financement de l’hôpital soit occulté

    Quelques heures après la présentation du plan « Ma Santé 2022 » par le Président de la République le 18 septembre 2018, la Fédération hospitalière de France (FHF) a déclaré dans un communiqué qu’elle regrettait que la réforme mette de côté « au moins deux enjeux majeurs » :
    •  le financement de l’hôpital, « notamment en matière de tarifs et d’investissement »
    • et « le choc de simplification pour l’hôpital, les structures médico-sociales et leurs personnels ».

    L’organisation nuance cependant son propos en indiquant que les mesures annoncées « sont une reconnaissance du bien-fondé de plusieurs propositions de la FHF ». Ainsi, elle se réjouit :
    • qu’une réforme globale du système de santé soit proposée « pour redonner de l’oxygène à l’hôpital » ;
    • que la pertinence et la qualité des soins soient remises au cœur du système ;
    • qu’une gradation des soins soit envisagée tout en renforçant les soins de proximité ;
    • qu’un plan numérique centré sur le patient soit déployé.

    « Les bases de la réforme étant posées, il faut désormais que les pouvoirs publics soient cohérents et donnent aux acteurs les outils pour la mettre en œuvre afin d’offrir à l’horizon des prochaines décennies une offre de soins d’excellence aux Français », conclut la fédération, qui propose une « conférence de consensus » avec tous les acteurs des domaines sanitaire et médico-social avant l’adoption de la loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS).

    Selon la FHF, « 3 préoccupations majeures demeurent »

    1. « Les tensions financières que vivent aujourd’hui les hôpitaux, alors même que la réforme portera ses premiers fruits dans quelques années »

    Dans son communiqué, la Fédération hospitalière de France (FHF) rappelle qu’en 2018, « les hôpitaux sont appelés à faire 960 millions d’euros d’économie, dans un contexte où les déficits s’aggravent et dans une perspective où le gouvernement demande une économie de 1,2 milliard d’euros sur la masse salariale d’ici 2022 ».

    Un fait qui « relativise fortement » la portée du 0,2 point d’augmentation de l’Ondam (passage de 2,3 à 2,5 %), estime la FHF, qui réclame ainsi « à nouveau un moratoire sur la baisse des tarifs en 2019 ».

    « Agnès Buzyn s’est toujours engagée à ce que la réforme soit accompagnée financièrement. Inscrire des perspectives de long terme est nécessaire mais ne doit pas faire oublier que c’est aujourd’hui que les hôpitaux et structures médico-sociales vivent d’extrêmes tensions », commente Frédéric Valletoux, président de la fédération.

    2. « Les enjeux de la psychiatrie en matière de santé publique, qui appellent des actions rapides tant en matière d’organisation des soins que de parcours au quotidien des patients »

    3. « Le choc de simplification attendu de tous n’est pas au rendez-vous »

    Le fait de réformer le système tout en maintenant les contraintes bureaucratiques « ne permettra pas de libérer les énergies », estime la FHF, qui souhaite qu’une réflexion soit menée sur « le rôle des ARS » et « la fin du mille-feuille bureaucratique ».

    La FHF se réjouit cependant de la reprise de certaines de ses recommandations

    « Une réforme globale, structurelle et systémique »

    La fédération hospitalière de France reconnaît qu’il ne s’agit pas d’une « énième réforme de l’hôpital » mais bien « l’ensemble du système de santé qui devra évoluer en intégrant notamment des mesures sur l’organisation de la médecine de ville et sur ses missions d’urgence ».

    « Une réforme qui met l’accent sur l’approche par les territoires »

    L’ensemble des acteurs du système de santé doivent « organiser une offre de santé mieux adaptée et coordonnée, en insistant particulièrement sur des parcours de prévention et de soins spécifiques en fonction des populations », commente l’organisation.

