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  • 73 % des médecins pensent que la télémédecine fera partie de leur quotidien en 2030 (étude MACSF)

    La MACSF, mutuelle d’assurance pour professionnels de santé, a publié, au cours du mois de septembre 2018, une étude visant à préciser la perception qu’ont les médecins de la « médecine du future ».

    Ce travail, réalisé sur la base des résultats à un questionnaire envoyé au cours du mois de mai 2018 à environ 8000 médecins sociétaires âgés de 18 à 65 ans, qu’ils soient hospitaliers, salariés, libéraux ou internes et quelle que soit leur spécialité, visait en effet à interroger les médecins à propos de l’intégration à leur pratique future d’avancées technologiques telles que l’intelligence artificielle, la robotisation, la télémédecine, les applications de e-santé et autres objets connectés : comment imaginent-ils la médecine qu’ils exerceront demain ? Quels espoirs et quelles craintes génèrent un virage technologique de la santé ?

    Si la plupart des médecins ont reconnu que l’innovation fera prochainement partie de leur quotidien, beaucoup d’autres résultats se sont révélés très hétérogènes : seule la moitié des médecins interrogés ont affirmé croire que les start-ups de la e-santé pourront révolutionner la médecine, moins d’un quart des chirurgiens, obstétriciens et anesthésistes interrogés se disent enthousiasmés par la médecine du futur, seulement 12% des médecins généralistes ont affirmé percevoir la médecine du futur comme un rêve, et deux tiers des médecins considèrent que les patients ne sont pas prêts pour l’avènement d’une telle médecine.

    En effet, la médecine du futur, assistée par des innovations telles que l’IA et de nombreux objets connectés, suscite chez les médecins un engouement lié à une potentielle disparition des taches répétitives et génératrices d’erreurs comme de nombreuses craintes : émergence de nouvelles inégalités de santé, de motivations mercantiles éloignées des principes déontologiques de la profession, de risques liés à une insuffisante protection des données des patients, d’une dérive éthique – de maîtrise absolue, d’homme augmenté, etc.

    Pour les médecins, l’innovation fera prochainement partie du quotidien

    D’après la plupart des médecins interrogés, l’innovation fera rapidement partie de l’exercice quotidien de la médecine. 

    En effet, 73% des médecins pensent que la télémédecine et la consultation à distance feront partie de leur quotidien professionnel en 2030. De même la moitié des médecins croit que les robots et l’intelligence artificielle feront partie de la pratique quotidienne à cet horizon 2030, et 91% des interrogés considèrent comme probable l’utilisation au moins occasionnelle des robots dans leurs pratiques futures.

    Cependant, l’étude révèle que les spécialistes que la MACSF considère comme « les plus concernés » par l’innovation imaginent percée de l’innovation plus rapide que les autres médecins. Par exemple, si 63% des anesthésistes, obstétriciens et chirurgiens pensent que les chambres seront connectés en 2030, ce chiffre s’abaisse à 41% pour les généralistes.

    L’innovation suscite des attentes…

    D’après le sondage, les médecins attendent que l’innovation, non substituable aux médecins, permette d’optimiser la réalisation de certains actes, d’éviter des erreurs et de dégager du temps médical : 73% des interrogés considèrent que l’IA pourra accompagner la réalisation d’actions longues et répétitives, 71% que l’IA permettra moins d’erreurs mais ne pourra se substituer aux médecins pour répondre aux questions des patients, 45% que ces innovations permettront d’avoir plus de temps pour le patient et pour la formation.

    … comme des craintes

    Position de la profession vis-à-vis des patients

    Pour 73% des médecins, dont 82% des généralistes, la principale crainte suscitée par l’intégration des innovations technologiques à la pratique médicale concerne la déshumanisation des soins. Déshumanisation qui pourrait s’accompagner, pour la plupart des sondés, d’une déconsidération des professionnels de santé par les patients (seuls 9% des médecins pensent que ces innovations permettront aux patients d’avoir plus de considération pour les professionnels de santé).

    Peur des dysfonctionnements techniques

    En deuxième position des appréhensions suscitées par l’émergence de l’innovation vient la crainte des bugs informatiques, ressentie par 67% des médecins.

    Angoisses générées par la problématique de la protection des données

    L’absence de protection des données personnelles inquiète 45% des médecins tant pour l’avenir de leurs patients que pour leur propre futur.

