Deep Medi, une start-up basée en Corée du Sud, se prépare à lancer un logiciel sous la forme d’une application mobile baptisée « S-vital » et basée sur l’intelligence artificielle, qui utilise l’appareil photo d’un smartphone pour mesurer de manière visuelle la pression artérielle d’une personne.
L’utilisateur doit placer son doigt sur l’objectif de l’appareil photo, le maintenir enfoncé pendant une minute et visualiser son niveau de pression artérielle. L’objectif de l’appareil est ainsi de faciliter le suivi des patients à distance.
La start-up recueille actuellement des données cliniques de manière indépendante et en partenariat avec deux hôpitaux de Séoul. Elle a également entrepris des démarches pour que son appareil soit reconnu en tant que dispositif médical par les autorités correspondantes, en Corée du Sud mais également aux États-Unis et au sein de l’Union européenne afin de déployer sa technologie sur les principaux marchés internationaux.
Fonctionnement du logiciel
Le logiciel de l’application S-vital fonctionne par le biais de l’intelligence artificielle. L’appareil photo du smartphone illumine la peau et mesure les changements d’absorption de la lumière, le teint subissant de légers changements en fonction de la quantité de sang qui circule selon le rythme cardiaque, des différences généralement imperceptibles à l’œil humain.
L’outil peut capter ces changements et les utiliser pour déduire les niveaux de pression artérielle à l’aide d’algorithmes.
Une solution qui fonctionne avec des smartphones datant de 2016
La solution n’a pas besoin d’une caméra de très haute résolution pour fonctionner, a déclaré Lee Kwang-jin, P.-D.G. de la société, des tests internes réalisés par la start-up ayant prouvé la compatibilité de la technologie avec les smartphones fabriqués dès 2016.
Permettre « à quiconque de prendre des mesures, n’importe où, n’importe quand »
Les résultats d’analyses traditionnelles de la pression artérielle comportent deux chiffres : l’un correspond à la pression artérielle systolique et l’autre à la pression artérielle diastolique.
À l’heure actuelle, la société indique que sa solution répond aux exigences de précision en matière de tension artérielle diastolique et cherche à accroître la précision de ses lectures de tension artérielle systolique avant de solliciter auprès des autorités de réglementation de Corée du Sud et de l’étranger une demande pour reconnaître sa technologie en tant que dispositif médical.
L’idée est de remplacer la méthode conventionnelle de mesure de la pression artérielle nécessitant l’utilisation d’un brassard gonflable, réservée quasi exclusivement aux hôpitaux, peu de personnes possédant de tels tensiomètres à domicile.
« Notre application changerait cette situation en permettant à quiconque de prendre des mesures, n’importe où, n’importe quand », explique Lee Kwang-jin (source : The Korea Herald).
Une technologie qui se veut plus précise que les outils déjà présents sur le marché
Le procédé consistant à utiliser l’objectif de la caméra d’un téléphone pour suivre les signes vitaux n’est pas une nouveauté, divers applications gratuites permettant de surveiller la fréquence cardiaque à l’aide d’un appareil photo.
Cependant, Deep Medi affirme être la première société à avoir développé avec succès des algorithmes permettant de déduire avec précision la pression artérielle à l’aide d’un appareil photo standard mais aussi à avoir commencé à recueillir des données de ce type à grande échelle.
Une utilisation pour les médecins et les sociétés pharmaceutiques
Selon la start-up sud-coréenne, l’application S-vital pourrait être utilisée comme outil de surveillance de la pression artérielle, permettant aux médecins d’utiliser les données enregistrées pour mieux orienter leur diagnostic et suivre de plus près l’état de santé de leurs patients. Elle pourrait aussi servire aux sociétés pharmaceutiques menant des essais cliniques, le développement de nouveaux médicaments nécessitant une surveillance régulière de la pression artérielle.
Vers une reconnaissance en tant que dispositif médical
La start-up collecte actuellement des données cliniques de manière indépendante et en partenariat avec l’hôpital Gangnam Severance de l’université Yonsei, basée à Séoul, et l’hôpital Bundang de l’université nationale de Séoul.
Une commercialisation envisagée sur les principaux marchés étrangers
Lorsqu’elle aura recueilli suffisamment de données cliniques, la société prévoit de faire approuver son logiciel en tant que dispositif médical par les autorités de réglementation, notamment par le ministère coréen de la Sécurité des aliments et des médicaments et la FDA. Elle envisage également de demander l’obtention du marquage CE pour les dispositifs médicaux.
Avec ces différentes approbations, elle espère ainsi commercialiser son application sur les principaux marchés étrangers.
Des négociations avec la compagnie d’assurance Metlife
En attendant ces différentes validations du point de vue réglementaire, Deep Medi a déjà cédé sous licence l’interface de programmation d’application de son algorithme aux clients intéressés, dont Partron, une entreprise basée à Séoul qui fournit des capteurs et des modules à des sociétés telles que Samsung Electronics.
La start-up est également en pourparlers avec la compagnie d’assurance américaine Metlife afin de créer des formules d’assurance utilisant les relevés de pression artérielle pouvant être collectés par l’appareil de Deep Medi, a déclaré son P.-D.G.
Pour attirer plus d’utilisateurs, elle se prépare également à lancer sa solution sous la forme d’une application de bien-être proposant aux utilisateurs des conseils de santé et des données sur le niveau de stress en fonction de la pression artérielle détectée.