    « Une réforme qui clarifie le rôle des acteurs de santé et qui amorce la mise en œuvre d’outils nécessaires à leur coopération »

    La FHF salue :

    • la fin de l’exercice isolé de la médecine, à travers le développement des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), « qui seront des interlocuteurs privilégiés pour les coopérations futures » ;
    • la promotion de l’exercice partagé ville/hôpital, à travers , entre autres, le financement de médecins généralistes salariés employés par les hôpitaux.
      « Cependant, les 400 postes annoncés, s’ils sont cohérents avec les ressources humaines disponibles à l’heure actuelle, ne sauraient suffire, précise la FHF. L’objectif fixé à la médecine de ville de prendre sa part dans les urgences de jour jusqu’à 20 heures, puis dans la permanence des soins, est un premier pas mais ne répondra pas complétement aux attentes des patients et n’est pas de nature à remédier à la saturation des services d’urgence : la FHF sera attentive à l’approfondissement de cette mesure. »

    « Une réforme qui met la pertinence des actes et des soins au centre du système »

    La fédération se dit « précurseur sur ce sujet ». Elle rappelle qu’elle promeut depuis plusieurs années « une stratégie basée sur la pertinence et la qualité des soins nécessitant la mise en place d’un système de régulation par la pertinence permettant de mieux dépenser et de prodiguer le juste soin », précisant que « cette vision ambitieuse ne masque cependant pas les faiblesses des premières orientations annoncées ».

  • Télémédecine : 54 % des malades chroniques seraient favorables à la téléconsultation (étude B3TSI)

    B3TSI, entreprise indépendante spécialiste des études quantitatives, a publié le 7 septembre 2018 les résultats d’une enquête sur les usages du numérique et des innovations en santé des patients atteints de maladies chroniques.

    Cette étude, réalisée du 3 au 12 juillet 2018 sur un échantillon national représentatif de 501 répondants issus du Chronic Panel – panel de 20 000 personnes touchées par une ou des maladies chroniques constitué par B3TSI – s’est en particulier intéressée à la perception qu’ont ces patients de la télémédecine, de la prise de rendez-vous médicaux sur internet et du dossier médical partage (DMP).

    Ainsi, elle a montré que si un peu plus de la moitié des malades chroniques sont favorables à la télémédecine, seuls 9 % ont déjà consulté un médecin à distance, 14 % des malades chroniques prennent régulièrement rendez-vous sur internet, et 12 % possèdent ou savent qu’ils possèdent un DMP : si ces patients semblent ouverts à l’innovation en santé, la majorité n’y a pas encore recours.

    Le recours à la téléconsultation 

    Alors que 2018 se présente comme l’année de la télémédecine, seuls 9 % des répondants à l’enquête ont affirmé avoir déjà consulté un médecin à distance et 1 % avoir fréquemment recouru à ce mode de consultations.

    Parmi ces quelques malades ayant déjà consulté un professionnel à distance, 78 % souhaitaient obtenir un conseil sans ordonnance, et 37 % un conseil avec ordonnance. Par ailleurs, 37 % ont recouru à ce mode de consultation simplement « pour essayer » et 35 % pour des raisons de facilité et d’économie de temps.

    Aussi, 87 % de ceux qui ont déjà essayé cette pratique sont prêts à réitérer l’expérience et 54 % des sondés n’ayant jamais eu recours à la téléconsultation ont affirmé songer à y faire appel à l’avenir, notamment pour ne pas perdre de temps (57 %), à la demande du médecin (50 %) ou simplement par curiosité devant le caractère nouveau des cette pratique (46 %).

    « Il semble donc que malgré un faible usage actuel de la téléconsultation par les malades chroniques, les patients soient plutôt favorables à une pratique plus courante de celle-ci dans le futur », conclut B3TSI.

    La prise de rendez-vous sur internet

    La prise de rendez-vous en ligne, que le ministère de la Santé veut favoriser au moyen de son plan Ma Santé 2022, est de plus en plus pratiquée : 58 % des malades chroniques interrogés ont affirmé avoir déjà pris rendez-vous par internet – 66 % d’entre eux avait alors eu recours à Doctolib. Cependant, seuls 14 % des sondés prendrait fréquemment rendez-vous en ligne : la prise de rendez-vous sur internet est une pratique émergente, encore non généralisée au sein de la population, sauf peut-être parmi les patients migraineux qui prennent souvent rendez-vous par Internet, certainement en raison du caractère soudain et intense des crises de migraine.