    En effet, le Règlement général sur la protection des données (RGPD), le code de déontologie médicale ainsi que la loi informatique et liberté prévoient que le médecin doit veiller à la protection des dossiers, au secret de ses correspondances, qui constituent une donnée objective du dossier médical, ainsi qu’à l’usage et à l’accessibilité des données du patient : les professionnels de santé semblent redouter une augmentation du poids de leur responsabilité, déjà lourde.

    Appréhension de dérives « mercantiles » et génératrices d’inégalités

    A l’occasion de cette étude, plusieurs médecins ont exprimé une angoisse quant aux inégalités que peuvent générer les objets connectés ; « l’usage de ces objets reste pour l’instant réservé à un certain profil : un patient équipé en réseau efficace, vivant sur une partie du territoire où il est possible d’envisager le maintien à domicile parce que suffisamment riche en structures d’aide à domicile, et qui soit assez formé pour tirer parti de la technologie développée dans ces objets. Un profil qui ne correspond pas, justement, à celui des patients les plus fragiles »,  explique Stéphanie Tamburini, juriste pour le groupe MACSF.

    « Certains médecins craignent une approche mercantile et trop liée aux appétits des GAFA », a ajouté la MACSF.

  • Une solution digitale d’accompagnement aux bilans de médication pour les pharmaciens du réseau P&P

    Au cours du mois de septembre 2018 sera proposée aux 100 officines adhérentes au réseau de pharmacies P&P une solution digitale innovante d’accompagnement à la réalisation de bilans de médication.
    Développée par Observia en partenariat avec les laboratoires Sandoz, elle sera mise gratuitement à la disposition des pharmaciens pour favoriser l’observance des patients âgés polymédiqués, précise un communiqué émis par le réseau P&P.

    Cet outil, clé en main, a été conçu pour permettre au pharmacien de « préparer, [de] réaliser, [de] gérer et [de] suivre » des bilans de médication simplement au moyen de fonctionnalités telles que :
    • un « questionnaire de recueil des informations patient » ainsi qu’un « questionnaire d’observance » ;
    • un « agenda dynamique » ;
    • un « courrier de liaison » avec le médecin ;
    • des « supports interactifs et pédagogiques » à destination du patient ;
    • une base de données Vidal sur les médicaments ;
    • un outil de déclaration sur Ameli ;
    • une solution d’envoi de SMS de rappel de rendez-vous ;
    • un historique des entretiens ainsi que des statistiques de suivi.

    En outre, à la fin du mois de septembre 2018 sera initiée une campagne de sensibilisation au bilan de médication auprès de la patientèle âgée et polymédiquée des officines du réseau P&P qui peut avoir accès à ce service. L’objectif est d’inciter cette population à demander un premier entretien et à recourir davantage à ce type de consultations pharmaceutiques prévues par l’arrêté du 9 mars 2018.

  • Appel à projets : l’ARS IDF soutient la modernisation et l’adaptation de l’offre médico-sociale

    L’ARS Île-de-France, au titre du Plan d’aide à l’investissement, bénéficie d’une enveloppe de 8,1 millions d’euros (M€) pour un volet personnes âgées et 7,6 M€ pour un volet personnes handicapées.

    Ce plan a vocation à aider les établissements et services pour personnes âgées et personnes handicapées (enfants, adultes). Il vise à soutenir les opérations de modernisation et l’adaptation de l’offre.

    Plan d’aide à l’investissement

    National

    Le Conseil de la CNSA du 30 mars 2018 a approuvé les orientations pour 2018 du Plan d’aide à l’investissement sur la base d’un montant national de 122,1 millions d’euros répartis en 71,5 millions dans le champ des personnes âgées et en 50,6 millions dans le secteur des personnes handicapées.

    L’aide à l’investissement a pour but de soutenir les opérations visant prioritairement à :

    • poursuivre la mise en œuvre des objectifs quantitatifs et qualitatifs des plans nationaux qui ont pour objectifs la modernisation et à l’adaptation de l’offre d’établissements et de services à destination des personnes âgées en perte d’autonomie et des personnes handicapées ;
    • poursuivre la modernisation des structures les plus inadaptées, en lien avec une optimisation de l’impact financier pour les usagers et l’assurance maladie.

    Île-de-France

    Pour la région Île-de-France sont attribuées les enveloppes indicatives suivantes : 8 129 506 € sur le volet «Personnes âgées» (soit 299 321 € de moins qu’en 2017) ; 7 575 551 € sur le volet «Personnes handicapées» (soit 490 154 € de plus qu’en 2017).

