Articles

  • PsyLib : une plateforme de téléconsultation en santé mentale (anxiété, dépression, burn-out)

    Les psychiatres Éric Tanneau, Joël Gailledreau et Eric Neuman, ont révélé le 10 octobre 2018 à Health & Tech Intelligence le lancement officiel de la plateforme PsyLib dans les semaines à venir.

    L’outil propose aux patients une auto-évaluation en ligne et des visioconsultations en santé mentale afin de faciliter l’accessibilité aux soins. Le but du service est d’apporter aussi un soutien aux médecins généralistes pour les aider à repérer plus rapidement les situations nécessitant une consultation spécialisée et, en particulier, à mieux gérer les cas liés à la souffrance au travail et au burn-out, pour lesquels les patients sont mal voire non suivis sur le plan psy.
    Les tarifs des téléconsultations sont choisis par le psychiatre télé-consultant, conformément à l’Avenant n°6 de la convention médicale, paru au Journal Officiel le 10 Août 2018.

    Autofinancé par des médecins, le dispositif est indépendant et gratuit pour le praticien. Aucun éditeur privé ou groupe financier n’est impliqué. « L’outil est parfaitement sécurisé, hébergé chez un éditeur agréé par le Comité d’agrément des hébergeurs de données de santé et répond aux exigences du RGPD quant à la protection des données personnelles », précise le Dr Tanneau.

    L’URL pour accéder au site est Psylib.fr.

    Une auto-évaluation en ligne pour 25 euros

    Après inscription (gratuite) sur le site, le patient peut effectuer pour 25 euros une auto-évaluation par le biais d’un questionnaire en ligne, une démarche qu’il peut entreprendre seul ou sur recommandation de son médecin traitant. Libre à l’utilisateur de partager ou non ses résultats avec son médecin.

    Repérer plus rapidement les situations d’urgence

    « Si les résultats rapportent des signes inquiétants, le médecin pourra être alerté et accélérer la prise en charge », explique Éric Tanneau.

    Mieux gérer la souffrance au travail

    L’un des objectifs de PsyLib est de faciliter la prise en charge dans les troubles psy en lien avec la souffrance au travail, en améliorant l’accès aux psychiatres de manière temporelle (délais d’attente, pouvant être de trois mois ou plus, raccourcis) ou géographique (déserts médicaux).

    PsyLib permet l’orientation d’un patient par son médecin généraliste à un psychiatre pour affiner le diagnostic, documenter son état psychique et débuter rapidement une prise en charge adaptée, au-delà du simple arrêt de travail.

    La santé mentale et la psychiatrie parmi les premières préoccupations du ministère

    Agnès Buzyn a présenté fin juin 2018 la feuille de route « santé mentale et psychiatrie » du ministère des Solidarités et de la Santé, dans le cadre de la Stratégie nationale de santé (voir article en lien ci-contre). 37 actions sont envisagées selon les trois axes suivants :

    • promouvoir le bien être mental, prévenir et repérer précocement la souffrance psychique, et prévenir le suicide ;
    • garantir des parcours de soins coordonnés et soutenus par une offre en psychiatrie accessible, diversifiée et de qualité ;
    • améliorer les conditions de vie et d’inclusion sociale et la citoyenneté des personnes en situation de handicap psychique.
  • World Health Summit 2018 : le numérique au service de la lutte contre les médicaments falsifiés

    Au cours du World Health Summit (Sommet mondial de la santé), qui s’est tenu à Berlin du 14 au 16 octobre 2018, ont été abordé les sujets tels que la gestion des pandémies, l’antibiorésistance ou encore la révolution numérique dans la santé.

    C’est dans le cadre de cette dernière thématique que l’intérêt des nouvelles technologies au service de la lutte contre les médicaments falsifiés a été souligné, ce qui se traduit par l’introduction de dispositifs de sécurité et de traçabilité au sein du secteur :
    • un QR code unique apposé sur chaque boîte de médicaments qui permettra un renforcement de la chaîne de distribution partagé au sein d’une base de données mutualisée ;
    • l’harmonisation de la vente de médicaments en ligne par les pharmacies.

    La session du WHS à propos des médicaments falsifiés visaient à esquisser les mesures pratiques pour réduire le risque de circulation de produits non conformes sur les marchés, les détecter et les éliminer.

