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  • #FASN2018 : Trop de réglementations en IA incite à recourir à des solutions non éthiques (D. Gruson)

    « Le risque éthique principal du numérique et de l’IA en santé, c’est qu’il n’y ait pas assez d’IA et de numérique dans le secteur » pour que les risques potentiellement engendrés soient mesurables, a déclaré David Gruson, membre du comité de direction de la Chaire santé à Sciences Po Paris, lors de la table ronde « IA et robotique : quelle place leur donner dans l’organisation des soins ? », qui s’est tenue le 20 septembre 2018 à Paris. La conférence était organisée par Care Insight à l’occasion de l’étape Hôpital du futur de la campagne Faire avancer la santé numérique (FASN).

    « Le deuxième risque éthique est que, si trop de réglementations sont mises en place en France sur ces questions, on va encourager le recours à des solutions algorithmiques conçues ailleurs, sur lesquelles nous n’avons aucune base de régulation éthique« , explique l’expert. Il cite en exemple l’autorisation par la FDA, le 11 avril 2018, du premier algorithme de diagnostic sur les rétinopathies diabétiques, auquel peut donc désormais recourir un patient français en déboursant une centaine de dollars. « Il y a dans ce cas un risque d’absence de contrôle éthique sur la base de données utilisées par l’algorithme mais aussi un risque sur le principe de solidarité du système car il y aura des inégalités d’accès en fonction du niveau des revenus. »

    En dehors de ces deux risques majeurs, David Gruson identifie 3 problématiques relatives à l’utilisation de l’intelligence artificielle et du numérique dans le domaine de la santé :
    • en cas de défaillance d’une IA apprenante (machine learning), qui est tenu pour responsable ? ;
    • le risque de délégation du consentement et de la décision médicale ;
    • la mise en balance de l’intérêt individuel et de l’intérêt collectif.

    1. Responsabilité : le problème de l’IA apprenante (machine learning

    L’impact du développement de l’intelligence artificielle (IA) sur la responsabilité des professionnels de santé est plus ou moins complexe selon les situations. « Au regard de l’état du développement de l’IA, le cadre juridique actuel de la responsabilité permet de couvrir 99,9 % du sujet », souligne David Gruson. On peut ainsi identifier deux situations :

    • Quand un dommage est causé par un robot ou un algorithme dans le domaine de la santé, le responsable est le gardien de « la chose », c’est-à-dire le directeur de l’établissement ou le professionnel libéral.
    • En revanche, quand il y a une défectuosité, s’applique alors le régime « de responsabilité du fait des produits défectueux », qui est issu d’une loi de mai 1998.
      Ainsi, si un dommage est causé dans un établissements de santé ou en ville par un algorithme défectueux, le responsable est le producteur de l’algorithme, à l’exception d’un cas, celui du « risque de développement » : cela signifie que le défaut du produit n’a pas pu être découvert car l’état des connaissances scientifiques et techniques accessibles au moment de la mise sur le marché ne le permettait pas.

    La complexité du risque de développement dans le cas du machine learning

    Si l’on transpose la situation aux nouvelles solutions d’intelligence artificielle dites « apprenantes » (machine learning), cette exception devient problématique, note David Gruson. Le propre d’une IA apprenante est qu’elle est capable de produire des nouvelles versions d’elle-même au fil d’un certain nombre de traitements de données, rappelle le spécialiste. « Cette IA apprenante pose question par rapport à l’exonération du risque de développement. En effet, le producteur pourra dire qu’après un certain temps de machine learning, il n’est plus responsable de cette version de l’algorithme. Dans ce cas s’applique le risque de développement. Le producteur peut s’exonérer de sa responsabilité et le dommage n’est pas indemnisé. »

    David Gruson estime que la problématique est bien réelle, bien qu’il n’y ait pas encore de sinistralité constatée aujourd’hui. « Au regard de la rapidité de déploiement de l’IA basée sur le machine learning en général, et dans la santé en particulier », il s’agit « très probablement » d’un enjeu important en ce qui concerne la responsabilité des professionnels de santé et des directeurs d’établissements de soins.

    Si l’expert pense qu’il ne faut pas légiférer dès cette année en France sur ce point, il juge « urgent » de porter le sujet au niveau communautaire.

    2. Le risque de délégation du consentement et de la décision médicale

    Le risque premier ici est celui de voir émerger un médecin « presse boutons », « qui ne se pose plus de questions et qui applique la solution de manière automatique », avance David Gruson. Pour le patient, le risque est qu’il accepte sans vraiment y réfléchir toutes les solutions thérapeutiques qu’on lui propose, « un peu à la manière de Netflix qui nous suggère telle ou telle nouvelle série en fonction de notre profil, relève-t-il. Je reste capable de consentir en droit mais ma capacité à consentir en fait s’érode au fil du  temps ».

