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  • La base de données DRIM France IA, 1er écosystème d’IA d’imagerie médicale, sera lancée début 2019

    La base de données du premier écosystème d’intelligence artificielle d’imagerie médicale, baptisé « DRIM France IA », devrait être ouverte au cours du premier semestre 2019, a indiqué le 23 novembre 2018 à Health & Tech Intelligence Jean-Philippe Masson, président de la Fédération nationale des médecins radiologues (FNMR), en partie à l’origine du projet. Il précise que l’un des objectifs est d’ouvrir cette base au DMP d’ici la fin 2019, soulignant qu’il s’agit d’une initiative « novatrice car déployée à échelle nationale ».

    L’outil, dont le lancement a été officialisé en octobre 2018 à l’occasion des Journées francophones de radiologie (JFR) par le Conseil national de la radiologie française (G4), a pour objectif de concevoir et d’exploiter « une base de données qualifiées d’imagerie autorisant le développement de programmes et d’applications en matière d’imagerie médicale au service des patients et de la santé publique », indique le communiqué.

    Cette base, qui recueillera les quelque 100 millions d’images produites chaque année dans les cabinets et services de radiologie publics et privés, tend à devenir l’une des plus grandes bases de données d’imagerie médicale au monde.
    Elle sera accessible aux entreprises industrielles, aussi bien aux grands groupes qu’aux start-ups, sous le contrôle d’un comité scientifique, qui « veillera au respect de la réglementation applicable à l’utilisation des données de santé ». Par son utilisation, ces derniers pourront développer des applications de recherche, de formation, d’évaluation, de prévention, de diagnostic, de thérapeutique et de suivi des patients.

    Un potentiel de 400 millions d’examens d’imagerie

    Le Conseil national de la radiologie française (G4) à l’origine de DRIM France IA réunit le Collège des enseignants de radiologie de France (CERF), la Fédération nationale des médecins radiologues (FNMR), la Société française de radiologie (SFR) et le Syndicat des radiologues hospitaliers (SRH).

    À son ouverture, la base de données, qui inclura l’ensemble des archives exploitables à disposition, sera dotée d’un « potentiel de 400 millions d’examens d’imagerie médicale », a précisé à Health & Tech Intelligence Jean-Philippe Masson. « À ces données s’en ajouteront de nouvelles au fil du temps, environ 100 millions d’images étant produites chaque année en radiologie. »

    L’équipe en charge du projet est encore en discussion sur quelques aspects, notamment techniques, pour savoir si les données seront stockées par le biais de serveurs physiques ou non et aboutir à une intégration fluide de ces images dans l’optique que la base soit simple à utiliser et que le processus perturbe au minimum le workflow des radiologues.

    Vers un déploiement à d’autres disciplines et d’autres pays francophones

    « D’ici fin 2019, nous visons une ouverture au DMP », précise Jean-Philippe Masson, qui ajoute qu’à terme, l’objectif est d’étendre la base à d’autres spécialités utilisant l’imagerie (cardiologie, dermatologie, médecine nucléaire, etc.) et à d’autres pays francophones. « La Suisse a indiqué être intéressée mais, pour l’instant, nous allons rester concentrés sur la France », a-t-il annoncé.

    Il a souligné que les États-Unis étaient également intéressés par le projet et sa portée nationale, aucune base unifiée de ce type n’ayant pour l’instant été déployée à l’échelle du pays là-bas (la FNMR fait d’ailleurs partie du groupe « IA » de l’American College of Radiology).

    Composition du directoire de DRIM France IA

    La direction de DRIM France IA sera assurée par un directoire présidé par le Dr Bruno Silberman, radiologue à Paris et président de l’URPS médecins Île-de-France et composé d’un représentant de chaque membre du conseil professionnel de la radiologie, soit de :

    • Jean-Paul Beregi, chef du service de radiologie et d’imagerie médicale au CHU de Nîmes et vice-président de la Société française de radiologie (SFR) ;
    • Pierre Champsaur, chef du service d’imagerie médicale de l’hôpital Sainte-Marguerite à Marseille (AP-HM) et Fédération nationale des médecins radiologues (FNMR) ;
    • Jean-Yves Gauvrit, radiologue spécialisé en neuroradiologie à l’hôpital Pontchaillou du CHU de Rennes.

    Un conseil scientifique et un comité d’éthique en train d’être formés

    Par ailleurs, un conseil scientifique et un comité d’éthique sont en train d’être mis en place.

