Articles

  • Baidu lance un appareil photo basé sur IA pour détecter des maladies oculaires sans ophtalmologue

    À l’occasion de sa conférence Baidu World, le moteur de recherche chinois a dévoilé le 1er novembre 2018 à Pékin l’AI Fundus Camera, un nouvel outil basé sur l’intelligence artificielle (IA) destiné à réaliser un fond d’œil. Cette technologie vise à dépister en moins de 30 secondes trois types de maladies oculaires : la rétinopathie diabétique, la dégénérescence maculaire et le glaucome.

    Afin de proposer un système d’analyse efficace, Baidu a travaillé avec les hôpitaux d’ophtalmologie chinois de Tongren et de Zhongshan pour que son intelligence artificielle puisse « apprendre » à partir de diverses images issues de fonds d’œil. Au cours d’essais cliniques, l’outil a fait preuve d’une sensibilité et d’une précision de 94 %.

    Concrètement, l’appareil prend une photo et peut ensuite générer un rapport d’analyse. Selon l’entreprise, le cliché en question n’a pas besoin d’être réalisé par un médecin. L’objectif est de pouvoir détecter une maladie même si aucun ophtalmologue n’est disponible ou accessible aux alentours, la Chine étant touchée par un manque de ces médecins spécialistes.
    Afin d’améliorer l’accessibilité aux soins oculaires dans les déserts médicaux, l’entreprise a annoncé qu’elle ferait don de 500 AI Fundus Cameras aux régions rurales du pays, où environ 56 millions de personnes vivent actuellement.

    Baidu cherche à s’imposer dans le secteur de la santé via son expertise en IA

    Ce projet de e-santé n’est pas le premier de Baidu dans le secteur. Par exemple, en 2016, le géant chinois a lancé Melody, un chatbot basé sur intelligence artificielle qui recueille des informations, répond aux questions des patients relatives à leur état de santé et donne ses retours aux médecins (voir article en lien ci-contre).

    Cet outil a été conçu à partir de l’application Baidu Doctor, déployée en 2015, qui permettait aux patients de discuter en ligne directement aux médecins et de prendre rendez-vous pour des consultations.

    Le marché chinois attire les entreprises health tech du monde entier

    Le marché chinois, qui compte près de 1,4 milliard de personnes, est un terrain propice au développement de la e-santé. Des entreprises du monde entier cherchent à le pénétrer. Par exemple, en 2017, la société israélienne de matériel médical EarlySense a passé un accord avec Shenzhen Lachesis Mhealth, l’un des principaux concepteurs de produits de santé intelligents en Chine, dans le but de développer ses activités au sein du pays.

    Un partenariat pour renforcer les connexions avec les innovateurs basés aux États-Unis

    Les sociétés basées aux États-Unis s’intéressent également de près à ce marché. Parmi les initiatives dans le domaine, le US-China Health Summit, un programme affilié à l’université de Harvard qui comprend un concours de start-ups permettant de relier les innovateurs américains dans le secteur de la santé aux ressources chinoises.

  • La généralisation du carnet de santé numérique lancée sous le slogan« DMP : la mémoire de votre santé »

    Lors d’une conférence de presse ce matin, le 6 novembre 2018, Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la santé, aux côtés de Nicolas Revel, directeur générale de la CNAM, a lancé la généralisation du DMP concomitante à une campagne de communication intitulée « DMP: la mémoire de votre santé ».

    Le bilan de la première phase de déploiement dans 9 départements a été réalisé et au 30 octobre 2018, 1 882 503 personnes disposaient d’un DMP.

    Il s’agit d’un véritable carnet de santé numérique, selon la ministre, qui est désormais dotée d’une application DMP facilitant encore davantage l’accès au DMP. Ce carnet sera amené à évoluer et les orientations ont été esquissées jusqu’en 2022 visant à inclure entre autres les informations sur la vaccination ou en provenance des objets connectés (IoT).