    En outre, « 96 % des malades chroniques ayant déjà pris rendez-vous en ligne souhaitent renouveler cette pratique », affirme B3TSI, et 69 % des personnes qui n’ont jamais utilisé une plateforme de prise de rendez-vous en ligne affirment vouloir le faire à l’avenir,  pour obtenir une consultation avec un médecin généraliste (80 %) comme avec un spécialiste (55 %, 80 % pour les personnes atteintes d’un cancer).

    Les raisons d’un tel engouement sont similaires aux motivations du recours à la télémédecine : la facilité et le gain de temps (65 % des interrogés) ou par curiosité (42 %).

    L’utilisation des applis et des objets connectés de santé

    « 86 % des répondants possèdent un smartphone mais ils sont très peu à utiliser des applications de santé« , explique B3TSI. En effet, d’après cette enquête, 18 % des insuffisants cardiaques ont déclaré utiliser une application, chiffre qui descend à 11 % pour les patients souffrant de spondylarthrite ankylosante, et qui devient nul pour les patients atteints de BPCO et de polyarthrite rhumatoïde.

    Concernant les objets connectés, le constat est similaire : seuls 12 % des diabétiques y ont recours, comme 5 % des hypertendus et des migraineux ainsi que 2 % des patients atteints d’un cancer.

    Le dossier médical partagé

    « Seuls 8 % [des sondés] possèdent (ou savent qu’ils ont) un dossier pharmaceutique et 12 % un dossier médical partagé (25 % dans le cas des patients souffrant de spondylarthrite ankylosante) », précise B3TSI.

    Toutefois, les patients atteints de maladies chroniques ne semblent pas réfractaires au DMP, qui doit être généralisé au mois d’octobre 2018 : 88 % des répondants ont déclaré y être favorables bien que 63 % déclarent ne pas être confiants vis-à-vis de la sécurité de leurs données de santé.

    « Il semble donc que les malades chroniques n’en soient qu’au début […] de la e-santé mais qu’ils voient en elle un potentiel et qu’ils soient favorables à son développement et à sa pratique dans leur parcours de soins à l’avenir », conclut B3TSI.

  • Plan national Ma Santé 2022

    Le plan national « Ma Santé 2022 » est composé d’une cinquantaine de mesures. Côté financement, 3,4 milliards d’euros vont être investis dans le plan santé d’ici 2022, dont 500 millions qui seront consacrés à la « transformation numérique ». Il a été présenté le 18 septembre 2018 par le président Emmanuel Macron.

  • Asie-Pacifique : les investissements dans les e-solutions de soins atteindront les 29 Mds€ d’ici 2021

    Les investissements dans des solutions de prestations de soins numériques à travers l’Asie-Pacifique, à l’exclusion du Japon (APeJ), atteindront les 34,2 milliards de dollars américains (29,2 Mds €) d’ici 2021, révèle un rapport (en lien ci-contre) publié en août 2018 par la société d’analyse IDC Health Insight (« TeleHealth – Redefining Convenience with Digital Transformation »).

    Les auteurs du document précisent que les 3 principaux domaines d’investissement des prestataires de soins dans cette région sont :
    l’échange d’informations de santé ;
    les dossiers médicaux électroniques ;
    planification de rendez-vous médicaux en ligne pour les patients.

    Autres enseignements clés de l’étude IDC :

    • L’IoT joue un rôle essentiel dans la surveillance à distance des patients. Selon IDC, le marché de l’IoT dans le domaine des soins devrait atteindre 11,04 milliards de dollars US en 2018 (9,4 Mds €) et 19,43 milliards de dollars (16,595 Mds €) en 2022.
    • Les smartphones occupent une place centrale dans le déploiement de la télé-médecine en APeJ. La pénétration des smartphones dans la région se situe en moyenne à 53 %, la Nouvelle-Zélande, la Corée du Sud, Singapour et Taïwan arrivant en tête du classement avec une moyenne combinée de 77,3 %.