    10,5 % de médicaments en circulation ne sont pas conformes à la règlementation en vigueur

    Selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 10,5 % des médicaments en circulation ne respectent pas la législation en vigueur.

    Pour remédier au problème de sécurité et les dangers associés pouvant porter atteinte à la vie des personnes, le Conseil européen a adopté en mai 2011 la Directive 2011/62/UE sur la sérialisation des médicaments soumis à prescription qui institue, en modification de la directive 2001/83/CE, « un code communautaire relatif aux médicaments à usage humain, en ce qui concerne la prévention de l’introduction dans la chaîne d’approvisionnement légale de médicaments falsifiés ».

    Un code unique pour le suivi tout au long de la chaîne de distribution

    La directive citée instaure donc le suivi de médicaments grâce au QR code apposé sur chaque boîte de médicaments qui renferme des informations liées à l’origine du produit et vise à pouvoir l’identifier tout au long de la chaîne de distribution.

    La directive entre en application à partir du 9 févier 2019 sur l’ensemble de l’Union européenne. Tous les éléments associés au QR code unique seront enregistrés dans une base communautaire – EMVS pour European Medicine Verification System qui est le système européen de vérification des médicaments – à laquelle les pharmaciens de toute l’Union pourront se connecter afin de s’assurer de la qualité du médicament.

    En pratique il s’agit d’un hub informatique connecté aux systèmes nationaux (National Medicine Verification System ou NMVS) permettant la vérification des identifiants uniques apposés sur chaque boîte de médicament lors de la dispensation.

    Ainsi, une requête dans la base de données mutualisée suffira pour détecter un code falsifié ou un éventuel doublon de lecture pouvant faire suspecter la présence d’un médicament falsifié.

    Encadrement et harmonisation de la vente de médicaments en ligne

    Cette directive intègre également de nouvelles exigences auxquelles vont devoir répondre les pharmacies en ligne, et ce, afin de contrer la vente illégale de médicaments via internet.

    Voici les conditions minimales auxquelles les pharmacies doivent répondre afin d’être autorisées à faire de la vente en ligne à distance :

    • bénéficier d’une autorisation ou d’une habilitation à délivrer des médicaments au public, également à distance ;
    • notifier aux autorités compétentes de l’État membre les informations relatives à la pharmacie en ligne (adresse du site internet, nom et adresse permanente du lieu d’activité à partir duquel les médicaments sont fournis, etc.) ;
    • conformité des médicaments à la législation nationale de l’État membre de destination ;
    • préciser sur le site Internet les coordonnées de l’autorité compétente ;
    • ajouter un lien hypertexte vers le site de l’autorité compétente de l’État Membre ;
    • apposer le logo ci-contre permettant aux patients d’authentifier les sites qui proposent légalement des médicaments en ligne.
  • Leti

    Laboratoire d’électronique et de technologie de l’information du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA)null

  • Colloque Medicen Choiseul : soutenir les TPE/PME de l’industrie de santé en IDF, Paris le 24/10/2018

    Le pôle de compétitivité Medicen Paris Région et l’Institut Choiseul organisent un colloque le 24 octobre 2018 autour du soutien à apporter aux TPE/PME au service d’une industrie de santé puissante en Ile-de-France et dans la compétition mondiale.

    Cette seconde édition du colloque se déroulera au Conseil régional d’Ile-de-France et rassemblera des parties prenantes du secteur de la santé, un secteur jugé comme stratégique pour la France et la région francilienne par les organisateurs.

    L’événement sera axé autour de deux tables-rondes : la première portera sur l’écosystème d’accompagnement nécessaire pour les TPE et PME de la filière santé et la deuxième sur le rôle des grandes entreprises dans la création d’un écosystème performant et créateur de richesse.

    Les discussions viseront à :
    • interroger la validité de l’éclatement et le portage de l’offre d’accompagnement par de multiples acteurs et la façon dont on peut favoriser les synergies entre les acteurs au service de la réindustrialisation en France et sur le territoire francilien afin de permettre aux entreprises de se développer et de créer de la valeur-ajoutée dans un environnement fortement concurrentiel ;
    • identifier les conditions nécessaires pour favoriser l’émergence d’un écosystème dense et diversifié qui conforte l’Ile-de-France comme pôle mondial dans le domaine de la santé.