    Garantie du succès : la multiplication des voies d’accès au DMP

    Selon le directeur général de la CNAM, la réussite de la feuille de route publiée fin avril 2018 tenait à la capacité des acteurs à en faciliter l’ouverture, en multipliant les voies possibles : depuis le troisième trimestre 2018, la création des DMP par les pharmaciens d’officine a été mise en œuvre et par les services d’accueil des caisses d’assurance maladie depuis fin septembre 2018, et les patients peuvent désormais ouvrir leur propre DMP en ligne via le site dmp.fr.

    Des négociations sont en cours pour étendre cette possibilité au corps infirmier, contact privilégié des patients.

    « Nous sommes déjà proches des 100 000 DMP créés chaque semaine, alors que la campagne nationale n’est pas encore lancée. L’objectif est d’ouvrir des dizaines de millions de DMP, non pas en deux mois mais dans les quatre prochaines années », déclare Nicolas Revel.

    15 millions d’euros annuels sur 5 ans pour la Cnam

    Nicolas Revel estime le coût de gestion de l’infrastructure, l’hébergement des données et la sécurisation, ainsi que les développements à venir à 15 millions d’euros endossés par l’assurance maladie. Ce coût est déjà intégré dans le budget quinquennal de celle-ci.

    Une campagne d’information pour rallier l’ensemble des acteurs à la cause du DMP

    Afin de valoriser et véhiculer au plus grand nombre les bénéfices que cet outil, l’Assurance maladie lance à partir du 9 novembre une vaste campagne de communication via tous les canaux (télévision, affichage, internet et réseaux sociaux) qui s’inscrira dans la durée et qui prend les formes suivantes :

    • trois spots télévisés diffusés sur les principales chaînes de la TNT1 ;
    • trois affiches visibles dans une cinquantaine d’agglomérations ;
    • des bannières présentes sur des sites internet et les réseaux sociaux.

    Les organismes de l’Assurance malade, les ARS et tous les acteurs locaux participeront au déploiement du DMP et à la campagne d’information.

    Un volet concerne spécifiquement les professionnels de santé via ameli et les newsletter professionnelles adressées par l’Assurance maladie.

    Enfin, les pharmaciens dans leur rôle d’acteur de santé de proximité et déjà fortement impliqués dans le déploiement, vont disposer d’outils d’information pour les officines.

    Tous ces moyens sont mis en place, car les responsables jugent que l’adhésion de l’ensemble des catégories de la population est la condition du succès du DMP.

    Bilan chiffré : le seuil symbolique du million de DMP franchi

    • 1 882 503 de DMP créés au 30 octobre 2018 ;
    • 146 logiciels métiers des professionnels de santé étaient compatibles avec le DMP à l’été 2017 ;
    • fin 2017, le cap du million de DMP créés en France entière a été franchi ;
    • au 30 juin 2018, 127 établissements de santé se sont mobilisés sur les 159 établissements ciblés en fonction de leur taille ;
    • au 30 juin 2018, 723 539 personnes disposaient d’un DMP dans les seuls 9 départements pilotes, soit 12,3% de la population de ces territoires ;
    • sur les 159 établissements de santé sélectionnés pour déployer prioritairement le DMP, 80% l’alimentaient à cette date ;
    • 18 % de médecins libéraux ont alimenté le DMP pendant ces 18 mois d’expérimentation ;
    • 300 000 DMP créés au cours des quatre derniers mois dans près de 8 000 officines.

    Contenu du DMP et l’aspect sécuritaire des données

    Le DMP a vocation à contenir les informations médicales du patients intégrées sous forme de synthèses médicales des généralistes, de bilans de kinésithérapie, de bilans d’orthophonie, de comptes rendus d’hospitalisation et d’imagerie, d’analyses de biologie. Le directeur de la CNAM annonce que d’autres types de documents pourront s’intégrer au DMP à l’avenir.

    Ainsi, la question de la sécurité des données intégrées est au cœur des préoccupations.

    Conditions d’accès

    • Pour les patients, l’accès requiert la saisie d’un identifiant, d’un mot de passe personnalisable et d’un code d’accès à usage unique envoyé sur le téléphone mobile ou par mail.
    • Pour les professionnels de santé, l’utilisation de la carte professionnelle de santé (CPS) est requise.
    • Confidentialité :
      • le patient préserve le contrôle de toutes ses données et sélectionne les professionnels autorisés à y accéder ;
      • toute modification du DMP engendre une notification par e-mail ou SMS ;
      • le professionnel n’accède qu’à la partie du DMP qui le concerne et seul le médecin accède à la totalité des données.