    Le premier sera présidé par Marc Zins, chef du service radiologie de l’hôpital Paris Saint-Joseph et le second par David Gruson, ex-délégué général de la Fédération hospitalière de France (FHF) et membre du comité de direction de la chaire santé de Sciences Po Paris.

    Le conseil scientifique « aura son mot à dire », explique Jean-Philippe Masson, en acceptant ou non les projets des industriels qui lui seront présentés. La constitution du comité d’éthique est par ailleurs pour lui « essentiel » car l’idée du projet est de proposer une base « indépendante des industriels ».

  • Le CHU de Toulouse parmi les 6 lauréats du 1er appel à manifestation d’intérêt sur l’IA de l’État

    Le CHU de Toulouse figure parmi les six lauréats du premier appel à manifestation d’intérêt (AMI) sur l’intelligence artificielle (IA), dévoilés le 21 novembre 2018 par Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État chargé du numérique. Le centre de soins a retenu l’attention du jury pour son initiative s’articulant autour de l’utilisation de l’IA pour aider au diagnostic et ainsi optimiser la préparation des réunions de concertation pluridisciplinaire (RCP) dans le cas des traitements post-opératoires du cancer du poumon, un projet porté par Prosper Burq, spécialiste de l’analyse des données au sein de l’établissement.

    Les lauréats seront accompagnés pendant dix mois par l’équipe Etalab* de la Direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’État (Dinsic) et la Direction interministérielle de la transformation publique (DITP), aussi bien d’un point de vue technique pour développer une preuve de concept (POC) que d’un point de vue stratégique pour anticiper l’impact métier potentiel de ce POC, grâce à un financement du programme d’investissements d’avenir (PIA). À la suite de ce suivi, une évaluation sera réalisée pour déterminer si les solutions ont fait leurs preuves et si elles peuvent être déployées à plus large échelle.

    Lancé en juin dans le cadre du PIA par la Dinsic et la DITP, deux entités chargées d’accompagner la modernisation de l’État, cet AMI s’adressait aux acteurs publics (ministère, administrations, opérateurs et établissements publics) souhaitant expérimenter des technologies basées sur l’IA.

    Une IA pour extraire les bonnes informations issues de situations passées

    Cancer du poumon : « des traitements post-opératoires extrêmement complexes »

    « [Le cancer du poumon est l’un des cancers] que l’on traite malheureusement aujourd’hui de la façon la plus artisanale possible : il y a beaucoup de chirurgie, et à la fin, des traitements post-opératoires extrêmement complexes, divers et différents d’un patient à un autre », a déclaré Mounir Mahjoubi lors de la présentation des lauréats.

    Les professionnels rassemblés lors des réunions de concertation pluridisciplinaire (RCP) doivent émettre des propositions de traitement post-opératoire, a-t-il rappelé, soulignant qu’il n’y avait « pas de science dure derrière ». « On ne peut pas dire que pour tel patient, c’est exactement ça qu’il faut faire », a-t-il commenté.

    Optimiser la prise de décision en évitant aux médecins de « retravailler les bases de données »

    Dans ce cas, l’usage de l’intelligence artificielle (IA) proposé par le CHU de Toulouse vise à retrouver des situations similaires chez des patients déjà pris en charge par le passé, par le biais de méthodes d’extractions de données et de traitement automatique du langage appliquées à l’historique des dossiers numérisés du centre de soins, dans l’optique de produire des « résumés standardisés » et des recommandations de prise en charge.

    L’idée est d’optimiser la préparation des RCP pour que les professionnels réunis n’aient pas besoin de « retravailler les bases de données » et suivent les recommandations établies par l’IA afin de prendre une décision médicale éclairée, a expliqué le secrétaire d’État. « Ça ne remplace pas la décision du médecin, ça la renforce », a-t-il ajouté.

    Impacts attendus :

    • « optimisation de la recherche d’information médicale » ;
    • « amélioration de la cohérence des dossiers patients » ;
    • « gain de temps » pour les médecins (source : dossier de presse portant sur l’AMI).

    Les 5 autres lauréats de l’AMI sur l’IA

    52 dossiers de candidature provenant de tous les secteurs de l’action publique (enseignement supérieur, environnement, économie et finances, sécurité, santé, etc.) ont été reçus et examinés par un jury pluridisciplinaire d’entrepreneurs, de chercheurs et de représentants de l’État.

