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  • Diagnostic du cancer du sein : Google Deepmind collabore avec un hôpital japonais pour affiner son IA

    Deepmind, la filiale britannique de Google spécialisée en intelligence artificielle (IA), a annoncé dans un communiqué publié le 4 octobre 2018 qu’elle allait exploiter les résultats de mammographies d’environ 30 000 femmes réalisées au sein de l’hôpital universitaire Jikei de Tokyo (Japon) entre 2007 et 2018 dans l’optique d’affiner ses algorithmes de détection du cancer du sein basés sur IA. L’idée sous-jacente est de prendre en considération dans les analyses tous les types de profils, quels que soient l’âge, le sexe et l’origine ethnique de la personne par exemple, des variables trop souvent ignorées par les procédés classiques.

    Ce projet s’inscrit dans le cadre d’un partenariat de recherche « révolutionnaire » signé il y a six mois par Deepmind et mené par l’Imperial Cancer Centre britannique de l’Imperial College de Londres, précise la société. Ce projet vise à déterminer si la technologie de l’intelligence artificielle pourrait aider les cliniciens à diagnostiquer les cancers du seins via mammographie plus rapidement et de manière plus efficace.

    La filiale de Google espère étendre ces travaux en signant d’autres partenariats à échelle internationale.

    Un partenariat mondial de recherche

    Plus de 30 000 images médicales analysées

    Au cours des cinq prochaines années, les chercheurs de l’équipe Deepmind examineront les quelque 30 000 images recueillies ainsi que 3 500 images d’IRM et de mammographies fournies par Optimam, une base de données d’images britannique contenant plus de 80 000 numérisations extraites du système national de dépistage du cancer du sein du NHS.

    L’objectif est de déterminer si les systèmes d’intelligence artificielle (IA) de la filiale de Google sont capables de détecter les signes du cancer avec davantage de précision que les techniques de dépistage classiques.

    La collaboration avec l’établissement japonais s’appuie sur les travaux de Deepmind entrepris avec le Cancer Research UK Imperial Centre de l’Imperial College de Londres, où il a déjà analysé environ 7 500 mammographies. « L’implication de l’hôpital universitaire Jikei dans un partenariat mondial de recherche contribuera à nous rapprocher du développement d’une technologie susceptible de transformer les soins pour des millions de personnes atteintes du cancer du sein chaque année dans le monde », explique dans le communiqué le Pr Ara Darzi, directeur du Cancer Research UK Imperial Centre.

    Objectif : développer une IA prenant en considération la diversité des profils des patients

    « Travailler avec des partenaires et des données de plusieurs pays dans un même projet est une première pour DeepMind Health, souligne la société. Nous espérons que cela nous aidera à concrétiser notre ambition de créer une technologie qui convienne à tous dans le monde car [à même de] minimiser les biais. »

    L’entreprise britannique note, en effet, qu’il « peut y avoir des biais lorsque vous formez un système d’intelligence artificielle sur des données qui ne correspondent pas exactement aux utilisateurs pour lesquels il est conçu, ce qui constitue un sérieux problème. En sous-représentant, voire en excluant certains groupes d’un ensemble de données – que ce soit par âge, origine géographique ou sexe – vous créez une technologie qui ne répond pas au mieux à leurs besoins ».

    En santé, où les différences génétiques et biologiques entre certains groupes sont habituelles, il peut y avoir « un impact énorme » sur les soins délivrés aux patients, insiste Deepmind. « Dans le domaine de la mammographie, par exemple, la densité mammaire peut varier considérablement entre les groupes ethniques. Les biais dans notre système d’IA pourraient donc entraîner des erreurs d’identification ou même d’omission du cancer du sein si la technologie n’est pas configurée pour refléter ces différences. »

    « [Nous en sommes au début de ce] travail mais nous sommes optimistes quant au potentiel à long terme de la technologie de l’IA dans ce domaine et espérons identifier, à terme, comment elle pourrait aider à l’analyse d’autres formes d’imagerie du sein. C’est une occasion extrêmement excitante de faire une différence dans le traitement du cancer du sein dans le monde entier et nous vous tiendrons au courant [de nos avancées] tout au long de ce cheminement », commente le Pr Ara Darzi (communiqué).

    Deepmind mise de plus en plus sur l’IA en santé

    La filiale de Google est impliqué dans plusieurs projets portant sur l’IA liés à la santé.