    Sécurisation, accès et hébergement

    • Conservé par un hébergeur de données de santé ayant reçu un agrément du ministère en charge de la santé, le DMP peut être vu uniquement par le patient et les professionnels de santé autorisés.
    • Les données stockées dans le DMP sont cryptées à partir d’une clé propre à chaque assuré.
    • Les informations présentes dans les DMP ne peuvent être exploitées à des fins commerciales, d’études ou autre, ce qui exclut l’accès au DMP par d’autres acteurs tels que les laboratoires pharmaceutiques, mutuelles, banques, assurances, etc.
    • L’Assurance maladie, elle-même, ajoute l’historique des soins dans les DMP mais ne peut pas les consulter.
    • Le personnel administratif des établissements de santé et médico-sociaux a accès uniquement à la partie administrative du DMP.
    • Les médecins du travail et les médecins-conseils des organismes d’assurance n’ont aucun accès au DMP.

    2019 et 2020 : les prochaines étapes de l’enrichissement

    Les pistes d’amélioration esquissées par Nicolas Revel :

    • une interface favorisant la consultation et l’alimentation qui passent par une accessibilité et une ergonomie optimisées, rendues possibles grâce aux efforts des éditeurs ;
    • la création d’un moteur de recherche interne au DMP ;
    • l’ajout des données de l’historique des soins de l’Assurance maladie en données structurées afin de proposer des services aux professionnels de santé comme la mise au point d’indicateurs.

    Dès 2019, le patient pourra :

    • ajouter dans un nouvel espace des directives anticipées concernant ses souhaits concernant la fin de vie ;
    • profiter d’une nouvelle version de l’application mobile DMP qui verra son ergonomie et son graphisme optimisés ;
    • bénéficier de la fonctionnalité permettant la sauvegarde de son identifiant.

    Les professionnels quant à eux seront impliqués dans des expérimentations de la consultation du DMP sans carte CPS dans les établissements de santé en maintenant un haut niveau de sécurité.

    Entre 2020 et 2022 :

    • ajout d’un carnet de vaccination dans le DMP ;
    • alimentation du DMP par des objets connectés ;
    • utilisation de l’appli carte Vitale pour simplifier les conditions de création et d’accès au DMP ;
    • ajout de données structurées dans le DMP.

  • L’université de Reims Champagne-Ardennes mise sur la formation par simulation en ophtalmologie

    L’université de Reims Champagne-Ardennes a annoncé dans un communiqué le 5 novembre 2018 qu’elle s’est dotée d’un simulateur ophtalmologique à la pointe des technologies qu’elle va mettre à disposition des étudiants de médecine qui souhaitent acquérir des connaissances dans cette spécialité « en tension ».

    L’établissement se fixe l’objectif d’augmenter le nombre d’internes formés en ophtalmologie, de leur proposer une meilleure formation et de les inciter à se spécialiser dans ce domaine. Il correspond à un besoin de satisfaire une demande de soins croissante, notamment du fait du vieillissement de la population et donc de l’augmentation des actes de chirurgie de la cataracte, un des actes les plus courants avec 400 000 interventions annuelles réalisées.

    L’université revendique une démarche innovante dans la formation en adoptant un simulateur qui sera associé à la mise en place d’un véritable cycle de formation sur simulateur intégré au cursus de l’internat à la faculté de médecine de Reims.

    L’inauguration de l’appareil aura lieu le 21 novembre 2018 au campus « santé » de l’établissement. Il sera mis à disposition des internes de l’université de Reims Champagne-Ardennes mais également des ophtalmologistes exerçant dans les centres hospitaliers du GHT afin de :
    • simuler des interventions de précision ;
    • proposer des possibilités illimitées d’entraînement dans toutes les conditions et les situations d’opération ;
    • permettre des opérations plus sûres en supprimant les risques pour les patients.