    Concernant cet appel à projets :

    • le périmètre éligible est celui des établissements accueillant des personnes âgées et des personnes handicapées tels que mentionnés à l’article L 314-3-1 du code de l’action sociale et des familles (lien ci-contre) ;
    • il vise :
      • les opérations dont les travaux n’ont pas commencé, destinées à la mise aux normes techniques et de sécurité, à la modernisation des locaux de fonctionnement, à la création de places nouvelles autorisées pour les seules capacités habilitées à l’aide sociale (transmission du dossier technique au stade du programme technique détaillé et de l’avant-projet sommaire) ;
      • les études de faisabilité préalables nécessaires à la conception d’opérations complexes de restructuration qui s’inscrivent dans une démarche qualité ;
      • les opérations de modernisation d’EHPAD habilités à l’aide sociale (cette règle ne s’applique pas aux pôles d’activités et de soins adaptés (PASA) qui pourront être aidés même si aucune place n’est habilitée) ;
      • les seules créations de places en accueil de jour, hébergement temporaire, pôles d’activités et de soins adaptés et unités d’hébergement renforcées consacrées aux maladies d’Alzheimer ;
      • les opérations de modernisation et de restructuration ;
      • la modernisation des structures et la création de places nouvelles en maison d’accueil spécialisée et foyer d’accueil médicalisé ;
      • les projets d’adaptation des modalités d’accueil aux personnes handicapées vieillissantes et aux personnes autistes ;
      • les créations de places nouvelles par fongibilité des capacités sanitaires sous réserve des principes médico-sociaux d’aide à l’autonomie et de promotion de la participation sociale des usagers ;
      • la modernisation/rénovation des structures d’accueil pour enfants handicapés afin d’adapter les modalités d’accueil et la qualité de cet accueil particulièrement en IME avec un focus sur la prise en charge de l’autisme ;
      • la modernisation des établissements et service d’aide par le travail (ESAT) ;
    • concernant les EHPAD, les promoteurs sont invités à utiliser l’outil développé par l’ANAP.

    Les dossiers de demande devront être transmis, sous forme papier et numérique, avant le 30 septembre 2018, à :

    Agence Régionale de Santé Île-de-France, Direction de l’Autonomie, à l’attention de Monsieur Dominique CLOS-BOUCH – Millénaire 2 : 35, rue de la Gare 75935 Paris Cedex 19 – dominique.clos-bouch@ars.sante.fr

    Une copie de ce dossier est à adresser à la Délégation Départementale de l’ARS-IDF du périmètre géographique dont relève la structure avant le 30 septembre 2018.

  • Télémédecine : la CNAM & la FMF publient des guides sur la téléconsultation

    Depuis le 15 septembre 2018, la téléconsultation est officiellement disponible en France. À cette occasion et face aux diverses questions, notamment liées à la mise en œuvre par les praticiens, qui demeurent sans réponse, le Dr Claude Bronner, président d’Union Généraliste et vice-président de la FMF (Fédération des Médecins de France) a établi le 16 septembre 2018 un recueil de ressources élaborées par la FMF et la CNAM.

    Considérée à la fois comme une opportunité pour les médecins et les patients, et comme une mesure favorisant une médecine au rabais, la FMF recommande d’aborder le sujet avec précaution tout en se donnant la possibilité d’exploiter les avantages de cette nouvelle forme de consultation. Les documents listés ci-dessous sont censés y contribuer :
    • Les 5 cas d’usage de la télémédecine ;
    • Généralisation de la téléconsultation, du 12 septembre 2018 ; 
    Télémédecine pour les nuls de la FMF.

    Enfin, la FMF préconise le recours à une messagerie sécurisée pour tout type d’échanges entre le médecin et son patient.

    Tarifs et cas d’usage

    Le premier document liste les tarifs en fonction des actes de télémédecine :

    • TCG = 25 € pour le généraliste secteur 1 ou OPTAM ou secteur 2 pratiquant le tarif opposable ;
    • TC = 23 € pour tous les autres ;
    • TC = 39 € pour les psychiatres ;
    • TC1,5 = 58,50 € pour acte de téléconsultation des psychiatres dans les 48 heures suivant la demande du médecin traitant.

    Il rappelle néanmoins que les tarifs libres sont possibles quand ils sont autorisés.

    Le document répertorie des exemples de cas d’usage concrets qui peuvent se présenter.

    Généralisation de la téléconsultation par la CNAM

    La CNAM a publié le 12 septembre 2018 un document intitulé Généralisation de la téléconsultation, disponible ci-contre.