    • Parmi eux figure un essai actuellement en cours au ministère américain des Anciens combattants, qui cherche à prédire le moment à partir duquel la situation d’un patient peut commencer se détériorer pendant un séjour à l’hôpital.
    • Auparavant, l’entreprise s’était associé au service national de santé du Royaume-Uni pour développer un algorithme permettant de détecter les premiers signes de cécité.
    • Par ailleurs, dans un article présenté en septembre 2018 à la conférence sur l’informatique médicale et les interventions assistées par ordinateur (Medical Image Computing & Computer Assisted Intervention conference), les chercheurs de DeepMind ont déclaré avoir mis au point un système d’intelligence artificielle capable de segmenter les tomodensitogrammes avec une « performance proche de l’être humain », permettant ainsi de réduire le délai de diagnostic. Ils prévoient de déployer ce modèle sur le marché courant 2019.

    Plus généralement du côté de Google

    De manière plus générale, Google a renforcé ses investissements dans le domaine de l’intelligence artificielle et en particulier dans le domaine des soins. 

    • Au printemps 2018, l’équipe Medical Brain du groupe a annoncé avoir élaboré un système d’IA pouvant prédire la probabilité d’une réadmission à l’hôpital. Elle a utilisé cet outil en juin pour prévoir les taux de mortalité dans deux hôpitaux avec une précision de 90 %, avance-t-elle.
    • En février 2018, des scientifiques de Google et de Verily Life Sciences, la filiale health tech de l’entreprise américaine, ont créé un réseau d’apprentissage automatique (machine learning) pour déduire avec précision les informations de base relatives à une personne, notamment son âge et sa pression artérielle, afin d’identifier si elle risque d’être sujette à incident cardiaque majeur telle qu’une crise cardiaque.
  • Accenture développe un jeu en réalité virtuelle contre les douleurs de membres fantômes

    Accenture a mis au point sur la plateforme cloud SAP (SAP Coud Platform), un jeu fondé sur la réalité virtuelle (RV) visant à lutter contre les douleurs de membres fantômes, douleurs chroniques survenant très fréquemment à la suite d’une amputation, annonce l’entreprise par un communiqué daté du 2 octobre 2018.

    Un jeu qui repose sur un brassard connecté et un casque de RV

    Cette solution est fondée sur l’utilisation de la technologie Leonardo®, un brassard connecté par l’intermédiaire d’une plateforme à un casque de réalité virtuelle.

    Le dispositif complet mise sur:

    • Le casque de VR qui permet d’immerger le patient dans un environnement ludique facilitant la réalisation d’exercice accessible sur la plateforme,
    • le brassard connecté et cette plateforme, au moyen de leur système de détection, de mesure et d’analyse en temps réel des influx nerveux parcourant les muscles de l’utilisateur, aident préalablement l’équipe soignante à diagnostiquer ce type de douleurs et à personnaliser la prise en charge.

    Les tests menés à l’hôpital das Clinicas de São Paulo (Brésil  ont montré la capacité du dispositif à contribuer à la restauration de l’estime de soi des patients, à accélérer et consolider leurs progrès dans le cadre d’une rééducation post-amputation ainsi qu’à augmenter la précision de la calibration des prothèses.

    « Cette solution fera l’objet d’un don de la part d’Accenture à des hôpitaux, et sera disponible sur de multiples plateformes« , annonce par ailleurs le communiqué.

  • Etapes

    Expérimentations de télémédecine pour l’amélioration des parcours en santénull

  • L’Ordre des médecins met en demeure Qare « de faire cesser la publicité sur la télémédecine »

    Le Conseil national de l’ordre des médecins (Cnom) a pris la décision de mettre en demeure la société Qare de cesser la publication d’encarts publicitaires relatifs à la télémédecine. L’instance a annoncé dans un communiqué daté du 8 octobre 2018 cette décision prise à l’occasion de sa session plénière tenue les 27 et 28 septembre 2018.

    L’Ordre a fait savoir qu’il se félicitait de l’entrée dans le remboursement de droit commun des actes de télémédecine mais rappelle qu’il condamnera toute tentative de publicité commerciale y étant relative.