    En dehors du CHU de Toulouse, les administrations et projets sélectionnés sont les suivants :

    • l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (ACOSS) : « développer un agent vocal conversationnel – voice bot – pour répondre aux interrogations des utilisateurs du Chèque emploi associatif (CEA) » (source : Etalab.gouv.fr) ;
    • l’Agence française pour la biodiversité (AFB) : « mieux orienter les contrôles de la police de l’environnement grâce à l’IA » ;
    • L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) : « permettre une meilleure exploitation des données contenues dans les lettres de suite d’inspection » ;
    • la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) de l’Hérault : « détecter automatiquement les irrégularités d’occupation des sols (constructions illégales, décharges sauvages, etc.) à partir d’images aériennes et satellites » ;
    • la Direction générale de l’alimentation (DGAL) du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation : « affiner le ciblage des établissements à inspecter dans le secteur de la remise directe aux consommateurs (restaurants, métiers de bouche, distributeurs) grâce aux commentaires des consommateurs sur les sites d’avis en ligne ».

    Cet AMI s’inscrit dans la stratégie nationale « IA », en partie centrée sur l’ouverture et l’usage des données et la transformation publique présentée par le président de la République, Emmanuel Macron, le 29 mars 2018 au Collège de France.

  • Verily abandonne son projet de lentilles de contact pour diabétique pour imprécision des données

    Verily, filiale d’Alphabet, met « en pause » à son projet de lentilles de contact pour personnes diabétiques en raison de l’imprécision des mesures de glucose, a annoncé la société dans un communiqué publié le 16 novembre 2018. Ce projet, mené avec Novartis/Alcon depuis quatre ans, consiste au développement d’une solution équipée de capteurs de part et d’autres des lentilles pour mesurer le glucose contenu dans les larmes et transmettre des données.

    Des données faussées par des biomolécules

    Dans un post de blog publié le vendredi 16 novembre 2018, le Dr Brian Otis, CTO de Verily, a annoncé un coup d’arrêt au projet. En cause, l’imprécision des mesures du glucose contenu dans les larmes : « Nos travaux cliniques sur la lentille de détection du glucose ont démontré que nos mesures de la corrélation entre la glycémie lacrymogène et la glycémie n’étaient pas suffisamment cohérentes pour répondre aux exigences d’un dispositif médical », explique-t-il.

    Ce problème serait dû à la complexité de l’environnement oculaire. Le film lacrymal entre en contact avec des biomolécules qui faussent les données et provoquent un taux d’erreur trop important.

    Verily poursuit d’autres travaux sur le diabète et notamment sur la miniaturisation de glucomètres avec Onduo, la joint-venture de Verily et de Sanofi, et Dexcom, un fabricant d’équipements médicaux.

  • Présentation des activités de Bpifrance en santé le 03/12/2018 à Paris

    Bpifrance organise une matinale de présentation de toutes ces activités en santé le lundi 3 décembre 2018, de 9h à 11h30, au Hub de Bpifrance à Paris.

    Le programme vise à décliner toutes les modalités d’accompagnement des entreprises health tech en 2019.

    Programme de « la matinale santé »

    09h –  Accueil Par Paul-François Fournier, directeur exécutif « innovation » à Bpifrance
    09h15 – Présentation « financement et investissement » dans le secteur de la santé :
    •  Panorama des aides publiques et focus sur les aides Bpifrance avec Clémentine Lamarre, directrice de l’expertise de Bpifrance, Garance Dansette, directrice « deeptech » de Bpifrance, et Ronan Bourgeois, directeur du soutien réseau de Bpifrance ;  
    Investissement direct. présentation du panorama des fonds directs : Innobio 2, Patient Autonome… avec Laurent Arthaud, du pôle « investissement biotech » de Bpifrance ;
    Témoignage. « Le financement de Bpifrance dans la santé et le rôle du fonds Large Venture » avec Audrey Cacaly, du fonds Large Venture de Bpifrance, et Nicolas Guyon-Gellin, vice-président corporate dDevelopment & strategy d’Enyo Pharma.
    Session questions/échanges

    10h15 / Présentation « Les actions d’accompagnement de Bpifrance » :
     •  Programme HealthTech de l’accélérateur de start-ups Bpifrance avec Céline Riou, business manager health tech de Bpifrance Le Hub ;
    •  Missions de sensibilisation et d’immersion à l’international dédiées aux start-ups de la santé avec Marie Zwarg, du pôle « immersion internationale » de la direction de l’innovation de Bpifrance ; 
    Témoignage de start-up avec Julien Delpech, P.-D.G. et co-fondateur d’Invivox.
    Session questions/échanges

    Les inscriptions doivent être effectuées sur le site officiel de l’événement.

