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  • Les plateformes de télémédecine d’Auvergne et de Rhône-Alpes fusionnent via l’outil Estela

    Depuis le 13 septembre 2018, les groupements de coopération sanitaire (GCS) Sisra (Rhône-Alpes) et Simpa (Auvergne) proposent aux établissements de soins une solution unique sur l’ensemble de la région par le biais de la plateforme Estela. La fusion de leurs offres de télémédecine respectives, lancées en 2013, a été officialisée le 8 octobre 2018, l’accord cadre entre les deux anciennes solutions régionales étant arrivé à terme fin septembre.
    Les deux GCS ne forment plus qu’une seule équipe opérationnelle sur l’ensemble de la région depuis juillet.

    Le dispositif Estela se base sur le logiciel Covotem de Covalia (Maincare Solutions) et est accessible par le biais d’un accord cadre conclu avec le groupement d’intérêt public Réseau des acheteurs hospitaliers (Resah), auquel les GCS e-santé régionaux sont adhérents.
    Les GCS Sisra et Simpa, constitués en centrale d’achat, proposent aux établissements membres des tarifs négociés permettant d’accéder à l’outil Estela pour pratiquer des actes de téléconsultation et de télé-expertises dans tous les domaines cliniques.

    « Cette solution a déjà largement fait ses preuves en Auvergne depuis 2013, notamment sur les filières AVC et neurochirurgie, et en Rhône-Alpes pour des téléconsultations en milieu carcéral et en dermatologie », indiquent les deux groupements de coopération sanitaire dans leur communiqué.

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  • JFR 2018 : les solutions de Philips IA obtiennent le marquage CE et la certification de la FDA

    À l’occasion du forum « intelligence artificielle » dans le cadre des Journées francophones de la radiographies du 12 octobre 2018, Philips France a partagé les avancées de ses travaux dans l’application de l’intelligence artificielle (IA) aux usages de la radiographie.

    Parmi ses priorités, la recherche en informatique et les logiciels de santé, représentant plus de 60% du budget recherche et développement de l’entreprise.

    Des algorithmes validés par les autorités de santé

    Nicolas Villain, directeur de la recherche de Philips France, a annoncé lors de son intervention que plusieurs outils d’IA développés par Philips ont été validés par la Food and Drug Administration (FDA) américaine et ont reçu le marquage CE en Europe.

    Parmi ces outils qui bénéficient de cette certification on trouve Philips Intellisite qui permet de faire du diagnostic in vitro pour la détection des tumeurs, proposés aux anatomocytopathologistes.

    Afin de continuer à développer des algorithmes d’IA avec les partenaires industriels et établissements de santé, Philips a ouvert en mars 2018 la plateforme HealthSuite Insights, une « boîte à outils » pour intégrer des technologies d’IA dans les logiciels et systèmes d’information de santé.

    RIHDO, un projet qui repose sur le deep learning

    Le projet RIHDO, Radiomics and Integration of Heterogenous Data in Oncology, regroupe une suite d’outils et de logiciels d’exploration et d’aide à la décision clinique en oncologie. Ce projet s’inscrit dans le cadre de la médecine de précision dans le but d’adapter les traitements à des groupes de patients afin de leur offrir la stratégie thérapeutique la plus efficace (bénéfice pour le patient) tout en évitant le recours à des thérapies coûteuses quand elles sont inadaptées (bénéfice économique).

    Le centre d’IA de Philips et Autopilot écho reconnu par l’AP-HP comme une solution d’avenir

    Le centre d’expertise en IA de Philips  dans les domaines de la cardiologie, de l’oncologie et des maladies rares inauguré le 10 avril 2018 regroupe à ce jour :

    • 50 chercheurs et ingénieurs dans un écosystème ouvert ; 
    • plusieurs partenariats avec des instituts de recherche académique dont l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria) ; 
    • des établissements de santé dont l’Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP), les Hospices civils de Lyon (HCL), et le CHU de Caen; 
    • des industriels du domaine de la santé et de l’informatique.

    Le projet « Autopilot écho » de Philips retenu par dans le cadre de l’AMI de l’AP-HP sur l’hôpital du futur

    Ce projet fait partie des 15 lauréats de l’appel à manifestation « l’hôpital numérique de demain » organisé par l’AP-HP et le CHU de Nantes.