    Cette mise en demeure s’inscrit dans la volonté du Cnom de maintenir son engagement contre toute action qu’il juge équivalente à de « l’ubérisation du système de santé via des moyens numériques ». Il rappelle également qu’il se permettra de « mettre en œuvre toute voie de droit nécessaire contre toute société qui s’affranchirait des dispositions précises de la réglementation en vigueur pour promouvoir des offres de nature commerciale ».

    Le Conseil national de l’ordre des médecins a considéré que la publicité mise en place par Qare était « fallacieuse quant à l’intégration des services proposés dans le parcours du soin pour tous les patients – et donc à leur prise en charge par l’Assurance maladie ».

  • Cahiers des charges télémédecine : 3 modifications sur le diabète et les insuffisances rénale/cardio

    Les cahiers des charges relatifs à la télésurveillance seront simplifiés et republiés dans les prochains jours, a annoncé le 5 octobre 2018 Yann-Maël Le Douarin, conseiller médical télémédecine à la DGOS, lors de la deuxième journée du Catel portant sur la stratégie e-santé. Dans ce cadre, trois modifications ont été apportées sur le diabète, l’insuffisance rénale et l’insuffisance respiratoire :

    diabète : les adolescents ont été ajoutés au dispositif et la clause des six mois minimum après la première insuline a été retirée ;
    insuffisance rénale : le critères d’exclusion des patients greffés a été supprimé. « Si cela pouvait se justifier au moment du lancement des expérimentations sur la télésurveillance, cela n’est plus le cas aujourd’hui », a indiqué Yann-Maël Le Douarin (source : Hospimedia) ;
    insuffisance respiratoire : la fréquence de demande de questionnaire va diminuer « pour n’être plus qu’à une fois par mois », a précisé le conseiller de la DGOS.

    Ces changements ont été réalisés dans le but d’accélérer les expérimentations en télésurveillance dans le cadre du programme Etapes, dont l’objectif est de développer les activités de télémédecine dans toute la France.

    Programme Etapes : 3 500 patients suivis depuis mars 2018

    Depuis le lancement du programme Etapes en mars 2018, 3 500 patients sont suivis, dont 3 000 personnes portant une prothèse cardiaque. Parmi eux, une centaine sont suivis pour leur diabète et plus de 300 pour une insuffisance cardiaque. Sur les deux autres volets, à savoir l’insuffisance rénale et l’insuffisance respiratoire, les projets commencent à se multiplier.

    L’une des raisons expliquant ces écarts peut être la présence d’autres acteurs que ceux de la santé dans ces domaines. Ainsi, en ce qui concerne l’insuffisance respiratoire il existe des prestataires externes. Le développement de la surveillance à distance des porteurs de prothèse cardiaque est, quant à lui, bien avancé sur le terrain. Beaucoup d’acteurs ont été précurseurs dans ce domaine.

    Programme Etapes : quelques points limitants mais des résultats intéressants

    L’exemple du CHU de Lille

    Le programme Etapes comporte quelques problèmes, a souligné Laurence Guédon, membre de la Société française de télémédecine et cardiologue au CHU de Lille, où la télésurveillance est pratiquée depuis presque vingt ans pour les patients portant un pacemaker ou un défibrillateur implantable.

    • Les patients pouvant être suivis dans le cadre du programme doivent être déclarés en affection longue durée (ALD), or, ce n’est pas le cas pour ceux qui portent un pacemaker, précise-t-elle.
    • De plus, le cahier des charges restreint la télésurveillance aux patients avec défibrillateur et pacemaker alors qu’il serait intéressant de réaliser aussi un suivi à distance pour les personnes sous moniteur.
    • Laurence Guédon cite également une autre difficulté, qui est celle de la mise en place de la facturation, qui a pris sept mois au CHU de Lille. Les démarches peuvent donc prendre du temps, mais le programme a permis d’apporter « une vrai bouffée d’air » à ce dispositif déployé au sein du centre de soins lillois, note-t-elle, notamment du point de vue financier car, auparavant, l’équipe devait trouver des financements chaque année.
  • Les pharmaciens déplorent l’absence du numérique dans le décret sur les services et les prestations

    Le 5 octobre 2018, après la parution au Journal officiel de la République française du décret n°2018-841 du 3 octobre 2018 relatif aux conseils et prestations pouvant être proposés par les pharmaciens d’officine dans le but de favoriser l’amélioration ou le maintien de l’état de santé des personnes (cf lien ci-contre), la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) a déploré que n’aient pas été inscrits dans ce texte des services liés au numérique.