  • Malaisie : le ministère de la Santé va déployer des applis pour encourager les modes de vie sains

    « Les solutions de santé numériques peuvent être un catalyseur de changement de comportement« , a déclaré le Dr Feisul Mustapha, directeur adjoint de la division des maladies non transmissibles au département du contrôle des maladies du ministère de la Santé de Malaisie, lors du sommet Innovation Labs World, qui s’est tenu à Singapour en septembre 2018.

    Le Dr Mustapha, qui pointe du doigt le manque de dépistage de certaines maladies au sein de la population, a précisé que le ministère était en train de collaborer avec des sociétés privées dans l’optique de développer des applications mobiles permettant d’encourager l’adoption d’habitudes saines au quotidien, au niveau alimentaire mais aussi de l’activité physique, dont :

    • Naluri : un coach virtuel dont les instructions reposent sur un programme personnalisé basé sur un système d’intelligence artificielle ;
    • BookDoc Activ : une solution qui incite à effectuer un nombre minimum de pas par mois en fonction du profil de l’utilisateur.

    Le manque de dépistage, un problème de santé central en Malaisie

    Selon les chiffres officiels, plus de 50 % des Malaisiens sont en surpoids ou souffrent d’obésité. Par ailleurs, plus du tiers de la population souffre d’hypertension, plus de la moitié a un taux de cholestérol élevé et 17 % de la population est atteinte de diabète, du moins en ce qui concerne les personnes diagnostiqué, autant de pathologies pouvant découler d’une surcharge pondérale.

    Le Dr Feisul Mustapha s’inquiète des cas diagnostiqués, non seulement pour le diabète mais aussi pour l’hypertension (source : Govinsider.asia). Un problème, qu’il juge inquiétant, et qui serait selon lui lié à l’absence de dépistage, a-t-il déclaré.

    Son objectif est ainsi de renforcer la prévention en influençant des changements de comportements, notamment par le biais des nouvelles technologies.

    Un manque de littératie en santé

    Le Dr Feisul Mustapha avance que l’un des principaux défis à relever est de davantage sensibiliser les Malaisiens sur les questions de santé, qui ne constituent pas une priorité pour les citoyens, a-t-il relevé. Il site en exemple les assurés de la Caisse de prévoyance des employés, qui n’ont été que 20 % a utiliser des « bons » de dépistage pour certaines maladies, alors qu’il leur permettait de réaliser l’examen gratuitement.

    La dernière enquête nationale sur la santé et la morbidité réalisée en Malaisie montre que les connaissances en matière de santé chez les adultes ne représentent que 6,6 % de l’ensemble des informations existantes sur le sujet.

    Le Dr Mustapha a pourtant chercher, dans le cadre de ses fonctions, à élargir les connaissances en santé, non seulement sur le plan de la sensibilisation mais aussi sur la manière dont elles sont comprises et appliquées. « Vous pouvez être éduqué, vous pouvez avoir un bon travail mais cela ne se traduit pas nécessairement par une forte littératie en matière de santé », a-t-il déclaré.

    Informer ne suffit pas

    Le responsable a cependant mis en garde, remettant en cause l’idée commune selon laquelle la prise de conscience et la connaissance des problèmes de santé conduiront au changement. « Si c’était le le cas, aucun médecin ne fumerait et tous les médecins exerceraient 150 minutes d’activité physique par semaine et mangeraient cinq portions de légumes », a-t-il ajouté.

    Des solutions de santé numériques comme « catalyseur de changement »

    « Les solutions de santé numériques peuvent être un catalyseur de changement de comportement », a-t-il expliqué.

    Le ministère de la Santé collabore à ce sujet avec le secteur privé pour fournir des applications qui encouragent les comportements sains.

    Naluri, une application mobile pour encourager les comportements sains

    Il cherche notamment à développer Naluri, une application basée sur l’intelligence artificielle qui fonctionne comme un coach visant à encourager des habitudes saines. L’application exploite l’analyse des big data pour répondre aux spécificités de langue, de culture et de mode de vie de chque utilisateur, et pour permettre l’accès à des coachs professionnels qualifiés, a expliqué le Dr Feisul Mustapha.