    3. Mise en balance de l’intérêt individuel et de l’intérêt collectif

    Le principe de l’algorithme utilisé dans le cas d’une solution de diagnostic est qu’il traite des données massives et collectives puis en déduit, par effet de machine learning, des orientations d’aide à la décision, amenant ainsi à écarter au fil du temps des hypothèses dites « aberrantes, trop lointaines de la valeur centrale », explique David Gruson.

    En médecine, la notion « d’hypothèses aberrantes » correspond à des cas individuels, souligne-t-il. « [Il s’agit d’un patient X] se retrouvant dans une situation dans laquelle son espérance de vie est telle que l’IA considérera qu’il est inefficace ou inopportun de lui proposer cette thérapie là », note le spécialiste. Il risque ainsi d’y avoir une minoration relative de la valeur de la personne, c’est-à-dire de l’intérêt personnel, face à la logique collective de l’algorithme.

    Selon David Gruson, tous ces risques peuvent être régulés, « le risque principal étant de ne pas les mesurer », conclut-il.

  • Servier et Poietis s’associent autour d’un projet de bio-impression 4D de tissus hépatiques

    Servier, laboratoire pharmaceutique international et Poietis, start-up spécialisée dans la production de tissus vivants bio-imprimés, ont annoncé le 19 septembre 2018 avoir conclu un partenariat scientifique pluri-annuel portant sur l’utilisation de la technologie de bio-impression 4D de Poietis pour le développement et la production de tissus hépatiques.

    L’objectif est de proposer un modèle préclinique efficace pour la détermination de l’hépatotoxicité d’une molécule, à savoir son pouvoir de provoquer des dommages au foie, sachant que les modèles existants ont une durée de vie trop courte ou nécessitent une mise en œuvre complexe. La technologie proposée par Poietis présente le potentiel de pouvoir dépasser les limites des modèles actuels.

    Un micro-tissu permettant l’étude in vitro des phénomènes inflammatoires

    Le projet qui réunit les deux acteurs a pour objectif de garantir la sécurité non clinique des molécules produites par le laboratoire Servier.

    Traditionnellement, l’équipe en charge de  la sécurité non clinique utilise des outils classiques de toxicologie in vitro en recourant aux modèles animaux ou aux divers modèles de culture de cellules humaines, qui, du fait de leur courte longévité et complexité, présentent une utilité limitée.

    De la collaboration entre les deux acteurs est censé naître un nouveau tissu hépatique humain bio-imprimé complexe avec des lignées de cellules hépatiques humaines et des cellules immunocompétentes dans une architecture définie afin d’imiter in vitro le tissu hépatique humain et de prévoir l’hépatotoxicité des molécules.

    Réduire les effets indésirables hépatiques

    Le modèle de tissu humain permettra de :

    • faire progresser la compréhension des mécanismes d’hépato-toxicité ;
    • offrir des tests pour détecter le plus tôt possible d’éventuels effets délétères lors du développement des médicaments du laboratoire ;
    • réduire les effets indésirables hépatiques chez les patients dès la phase de tests cliniques.

    « Ce partenariat pluriannuel sur le développement de tissus hépatiques par bio-impression marque une étape importante pour le déploiement de la bio-impression 4D dans le domaine pharmaceutique. Suivant la mise en place de la collaboration avec la Katholieke Universiteit Leuven, l’université néerlandophone belge dont le siège est à Louvain, sur la bio-impression de cartilage pour la réparation tissulaire, ce nouveau partenariat scientifique avec les laboratoires Servier s’inscrit dans la stratégie de Poietis qui vise à étendre les applications de sa technologie en dehors des premières applications en dermo-cosmétique« , a ajouté le Dr Fabien Guillemot, Président et Directeur Scientifique de Poietis.

  • #FASN2018 : la chirurgie sera renouvelée grâce à la robotique et à la réalité virtuelle (B. Gayet)

    Le Dr Brice Gayet, chirurgien général viscéral de l’Institut Mutualiste Montsouris (IMM), est intervenu à l’occasion de l’événement FASN-Hôpital du futur qui s’est tenu le 20 septembre 2018 à Paris pour présenter sa vision du bloc opératoire de demain.

    Il affirme que la réalité virtuelle, la réalité augmentée et les robots synergiques vont porter la révolution du bloc opératoire et que le progrès ne viendra pas par la nouveauté clinicienne. Ce sont l’imagerie et la simulation qui transformeront la chirurgie et le bloc opératoire.