    Inscrit dans la loi HPST il y a neuf ans, ce texte avait pour objectif d’aider les pharmaciens d’officine à valoriser leurs compétences par des prestations facultatives non nécessairement conventionnelles. Les efforts de nombreux pharmaciens d’officine dans le domaine de la e-santé auraient justement pu relever de ces prestations facultatives. Voilà pourquoi le FSPF a « [regretté] que l’utilisation par le pharmacien d’officine des outils numériques ne soit pas abordée dans ce décret« .

    Si le syndicat aurait par ailleurs « souhaité que le décret intègre certaines missions susceptibles d’être exercées au domicile du patient par le pharmacien d’officine, comme la gestion de l’armoire à pharmacie, l’évaluation des besoins des patients en termes de matériel médical (MAD) ou la livraison à domicile », d’autres mesures telles que l’ajout de la mission de participation à des actions d’évaluation en vie réelle des médicaments, des dispositifs médicaux et de l’innovation thérapeutique en collaboration avec les autorités sanitaires, confirment tout de même, aux yeux du syndicat, « le rôle du pharmacien d’officine en tant que garant de la sécurité des produits de santé« .

    Contenu du décret

    Comme le rappelle un article paru dans le Moniteur des pharmacies le 5 octobre 2018 après la parution du décret, celui-ci met en avant « 5 missions ». Ainsi, il pourra incomber au pharmacien :

    • de mettre en place des actions de suivi et d’accompagnement pharmaceutique visant à éviter l’iatrogénie, promouvoir le bon usage des médicaments et le suivi de l’observance, « en procédant à l’analyse des informations relatives au patient et à ses traitements », ces informations devant être formalisées et éventuellement, si le patient y consent, transmises au médecin traitant ;
    • d’être à l’initiative d’actions de prévention et de promotion de la santé « parmi les domaines d’action prioritaires de la stratégie nationale de santé » ;
    • de participer à l’évaluation en vie réelle de médicaments, de dispositifs médicaux et d’innovations thérapeutiques, en collaboration avec les autorités de sanitaires ;
    • de contribuer au dépistage des maladies infectieuses et des maladies non transmissibles ;
    • de prendre part à la coordination des soins.

    « Le texte précise que le pharmacien doit disposer de locaux permettant la confidentialité des échanges avec les patients. Il prévoit par ailleurs une obligation de formation et d’actualisation des connaissances pour chacune des prestations définies », explique par ailleurs le Moniteur des pharmacies.

  • Expérience patient : Hôpital Foch inspiré par les outils déployés à la Cleveland Clinic (V. Moulins)

    À l’occasion de la conférence « L’expérience patient made in USA : un exemple à suivre », organisée le 4 octobre 2018 à Paris par l’Institut français de l’expérience patient, Valérie Moulins, directrice de la communication et de l’expérience patient à l’hôpital Foch, est revenue en détail sur l’Empathy and Innovation Summit 2018*, auquel elle a assisté, et plus précisément sur les mesures innovantes mises en place par l’établissement américain afin d’améliorer l’expérience vécue par le patient pendant son séjour.

    Parmi les initiatives sur le plan numérique qui ont le plus marquée l’experte française figurent :
    • la téléconsultation : une première consultation est réalisée via vidéo pour savoir si le patient a besoin ou non de se déplacer à l’hôpital ;
    • « Care connect » : un système permettant de géolocalisation le patient dans l’hôpital ;
    • l’utilisation par le médecin de solutions IT intelligentes : dictée vocale, écran partagé avec le patient et dispositif de réalité virtuelle pour faciliter la compréhension.

    Inspirée par les dispositifs déployés par le centre de soins américain, Valérie Moulins n’en reste pas moins lucide sur le fait que toutes ces mesures ne pourraient pas être appliquées telles quelles au sein des établissements français, notamment pour des raisons budgétaires mais aussi de culture.

    Valérie Moulins synthétise l’expérience patient à Cleveland Clinic comme suit :

    • se sentir bienvenu : le personnel salue le patient et lui fournit des informations ;
    • se sentir apaisé : lieux d’attente calmes et silencieux ou avec une musique zen, avec de la lumière naturelle et des couleurs ;
    • se sentir rassuré : réduction de l’anxiété en fournissant un flux continu d’informations ;
    • se sentir pris en compte : réfléchir au-delà du rendez-vous, se sentir valorisé ;
    • se sentir connecté : communication avec l’équipe soignante, avec les services de l’hôpital et avec sa famille.