    Un contexte favorable au développement de la télémédecine en APeJ

    L’augmentation générale des maladies non transmissibles, la faiblesse de la relation patient-médecin et le vieillissement de la population au sein de l’APeJ entraîneront une accélération du développement de la télémédecine dans la région d’ici trois ans, prédisent les analystes d’IDC.

    Les services de soins numériques semblent adaptés aux nouvelles exigences des patients

    Par ailleurs, les patients demandent aujourd’hui une amélioration de l’accès à l’offre de soins, qu’ils souhaitent de meilleure qualité, le tout à un prix abordable. Les fournisseurs sont donc davantage incités à se tourner vers les prestations de soins numériques pour répondre plus facilement et rapidement à ces nouvelles attentes, l’engagement des patients faisant généralement partie des priorités des différents projets de modernisation du système de santé dans la région.

    « Nous sommes dans un monde de consommation et de résultats basés sur la valeur. Le secteur de la santé est au bord de la transformation numérique. Pour que cette adoption soit efficace, il doit exister un partenariat solide entre les acheteurs de technologies, les fournisseurs de technologies et les payeurs dans le but ultime d’améliorer l’expérience des patients », commente Manoj Vallikkat, directeur de recherche à IDC Asia/Pacific Healthcare Insights.

  • AI

    artificial intelligencenull

  • IA : le chinois Ping An Good Doctor présente les « One-minute Clinics » et des écouteurs intelligents

    Ping An Good Doctor, la principale plateforme de santé en Chine, a présenté le 17 septembre 2018 ses dispositifs médicaux et sa technologie d’intelligence artificielle (IA) lors de la Conférence mondiale sur l’intelligence artificielle (WAIC) 2018.

    Parmi les innovations mises en avant figurent :
    un bracelet connecté permettant de calculer le pouls du patients et d’envoyer automatiquement les résultats au médecin concerné connecté à distance ;
    les « One-minute Clinics » : des cabinets virtuels permettant d’obtenir une consultation à distance pour les maladies courantes ;
    un système médical assisté par IA : des consultations en ligne basées sur l’analyse sémantique et des big data ;
    des écouteurs intelligents qui adaptent le niveau sonore en fonction des capacités auditives de l’utilisateur.

    Dans la zone « AI + Health » de la WAIC, Ping An Good Doctor a présenté :

    Un bracelet intelligent pour mesurer le pouls

    Les utilisateurs doivent placer une main dans le bracelet intelligent et le test est activé. Les données recueillies (résultats et statistiques) sont ensuite envoyées automatiquement sur le smartphone du patient et au médecin en ligne via la plateforme Good Doctor afin de faciliter la consultation par les médecins issus de la médecine traditionnelle chinoise.

    Cette technologie est en effet présentée comme l’un des éléments centraux du « Modern Physician Hua Tuo Plan » (Hua Tuo était un célèbre médecin chinois de l’époque de la dynastie Han) de l’entreprise, un plan lancé en 2017 qui vise à adapter à la médecine traditionnelle chinoise les technologies de l’intelligence artificielle (IA), dont le développement est actuellement centré sur la médecine occidentale.

    L’objectif de cette démarche est de recueillir la cause et « l’histoire » de la maladie sur la base des quatre méthodes de diagnostic appliquée en médecine traditionnelle chinoise, soit « l’observation, l’écoute de la respiration, poser des questions sur les symptômes et la prise de pouls ».

    Des cabinets virtuels « One-minute Clinics »

    Les « One-minute Clinics » sont connectés à la plateforme de Ping An Good Doctor (analyse de la capacité de consultation médicale) et à l’équipe de professionnels de santé reliés à la plateforme ainsi qu’aux big data recueillies via une technologie d’IA.

    Les patients doivent se présenter dans le cabinet virtuel d’environ 1 m² pour obtenir une consultation médicale rapide, des directives pour guérir plus rapidement et des recommandations de médicaments grâce à la description de leurs symptômes via des messages vocaux et des graphiques. Après la consultation, les patients pourraient également avoir la possibilité d’acheter le ou les médicaments dont ils ont besoin dans des armoires à pharmacies intelligentes situées à proximité du cabinet virtuel.