    L’avenir de la chirurgie réside dans les NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives), les objets connectés et la télémédecine avec deux déclinaisons particulières, à savoir :
    • le télémentoring qui consiste à guider un chirurgien au bloc grâce à un appel par visioconférence ;
    • la téléstration qui consiste à dessiner sur une vidéo pour indiquer notamment la zone à inciser, etc.

    Ces évolutions techniques remettent en cause les modèles structurels actuels autour de la chirurgie, des métiers et des techniques, avec une évolution rapide et marquée vers la chirurgie interventionnelle-endoscopique.

    Selon lui, il apparaît crucial d’admettre que les innovations majeures ne viendront plus des cliniciens. L’innovation viendra des NBIC, à savoir des nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives, et de la robotique. L’émergence de la génomique et de la médecine prédictive et personnalisée va façonner la manière de soigner de demain.

    Chirurgie ambulatoire, tendance confirmée

    Il souligne le retard de la France dans la mise en œuvre de la chirurgie ambulatoire, alors que de nombreux pays européens ont fait leur révolution grâce à l’ambulatoire : les actes chirurgicaux en France en ambulatoire n’ont toujours pas atteint les 50 % d’actes chirurgicaux. Il cite le contre-exemple de l’Angleterre où la chirurgie est ambulatoire par défaut – le recours à une hospitalisation dans le cadre d’une chirurgie exige une autorisation préalable.

    Les réalités virtuelle et augmentée accroissent l’efficacité d’une opération chirurgicale

    L’intérêt de la chirurgie en réalité augmentée

    Pour montrer l’intérêt de la chirurgie en réalité augmentée, le Pr Brice Gayet a évoqué l’apport de ce type de chirurgie à des interventions telles que l’ablation des tumeurs du foie : la simulation permet par exemple de comprendre la façon dont une tumeur s’étend dans le foie au sein des segments et sous-segments de l’organe, et éventuellement de réduire le nombre d’interventions nécessaires. « On ne traite plus les livres d’anatomie, on traite les malades eux-mêmes grâce à la simulation à partir d’images en coupe« , clame-t-il.

    Chirurgie virtuelle au brouillon

    Le Dr Gayet affirme que l’on peut faire de la chirurgie virtuelle « au brouillon », pour former et pallier le manque d’expérience du chirurgien.

    Ainsi, la laparoscopie* virtuelle permet de tester l’exécution d’actions, de constater le résultat de l’intervention et éventuellement de la recommencer, de corriger son geste afin d’éviter les erreurs préjudiciables pour le patient.

    Pour reprendre l’exemple de la chirurgie du foie, un logiciel de simulation permet déjà de simuler l’ablation de l’organe avec indication de la partie restante et alerte si le pourcentage minimal nécessaire à la survie du patient est atteint, ce qui oblige le chirurgien à revoir son protocole.

    Par ailleurs, la chirurgie totalement virtuelle, dématérialisée, fait partie des méthodes qui existent actuellement. Cela permet à un opérateur équipé d’un casque de réalité virtuelle et d’un stylet de s’exercer aux gestes à reproduire au cours d’une chirurgie. Il travaille sur des images qui forment une reconstitution en 3D des images issues d’un examen par scanner.

    En chirurgie hépatique, cette technique permet alors de:

    • préparer son opération en visualisant les parties à retirer de l’organe, dont les images peuvent être projetées sur le foie réel du patient afin d’augmenter la précision du geste chirurgical ;
    • vérifier la qualité de la chirurgie exécutée virtuellement en recoupant le résultat obtenu avec les images de la tumeur issues du scanner.

    La chirurgie en réalité augmentée

    En évoquant la réalité augmentée, Brice Gayet présente l’exemple d’un bloc opératoire équipé de 7 écrans sur lesquels peuvent être projetées respectivement des images réelles du foie du patient, des clichés de  réalité virtuelle du foie de ce même patient et une superposition des deux images précédentes, ce qui aide à l’exécution précise et pertinente de certains gestes particuliers.

    La chirurgie assistée par fluorescence pour révéler l’invisible

    Brice Gayet a cité la technique de chirurgie assistée par fluorescence appelée NIR/ICG, qui, au moyen d’un rayonnement infrarouge et d’une administration préalable de vert d’indocyanine, permet au cours de l’intervention, de révéler au chirurgien l’emplacement exact de structures difficilement visibles à l’oeil nu.

    Ainsi, en chirurgie viscérale, cette technique peut permettre de visualiser extemporanément et précisément l’emplacement et la forme des voies biliaires, ainsi que d’éventuelles fuites biliaires invisibles à l’œil nu.