    Preuve que la clinique de Cleveland place au cœur de son organisation l’expérience patient, son département dédié à ce domaine précis compte 26 personnes, « contre 2-3 à l’hôpital Foch par exemple », souligne la directrice de la communication et de l’expérience patient de l’hôpital Foch.

    « L’expérience patient est appréhendée au sein de la Cleveland Clinic à travers 3 composantes », observe Valérie Moulins, « le personnel, le partenariat patients/familles et le parcours patients ».

    Le personnel : son bien-être, son attitude et sa formation

    L’une des préoccupations majeures de l’établissement est de prévenir le burn-out :

    • en pensant l’utilisation du numérique différemment : « L’utilisation du numérique pose problème car certains usages limitent les interactions avec les patients et isolent les professionnels de santé », indique de manière générale Valérie Moulins.
      Parmi les mesures prises par la Cleveland Clinic au niveau du numérique : la dictée vocale et des effectifs en consultation revus – 2 assistantes pour 1 médecin pendant la consultation pour effectuer un compte rendu en direct ;
    • en promouvant le bien-être : espace de repos aménagé ;
    • en prenant mieux en compte la gestion de projet  : espaces de co-working aménagés. « Les médecins n’ont plus de bureaux attribués, ils disposent d’un espace partagé organisé un peu comme un open space et peuvent ainsi échanger plus facilement avec les étudiants », explique Valérie Moulins, qui reconnaît qu’un tel système risquerait d’être difficilement accepté en France par certains médecins renommés.

    Un recrutement ciblé

    Dans la clinique Cleveland, tous les professionnels sont recrutés et évalués au vu de leurs « compétences relationnelles et empathiques ».

    Les nouveaux recrutés sont par exemple sensibilisés et formés à l’approche « HEART » (Hear, Empathize, Apologize, Respond, Thank), qui s’articule autour des qualités suivantes : écouter, faire preuve d’empathie, présenter ses excuses, répondre à la demande du patient et le remercier.

    Le partenariat patients/familles

    • Création d’outils sur le site web de l’établissement tel que Say thank you to nurse, qui permet de laisser un message aux infirmiers pour les remercier ;
    • implication des familles dans les projets : design thinking par exemple ;
    • organisation du temps d’attente, pendant les soins en proposant des activités par exemple, et mise à disposition d’un espace au sein duquel les proches peuvent faire du télé-travail.

    Le parcours patient

    1. Au domicile

    • MyChart : portail patients pour la prise de rendez-vous en ligne et préparer une pré-admission à l’hôpital ;
    • objets connectés utilisables à domicile : applications pour améliorer le sommeil, gérer son alimentation, etc.  ;
    • utilisation de la télémédecine : « Une première consultation, que le patient règle directement sur le site – on est aux États-Unis ! – est effectuée via vidéo pour vérifier si le patient a réellement besoin de se rendre à l’hôpital », explique Valérie Moulins.

    2. Trajet hôpital-domicile

    • Transports sanitaires ou services de taxi organisés directement par l’hôpital ;
    • géolocalisation des patients.

    3. Arrivée à l’hôpital

    • Care connect : système de géolocalisation du patient dans l’hôpital ;
    • service de voiturier ;
    • accueil par un concierge (veste rouge) ;
    • grands espaces d’accueil / réflexions sur les couleurs des espaces pour apaiser au mieux les patients / alternance entre espaces cosy façon petits salons et espaces plus vastes.

    4. Salles d’attentes

    • Temps d’attente vérifié par le dispositif de géolocalisation Care connect et accueil personnalisé ;
    • informations médicales diffusées sur écrans et tablettes ;
    • espaces lounge confortables avec exposition d’œuvres d’art et musique apaisante ;
    • possibilité de travailler : accès wifi, prises pour charger son téléphone portable ou son ordinateur et possibilité de passer des appels téléphoniques ;
    • bénévoles proposant des livres ou d’autres activités ;
    • formulaire pour aider les patients à préparer leur rendez-vous : liste de questions à ne pas oublier de poser à son médecin.