  • Selon 93 % des médecins, la téléconsultation résoudrait certains problèmes des patients (Hellocare)

    93 % des médecins estiment que la téléconsultation résoudrait certains problèmes de leurs patients, révèle un étude réalisée en juillet 2018 par Hellocare, une société qui propose une plateforme de télémédecine.

    En ce qui concerne le type de problèmes concernés, 96,4 % répondent qu’un tel dispositif permettrait aux patients de limiter leurs déplacements, 85, 7 % de réduire le délai avant une consultation, la même proportion cite une baisse du renoncement aux soins, enfin, 60,7 % pensent que l’un des avantages des consultations à distance est la diminution du temps passé en salle d’attente.

    Cette enquête, présentée sous la forme d’une infographie diffusée le 5 novembre 2018, est un complément à une étude Ipsos intitulée « Télémédecine : une réponse complémentaire efficace pour faciliter l’accès aux soins », publiée le 29 mai 2018. Elle a été menée à partir d’un échantillon de 30 médecins et de plus de 1 000 patients français.

    Autres enseignements principaux de l’étude

    • 20 % des consultations pourraient déjà être faites en ligne, soit environ 60 consultations par mois par médecin généraliste ;
    • 68 % des médecins généralistes déclarent déjà échanger avec leurs patients par SMS, une proportion qui est de 58 % chez les spécialistes ;
    • 6 personnes interrogées sur 10 ont déjà renoncé à consulter un professionnel de santé et 38 % ont attendu trop longtemps avant de consulter pour un problème a priori bénin et qui s’est par la suite aggravé.
  • Colloque sur la simulation en santé : télémédecine, qualité, évaluation au Mans le 11/12/2018

    L’Agence Régionale de Santé Pays de la Loire organise mardi 11 décembre 2018 au Centre Hospitalier du Mans un colloque sur la simulation en santé.

    La simulation en santé est perçue comme un moyen permettant aux professionnels de santé de développer leurs compétences pour offrir aux patients des soins de qualité. Afin d’encourager cette pratique, l’ARS organise chaque année un colloque régional et labellise des projets. Cette année, le colloque sera articulé autour de trois thématiques principales :
    • simulation et télémédecine ;
    • simulation interprofessionnelle au service de la qualité et de la sécurité ;
    • simulation et évaluation : où en est-on ?

    Il s’agit d’un événement organisé en partenariat avec QualiREL Santé, la Structure régionale d’appui qualité, risque, évaluation des Pays de la Loire, et Cap’Sim – Centre d’apprentissage par la simulation.

    L’inscription est gratuite, mais obligatoire du fait du nombre de places limité, et se fait via le lien ci-contre.

    Contact : contact@qualirelsante.com 

    Programme

    9h00 Accueil

    9h30 Introduction

    • Jean-Jacques COIPLET, Directeur Général Agence Régional de Santé Pays de la Loire
    • Olivier BOSSARD, Directeur Général Centre Hospitalier Le Mans
    • Dr Véronique DELMAS, Responsable CAp’Sim – Centre d’Apprentissage par la Simulation, CH Le Mans

    Modération de la journée assurée par :

    • Pr Corinne LEJUS – Responsable Universitaire Le SiMu, Université de Nantes
    • Mme TIRAND-MARTIN – Directrice IFSI-IFAS, CH Le Mans / PSSL

    10h00 Simulation et Télémédecine, Pr Ludovic MARTIN, Centre de simulation All’Sims, Angers

    10h30 La simulation inter professionnelle au service de la qualité et de la sécurité, Dr Véronique DELMAS, Responsable Centre de simulation CAp’Sim, Le Mans

    11h00 Simulation et évaluation : où en est-on ? Pr Jean-Claude GRANRY, Responsable Centre de simulation All’Sims, Angers

    11h30 Lancement de la Plateforme de Ressources Simulation en Santé,

    • Mme Soisik VERBORG, Chargée de mission Simulation, QualiREL Santé Pays de la Loire
    • Mme Noémie TERRIEN, Coordonnateur QualiREL Santé Pays de la Loire