    Le projet permet d’utiliser l’IA dans un dispositif d’échographe à domicile, pour le suivi des patients atteints de pathologies chroniques. Ce dispositif pourrait à terme remplacer les tablettes et balances connectées fournies aux patients pour transmettre leurs constantes aux équipes soignantes. Il compléterait le suivi par télésurveillance de l’insuffisance cardiaque.

  • Étude : la majorité des informations sur le cancer du sein échangées sur Twitter sont exactes (ESMO)

    Les personnes atteintes d’un cancer utilisent fréquemment le réseau social Twitter pour partager leurs expériences. Selon une étude* exploratoire dans laquelle 6 000 tweets et retweets à propos du cancer du sein ont été analysés, les informations échangées sont exactes dans 90 % des cas. Les résultats, qui seront présentés le 22 octobre 2018 au congrès de l’European Society for Medical Oncology (ESMO), à Munich, et publiés dans les Annals of Oncology du 8 octobre, montrent par ailleurs que le contenu n’est médical que dans un tiers des cas.

    Cancer : la qualité de l’information sur Twitter passée au crible

    A l’ère des fausses informations (fake news), les réseaux sociaux n’apparaissent pas comme la source d’information la plus fiable, et notamment dans le domaine de la santé. Pourtant, 1 % de l’ensemble des requêtes sur Google sont liées à un symptôme.

    Face à ce besoin, des réseaux communautaires dédiés aux malades du cancer se sont créés. Cependant, les grands réseaux sociaux généralistes comme Facebook et Twitter restent des lieux d’échange importants. Ils sont mêmes devenus une chambre d’écho dans laquelle chaque problème de société est évoqué à maintes reprises, y compris le cancer.

    Le Dr Rodrigo Sánchez Bayona, de la Clinica Universidad de Navarra de Pampelune, en Espagne, a voulu savoir ce que les femmes souffrant d’un cancer du sein cherchaient sur Twitter et quelle était la qualité de l’information qu’elles y trouvaient. Il a donc mené une étude exploratoire dans laquelle 6 000 tweets et retweets sur ce cancer précis ont été analysés. « Le nombre impressionnant de publications sur Twitter représente aussi une richesse de données que nous pouvons utiliser pour évaluer les attitudes et les discours entourant le cancer, » a-t-il déclaré.

    « [Ces travaux faisaient] partie d’un projet plus vaste et multidisciplinaire visant à observer la présence de différentes maladies sur les médias sociaux, précise le spécialiste. En 2014, nous avons découvert que le cancer était la pathologie la plus mentionnée sur Twitter à l’échelle mondiale. Nous avons décidé d’examiner de plus près le cancer du sein, car il s’agit de l’une des trois tumeurs les plus courantes dans le monde et de la principale cause de décès par cancer chez les femmes. »

    De l’échange d’expériences avant tout

    Pour cette analyse, tous les tweets publiés avec le hashtag #BreastCancer sur une période de sept jours ont été collectés et classés en fonction de leur contenu, de leur objectif, des informations des utilisateurs et d’une éventuelle attitude stigmatisante à l’égard du cancer du sein.

    Les tweets ont également été regroupés en quatre sous-thèmes : diagnostic, traitement, pronostic et prévention.

    Les résultats de cette étude, publiés dans les Annals of Oncology du 8 octobre 2018, devaient être présentés le 22 octobre au congrès de l’European Society for Medical Oncology (ESMO), qui se tiendront à Munich, en Allemagne, du 19 au 23 octobre.

    Résultats

    • Dans un tiers des cas seulement, le contenu des tweets était médical ;
    • 90 % des informations médicales véhiculées étaient exactes ;
    • 40 % des tweets provenaient d’institutions et de comptes publics ;
    • le 1er motif de publication sur Twitter était le partage d’expériences de patients, suivis de messages de plaidoyer ;
    • la prévention arrivait largement en tête des publications liées aux sous-thèmes définis (diagnostic, traitement, pronostic et prévention) avec 44,5 % des tweets ;
    • Sur les 2 559 tweets non médicaux analysés, moins de 15 % contenaient des déclarations stigmatisantes à propos de la maladie.