    Il se compose de trois volets rappelant les détails pratiques relatifs à chacun des volets :

    • La téléconsultation en pratique :
      • Cette partie définit le médecin comme principal décisionnaire pour procéder à une téléconsultation et le déroulement de celle-ci avec les moyens et équipements à mobiliser (application sécurisé, cabine, chariot de téléconsultation, assistance par un professionnel de santé, renseignement du DMP, établissement d’un compte-rendu, etc.).
      • Les principaux avantages conférés à la téléconsultation par le document sont une amélioration de la qualité de vie et un accès aux soins simplifié.
      • Le document répertorie les tarifs applicables en fonction de la situation.
      • Enfin, le document détaille les cas exclus du champ du recours aux actes de téléconsultation : consultations complexes ou très complexes, l’avis ponctuel de consultant, la consultation spécifique par un médecin cardiologue ou spécialiste en médecine des affections vasculaires.
    • Les grands principes de la télémédecine :
      • La télémédecine doit s’inscrire dans le parcours de soins coordonné.
      • Les patients doivent être connus des médecins réalisant les téléconsultations avec les quatre exceptions :
        • accès aux spécialistes que l’on peut déjà consulter en accès direct ;
        • les patients âgés de moins de 16 ans ;
        • les patients ne disposant pas de médecin traitant ou dont le médecin traitant est indisponible dans le délai compatible avec leur état de santé ;
        • les situations d’urgence.
    • Développer la télémédecine – un enjeu clé pour le système de santé français :
      • La généralisation de la télémédecine : de financements en provenance des fonds d’interventions régionaux (FIR) dans un cadre expérimental, on passe à la généralisation de la télémédecine portée par un financement de droit commun.
      • Améliorer le suivi et la prise en charge des assurés : la CNAM cite la télémédecine comme facteur d’amélioration de l’efficience, de l’organisation et de la prise en charge des soins, car elle permet entre autres d’accélérer la prise en charge et le suivi des patients.

    Télémédecine pour les nuls par la FMF

    Dans ce livret préparé par le Dr Claude Bronner, disponible ci-contre, la FMF revient sur les enjeux de la télémédecine.

    Une partie est dédiée à la téléconsultation et plus précisément aux différents types de consultations, au nombre de 3 selon la FMF :

    • une consultation directement avec le patient sur son smartphone ou son ordinateur ;
    • une consultation avec le patient par la médiation d’un tiers (infirmier, pharmacien), sur un poste fixe (chariot, cabine) ou mobile (mallette);
    • une consultation mettant en relation un médecin depuis son cabinet où se trouve son patient, avec un confrère pour une téléconsultation commune.

    L’équipement au service de la mise en œuvre des téléconsultations est le suivant :

    • un système de visiocommunication sécurisé entre le médecin et le patient ;
    • un dossier médical pour enregistrer les éléments de la consultation, au mieux dans le Dossier Médical Partagé (DMP) ;
    • une connexion Cartes Vitale et CPS pour la facturation par FSE ;
    • une messagerie sécurisée pour transmettre des ordonnances et le compte-rendu au médecin traitant.

    Le document détaille également toutes les cotations possibles aussi bien pour les médecins généralistes que pour les spécialistes. Les cotations d’actes de téléconsultation en pédiatrie et en psychiatrie sont également disponibles.

    Dans une deuxième partie du document, le FMF fait un point sur la télé-expertise qui ne sera généralisée qu’à partir du mois de février de 2019.

  • Psy : Doctoconsult lève 2 M€ pour développer « une gamme complète d’outils de thérapie digitale »

    Doctoconsult, une plateforme de téléconsultation française dédiée à la psychiatrie, aux troubles nutritionnels et à l’addictologie, a annoncé le 17 septembre 2018 avoir clôturé une augmentation de capital de 2 millions d’euros auprès du groupe d’hospitalisation privée Elsan et de Bpifrance, via le fonds Patient Autonome, lancé fin 2017 et doté de 50 millions d’euros.

    Cette levée de fonds va notamment permettre à Doctoconsult d’étoffer son offre en développant « une gamme complète d’outils de thérapie digitale dédiée à la santé mentale pour renforcer l’accompagnement des patients atteints de troubles psychiques« , précise le communiqué.
    Elsan va proposer les services de téléconsultation de Doctoconsult aux femmes atteintes de dépressions post-partum, aux personnes souffrant d’obésité avant et après une chirurgie bariatrique, aux patients chroniques (dialyse, cancer, soins palliatifs) et aux personnes âgées nécessitant un soutien psychologique.

    Par ailleurs, la société rejoint l’accélérateur HealthTech du Hub de Bpifrance, qui vise à développer les opportunités de partenariats commerciaux ou capitalistiques dans le domaine de la e-santé.