    Les apports de la robotique

    Les robots synergiques pour une chirurgie de précision

    Le robot synergique est un assistant du chirurgien, une aide qui, au cours de l’opération, garantit au patient un certain niveau de sécurité. En effet, ce robot permet de définir au préalable des zones « interdites », à ne pas toucher pendant l’opération.

    Brice Gayet donne également l’exemple d’un outil à même d’aider à stabiliser l’aiguille utilisée pour canuler* la veine centrale de la rétine, une zone de petite surface. Le geste du chirurgien ophtalmologiste gagne 2000 fois par seconde en stabilité et le rendu est beaucoup plus homogène.

    L’endoscopie assistée par des robots, le futur de la chirurgie

    Le Dr Gayet souligne que de nombreux actes de la spécialité digestive, autrefois chirurgicaux, relèvent aujourd’hui de l’endoscopie. Il en va de même de la cardiologie qui est devenue cardio-interventionnelle. En effet, aux États-Unis, actuellement, plus de 50% des actes chirurgicaux sont  endoscopiques, un tel engouement s’expliquant par une réduction des risques pour le patient (actes moins invasifs qu’autrefois) ainsi que par une diminution des coûts liés aux interventions.

    Il prône alors l’usage d’endoscopes modernes qui permettent de réaliser de nombreux actes. Il cite comme exemple le plus abouti un endoscope asiatique de 2,5cm dénommé « le crabe », car il dispose à son extrémité de pinces permettant de réaliser des actes de chirurgie. Cependant, le Dr Gayet estime que c’est la robotique qui va révolutionner ces nouvelles pratiques chirurgicales de plus en plus endoscopiques.

    Pour la chirurgie, le progrès, ce n’est pas pas la nouveauté mais l’amélioration des soins et la baisse des coûts. « Il va arriver par la robotique », prévoit-il, la robotique qui permet de faire des choses assez révolutionnaires comme l’interface cerveau-ordinateur-machine qui permet de déplacer les objets par la force de la pensée ou la télékinésie – commander les objets par la pensée.

    Évolutions sociologiques

    En parallèle des évolution technologiques liées à la robotique employée au bloc vont s’opérer des changements structurels et organisationnels.

    • Selon le Dr Gayet, on va de plus en plus évoluer vers une chirurgie de ville, et les hôpitaux seront moins nombreux. On va par conséquent aller vers des périodes d’hospitalisation de plus en plus courtes, avec un souci particulier accordé à la phase post-opératoire.
    • Il souligne également le changement qui s’opère du côté du patient, qui, de plus en plus informé, va mettre en concurrence, comparer et devenir plus exigent envers le chirurgien.
    • La chirurgie est déjà en passe de devenir interventionnelle, donc une réflexion sur le bloc opératoire lui-même est nécessaire : ce dernier se transforme progressivement en « plateau interventionnel » et le rôle du chirurgien lui-même est amené à changer.
    • Les médecins seront obligés d’acquérir des techniques très différentes, nombreuses et nouvelles dans le cadre de leur exercice, tout en devenant les dépositaires d’un savoir-faire ancien.
    • Les changements qui s’opèrent actuellement vont affecter les modes d’exercice et les modèles économiques.

    Selon lui, la réalité virtuelle et la reconstitution du champ opératoire sont indéniables, et le recours à la réalité augmentée se banalisera au bénéfice de la sécurité du patient.

    L’IA fera évoluer dans le bon sens la décision médicale et la relation patient

    Selon lui, l’intelligence artificielle va considérablement impacter les métiers en agissant principalement sur l’aide à la décision ainsi que sur la relation patient-professionnel. Le recours à l’IA permet de gagner en précision et du temps pour se consacrer au patient, qui a besoin d’attention et d’accompagnement en particulier s’il est atteint de pathologies lourdes ou chroniques.

    Finalement, Brice Gayet regrette l’absence de connaissances dans des domaines tels que la littérature, la psychologie ou les sciences cognitives, qui doivent contribuer à la formation des médecins du 21ème siècle, siècle qui impose selon lui une redistribution des rôles et une redéfinition des métiers.

  • Les sociétés health tech Novadiscovery et Koelis (Lyonbiopôle) obtiennent le label French Tech

    Après avoir auditionné le P.-D.G. de Novadiscovery, François-Henri Boissel, et le P.-D.G. de Koelis, Antoine Leroy, le comité de sélection du Pass French Tech #HealthTech a décidé à l’unanimité d’intégrer les deux entreprises dans la promotion nationale 2018 du Pass French Tech, a annoncé le 10 septembre 2018 dans un communiqué le pôle de compétitivité santé de la région Auvergne-Rhône-Alpes Lyonbiopôle, qui assure depuis 2016 le rôle d’opérateur santé du Pass French Tech.