    Programme

    14h00-14h05 – Discours d’accueil : Pascal Lorot, Président de l’Institut Choiseul

    14h05-14h15 – Discours d’ouverture : Alexandra Dublanche, Vice-présidente de la Région Ile-de-France en charge du développement économique

    14h15-15h45Table-ronde 1: Quel écosystème d’accompagnement pour les TPE et PME de la filière santé?

    Intervenants :

    • Cédric Arcos, Directeur général adjoint des solidarités, de la sécurité et de la modernisation à la Région Ile-de-France

    • Dominique Baruch, Directrice Scientifique de Platod

    • Dominique Baruch, Directeur du programme santé et biotechnologies au Secrétariat général pour l’investissement

    • Philippe Genne, Président-directeur général d’Oncodesign

    • France Hamber, Directrice générale de Fluigent

    • Stéphane Roques, Délégué Général de Medicen Paris Region

    15h45-16h00 – Intervention d’un grand témoin : Jean-Hervé Lorenzi, Président du pôle Finance Innovation, Président du Cercle des économistes

    16h00-16h15 – Pause café

    16h15-17h45Table-ronde 2 : Quel rôle pour les grandes entreprises dans la création d’un écosystème performant et créateur de richesse?

    Intervenants :

    • Emmanuel Canet, Président de la R&D chez Servier

    • Carlos Jaime, Directeur d’InterSystems France et Président de la commission « Santé et numérique » de Medicen

    • Yves L’Epine, Directeur général de Guerb et Groupe

    • Karine Lignel, Directrice exécutive de CM-CIC Innovation et Présidente de la commission « Développement des PME » de Medicen

    • Sylvie Ponchaut, Directrice générale du Pôle BioWin

    • Philippe Tcheng, Président du Leem

    17h45-17h55 – Discours de clôture : Christian Lajoux, Président de Medicen

    18h00 – Cocktail, Salle Pierre-Charles Krieg au 33 rue Barbet-de-Jouy, 75007 Paris

    Inscription

    L’inscription est gratuite, amis obligatoire et se fait via ce lien.

  • L’appli de télémédecine sri-lankaise eChannelling remporte le South Asia mBillionth Award 2018

    La société sri-lankaise eChannelling PLC a remporté le South Asia mBillionth Award 2018 dans le domaine « santé et bien-être » en tant que meilleure plateforme de soins numérique. Les différents prix ont été remis le 3 octobre 2018 lors d’une cérémonie organisée à New Delhi, en Inde, par la Digital Empowerment Foundation (DEF), à l’origine du concours.

    Lancé en 2001 au Sri Lanka, eChannelling développe une application de télémédecine réunissant plusieurs milliers de praticiens et gratuite pour le grand public proposant divers services, dont :
    • une prise de rendez-vous en ligne pour des consultations classiques ou des téléconsultations (audio ou vidéo) ;
    • la livraison à domicile de médicaments.

    Disponible en anglais, en cinghalais et en tamoul, le dispositif – pionnier dans le domaine au sein du pays – recense plus de 5 000 médecins spécialistes provenant de plus de 250 établissements privés et ayurvédiques (médecine traditionnelle indienne) locaux et de plus de 300 hôpitaux publics.

    Les critères d’évaluation du jury

    Le jury des mBillionth Awards a évalué la solution d’eChannelling en se basant sur différents paramètres tels que les services proposés, l’impact et la durabilité de la solution, les fonctionnalités de la plateforme et la fluidité de la navigation ainsi que la valeur stratégique, l’exécution et la mise en œuvre mais aussi l’accessibilité et l’expérience globale. Autant de facteurs pour lesquels eChanneling a obtenu le meilleur score dans sa catégorie.

    Objectif du concours : réduire la fracture numérique

    Les mBillionth Awards sont organisés par la Digital Empowerment Foundation (DEF), une organisation à but non lucratif basée en Inde faisant partie des leaders du domaine des technologies de l’information et de la communication (TIC) au service du développement. La DEF, dont l’action réside à « informer, communiquer et responsabiliser », recherche et met en avant des initiatives numériques durables pour donner aux communautés des zones rurales et isolées les moyens de maîtriser les connaissances relatives au numérique ainsi que les outils relevant de ce secteur.

    Les prix décernés visent à récompenser les porteurs d’initiatives permettant de réduire la fracture numérique, d’améliorer l’autonomie des citoyens et d’instaurer une plus grande égalité socio-économique. L’objectif est également de créer un écosystème et un réseau d’innovateurs et de développeurs pour qu’ils puissent apprendre mutuellement les uns des autres, collaborer et ainsi augmenter leurs capacités.