    5. Consultation

    • Pour éviter que le médecin ait les yeux rivés sur son écran d’ordinateur, des solutions IT intelligentes ont été intégrées : dictée vocale, écran partagé avec le patient, dispositif de RV pour améliorer la compréhension du patient (exemple : observation du cœur) ;
    • 2 assistantes pour 1 médecin pendant la consultation pour que le compte rendu soit réalisé en direct et que le médecin puisse parler aux patients sans qu’un écran ne soit interposé entre les deux parties ;
    • horaires de rendez-vous adaptés aux patients qui travaillent (créneaux spécifiques), avec un petit surcoût (5 %), en particulier pour les pathologies qui concernent des personnes actives.

    6. Hospitalisation

    • Tablette pour médecin : il peut prendre connaissance de toutes les informations sur le patient avant d’entrer dans la chambre, lui permettant de se familiariser avec la personne avant de la rencontrer ;
    • One View : portail pour les patients disponible dans leur chambre via tablette ou télévision (consultation du programme de soins, commande des repas, affichage de l’équipe soignante avec photos, programme télé, applications pour se distraire, etc.) ;
    • utilisation d’outils numériques « comme un complément à l’humain » : lunettes de RV pour réduire la douleur, la démence ou prévenir les phobies, par exemple ;
    • chambres avec un espace dédié aux familles : banquette d’appoint ;
    • espace commun dans les unités pour que les patients créent du lien, prennent leur repas ensemble et soient incités à se déplacer.

    7. Sortie

    • Anticipation avec l’équipe du domicile ;
    • médicaments prêts à la pharmacie de l’hôpital : « Les patients sortent avec un sac comportant tous les médicaments dont ils ont besoin, une mesure que les établissements français ne peuvent pas mettre en place », reconnaît Valérie Moulins ;
    • voiture ramenée par un voiturier ;
    • connexion équipe médicale-patient via une tablette pour le suivi de la guérison, en particulier des constantes vitales.
  • Étude : l’IA montre des failles dans le dépistage de la rétinopathie diabétique (Jama)

    Un système d’intelligence artificielle (IA) testé pour détecter la rétinopathie diabétique a donné des résultats mitigés lors de son utilisation en vie réelle dans le cadre de soins primaires. Ce constat a été apporté par une étude* menée par des chercheurs australiens et américains de la Harvard Medical School, qui met en évidence un taux de faux positifs élevé. Ces travaux ont été publiés le 28 septembre 2018 dans le Jama Network Open.

    Rétinopathie diabétique : pionnier de l’intelligence artificielle

    En avril 2018, la Food and Drug Administration (FDA) a autorisé pour la toute première fois une intelligence artificielle (IA) à formuler un diagnostic. Le système IDx-DR est commercialisé pour dépister la rétinopathie diabétique sans qu’aucun professionnel de santé n’intervienne. Il vise à éviter que les personnes souffrant de diabète passent au travers des mailles du filet.

    En effet, la moitié d’entre eux ne consultent pas d’ophtalmologiste tous les ans, contrairement aux recommandations sanitaires.

    Le dispositif a été autorisé suite à la publication d’un essai clinique montrant que l’intelligence artificielle réalisait le bon diagnostic 9 fois sur 10.

    Un test de dépistage dans la vraie vie

    Cependant, les essais cliniques ne reproduisent pas la vie réelle à l’identique. C’est ce que semble montrer une étude australienne menée auprès de 193 patients diabétiques venant consulter dans des structures de premiers recours.

    Quelques 386 images rétiniennes ont été analysées à la fois par le système d’intelligence artificielle et par un ophtalmologiste. Les infirmières ont mis 10 à 15 minutes à obtenir des images pour les deux yeux et le système de l’IA a fourni des diagnostics en moins de 3 minutes.

    Les résultats de cet essai ont été publiés le 28 septembre 2018 dans le Jama Network Open.

    Des résultats en demi-teinte

    • L’intelligence artificielle a identifié 17 patients comme souffrant d’une rétinopathie diabétique et qui devaient donc être référés vers un spécialiste ;
    • 2 patients sur les 17 étaient réellement atteints par la maladie et les 15 autres étaient des faux positifs ;
    • l’IA a correctement identifié 8 cas de rétinopathie modérée ;
    • le taux de spécificité de l’IA est donc de 92 % ;
    • la valeur prédictive positive n’était que de 12 % ;
    • Moins de 10 % des patients ont eu besoin d’être vus par un ophtalmologiste.