    Novadiscovery et Koelis ont notamment été sélectionnés en raison de leur chiffre d’affaires « en hyper-croissance ». Les deux lauréats bénéficieront d’un accompagnement poussé afin de poursuivre leur développement. Il s’agit des deux premières « pépites régionales » à faire leur entrée dans le cercle restreint des sociétés labellisées « French Tech », précise le communiqué.

    Novadiscovery est une entreprise lyonnaise qui a mené pour la première fois en France des essais cliniques in silico afin de prédire l’efficacité d’un médicament en amont des essais sur l’homme. Koelis est quant à elle une société basée à Meylan (Grenoble-Alpes Métropole) qui développe et commercialise des dispositifs de navigation chirurgicale pour le diagnostic et le traitement ciblé du cancer de la prostate. Les deux entreprises sont membres de Lyonbiopôle.

    Les réactions des deux lauréats

    Pour François-Henri Boissel (Novadiscovery), cette labellisation est « une très bonne nouvelle pour l’entreprise » :

    « L’internationalisation est un enjeu primordial pour notre société, qui vise notamment le marché américain où la FDA est un fervent support des approches in silico pour dé-risquer le développement de nouveaux médicaments et maximiser les chances des patients dans les essais cliniques. Aux [États-Unis], les sociétés biotech comme pharma sont, de fait, ouvertes à notre approche, exploitant la modélisation mathématique nourrie de connaissances scientifiques et cliniques. Cette dernière permet d’améliorer la probabilité de succès en réduisant les coûts et le [délai de commercialisation] de nouvelles thérapies.

    Avec le Pass French Tech, nous serons accompagnés dans cette phase d’hyper-croissance cruciale afin de choisir la bonne trajectoire pour devenir leaders mondiaux d’un marché en émergence. Le Pass et ses partenaires facilitent les démarches à tous les niveaux pour que, sur les plans stratégique, tactique et opérationnel, nous soyons en capacité de monter en puissance très rapidement. À titre d’exemple, en tant qu’opérateur French Tech, nous pourrons bénéficier de procédures accélérées pour l’obtention de visas pour des profils étrangers. Nous sommes ainsi réellement choyés pour être dans les meilleures conditions afin de développer notre entreprise ! »

    Antoine Leroy (Koelis) :

    « Lyonbiopôle m’a proposé de candidater au vu de nos bonnes performances ces 3 dernières années. Avec une croissance moyenne de chiffre d’affaires de 50 % en 3 ans, notre dossier a été retenu par le comité, d’autant qu’il porte sur un domaine touchant la santé publique et pour lequel une technologie de pointe est née en France.

    Je suis heureux et fier d’être lauréat du Pass French Tech. Il s’agit tout d’abord d’une reconnaissance des années de travail et de la réussite que nous vivons – de quoi communiquer en interne pour encourager nos 40 salariés. De plus, cette labellisation met en lumière Koelis parmi les nombreuses PME innovantes qui cherchent l’appui de partenaires pour créer ou renforcer un cercle vertueux croissance/financement. Enfin, il s’agit également d’un engagement de ma part à promouvoir et participer au réseau French Tech dans le monde. Ainsi, je me tiens à la disposition des pilotes de la French Tech pour jouer ce rôle d’ambassadeur à l’international. »

  • La croissance de la consommation de soins et de biens médicaux (CSBM) a diminué en 2017

    Les résultats des comptes de la santé, qui ont été publiés par la Drees le 10 septembre 2018 et qui rendent compte de la consommation de soins en France et la replacent dans une perspective internationale, a révélé une croissance de la consommation de soins et de biens médicaux (CSBM) historiquement basse : elle n’aurait augmenté que de 1,3 % en 2017, contre 2,0 % en 2016, en raison du « fort ralentissement des soins hospitaliers ».

    En 2017, la CSBM s’élevait à 199,3 milliards d’euros, soit environ 2 977 euros par habitant, 8,7 % du PIB et un léger repli par rapport à 2016.

    En outre, elle était financée à 77,8 % par la Sécurité sociale, soit 0,2 point de plus par an entre 2008 et 2017. Cette augmentation pourrait s’expliquer par « la hausse du nombre d’assurés exonérés du ticket modérateur liée au vieillissement de la population et au développement des pathologies chroniques« .
    La part du reste à charge direct des ménages dans la CSBM a poursuivi son mouvement de baisse régulière depuis 2008. Ainsi, au sein des pays de l’OCDE, la France serait le pays où le reste à charge des ménages est le plus limité en part de la dépense courante de santé au sens international (DCSi) – qui recouvre la CSBM majorée notamment des dépenses de soins de longue durée et des subventions au système de soins.