    Ce procédé vise à réduire le temps de consultation pour les maladies courantes.

    Un système médical assisté par IA

    En utilisant l’intelligent speech (système de langage homme-ordinateur), l’analyse sémantique et l’analyse des big data, le système médical assisté par IA de Ping An Good Doctor a comptabilisé plus de 300 millions de consultations médicales en ligne jusqu’à présent. Il sera appliqué à la téléconsultation afin d’augmenter l’efficacité des consultations des médecins de plus de 5 fois, avance l’entreprise chinoise, améliorant ainsi l’efficacité et la précision de la consultation en ligne.

    À la fin du mois de juin 2018, Ping An Good Doctor avait demandé 26 brevets au total pour sa recherche et son développement en intelligence artificielle.

    Des écouteurs intelligents pour mieux protéger l’audition

    Le Smart Earphone est un outil de protection auditive intelligent développé par l’entreprise chinoise et des institutions centrées sur le domaine de l’audition.

    L’utilisateur doit connecter les écouteurs du dispositif à son smartphone puis réaliser un test auditif. Les résultats sont enregistrés et analysés par un algorithme afin d’obtenir une courbe détaillant les capacités auditives de la personne.

    Le niveau sonore est ensuite ajusté en fonction des résultats, en assurant une protection auditive adéquate pour l’utilisateur.

  • WAIC

    World Artificial Intelligence Conference null

  • « Ma Santé 2022 » : le président annonce 500 millions d’euros consacrés à la transformation numérique

    « Nous devrons nous doter dans les trois prochaines années d’une véritable offre de santé numérique. Cela partira du dossier médical partagé (DMP) déployé au plan national en novembre prochain« , a déclaré le président Emmanuel Macron ce mardi 18 septembre 2018 lors d’un discours présentant le plan national « Ma Santé 2022 », composé d’une cinquantaine de mesures.

    « Le déploiement de nouveaux outils numériques s’avère nécessaire pour assurer la coordination devenue incontournable entre les médecins spécialistes », a-t-il ajouté. « Rien ne sera possible sans une mise à jour radicale de l’architecture numérique. Elle est impérative pour coordonner les acteurs, pour personnaliser les soins, pour décharger les soignants de leurs tâches administratives, pour développer aussi l’intelligence artificielle (IA) et déployer de nouveaux traitements. »
    L’IA fera d’ailleurs partie des domaines clés à déployer, le président estimant que la France a « tous les moyens » pour devenir « un des champions de l’intelligence artificielle en médecine, des dispositifs médicaux à l’organisation du système de soins ».

    Lors d’un point presse qui s’est tenu à Paris la veille, le 17 septembre 2018, le cabinet du ministère des Solidarités et de la Santé avait indiqué que le numérique ferait en effet partie des axes forts du projet de transformation du système de santé, avec, entre autres :
    • la volonté de généraliser la prise de rendez-vous médicaux en ligne afin de soulager de certaines tâches administratives les médecins généralistes ;
    • l’amélioration de l’accès aux informations de santé en ligne pour que le patient soit orienté au mieux dans son parcours de soins.

    Côté financement, 3,4 milliards d’euros vont être investis dans le plan santé d’ici 2022, a annoncé le ministère, dont 500 millions qui seront consacrés à la « transformation numérique ».

  • AMI : projets de mutualisation des données pour l’IA par les acteurs des secteurs public et privé

    Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État auprès du Premier ministre chargé du Numérique, appelle ce 18 septembre 2018 les entreprises à partager et à valoriser leurs données. Dans le cadre du déploiement de la stratégie française en matière d’intelligence artificielle (IA), l’État souhaite soutenir des initiatives sectorielles ou intersectorielles de mutualisation de données pour le développement de solutions d’IA.

    Dans ce contexte, la collecte et l’annotation de larges corpus de données constituent un enjeu fondamental, alors que de tels jeux de données sont rares pour les acteurs français.

    Grâce à cet appel à manifestation d’intérêt (AMI), les pouvoirs publics visent à recueillir l’intérêt et l’avis des acteurs privés et publics sur les initiatives de mutualisation de données qui seraient les plus pertinentes ainsi que les modalités les plus adaptées à leur soutien.