    Pause Repas //Visite du CAp’Sim – Centre de Simulation du CH du Mans

    14h00 Présentation des projets labellisés 2017

    15h45 Remise des labels

    16h00 Synthèse et clôture du séminaire

    • Mme Noémie TERRIEN, Coordonnateur QualiREL Santé Pays de la Loire
    • Dr Jean HALLIGON

  • La banque européenne d’investissement accorde un prêt de 225M€ pour le programme « eHealth » irlandais

    La Banque européenne d’investissement (BEI) a annoncé le 12 octobre 2018 par communiqué qu’elle venait d’accorder un prêt de 225 millions d’euros d’une durée de 20 ans pour soutenir le déploiement du programme irlandais d’information et de santé numérique « eHealth ». Ce dernier vise à améliorer la prestation des services de santé, davantage centrés sur le patient, au sein du pays au cours de la prochaine décennie.

    Le déploiement du programme « eHealth » fait partie des recommandations majeures mises en avant dans le rapport national « Sláintecare ». Le document préconise la poursuite d’un soutien à la stratégie de l’Irlande dans le domaine de la santé en ligne, en garantissant entre autres, le financement nécessaire au développement rapide d’un système de dossiers médicaux électroniques (DME) dans le cadre des soins hospitaliers et non hospitaliers.
    La feuille de route sur la numérisation du secteur de la santé irlandais prévoit par ailleurs l’introduction de matricules individuels de santé pour chaque patient et la mise en place d’un système d’archives nationales partagées, accessible à tous les prestataires de soins.

    Le prêt a été signé à Dublin par Andrew McDowell, vice-président de la BEI, et par Conor O’Kelly, directeur général de l’Agence nationale de gestion de la trésorerie (NTMA). Il s’agit du premier projet de santé numérique soutenu par la Banque européenne d’investissement.

    Simon Harris, le ministre de la Santé irlandais, a déclaré (communiqué) : « La contribution majeure de la Banque européenne d’investissement (BEI), confirmée aujourd’hui, marque une étape clé dans la matérialisation des avantages du programme eHealth pour les citoyens de ce pays et dans la création d’un service de santé moderne et axé sur le patient. (…) Le déploiement du programme de santé en ligne, qui était l’une des principales recommandations du rapport « Sláintecare », permettra une reconfiguration des services dans les secteurs des soins hospitaliers, non hospitaliers et de la médecine générale, et offrira la possibilité de proposer un service plus intégré au patient, indépendamment du lieu où il se trouve. »

    « Un système de soins de santé centré sur le patient et numériquement intégré »

    Cet engagement de la BEI fait suite au soutien récemment apporté aux investissements dans le secteur de la santé de l’hôpital national pour enfants, des centres de soins primaires, du Royal College of Surgeons, des universités irlandaises et de la recherche médicale menée par des entreprises irlandaises d’envergure internationale.

    « Notre vision consiste à créer un système de soins de santé centré sur le patient et numériquement intégré ; à mesure que nous progressons vers ce but, nous découvrons de nouveaux avantages, a commenté le professeur Martin Curley, directeur des systèmes d’information auprès de la direction des services de la santé (HSE). Les investissements annoncés ce jour contribueront de manière significative à la réalisation de cette vision. »

    Neuvième prêt de la BEI accordé à l’Agence de gestion de la trésorerie irlandaise

    Le programme de santé numérique irlandais sera mis en œuvre par le ministère de la Santé irlandais, la direction des HSE et le programme « eHealth Ireland ». L’Agence nationale de gestion de la trésorerie (NTMA) représente l’État irlandais dans le cadre de ses emprunts.

    Cet appui de la BEI représente le neuvième prêt de l’institution financière à la NTMA depuis 2012.

    La BEI a prêté plus de 14 Mds € ces 10 dernières années pour des investissements liés à la santé

    Au cours des dix dernières années, la Banque européenne d’investissement a prêté sur l’ensemble de l’Union européenne plus de 14 milliards d’euros en matière d’investissements liés à la santé.