    Par ailleurs, la publication de tels résultats a suscité des réactions notamment de la part de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (SFPF) qui, en septembre 2017, avait contesté la méthodologie utilisée dans le rapport annuel de la Dress : selon le SFPF, cette méthodologie se traduit par une majoration injustifiée de la consommation de médicaments non remboursables, entretenant l’idée que les pharmaciens d’officine incitent à la consommation de médicaments non remboursables et servant « ceux qui militent, à grand renfort publicitaire, pour une dérégulation du marché des médicaments non remboursables ».
    Aussi, la SFPF s’est félicité cette année des corrections apportées par la Dress qui, conformément aux analyses du syndicat, a revu dix années d’historique, ramenant par exemple la consommation de médicaments non remboursables de 4,069 milliards d’euros à 2,806 milliards d’euros en 2016.

  • RAC

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  • GHU

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  • #FASN2018 : Diabnext remporte le start-up challenge avec son carnet d’autosurveillance connecté

    À l’occasion de la campagne Faire avancer la santé numérique (FASN) organisée par Care Insight, s’est tenue le 20 septembre 2018 la finale d’un start-up challenge, événement pendant lequel deux start-ups lauréates du challenge ont eu l’opportunité de « pitcher » sur leur solution.
    Il s’agissait de Medicitus, qui propose un service de téléconsultation, et de Diabnext, fournisseur d’un dispositif permettant aux patients atteints de diabète insulinodépendant de digitaliser leur carnet d’autosurveillance.

    Ces 2 start-ups avaient été présélectionnées selon 4 critères – caractère innovant de la solution, pertinence de la stratégie de l’entreprise, cohérence du projet, cohérence et complémentarité entre les membres de l’équipe – par un jury composé de :
    – Livia Aouizerate, responsable des projets de R&D à Medicen ;
    – Amina Belkhir, déléguée régionale de Grand Enov ;
    – Joséphine Marie, chargée d’investissements Fonds Patient Autonome à Bpifrance.

    A l’issue de la séance de pitch et des délibérations du jury, Diabnext a remporté le prix « coup de cœur du jury ».

    Les services développés par les start-ups lauréates du challenge

    Le carnet d’autosurveillance connecté de Diabnext

    Laurent Nicolas, P.-D.G. et co-fondateur de Diabnext, a présenté une plateforme de monitoring du diabète reliée à un carnet digital d’auto-surveillance entièrement automatisé à destination des patients souffrant d’un diabète insulino-dépendant.

    En effet, le diabète est une maladie contraignante pour les patients, qui doivent tenir à jour un « carnet d’autosurveillance » afin d’échanger au mieux avec leur endocrinologue. Pour faciliter la gestion de la maladie au quotidien, Diabnext lancera d’ici la fin 2018 sa solution connectée à des dispositifs automatiques de recueil des données, adaptables aux stylos à insuline et aux glucomètres disponibles sur le marché : chaque mesure de glycémie effectuée avec un glucomètre et chaque injection d’insuline réalisée avec un stylo à insuline est transmise à l’application mobile Diabnext, téléchargeable sur smartphone, permettant au patient d’enregistrer automatiquement, exhaustivement et sans contrainte ses données, de les suivre précisément et de les partager avec les professionnels de santé de son choix.

    La plateforme donne également accès à des supports pédagogiques conçus pour les patients diabétiques. Une prochaine étape du développement de Diabnext consiste en l’adjonction au système d’une intelligence artificielle à même de conseiller le patient au quotidien, de façon personnalisée, dans l’objectif de l’aider au quotidien dans ses prises de décisions, notamment en ce qui concerne son alimentation et la pratique d’une activité physique adaptée.

    En outre, cette solution de Diabnext a été déclarée conforme par la DGOS pour participer au programme Etapes (Expérimentations de télémédecine pour l’amélioration des parcours en santé). Elle est par ailleurs sécurisée et hébergée sur des serveurs agréés Asip Santé.

    Concernant le modèle économique adopté par la start-up pour le déploiement de son dispositif, Laurent Nicolas a indiqué que l’application mobile Diabnext était téléchargeable gratuitement – seules des fonctionnalités supplémentaires sont payantes (abonnement d’environ 2 € par mois). En revanche, le patient doit se munir de deux appareils connectés (Clipsulin et Gluconext), capables de transmettre les données depuis le stylo à insuline ou le lecteur de glycémie vers l’application. De plus, la labellisation du système par la DGOS le rend éligible au remboursement par la Sécurité sociale.

