Le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (CREDOC) a publié au cours du mois de septembre 2018 une enquête menée à la demande du groupe Caisse des Dépôts, d’AG2R La Mondiale et de Terra Nova. Cette étude met en évidence un besoin de diversification de l’offre d’accueil médicalisé des personnes âgées dépendantes.
L’étude cherche à investiguer le processus de décision au sein des familles de choix du lieu de vie et d’accueil des personnes âgées pour porter auprès des pouvoirs publics des solutions d’accueil plus adaptées.
Ainsi, cette investigation montre que 4 familles sur 10 pensent que l’entrée en maison de retraite se fait contre l’accord de la personne âgée concernée. Aussi, ces familles retardent le plus possible cette entrée, jusqu’à un moment de « crise ». La représentation négative des EHPAD « qui constituent l’essentiel de l’offre d’accueil en France », contribue à cette situation, au même titre que la situation de fragilité dans laquelle se trouvent souvent les proches au moment de la décision.
Finalement, si la proximité géographique et le coût demeurent le 1er critère de choix des familles, « le développement d’offres alternatives sur le territoire, moins médicalisées, type béguinage ou résidences autonomie, logement intergénérationnel ou habitat partagé pourrait offrir une voie […] alternative attractive pour les familles et les personnes âgées« , conclut le CREDOC.
L’intérêt de développer des lieux moins médicalisés
L’objectif de ce type d’innovation serait d’encourager une prise en charge « avant la crise », explique le CREDOC.
Le développement d’offres alternatives devrait en outre permettre d’atténuer un sentiment de culpabilité, de contrer le problème du manque de places en établissement, de lutter contre l’image négative des EHPAD, d’engager un mouvement dans le sens inverse de la spécialisation actuelle des lieux d’accueil pour les situations les plus critiques, ainsi que de baisser le coût d’accès aux structures.
Ainsi, des solutions qui émergent telles que le béguinage, l’habitat partagé, le recours à une famille d’accueil, le logement intergénérationnel, etc. pourraient être développées : celles-ci sont encore rares. Elles devraient en outre être déployées dans des territoires relativement pauvres en structures d’accueil – l’offre d’accueil est inégalement répartie sur le territoire (81 places pour 1000 personnes âgées en métropole, 35 pour 1000 en Corse, 55 pour 1000 à Paris mais 132 pour 1000 en Lozère), or la proximité géographique de la famille demeure un critère de choix important pour une résidence.
De plus, des aides financières pour les plus démunis devraient être mises en place afin d’aider les familles ou la personne âgée elle-même : 60% des familles les plus démunies déclarent ne pas pouvoir envisager le recours à un EHPAD.