  • NTMA

    National Treasury Management Agency (Agence nationale de gestion de la trésorerie irlandaise)null

  • HSE

    Health Service Executive (services de la santé irlandais)null

  • Le SML regrette les atteintes à l’indépendance des libéraux instaurées par le PLFSS 2019

    Alors que le PLFSS voté par l’Assemblée nationale le 30 octobre 2018 va être examiné par la commission des Affaires sociales du Sénat le 7 novembre et débattu par les sénateurs entre le 12 et 20 novembre 2018, le Syndicat des Médecins Libéraux (SML) a réagi dans un communiqué du 2 novembre 2018 à plusieurs mesures inscrites dans le texte adopté.

    Le SML salue les mesures telles que  le relèvement de l’Ondam ou des mesures visant à faciliter l’exercice libéral occasionnel, mais dénonce à la fois une « mise sous tutelle » croissante des médecins libéraux notamment à travers la volonté d’accélérer le déploiement des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS).

    Des progrès nuancés et un libéral qui se sent contraint

    Le SML salue le relèvement de l’ONDAM de 2,5 % pour 2019, soit 200,3 milliards d’euros afin d’accompagner la transformation du système de santé.

    Parmi d’autres mesures jugées positives par le syndicat :

    • la protection sociale des indépendants ;
    • l’harmonisation du congé maternité et la prolongation du congé paternité en cas d’hospitalisation du nouveau-né ;
    • la dématérialisation des arrêts de travail, que le SML souhaite voir étendue aux prescripteurs hospitaliers ;
    • les dispositions destinées à simplifier l’exercice libéral occasionnel qui lèvent un des derniers obstacles dissuadant les jeunes médecins de rejoindre les cabinets libéraux durant leur formation.

    Les regrets : les CPTS remises en cause

    Malgré le taux de l’ONDAM relevé, le SML retient :

    • les 3,840 milliards d’euros d’économies qu’il faudra réaliser afin de limiter l’évolution tendancielle des dépenses d’assurance maladie ;
    • le gel début 2019 des 120 millions d’euros dévolus aux soins de ville dans l’objectif de couvrir une partie du dépassement éventuellement constaté en cours d’exercice.

    Par ailleurs, les médecins libéraux ont le ressenti que leur pratique est de plus en plus contrainte par des mesures redondantes.

    Le SML s’interroge ainsi sur les dispositifs censés accélérer la mise en œuvre des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) et le déploiement des assistants médicaux.

    Le syndicat s’interroge sur cette volonté d’accélérer le déploiement de ces dernières et rappelle que dans le cas de l’adoption définitive du texte actuel du PLFSS, le directeur général de l’Assurance maladie devra engager « dans le délai d’un mois à compter de la promulgation […] des négociations conventionnelles en vue de déterminer les mesures visant à inciter au développement de l’exercice coordonné et au recrutement de personnels salariés ayant vocation à assister les médecins dans leur pratique quotidienne ».

    La réorientation des urgences à l’hôpital et la prescription par les pharmaciens refusées

    Le SML s’oppose en outre au forfait de réorientation des urgences à l’hôpital vers les soins de ville et encore davantage à l’introduction d’une rémunération au forfait en ville.

    Dans un autre communiqué, le SML se réjouit du rejet de l’amendement ayant proposé l’introduction de la possibilité pour les pharmaciens de prescrire certains types de médicaments.

  • Étude : 400 000 participants vont tester l’Apple watch pour détecter les troubles du rythme

    Des chercheurs de l’université de Stanford viennent de terminer l’inclusion de 400 000 patients dans la plus large étude* de dépistage de la fibrillation auriculaire jamais réalisée. Elle aura pour but de déterminer si une Apple Watch peut identifier avec préciser ce trouble du rythme cardiaque. Le rationnel de cette étude et son design ont été publiés le 1er novembre 2018 dans l’American Heart Journal.

    Une montre connectée pour repérer la fibrillation auriculaire

    La fibrillation auriculaire (FA) est un trouble du rythme cardiaque qui affecte entre 3 et 6 millions de personnes aux États-Unis. Si elle n’est pas diagnostiquée ou traitée, la FA peut entraîner le développement d’une insuffisance cardiaque ou d’autres complications, y compris un accident vasculaire cérébral. Ce sous-diagnostic concernerait environ 700 000 personnes aux États-Unis.