    BookDoc Activ, une application pour inciter à marcher

    BookDoc Activ est une autre application de ce type. Elle délivre des récompenses par niveau pour atteindre un nombre de pas quotidien moyen spécifique chaque mois.

    Le ministère collabore avec les développeurs de l’apparail pour étendre sa fonctionnalité et créer des interactions plus globales et dynamiques.

  • Éthique&numérique : ne pas trop réguler pour favoriser le partage de données, avec vigilance (CCNE)

    L’ampleur prévisible du déploiement des technologies numériques appelle au renforcement de son accompagnement par une analyse en continu des enjeux éthiques associés à ces technologies et à leurs évolutions futures, tel est le constat du groupe de travail « numérique et santé » commissionné par le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) dans un rapport remis le 19 novembre 2018.

    Le groupe de travail piloté par David Gruson et Claude Kirchner s’inscrit dans le cadre défini dans la lettre de mission du 22 mars 2018 du président du  CCNE, Jean-François Delfraissy. Il a procédé à 37 auditions et réalisé des recherches bibliographiques en France et à l’international.

    Enjeux éthiques du numérique en santé

    Le rapport soulève les défis liés à la vague numérique dans la santé :

    • Des inégalités : L’insuffisance du recours au numérique dans la prise en charge des patients, pour la recherche ou pour soutenir le développement du pilotage par les données induit, sur une large échelle, des situations non éthiques au sein de notre système de santé.
    • Partage et sécurité des données de santé : le groupe de travail (GT) souligne l’intérêt du Health Data Hub mais attend des garanties sur origine, accès et usages des données.
    • Médecine algorithmique : la place du patient dans la construction de son processus de prise en charge face à des décisions algorithmiques appelle une régulation, selon le GT. Le danger d’une minoration de la prise en compte des situations individuelles dans le cadre d’une systématisation de raisonnements fondés sur des modèles, dont des limites peuvent être liées à leur capacité à prendre en compte l’ensemble des caractéristiques et des préférences de chaque patient.
    • Le numérique « uberisateur » de la santé disqualifie les canaux traditionnels d’accès aux soins et à l’information. Facteur de liberté pour le citoyen, il ne doit se soustraire aux standards de qualité et de sécurité des soins. Une vigilance et une observation permanente est recommandée.
    • Favoriser la recherche et éviter la redondance du recueil et de la saisie des données en permettant un consentement au partage de ses données dans le cadre d’un plan de partage des données. Le groupe de travail souligne l’importance de se donner les moyens scientifiques, techniques et de régulation pour maîtriser les risques de ré-identification à partir de bases de données dont les identifiants directs ont été supprimés et pour soutenir le développement d’outils de régulation éthique pour l’accès aux données sensibles.

    Quelle régulation souhaitable ?

    Ne pas trop réguler pour ne pas obérer la capacité d’innovation, telle est la recommandation du GT dans le contexte d’une future loi bioéthique et du RGPD. Toutefois, le principe fondamental d’une garantie humaine du numérique en santé pourrait être inscrit dans la prochaine loi de bioéthique.

    De même, si le recueil du consentement du patient (dans la collecte des données de santé et dans le processus de prise en charge lui-même), le droit positif reste adapté, le groupe de travail appelle à le compléter d’outils pratiques nouveaux ou réactualisés pour garantir l’effectivité du recueil de ce consentement (dispositifs de recueil de consentement séquentiels, revivification de la personne de confiance, modalités renforcées pour les personnes vulnérables…).

    Enfin, le GT souligne l’attention à apporter aux impacts du numérique et de l’IA sur les métiers et les conditions d’exercice professionnel dans le champ sanitaire et médico-social. Adapter la formation initiale et la formation continue aux enjeux associés à la diffusion du numérique constitue une problématique lourde pour notre système de santé. Il salue les initiatives – comme celles de la Conférence des doyens de faculté de médecine et de l’université du numérique francophone des sciences de la santé et du sport (UNESS).