    Vers une solution de médecine prédictive, préventive, personnalisée et participative

    « C’est un privilège de compter des partenaires aussi compétents et complémentaires pour nous accompagner dans cette phase importante de notre histoire, a déclaré Fanny Jacq, cofondatrice et présidente de Doctoconsult (communiqué). Nous allons avoir les moyens pour développer une solution de médecine 4P : prédictive, préventive, personnalisée et participative »

    Doctoconsult, une solution réduisant « les risques que le patient décroche »

    De son côté, Chahra Louafi, directrice du fonds Patient Autonome de Bpifrance, a commenté : « De nombreux patients atteints de maladies psychiatriques font face à de lourds échecs thérapeutiques car la phase de diagnostic est souvent longue, tout comme le suivi entre deux consultations. La solution complète proposée par Doctoconsult, associant la visio-consultation à la thérapie digitale, réduit les risques que le patient décroche. »

    « Le partenariat avec Doctoconsult va nous permettre de mieux accompagner certains de nos patients en facilitant l’accès à la prise en charge en psychiatrie sur tout le territoire, avance quant à lui Thierry Chiche, président exécutif d’Elsan. Il répond également à notre stratégie d’innovation en accélérant le développement d’une start-up française grâce à la coopération avec nos établissements. »

    Remboursement : Doctoconsult a déjà obtenu l’accord de la Sécurité sociale

    Fondé en 2016 par le Dr Fanny Jacq, médecin psychiatre, Doctoconsult rassemble une centaine de médecins. Plus d’un millier de consultations ont été effectuées via sa plateforme depuis son lancement, assure la société.

    Le service permet aux patients souffrant de troubles mentaux d’accéder à un praticien « partout en France, dans un délai d’attente réduit, tout en bénéficiant d’un meilleur suivi, personnalisé, grâce à des outils digitaux innovants et dédiés à leur pathologie », précise le communiqué.

    Doctoconsult se dit « précurseur ». En juillet 2016, avant la généralisation de la téléconsultation le 15 septembre 2018, la société avait déjà reçu le premier agrément de l’Agence régionale de santé pour l’exercice de la téléconsultation et l’accord de la Sécurité sociale pour que les patients puissent obtenir le remboursement des actes médicaux réalisés via sa plateforme.

  • Le ministère de la Santé belge annonce un site qui référence les applis de santé validées

    Le nouveau site internet www.mhealthbelgium.be présentera des informations précises sur les applications de santé validées par les autorités belges ainsi que les avantages qu’elles présentent pour les patients et les fournisseurs de soins, a annoncé le 13 septembre 2018 la ministre de la Santé publique de Belgique, Maggie de Block. Une mesure soutenue par l’Institut belge d’assurance maladie-invalidité (Inami), le Service public fédéral santé publique, l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS), la plateforme eHealth (institution publique fédérale) et les fédérations sectorielles Agoria et beMedTech.

    À partir de fin octobre 2018, les concepteurs auront la possibilité de faire enregistrer leurs applications auprès de Mobile Health Belgium afin d’apparaître sur la plateforme. Les différents services mobiles seront évalués sur la base d’une pyramide de validation à 3 niveaux afin d’identifier s’ils répondent aux conditions requises par le ministère sur les plans de la qualité, de la sécurité et de l’efficacité, a indiqué Maggie de Block dans un communiqué.

    « Les applications mobiles peuvent présenter une plus-value dans les soins, mais pour les patients et les prestataires de soins, il n’est pas toujours facile de savoir dans quelle mesure ces applications sont utiles et fiables. Grâce à notre système de validation, nous amenons du changement, avance la ministre. Sur ce site, les citoyens pourront découvrir toutes les applications qui ont reçu un sceau des pouvoirs publics. »

    Une pyramide de validation à 3 niveaux

    Le niveau 1 fixe les critères de base des applications enregistrées sur la plateforme.

    L’application doit avoir obtenu un marquage CE et respecter la réglementation relative aux dispositifs médicaux. L’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS) veille au respect de ces critères.

    Le dispositif doit également être conforme au règlement européen sur la protection des données (RGPD).

    Le niveau 2 fixe les conditions relatives à l’interopérabilité entre applications mobiles et d’autres applications numériques dans le domaine des soins, tels que les services de base de la plateforme Ehealth.fgov.be.

    Le site eHealth fixe ces conditions et des centres de test indépendants vérifieront l’interopérabilité. Tous les critères de base (niveau 1) sont par ailleurs requis.