    Le problème des faux-positifs

    Les auteurs de l’étude considèrent que le taux élevé de faux positifs était dû en partie à la mauvaise qualité d’image. Il s’expliquerait également par la faible incidence de la rétinopathie diabétique au sein de la population fréquentant les structures de soins de premier recours.

    « Les validations antérieures des systèmes d’IA pour l’identification de la rétinopathie diabétique ont utilisé des bases de données d’images rétiniennes et les images ont été présélectionnées de telle sorte que l’incidence de la maladie était beaucoup plus élevée », ont précisé les chercheurs. Et lorsque l’incidence de la maladie est plus basse, la valeur prédictive positive l’est également.

    « Le faible taux de rétinopathie diabétique que nous avons observé dans notre étude est la norme en soins primaires, ont-ils ajouté. Par conséquent, les faux positifs risquent de poser problème, à moins que la spécificité de notre système ou d’autres systèmes soit beaucoup plus grande. Compte tenu de cette limitation, nous pensons que les images de rétinopathie identifiées comme présentant une maladie par un système d’IA devraient être examinées par un ophtalmologiste avant qu’un renvoi ne soit effectué. »

    Les espoirs de l’IA malgré tout…

    Malgré cette limitation, les chercheurs estiment que l’intelligence artificielle peut potentiellement améliorer le dépistage de la rétinopathie diabétique. Environ 92% des patients ont immédiatement été informés qu’ils n’avaient pas de rétinopathie et, par conséquent, il n’a pas été nécessaire de les référer vers un spécialiste. , Le nombre de patients devant être examinés par un ophtalmologiste était inférieur à 10%. Ce dépistage ophtalmologique en temps réel dans les cabinets médicaux habituels des médecins de soins primaires présente de nombreux avantages pratiques, notamment la prise en charge complète des maladies chroniques en un seul et même lieu pour les patients diabétiques. Il existe également un potentiel d’amélioration du système d’IA.

  • Formation sur la blockchain dans la santé et dans l’industrie pharmaceutique, le 21/11/2018 à Paris

    Drive Innovation Insights (DII), filiale de Politico-Alex Springer, organisera à Paris le 21 novembre 2018 une formation centrée sur « la blockchain dans la santé et l’industrie pharmaceutique ». 

    La nouvelle technologie de la blockchain marque un virage dans le développement du secteur de la santé et de l’industrie pharmaceutique, et certains acteurs tels qu’Ipsen, MSD et Sanofi s’y sont déjà engagés :  « La sécurisation et [la] traçabilité des données patients via la décentralisation du tiers de confiance sont autant d’opportunités permises par la technologie Blockchain [et justifient] cet intérêt croissant de la part des acteurs [du] secteur », explique DII.

    La formation proposée aura pour objectifs pédagogiques de permettre aux acteurs :
    • de comprendre les notions clés de la technologie blockchain ;
    • d’identifier les nouvelles opportunités et perspectives d’application ;
    • d’intégrer le cadre réglementaire de la blockchain en 2018.

    Les premières preuves de concepts élaborées dans le domaine de la santé seront par ailleurs exposées.

    L’inscription, payante, peut-être réalisée via un formulaire à demander à l’adresse mail suivante : service-clients@dii.eu

    Thématiques abordées au cours de la formation

    Décrypter le phénomène blockchain et comprendre ses caractéristiques dans la santé : de la théorie à la pratique, intégrer l’origine, les concepts clés et le fonctionnement pour s’approprier cette nouvelle technologie

    • Vers un essor rapide de la blockchain : comment en tirer profit

    • Distinguer les bases de données distribuées (DLT) et les bases de données centralisées : latence, blockchain publique/privée, smart contract, etc.

    • Focus sur les différents modèles de consensus : proof of work, proof of stake, proof of authority, minage, etc.

    • Quelle gestion de l’identité : signatures ,clés publiques ou privées, anonymat, etc. ?

    • Maîtriser le fonctionnement des transactions et des blocs : format, statut, cohérence de l’information

    Intégrer les impacts déjà concrets dans la santé et l’industrie pharmaceutique sur les business modèles actuels et anticiper les changements à venir

    • Zoom sur l’application de la blockchain à plusieurs filières métier pour maîtriser les modifications attendues de la chaîne de valeur

    • Quels sont les processus core business impactés par la technologie blockchain à court, à moyen et à long terme ?