    La téléconsultation de Médicitus

    Eric Roussin, P.D.G. et fondateur de Médicitus, était présent pour présenter une plateforme de télémédecine permettant d’obtenir une téléconsultation, éventuellement un diagnostic et une prescription, et de télécharger ses données de santé (alimentation du DMP, téléchargement des résultats d’analyses médicales, etc.). 

    Cette plateforme s’appuie sur un réseau de médecins généralistes ou spécialistes afin de proposer aux patients une prise en charge rapide, réduisant les inégalités d’accès aux soins et facilitant le suivi en sortie d’hospitalisation.

    Concrètement, cette solution de télémédecine peut permettre aux patients qui le souhaitent, après une rencontre avec l’équipe de la start-up et une brève formation à l’utilisation de la plateforme, de bénéficier à son domicile de téléconsultations.

    Elle donne également la possibilité aux médecins, qu’ils soient salariés d’un établissement de santé ou libéraux, ainsi qu’aux établissements de santé et aux Ehpad, de proposer ce type de consultations et de disposer d’un chariot d’objets connectés (stéthoscope, dermatoscope, otoscope, oxymètre, tensiomètre, etc.) reliés à la plateforme. La start-up désire aussi équiper environ 1 000 pharmacies dans le but que l’officine puisse devenir un lieu de téléconsultation pour les patients désirant un accompagnement.

  • Dispositifs médicaux : Accuron MedTech Group ouvre un centre technologique de pointe à Singapour

    Accuron MedTech Group, le plus grand fabricant d’appareils médicaux d’Asie du Sud-Est, a annoncé le 13 septembre 2018 l’ouverture officielle de son nouveau centre de technologie (Technology Centre) à Singapour. « [Cette inauguration] marque une étape importante dans notre engagement à identifier et à développer des technologies de haute qualité qui [bouleversent le secteur médical] à Singapour et en Asie du Sud-Est », a déclaré Abel Ang, P.-D.G. du groupe.

    Le centre fournit des installations d’incubation et des services commerciaux qui seront mis à la disposition des sociétés dans lesquelles Accuron MedTech a investi.

    L’entreprise a une stratégie clairement définie pour investir dans des sociétés technologiques « hautement innovantes [ayant un fort impact sur le secteur] », complémentaires de ses activités centrées sur l’urologie et qui feront figure de catalyseurs de croissance pour ses opérations internationales.

    Plus tôt cette année, Accuron MedTech a révélé avoir investi 20 millions de dollars singapouriens (environ 12,5 M €) conjointement avec SEEDS Capital, la branche « investissement » d’Enterprise Singapore – l’agence gouvernementale chargée du développement des entreprises -, afin d’identifier et de booster la croissance de start-ups à fort potentiel basées au sein de la cité-État asiatique.

    Un centre unique pour renforcer les synergies entre les sociétés du groupe

    Depuis 2014, Accuron MedTech a effectué plus de 10 investissements stratégiques dans des sociétés innovantes, notamment dans AWAK Technologies et Advent Access, spécialisées dans les maladies rénales, ainsi que dans ASLAN Pharmaceuticals, une entreprise de biotechnologie experte en oncologie cotée au NASDAQ.

    Par l’inauguration de ce centre à Singapour, Accuron MedTech vise à renforcer les synergies entre les sociétés de son portefeuille en les rassemblant sur un lieu physique commun de plus de 2 000 mètres carrés (22 000 pieds carrés).

    Éviter les dépenses inutiles lors de la commercialisation d’un dispositif à l’international

    En évoluant au sein de cet espace unique, les différentes entreprises qui l’occupent ont ainsi la possibilité de se concentrer sur l’innovation de leurs produits sans avoir à engager des dépenses inutiles en capital ou en main-d’œuvre lorsqu’elles chercheront à commercialiser leurs dispositifs médicaux sur le marché mondial.

    Un centre de pointe

    AWAK Technologies, une société qui exploite une technologie de régénération pour l’insuffisance rénale terminale, est la première entreprise du portefeuille d’Accuron MedTech à transférer son siège au sein des nouveaux locaux.

    Les sociétés présentes sur le nouveau site pourront accéder aux multiples salles blanches et profiter des capacités de fabrication avancées du centre (prototypage rapide, fabrication clé en main, impression 3D, etc.). Elles pourront aussi tirer parti des ressources commerciales du groupe (R&D, finance, ressources humaines, business development).

    Un espace extensible

    Au fur et à mesure que les différentes entreprises du groupe migreront vers le centre technologique singapourien, il sera possible d’augmenter l’espace disponible de 50 %, précise Accuron MedTech.