    Utiliser les réseaux sociaux pour faire de la prévention

    « Les nombreuses campagnes de sensibilisation au cancer du sein menées au fil des ans ont certainement contribué à réduire les stigmatisations associées à cette maladie, a déclaré Rodrigo Sánchez-Bayona, principal auteur de l’étude. Pour de nombreuses autres tumeurs, il existe toujours un besoin non satisfait. À l’avenir, nous aimerions également explorer et comparer la présence de différents types de tumeurs sur les réseaux sociaux.  » Mais, d’ores et déjà, les auteurs de cette étude estiment que les réseaux sociaux peuvent être utilisés comme un nouveau moyen de fournir des informations sur la prévention du cancer et l’éducation à la santé – non seulement aux patients, mais aussi à un public beaucoup plus large.

    Lutter contre les fausses informations (fake news)

     » Nous devrions considérer ces résultats comme une confirmation d’une nouvelle réalité : les patients utilisent désormais le web pour trouver des informations et les médias sociaux doivent faire partie intégrante de notre communication avec eux, a déclaré Marina Garassino, de l’Istituto Nazionale dei Tumori de Milan (Italie). Les institutions académiques et les principaux leaders d’opinion doivent être encore plus actifs dans la diffusion de leurs résultats par l’intermédiaire de ces canaux afin de contrecarrer les nombreuses fausses informations (fake news) circulant en ligne. »

  • PLFSS 2019 : 10 millions d’euros pour amplifier et articuler les dispositifs innovants en santé

    Le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) a été présenté en conseil des ministres le 8 octobre 2018 avant sa première lecture à l’Assemblée Nationale le 22 octobre 2018. L’article 29 du PLFSS 2019 amplifie la portée du dispositif d’innovation du système de santé, présenté dans l’article 51 du PLFSS 2018.

    Le nombre de projets expérimentaux accompagnés dans ce cadre va être augmenté, ce qui nécessite un financement supplémentaire estimé à 10 millions d’euros, et élargi au champ de l’organisation des établissements de santé, comme précisé dans les fiches d’évaluation préalable du PLFSS 2019 (en lien ci-contre). Une enveloppe de 30 millions d’euros est également prévue pour les expérimentations du budget 2018. L’article 29 permet par ailleurs d’articuler l’article 51 et le dispositif ETAPES, par des protocoles qui seront définis par la Haute autorité de santé.

    L’augmentation du nombre de projets nécessitent un financement supplémentaire

    Cette augmentation du financement doit permettre l’accompagnement, la mise en œuvre et l’évaluation des dispositifs : 

    • le financement supplémentaire est estimé à 10 millions d’euros au titre de l’année 2019 ;
    • l’ensemble des coûts d’amorçage seront gagés d’ici 2020 ;
    • une enveloppe de 30 millions d’euros est prévue pour les expérimentations du budget 2018, relevant actuellement du cadre de l’article 51 du PLFSS 2018.

    L’article 29 pour une meilleure articulation de l’article 51 et du dispositif « ETAPES »

    • L’articulation entre les dispositifs pour l’expérimentation de la télémédecine, et les actes de télésurveillance, n’est pas prévue à l’heure actuelle ; 
    • par conséquent, les porteurs de projet lancent des démarches différentes démarches nuisant à la lisibilité des dispositifs ; 
    • de nombreux projets innovants combinent un protocole de coopération et la télésurveillance ;
    • afin de simplifier ces démarches et de favoriser le développement de tels projets, l’articulation des deux articles 29 et 51 permettra aux porteurs de projets de bénéficier d’un « guichet unique ».

    Le processus d’articulation sera précisé au niveau réglementaire

    • la Haute autorité de santé (HAS) sera saisie par un comité technique afin de définir les protocoles de coopération ;
    • la HAS aura alors un délai de six mois pour transmettre son avis au comité ; 
    • le comité dispose du même délai pour examiner le projet et rendre son avis en intégrant les coûts induits par la coopération entre professionnels dans le financement de l’expérimentation ;
    • le PLFSS 2019 prévoit enfin de faire basculer les actes de télésurveillance appelant des dérogations dans ce mode de financement.