    Composition du groupe de travail

    Membres du CCNE

    • Gilles Adda (CNRS)
    • Cynthia Fleury(CNAM-Mines Paristech, GHT Paris Psychiatrie & Neurosciences)
    • Claude Kirchner (Inria, CERNA)

    Membres de la CERNA

    • Gilles Dowek (Inria et ENS Paris-Saclay)
    • Christine Froidevaux (Université Paris Sud / Paris-Saclay)
    • Catherine Tessier (Onera)
    • Célia Zolynski (UVSQ – Paris Saclay)

    Autres personnalités

    • Agnès Bocognano (France Stratégie)
    • Christian-Claude Colas (Ministère des armées)
    • Anastasia Colosimo (Fondation nationale des Sciences Politiques)
    • Jacques Demotes-Mainard (DGRI/MESRI)
    • Alain Fontaine (DGS/MSR)
    • David Gruson (Cour des comptes)
    • Clothilde Huyghe (DGOS)
    • Benoit Le Blanc (DGRI/MESRI)
    • François Lemoine (DGOS/DIRECTION/CONSEILLERS MED)
    • Jacques Lucas (Vice Président de l’Ordre des Médecins)
    • Marie Martin (DGS/SG/DDUAJE)
    • Frédéric Séval (DGS/SG/DDUAJE)
    • Stéphanie Seydoux (IGAS)

    Associés

    • Julia Petreluzzi (Doctorante en droit de l’intelligence artificielle)
    • Vincent Puybasset (Chargé de mission CCNE / Élève fonctionnaire stagiaire à l’ENS de Lyon)
  • Clic, Maia, PTA, Réseaux : un appel à la convergence des dispositifs d’appui à la coordination

    La Fédération nationale des dispositifs de ressources et d’appui à la coordination des parcours en santé (Facs) a appelé à une convergence des dispositifs d’appui à la coordination des parcours lors de ses premières universités annuelles, organisées le 19 et 20 novembre 2018 à Paris.

    La fédération, créée en avril 2018, regroupe 4 organisations : l’Union nationale des réseaux de santé (UNR Santé), l’Association nationale des coordinateurs et coordinations locales (ANC-Clic), l’Union des réseaux et des dispositifs de coordination en santé bretons (URSB) et la Fédération nationale des réseaux de santé des troubles du neurodéveloppement et des apprentissages (FNRS-TNA).

    Elle appelle à une démarche de convergence prudente, misant sur des déterminants identifies.

    La convergence au cœur des craintes et des enjeux

    Simplifier et faire converger est un objectif affiché par le gouvernement concernant les dispositifs d’appui à la coordination territoriale.

    Au printemps 2017, le comité opérationnel des parcours, piloté par le secrétariat général des ministères chargés des Affaires Sociales (SGMAS), a publié un document sur le processus de convergence des parcours, jamais présenté aux acteurs dans son intégralité.

    Certaines propositions portaient sur la fongibilité des financements, la redéfinition des métiers et des pilotages territoriaux. À ce jour, aucune mesure ou cadre national n’a été annoncé.

    Les acteurs reconnaissent la nécessité d’une mise en cohérence des organisations mais redoutent un « modèle » qui serait dupliqué dans l’ensemble des territoires.

    La Facs cherche à se déployer en région pour faciliter le dialogue avec les tutelles. Plusieurs projets sont également en cours.

    Dans le champ de la formation, la fédération souhaite œuvrer à la reconnaissance des métiers du parcours et à la validation des compétences par la création de formations diplômantes, initiales et continues. Sept universités vont se joindre à ce projet, qui nécessitera aussi, à terme, l’entrée dans le droit commun de nouveaux métiers.

    La Facs entend aussi développer les partenariats et s’engager dans un processus d’accompagnement au changement, dans l’optique de la convergence.

  • Ping An et la Chinese Nutrition Society cherchent à encadrer les substituts alimentaires via l’IA

    Ping An Healthcare and Technology (ou Ping An Good Doctor), première plateforme numérique chinoise de l’écosystème de la santé, a annoncé le 21 novembre 2018 la signature d’un partenariat stratégique avec la Chinese Nutrition Society (Société chinoise de nutrition).

    L’entreprise participera à l’élaboration de la première norme nationale sur les substituts de repas élaborée par la société chinoise, qui vise à promouvoir le développement normalisé du marché et sera publiée à la fin de l’année 2018. Pour ce faire, elle se basera sur ses solutions d’analyse des big data permettant d’évaluer de manière précise le physique des consommateurs au sein de son centre de remise en forme, lancé en septembre 2018, et ainsi de créer un dossier de santé personnalisé mais aussi d’affiner son service de coaching nutritionnel en ligne. L’idée à terme, par l’élaboration de cette norme, est de proposer des substituts plus adaptés aux besoins de santé et à la sécurité des patients.