    La plateforme belge eHealth (https://www.ehealth.fgov.be) est une « institution publique fédérale » qui a pour mission « de promouvoir et de soutenir une prestation de services et des échanges d’informations électroniques mutuels, bien organisés, entre tous les acteurs des soins de santé, avec les garanties nécessaires sur le plan de la sécurité de l’information, de la protection de la vie privée du patient et du prestataire de soins ainsi qu’au niveau du respect du secret médical », est-il expliqué sur le site.

    Le niveau 3 concerne les applications présentant une plus-value démontrée aux niveaux économique et sanitaire.

    Pour ces applications, un modèle de financement adapté sera mis en place, indique la ministre. L’Institut belge d’assurance maladie-invalidité (Inami) vérifiera si les applications concernées pourraient être utilisées dans un cadre thérapeutique plus large.

    Les applications de niveau 3 doivent remplir les critères des niveaux 1 et 2.

    Les applications validées seront listées sur le site Mhealthbelgium.be

    Les applications qui satisferont l’ensemble des critères seront publiées par niveau sur www.mhealthbelgium.be/fr/home-2/. Les applis de niveau 1 seront tout d’abord listées. « Les deux autres niveaux sont en passe d’être finalisés », précise le communiqué.

    Il est actuellement possible de consulter le site www.mhealthbelgium.be pour y découvrir des informations sur la politique appliquée en matière de santé mobile en Belgique. 24 projets pilotes menés en 2017 dans le secteur sont également présentés sur la plateforme (voir article en lien ci-contre).

  • Docly lève 54 millions d’euros pour lancer son offre de télémédecine à échelle européenne

    Après la start-up Kry, qui se positionne en France comme fournisseur de téléconsultation sous le nom « Livi », une autre start-up suédoise spécialisée dans la télémédecine, Min Doktor, a bouclé un tour de table de 54 millions d’euros (560 millions de couronne suédoises). En France, elle porte le nom de « Docly ».

    Le principal porteur de la levée de fonds est ICA Gruppen, un acteur majeur de la grande distribution sur le marché suédois.

    L’objectif de cette levée est de permettre à Docly de s’imposer sur le marché de la téléconsultation à l’échelle européenne.

    Docly, un acteur européen se lance en France

    En France, c’est Lionel Hoellinger, directeur de Docly France basé en Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), qui est en charge du déploiement du service de télémédecine Docly.

    Selon lui, cette levée de fonds constitue un jalon important pour le lancement en France. Il est prévu que des expérimentations soient lancées en région PACA et en Auvergne-Rhône-Alpes à l’automne 2018.

    Son offre d’origine couvre une prestation de service à destination des patients directement mais également en B2B à destination des centres de santé privés ou des assureurs.

    Une application pour envoyer des messages aux médecins

    L’accès au service se fait via une application dédiée dans laquelle les symptômes doivent être renseignés. Une pré-analyse numérique des symptômes aide le médecin à établir le diagnostic et à éventuellement prescrire des médicaments ou des analyses médicales. Si une visio-communication est jugée utile par le médecin, il peut demander au patient de lancer une vidéo.

    Actuellement, Docly revendique rassembler plus de 300 000 utilisateurs et plus de 140 médecins et professionnels de santé partenaires en Suède.

    Une vidéo de présentation du service en français est disponible ici.

  • Étude : un coeur en 3D identifie précisément les tissus cardiaques responsables d’arythmies (Nature)

    Des chercheurs américains de l’université Johns Hopkins ont réussi à reproduire en 3D les simulations virtuelles d’un cœur. Cette prouesse permet de repérer les tissus cardiaques qui provoquent des arythmies et qui, par conséquent, doivent être détruits. Cette preuve de concept* a été publiée le 3 septembre 2018 dans la revue Nature Biomedical Engineering.

    Contexte

    Un cœur qui bat trop vite ou de manière désordonnée peut être traitée par des médicaments. Il en existe de nombreux pour soigner notamment la tachycardie mais ils présentent des effets secondaires et ils ne sont pas efficaces à 100 %.

    Quand l’arythmie persiste, une intervention – appelée « ablation » – s’impose. Elle consiste à détruire les tissus cardiaques endommagés qui court-circuitent le système électrique du cœur. L’ablation est un succès dans 50 à 88 % des cas. Ces écarts s’expliquent notamment par le fait que l’identification de ces tissus est délicate.  