    Pour lutter contre ce problème de santé publique, Apple a développé une application sur l’Apple Watch qui, à l’aide d’un capteur, enregistre les données du rythme cardiaque et détecte d’éventuelles irrégularités. Aux États-Unis, 77 % des personnes ont un smartphone ; 13 % des « montres intelligentes » et 40 % des consommateurs américains envisagent d’en acheter une.

    Dans le cadre d’une très large étude clinique menée par des chercheurs de l’université de Stanford, le dispositif va être testé sur 400 000 personnes. Le rationnel de cette étude et son design ont été publiés le 1er novembre 2018 dans l’American Heart Journal.

    L’étude d’Apple (Apple Heart Study) a pour but de déterminer si la technologie portable est capable d’identifier des rythmes cardiaques irréguliers évocateurs d’une fibrillation auriculaire en analysant les données de fréquence du pouls provenant du capteur optique de l’Apple Watch.

    Pour déterminer la lecture du pouls, la Smartwatch utilise des lumières LED et des photodiodes photosensibles pour mesurer les changements dans le volume du flux sanguin traversant le poignet de l’utilisateur afin de générer un photopléthysmogramme utilisé pour estimer le pouls. Les intervalles sont ensuite utilisés pour créer un tachogramme (fréquence du pouls dans le temps), qui peut être utilisé pour mesurer des irrégularités du pouls pouvant être indicateur d’une FA.

    Si une fibrillation auriculaire est suspectée, le participant est alerté grâce à un système de notification sur l’Apple Watch. Une téléconsultation par vidéo est alors organisée, puis un système d’ECG par patch est envoyé afin de confirmer le diagnostic de FA.

    Des capteurs optiques à évaluer

    « Nous disposons aujourd’hui de capteurs de grande qualité capables de mesurer et de détecter les modifications de notre corps de manière totalement nouvelle et intuitive sans même avoir besoin de consulter un médecin mais nous devons les évaluer de manière rigoureuse », a déclaré Mintu Turakhia, professeur associé de médecine cardiovasculaire à Stanford et auteur principal de l’étude.

    Son confrère, le Pr Marco Perez, a précisé que « l’avantage de l’application qui utilise le capteur optique est qu’elle peut rechercher une impulsion irrégulière plusieurs fois par jour en arrière-plan, sans demander à l’utilisateur de l’activer ».

    Les principaux objectifs de l’Apple Heart study sont :

    • de mesurer la proportion de personnes avec un pouls irrégulier détecté par l’Apple Watch qui souffrent d’une fibrillation auriculaire confirmée par ECG ;
    • de caractériser la concordance des épisodes de notification d’irrégularité du pouls de l’Apple Watch avec des ECG ambulatoires enregistrés simultanément ;
    • d’estimer le taux de participants ayant un premier contact avec un soignant dans les 3 mois après le signalement d’une irrégularité du rythme cardiaque.

    Une étude totalement virtuelle

    L’étude, financée par Apple, est menée en partenariat avec l’école de médecine de l’université de Stanford. Un comité indépendant de surveillance de la sécurité des données a été créé ainsi qu’un comité de pilotage composé de représentants de l’université de Stanford, du sponsor et de 5 membres externes, dont un patient atteint de fibrillation auriculaire.

    Au total, 419 093 participants ont été inclus dans l’étude au 1er octobre 2018. Sa taille mais aussi sa conception la rendent inédite. Elle est réalisée de manière totalement virtuelle : de l’inscription et du consentement aux visites d’étude et à la surveillance des correctifs, tous les aspects de l’étude sont réalisés sans que les participants ne soient physiquement présents.

    Cette conception a permis la mise en œuvre d’une stratégie de recrutement massive dans un délai relativement court et pour un coût relativement faible.

    Par ailleurs, pour que les données des participants ne soient en aucun cas accessibles au sponsor, elles sont gérées sur plusieurs plateformes cloud avec des identifiants uniques pour chaque participant. La fusion des données présente un défi supplémentaire car la surveillance et l’ECG par e-patch génèrent différents types de données.

    L’étude est entrée dans la phase finale de la collecte des données et sera achevée au début de l’année 2020.