    L’AMI est ouvert ce jour jusqu’au 16 novembre 2018.

    Les modalités pratiques

    Les acteurs du secteur public comme du secteur privé sont invités à :

    • donner leur avis sur les modalités de cofinancements privé-public les plus adaptées qui pourraient être mises en œuvre ;
    • formuler des propositions de modèles économiques permettant aux initiatives soutenues de générer une activité viable et pérenne, sans nouveaux financements publics, à un horizon moyen de 3 ans.

    Les réponses recueillies serviront de base afin de définir de manière plus précise les caractéristiques des initiatives ciblées par le futur appel à projets : assiette financière, nombre de partenaires, type de partenaires, type de structures porteuses, activités de ces structures, etc.

    Modalités pratiques

    Toute réponse à l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) doit être adressée exclusivement sous forme électronique avant le 16 novembre 2018 à 18h00 (date et l’heure de réception faisant foi) à l’adresse suivante : ami-mutualisation.dge@finances.gouv.fr.

    Un modèle de réponse est fourni et est disponible ci-contre.

    Le document reprenant la description complète de l’AMI est également accessible ci-contre.

    Un appel à projets en 2019 au service de la donnée compétitive

    « Dans le cadre de la stratégie nationale sur l’intelligence artificielle, nous soutiendrons les initiatives privées d’ouverture et d’échange de données pour que naisse en France, dans tous les secteurs, une économie ouverte de la data compétitive », a déclaré Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargé du Numérique.

    L’analyse des résultats de l’AMI et la position des acteurs consultés dans ce cadre doivent fournir des éléments susceptibles de façonner un appel à projets qui doit être lancé début 2019.

  • Les 3 axes prioritaires de « Ma Santé 2022 » : le temps médical, le parcours coordonné et la qualité

    Lors d’un point presse qui s’est tenu le 17 septembre 2018 à Paris, le cabinet du ministère des Solidarités et de la Santé a dévoilé les grandes lignes de « Ma Santé 2022 », un plan national doté d’un budget de 3,4 milliards d’euros d’ici 2022 et dont les 54 mesures seront présentées en détail ce 18 septembre 2018 par le président de la République et la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn. La prévention est présentée comme la « colonne vertébrale » des réformes à venir, articulées autour de trois orientations :
    • regagner du temps médical, avec notamment la création de 4 000 postes d’ »assistants médicaux » pour épauler le médecin généraliste pendant ses consultations, et le financement de 400 médecins généralistes salariés envoyés dans les déserts médicaux ;
    • veiller à la bonne orientation du patient pendant son parcours de soins : les différents professionnels de santé d’un territoire devront assurer ensemble diverses missions et former des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) afin de mieux répondre aux besoins de santé locaux ;
    • placer la qualité au centre du système de santé, avec la limitation progressive de la part de financement à l’activité (T2A) et à l’acte. Des forfaits de prise en charge pour les personnes souffrant de diabète et d’insuffisance rénale chronique seront testés dans les hôpitaux dès 2019 afin de leur éviter de se présenter fréquemment à l’hôpital sans raison pertinente.

    Le cabinet ministériel a par ailleurs annoncé la fin du numérus clausus et le passage de l’Objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam) de 2,3 % à 2,5 % d’ici 2019.

    Axe 1 : regagner du temps médical

    • Suppression du numérus clausus et des épreuves nationales « classantes », dans l’idéal dès la rentrée 2019-2020 – « mais cela risque d’être juste » -, quoi qu’il en soit à partir de la rentrée 2020-2021 : l’objectif est de proposer une orientation progressive qui encourage les passerelles et qui permet aux étudiants de se spécialiser selon « leurs compétences et leurs appétences ».
    • Création du métier d’ »assistant médical » pour aider le médecin généraliste en le déchargeant d’actes simples, comme la prise de température ou le suivi des rendez-vous : 4 000 postes seront financés à partir de 2019 et d’ici 2022. Ils seront déployés en priorité dans les zones qui en ont le plus besoin. Le profil de ces assistants, qui doivent dans un premier temps être formés, n’a pas encore été défini. Il pourra s’agir d’aide-soignants, d’infirmiers ou de secrétaires médicaux.
    • Financement de 400 médecins généralistes salariés envoyés dans des déserts médicaux pour permettre aux patients d’avoir plus facilement accès à une consultation généraliste en ville. Ces médecins seront salariés des centres hospitaliers de proximité ou des centres de santé.