    La 3D au « cœur » des battements irréguliers

    Dans le but de localiser plus précisément les arythmies, des chercheurs de l’université Johns Hopkins, aux États-Unis, ont mis au point des modèles de calcul personnalisés en 3D du cœur des patients à partir d’images IRM cliniques améliorées par contraste.

    Chaque cellule de tissu cardiaque du modèle génère des signaux électriques à l’aide d’équations mathématiques représentant le comportement des cellules cardiaques lorsqu’elles sont en bonne santé ou lorsqu’elles sont proches de la cicatrice. En piquant le cœur virtuel du patient avec de petits signaux électriques à différents endroits, le programme informatique détermine ensuite si le cœur développe une arythmie et l’emplacement des tissus qui le propagent.

    À l’aide du modèle, l’équipe de chercheurs a ensuite simulé une ablation dans cette région du cœur et a exécuté le programme informatique encore et encore pour trouver plusieurs emplacements où les médecins devraient enlever du tissu sur le patient réel.

    Des coeurs virtuels à partir d’IRM

    Pour évaluer leur méthode, les auteurs de l’étude ont utilisé des images IRM afin de créer des modèles cardiaques personnalisés pour 21 personnes ayant déjà subi avec succès des procédures d’ablation cardiaque pour une tachycardie ventriculaire liée à un infarctus à l’Hôpital Johns Hopkins entre 2006 et 2017.

    Cette modélisation en 3D a correctement identifié et prédit les endroits où les médecins ont retiré du tissu cardiaque. Chez cinq patients, la quantité de tissu enlevé identifiée par le modèle 3D était globalement inférieure – dans certains cas, plus de 10 fois inférieure – à la zone supprimée lors des interventions réelles. Chez deux autres patients, l’approche via le cœur virtuel a prédit que les tachycardies ne nécessitaient pas une intervention, ce qui a été confirmé lors de la procédure clinique.

    Un mélange d’ingénierie et de médecine

    Les chercheurs américains ont donc apporté la preuve de concept que des simulations personnalisées sur un cœur en 3D permettaient de diriger un cathéter d’ablation directement vers des tissus défectueux. « C’est un mélange passionnant d’ingénierie et de médecine », a déclaré Natalia Trayanova, principal auteur de l’étude.

    « L’un des principaux défis de l’ablation par cathéter réside dans le fait que nous effectuons des procédures sur des patients très malades atteints d’une maladie cardiaque avancée et qui ont plusieurs zones cardiaques susceptibles de souffrir d’arythmies, a déclaré Jonathan Chrispin, de la faculté de médecine de l’université Johns Hopkins, qui dirigera les essais cliniques de cette technologie. Nous sommes ravis de commencer à tester cette approche dans un essai clinique prospectif. Nous espérons qu’il pourra nous aider à atteindre notre objectif primordial, à savoir améliorer la qualité de vie des patients souffrant de tachycardie ventriculaire résistante au traitement. »

    La FDA a récemment approuvé la conduite de cette étude clinique.

    Le cœur virtuel au service de la prévention des arythmies

    En 2016, la même équipe de chercheurs avait mis au point un cœur en 3D qui permettait de prévenir les futures arythmies. Ce cœur virtuel modélisé sur ordinateur à partir d’une IRM du cœur du patient analysait les battements dans les semaines voire les mois suivant en infarctus. Ainsi, les chercheurs pouvaient mesurer l’impact des impulsions électriques sur un tissu déjà endommagé.

     

  • Des start-ups de e-santé françaises aux Journées pratiques respiration-sommeil d’octobre 2018

    À l’occasion des 10 ans des Journées pratiques respiration-sommeil (JPRS), qui se tiendront du 4 au 6 octobre 2018 au Palais des congrès de Bordeaux, la Fédération française de pneumologie (FFP) et l’Observatoire sommeil en pneumologie libérale (OSPL) accueilleront des start-ups dans un « Village Innovation e-Santé – French Tech », soutenu par la French Tech Bordeaux et par le réseau French HealthTech.

    Les sociétés choisies pour leurs solutions innovantes liées, notamment, aux pathologies chroniques respiratoires et du sommeil bénéficieront d’un accompagnement au développement de leurs outils ainsi que d’une visibilité accrue aux côtés d’autres acteurs de la e-santé tels que Philips, Novartis, Bastide Médical, Dom’Air Santé, France Oxygène, etc.

    Parmi les start-ups retenues figurent Meyko, Ludocare, Rythm, Biosency, MacadamTonic, Bliss, RVitality, Chronolife, Anamnese et BforDoc.