  • Télémédecine : organisation de télé-staffs sur les épilepsies rares dans le Grand Est et vers les DOM

    À l’occasion de la généralisation de la télémédecine, le 15 septembre 2018, Health & Tech Intelligence revient sur un axe particulier de la télé-expertise : le télé-staff, ou réunion de professionnels de santé dématérialisée, permise à distance par un système de télémédecine tel que celui mis en place à la fin de l’année 2017 par le CHRU de Nancy, qui permet aux professionnels du Grand Est, de Bourgogne-France-Comté et des DOM de communiquer entre eux de façon sécurisée à propos de cas d’épilepsies rares.

    En effet, ce dispositif de télémédecine, appelé Odys et porté par le Groupement de coopération sanitaire (GCS) Télésanté Lorraine et le GCS e-santé Champagne-Ardenne, permet de partager « de façon sécurisée et interactive des électroencéphalogrammes (EEG) et des EEG-vidéos avec d’autres structures hospitalières du Grand-Est, de Bourgogne-Franche-Comté et d’Outre-Mer, pour étudier à distance des cas d’épilepsies rares et complexes », précise un communiqué du CHRU de Nancy.

    Fin avril 2018, le CHU de Reims s’est également associé à ce projet afin de participer à ces télé-staffs, et d’après le site web Reseau CHU, d’autres demandes d’établissements seraient, le 20 septembre 2018, « en cours d’étude » – par exemple, un service Fort-de-France et le CHR de Metz-Thionville devraient prochainement rejoindre le dispositif.

    Finalement, « en développant des points de compétence sur tout le territoire, en lien avec les sites experts », ce dispositif pourrait soutenir la mise en place d’une filière innovante de prise en charge des épilepsies rares, difficiles à diagnostiquer mais surtout à traiter du fait de la rareté des professionnels spécialistes de ces pathologies.

    Un télé-staff pour optimiser la réponse à un besoin médical particulier

    « Les maladies épileptiques ont de nombreuses causes et beaucoup sont liées à des maladies rares (malformations corticales, vasculaires, causes génétiques et métaboliques, etc.) », explique dans un communiqué le CHRU de Nancy, où 33% des patients pris en charge pour épilepsie seraient concernés par ces causes rares.

    Or, alors que ces cas rares ont besoin de compétences multidisciplinaires, seuls deux CHU sont en mesure, dans les régions Grand-Est et Bourgogne-Franche-Comté, de fournir une expertise appropriée – le CHRU de Nancy, qui est officiellement centre constitutif du centre de référence épilepsies rares, et le CHU de Strasbourg – et il n’existait pas jusqu’à présent de réunions de concertation pluridisciplinaire (RCP) régulières permettant de discuter à l’échelle interrégionale de ces dossiers d’épilepsies rares ou complexes.

    « C’est pourquoi un système de télé-staff multi-sites avec échange audio et vidéo entre les médecins neurologues des différentes structures de santé a été mis en place », explique le CHRU de Nancy.

    Une filière innovante de prise en charge des épilepsies rares

    La solution Odys, un exemple de dispositif de télémédecine permettant la conduite de staffs dématérialisés

    De manière général, Odys permet :

    • la prise en charge des AVC en phase aiguë et des insuffisants rénaux à distance ;
    • des téléconsultations de dermatologie et de gériatrie ;
    • des téléconsultations dans des établissements particuliers tels que des centres pénitentiaires ou des EHPAD.

    Mais c’est parce qu’elle permet également de tenir des Réunions de Concertation Pluridisciplinaire à distance (e-RCP) en visioconférence, et dans ce cadre d’échanger des documents et des données de santé de façon sécurisée, qu’elle a été retenue par le CHRU de Nancy. En effet, ce service permet « une visualisation synchrone de tracés EEG, couplée à une vidéo du patient filmé lors de l’examen », précise le CHRU.

    Les premières expériences de télé-staffs d’épilepsie rare

    Trois télé-staffs ont déjà été organisés entre le CHRU de Nancy, le CHU de Besançon, le CHU de Reims et le CH de Cayenne.

    Ces télé-staffs ont notamment permis d’impliquer davantage de spécialistes en neurologie dans des réunions régulières, « sans contraintes de déplacement et avec un gain de temps dans l’organisation de ces RCP », ajoute le CHRU de Nancy. Aussi, ces staffs rendent possible l’étude de plus de cas d’épilepsies rares recensés dans des territoires différents, et la haute qualité audiovisuelle des visioconférences et des documents transmis favorise le diagnostic.