    La téléphonie mobile, un marché prometteur en Asie du Sud

    Les organisateurs des mBillionth Awards reconnaissent l’Asie du Sud comme une plaque tournante du marché mondial de la téléphone mobile et des télécommunications en termes de pénétration et d’innovation. La région est néanmoins touchée par une fracture numérique importante. Selon eux, les plateformes mobiles sont en train de devenir la meilleure option sur laquelle se baser pour étendre les services numériques essentiels et innovants à la plus grande partie de la population.

    eChannelling PLC : filiale de Mobitel, fournisseur national de services mobiles

    EChannelling PLC est une filiale de Mobitel, le fournisseur national de services mobiles au Sri Lanka. Elle est le pionnier du développement de logiciels et de services TIC dans le secteur de la santé au sein du pays. Il s’agit de la première entreprise sri-lankaise à offrir un service complet en santé basé sur le e-commerce et la première société de technologie cotée à la Bourse de Colombo.

    Un groupe qui investit dans la e-santé

    Mobitel s’est imposé sur le marché de la santé numérique en ajoutant eChannelling à son portefeuille et en renforçant sa position dans le secteur des télécommunications du pays.

  • CardioRenal s’associe avec le CEA pour perfectionner son DM de télémédecine de surveillance

    Un accord de co-développement pluriannuel a été signé entre la start-up CardioRenal, à l’origine d’un dispositif de télémédecine pour les patients insuffisants cardiaques, et le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) afin de perfectionner le dispositif existant de cette première, selon un communiqué rendu public le 8 octobre 2018.

    Le partenariat en question donne la possibilité à CardioRenal de bénéficier de l’expérience et des infrastructures du CEA pour poursuivre le développement de capteurs incorporant les technologies d’électrochimie et de microfluidique de dernière génération dans son boîtier, capable de détecter à partir d’une goutte de sang les signes d’un problème cardiaque.

    L’objectif de l’alliance consiste à accélérer la commercialisation de son laboratoire d’analyse de sang utilisable à domicile par les patients insuffisants cardiaques.

    Analyse de sang, lecture et transfert de données

    CardioRenal a mis au point un dispositif reposant sur une mini boîtier équipé d’une micro puce qui permet l’auto-suivi de paramètres biologiques des patients insuffisants cardiaques dans le but de leur éviter des hospitalisations et le poids que ces dernières entraînent sur le système de santé. 

    Une goutte de sang apposée sur le boîtier déclenche la mesure de l’hémoglobine et du niveau de potassium et de créatinine pour s’assurer de la bonne fonction rénale. Ce boîtier s’insère dans un lecteur électronique qui lit les résultats de la micro puce intégrée et transfère les données dans des centres de data où elles sont stockées et peuvent être consultées par un professionnel de santé. L’examen des données peut donner lieu à une modification du traitement prescrit.

    L’objectif est de réduire les hospitalisations inutiles et évitables mais aussi d’améliorer la qualité de vie et le taux de survie des patients insuffisants cardiaques.

    La collaboration avec le CEA au service du perfectionnement des capteurs électrochimiques

    L’expertise du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives sera exploitée pour faire évoluer les capteurs électrochimiques inclus dans la puce microfluidique qui permet les mesures des paramètres biologiques du patient.

    CardioRenal s’était déjà associé avec Servier pour obtenir un soutien au cours de la phase de développement réglementaire et de la preuve clinique du dispositif.

    « La solidité scientifique du CEA-Leti ainsi que la richesse de ses équipes scientifiques sont pour nous le gage que nous allons continuer de bénéficier d’un savoir-faire de niveau mondial », a déclaré Maurice Bérenger, P.-D.G. de CardioRenal.

    Outre l’appui en recherche et développement des équipes du CEA, cet accord permettra à CardioRenal de bénéficier de l’appui de Hub4AIM, une alliance de partenaires académiques et industriels dotés des compétences nécessaires à toute la pré-industrialisation des dispositifs médicaux innovants.

    « Le Leti est heureux d’accompagner CardioRenal dans les améliorations de son dispositif de suivi à domicile des patients insuffisants cardiaques. Le laboratoire commun permettra à l’équipe CardioRenal d’accéder à l’intégralité des moyens et compétences du Leti dans l’objectif d’augmenter l’avance technologique de CardioRenal et d’accélérer sa mise sur le marché », a indiqué Emmanuel Sabonnadière, directeur du Leti.