  • La Cnil et l’Asip élaborent un référentiel régissant l’échange de données de santé par MSSanté

    La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) a annoncé le 10 octobre 2018 qu’elle était en train d’élaborer avec l’Agence des systèmes d’information partagés de Santé (Asip) un référentiel relatif à l’échange de données de santé par messagerie sécurisée à destination des professionnels et établissements de santé ainsi que les professionnels du secteur médico-social.

    Avec l’entrée en application du RGPD, les professionnels et établissements de santé ainsi que les professionnels du secteur médico-social ne sont plus tenus de procéder à un engagement de conformité à l’autorisation unique AU-037 préalablement à l’utilisation d’un service de messagerie sécurisée.

    Cependant, la Cnil annonce avoir pris la décision de maintenir accessible l’AU-037 afin d’orienter ces premiers dans les actions de mise en conformité.

    L’objectif du nouveau référentiel est de permettre de documenter la conformité des traitements de données réalisés à l’aide de la messagerie sécurisée dans le registre des activités de traitement, et notamment de mettre en œuvre les actions nécessaires pour garantir les droits des patients (information, droit d’accès, etc.).

  • Délais de prise de rendez-vous : 2 jours pour un généraliste et 52 jours pour un ophtalmologiste

    Selon une étude de la DREES relative aux délais d’accès aux soins publiée le 8 octobre 2018, un rendez-vous sur deux avec un médecin généraliste est obtenu en moins de deux jours et pour certaines spécialités médicales, ces délais peuvent dépasser deux mois.

    Selon les résultats de cette étude, huit Français sur dix jugent les délais de prise de rendez-vous raisonnables et la part reportée vers les urgences ne représente que 3% des rendez-vous.

    Plus de deux mois d’attente pour certaines spécialités médicales

    En ophtalmologie, dermatologie, cardiologie, gynécologie et rhumatologie, les délais d’attentes sont les plus importants. Toutefois, les délais sont moindres, lorsque la demande de rendez-vous est liée à l’apparition ou à l’aggravation de symptômes.

    Dans certaines spécialités médicales, les délais d’attente moyens avant consultation sont supérieurs à deux mois :

    • 61 jours en dermatologie ;
    • 80 jours en ophtalmologie ;
    • 50 jours chez le cardiologue ;
    • 3 semaines chez le pédiatre et le radiologue ;
    • 1 mois chez le chirurgien-dentiste ;
    • 1 mois et demi chez le gynécologue et le rhumatologue.

    Des temps d’attente plus longs dans les communes où l’accessibilité géographique aux professionnels de santé est faible

    Les délais d’obtention d’un rendez-vous sont plus importants pour les communes où l’accessibilité aux professionnels de santé est la plus faible :

    • 1 demande de rendez-vous sur 2 chez le chirurgien-dentiste aboutit en plus de 17 jours ;
    • 21 jours: c’est le délai médian pour les demandes de patients des communes où l’accessibilité est la plus faible ;
    • 15 jours: c’est le délai médian pour les demandes de patients des communes où l’accessibilité est la plus forte ;
    • 1 prise de rendez-vous sur 2 aboutit à un rendez-vous en 52 jours ;
    • 79 jours: c’est le délai médian des demandes émanant du quart des patients des communes où l’accessibilité est la plus faible, contre 40 jours pour les requêtes de patients des communes où elle est la plus forte.

    Pour 8 demandes de rendez-vous sur 10 les délais sont jugés corrects ou rapides.

    • 8 Français sur 10 jugent « rapides et corrects » les délais entre la date de prise de contact et la date de rendez-vous ;
    • 39% des délais de rendez-vous sont jugés trop longs en ophtalmologie ;
    • 46% des délais de rendez-vous sont jugés trop longs pour la dermatologie. 

    En cas de non-obtention d’un rendez-vous, le recours a un autre praticien est préféré aux urgences hospitalières

    De façon générale, 9 prises de contact sur 10 aboutissent à un rendez-vous avec un professionnel de santé. Cependant, 17 % des demandes de rendez-vous avec un ophtalmologiste n’aboutissent pas contre 5 % pour un médecin généraliste.