    La Chinese Nutrition Society utilisera de son côté ses résultats de recherche dans le domaine de l’obésité et de la nutrition diététique pour améliorer de manière globale le niveau de service du centre de remise en forme Ping An Good Doctor, offrant aux consommateurs une solution scientifique, saine et efficace pour la perte de poids et l’amaigrissement.

    Substituts de repas en Chine : un vaste marché mal encadré

    Selon les chiffres officiels, le marché chinois de la perte de poids dans son ensemble a atteint 90 milliards de yuans (11 Mds €) en 2017 et ce chiffre ne cesse d’augmenter. Les substituts de repas amaigrissants, qui complètent le régime alimentaire d’une personne, sont largement favorisés par le marché.

    Un rapport de recherche approfondie sur la stratégie de placement et d’investissement du secteur de la perte de poids en Chine 2017-2023, publié par le cabinet Zhiyan Consulting, indique que le marché chinois dans ce secteur est principalement axé sur les substituts de régime pour maigrir et les produits de perte de poids en vente libre, le marché des substituts diététiques amaigrissants s’élevant à 750 millions de dollars américains (658 M €).

    Le besoin d’un encadrement par une orientation scientifique claire et des normes de production spécifiques

    En raison de l’absence de normes précises en la matière, le marché des substituts de repas n’est pas encadré par une orientation scientifique claire ni par des normes de production spécifiques. Cela a abouti à une industrie mixte de produits alimentaires et de boissons, au sein de laquelle les consommateurs éprouvent des difficultés à faire des choix.

    Les premières normes sur les substituts de repas en Chine, élaborées par la Chinese Nutrition Society, se concentreront sur l’amélioration des problèmes de développement de cette industrie.

    Plusieurs instituts de recherche, tels que l’Institut des sources nutritionnelles de Pékin et Ping An Good Doctor, ont participé à la formulation de cette norme visant à encadrer le développement sain de l’industrie en régulant la portée, la terminologie et les définitions des besoins en énergie et en nutriments ainsi que les exigences de sécurité et les instructions d’utilisation des substituts de repas.

    Une personnalisation de la consommation via l’analyse des big data

    « Les substituts de repas ne conviennent pas à tout le monde et certains consommateurs doivent augmenter leur activité physique en même temps, commente Wang Tao, le P.-D.G. de Ping An Good Doctor, dans le communiqué. En évaluant le physique des consommateurs, Ping An Good Doctor utilise un processus de détection mature reposant sur [l’analyse des big data]. Le physique de l’utilisateur peut être évalué sous plusieurs aspects, ce qui permet de créer un dossier de santé personnalisé, et des nutritionnistes en ligne délivrent des conseils professionnels en matière de minceur [pour optimiser les résultats]. »

    Après la publication de la norme, le centre de remise en forme de Ping An Good Doctor se chargera de répondre aux exigences de cette réglementation, d’améliorer constamment les produits et de fournir des aliments de substituts plus adaptés aux besoins de santé et à la sécurité des patients.

    Un centre de remise en forme axé sur l’utilisation de l’IA

    Le centre de remise en forme de Ping An Good Doctor a été officiellement lancé à la fin du mois de septembre 2018.

    Il comprend des consultations en ligne, des programmes, des informations, une communauté et un centre commercial centrés sur la perte de poids.

    Une technologie d’intelligence artificielle pour personnaliser les solutions proposées en fonction des profils

    La technologie de l’intelligence artificielle y est utilisée pour aider les diététiciens et les instructeurs de fitness à fournir aux utilisateurs des solutions scientifiques personnalisées et variées de gestion du poids.

    L’établissement propose le premier produit de perte de poids de Ping An, baptisé « Happy Fit », un substitut de repas. En ajustant la composition du régime alimentaire, la solution aide le corps à convertir le sucre en énergie, puis complète les substituts de repas riches en protéines et en fibres alimentaires, ayant permis « à plus de 18 000 utilisateurs de maigrir sainement et de perdre en moyenne plus de 3,5 kilos par mois », note le communiqué.

  • Journée de la silver éco : « le silver-citoyen et la silver-citoyenneté », le 13/12/2018 à Paris

    La Journée nationale de la silver économie, qui se tiendra le 13 décembre 2018 à l’université Paris-Descartes, sera consacrée pour cette nouvelle édition au thème « le silver-citoyen et la silver-citoyenneté ».

    L’événement, organisé par le Syndicat national pour la silver économie (Synapse) et la Fondation Paris Descartes, sera rythmé par des tables rondes, des conférences et sera clôturé par un cocktail networking. Il s’adresse à tous les professionnels du secteur ainsi qu’aux particuliers. La session networking est réservée aux professionnels de la silver éco.