  • Le labo Otsuka étend son accord avec Proteus pour lancer le comprimé connecté Abilify d’ici fin 2018

    Otsuka Pharmaceutical, basé au Japon mais également implantée dans le New Jersey (États-Unis), et la société américaine Proteus Digital Health ont annoncé le 11 octobre 2018 par communiqué l’élargissement de leur collaboration mondiale afin de renforcer leurs relations en vue du développement et de la commercialisation d’un portefeuille de médicaments comprenant le comprimé connecté Abilify MyCite, approuvé par la FDA en novembre 2017, au cours des cinq prochaines années.

    Cet accord consolide l’engagement des deux partenaires à réaliser de nouvelles avancées dans les domaines des produits de santé numérique et des modèles de soins afin de répondre aux besoins des patients souffrant de grave maladie mentale.

    Dans le cadre de l’extension du partenariat, Otsuka a investi 76 millions d’euros (88 millions de dollars USD) dans Proteus, notamment en fonds propres, pour contribuer au développement futur des médicaments numériques.

    Les deux sociétés avaient initialement conclu en juillet 2012 un accord de licence et de collaboration internationale exclusif, dont les termes financiers n’avaient pas été divulgués, pour le développement et la commercialisation d’une nouvelle catégorie de médicaments, basés sur les produits pharmaceutiques d’Otsuka et sur le « système de rétroaction numérique sur la santé » de Proteus, intégrant les technologies de la société basées sur l’utilisation de capteurs.

    Retard dans la commercialisation d’Abilify MyCite

    Peu de temps après l’approbation d’Abilify MyCite par la FDA, Andrew Thompson, le P.-D.G. de Proteus, avait déclaré à la presse qu’il envisageait une mise sur le marché du médicament début 2018 mais, à ce jour, le dispositif n’a toujours pas été lancé.

    Les premiers lancements sur le marché américain prévus d’ici la fin de l’année

    Un porte-parole de la société a indiqué à Medcitynews.com qu’Otsuka avait annoncé en août la signature de son premier accord visant à commercialiser le produit aux États-Unis avec l’entreprise américaine Magellan Health. Les premières mises en vente sont attendues d’ici la fin 2018.

    Les payeurs ont besoin de temps pour s’adapter

    Ce retard s’explique par le fait que le comprimé soit le premier médicament connecté à obtenir l’approbation de la FDA. Les payeurs ont besoin de temps pour adapter leurs systèmes et leurs méthodes afin de tirer parti des nouvelles informations qu’ils fournissent mais aussi pour les intégrer dans le workflow des fournisseurs.

  • Pro-visio.fr, une plateforme de téléconsultation en ophtalmologie par Althalia et GrandVision

    La société de coordination de soins Althalia, signataire d’un contrat de télémédecine avec l’Agence Régionale de Santé d’Ile-de-France, s’est associée avec la chaîne d’opticiens GrandVision pour proposer un service de visio-consultation ophtalmologique, apprend-on dans un communiqué daté du 3 octobre 2018.

    L’objectif principal de ce partenariat consiste à donner accès à des dépistages des troubles visuels aux personnes résidant notamment dans les déserts médicaux.

    Les téléconsultations se font dans une pièce dédiée et sécurisée des magasins d’optique participants via la plateforme Pro-visio.fr, un dispositif garantissant que la consultation se déroule dans de bonnes conditions éthiques et de sécurité. 

    Le service sera disponible à partir du 5 novembre 2018.

    Un nouveau parcours de soins « sous l’autorité d’un ophtalmologue par visio-conférence »

    Althalia propose des services de second avis médical, de structuration de parcours de soin et conçoit des programme de prévention et de bien-être.

    Afin de répondre aux problèmes d’accès aux soins, notamment dans les déserts médicaux, et améliorer la prévention, Althalia a mis en place un parcours débutant au sein d’une pièce dédiée et sécurisée dans les magasins d’optique partenaires, une sorte « d’avant-postes de dépistage et d’analyse de la santé visuelle ».

    Un protocole régit le déroulement de la téléconsultation

    Les mesures nécessaires à la consultation de dépistage doivent être effectuées par un ophtalmologue en visio-consultation assisté en présentiel d’un opticien diplômé. Ces opticiens seront formés aux matériels médicaux et à la visio-consultation par les fournisseurs, et interviendront sous l’autorité d’ophtalmologistes, sur la base d’un protocole défini en amont.