    Plusieurs raisons expliquent ces échecs : 

    • dans 15% des cas le professionnel ne proposait pas de créneaux horaires possibles pour le patient.
    • dans 14% des cas le professionnel ne recevait pas de nouveaux patients.
    • dans 22% des cas, il était injoignable au moment de la prise de rendez-vous. 

    Lorsque les demandes de rendez-vous n’aboutissent pas :

    • 56% des Français contactent un autre professionnel ;
    • 32% renoncent à leurs demandes ;
    • 3% seulement optent pour le report du rendez-vous vers les urgences hospitalières.
  • Appel à patients chroniques : l’AP-HP vise les 100 000 volontaires pour sa communauté ComPaRe

    Dans le cadre de sa communauté de patients pour la recherche ComPaRe, l’Assistance Publique – Hopitaux de Paris (AP-HP) a lancé le 4 octobre 2018 un appel à patients souffrant de maladies chroniques. Toutes les maladies sont concernées :
    • les maladies fréquentes comme le diabète, la bronchite chronique, le cancer, l’hypertension artérielle, la lombalgie chronique ;
    • les maladies moins connues comme le vitiligo, l’endométriose, la maladie de Verneuil, la maladie de Crohn ou encore d’autres maladies rares.

    L’objectif est de constituer une communauté de 100 000 patients volontaires pour apporter, par la recherche clinique, des connaissances nécessaires à l’amélioration de la qualité de vie des patients et de la prise en charge de leur maladie chronique.

    Les informations dans la cadre de cette recherche sont hébergées par la plateforme de recherche publique portée par l’AP-HP, ComPaRe, pilotée par le directeur du Centre d’épidémiologie clinique de l’Hôtel-Dieu, le Pr Philippe Ravaud.

    Contribuer à la recherche en fournissant des données ou en la façonnant

    Les conditions d’accès sont les suivantes :

    • être majeur ;
    • être détenteur d’une adresse de messagerie électronique ;
    • être pris en charge pour une ou plusieurs maladies chroniques (c’est-à-dire une affection nécessitant un suivi médical de plus de six mois).

    Données impactant 20 millions de personnes

    Actuellement, à peu près un tiers de la population française souffre d’une maladie chronique soit environ 20 millions de personnes. Améliorer la recherche dans ce domaine contribuerait à éviter à ce que la qualité de vie ne soit pas détériorée de façon considérable par la pathologie à cause, notamment, d’errances de diagnostic, de complications ou d’invalidités et de souffrances physiques et morales associées.

    Aujourd’hui, 7 000 volontaires ont adhéré à ComPaRe tout comme 29 associations de patients partenaires, depuis le lancement de la plateforme en 2017 sous la direction du Pr Philippe Ravaud, directeur du centre d’épidémiologie clinique de l’Hôtel-Dieu AP-HP.

    Actuellement, sept cohortes dédiées au diabète, à la maladie de Verneuil, au vitiligo, à la lombalgie chronique, aux maladies rénales, aux vascularites et à l’hypertension artérielle ont été mises en place. Il est prévu que quatre autres cohortes spécifiques soient constituées d’ici la fin 2018.

    Recueil des données via des questionnaires via la plateforme

    Les patients volontaires  s’inscrivent et contribuent directement en ligne, sur la plateforme hébergée et sécurisée https://compare.aphp.fr.

    Ils répondent aux questionnaires élaborés par des chercheurs qui portent sur des dimensions liées directement à leurs maladies, les symptômes associés, les traitements reçus, mais également sur des  aspects liés à leurs perceptions et ressentis : le vécu et l’impact de la maladie sur leur vie quotidienne et la qualité de vie. En fonction de la pathologie, renseigner les questionnaires peut prendre entre 10 et 30 minutes par mois.

    Le traitement de ces données doit permettre aux chercheurs d’identifier des pistes pour améliorer la qualité de vie et la prise en charge des patients.