    • Collecte et traitement des données patients, assurances et smart contract, supply chain et traçabilité des médicaments : illustrations pratiques de la modification attendue de la chaîne de valeurs

    • Quelles actions mettre en place dès aujourd’hui pour ne pas rester simple spectateur du changement du secteur ?

    Comment concilier la blockchain avec les dernières réglementations en vigueur

    Le point sur les risques en matière de traitement de données et cybersécurité à l’heure de la blockchain

  • Les professionnels de santé invités à participer au 1er observatoire de l’expérience patient

    L’Institut de l’expérience patient lance en partenariat avec BVA la première édition de l’observatoire de l’expérience patient en France, un baromètre dont le top départ a été annoncé le 4 octobre 2018 à l’occasion de la conférence « L »expérience patient made in USA : un exemple à suivre », qui s’est tenue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris.

    Le questionnaire s’adresse à tous les professionnels de santé (médecins, directeurs, paramédicaux, personnels médico-techniques / cadre et non-cadres), exerçant dans des établissements publics, privés ou dans des associations, aussi bien dans le secteur sanitaire que dans le secteur médico-social.
    Il s’appuie sur les travaux menés par le Beryl Institute, qui constituent la principale étude internationale explorant l’action des établissements de santé en matière d’expérience patient à travers le monde.

    Le questionnaire français est accessible en ligne via le lien ci-contre pour une durée d’un mois. Il faut compter environ 10 minutes pour répondre aux différentes questions, majoritairement fermées. Les principaux enseignements de l’enquête, « accompagnés d’un benchmark international », seront dévoilés début 2019, indique l’institut français. L’objectif est de mener « une étude de référence en France et une analyse comparative internationale » afin d’encourager les échanges et ainsi les initiatives visant à améliorer l’expérience patient.

    Un questionnaire basé sur l’enquête du Beryl Institute

    L’enquête du Beryl Institute « The state of patient experience » est réalisée tous les deux ans depuis 2011. Elle permet de comparer des résultats provenant de divers établissements de soins et d’étendre à l’international la conversation sur le sujet de l’expérience patient.

    L’Institut français de l’expérience patient s’est inspiré de son homologue américain pour réaliser un questionnaire propre à notre système en suivant les étapes suivantes :

    • analyse du questionnaire du Beryl Institute ;
    • traduction et adaptation des items pertinents : « 70 % du questionnaire français est adapté du questionnaire établi par le Beryl Institute », précise Amah Kouévi, fondateur et directeur de l’institut français ;
    • compléments spécifiques à l’enquête française : certaines questions ont dû être adaptées aux particularités du système de santé français ;
    • tests et ajustements.

    Ce questionnaire est « complétement anonyme », souligne l’institut. « Vos réponses resteront confidentielles et seront utilisées, de manière agrégée, à des fins statistiques et d’analyses. »

    3 objectifs

    • Mesurer l’évolution de la dynamique en France ;
    • analyser l’appropriation par les professionnels des leviers de l’amélioration de l’expérience patient ;
    • élaborer des recommandations pour accélérer la mise en pratique.

    L’analyse des résultats vise à répondre aux questions suivantes :

    • Quelle est la place de l’expérience patient dans la stratégie des établissements ?
    • Quel est le degré de maturité du sujet dans les établissements de santé / ESMS ?
    • Comment la gouvernance s’adapte-t-elle pour mieux prendre en charge cet enjeu ?
    • Quel est l’impact perçu de l’expérience patient sur la qualité du service rendu et sur l’organisation des établissements ?
    • Quels sont les leviers de développement et les freins rencontrés ?

    Bientôt un « volet patient » pour compléter l’enquête

    Cette enquête a pour « vocation a être complété par un volet patient », souligne Amah Kouévi.

    Lancement de la campagne #Faitesconfianceauxpatients

    Le directeur de l’Institut de l’expérience patient a profité de la tenue de la conférence, le 4 octobre 2018, pour lancer un appel général : l’organisme français cherche à déployer une campagne nationale baptisée « #Faitesconfianceauxpatients » en partenariat avec un ou plusieurs médias français.

    L’idée est d’organiser un concours auprès des citoyens français portant sur leurs idées et leurs propositions concrètes pour améliorer l’expérience patient.