Le dispositif Paerpa de coordination des différents intervenants des secteurs sanitaire, social et médico-social visant à prévenir la perte d’autonomie et éviter le recours inapproprié à l’hospitalisation des personnes de plus de 75 ans a été prolongé d’une année dans le cadre des expérimentations définies par l’article 51, selon la décision de la Direction de la sécurité sociale du 28 septembre 2018.
L’objectif de cette prolongation est de consolider la démarche dans les territoires pilotes et avoir une retour au plus près de la réalité après la période de maturation et de mise en œuvre sur le terrain. Dominique Libault, directeur du programme et président du comité national Paerpa croit en sa capacité à répondre aux enjeux de Ma Santé 2022 en ce qu’il permet le renforcement :
• de la continuité de la prise en charge ;
• du lien ville-hôpital-Ehpad ;
• de la coordination entre professionnels.
L’analyse qui a servi de base à cette décision est principalement fourni par l’IRDES et ses rapports du mois de juin 2018, disponibles via le lien ci-contre. Si l’évaluation de l’année prochaine s’avère favorable, les parcours Paerpa seront inscrits dans les parcours dans le droit commun.
Hétérogénéité et maturité inégale de mise en œuvre en régions
Dans son rapport, l’IRDES note une certaine hétérogénéité dans la mise en œuvre du programme et souligne que le temps de la mise en place opérationnelle des dispositifs a été de dix-huit mois en moyenne. Ceci a amené les porteurs de projets à défendre une prolongation du dispositif afin d’obtenir davantage d’indicateurs.
C’est notamment dans le secteur hospitalier qu’un manque d’impact est visible – les indicateurs hospitaliers dans tous les territoires manquent pour évaluer l’efficacité des actions développées dans le cadre de Paerpa pour réduire les hospitalisations et les réadmissions. À ce titre, l’IRDES préconise une réflexions relative à la façon d’ajuster les incitations financières à l’hôpital par rapport aux objectifs Paerpa de réduire les hospitalisations évitables.
L’IRDES souligne que « dans la majorité des territoires, la plupart des actions n’ont été effectives qu’à partir de 2016 avec une montée en charge qui s’étend jusqu’en 2017 ».
Bien qu’un effet moyen significatif de Paerpa est difficilement notable, l’IRDES l’impute :
- à l’hétérogénéité dans la mise en œuvre du programme Paerpa d’un territoire à l’autre et la différence de maturité entre les territoires ;
- au défi que représente la construction et la préparation d’un terrain d’entente entre les différents groupes de professionnels impliqué dans le dispositif ;
- au besoin de temps pour qu’un changement inter-organisationnel et professionnel du système de santé prenne.
7 indicateurs d’évaluation
L’évaluation actuelle du programme repose sur 7 critères ou indicateurs :
- 3 portent sur le recours à l’hôpital :
- nombre de journées d’hospitalisation par personne âgée, ;
- taux de réhospitalisation à 30 jours ;
- hospitalisations non programmées ;
- 4 sont des indicateurs liés à l’organisation des soins primaires mais qui peuvent avoir des conséquences sur les recours à l’hôpital :
- hospitalisations potentiellement évitables ;
- passages aux urgences non suivis d’hospitalisation ;
- polymédication ;
- prescriptions inappropriées.
Les principaux outils du programme ont progressé en 2017
Afin de faciliter la coordination autour de la personne âgée, deux outils principaux ont été développés :
- la CTA : coordination territoriale d’appui qui consiste en un guichet unique dédié à la population visée et aux professionnels de santé ;
- le PPS : plan personnalisé de santé qui est un document dont a la responsabilité le médecin traitant afin de formaliser la coordination médico-sociale.
Entre 2017 et 2018, le nombre total de PPS a augmenté de 13 % et les demandes de CTA, aussi bien de la part des libéraux que des établissements de santés, se sont accélérées en croissant de 32 % chacune.
Les territoires pilotes meilleurs élèves
Le programme a notamment porté ses fruits dans les régions suivantes et dans les domaines suivants :
- l’Aquitaine et le Nord–Pas-de-Calais ont enregistré une baisse significative de la polymédication ;
- la Lorraine est le seul territoire où le taux de recours aux urgences non suivi d’hospitalisation connaît une évolution favorable en comparaison des territoires témoins ;
- dans les Midi-Pyrénées et en Bourgogne, un impact significatif de Paerpa a été constaté dans le domaine de la réduction des hospitalisations non programmées ;
- la Bourgogne, le dispositif Paerpa a permis de réduire les hospitalisations évitables.
L’IRDES préconise que les résultats du rapport soient confirmés à partir des données 2017 qui seront disponibles à l’été 2018 pour une publication des résultats actualisés fin 2018. Selon l’Instititut, ces travaux permettront d’actualiser les résultats et d’évaluer l’effet du dispositif PPS (plan personnalisé de santé) propre à Paerpa
Financement et cadre d’application
Par ailleurs, en 2019, le dispositif sera testé dans les mêmes territoires toujours sous la même forme et le financement se fera dans le cadre du fonds d’intervention régional (FIR) qu’un arrêté prolongeant l’article 51 de la LFSS 2018 va officialiser.
De façon plus générale et en écho à Ma Santé 2022, une réflexion devra être menée sur la façon dont le dispositif pourra s’articuler avec les autres dispositifs en cours de déploiement tels que les plateformes territoriales d’appui (PTA) et les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) notamment.