    Participer aux instances de gouvernance

    Les patients volontaires peuvent aussi apporter leurs contributions à toutes les étapes de la recherche clinique :

    • gouvernance des études via les conseils scientifiques ;
    • conception des études (proposition et choix des questions et des informations recueillies, etc.) ;
    • réalisation des études (aide au recrutement d’autres patients et à la promotion de la communauté via les Patients Ambassadeurs, analyse des données avec les chercheurs…).
  • Health Data Hub : A.Buzyn souhaite un lancement d’ici juin 2019 et nomme J-M. Aubert pilote du projet

    « Il serait bien de tabler sur un lancement officiel du Health Data Hub d’ici juin 2019 », a demandé aux pilotes du projet la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn ce vendredi 12 octobre 2018 lors de la remise du rapport portant sur les conclusions de la mission de préfiguration du hub, qui vise à mutualiser des ressources technologiques et humaines et à promouvoir l’innovation pour faire de la France un leader des données de santé. « Il y a urgence à agir », a souligné la ministre.

    Les trois auteurs du texte, Dominique Polton, présidente de l’Institut national des données en santé (INDS), Marc Cuggia, professeur d’informatique médicale et praticien hospitalier au CHU de Rennes, et Gilles Wainrib, président fondateur de la start-up Owkin, ont présenté l’avancée du projet à la ministre et
    à Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État chargé du Numérique, précisant que 110 auditions, 5 ateliers thématiques et un benchmark international avaient été menés sur les trois derniers mois et que les conditions de construction du hub avaient été fixées.

    Durant cette remise, les trois responsables de la mission ont détaillé leurs premières hypothèses concernant les principes, l’organisation, les moyens et les modes de fonctionnement du Health Data Hub, un modèle qui sera affiné au cours des phases de concertation à venir. Ils ont notamment décrit le rôle que pourrait jouer ce nouvel acteur dans l’écosystème. Selon eux, le hub devra être « moteur et fédérateur », « une vitrine nationale et internationale », « un guichet unique », « un garant de la qualité de la donnée partagée », « un promoteur de l’innovation » et « garantir une mutualisation de ressources technologiques et humaines ».

    Agnès Buzyn a par ailleurs annoncé qu’elle nommait Jean-Marc Aubert, directeur de la Drees, principal pilote de la mission, qui sera chargé de porter le projet dans la durée.

    Un rapport très qualitatif selon Agnès Buzyn et Mounir Mahjoubi

    Agnès Buzyn s’est dit « très impressionnée par la qualité du rapport ». Mounir Mahjoubi a déclaré de son côté qu’il s’agissait selon lui du rapport le plus à même d’être transformé en mission opérationnelle parmi l’ensemble des textes reçus depuis le début de sa prise de fonction.

    Les attentes de l’écosystème

    1. « Mieux connaître et pouvoir plus facilement accéder au patrimoine de données de santé »

    • pouvoir explorer, identifier, comprendre et apprécier les possibilités offertes par les données disponibles ;
    • harmoniser, simplifier et rendre lisible le processus d’accès aux données ;
    • accéder à des « grands jeux de données ».

    2. « Avoir accès à des moyens adaptés et suffisants pour consolider et valoriser le patrimoine de données »

    • Rétribuer les producteurs pour la constitution et la mise en qualité des bases  ;
    • Avoir accès aux capacités technologiques et aux compétences requises pour la valorisation.

    3. « Fédérer l’écosystème autour d’un modèle économique d’ensemble favorisant le partage et reconnaissant les efforts de chacun »

    • Établir un modèle de partage de la valeur entre le producteur et les utilisateurs ;
    • Orchestrer l’ensemble de l’écosystème.

    Ambitions des pilotes du projet

    Les données de santé « financées par la solidarité nationale constituent un patrimoine commun et doivent être mises pleinement au service du plus grand nombre dans le respect de l’éthique et des droits fondamentaux des citoyens », estiment les pilotes du projet, qui synthétisent en 4 points leurs ambitions :

    • 1. consolider et renforcer le patrimoine de données de santé ;
    • 2. faire « du partage la règle, de la fermeture l’exception » ;
    • 3. mettre en synergie les moyens techniques et humains et soutenir les initiatives prometteuses ;
    • 4. permettre la structuration d’une filière « intelligence artificielle (IA) et santé ».