    Cette offre s’appuie sur la plateforme Pro-visio.fr, validée par les autorités compétentes, et qui constitue le point d’entrée dans le parcours pour les patients. En effet, le patient se connecte et se géolocalise afin de sélectionner l’opticien participant le plus proche de son domicile.

    En réservant un créneau pour réaliser une consultation vidéo, le patient devra répondre à un questionnaire médical qui sera adressé en toute confidentialité à l’ophtalmologue (seul habilité à définir si le patient est éligible ou non à la télé-médecine selon son âge ou ses pathologies par exemple).

    À la suite de la validation de son dossier, il pourra se rendre dans le magasin sélectionné pour la visio-consultation. En fonction des résultats de ses examens, une ordonnance pourra être directement envoyé sur son espace privé confidentiel.

    Les deux partenaires insistent sur le fait que le patient n’a aucune obligation d’achat des équipements visuels auprès de l’opticien sélectionné. Par ailleurs, Althalia rappelle la garantie :

    • d’ouverture de la plateforme à tous les professionnels ophtalmologues et opticiens ;
    • de séparation des activités médicales et des activités commerciales de vente d’équipement.

    GrandVision s’engage

    GrandVision est un groupe international qui possède plus de 800 magasins en France sous forme de succursales et de franchises couvrant les trois enseignes : Générale d’Optique, GrandOptical et Solaris.

    Son adhésion à la proposition d’Althalia s’explique par sa volonté de contribuer à :

    • la généralisation de la prévention ;
    • la transformation du système de santé en cours.

    GrandVision et Althalia prévoient une généralisation progressive des magasins participants en 2019.

  • Soutien à la French Tech : création d’un fonds dédié, captage de talents et développements locaux

    Les axes de développement de l’écosystème French Tech annoncés par Mounir Mahjoubi, alors encore secrétaire d’État en charge du Numérique, sont :
    • l’accompagnement des scale-ups et la promotion de la « tech for good » ;
    • l’attractivité des talents et le développement de la French Tech dans les territoires ; 
    • un fonds de soutien à la communauté French Tech – le French Tech Community Fund.

    Ces priorités pour le développement de la French Tech ont été annoncées à l’issue de la réunion entre le secrétaire d’État et plus de 90 personnes de l’écosystème French Tech – entrepreneurs, représentants des métropoles et des hubs French Tech, représentants institutionnels des régions et métropoles – qui s’est tenue le 10 octobre 2018, au lendemain de la visite à la Station F du Président de la République, Emmanuel Macron.

    Le French Tech Community Fund, un fonds de soutien

    Ce fonds sera mis en place début 2019 afin d’appuyer les initiatives des entrepreneurs, des communautés et des capitales French tech.

    Il sera alimenté par l’État, qui fournira un financement d’amorçage, et par les partenaires de la French Tech parmi lesquels on trouve les grands groupes, les fonds d’investissement et les start-ups bien établies.

    Les fonds réunis ont vocation à financer des événements, l’ouverture de nouveaux lieux de la French Tech, de nouveaux outils, etc.

    Accompagnement au cours de la phase de croissance et constitution d’un vivier de talents

    Parmi les priorités annoncées pour la French Tech :

    • l’accompagnement des start-ups en hyper-croissance, les scale-ups ;
    • la promotion de la Tech for Good : l’écosystème French Tech doit s’inspirer et inspirer des valeurs au service de la résolution des grands défis de la planète et des humains.

    Une autre priorité concerne également l’attractivité des talents au service de laquelle une politique de délivrance de visas assouplie et accélérée pour le recrutement de talents étrangers sera mise en place dès le 1er mars 2019.

    Installer la French Tech dans les territoires

    La French Tech reposait jusqu’à présent sur 13 métropoles French Tech et 22 hubs de la French Tech installés à l’étranger. Pour favoriser la pénétration de la French Tech au sein des territoires, un dispositif à deux niveaux est proposé :

    • installation de communautés French Tech en France et à l’international dès qu’une trentaine d’entrepreneurs sont présents sur un territoire géographique et/ou autour d’un thème donné dans l’objectif de promouvoir leur écosystème. Une trentaine de communautés devraient d’ores et déjà pouvoir se constituer ;
    • labellisation de capitales French Tech qui sont au centre d’un écosystème particulièrement dynamique composé de start-ups en hyper-croissance et au sein duquel un fort soutien des collectivités locales est avéré.

