La base de données du premier écosystème d’intelligence artificielle d’imagerie médicale, baptisé « DRIM France IA », devrait être ouverte au cours du premier semestre 2019, a indiqué le 23 novembre 2018 à Health & Tech Intelligence Jean-Philippe Masson, président de la Fédération nationale des médecins radiologues (FNMR), en partie à l’origine du projet. Il précise que l’un des objectifs est d’ouvrir cette base au DMP d’ici la fin 2019, soulignant qu’il s’agit d’une initiative « novatrice car déployée à échelle nationale ».
L’outil, dont le lancement a été officialisé en octobre 2018 à l’occasion des Journées francophones de radiologie (JFR) par le Conseil national de la radiologie française (G4), a pour objectif de concevoir et d’exploiter « une base de données qualifiées d’imagerie autorisant le développement de programmes et d’applications en matière d’imagerie médicale au service des patients et de la santé publique », indique le communiqué.
Cette base, qui recueillera les quelque 100 millions d’images produites chaque année dans les cabinets et services de radiologie publics et privés, tend à devenir l’une des plus grandes bases de données d’imagerie médicale au monde.
Elle sera accessible aux entreprises industrielles, aussi bien aux grands groupes qu’aux start-ups, sous le contrôle d’un comité scientifique, qui « veillera au respect de la réglementation applicable à l’utilisation des données de santé ». Par son utilisation, ces derniers pourront développer des applications de recherche, de formation, d’évaluation, de prévention, de diagnostic, de thérapeutique et de suivi des patients.
Un potentiel de 400 millions d’examens d’imagerie
Le Conseil national de la radiologie française (G4) à l’origine de DRIM France IA réunit le Collège des enseignants de radiologie de France (CERF), la Fédération nationale des médecins radiologues (FNMR), la Société française de radiologie (SFR) et le Syndicat des radiologues hospitaliers (SRH).
À son ouverture, la base de données, qui inclura l’ensemble des archives exploitables à disposition, sera dotée d’un « potentiel de 400 millions d’examens d’imagerie médicale », a précisé à Health & Tech Intelligence Jean-Philippe Masson. « À ces données s’en ajouteront de nouvelles au fil du temps, environ 100 millions d’images étant produites chaque année en radiologie. »
L’équipe en charge du projet est encore en discussion sur quelques aspects, notamment techniques, pour savoir si les données seront stockées par le biais de serveurs physiques ou non et aboutir à une intégration fluide de ces images dans l’optique que la base soit simple à utiliser et que le processus perturbe au minimum le workflow des radiologues.
Vers un déploiement à d’autres disciplines et d’autres pays francophones
« D’ici fin 2019, nous visons une ouverture au DMP », précise Jean-Philippe Masson, qui ajoute qu’à terme, l’objectif est d’étendre la base à d’autres spécialités utilisant l’imagerie (cardiologie, dermatologie, médecine nucléaire, etc.) et à d’autres pays francophones. « La Suisse a indiqué être intéressée mais, pour l’instant, nous allons rester concentrés sur la France », a-t-il annoncé.
Il a souligné que les États-Unis étaient également intéressés par le projet et sa portée nationale, aucune base unifiée de ce type n’ayant pour l’instant été déployée à l’échelle du pays là-bas (la FNMR fait d’ailleurs partie du groupe « IA » de l’American College of Radiology).
Composition du directoire de DRIM France IA
La direction de DRIM France IA sera assurée par un directoire présidé par le Dr Bruno Silberman, radiologue à Paris et président de l’URPS médecins Île-de-France et composé d’un représentant de chaque membre du conseil professionnel de la radiologie, soit de :
- Jean-Paul Beregi, chef du service de radiologie et d’imagerie médicale au CHU de Nîmes et vice-président de la Société française de radiologie (SFR) ;
- Pierre Champsaur, chef du service d’imagerie médicale de l’hôpital Sainte-Marguerite à Marseille (AP-HM) et Fédération nationale des médecins radiologues (FNMR) ;
- Jean-Yves Gauvrit, radiologue spécialisé en neuroradiologie à l’hôpital Pontchaillou du CHU de Rennes.
Un conseil scientifique et un comité d’éthique en train d’être formés
Par ailleurs, un conseil scientifique et un comité d’éthique sont en train d’être mis en place.
Le premier sera présidé par Marc Zins, chef du service radiologie de l’hôpital Paris Saint-Joseph et le second par David Gruson, ex-délégué général de la Fédération hospitalière de France (FHF) et membre du comité de direction de la chaire santé de Sciences Po Paris.
Le conseil scientifique « aura son mot à dire », explique Jean-Philippe Masson, en acceptant ou non les projets des industriels qui lui seront présentés. La constitution du comité d’éthique est par ailleurs pour lui « essentiel » car l’idée du projet est de proposer une base « indépendante des industriels ».