    Le rôle souhaité du Health Data Hub

    Moteur et fédérateur

    Le Health Data Hub représenterait en premier lieu « un tiers de confiance dans le paysage des acteurs de la donnée de santé », et permettrait ainsi le partage des données « dans le respect du droit des patients et en assurant la transparence avec la société civile ». Il proposerait également « une ambition et des objectifs communs » par le biais de son conseil stratégique.

    Une vitrine nationale et internationale

    L’idée est de constituer une vitrine nationale mais aussi internationale à travers un patrimoine de données et une offre de service « lisibles pour tous les acteurs ».

    Un guichet unique

    Le Health Data Hub prendra la forme d’un guichet unique afin de faciliter l’accès aux données, avec des règles d’accès « transparentes et non discrétionnaires » pour les acteurs publics et privés, un accompagnement dans les procédures de demande d’accès et dans la valorisation économique, une documentation des bases partagées, etc.

    Un garant de la qualité de la donnée partagée

    Le hub vise à favoriser la « diffusion de standards de qualité internationaux et implémenterait des circuits de valorisation de l’effort de collecte et de mise en qualité des producteurs ».

    Un rôle essentiel dans la promotion de l’innovation

    L’innovation serait encouragée par le développement d’un environnement prospère : échantillons de données test, développements d’API, modèle économique favorisant l’innovation, etc.

    Mutualisation de ressources technologiques et humaines

    Une plateforme technologique sécurisée pour le partage des données et des expertises permettront d’assurer le lien entre utilisateurs, producteurs et experts de la donnée.

    Fonctionnement général du Health Data Hub

    Le fonctionnement du hub pourrait reposer sur:

    • une gouvernance de la donnée et des principes de collaboration standardisés régissant les liens entre les différents acteurs ;
    • une offre de service à destination des utilisateurs publics, privés et des citoyens autour de quatre missions :
      • donner accès aux données de santé ;
      • soutenir la collecte et la consolidation des données ;
      • accompagner la valorisation des données de santé ;
      • soutenir l’écosystème et assurer le lien avec les citoyens et la société civile ;
    • un catalogue de données, qui sera enrichi progressivement ;
    • une organisation en réseau, articulant un hub central et des hubs locaux, « cinq au maximum », précisent les auteurs du rapport ;
    • une plateforme technologique, qui regrouperait l’offre de services ;
    • un modèle juridique et économique.

    Principes de collaboration

    Les pilotes de la mission proposent que les engagements respectifs de chacun soient formalisés sous la forme de trois chartes (« producteur », « utilisateur » et « citoyen ») qui seraient établies en concertation avec les parties prenantes, dont la Cnil.

    Ces chartes préciseraient les conditions d’accès au service du hub, les engagements, les rôles et les responsabilités de chacun ainsi que les modes de fonctionnement communs.

  • IA : « Le radiologue doit savoir qu’il sera le seul responsable en cas d’erreur » (O. Clatz – JFR)

    Il est primordial que le radiologue comprenne le fonctionnement et les limites des algorithmes automatisant l’analyse des images médicales car il sera « le seul responsable en cas d’erreur », a tenu à souligner Oliver Clatz, P.-D.G. et cofondateur de Therapixel – une start-up qui développe un logiciel d’interprétation des mammographies -, lors d’une table ronde animée par MNH Group sur l’intelligence artificielle (IA) et la radiologie le 12 octobre 2018 à Paris, à l’occasion des Journées francophones de la radiologie (JFR).

    Olivier Clatz estime ainsi que l’un des usages les plus pertinents de l’IA en France dans le secteur serait celui de la deuxième lecture, permettant de faire remonter les anomalies non repérées en premier lieu afin de pouvoir « rattraper ce type d’erreurs ». L’essentiel du sujet, selon lui, est de s’interroger sur la position de l’intelligence artificielle dans laquelle les professionnels souhaitent la placer dans leur workflow (avant le diagnostic, pendant ou après).

    Le radiologue ne doit pas être expert mais comprendre le fonctionnement de l’algorithme (O. Clatz)

    Quand la question de la formation a été abordée lors de la table ronde, l’idée générale qui est ressortie de l’échange était qu’il fallait non pas former les radiologues à devenir des ingénieurs experts en intelligence artificielle (IA) mais les sensibiliser sérieusement à cette technologie.