    La mission French Tech va constituer une liste de critères de reconnaissance des communautés et des capitales dans une approche collaborative avec les entrepreneurs et les équipes actuelles des hubs et métropoles.

  • Les enjeux autour de l’évaluation des IoT et leur impact sur l’offre de soins (univ. Paris Diderot)

    Le 8 octobre 2018 se déroulaient les premières rencontres académiques de l’évaluation des objets connectés en santé organisées par l’AP-HP, l’université Paris Diderot et l’Inria. Face aux objets connectés (IoT), les attentes et les espoirs sont immenses mais les questions qu’ils soulèvent sont aussi nombreuses et requièrent une réflexion interdisciplinaire que les trois acteurs ont décidé d’entreprendre. 

    Cette assemblée visait entre autres à interroger les enjeux autour de l’évaluation des IoT afin de garantir que le développent intérêt du patient.

    Des différentes interventions, il est ressorti que les IoT en santé bousculeront plusieurs domaines :
    les données : un cadre réglementaire d’accès aux donnée est nécessaire mais peut avoir moins d’impact sur les acteurs de taille et il faudrait davantage réguler les usages des données ;
    le modèle assurantiel : la disponibilité des données médicales de divers type ne pourra pas être sans conséquence sur les modèles d’assurance en santé actuels ;
    les business models : les start-ups doivent être résolument plus proches des professionnels des usages qui seront fait des solutions qu’elle proposent ;
    intelligence artificielle (IA) : les véritables enjeux autour de l’IA telle qu’elle est en train de se développer sont la traçabilité et « l’explicabilité » des algorithmes sur lesquels les outils reposent.

    Après avoir investi le champ du bien-être et du quantified-self*, des IoT se sont invités dans le champs de la santé dans lequel les domaines d’application sont nombreux, notamment dans le cadre du suivi à distance. Les acteurs académiques ont considéré qu’il fallait donc s’intéresser aux questions d’ordre éthique, économique, clinique, psychologique, sociétal, technologique et numérique.

    Changements de paradigmes et besoin d’interdisciplinarité

    Au cours de l’introduction, Martin Hirsch soulignait l’avènement des IoT et la nécessité d’être capable des les évaluer. Cette évaluation implique, selon lui, une analyse du service médical rendu ainsi que des effets indésirables, au même titre que se fait l’évaluation des effets indésirables liés aux médicaments.

    Il avance par ailleurs que les IoT changent les paradigmes qui régissaient le système des soins, soit :

    • le rapport entre le médecin et le malade ;
    • le rapport du malade au système de santé ;
    • les conditions économiques dans lesquelles s’exerce le soin.

    Selon Martin Hirsch, forger des outils et des doctrines constitue un enjeu stratégique à échelle mondiale pour les soins de demain pour ne pas se faire dépasser par l’avalanche des IoT.

    Christine Clerici, présidente de l’université Paris Diderot, soulignait dans son discours introductif la nécessité de l’interdisciplinarité dans le cadre de cette analyse qui ne peut que se placer à l’intersection des sciences fondamentales, naturelles et humaines.

    Elle soulignait également que la question sous-jacente aux IoT concernait les données. Elle préconisait une attention particulière au moment d’exploiter les données recueillies à l’aide d’outils technologiques par le patient car ce dernier n’est pas un professionnel de santé.

    Ainsi, selon Christine Clerici, la dimension clé dans la question du recueil, de l’évaluation et de l’exploitation des donnés réside dans leur fiabilité.

    Le modèle assurantiel sera chamboulé par la disponibilité des données générées par les IoT

    Durant son intervention, le Pr Étienne Minvielle, titulaire de la Chaire de Management, directeur de l’équipe d’accueil management des Organisations de Santé (EA 7348 MOS) et en charge de la mission « parcours innovant » à l’institut de cancérologie Gustave Roussy, s’est attaché à soulever les questions autour de la pénétration des IoT dans le secteur des soins.

    Parmi les principaux points qu’il a soulevés, on peut noter sa vision de l’impact des IoT sur le secteur de l’assurance en santé. 

    Il fait remarquer qu’à la suite de la disponibilité des données médicales générées par les IoT, les assureurs :

    • auront une meilleure connaissance du risque encouru par chaque individu et des comportements adoptés face au risque ;
    • des actions de prévention des facteurs de risques personnalisées en complément de la gestion de la réparation médicale et qui soient d’application directe par le biais des employeurs.