    Les inscriptions, gratuites et obligatoires, doivent être réalisées sur le site officiel de l’événement. Le nombre de places est limité.

    3 temps forts

    L’événement est présenté comme une journée citoyenne ouverte à tous afin de débattre des questions centrales que pose le vieillissement dans la France actuelle, l’idée étant de mieux associer les personnes âgées aux initiatives citoyennes.

    Cette édition 2018 s’articulera autour de trois temps forts :

    « Les seniors, des silvers citoyens ! » :

    Retour sur les problèmes d’intégration et de participation à la vie publique auxquels sont encore trop souvent confrontés les personnes âgées. Cette table ronde se basera sur les études respectives de la Fondation Korian et de Notre temps : « Des Seniors en quête d’utilité » et « La France aime-t-elle ses aînés? » ;

    « Nos entreprises Silver citoyennes » :

    Focus sur 4 entreprises innovantes du secteur en tentant de répondre à la question suivante : « Comment prennent-elles en compte le vieillissement dans la conception et la distribution de leurs produits et/ou services ? »

    « La Grande cause des aînés « Comment mieux prendre soin de nos aînés? » » :

    Présentation des résultats de la consultation nationale sur le grand âge et l’autonomie de Make.org, réalisée en collaboration avec le ministère des Solidarités et de la Santé.

  • La Principauté de Monaco lance sa stratégie e-santé et se dote de services numériques dès 2019

    Faire du numérique en santé un axe stratégique majeur de sa politique de santé et de sa digitalisation, telle est l’ambition affirmée de la Principauté de Monaco en lançant une feuille de route e-santé stratégique et opérationnelle. Didier Gamerdinger, conseiller du gouvernement, ministre des Affaires Sociales et de la Santé, a présenté son programme e-santé le 6 novembre 2018.

    Celui-ci s’inscrit dans une vision d’excellence de la santé de demain, centrée autour du besoin du citoyen-patient et de l’ensemble de professionnels de santé.

    Le programme propose dès 2019 des premiers services aux citoyens et aux professionnels de santé, dans un cadre souverain et de sécurité des données :
    • un portail patient
    • un annuaire de professionnels de santé
    • des prises de rendez vous en ligne

    Un travail d’articulation avec les projets des acteurs de l’offre de soins est en cours afin de soutenir les initiatives et d’être en cohérence avec les acteurs de terrain.

    Une ambition d’État digital à l’échelle de l’Estonie et du Luxembourg

    Pour la principauté, l’usage des nouvelles technologies de l’information et des télécommunication dans le domaine de la santé est un levier de qualité et d’accessibilité des soins dans une société du numérique. La E-santé a un double enjeu stratégique pour la principauté : être à la pointe des services numériques et apporter un service de qualité en santé; axe fort de sa politique publique. La stratégie est articulée en plusieurs phases. La volonté de construire une stratégie de services numériques en santé à l’échelle de l’état, positionne la principauté parmi les politiques publiques les plus avancées dans ce domaine (Estonie, Luxembourg). Le portail, l’annuaire des professionnels de santé, la page info santé et la prise de rdv sont une première brique mise en place dès 2019 qui va être enrichie par des services à fortes valeurs pour les patients et les professionnels.

    L’objectif est de soutenir la politique de santé et de garantir le meilleur service à tous (citoyens, patients et professionnels) :

    • Dématérialisation des examens,
    • Prescription électronique,
    • Prévention,
    • Maintien à domicile, etc.

    Une co-construction avec les professionnels de santé

    La principauté ne souhaite pas remplacer les stratégies et actions portées par chaque établissement et professionnel de santé. Il s’agit d’accompagner la transformation du secteur de la santé en en faisant un axe fort de la stratégie numérique de la principauté. La principauté travaille et travaillera donc avec les acteurs de terrain. Il y a notamment un profond travail d’entretiens et de recueil en cours.

    Qui dit numérique dit protection des données et la principauté accorde un importance de premier plan à ce sujet. Toutes les garanties seront mises en place. La promesse est bien de faire rentrer la politique de santé et les acteurs de santé de la Principauté dans le numérique en mettant en place des services à forte valeur, en construisant des infrastructures robustes et sécurisée et en se donnant les moyens de pouvoir demain investir sur des sujets innovants tels que l’IA.