    Axe 2 : veiller à la bonne orientation du patient

    « L’exercice isolé ne sera plus possible », insiste le cabinet de la ministre des Solidarités et de la Santé, qui prévoit de faire disparaître ce mode d’exercice d’ici 2022.

    Tous les professionnels de santé d’un même territoire « devront travailler ensemble » et porter une responsabilité collective, « populationnelle », vis-à-vis des patients : Ma Santé 2022 prévoit la constitution de communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), « qui doivent faire le pont avec les établissements de santé, notamment les hôpitaux de proximité, et avec le secteur médico-social ».

    • Ces CPTS assureront diverses missions, dont les « urgences de ville », afin de désengorger les urgences hospitalières « qui doivent se concentrer sur les situations vitales ». « Il doit être possible de trouver un médecin en urgence pendant la journée (de 8h à 20h pour démarrer, et nous souhaitons que cela soit possible plus tard en soirée) en ville sans devoir aller à l’hôpital », précise le cabinet.
    • Objectif : déployer au moins 1 000 communautés professionnelles territoriales de santé en France d’ici 2022, sachant qu’un CPTS doit couvrir entre 20 000 et 100 000 patients.

    Axe 3 : placer la qualité au centre du système de santé

    • « La qualité est ce qui devra présider au mode de financement pour limiter progressivement la part de financement à l’activité (T2A) et à l’acte », a déclaré le cabinet ministériel. Dès 2019, des forfaits de prise en charge pour les personnes souffrant de diabète et d’insuffisance rénale chronique, vont être expérimentés dans les hôpitaux afin d’éviter aux patients les déplacements inutiles. Le dispositif a vocation à être étendu petit à petit à d’autres maladies chroniques.
    • Aucune fermeture d’hôpital de proximité n’est envisagée mais une évolution de leur mission est souhaitée par le ministère. « Il faut chercher à déterminer comment l’hôpital et la clinique doivent repenser leurs activités pour que l’hôpital de proximité puisse jouer son rôle. Il faut requestionner l’offre hospitalière en délivrant des soins de pointe dans les hôpitaux de pointe ; tous les actes ne doivent pas être réalisés en proximité, les hôpitaux de proximité doivent se recentrer sur les besoins locaux », sur « les soins du quotidien ». Les premiers « hôpitaux de proximité » seront labellisés en 2020, avec un objectif de 500 à 600 établissements d’ici 2022.

    Le cabinet a par ailleurs insisté sur la volonté de replacer au cœur de l’organisation de soins les médecins et les soignants, « les dernières réformes [les ayant] éloignés de la direction de l’hôpital ».

    L’Ondam passera à 2,5 % en 2019

    « Des moyens nouveaux vont être apportés » pour soutenir les mesures visant à la transformation du système de santé, a déclaré la cabinet de la ministre. « Avec un taux d’évolution exceptionnel de l’Ondam (le plus élevé depuis six ans) de 2,5 % en 2019 (contre 2,3 %), ce sont 400 millions d’euros supplémentaires qui seront engagés pour cette transformation dès 2019″, a-t-il ajouté, précisant qu’un « projet de loi sera nécessaire début 2019 pour certaines mesures (études de santé, gouvernance, financement, etc.) ».

    Un budget de 3,4 milliards d’euros

    Côté budget, le ministère des Solidarités et de la Santé a annoncé le 18 septembre 2018 que 3,4 milliards d’euros allait être investis dans le plan « Ma Santé 2022 », dont :

    • 500 millions qui seront dédiés à la « transformation numérique » ;
    • 1,6 milliard d’euros à « la structuration des soins dans les territoires » ;
    • 920 millions à l’investissement hospitalier ;
    • et 420 millions à « l’évolution des métiers et des formations ».