    L’autre versant de cette disponibilité des données massive comporte les risques et les questions qui y sont associés :

    • l’intrusion d’autres acteurs dans les informations confidentielles tels que les GAFA ;
    • la justification du maintien de la solidarité collective face au risque personnalisé ;
    • le risque d’accroissement d’inégalités fondées sur les IoT ou les connaissances provenant de données massives qu’ils permettent de générer : la fracture numérique, la cybersécurité, la discrimination génétique, la couverture assurantielle, etc.

    Au final, selon lui la meilleure contribution des IoT à la santé des personnes réside dans la personnalisation des soins qu’ils permettent.

    Réglementer l’usage des données ?

    Interrogé par un auditeur sur la politique réglementaire et le cadre juridique à construire autour des données de santé, le Pr Étienne Minvielle se montre réaliste. Il juge qu’un cadre juridique strict ne suffirait pas pour empêcher les GAFA d’obtenir et d’utiliser les données personnelles des patients. Aux États-Unis, par exemple, où la réglementation est moins stricte ou insuffisante, ils les utilisent déjà.

    Une solution serait de réguler les usages qu’ont les acteurs des données. Ainsi, les ceux qui souhaiteraient exploiter les données de santé devraient passer par une accréditation émise par un organisme indépendant qui entérinerait l’usage qu’ils comptent en faire pour qu’une relation de confiance puisse s’établir.

    Les écueils à éviter par les start-ups, principaux acteurs de l’écosystème des IoT

    Le Pr Etienne Minvielle soulignait que dans le cadre des IoT touchant à la santé des citoyens, nous sommes dans des temps longs et des cycles de recherche et d’autorisation des dispositifs fidèles aux cycles d’évaluation dans le domaine de la santé. Il s’agit là du premier constat que les start-ups doivent intégrer dans leur business model pour éviter de s’essouffler à mi-chemin.

    Autres considérations à prendre en compte :

    • associer les professionnels de santé à leur projet le plutôt possible afin de répondre correctement à la question de l’usage qui est cruciale – la solution proposée doit répondre à un besoin précis d’une communauté de professionnels de santé ;
    • ne pas attendre et oublier de procéder à l’évaluation de la valeur ajoutée d’une solution dès le « temps zéro », car si une analyse est basée sur les données, les données de départ sont tout aussi importantes que les données postérieures ;
    • ne pas écarter les considérations économiques dès l’éclosion des projets car actuellement les IoT de bien-être et de santé ne font pas généralement l’objet d’un remboursement ;
    • bien définir le marché de lancement qui doit être favorable aux solutions technologiques, donc ne pas écarter la possibilité de s’exporter avant de revenir à la conquête du marché français.

    L’IA n’est pas porteuse d’un changement de paradigme ni de révolution mais va continuer à faciliter le travail des professionnels

    Le défi majeur lié à l’IA réside dans la traçabilité

    Selon Eric Fleury, directeur de l’Inria, l’intelligence artificielle (IA) a depuis longtemps été un facilitateur dans le domaine de la santé. Par ailleurs, la « e-santé » et la « e-médecine » sont selon lui deux concepts différents. le premier est lié au bien-être et le second à la médecine. Ainsi, les IoT n’évoluent pas de la même façon dans ces deux domaines.

    Ainsi, lorsque l’on parle de la médecine, le défi majeur associé aux solutions reposant sur l’IA est celui de « la traçabilité et de l’explicabilité », à savoir une démarche qui consiste à rendre toute décision apportée par une solution d’intelligence artificielle transparente en mettant à nu tous les éléments de la chaîne du processus qui a abouti à la proposition d’une solution.

    Les données nourrissant l’IA doivent être fiables

    Selon lui, la rupture peut se situer dans le domaine économique et plus précisément dans l’économie de l’assurance qui pourra être bouleversée.

    Il faut aussi calmer certaines ardeurs quant aux aspirations qui existent autour des données car pour arriver à de bonnes conclusions permettant de vérifier une hypothèse scientifique, il faut se fonder sur des données fiables, soit celles produites dans le cadre d’une expérience scientifique. Ainsi, la gratuité ou la disponibilité de données multiples provenant de sources multiples n’est pas forcément la méthode scientifique la plus adaptée.