    « Nous ne pensons pas que le radiologue doit devenir un informaticien mais il est important qu’il comprenne l’algorithme qu’il utilise », explique Oliver Clatz.

    Selon l’entrepreneur, il est essentiel que le professionnel se questionne à propos de l’outil. « L’idée est surtout de saisir quelles sont les limites de l’algorithme, quelles sont les anomalies qu’il ne repère pas et pourquoi », détaille-t-il. Il prend l’exemple d’une petite cuillère avalée par un enfant : « Elle pourrait ne pas être détectée par l’IA car il pourrait s’agir d’un nouveau cas, qu’elle n’aura jamais traité auparavant, qu’elle n’aura pas « appris », et elle passera donc à côté. »

    Réfléchir à la place de l’IA dans le workflow du radiologue

    Olivier Clatz rappelle qu’il existe trois « moments » durant lesquels un algorithmes peut intervenir en support :

    • avant (système de triage des images) : dans ce cas, « il faut être conscient que l’algorithme peut faire des erreurs et chercher à comprendre quelles sont les informations qu’il ne fait pas remonter. Le radiologue doit savoir qu’il sera le seul responsable en cas d’erreur », souligne-t-il ;
    • pendant : pour détecter et caractériser une anomalie ;
    • après, en deuxième lecture, afin d’identifier les « loupés » : « Il y a des algorithmes qui vont pouvoir rattraper ce type d’erreurs ».

    « La question est de s’interroger sur la place que l’on souhaite accorder à l’algorithme dans le workflow« , synthétise-t-il.

    La France pourrait avoir une place à prendre dans le cadre d’un usage en deuxième lecture

    À son sens, l’intelligence artificielle a davantage sa place dans le processus de deuxième lecture. « La France pourrait se démarquer sur ce terrain, commente-t-il. La problématique serait tout autre dans un autre pays, comme aux États-Unis, car la prise en charge des patients y est complètement différente. Il est nécessaire de s’adapter à l’usage et à l’offre de soins de chaque pays pour être efficace. »

    Un problème central : l’absence de preuves démontrant l’efficacité de l’IA

    Selon Oliver Clatz, l’un des problèmes qui réside sur le marché de l’intelligence artificielle en radiologie est qu’il n’existe pas encore de démonstrations concrètes de l’efficacité réelle de ces systèmes. « Je vous mets au défi de trouver un radiologue qui puisse vous dire avec précision quel est l’impact de l’IA sur son travail en termes d’efficacité. »

    Les autres participants à la table ronde étaient :

    Didier Sensey, président du groupe NGI, Gregory Lenczner, radiologue basé à Paris, Nicolas Laurent, radiologue à Valenciennes (Nord), et Christian Allouche, P-.D.G de la start-up Gleemer.

  • RDVmedicaux et Docavenue s’associent en faisant communiquer leurs plateformes de rendez-vous

    Le groupe Cegedim a annoncé le 10 octobre 2018 la conclusion d’un partenariat entre sa start-up dédiée à la téléconsultation et aux services facilitant la mise en relation médecin-patient, Docavenue, et RDVmedicaux.com, spécialiste de la prise de rendez-vous médicaux en ligne.

    Les deux acteurs ont souhaité se rapprocher pour favoriser l’accès aux professionnels de santé par les patients, notamment grâce aux rendez-vous en ligne. Concrètement, les deux industriels ont ouvert un accès réciproque vers les praticiens référencés par chacune des deux plateformes en mutualisant ainsi leurs ressources « dans l’intérêt des professionnels de santé et des utilisateurs ».

    Du côté des patients, cela implique qu’à partir de novembre 2018, indépendamment de la plateforme à  partir de laquelle il se connecte, il aura accès à l’ensemble des praticiens dont l’agenda est géré invariablement par Docavenue ou RDVmedicaux.

    Ce partenariat reflète la stratégie des deux entités dans le domaine de leur offre à destination des professionnels de santé, « dans un contexte de mutation forte du secteur de la digitalisation du parcours de soins coordonnés et de la relation patients-praticiens, notamment avec le médecin traitant ».