  • Les lunettes connectés XpertEye utilisées au Samu de Nantes bientôt déployées en Ephad

    À partir de la fin 2018, différents Ehpad de l’Ouest devraient s’équiper de lunettes de réalité assistée XpertEye, a annoncé le Dr Joël Jenvrin, responsable médical du Samu 44Smur de Nantes, lors du congrès de la Société française de médecine d’urgence (SFMU) qui s’est tenu en juin 2018 à Paris.

    Conçues par la société rennaise AMA, elles sont utilisées depuis le mois d’avril 2018 par les équipes du Smur et du Samu de Nantes, qui peuvent ainsi transmettre en temps réel des vidéos de leurs interventions au médecin régulateur.

    Pilotée par le Dr Jenvron et mise en place par le Dr Arnaud Martinage, médecin urgentiste au CHU de Nantes, cette initiative se trouvait au centre de la candidature portée par le Samu 44, en partenariat avec la société d’ambulance privée Assistance ambulance, pour l’appel à projets « Télémédecine, urgences hospitalières et lunettes connectées », lancé en 2016 par l’ARS Pays-de-la-Loire.

    Depuis, le projet est mené avec la direction du service numérique du CHU de Nantes, l’ARS – qui l’a validé – et le GCS e-santé des Pays-de-la-Loire, qui a reçu une part de financement pour que les flux vidéos soient intégrés à sa plateforme de télémédecine Qimed.

    Les lunettes visent à optimiser la régulation et la réponse médicale

    L’objectif de l’utilisation de ces lunettes connectées est d’intégrer les flux vidéos à la structure Samu-centre 15 « afin d’optimiser la régulation et la réponse médicale à apporter aux patients », a expliqué le Dr Jenvrin (source : APMnews).

    « Aujourd’hui, 99 % des flux gérés sont vocaux. [Les médecins régulateurs sont] aveugles quant à la situation de terrain et réduits à la représentation mentale de la description parfois difficile effectuée par le professionnel de santé qui est sur place ». Le spécialiste explique qu’un « simple coup d’oeil » suffit à évaluer la gravité de la situation et à fournir une réponse plus rapide et plus adaptée, « avec un recul qui permet de s’affranchir du contexte émotionnel de la situation ».

    Vers un déploiement en Ehpad

    La volonté d’équiper différents Ehpad avec le dispositif XpertEye s’inscrit dans le cadre d’un deuxième projet, intitulé « Télémédecine et soins non programmés ».

    « Lors de l’appel au Samu-centre 15 d’une infirmière ou d’une aide-soignante qui se trouve face à un résident qui pose un problème aigu, la mise en place d’une visio-régulation pourrait permettre d’identifier précisément le problème rencontré par la personne âgée et de décider, entre autres, si la situation nécessite un transfert aux urgences, l’intervention d’un médecin de terrain, ou une gestion à distance », explique le Dr Jenvrin.

    Exemples d’utilisation des lunettes connectées au Samu 44

    En cas de fracture :

    Via la vidéo générée par le professionnel de santé sur place, le médecin régulateur peut caractériser la fracture pour déterminer si elle est déplacée ou si elle nécessite la mise en place d’un dispositif d’immobilisation. Ce système permet également de décider si la prise en charge du patient nécessite une réanimation, une relaxation ou une antalgie.

    En cas de détresse respiratoire :

    Les images transmises par les lunettes connectées permettent de voir si le patient est en sueur, de quelle couleur sont ses lèvres, etc., afin d’établir un diagnostic plus précis. Ces éléments essentiels n’apparaissant parfois pas dans les bilans établis par les urgentistes.

    Pour accompagner les jeunes médecins :

    Avec le dispositif XpertEye, les jeunes médecins peuvent bénéficier du regard plus expérimenté du médecin régulateur, qui peut leur délivrer des conseils à distance et leur fournir une assistance pour la réalisation de gestes techniques complexes.

    L’évaluation de l’utilisation des lunettes connectées va permettre d’analyser leur effet sur l’organisation des soins, notamment au niveau de la gestion de flux supplémentaires, et de savoir si elles entraînent un gain de temps significatif pour les services de soins concernés.

    « Nous avons souhaité nous inscrire dans un cadre institutionnel afin d’ancrer l’outil dans nos pratiques, précise le Dr Joël Jenvrin. Nous l’utilisons tous les jours, plusieurs fois par jour. Nous sommes en train de nous approprier les cas d’usage, tout en sachant que ces lunettes connectées représentent une première étape. Nous sommes convaincus que demain, ce sont les smartphones du grand public qui permettront d’avoir directement accès aux malades. »